Chapitre 25 : la famille weasley

Suite à cette soirée, Hermione attendait… Elle attendait le coup de fil de sa mère, pour lui annoncer soit une bonne, soit une mauvaise nouvelle :

- la bonne : elle avait réussi à convaincre son père et elle voulait fixer de suite la date du mariage

- la mauvaise : elle n'avait pas réussi à faire changer son père d'avis et elle devrait un jour se marier sans son consentement et sans la présence de sa famille…

Elle se rongeait les sangs, arpentant son appartement le soir en guettant fébrilement la sonnerie du téléphone… Même aux répètes elle était distraite et se fit reprendre par Neville parce qu'elle ne chantait pas en rythme — la honte !

Heureusement, Ron savait lui remonter — temporairement — le moral, par sa bonne humeur et son optimisme.

- Tiens, pour te changer les idées, ce week-end, je t'invite chez moi …lui annonça-t-il un soir

- Chez toi ? Ron, ton appart est plus petit que le mien, en plus tu n'as qu'un lit une place, on sera aussi bien chez moi !

- Non, je veux dire, chez mes parents ! Il faut bien que je leur présente enfin ma future femme un jour ou l'autre!

- Tu veux me présenter à tes parents ?!

Hermione s'angoissa d'avance, la rencontre avec son propre père n'avait pas été une réussite…

- Ne t'inquiète pas, Mione, mes parents sont très sympas, je te promets qu'ils t'accueilleront comme leur propre fille, ils seront même ravis de me voir enfin casé ! rit-il. Je crois même que ma mère désespérait!

C'est ainsi que Ron conduisit Hermione le samedi matin suivant chez ses parents : ils habitaient dans la banlieue de Paris. Hermione savait que la famille de Ron n'était pas très riche mais elle ne s'attendait pas à ce qu'elle vit en arrivant. Ron la conduisait tout droit dans une cité où les HLM gris aux nombreux étages surgissaient à tous les coins de rue, semblant boucher le ciel tellement ils étaient nombreux, et où les paraboles blanches s'y accrochaient comme des fleurs poussant aux branches d'arbres formant une forêt moderne …

Il gara la voiture sur le parking en bas d'un des immeubles qui se ressemblaient tous et ils grimpèrent à pied les cinq étages qui conduisaient à la porte de la famille Weasley. On entendait les chiens aboyer à travers les portes, les odeurs de renfermé, de cigarette, de poubelle flottaient dans l'air, les télés braillaient à travers les portes, ainsi que des cris. Hermione, déjà nerveuse, se sentit vraiment mal à l'aise, presque effrayée : elle ne se sentait vraiment pas à sa place ici…

Ron frappa à la porte et on vint ouvrir : Hermione sentit son cœur battre la chamade dans sa poitrine…

Une tête rousse passa dans l'entrebâillement et s'éclaira d'un sourire amical à la vue des arrivants :

- Ron ! Mon petit ! c'est toi ? La mère de Ron serra chaleureusement son fils dans ses bras

" Mince, il n'avait pas prévenu ses parents !"

- Arthur, mon chéri, c'est ton fils qui est là ! Entrez, entrez !

La mère de Ron s'écarta pour les laisser passer et là, les craintes d'Hermione se dissipèrent instantanément : il régnait dans l'appartement une ambiance tellement chaleureuse qu'on ne pouvait que se sentir en confiance.

L'ameublement, certes bon marché était cependant choisi avec goût et bien agencé, une odeur de cuisine agréable flottait dans l'air, une musique douce diffusait, le carillon d'une horloge tinta doucement …

- M'man, je te présente Hermione. Hermione, voici ma mère.

- Enchanté Madame, salua poliment Hermione.

- Oh, voyons, pas de chichis entre nous, tu peux m'appeler Molly, Hermione ! Bienvenue chez nous en tout cas! C'est la première fois que Ron nous amène une fille ici ! Je suis ravie ! sourit-elle chaleureusement.

- Bonjour, salua une voix masculine.

- Hermione, voici mon père.

- Arthur Weasley, enchanté, Hermione

Arthur était aussi grand que la mère de Ron était petite, mais tous les 2 avaient des visages ronds et sympathiques et des cheveux roux ardents, comme ceux de leur fils.

- M'man, on s'invite ici pour le weekend, tu veux bien ?

- Quelle question, bien sûr que je veux bien ! Mais il faudra s'arranger pour les lits, nous serons presque au complet ce soir, ta sœur rentre, Fred et George aussi et Bill est de passage également. Seuls Charlie et Percy sont retenus.

- Fred et George pourraient prendre les lits de Charly et Percy ?

- Oui, on peut faire comme ça, enfin on s'arrangera bien !

Molly se tourna vers Hermione :

- Ce midi c'est pot- au-feu, ça vous va ?

- Parfait, répondit Hermione, songeant qu'elle n'avait encore jamais gouté de pot-au-feu.

Elle trouva cela délicieux : non seulement la mère de Ron cuisinait divinement, mais encore le repas de midi se passa dans les rires et la bonne humeur, le père de Ron ayant des tas d'histoires et d'anecdotes drôles et inépuisables à raconter. Ensuite Ron lui fit visiter sa chambre, qu'il partageait jusque-là avec ses deux frères :

- Fred et George sont jumeaux, ne te laisse pas avoir, ils adorent se faire confondre ! Ils suivent des études de chimie. Ginny suit des études de journalisme. Et Bill travaille déjà, il est banquier. Tu les verras ce soir.

Néanmoins, pour Hermione la surprise allait être de taille : en effet, lorsque Ginny franchit le pas de la porte en fin d'après-midi, elle n'était pas seule mais accompagnée de … Harry.

- Harry, qu'est-ce que tu fais là ?

- Je t'avais pas dit, Harry sort avec ma sœur ? Je croyais te l'avoir dit, désolé ! Néanmoins, je ne savais pas qu'on te verrait ici ce soir, ajouta Ron se tournant vers lui. Enfin, plus on est de fous …

- Et votre groupe de musique, c'en est où ? demanda la mère de Ron

- Ca marche plutôt bien, assura Harry, qui semblait être habitué et à son aise dans la maison, vous pourrez venir au prochain concert, si vous voulez.

- Mais avec joie, je viendrai encourager mon Ronnie !

- M'man, je t'ai déjà dit de ne plus m'appeler comme ça, rougit Ron jusqu'aux oreilles, c'était bon quand j'avais 5 ans, ce surnom ! grommela-t-il vexé.

- Ronnie ! pfff ! Je vais t'appeler comme ça maintenant ! rit Harry

- T'as pas intérêt !

Ron et Harry se chipotaient gentiment, tandis qu'Hermione observait Ginny : une longue chevelure aussi rousse que son frère, constellée de taches de son, de grands yeux verts et intelligents, qui montraient que Ginny, habituée à six frères ainés, ne se laissait pas marcher sur les pieds et avait de l'assurance à revendre : elle sentit qu'elles allaient bien s'entendre et ne se trompa pas.

Elles papotaient tranquillement comme deux vieilles amies, se trouvant plein de points communs, lorsque Fred et George arrivèrent : ils se ressemblaient comme deux gouttes d'eau, roux également, ils étaient plus minces que Ron, mais elle retrouvait le même sourire que le sien. Bill les rejoint en dernier, et même s'il était plus sérieux que ses frères, il n'en était pas moins fort sympathique et cultivé.

L'ambiance devint franchement animée, et la soirée après un bon repas se termina fort tard, après de multiples jeux de cartes en tout genre qu'Hermione découvrait avec amusement. Alors que Fred et Georges entreprenaient de montrer des tours de magie à Hermione, celle-ci bailla de fatigue et Ron lui proposa d'aller se coucher. Elle accepta avec joie. Personne ne fit heureusement de commentaires au fait qu'Hermione et Ron dormaient dans la même chambre, tout comme personne ne remarqua que Ginny s'éclipsait discrètement avec Harry.

- Tu prends mon lit, je vais prendre celui de Fred, proposa Ron.

- Si ça ne te fait rien, je préférerais prendre le lit de Georges, répliqua Hermione en désignant le lit du haut, je n'ai jamais dormi dans un lit superposé, je tiens à essayer une fois dans ma vie ! sourit-elle.

- Très bien, comme ça, je serai en dessous et je pourrai fantasmer en imaginant les courbes sexy de ton corps au travers du matelas, déclara-t-il en faisant une moue de petit garçon déçu.

- Pauvre Ronnie ! - il grimaça de plus belle à ce nom — ne t'inquiète pas, lui souffla Hermione à l'oreille, on se rattrapera à notre retour à Paris !

- Si tu te rattrapes suffisamment bien, tu pourras m'appeler Ronnie autant de fois que tu voudras ! sourit-il.