Et il lui sembla que c'était en effet des heures après qu'elle trouva finalement ce qu'elle cherchait. Elle était tombée dans trois boucles d'où elle avait eu le plus grand mal à se dépêtrer et s'était heurté à une flamme infernale. Elle bénissait la prévoyance qui lui avait fait jeter un sort de sommeil à Rogue avant qu'elle ne commence ses recherches. Et ses longues études sur l'occulmencie qui lui avaient permis d'éviter de tomber dans le piège de la flamme. C'était des techniques de ce genre qui avaient mis fin à la vie de nombre de légilimens imprudents. Heureusement, tout sort assez puissant pour obtenir ce résultat laissait forcément des traces. Comme les ondulations de chaleur sur les souvenirs proches dans le cas de la flamme infernale. Si c'était ça quand Rogue était endormi, elle ne voulait pas savoir comment c'était quand il était réveillé ! Enfer, il n'était pas étonnant que personne ne perce ses boucliers ; le professeur de défense contre les forces du Mal avait aménagé son esprit en champ de bataille ! Et elle soupçonnait d'autres mauvaises surprises.

La suite lui prouva que oui quand elle se retrouva dans une pièce très similaire à la salle d'accès au département des Mystères. Les portes l'entouraient, toutes identiquement semblables. Etaine était sûre que la moitié au moins était des chausse-trappes. Elle hésita un instant puis alla jusqu'à un battant l'étudier. Il était légèrement concave, comme attiré vers l'intérieur de ce qu'il renfermait. La Fourchelang s'en écarta vivement. Le Maître des potions était complétement fou ! Installer un gouffre néantique dans son esprit ! Si ce n'était pas bien maîtrisé cela pouvait absorber les souvenirs même de l'occulmens !

La légilimente s'était depuis longtemps jugée comme folle et tirait une certaine fierté des actes parfois inconsidérés qu'elle commettait. Mais jamais il ne lui serait venu à l'esprit d'installer un gouffre néantique dans le sien. Elle avait placé deux flammes infernales depuis l'aventure avec Bluckster mais n'était pas allé sur quelque chose de plus agressif. Ce l'était déjà bien assez de son avis et le légilimens qui se serait risqué dans son esprit n'avait déjà que peu de chance d'en sortir indemne si par malheur il tombait sur un souvenir qu'elle désirait cacher. Qu'il meurt donc ! Ce ne serait pas une perte.

Mais il y avait certaines choses pour lesquelles elle gardait une terreur instinctive. Des choses qu'elle savait qu'il valait mieux ne pas jouer avec. La liste n'était pas longue : horcruxes, Déatakunto, gouffre néantique et technique s'approchant un peu trop du néant. La mort ne lui faisait pas peur en comparaison de la perspective de l'éternité piégée dans le néant.

Rogue devait accorder bien peu d'importance aux souvenirs des volutes pour les laisser ainsi sans protection adaptées, à la portée du gouffre néantique qu'il avait installé. Suicidaire, lui aussi ? Fort probablement vu le double jeu qu'il jouait depuis presque deux décennies. Mais les autres souvenirs, ceux cachés derrière les portes, possédaient un barrage efficace contre le néant du gouffre. Eux seuls avaient donc de l'importance pour Rogue. Mais quelle porte la concernait ? Le Maître des potions avait soigneusement caché tout ce qui pouvait le rattacher aux mangemorts. Ce devait donc être derrière une de ces portes. Laquelle ? La légilimente regarda autour d'elle puis, au risque de réveiller le professeur de défense contre les forces du Mal, infusa un peu de magie pour regarder les signatures sur les portes. Elle choisirait celle qui avait la signature la plus proche de la magie noire.

Le sol se déroba sous ses pieds et sa bouche s'ouvrit dans un cri inaudible. Merde !

Le mage noir lui tournait le dos, fixant son reflet dans le miroir. Voldemort ne semblait pas tellement s'intéresser à l'image au teint cadavérique et aux yeux rouges sangs qui étaient les siens. Il semblait au contraire perdu dans ses pensées.

Etaine pencha la tête sur le côté, confuse. Comment était-elle tombée dans ce souvenir ? Certes, il faisait sans nul doute partie de ceux qu'elle cherchait mais elle n'avait pas eu le temps de repérer la bonne porte. Soudain, elle comprit. Elle avait été sur la porte en activant sa magie. Et comme elle était raccordée à la bonne signature magique elle était tombée dedans. Jetant un coup d'œil autour d'elle autant que le lui permettait le champ de vision de Rogue, elle vit une pièce sombre inidentifiable. Le Maître des potions se tenait légèrement en retrait de Voldemort, agenouillé.

-Etaine, prononça le Seigneur des Ténèbres d'une voix pensive comme s'il entendait ce nom pour la première fois. Ce n'est pas un nom de naissance.

Ce n'était pas une question mais une affirmation.

-Non, maître.

-Quel est son véritable nom ? interrogea Voldemort.

-Suzanne Knightley. Mais la majorité des gens ne la connaissent que sous le nom d'Etaine Knightley. Ils remettent rarement ce nom en question.

Le visage du Seigneur des Ténèbres était impassible. La légilimente observait de près ses réactions, consciente que cette scène se déroulait juste après les événements du ministère, il y avait presque un an. Lorsqu'elle était sortie de l'ombre et qu'il avait découvert son existence.

-Il semblerait donc qu'il y ait un nouveau pion, et de taille, sur l'échiquier, Nagini, siffla Voldemort au gigantesque python qui ondulait à ses pieds.

Tiens ? Lui aussi parlait d'échiquier.

-Elle est jeune, nota le mage noir en anglais. Seize ans ? Dix-sept ?

-Quinze, maître.

-Quinze ? répéta le Seigneur des Ténèbres, apparemment surpris par ce chiffre. Quel dommage que Dumbledore l'ai trouvée en premier… C'aurait probablement été l'une des sorcières les plus puissantes de ce temps.

-Elle n'est pas dans le camp de Dumbledore, vint la voix de Rogue.

Voldemort se retourna pour lui faire face et le Maître des potions baissa aussitôt la tête avec déférence.

-Explicite.

-Etaine ne sert personne d'autre qu'elle-même. C'est un électron libre presque totalement incontrôlable. Dumbledore se méfie beaucoup d'elle et elle-même s'en défie autant.

-Mais comment se fait-il qu'elle soit Fourchelang ? siffla Nagini qui ondulait toujours sur le sol.

-Pourquoi Dumbledore s'en méfie-t-il ?

-Etaine refuse de se laisser manipuler par qui que ce soit. De plus, elle lui rappelle de mauvais souvenirs.

-Continue.

-Il y a eu des incidents, se risqua Rogue d'un ton hésitant, où Dumbledore croyait sa culpabilité pendant qu'elle convainquait tous les autres.

-Quels types d'incidents ?

-Il y a quelques années, lors de l'évasion de Sirius Black, des détraqueurs ont été placés autour de Poudlard. L'un d'eux a attaqué un groupe de Serpentard qui a ensuite accusé Etaine de leur avoir tendu un guet-apens. Mais elle n'était qu'en deuxième année à l'époque…

Rogue croyait donc vraiment à son innocence.

-Pourquoi Dumbledore la croyait-il coupable ?

-Son principal motif était sa ressemblance avec vous.

-Comment cela ? demanda Voldemort après un instant de silence.

C'était soigneusement caché mais il y avait une note d'intérêt qu'il ne parvenait pas à cacher aussi bien que lors de ses précédentes questions.

-Il a peur, siffla Nagini.

Il semblait que Saernel et Nagini aient à peu près le même rôle de détection des émotions.

-Etaine ressemble beaucoup à votre ancienne apparence, déclara néanmoins Rogue après une légère hésitation, elle a la même gestuelle que vous et il lui arrive de réagir d'une manière très Serpentard. Elle est également Fourchelang.

-Que me caches-tu ? demanda Voldemort.

-Dumbledore a fait faire une enquête sur elle et sur ses liens avec vous. Il pense qu'elle est votre petite-nièce.

-Lève-toi, Severus.

Le mangemort s'exécuta sans perdre de temps, croisant le regard du mage noir quand celui-ci lui releva le menton. Le Seigneur des Ténèbres resta un long moment à fixer le Maître des potions dans les yeux, utilisant la légilimentie, puis il relâcha sa prise et un étrange sourire apparut sur ses lèvres. Pourtant, lorsqu'il reprit la parole, sa voix aurait fait geler l'enfer.

-N'est-il venu à l'esprit d'aucun de vous que je souhaiterais être mis au courant de ce fait ?

-Nous ignorions comment vous réagiriez, maître, déclara Rogue dont la voix tremblait légèrement, nous avions peur.

-Vous aviez raison.

La vision du Maître des potions bascula brusquement et il se retrouva sur le sol de pierre sans avoir vu la gifle venir. Son grand-oncle semblait avoir une force similaire à la sienne.

-Mais crois-tu vraiment que ce soit une excuse recevable, Severus ?

-Non, maître, murmura Rogue en s'agenouillant de nouveau.

-Si elle n'est pas dans le camp de Dumbledore, pourquoi s'est-elle opposée à moi ? s'éleva de nouveau la voix de Voldemort.

-D'après son attitude, elle a semblé penser depuis votre retour que vous chercheriez à l'éliminer.

-Quelles étaient ses raisons ?

-Je l'ignore, maître, elle n'a jamais jugé utile de s'en expliquer à moi.

-Allons, Severus, tes dons de légilimens t'auraient-ils abandonnés ? Ou connaissait-elle déjà l'occulmencie à mon retour ?

-C'est une occulmente douée, et depuis longtemps. Elle avait des prédispositions à cet art.

-Quand l'a-t-elle appris ?

-En troisième année, maître. Cela ne lui a pris que quelques semaines d'atteindre le niveau six.

Pourquoi Rogue préférait-il fixer le sol, s'énerva Etaine. Elle manquait toutes les émotions du mage noir !

-Tu sembles bien connaître le sujet, Severus. Qui le lui a appris ?

-Moi, murmura le Maître des potions après une longue hésitation.

-Pour quelles raisons ? Qu'espérais-tu d'elle ?

Les pas de Voldemort s'approchèrent jusqu'à ce que le bas de sa robe noire entre dans le champ de vision de Rogue. Le Seigneur des Ténèbres fit se relever l'espion mangemort, son regard rouge fixé dans le sien.

Des dizaines de souvenirs passèrent devant ses yeux. Le mage noir n'avait pas volé sa réputation de légilimens ; il allait à une vitesse formidable, synthétisant les informations dès qu'il avait fini d'en prendre connaissance. Elle n'avait jamais réalisée que le Maître des potions avait tant de souvenirs d'elle. Qu'elle s'était à ce point ouverte à quelqu'un.

-Fol Œil se méfiait d'elle et avait tenté d'utiliser la légilimentie sur elle après avoir vu Saernel, lâcha Rogue au moment où Voldemort tombait sur l'information sur son apprentissage auprès du Maître des potions. Elle avait découvert beaucoup de choses qu'il aurait mieux valu qu'elle ignore.

Non ! Il avait dénoncé Saernel aussi. S'il arrivait quelque chose à la vipère par sa faute elle ne le lui pardonnerait pas.

-Quel genre de choses ?

-Que j'étais mangemort et surement d'autres choses qu'elle a gardées pour elle.

-Nous reviendrons à cela, Severus. Si elle n'était pas encore occulmente, comment a-t-elle su qu'on utilisait la légilimentie sur elle ?

-Elle le sentait instinctivement, maître, et elle mettait déjà en avant certaines pensées pour en cacher d'autres. Elle utilise cette aptitude comme une arme supplémentaire.

-Elle est loin du niveau six, observa le mage noir. Plutôt neuf. Tu l'as bien formé et je ne doute pas qu'elle ait été une bonne élève.

Rogue releva la tête, pour suivre des yeux Voldemort qui faisait les cent pas dans la pièce. Etaine sentait sa surprise devant ce compliment à son égard.

Elle-même l'était tout autant. A Noël, elle estimait son niveau à huit. Hors, six mois auparavant, le Seigneur des Ténèbres la voyait à neuf.

Le mage noir alla s'asseoir sur un fauteuil aux airs de trône et le dévisagea avec une vigilance accrue.

-Parle-moi de Saernel, ordonna-t-il d'une voix qui n'admettait pas de contestation, faisant se glacer le sang d'Etaine.

-Etaine l'a rencontré peu après son entrée à l'orphelinat et ils ne se sont que rarement quittés depuis.

-Cela semble familier, n'est-ce pas ? siffla Nagini, apparemment en accord avec Voldemort qui avait penché la tête sur le côté après le mot « orphelinat ». C'est étrange, comme les détails collent, songea le serpent pendant que le Seigneur des Ténèbres acquiesçait légèrement.

Voldemort avait grandi dans un orphelinat moldu lui aussi, se rappela Etaine. Dans quelles circonstances avait-il rencontré Nagini ?

-La plupart du temps, Saernel reste caché dans sa chevelure mais il arrive qu'Etaine s'en serve comme d'un espion ou qu'il aille se promener. Il comprend le langage humain et est un combattant redoutable, pour une vipère. Il a également une qualité d'analyse non négligeable mais moins précise que celle d'Etaine.

-Un peu notre relation, observa Nagini en allant s'enrouler autour des épaules du mage noir qui la caressa distraitement. Que comptes-tu faire ?

-Je ne sais pas trop, siffla Voldemort en retour. Ce serait un atout indéniable dans notre camp mais elle ne semble pas partager nos vues. Et si elle me ressemble tant que cela essayer de la manipuler serait stupide.

-Te ressembles-t-elle vraiment ?

-Indéniablement. Je m'étonne de ne pas avoir vu à quel point dans notre duel. J'ai l'impression de me revoir au même âge. A une exception près.

-Nous ne nous connaissions pas encore à cette époque, termina Nagini.

-Saernel représente une faiblesse pour elle ; elle a été prête à m'affronter pour lui. Mais je ne compte pas exploiter cela.

Etaine en aurait soupiré de soulagement si elle avait pu le faire.

-Tu vas la gagner à notre cause.

-Je vais d'abord essayer de gagner son estime, ce qui semble déjà en partie fait. Je n'étais pas quelqu'un à manipuler et je pense qu'elle non plus. Si elle nous rejoint, ce sera en toute connaissance de cause, n'en doute pas Nagini. Fin du flash.

Avant qu'Etaine n'ai eu le temps de décider quoi que ce soit sur ce qu'elle venait de voir, un autre souvenir l'aspira.

Le décor était toujours sombre mais le lieu semblait avoir changé. La pièce était plus grande et il n'y avait pas de miroir. La lumière pénétrait dans la salle par une fenêtre isolée au milieu d'un mur de pierre qui n'était pas sans rappeler ceux de Poudlard. Mais cette fois, Rogue regardait le Seigneur des Ténèbres, n'attendant manifestement pas de punition comme il en avait craint le souvenir précédent. Voldemort était toujours installé sur ce qui semblait un trône, caressant distraitement Nagini enroulée autour de ses épaules. Le serpent comme l'homme observaient l'espion mangemort agenouillé devant eux.

-Et bien, Severus ? demanda le Seigneur des Ténèbres de sa voix aigu et froide.

-Elle a gagné, comme vous vous y attendiez, et de manière plutôt spectaculaire, répondit Rogue.

-L'a-t-elle tué ?

-Elle n'en a pas eu le temps, maître. Bluckster avait acheté l'arbitre et il a arrêté le duel quand celui-ci s'est trouvé sans défense.

Comme vous vous y attendiez ? Voldemort avait donc pensé qu'elle remporterait le duel et l'avait volontairement laissé faire. Et si Rogue avait accepté qu'elle combatte, c'était parce qu'il avait reçu ses consignes d'un autre. Que de manipulations autour de ce combat…

-Ce n'est pas cela qui le sauvera, nota le mage noir en se levant, faisant signe au Maître des potions de l'imiter. Maintenant, fais-moi voir ce qu'elle a fait, ordonna-t-il en rivant son regard incarnat dans celui, plus noir qu'une nuit sans lune, de Rogue.

Lors du dernier souvenir, Etaine avait été prise au dépourvu par la vitesse de traitement de Voldemort et n'avait donc pas su exactement quels souvenirs il avait visionné. Mais elle aussi était une légilimente, et si elle n'avait pas son niveau elle était loin d'être mauvaise. Aussi était-elle prête cette fois-ci et put-elle observer la scène à la même vitesse.

Le duel vu depuis les yeux du Maître des potions était bien plus impressionnant que ce qu'elle avait perçu en lançant elle-même les sortilèges. Cette puissance qui lui paraissait naturelle étonnait Rogue et ravissait Voldemort. Les deux légilimens avaient rapidement compris qu'il s'agissait d'un duel d'esprit. Mais là où le visage de Bluckster se contractait par moment, celui d'Etaine restait totalement inexpressif, comme sûre que la victoire ne pouvait que lui revenir. De la même manière il fut évident que c'était elle qui avait remporté la première manche. Le Feudeymon surpuissant intéressa également le mage noir, et ce d'autant qu'elle avait lancé un autre maléfice qui n'était pas de moindre puissance en même temps sans pour autant que le feu ne se ternisse. Généralement lancer deux sorts en même temps était un travail épuisant pour un sorcier si bien que seuls les Aurors les plus avancés apprenaient à le faire. Et certains mages noirs qui piochaient l'information dans de vieux livres. Comme eux, Etaine avait trouvé dans de vieux grimoires la méthode dont la difficulté était vantée. Il n'en avait pas fallu plus pour qu'elle décide d'acquérir cette utile capacité.

Le marécage en revanche plut beaucoup moins, à Rogue en tout cas car tout ce qu'elle percevait de Voldemort était une totale concentration. Les serpents de fumée plurent beaucoup au Seigneur des Ténèbres, même si elle ne parvenait pas à savoir pourquoi. Quant au Maître des potions il était entre étonnement et inquiétude.

Vinrent les Doloris. Rogue était tendu comme une corde d'arc tandis que son grand-oncle la regardait se tordre sur le sol, impassible. Brusquement, elle se vit s'immobiliser sur les dalles de pierres puis se relever, lentement, la tête baissée, ignorant les sortilèges de torture qu'envoyait en rafale Bluckster. Soudain, elle releva la tête et son regard se ficha dans celui du Maître des potions, surprenant les trois légilimens. Car son regard n'était plus gris d'orage mais rougeoyant, exactement de la même teinte que celui de son grand-oncle. Avec son visage pâle, ils ressemblaient de nouveau à ce que l'on aurait cru s'ils étaient nés au même moment : des jumeaux. Des jumeaux maudits, maléfiques, privés d'apparence humaine. Mais des jumeaux quand même. Etaine reconnut dans ses propres yeux incarnats la rage qu'elle avait déjà vu brasiller dans ceux de Voldemort. La duelliste se retourna brusquement, les laissant stupéfaits, pour bloquer le maléfice de Bluckster et le lui renvoyer, bien plus puissant. Manifestement, le Seigneur des Ténèbres connaissait la technique.

Etaine papillonna des yeux un instant pour faire le point, réalisant sa respiration rapide. Le bureau de Rogue était identique à ce qu'il avait été quand elle avait commencé à user de la légilimentie sur lui. La seule différence était la lumière déclinante qui prouvait que plusieurs heures avaient passées. Mais la Fourchelang ne remarqua rien de tout cela en s'éloignant du Maître des potions encore endormi. Ses yeux… Comment étaient-ils devenus de la même teinte que ceux du Seigneur des Ténèbres ? Etait-ce pour cela que Revan et Rogue l'avaient fixée, choqués, à la fin du duel ? Sans aucun doute. Mais comment ? Elle n'avait rien senti… Si ce n'est la haine qu'elle avait utilisé pour contrer le Doloris.

Sans un regard en arrière, Etaine tourna les talons et prit la fuite, ignorant Saernel sur ses épaules qui demandait la raison de cette fuite soudaine. Elle n'était pas le Seigneur des Ténèbres, elle n'était pas le Seigneur des Ténèbres. Elle n'était pas comme lui. Elle était Etaine, juste Etaine, seulement Etaine.