Hello !
Voici une suite plutôt particulière ; à partir de maintenant, tout va changer. Ce chapitre est l'un de mes préférés car j'ai mis du temps à l'écrire, je voulais parfaitement retranscrire les sentiments d'Hermione. D'ailleurs, dans les chapitres suivants, c'est pareil, j'ai vraiment dû me mettre à sa place (mais curieusement je n'ai pas trop de difficulté à le faire !)
Drago et elle vont se retrouver face à face, même si ce n'est pas pour longtemps...
J'espère vraiment qu'il va vous plaire, et que vous serez surpris.
Merci encore pour toutes vos reviews et vos encouragements !
HannahWinx : Merci ! Je suis très contente que le chapitre t'ait plu malgré la mort de Pansy. Ne t'inquiète pas, Yaxley aura son compte !
DragoHermione : Merci pour ton avis très développé ! J'aime beaucoup connaître tes réflexions comme ça ^^ Tu découvriras pas mal de choses sur Drago... ;) Contente d'avoir ton soutien (il est vrai que j'avais pensé à un crêpage de chignons entre les deux filles, mais ça n'aurait pas trop convenu à l'histoire qui est un peu plus sérieuse xD) Je suis satisfaite que tu te poses autant de questions ! Merci beaucoup, encore une fois, j'espère que la suite te plaira :)
Bonne lecture !
25. - Duel d'ennemis
Le cri qu'Hermione voulut pousser resta coincé dans sa gorge. Seul un gargouillement inaudible s'en échappa et elle plaqua une main sur sa bouche pour s'empêcher de faire du bruit. Heureusement Yaxley avait déjà gravi les marches du petit escalier, abandonnant le cadavre de Pansy qui gisait par terre. Lorsqu'il se fut éloigné en toute vitesse, la lionne ouvrit doucement la porte constituée de barreaux, le cœur battant à cent à l'heure. Lentement, elle grimpa l'escalier et se retrouva devant le corps de la jeune fille.
Elle était étendue au sol, les bras en croix, sa cape et ses cheveux formant un éventail autour d'elle. Ses yeux et sa bouche étaient grands ouverts, exprimant une totale surprise. Sa baguette magique avait glissé et reposait à côté d'elle. Le regard d'Hermione s'y attarda une seconde de trop, et une envie grandissante envahit son esprit, répandant de la chaleur dans sa poitrine.
Alors qu'elle hésitait, indécise, une explosion retentit brusquement dans toute la demeure, faisant trembler le sol. La Gryffondor perdit le peu d'équilibre qu'elle avait retrouvé et s'écroula comme une masse à côté du cadavre de Pansy, le visage à quelques centimètres de sa baguette. Des hurlements retentirent au loin, et l'envie qui la submergeait déjà s'accentua davantage encore.
Quand elle attrapa la baguette magique, celle-ci tressauta désagréablement, signe que l'instrument d'un Mangemort dans la main d'une Sang-de-Bourbe ne faisait pas bon ménage. Hermione l'ignora et s'élança dans le couloir à la poursuite de Yaxley, guidée par les explosions et les cris qui faisaient trembler la demeure.
Quelque chose au fond d'elle se débattait pour former une pensée dans son esprit, mais elle l'en empêchait : elle ne voulait pas être déçue à cause d'un foutu espoir. Elle se contenta donc de courir, courir autant que pouvaient la porter ses jambes meurtries. Elle repensa à toutes ces fois où elle avait dû s'enfuir, et à la panique constante qu'elle avait toujours ressenti à ces moments-là. Qu'allait-il se passer, cette fois ?
La question n'avait pas obtenu d'éventuelle réponse lorsqu'elle parvint au détour du couloir qui menait à l'entrée du grand salon. Hermione freina brusquement, dérapant sur quelques mètres. Son regard s'accrocha à la baguette de Pansy si étroitement serrée dans sa main que ses phalanges en blanchissaient, puis à la cape d'invisibilité qui avait accidentellement glissé quand elle était tombée et qu'elle avait récupérée.
Songeant qu'il valait mieux ne prendre aucun risque, la Gryffondor la revêtit à nouveau avant de reprendre sa course. Elle débarqua dans le couloir et demeura stupéfaite une seconde de n'y voir personne. Elle poursuivit donc sa route, empruntant d'autres couloirs qu'elle ne connaissait que vaguement pour n'avoir eu que rarement l'occasion de s'y rendre. Où étaient donc passé les Mangemorts ? Et Yaxley ?
Une petite voix souffla dans un coin de sa tête : et Drago ? Mais elle la chassa immédiatement. Elle se fichait complètement de Malefoy, n'est-ce pas ?
Elle descendit un étage supplémentaire, balayant distraitement les alentours du regard. Elle n'avait jamais été jusque-là et n'avait pas imaginé que la demeure était si grande. Les cris se rapprochaient, faisant augmenter la peur et l'appréhension qui montaient en elle. Mais Hermione s'arma de courage pour continuer son chemin.
Un instant plus tard, elle déboucha dans une immense pièce qui devait sans doute être le sous-sol. Son cœur doubla de volume ; elle se figea à l'entrée, estomaquée.
- Harry !
Son cri se perdit parmi les autres. La tête brune et les lunettes de son meilleur ami étaient la première chose qu'elle avait aperçue au milieu de l'agitation. C'était le chaos total : une vingtaine de Mangemorts dispersés un peu partout dans la pièce se battaient contre des aurors et ses meilleurs amis qu'elle reconnaissait les uns après les autres.
Un sanglot agita sa poitrine. Ils étaient venus à son secours ! Ils étaient là ! Ils se battaient pour la sauver ! Elle n'était plus toute seule !
Une vague de soulagement immense inonda chacune des cellules de son corps tremblant.
- Ron..., souffla-t-elle en reconnaissant ses cheveux roux. Ginny...
Cette dernière poussait des cris de guerre tout en lançant une avalanche de sortilèges à Avery.
- Neville... Luna...
Tous deux se battaient dos à dos, se soutenant mutuellement.
Des larmes de joie et de reconnaissance roulaient à présent sur les joues rougies de la jeune fille. Elle se mordit la lèvre inférieure pour empêcher son émotion de prendre le contrôle de son être. Inspirant profondément pour se calmer, Hermione s'appuya contre le mur sans cesser de regarder ses meilleurs amis se battre pour elle. Savoir comment ils l'avaient retrouvée était une autre affaire, et pour le moment elle ne prenait pas la peine de s'y intéresser. Ils avaient manifestement appelé des renforts, et l'essentiel était qu'ils venaient l'extirper de l'enfer dans lequel elle vivait depuis plus de deux semaines.
Dressant la baguette magique de Pansy, la Gryffondor s'empressa de traverser la pièce jusqu'à eux, jetant des sortilèges sous la cape aux Mangemorts qu'elle croisait et qui ne pouvaient pas la voir. Alors qu'elle parvenait auprès de Harry, elle reconnut brusquement celui qui attaquait Ron. Sa gorge se noua de tristesse, de déception, de colère et de haine.
Drago Malefoy.
Il lançait ses sortilèges à une vitesse démesurée que Ron peinait à imiter. Ce dernier titubait, esquivant maladroitement les éclairs de lumière verte et rouge. Non loin de lui, Harry assassinait Malefoy du regard, souhaitant visiblement se joindre au combat ; hélas, le Mangemort qui se battait contre lui ne semblait pas prêt à défaillir.
Sans la moindre hésitation, Hermione bondit en avant, bousculant violemment Ron qui battit des ailes un instant avant de s'écrouler par terre, cédant sa place. La lueur d'étonnement qui passa dans ses yeux lorsqu'il remarqua qu'il n'y avait personne se refléta dans ceux d'Harry et de Ginny qui avaient vu la scène, mais pas dans ceux de Malefoy. Cet homme-là ne devait jamais se laisser surprendre.
Pour couper court à leur surprise, et surtout pour faire courageusement face à Malefoy, la lionne rejeta la cape d'invisibilité d'une main, se découvrant totalement au milieu du carnage. Bouillonnante de rage, elle soutint le regard de Malefoy dont l'expression du visage n'avait même pas changé.
Hermione n'était guidée que par un seul sentiment : la haine.
Et cela dominait tout le reste.
- Bats-toi contre moi, cracha-t-elle d'un ton venimeux.
Malefoy haussa un sourcil en la dévisageant, et la Gryffondor comprit alors ce qui clochait. Elle pointa la baguette de Pansy sur elle-même et se lança le contre sort du sortilège de Capitonnage que Yaxley lui avait jeté.
Il y eut des cris autour d'elle, des « Hermione ! » par dizaine, mais une seule personne l'intéressait en cet instant. La seule personne qui n'avait pas l'air surprise par son changement d'apparence.
- Granger, ricana-t-il d'un ton narquois.
Comment pouvait-on placer autant de mépris dans un seul mot ?
- Malefoy, siffla-t-elle en imitant sa voix glacée.
Comment pouvait-on ressentir autant de haine à l'égard d'une seule personne ?
- Es-tu sûre de vouloir te battre face à moi ? la défia-t-il en arquant un sourcil sceptique.
Hermione serra les dents.
- Et toi, es-tu sûr de vouloir bavarder au lieu de te battre ?
Ponctuant sa question – qui n'attendait aucune réponse – d'un grondement, la Gryffondor lança aussitôt un sortilège. Malefoy le contra puis en envoya un à son tour. En une seconde, les sortilèges fusèrent d'un côté comme de l'autre et les deux ennemis se retrouvèrent seuls dans une bulle de combat.
Le front d'Hermione était plissé de concentration ; en revanche, Malefoy ne semblait pas fournir d'effort particulier. En tout cas, si c'était le cas, il le cachait bien, comme d'habitude.
Une multitude de sentiments se bousculaient en elle mais elle les chassait et n'en laissait qu'un seul paraître. Malefoy semblait le partager.
L'un de ses maléfices heurta violemment son épaule ; avec un cri de douleur, Hermione recula de quelques pas avant de revenir à la charge, plus furieuse que jamais. Malefoy n'avait aucune blessure, ce qui ne l'étonnait pas.
Cependant, ce qui la surprit, ce fut lorsque le jeune homme, d'un geste vif et précis, pressa sa main sur son épaule blessée. Elle sursauta, voulut se dégager mais en fut incapable : tout devint noir et l'obscurité l'engloutit. Sa poitrine fut oppressée, comme si quelque chose l'enserrait pour l'empêcher de respirer. Un clignement de paupière plus tard, l'air put à nouveau rentrer dans ses poumons, et Hermione comprit alors l'origine de l'oppression : le transplanage.
Au moment où l'information traversait son cerveau, la lumière revint. Quatre murs apparurent autour d'elle ainsi qu'une moquette rouge sous ses pieds. La pression de Malefoy sur son épaule s'accentua une seconde durant laquelle elle leva les yeux vers son visage. Puis, aussi vite qu'elle était apparue, sa main disparut, de même que tout le reste de son corps. La lionne se retrouva seule au milieu de ce qui lui sembla être un couloir.
Un couloir ? Non. Elle se corrigea d'elle-même : pas n'importe quel couloir. La trace imperceptible du panneau se fondant parfaitement dans le mur la ramena plusieurs semaines en arrière. Elle se revit, face à Malefoy, le suppliant de ne pas se sacrifier pour elle ; elle se revit, après plusieurs minutes d'indécision dans le passage secret, désobéir pour lui venir en aide ; elle se revit, la peur et l'angoisse lui retournant l'estomac, faire demi-tour pour finalement s'enfuir.
Hermione déglutit faiblement et se détourna du passage. « Ne pense pas à ça, s'intima-t-elle mentalement. N'y pense surtout pas. » Essayant de contenir une boule d'angoisse dans sa gorge, la Gryffondor scruta le sol et le plafond avec l'espoir de comprendre pourquoi Malefoy l'avait emmenée ici puis était reparti. Cela n'avait absolument aucun sens.
L'image d'Harry, Ron, Ginny et tous les autres en train de se battre contre les Mangemorts s'imposa à elle, et la lionne dut combattre son envie d'y retourner. Elle ne pouvait pas transplaner d'elle-même : Yaxley avait évidemment installé une protection pour que les prisonniers ne puissent pas transplaner dans sa demeure. En pensant à lui, elle essaya d'imaginer la réaction de ce dernier lorsqu'il s'apercevrait de son absence ; à moins que Malefoy n'ait agi sous ses ordres ?
« Bien sûr, c'est le plus évident. » En voyant tout ce petit monde débarquer pour la sauver, le Mangemort avait dû demander à Malefoy de la déplacer afin qu'ils n'y parviennent pas. Le Serpentard n'avait pas dû trouver mieux que son manoir pour la mettre en sécurité le temps qu'ils repoussent les envahisseurs.
« Alors, songea désespérément Hermione en avançant d'un pas, alors mes amis courent un grand danger inutilement. Je ne serai pas là quand ils tenteront de me sauver, et ils vont... ils vont... »
Un sanglot se noya dans sa gorge. Comment faire ? Sortir d'ici et tenter de trouver la demeure de Yaxley en passant par la rue ? Comment pourrait-elle la trouver alors qu'elle n'avait pas la moindre idée sur la façon de s'y rendre ?
Peut-être pourrait-elle aller directement au ministère de la Magie ? Elle pourrait alors leur confier les plans de Yaxley et éventuellement les aider à combattre les Mangemorts ?
Sans prendre la peine de réfléchir davantage, Hermione prit ses jambes à son cou. Elle arpenta les couloirs du manoir qu'elle connaissait maintenant suffisamment pour se repérer. Le passage secret se trouvait au deuxième étage, pas loin de l'infirmerie, et le grand salon où avait eu lieu la bataille au troisième étage. Les cachots où elle avait été enfermée étaient dans les sous-sol.
Elle descendit jusqu'à la porte d'entrée qu'elle avait franchie lorsqu'elle était revenue sur la scène de crime. Poussée par un sentiment d'excitation, elle se rua dessus, pressée de sentir l'air frais sur son visage, l'herbe humide sous ses chaussures...
À peine eut-elle effleuré la poignée qu'elle fut projetée cinq mètres en arrière, atterrissant douloureusement sur les fesses au milieu du grand hall en carrelage glacé. Le choc lui coupa le souffle et, durant quelques secondes, des étoiles dansèrent devant ses yeux. Lorsqu'elle put à nouveau distinguer l'ombre menaçante de la porte massive devant elle, Hermione se releva péniblement en époussetant ce qui restait de ses vêtements déchirés. Elle fronça les sourcils, s'avança encore jusqu'à la poignée et se pencha pour l'examiner. En plissant les yeux, elle put facilement discerner le champ de force presque imperceptible qui l'empêchait de s'extirper de son ancienne et nouvelle prison.
La frustration vibra dans chacune de ses cellules. Elle serra les poings, ce qui l'amena à se rendre compte de l'absence de la baguette magique de Pansy. Brusquement paniquée, Hermione loucha sur sa main droite, puis sur sa main gauche, toutes les deux vides. Tandis que les battements de son cœur s'accéléraient, elle palpa avec précipitation tout son corps, espérant inutilement la retrouver. En fin de compte, elle dut se rendre à l'évidence : en transplanant, Malefoy la lui avait sans doute arrachée des mains, mais à cause du bouleversement du moment, elle ne s'en était pas aperçue.
La fureur atteignit son comble. Rageuse de s'être faite avoir, Hermione se mit à trembler. Elle avait envie de frapper dans les murs pour les faire tomber, de donner des coups de pieds dans tout ce qui se dresserait sur son passage. Crispant la mâchoire pour contenir sa colère, la Gryffondor fit volte-face. Elle remonta les escaliers, errant sans objectif précis dans l'immensité du manoir. Elle passa devant des dizaines de portes sans prendre le temps de s'y arrêter. Elle eut soudain une idée : et si elle trouvait la chambre de Malefoy ? Elle pourrait ainsi tout saccager à sa guise. Ce serait une petite vengeance personnelle et cela lui permettrait d'extérioriser sa fureur.
Guidée par ce nouveau but, Hermione se mit à la recherche de la chambre de son pire ennemi. Elle ouvrit une vingtaine de portes dans le même couloir du deuxième étage, chaque fois en étant déçue du résultat. Il s'agissait tantôt d'une salle de bain, tantôt d'une salle à manger, tantôt d'une chambre sans titre – à en juger par l'absence d'objets personnels.
La lionne décida de grimper au troisième étage. La première chambre sur laquelle elle tomba attira particulièrement son attention. Elle était semblable aux autres, à la seule différence qu'une odeur fraîche et agréable flottait dans l'air. Ce fut sans doute cette raison qui la poussa à entrer.
La moquette sous ses pieds était d'une couleur dans les tons roses, légère et jolie. Un lit à baldaquin trônait dans le centre de la pièce, ses rideaux assortis à la moquette. Une grande armoire était disposée contre le mur de gauche, ainsi qu'un petit bureau contre le mur de droite. À côté de celui-ci se trouvait une petite porte entrebâillée, laissant apparaître le lavabo d'une salle de bain personnelle.
Hermione s'approcha de la table de chevet située contre le lit à baldaquin. Elle tendit une main hésitante vers le tiroir et l'ouvrit. Un cadre était posé à l'envers dans le fond. Curieuse, la lionne le prit et, lorsque les premiers traits de la personne représentée sur la photo apparurent, elle eut un petit hoquet de surprise.
C'était Narcissa Malefoy.
Elle se trouvait dans la chambre qui avait appartenu à Narcissa Malefoy et que, manifestement, son fils avait soigneusement préservée.
La confusion se fraya un chemin dans son cœur envahi de colère. À pas lents, Hermione fit le tour de la chambre en examinant scrupuleusement chaque détail. À part l'odeur de femme qui emplissait l'atmosphère et le cadre photo dans le tiroir, rien n'indiquait l'attribution de cette chambre. Malefoy avait-il fait exprès de retirer les objets ayant appartenu à sa mère afin d'effacer au mieux son souvenir ?
Hermione jeta un dernier regard dans la pièce avant de la quitter. Alors qu'elle parcourait à nouveau les couloirs interminables du manoir, une seconde idée traversa son esprit : et si elle piquait une baguette magique à Malefoy ? Elle pourrait peut-être transplaner, avec un peu de chance... Car, après tout, si Malefoy lui avait enlevé la sienne, c'était sans doute pour ne pas qu'elle s'échappe en transplanant...
Deux objectifs en tête, la Gryffondor recommença ses recherches avec plus d'acharnement que jamais. S'occuper l'esprit lui permettait surtout de ne pas songer aux terribles combats qui devaient se dérouler dans la demeure de Yaxley, à ses amis qui se battaient pour la sauver alors qu'elle n'était même plus sur place, au danger qu'ils courraient tous en étant venus la chercher...
« Non, s'ordonna-t-elle intérieurement. N'y pense surtout pas. »
Les autres pièces de cet étage étaient pour la plupart verrouillées. Hermione doutait que Malefoy prenne la peine de fermer sa chambre à clé mais pour être sûre de ne pas la louper, il aurait fallu qu'elle trouve une baguette magique. Parvenue devant un autre escalier, elle le gravit, songeant qu'elle n'avait de toute façon plus rien à perdre. Elle ignorait combien de temps Yaxley et Malefoy avaient prévu de la laisser ici, en tout cas, sûrement pendant toute la bataille.
Son cœur se serra lorsque ses pensées dérivèrent inconsciemment vers ses amis. Elle s'infligea une claque mentale, refusant de se laisser distraire. Elle les aiderait, oui, mais avant, elle devait trouver une baguette magique.
« Et saccager la chambre de Malefoy, ajouta-t-elle mentalement. Enfin, en option si jamais je trouve la baguette avant la chambre. »
Le quatrième et dernier étage paraissait plus vaste, dans le sens où il semblait y avoir moins de couloirs que dans les autres étages. La moquette rouge sous ses pieds avalait le bruit de ses pas, pourtant il semblait que sa respiration retentissait dans tout le manoir. Le silence était oppressant, tellement puissant qu'il lui cassait les oreilles.
La première porte qu'elle ouvrit était une pièce totalement vide. Les murs et le plafond étaient blancs, le sol d'un ton gris plutôt triste. Une immense fenêtre faisait toute la longueur du mur opposé. L'absence de lumière ainsi que les étoiles et la lune dans le ciel indiquèrent à la lionne que la nuit était tombée, la lueur rosée à l'horizon lui appris que c'était le cas depuis une heure à peine. L'obscurité serait donc de plus en plus épaisse, et l'enfer ne faisait que commencer.
Sans savoir pourquoi, la Gryffondor marcha jusqu'à la fenêtre et s'arrêta lorsque son visage fut à quelques centimètres de la vitre. Le champ de force était visible, lui prouvant une fois de plus qu'elle était prisonnière dans le manoir. La colère et la frustration revinrent, dominant dans son esprit. Elle s'efforça cependant de faire abstraction de ses sentiments pour tenir le coup. Son regard balaya le jardin plongé dans l'ombre, lui rappelant le souvenir de cette terrible nuit qui avait été la plus longue et la plus douloureuse de sa vie. Celle où elle s'était rendue compte qu'elle était tombée amoureuse d'un monstre manipulateur et arrogant.
Les dents d'Hermione crissèrent dans sa bouche lorsqu'elle les serra jusqu'à s'en faire mal à la mâchoire. La rage qu'elle ressentait déjà s'accentua encore, faisant trembler chacun de ses membres. Elle fit volte-face, traversa la pièce en quelques enjambées et referma la porte en la claquant. Elle en ouvrit des dizaines d'autres à la suite, tombant tantôt sur un grand salon, tantôt sur une bibliothèque sans trouver ce qu'elle cherchait.
Alors qu'elle désespérait et fulminait à la fois, elle faillit heurter de plein fouet le bout du couloir. Incrédule, elle recula d'un pas, touchant du bout des doigts le mur assorti à la moquette par terre. Elle avait déjà terminé de faire le tour du manoir ? Et elle n'avait toujours pas trouvé la chambre de Malefoy ni de baguette magique ?
- Par le caleçon de Merlin ! s'écria-t-elle en poussant une vingtaine de jurons.
De rage, elle donna un violent coup de pied dans le mur en face d'elle. La douleur la lança dans tout le corps, et elle cria un bon coup, sautillant sur place en se tenant le pied des deux mains.
- Espèce de bouse de dragon ! vociféra-t-elle comme un hippogriffe enragé en insultant le mur qui, imperturbable, semblait presque se moquer d'elle. Vermine ! Fumier !
Lâchant son pied, elle tambourina contre le mur d'un air furieux.
- C'est quoi ce foutu manoir ? brailla-t-elle dans un hurlement de colère. Il est nul, nul, nul !
Elle recommença à donner des coups de pied qui résonnèrent dans le couloir silencieux.
- Et Malefoy est un monstre ! Un salaud !
La fatigue, la solitude, la fureur des derniers jours, et mêmes des derniers mois s'accumulaient et ressortaient dans une explosion de hurlements. Des larmes firent irruption sur ses joues et elle les essuya rageusement, encore plus furieuse de pleurer.
- Il m'a dupé ! M'a fait tourner en bourrique ! S'est foutu de moi ! rugit-elle, les sanglots éraillant sa voix. Il m'a manipulée comme une poupée en chiffon ! Il m'a fait croire tellement de choses ! Il m'a tellement menti...
Ce dernier mot fut prononcé avec tant de douleur et de détresse que, cessant de taper contre le mur, elle s'effondra par terre, au pied de celui-ci qui semblait de ficher de son malheur.
- Et moi je l'aimais..., gémit-elle d'une voix cassée.
Sa tête tomba contre le mur. Cela lui fit mal, mais elle l'ignora.
- Il était ma seule faiblesse...
Alors que sa voix se brisait dans un sanglot désespéré, il y eut un bruit infime mais parfaitement perceptible. Le mur contre sa tête bougea, et Hermione se redressa d'un bond, le cœur battant.
En une seconde, le mur fit place à une petite porte en bois qui apparut dans un halo de lumière. Interloquée, la jeune fille la fixa avec des yeux exorbités tandis que le souvenir de la paroi de la grotte qui se fendait en deux devant elle refaisait surface.
Bouche bée, la Gryffondor tenta de comprendre ce qui avait provoqué cette soudaine apparition. Était-ce ses mots qui, accidentellement, avaient servis de mot de passe ? Elle se remémora les paroles qu'elle avait prononcées, emportée dans son délire.
- Et moi je... je l'aimais ? souffla-t-elle, comme une question.
Rien ne se passa. Qu'avait-elle donc dit après cela ?
- Il était ma seule faiblesse... ?
À ces mots, le même bruit de fit entendre, et le mur s'avança jusqu'à recouvrir la porte en bois. La respiration saccadée, Hermione cligna des paupières, puisque cela paraissait être le seul geste qu'elle pouvait faire.
- Ma seule faiblesse ? tenta-t-elle une dernière fois.
De nouveau, le mur s'effaça, laissant place à la porte en bois verni. Les battements de son cœur retentissaient jusqu'à ses oreilles.
- C'est le mot de passe ? s'étonna-t-elle, de plus en plus perplexe.
Évidemment, personne ne lui répondit. Mais la réponse à sa question était juste devant elle. Ne sachant quoi en penser, Hermione se releva avec lenteur en se tenant pour ne pas perdre l'équilibre. Son instinct lui soufflait qu'il s'agissait bel et bien de la pièce qu'elle s'était acharnée à chercher. Alors pourquoi ressentait-elle tant d'appréhension à l'idée d'y pénétrer ?
Au bout de quelques secondes, elle s'approcha enfin de la porte et tourna la poignée. Celle-ci s'ouvrit sans opposer de résistance, révélant ce qui l'intéressait le plus dans ce manoir : la chambre de Malefoy.
Elle était grande et spacieuse. Tout comme ceux de la chambre de sa mère étaient roses, les rideaux de son lit à baldaquin étaient verts, ainsi que la moquette sur le sol. Sur les murs s'étalait la couleur vert et argent des Serpentard. En fait, le symbole des Serpentard était présent partout, aussi bien sur les banderoles qui traversaient la pièce que sur les posters plaqués contre les murs. Mis à part ces détails, la chambre était semblable à celle de Narcissa Malefoy : la même armoire était disposée à gauche, le même bureau à droite, ainsi que la porte menant sans doute à sa salle de bain privée.
La fureur qu'elle avait ressentie quelques minutes plus tôt revint aussitôt. Et cette fois, Hermione ne tenta pas de la contenir ; folle de rage, elle balança son pied dans le pied du lit, renversa d'une main la multitude d'objets posés sur le bureau, ouvrit les portes de l'armoire et jeta par terre tout ce qu'elle y trouva. Elle arracha les rideaux du lit à baldaquin, retourna la couverture signée de la famille Malefoy et tailla en pièces l'oreiller moelleux, répandant des plumes dans toute la chambre en poussant des cris de colère.
Après plusieurs minutes à tout saccager, Hermione se laissa tomber par terre, au milieu des plumes et des bouts d'objets cassés. Détruire le nid de Malefoy lui avait prodigué le plus grand bien : en effet, elle se sentait légèrement mieux. Elle essaya d'imaginer sa réaction lorsqu'il découvrirait tout cela et fut satisfaite du résultat.
Enfin, elle s'était en partie vengée du talent de manipulateur que Malefoy avait exercé sur elle.
Une plume qui volait dans l'air et la poussière vint se coller à sa lèvre supérieure mouillée de larmes et de transpiration, la faisant éternuer bruyamment. Hermione réalisa alors qu'elle était essoufflée et couverte de sueur. Son regard dérapa jusqu'à la porte à droite du lit ; dans la chambre de Narcissa, c'était celle qui marquait l'entrée de la salle de bain privée.
La lionne se leva en retirant les quelques plumes qui collaient à tout son corps. Ses vêtements déchirés couvraient tout juste sa poitrine et ses fesses, et elle avait perdu l'habitude : les vêtements de son apparence de Cressida étaient beaucoup plus présentables. Mais elle était redevenue Hermione et pas mécontente d'être à nouveau elle.
Hermione ouvrit la petite porte, espérant se débarbouiller un peu. Brusquement, elle se figea sur le seuil avec un hoquet de stupeur. Ce n'était pas une salle de bain ; c'était un minuscule placard. Et sur la première étagère se trouvait un objet qu'elle reconnut instantanément : une pensine.
Alors ? Que pensez-vous de la tournure que prend la situation ? Je vois d'ici vos mines perplexes : "hein ? mais pourquoi il a fait ça, Malefoy ?" mais vous aurez la réponse un peu plus tard... En attendant, je serais ravie de savoir si vous avez été surpris ou non...
Hermione a enfin pu (un peu) se venger de l'attitude horripilante que cet infect Serpentard... Personnellement, je me suis éclatée à décrire la scène, je m'imaginais à sa place et j'étais presque dans sa tête en train de pousser des cris de colère !
J'attends vos avis avec impatience.
Merci d'avoir lu !
