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Voici la réponse que vous attendez avec impatience. Commentez et faites vos pronostics, je suis impatiente de lire vos suggestions.

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Chapitre 24 : Décision salariale

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Tony avait été plus qu'étonné par la proposition du directeur-adjoint Vance. Il avait été agréablement surpris lorsque l'homme lui avait annoncé vouloir lui confier un poste particulier, un vrai challenge selon lui, un de ceux que l'italien ne pouvait décemment pas refuser.

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Il était persuadé que Tony pouvait relever le défi et contrairement à ses propres coéquipiers, Vance ne le sous-estimait pas, bien au contraire. Il pensait que l'italien valait bien mieux que d'être second de Gibbs et qu'il pouvait prétendre sans problème à monter les échelons rapidement.

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Lorsque Vance lui avait dit qu'il était persuadé que Tony pourrait un jour devenir directeur du NCIS, l'italien lui avait presque éclaté de rire au nez. Mais quand le directeur lui avait expliqué tout ce qu'il avait noté à son sujet, l'ancien détective en était resté coi. L'homme avait pris le temps de relire son dossier mais aussi de faire une enquête plus approfondie sur ses divers postes dans la police.

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Vance avait bien spécifié que la proposition était réelle et absolument méritée. Il laissait à Tony toute latitude pour prendre en main son poste et revoir si besoin son organisation. Le dossier qu'il lui avait donné lui permettrait de juger si l'intérêt était suffisant et si le challenge lui convenait. Les relations entre les diverses forces en présence étaient à rebâtir presque en totalité et le directeur savait que l'italien serait l'homme de la situation.

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Tony avait souhaité réfléchir durant quelques jours à l'offre de Vance même si celle-ci était par trop tentante. Il voulait peser le pour et le contre avant de se lancer dans ce qui semblait être une nouvelle vie, une vie qui serait sans doute un vrai challenge mais qui, surtout, l'éloignerait de la capitale.

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Serait-ce un bien s'il décidait de quitter l'équipe, de laisser Washington derrière lui et d'accepter la proposition du directeur ? Avait-il vraiment à hésiter lorsqu'on lui offrait sur un plateau son rêve, un rêve qui pouvait devenir réalité en un clin d'œil ?

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L'homme qui avait été son patron, qu'il pensait être un ami, qu'il espérait le voir devenir plus, cet homme l'avait traité comme s'il n'était qu'un vulgaire sous-fifre. Son attitude avait déclenché une réaction immédiate de la part de McGee et David qui avaient décidé de ne plus obéir aux ordres de Tony et lui avaient carrément renvoyé à la figure qu'il n'était plus le chef d'équipe et qu'ils ne recevraient désormais leurs consignes que de Gibbs.

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Ils avaient tous deux oublié que l'italien était malgré tout leur supérieur hiérarchique et que ses ordres valaient ceux de l'ancien Marine. Et lorsque leur manque de respect avait failli causer une catastrophe et avait finalement eu pour résultat de lui valoir une blessure qui aurait pu être évitée, il avait compris que son temps au sein de l'équipe de Gibbs était compté. McGee attendait avec impatience que le patron l'évince pour obtenir sa place, l'officier du Mossad voulait le voir ailleurs plutôt qu'à ses côtés.

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Mais l'un et l'autre allaient avoir une sacrée surprise lorsque la nouvelle se répandrait. Il savait qu'il serait sûrement félicité par ceux qui le voyaient comme un Agent compétent mais ses propres collègues lui jetteraient certainement quelques remarques acerbes bien senties pour lui faire comprendre qu'il n'était rien à leurs yeux. Aussi, il réfléchit puis vint à la conclusion qu'il voulait leur compliquer la tâche. Et s'il acceptait la proposition, il soulèverait ce point.

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Il voulait partager et discuter avec une personne de confiance, prendre un avis extérieur et obtenir des conseils. Oh, il doutait qu'il tourne le dos à une telle opportunité mais était-ce bien ce qu'il voulait ? Il était indécis et en même temps excité par cette proposition. Elle permettrait de résoudre deux dilemmes et représentait un nouvel espoir, celui de repartir d'un bon pied ailleurs et la chance de sortir d'une situation qui ne s'arrangerait jamais.

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Sans plus tergiverser, il passa un appel et demanda à son interlocuteur de le rejoindre à son domicile le soir même en lui indiquant seulement que c'était urgent et important mais non dangereux. Il savait que son ami pourrait s'imaginer le pire quand il était concerné et c'était tout ce qu'il attendait d'un ami.

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Il était presque 19 heures lorsque la sonnette retentit annonçant son invité. Tony alla ouvrit et le pria d'entrer. Jimmy lui sourit et s'installa sur le canapé attendant patiemment que Tony le rejoigne.

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« Donc qui a-t-il de si important ? » finit-il par demander. « Je me creuse la tête depuis ton appel pour savoir ce que ça peut bien être. »

« Si je te disais que tu as devant toi l'Agent Senior en Charge Anthony DiNozzo ! » déclara l'italien sachant que son ami comprendrait. « Et cette fois, c'est officiel. »

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Jimmy le regarda, bouchée bée avant de lui sourire.

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« Mec, félicitations » dit-il avant de le serrer dans ses bras.

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Tony se raidit avant de se détendre dans l'étreinte des bras du jeune assistant. Il savait que la joie de Palmer était sincère mais son enthousiasme était surprenant.

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« Alors où le directeur t'envoie-t-il donc ? En Espagne, Rota ou en Italie ? Ah, Naples la belle ! En France peut être ? Marseille et le bord de mer » égrena Jimmy d'un ton rêveur.

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Au lieu de lui répondre, Tony lui tendit le dossier que Vance lui avait donné un peu plus tôt. Jimmy l'ouvrit et feuilleta les quelques pages avant de revenir en arrière et de relire la destination.

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« Oh, Tony, c'est super » s'exclama-t-il enthousiaste. « Toi qui a toujours rêvé d'y aller, tu vas y rester un bon moment. C'est magnifique et je suis content pour toi, vraiment » ajouta encore Palmer en riant franchement.

« T'as raison, Gremlin, je vais travailler dans un endroit magnifique et c'est vrai que j'ai toujours souhaité y aller mais y travailler, j'aurai jamais cru ça possible » renchérit Tony. « Mais je ne sais pas si je serais capable d'occuper ce poste aussi bien que le pense Vance. »

« Tony, tu as été un très bon chef d'équipe durant l'absence de l'Agent Gibbs malgré tout ce qui s'est passé avec McGee et David » objecta Jimmy. « Tu es parfaitement capable de remplir les fonctions de chef, tu en as les compétences et les qualifications. C'est un challenge, ok mais tu peux le faire. Repartir avec une nouvelle équipe, dans un endroit pareil, composer avec une autre culture, ça ne peut que te faire du bien. Tu as besoin de t'éloigner d'ici, de laisser derrière toi les derniers mois qui viennent de s'écouler, de rencontrer d'autres personnes, de redémarrer sur des bases différentes et plus saines qu'ici. Fonce, mon vieux, fonce et prouve-leur que tu vaux mieux que ce qu'ils pensent. »

« Sans doute ai-je besoin de tout ça mais tu ne seras pas là pour me donner un coup de fouet lorsque j'en aurai besoin, Jimmy » dit Tony avec une note de regret dans la voix.

« Il y aura toujours les vacances pour se revoir, t'en fais pas. Et puis, on correspondra par mail, par téléphone et sur Internet. Et je suis sûr que tu ne verras pas le temps passé dans les prochaines semaines entre ton installation et ta prise en charge de l'équipe. Et comme je te connais, tu voudras rencontrer les forces de police et faire ami-ami avec eux. Tu vas être suffisamment occupé pour ne pas regretter ce que tu laisses ici. »

« Tu es sûr que je dois accepter cette offre ? J'hésite même si elle a tout ce que je souhaite depuis longtemps. »

« Sûr que tu es fait pour le poste, Tony » affirma Jimmy. « Et peut être parviendras tu à exorciser certains cauchemars, songes-y, les circonstances pourraient être favorables pour te débarrasser enfin de certains démons. »

« Si tu le dis mais je n'en suis pas persuadé moi-même, Jim » avoua piteusement l'italien.

« Arrête de t'interroger, prends ton téléphone, appelle Vance et dis-lui que tu acceptes son offre avec joie » lui conseilla Jimmy.

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Pour être certain que Tony ne reculerait pas, il attrapa le portable de l'italien, composa le numéro du standard du NCIS, demanda le bureau du directeur et passa le téléphone à son ami. L'italien le prit et le regarda avant de le porter à son oreille.

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« Monsieur, j'ai pris connaissance du dossier que vous m'avez donné » débuta Tony.

« Vous avez donc déjà fait votre choix si vous m'appelez si tôt » dit le Directeur, un sourire clairement audible dans sa voix.

« Oui, Directeur, j'accepte le poste » annonça-t-il finalement.

« Je savais que vous seriez partant, Agent DiNozzo » déclara Vance. « On se voit demain à 9 heures à mon bureau pour finaliser les détails et répondre à vos questions. »

« Ok, à demain, Monsieur. Bonne soirée. »

« A vous aussi, Tony » le salua Vance avant de raccrocher.

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Tony coupa la communication et se tourna vers Jimmy qui lui passa un bras autour des épaules avant de le serrer contre lui. L'italien était encore secoué par la proposition et avait besoin d'un peu de temps pour assimiler les changements à venir. L'assistant légiste était heureux pour son ami même si ce transfert signifiait que les deux hommes ne pourraient plus partagés des soirées amicales comme ils le faisaient depuis plusieurs mois.

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Ils se chargèrent de se préparer un menu plutôt que de se faire livrer. Ils discutèrent et rirent avant de se calmer, le temps de manger. Après avoir débarrassé et emmener le dessert et le café au salon, ils choisirent un film et s'installèrent tranquillement sur le sofa pour le regarder. Durant deux heures, ils laissèrent tour à tour leurs pensées vagabonder sans vraiment suivre l'histoire qui se déroulait sur l'écran.

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Vers 22 heures, après avoir félicité une nouvelle fois son ami, Jimmy quitta la maison. Tony termina de ranger, passa dans la salle de bains pour ses ablutions avant de revenir dans le salon. Il choisit un guide touristique qui faisait partie de sa bibliothèque, s'installa dans son lit et commença sa lecture. Malgré son excitation, il ne tarda pas à piquer du nez après quelques pages.

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Il referma le livre, le déposa sur la table de nuit, éteignit la lumière, s'enfonça sous les couvertures et laissa ses muscles se détendre un à un, un exercice qui l'aiderait à se calmer et à glisser dans le sommeil. Au bout de quelques minutes, il était endormi.

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Le lendemain matin, il se leva, surpris d'avoir passé une nuit reposante. Il n'avait pas aussi bien dormi depuis plusieurs mois et le fait de savoir qu'il allait enfin pouvoir mettre un terme à toute cette hostilité latente qu'il ressentait au sein de son équipe le soulageait tellement qu'il avait retrouvé le sommeil. Il se regarda dans le miroir et constata que ses traits étaient plus lisses même si les cernes étaient encore bien visibles sous ses yeux.

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Il prit sa douche, une douche bien chaude et longue, se rasa, choisit soigneusement sa tenue, prit le temps de se servir un petit déjeuner qu'il dégusta lentement, rangea la cuisine avant de se décider à se rendre au bureau. Le trajet fut rapide, le gros des travailleurs ayant déjà gagné leur lieu de travail. Il se gara sur le parking, loin des véhicules de ses collègues pour être certain que son bébé ne porterait pas de marque suspecte sur sa belle carrosserie.

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Il gagna rapidement l'entrée, se soumit aux formalités habituelles pour pénétrer dans le hall, s'engouffra dans l'ascenseur et monta au troisième étage. Il sortit de la cabine, se dirigea vers son bureau où il déposa son sac à dos d'où il extirpa le précieux dossier et sans un regard pour l'équipe qui l'épiait l'air de rien, il prit le chemin du bureau du Directeur. Il grimpa les marches en sentant peser sur son dos le regard de trois agents qui souhaitaient sans doute le trucider.

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Il n'en avait cure cependant, il se sentait bien et le fait que Vance le soutienne et lui offre ce poste l'avait persuadé qu'il était considéré comme il se devait, un Agent et un chef d'équipe de valeur. Désormais, ce que pouvaient penser de lui ceux qui avaient été ses collègues et amis ne lui importait plus du tout, il avait enfin compris et surtout accepté qu'ils ne l'estimaient pas ou plus. Dorénavant, il serait plus judicieux de se montrer tel qu'il était plutôt de que se cacher par peur d'être raillé. Il devait être le plus honnête possible avec ses subordonnés sans pour autant se dévoiler totalement.

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Ne plus avoir à jouer les clowns et ne plus cacher son intelligence seraient de gros changements dans la mesure où Tony avait plusieurs années de pratique à son actif, non seulement au NCIS mais depuis Philadelphie en fait. Etre devenu détective si tôt après son diplôme n'avait pas forcément été un bénéfice, il avait rencontré son lot de policiers jaloux de sa rapide promotion et sa seule riposte pour ne pas craquer avait été de lancer des plaisanteries à tout bout de champ.

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Redevenir un homme sérieux et montrer qu'il n'était pas un idiot allaient être un vrai challenge. Cependant, rompu aux missions sous couverture comme il l'était, il savait qu'il ne lui prendrait pas longtemps pour se comporter normalement au contact de son équipe.

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Il avait besoin de se prouver, à lui-même autant qu'aux autres, qu'il était compétent et un atout pour l'agence fédérale. Contrairement à l'opinion d'un petit nombre de personnes, beaucoup de ceux qui avaient travaillé avec lui savaient de quoi il était capable et ça lui suffisait pour le moment.

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Viendrait bien un jour où ces détracteurs seraient forcés de reconnaitre qu'Anthony DiNozzo n'était pas un Agent au rabais et que son poste était amplement mérité. McGee n'en reviendrait sans doute pas s'il savait que son si cher diplôme du MIT ne lui serait pas suffisant pour devenir le second de Gibbs et qu'une maîtrise serait nécessaire sinon obligatoire pour occuper un tel poste. Il donnerait cher pour voir la tête de l'informaticien lorsqu'il apprendrait cette nouvelle. Dieu, qu'il aimerait pouvoir le lui envoyer à la figure !

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Il sortit de ses pensées lorsque la secrétaire du Directeur lui signala qu'il pouvait accéder au bureau directorial. Il frappa donc à la porte et pénétra dans la pièce lorsqu'il reçut l'aval de Vance. Il s'avança lentement avant de se tenir debout devant le bureau, Vance lui indiqua un siège d'un geste de la main l'invitant à s'asseoir. Il prit un siège et attendit que Vance prenne la parole. Le directeur le regarda pensivement durant deux minutes avant d'engager la conversation.

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« Donc ma proposition vous convient » affirma-t-il.

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Tony se contenta de hocher la tête avant finalement d'élaborer sa réponse.

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« Je pense qu'il faudrait être fou ou idiot pour refuser pareille proposition même s'il s'agit du plus formidable défi auquel je devrais faire face depuis que je suis dans les forces de l'ordre. »

« Vous avez parcouru tout le dossier dans ses moindres détails, je présume » s'enquit Vance.

« Oui, je connais les spécificités du poste, j'ai parcouru les informations fournies sur le champ d'action du bureau, les différentes forces policières en place » énuméra Tony avec un léger sourire.

« Ok, je vois que je n'ai pas grand-chose à vous apprendre » lui sourit en retour Vance. « Je sais que je peux compter sur vous pour marcher main dans la main avec toutes les forces en présence. Veuillez simplement à ne prendre personne à rebrousse poils. On s'est plaint plusieurs fois de l'attitude de l'agent en place sans déposer de plaintes officielles, heureusement. J'ai veillé à ce qu'il fasse des excuses personnelles et j'y ai ajouté les miennes pour faire bonne mesure et vous préparer un terrain plus favorable. »

« Négocier avec le Département de Police ne sera pas difficile pour moi, j'ai été flic et comme nous disons 'flic un jour, flic toujours' » indiqua l'italien.

« C'est une des raisons qui m'ont fait vous proposer le poste. Vous saurez restaurer notre image auprès d'eux, c'est toujours bon de compter un atout de plus dans notre manche » révéla le directeur adjoint en souriant.

« Est-ce que je dois m'attendre à d'autres surprises suite à l'attitude de notre agent ? » demanda Tony qui souhaitait connaître exactement l'état d'esprit de toutes les forces avec qui il serait inévitablement amener à coopérer.

« Non, il a outrepassé son autorité uniquement sur ce dernier trimestre mais à plusieurs reprises en ne mettant toutefois pas d'enquêtes en danger. Il a été gentiment remis dans le droit chemin par son second qui a pris les rênes de l'équipe avec succès. Il sera un très bon bras droit pour vous, Tony, il est aussi dévoué que vous et par certains côtés, il vous ressemble mais pas suffisamment pour que cela devienne un inconvénient. Vous vous entendrez bien tous les deux, vous pourrez vous reposer sur lui sans problème » expliqua le directeur adjoint.

« Je sais, j'ai lu son dossier et je pense que vu nos deux parcours professionnels similaires, nous aurons les mêmes avis sur bien des points » approuva l'italien.

« Bien, je pense que nous avons fait le tour de la question » statua ensuite Vance. « Nous resterons en contact via une connexion satellite minimum une fois par semaine, tout au moins au début de votre prise de fonctions. Si vous estimez qu'il faille augmenter la fréquence, prévenez-moi et je l'intégrerai à mon agenda. Sinon, vous volez de vos propres ailes et vous faites au mieux. Je suis conscient que le décalage horaire sera sans doute un inconvénient majeur pour nos contacts directs mais n'hésitez pas à vous servir des e-mails ou de textos pour me contacter plus rapidement si besoin » recommanda-t-il.

« J'espère que je ne vous décevrez pas, Monsieur et que votre confiance en moi n'est pas déplacée » souligna Tony d'un ton incertain.

« Vous êtes le meilleur élément pour ce poste, Tony et non pas le seul élément disponible en ce moment » le rassura Vance. « J'ai pris ma décision en toute connaissance de cause et je sais que je peux compter sur votre entière coopération pour réussir à redorer notre blason, si je puis dire. A part ça, pour ce qui concerne votre arme, vous serez autorisé à la conserver si vous le souhaitez et donc, à voyager avec » continua Vance. « Vous serez doté d'un IPhone avec un numéro spécifique répertorié sous un matricule et non votre nom, d'un IPad, d'un véhicule de fonction personnel muni d'un GPS. Ce sont des spécificités particulières du poste que vous occuperez dans la mesure où les forces de police en place sont pourvues des mêmes équipements. Cela vous facilitera le travail de collaboration avec elles. Je sais que, contrairement à Gibbs, vous n'êtes nullement réfractaire aux nouvelles technologies et que vous savez vous débrouiller mieux que ne le pense McGee, aucune difficulté à attendre donc de ce côté. »

« Je souhaiterai faire une requête si possible » poursuivit Tony avec hésitation. « Je voudrais que ma promotion mais surtout ma destination ne soient pas communiquées et que mon dossier soit inaccessible à quiconque n'est pas habilité à le consulter. Est-ce faisable, Monsieur ? »

« Je veillerai personnellement à ce qu'une alerte soit placée dessus et je la mettrais en place moi-même » affirma Vance sans même sourciller. « L'Agent McGee ou Mlle Sciuto ne pourront y accéder sans que je sois averti aussitôt. Je vous le promets, Tony. »

« Merci, Monsieur » le remercia l'italien.

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L'entretien semblait terminé et Tony se leva pour quitter le bureau, il se dirigea vers la porte et il avait la main sur la poignée lorsque Vance parla.

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« Oh, Tony, je souhaite votre présence impérativement dans l'auditorium mercredi vers 10 heures, la cérémonie de remise des médailles s'y tiendra et comme tous les chefs d'équipe, je souhaite que vous y participiez même si votre statut ne fera pas l'objet d'une annonce officielle, du moins pour un temps. Je ne pourrais pas retenir cette information indéfiniment, vous le comprenez. »

« Bien sûr, jusqu'à mon départ officiel serait déjà bien » affirma Tony.

« Je compte sur vous mercredi. »

« D'accord, je serai présent, Directeur » acquiesça Tony avant de sortir.

« J'espère bien sinon tout mon plan sera à l'eau » marmonna Vance.

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Il attendait avec impatience de pouvoir rendre justice au jeune homme qui, trop souvent, était déprécié par certains de ses collègues et surtout par sa propre équipe.

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Tony redescendit les escaliers et stoppa au bas des marches, il lui restait une dernière chose à faire. Il jeta un œil sur sa droite et constata que la personne qu'il voulait voir était présente. Il sourit et sentit son cœur se serrer. C'était définitivement une page de sa vie qui se tournait ce jour-là et il allait aussi mettre fin à une relation confortable mais pas aussi satisfaisante qu'il l'aurait souhaité.

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« Eh, Grant » interpella-t-il son 'bleu'.

« Oui » répondit aussitôt l'interpellé.

« J'ai besoin de vous » annonça simplement Tony en lui faisant signe de le suivre.

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Il attendit que l'ancien Seal le rejoigne avant de se diriger vers l'ascenseur. Il sentit le regard curieux du reste de l'équipe mais n'en avait cure. Désormais, il était l'égal de Gibbs et il savait que, même si son statut resterait inconnu durant quelque temps encore, Vance le couvrirait au besoin vis-à-vis de l'ancien Marine ou de quiconque se poserait des questions.

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Le trajet se fit en silence et sachant que Gibbs ne tarderait pas à le trouver s'il allait au café, il décida délibérément de choisir un autre endroit. Le bar n'était pas un de ceux que l'équipe fréquentait habituellement et pour être certain de n'être pas dérangé et pour éviter d'être pisté, Tony éteignit son téléphone.

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« Hum, Anthony, qu'est-ce qu'on fait ici à cette heure ? » demanda Grant surpris par le choix du lieu.

« J'ai une nouvelle à t'annoncer et je ne voulais pas le faire devant les autres » expliqua-t-il à son collègue.

« Oui » dit simplement Giordano.

« Vance m'a proposé un poste de chef d'équipe » finit par déclarer Tony.

« Mais c'est absolument super » s'enthousiasma aussitôt Grant. « Félicitations, Mec, tu le mérites amplement. »

« Cette promotion va changer pas mal de choses dans ma vie et par conséquent, dans la tienne aussi, Grant » avoua-t-il en se mordant la lèvre.

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Grant reconnut l'embarras de son compagnon en le voyant se mordiller la lèvre. Il comprit que ce qui allait suivre risquait de jouer sur leur relation. Il sentit son cœur se serrer, il avait apprécié ses quelques mois en compagnie du jeune homme. Il avait partagé avec lui une solitude qui lui pesait après sa décision de quitter les Seals. Tony lui avait permis de faire la transition en douceur sans qu'il se morfonde sur le passé.

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« Tu ne restes pas à Washington, c'est ça ? » spécula-t-il presque certain d'avoir raison.

« Oui, tu as raison » confirma Tony.

« Où vas-tu ? »

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Au lieu de lui répondre, Tony le lui montra. Grant ouvrit de grands yeux et finalement sourit.

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« Chanceux, tu vas au soleil et tu me laisses moisir sous la neige » déclara Grant en lui tapotant l'épaule. « Ne t'en fais pas pour moi, Anthony, suis ta voie et pense à toi pour une fois. Je suis sûr que tu te feras de nouveaux amis en un temps record et tu peux compter sur ma visite dès que je peux. »

« Tu es sûr que… » tenta Tony avant d'être coupé.

« Anthony, tu m'as aidé bien plus que tu ne le penses quand j'ai intégré l'équipe et lorsque nous sommes devenus… plus proches » avoua Grant en posant sa main sur l'une de Tony et la serrant doucement. « J'ai appris beaucoup grâce à toi, je suis fier de t'avoir connu et plus encore d'avoir été ton ami et ton amoureux. Maintenant, il est temps que tu voles de tes propres ailes, que tu récoltes enfin les lauriers que tu mérites et que tu montres à tes détracteurs qui tu es vraiment et ce que tu vaux. J'ai foi en toi, tu y arriveras et tu accompliras des miracles. »

« Tu exagères un peu là, tu ne crois pas ! » lui reprocha tendrement Tony. « Moi aussi, j'ai été content de te connaître. Tu m'as aussi aidé à passer un cap difficile et à remonter la pente. Je n'ai qu'un regret, celui de te laisser derrière moi. Notre relation m'a été précieuse et je la chérirai comme un cadeau rare et inestimable. »

« Moi de même » renchérit aussitôt Grant. « Cependant, j'ai toujours su qu'elle serait brève mais intense malgré tout. »

« Tu veux rester dans l'équipe de Gibbs pour la fin de ta formation ? »

« Oh, non, je ne pense pas » s'écria presque son ami. « Je ne veux pas servir de garçon de courses pour tes deux imbéciles de juniors même si j'en suis un. »

« Demande à Vance un transfert dans l'équipe de Balboa, c'est un ami et je suis sûr qu'il ne refusera pas » conseilla Tony. « Son Agent senior, Jim Douglas est compétent et terminera ta formation aussi bien que j'aurai pu le faire. »

« Ok, je crois que je vais suivre ton conseil dès lundi » approuva Grant. « Quand pars-tu ? »

« Sans doute quelques jours après la cérémonie de remise des médailles, Vance tient absolument à ce que j'y assiste en tant que chef d'équipe même si personne… ou presque ne saura que je le suis encore » indiqua l'italien. « D'ici là, je suis officiellement en congés. En fait, une compensation pour les nombreuses heures supplémentaires que j'ai effectuées durant l'absence de Gibbs. »

« Je te verrai avant ton départ, n'est-ce pas ? »

« Bien sûr, je ferai un dîner pour toi, Jimmy et Tobias et tu pourras passer la nuit avec moi si tu le souhaites » proposa Tony en lui souriant.

« Une nuit d'adieu en quelque sorte » nota Grant. « J'apporterai mon sac alors. »

« Merci pour tout, Grant, pour ton amitié et pour ces quelques mois passés ensemble » dit Tony avec sincérité et une pointe de tristesse.

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Levant son verre, Grant décida qu'un toast s'imposait et le formula pour tous les deux. Il ne voulait pas que son amant devine la grande tristesse qui l'habitait déjà à l'idée de son prochain départ. Il lui offrit donc un sourire convaincant, du moins il l'espérait avant de formuler un vœu.

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« Souhaitons que nous trouvions chacun notre âme sœur et que nous soyons réunis un jour prochain. Salute ! »

« Puisses-tu être entendu. Salute » répondit Tony en portant son verre à ses lèvres.

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Puis, les deux hommes décidèrent de se séparer enfin mais le cœur de chacun était lourd.

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« Eh, Grant » l'interpella Tony avant de disparaitre. « Pas un mot au bureau, personne ne sait à part toi et Jimmy et je tiens à ce que ça reste comme ça. Vance l'annoncera lui-même après mon départ. »

« Compte sur moi pour rester muet » assura Grant. « Bon vent, Mec et bonne chance. »

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Seul l'avenir dirait s'ils étaient destinés à se revoir ou être séparés à jamais. Un dernier salut de la main et les deux hommes prirent chacun une direction opposée.

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Grant regagnait le bureau et Tony avait une course à faire et malgré l'heure, il décida de s'octroyer quelques heures pour réaliser ses achats. Il n'avait plus que faire des remarques de Gibbs désormais. Il assurerait son travail jusqu'au dernier moment mais il ne passerait plus de nuit au bureau. Ce temps était révolu, du moins pour cette équipe en particulier.

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Il faudrait désormais que chacun des membres de cette équipe fasse sa part sans compter qu'il palie à leur paresse et comble leurs lacunes diverses. La paperasse allait être leur véritable bête noire parce que ni McGee, ni David n'aimaient la remplir. Mais lorsqu'ils se rendront compte qu'il leur faudrait aussi s'occuper de celle de Gibbs, ils auront alors un sacré regret, celui de l'avoir poussé à partir.

Il sera alors trop tard pour qu'ils réalisent que leur ancien collègue n'était pas aussi laxiste qu'ils le pensaient. Il était également certain que Gibbs le leur signalerait et dans le pire des cas, s'ils se plaignaient, il les enverrait à Vance. Il regrettait presque de n'être pas là pour voir leurs têtes.

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Vous devrez encore patienter pour connaitre le lieu du transfert de notre italien puisqu'il fera l'objet de la seconde histoire.

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Je sais, je suis une diablesse de vous laisser ainsi sur votre faim mais je devais avoir un point de départ pour le second volet de cette trilogie et l'installation de Tony dans son nouveau poste était parfait pour ça.

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A bientôt

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Chtimi