Me revoici! Bonne lecture :)

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Chapitre 25: Rencontre fortuite

Date: 1er Mai 1967

Localisation: Poudlard, bureau de Marcaunon

Marchiosas laissa échapper un soupire. Encore une fois, il n'avait trouvé aucune information à propos de son père biologique. Quelle déception. Il referma le tiroir du bureau de sa mère, avec plus de force que nécessaire dû à sa frustration, et croisa les bras en replongeant dans ses pensées.

Les Gobelins ne lui avaient rien révélé. Un rituel de sang ne lui avait rien révélé. Une potion de parenté ne lui avait rien révélé. Les sang-purs d'Angleterre ne pourraient rien lui révélé. Ils n'avaient pas de tapisserie familiale et demander à son parrain serait une perte de temps pour tout le monde. Les Gaunts ne comptaient pas d'autres survivants, à l'exception de son autre lui, et Marchiosas ne se voyait vraiment pas être le produit d'une relation incestueuse – Marcaunon n'était pas du genre à coucher avec son père ou son frère.

Il passa une main dans ses cheveux et se mit en mouvement. Peut-être qu'une petite promenade l'aiderait à y voir plus clair – et à trouver d'autres pistes. Sachant que cette mégère de Vevila se mettrait bientôt à sa recherche, il attrapa rapidement d'une poignée de poudre et la jeta dans la cheminée avant d'y entrer.

« Le chaudron baveur. »

Il sortit de la cheminée de l'établissement sans difficulté et, à l'aide de sa magie, fit disparaître toute la suie qui tachait ses vêtements – dieu merci, il ne portait pas un onesie d'animal ce jour-là, mais un simple t-shirt rouge avec un pantalon et une veste noire. En dépit de sa mauvaise humeur, il prit soin d'afficher une expression de pure innocence sur son visage et se dirigea vers l'entrée du chemin de Traverse, bien décidé à rendre d'autres personnes plus malheureuses que lui. Il n'avait pas honte d'admettre qu'il était du genre à se réjouir du malheur des autres.

Il se tenait devant le mur, prêt à tracer le motif qui lui donnerait accès au monde magique, quand il entendit un homme s'éclaircir la voix derrière lui. Faisant de son mieux pour dissimuler son irritation, il se retourna et sourit d'un air timide à l'inconnu. Celui-ci, en revanche, sembla se figer et ses yeux noisettes s'écarquillèrent de stupeur. Marchiosas ne s'attendait pas à cette réaction, mais en déduisit qu'il devait s'agir d'une connaissance de sa mère qui ignorait son existence – sa ressemblance avec Marcaunon était flagrante, après tout.

« Oui monsieur? » Il pencha la tête sur le côté et ouvrit grand les yeux afin d'avoir l'air aussi innocent que possible.

Tandis que l'homme était occupé à dévisager Marchosias d'un air abasourdi, ses yeux rubis parcoururent la figure devant lui. Il avait des cheveux courts et en bataille, des yeux noisettes, et semblait en bonne forme physique. L'homme ne devait pas avoir plus de quarante ans à en juger les rides sur son visage. Il portait un anneau à son annuaire, annonçant ainsi fièrement au monde entier qu'il était un homme marié. Sur le bout de son nez était perchée une paire de lunettes rondes, étrangement similaires à celles que portait Harry Potter. Penser à ce gamin suffit à faire bouillir son sang. Il dû se faire violence pour régner sur sa colère et sa rage. Ce n'était pas Potter, par Morgane !

Juste quelqu'un qui ressemblait énormément à ce gamin-impossible-à-tuer. ..

« Euh… » Le clone de Potter s'éclaircit à nouveau la gorge avant de sourire à Marchiosas. « Tu as perdu tes parents, petit gars ? »

« Papa m'a dit de l'attendre chez Fleury et Bott, mais j'étais curieux alors je suis venu au Chaudron. Ne lui dites rien, s'il-vous-plait ! » Des larmes apparurent aux coins de ses yeux et il regarda l'homme avec une expression désolée. Oh ! Comme il répugnait à utiliser une telle technique de manipulation, si humiliante, mais hélas ! Difficile pour les enfants de charmer des adultes sans que leurs victimes aient l'air de pédophiles.

« Ne t'en fait pas petit gars, nous n'allons rien dire à ton… papa, dans ce cas. » Trouvant la façon dont l'étranger avait dit « papa » bizarre, Marchiosas décida de garder cette donnée en tête, juste au cas où. « Allons chez Fleury avant que ton papa ne découvre ta disparition. »

« Mais… Papa m'a dit que je ne devais pas suivre les inconnus. » Il croisa les bras comme un enfant capricieux, et examina l'homme d'un regard suspicieux.

« Et ton papa a raison… Cependant, je ne suis pas un inconnu. » L'homme sourit en tapotant la tête de Marchiosas comme s'il s'agissait d'un chiot. Marchiosas fut tenté de le blesser, voir même de tuer cet imbécile, mais il parvint à rester dans son personnage. « Je suis Charlus Potter, un… ami de ton papa. »

Il grimaça intérieurement devant tant de malchance. Pas question de rester en compagnie d'un Potter !

…Enfin, c'était ce qu'il aurait dit en temps normal. En l'occurrence, la relation entre sa mère et cet homme l'intriguait. Potter n'avait pas réussi à cacher son expression de culpabilité lorsqu'il avait dit « ami ».

« Vraiment? » Il s'approcha et attrapa le manteau de Potter de manière enfantine. « Mais pourquoi est-ce que papa ne m'a jamais parlé de toi, alors ? »

L'homme grimaça. Marchiosas profita de cet instant pour explorer rapidement les pensées de cet homme. Les barrière mentales de cet individu n'étaient pas si mauvaises, mais elles ne valaient rien face au meilleur Legilimencien qui ait jamais vécu – l'homme ne sentirait rien, tant que Marchiosas n'explorait pas son esprit trop profondément.

Découvrant ce qu'il y avait à découvrir, Marchiosas faillit réduire l'homme à l'état de poussière sur le champ. Toutefois, il avait d'autres plans pour cet enfoiré. Sa mort ne serait ni rapide, ni indolore.

OOOO

[Avertissement : contenu sexuel]

Charlus recouvrait de baisers le corps pâle et mince d'un jeune homme aux cheveux noirs en batailles. Il ne quitta pas, ne serait-ce qu'un instant, les yeux rouges écarlates qui le fixaient d'un air hésitant. Il écarta les jambes de son partenaire.

Il força le corps sous lui à se retourner et, d'une main sur sa hanche, le plaça de sorte à exposer son derrière. Sous l'excitation, il se lécha les lèvres et massa les deux globes fermes et ronds qui se trouvaient devant lui. Son membre était douloureux; il avait hâte de l'enfuir dans un corps aussi magnifique.

"Tu en veux plus, c'est ça, putain?" demanda-t-il d'une voix rauque tout en plongeant plus profondément dans le corps ferme, excité par les gémissement que le pâle jeune homme laissait échapper. Il observa son coup d'une nuit, qui agrippait les draps comme si sa vie en dépendait, et murmura trois mots au creux de l'oreille de son partenaire. Des mots qui avaient blessé ce dernier plus qu'il ne l'imaginait. « Cri pour moi. »

Il retourna le jeune homme et examina son visage recouvert de larme, et pourtant adorablement rouge. Il sourit en pensant qu'il avait de la chance de dominer un homme d'une telle beauté et le pénétra à nouveau, plus brusquement qu'avant, tirant plaisir des cris de plaisir (douleur) que cette pute émettait.

« S-stop… »

« Je… sais que tu aimes… ça. »

« N-non s…s'il-vous plait… Ah! »

« Tu aimes ça? Espèce de pute »

Il caressa les boucles brunes et douces de son partenaire, fasciné par la beauté du jeune homme même lorsque ce dernier était inconscient. Il secoua la tête pour se débarrasser de ces pensées coquines et s'habilla rapidement – il devait retourner chez lui et y retrouver sa femme. Elle avait probablement organisé quelque chose pour leur anniversaire de mariage.

Il sortit sa baguette et la pointa vers la tête du jeune homme.

« Tu étais un bon coup, mais ma femme me tuerait si elle découvrait ce que nous avons fait. Pas de rancune, hein ? Oubliette. »

[fin de l'avertissement]

OOO

Marchiosas cligna des yeux, encore déboussolé par la nouvelle : il était un demi-Potter (et l'oncle de ce maudit Harry Potter). Toutefois, il se reprit rapidement. Il ne devait rien laisser paraître qui puisse sembler suspicieux – ce n'était pas le moment de piquer une crise d'hystérie à cause de son maudit donneur de sperme ! Il poussa cette pensée dans un recoin sombre de son esprit. Il y avait d'autres problèmes dont il devait s'occuper, comme la façon dont Charlus Potter avait quasiment forcé sa (pas si enthousiaste) mère. Marcaunon ne pleurait jamais, même pas sous la torture, tant son niveau de tolérance à la douleur était élevé. Si des larmes avaient coulé, c'était que sa mère ne voulait vraiment pas du maudit pénis de Potter en lui.

Ce maudit Potter n'avait pas arrêté, même quand il s'était rendu compte, inconsciemment, que son partenaire désirait interrompre leurs ébats. Il avait simplement continué, aveuglé par son excitement sexuelle – sans aucune considération pour le plaisir de son partenaire, même s'il ne s'agissait que d'un coup d'une nuit.

Oui, Marchiosas était traumatisé à vie. Voir sa mère se faire enculer pouvait avoir cet effet. Mais ce n'était pas le souci prioritaire – on le considérait déjà comme mentalement déséquilibré dans sa vie précédente. Une cicatrice mentale supplémentaire n'y changerait pas grand chose.

Son sang bouillait et sa rage avait atteint de nouveaux sommets, mais en apparence, il continuait à sourire d'un air innocent à l'homme. Celui-ci offrit sa main à Marchiosas. Il la prit et tous deux se mirent en marche, ayant toute l'apparence d'un père et son fils allant au magasin de friandises.

Charlus Potter maudirait bientôt le jour où il avait touché la mère de Marchiosas de cette façon – Marcaunon Seirios Gaunt était à lui. Il plissa les yeux d'un air menaçant. Si quelqu'un y avait prêté attention, il se serait enfui aussi vite que possible. Le rubis était devenu pourpre – et la seule émotion déchiffrable était la folie pure. Marchiosas Gaunt avait toute l'allure d'une bête enragée.

Date: 1er May 1967

Localisation: Manoir Malfoy, Salle de conférence

La réunion commença aussitôt que l'homme – Oh, Marcaunon aurait aimé qu'il ne s'agisse pas réellement de cette personne - eut pris place en tête de table. La panique menaçait de le submerger et il était difficile de ne pas la laisser transparaître sur son visage. Cependant, Marcaunon haussa simplement les épaules, comme s'il avait mal au dos. Dieu merci, son alias portait un masque – au risque de contredire ses pensées précédentes, préserver son identité de Gaunt était plus important que déguster quelques douceurs (aussi délicieuses qu'elles puissent avoir l'air).

« Messieurs – et vous, ma Dame, » Sa voix était riche et grave. Du coin des yeux, Marcaunon vit Engel frissonner – de peur peut-être ? « Merci d'avoir pu prendre un peu de temps en dépit de vos nombreux travaux, pour participer à cette rencontre. Je m'appelle Voldemort, et je serai le futur employé de deux élus choisis parmi vous. »

Marcaunon déglutit en recevant la confirmation que oui, il s'agissait bel et bien de Voldemort, et pas seulement d'un clone. Les autres individus présents n'avaient probablement aucune idée de ce qui les attendait – quiconque serait choisi serait marqué à vie. Littéralement, à vie. La marque des ténèbres n'était pas uniquement inscrite dans la chaire, mais aussi dans le centre magique d'une personne. Si elle essayait de se couper le bras pour s'en débarrasser, la douleur serait pire que celle du sort d'Endoloris – et pouvait rendre fou.

Comme il regrettait à présent qu'Ignatus n'accepte que les emplois étranges qui semblaient intéressants et ardus. Une fois qu'il en aurait terminé avec cette offre, il se rendrait directement à la guilde pour annoncer au Maitre qu'Ignatus Rose prendrait des vacances pour une durée indéterminée… mais avant cela, il devrait récupérer sa carte d'invitation, qui se trouvait en possession des gardes. La signature magique qu'il y avait insérée pouvait être utilisée pour le traquer.

« Il n'y a que deux postes? » demanda Kiriwar avec un sourire confiant, tout en croisant les bras devant son torse musclé.

« En effet. » Voldemort fit apparaître une plume, un pot d'encre et un dossier qu'il plaça sur la table en face de lui. « Pour commencer, j'aimerai que vous me disiez tous pourquoi vous m'avez été recommandés par vos Maîtres de guilde, Jellal. »

Bien, une chance se présentait déjà. Il n'avait pas à rougir de son jeu d'acteur. Aussi, il pourrait facilement se faire passer pour moins doué qu'il ne l'était vraiment. Voldemort fixa d'abord son regard sur Lunius, et il sortit une feuille blanche du dossier. L'homme au bedon sembla comprendre ce que l'on attendait de lui. Il épousseta ses vêtements afin de se débarrasser des quelques miettes qui le recouvraient et commença à parler.

« Je m'appelle Lunius. Je suis un Maître de Potion depuis… 17 ans. J'ai créé de nombreuses potions pour s'armer contre lesintempéries, ainsi que des remèdes. Ce dernier domaine est d'ailleurs ma spécialité. »

Les années d'expériences de l'homme n'allaient pas l'aider à se démarquer. De nombreux Maîtres de potion auraient été capables de réaliser bien davantage en dix-sept années. Marcaunon barra mentalement Lunius de sa liste et se mordit les lèvres, inquiet – peut-être que les autres auraient plus de chance de gagner l'attention de Voldemort ? Peut-être.

« On m'appelle Kiriwar. Maître de potion depuis deux ans. J'ai créé la « vision de nuit ». Ma spécialité, ce sont les potions qui accentuent la perception. »

De telles potions n'étaient pas évidentes à préparer, même pour un maître de potion. Un seul faux mouvement, et le résultat pourrait être dangereux pour le consommateur. Il pourrait devenir aveugle, sourd, muet, ou les trois à la fois. Il surligna mentalement le nom de Kiriwar dans sa liste, même si l'homme devait encore travailler sur son attitude.

« Felix Weasley. J'ai terminé ma maîtrise il y a quatre ans. J'ai inventé la potion à cauchemar et amélioré le potion de vieillissement afin qu'elle dure plus longtemps. Je suis spécialisé dans les potions qui influencent l'esprit. »

Quelle plaisante surprise. Albus se retournerait dans sa tombe s'il venait à découvrir que cette affreuse potion avait été élaborée par l'un de ses chers Weasleys – le nom des créateurs était habituellement un secret gardé par le créateur et le maître de guilde. La potion à cauchemar était généralement utilisée lors des tortures mentales, et ce depuis sa création. Une décennie plus tard, ce serait encore à la mode chez les sorciers noirs – particulièrement parmi les mangemorts. Il devait bien le reconnaître – cet homme allait probablement être embauché, en dépit de la « blancheure » de sa famille.

« Engel Souen! » Engel avait le visage rouge, et elle regardait Voldemort d'un air rêveur – Marcaunon la compara brièvement à Luna. Peut-être qu'Engel était voyante, en plus de son statut de maîtresse de potion ? « J'ai vingt ans d'expérience dans le domaine des potions, et ma plus belle création est l'Amortentia – ma recette prolonge les effets de la potions. Je me spécialise dans les crèmes : anti-rides, peau parfaite et brûleuse de graisse, pour n'en citer que quelques-unes. »

Marcaunon cligna des yeux avant de barrer la femme de sa liste mentale – même si améliorer une potion aussi délicate était assez impressionnant , Voldemort détestait l'Amortentia plus que tout au monde (pour Chaos, c'était peut-être Harry Potter). La mère du Seigneur des Ténèbres avait drogué son père avec cette concoction, après tout.

Il se demanda rapidement à quoi ressemblait Engel sous tout ce maquillage – elle était probablement plus âgée que Lunius. Le maquillage avait réellement des propriétés magiques ! Mais vingt ans d'expériences dédiées à créer des produits de beauté… Elle mourrait probablement avec un visage dénué de rides et de tâches.

« Adalbert Grantz. J'ai acquis mon certificat de Maître il y a six ans. Ma spécialisation, ce sont les potions pour les cheveux. Néanmoins, j'ai amélioré la potion correctrice-de-vue et la potion énergétique. »

Il secoua discrètement la tête en écoutant le blond – est-ce que tous les blonds étaient obsédés par leurs cheveux ? Il se souvint de la fois où il s'était introduit chez les Malfoy et avait remplacer toutes les lotions capillaires (qui avaient leur propre salle) par des potions réductrices de cheveux. Ce jour-là, il avait été chassé comme un vulgaire criminel par l'entièreté de la famille Malfoy. C'était un de ses souvenirs favoris.

La famille Malfoy aurait probablement adoré avoir Adalbert à leur service, mais Marcaunon doutait fort que Voldemort soit aussi préoccupé par son physique – par rapport à l'immortalité, cela ne valait rien pour lui. Adalbert Grantz disparut également de sa liste mentale. Voldemort engagerait probablement Felix and Kiriwar – ils seraient plus utiles à sa cause.

« à ton tour, l'albino. » Kiriwar sourit et se pencha au-dessus de la table. Marcaunon leva mentalement les yeux devant l'attitude sans-gêne de l'homme.

« Ignatius Rose. » Dit-il d'un air désintéressé. Plusieurs occupants de la salle retinrent leur respiration mais il ne s'en soucia guère – il s'attendait à cette réaction. « Je suis Maitre de potion depuis l'année passée… »

« Prouve-nous que tu es vraiment Ignatius Rose, et que tu ne fais pas juste semblant. » Kiriwar lui sourit d'un air menaçant avec les yeux plissés – des yeux remplis de jalousie et de déni.

« J'ai créé le bonheur en bouteille, ou le Felix Laetificans. » Il continua, comme si Kiriwar n'avait rien dit. Il vit l'homme grincer de dents en étant ignoré et sourit d'un air suffisant sous son masque – énerver les gens était un hobby de Ignatus Rose…. Et de Marcaunon.

« Je n'ai pas encore présenté la moindre amélioration de potion, et dû à mon inexpérience, je ne suis pas encore certain de mon champs de spécialisation » Voilà. Aucune chance qu'il n'ait le job maintenant – personne n'engagerait un maître de potion qui n'avait jamais rien amélioré et qui n'était pas encore spécialisé.

Tout le monde garda le silence un moment avant que Kiriwar ne se lève, rouge de colère, et ne pose brusquement ses mains sur la table.

« C'est définitivement un faux! Ignatius Rose est spécialisé en création de potion – tout le monde le sait dans la guilde ! » s'exclama Kiriwar en le regardant avec des yeux haineux.

Marcaunon se demanda si le rebelle était l'un de ses fans – le personnel du Département des inventions était souvent déçu lorsqu'ils découvraient qu'il était réellement Ignatus Rose. Probablement à cause de son arrogance et de son habitude de parler au-dessus de ceux qu'il considérait en-dessous de lui. Il examina simplement ses ongles, sachant pertinemment que cela ne ferait qu'agacer davantage l'autre maître de potion.

« Hey! Tu m'écoutes!? »

Pour Marcaunon, la voix de Kiriwar n'était plus qu'un bruit de fond, entrant par une oreille et ressortant immédiatement par l'autre. Ils se demandait ce que son petit Chaos était en train de faire – quand il l'avait quitté, le petit monstre s'ennuyait à mourir, et un Chaos qui s'ennuyait était un Chaos dangereux. Marcaunon espérait retrouver ses quartiers en bon état lorsqu'il rentrerait de cette stupide réunion. Pourquoi l'enfant cherchait-il tellement à connaitre l'identité de son pè...

« L'albino! Hey! Ne m'ignore pas, espèce de… »

…re ? Son donneur de sperme était sans importance. D'ailleurs, Marcaunon se débarrasserait de Charlie bien assez tôt. Il avait juste remis l'inévitable à plus tard à cause de la paperasserie qui s'accumulait sur son bureau et dont il devait s'occuper en priorité, en dépit des choses bien plus intéressantes auxquelles il aurait pu s'intéresser. C'était là l'unique raison. Après tout, pourquoi chercherait-il à éviter son coup d'un soir ? Pfff. Comme si. Il soupira et se mit à caresser la tête de Suki. Peut-être qu'il pourrait ordonner à Mort de tuer ce bâtard ?

« Je vous conseille de vous rassoir, Mr. Kiriwar… Avant que je ne perde ma patience. » Les paroles tranchantes de Voldemort le sortirent de ses pensées et il reporta son attention sur la rencontre qui avait lieu.

Kiriwar se rassit avec reluctance, sans arrêter pour autant de fusiller Marcaunon du regard. Il ignora aisément Kiriwar et son regard de basilic en baissant légèrement la tête. Sa mèche tomba devant ses yeux, et même s'il pouvait encore voir, c'était mieux que rien – son cœur était envahi par la culpabilité (un sentiment qu'il ne pensait pas ressentir à nouveau) chaque fois qu'il regardait Voldemort. En fin de compte, c'était bel et bien la faute d'Harry Potter si son monde n'était plus qu'un désert chaotique, étant donné qu'il avait tué le Seigneur des Ténèbres, l'ultime rempart contre les parasites.

Un parchemin apparut devant chacun d'eux. Ils se mirent à le lire. Marcaunon cligna des yeux en voyant ce qui y était écrit avant de lever la tête, ce qu'il regretta une seconde plus tard. Voldemort le fixait intensément du regard. Son cœur manqua un battement – comme s'il était sur le point d'avoir une crise cardiaque. Une sensation fort désagréable. Voldemort accepterait-il de se couvrir le visage avec un sac en papier si Marcaunon le lui demandait gentiment ?

« Navré de vous demander cela, mais nous sommes nous déjà rencontrés, Mr. Rose? » lui chuchota Voldemort, profitant que les autres invités soient occupés à lire leurs parchemins. Ses yeux pourpres étaient plissés, comme s'il enregistrait chaque réaction de Marcaunon dans les moindres détails.

« Si j'avais rencontré quelqu'un aussi charismatique que vous, je m'en souviendrais, Mr. Gaunt. » Lui murmura-t-il en retour après quelques secondes, s'assurant que ses mains étaient loin de son visage. Les gens avaient tendance à cacher ou à gratter leurs lèvres quand ils mentaient. Ses réponses devaient être parfaites s'il espérait pouvoir éviter la suspicion de Voldemort – répondre trop vite convaincrait Voldemort qu'il s'agissait d'un mensonge, alors que répondre trop tard prouverait qu'il inventait des histoire.

Voldemort continua à l'observer attentivement. Cela devenait agaçant au bout d'un moment… il décida donc de ramener l'attention de l'homme sur l'affaire qui les intéressait tous.

« Nous donneriez-vous quelques explications, concernant ceci? » Dit-il à voix haute afin que tout le monde entende sa question, en tapotant gentiment le parchemin du bout des ongles.

Voldemort plissa légèrement les yeux (calme toi, coeur!) avant de cligner des paupières et de se retourner vers le reste de la table – un geste qui lui rappela énormément Chaos. Marcaunon eut du mal à contenir un soupir de soulagement lorsque ces iris pourpres se détournèrent de lui.

« Certainement. J'aimerai que vous me prépariez tous la potion écrite sur vos parchemins respectifs. Cela me donnera l'occasion d'évaluer vos compétences pratiques. »

« Dans quelle limite de temps? » demanda Lunius en se frottant la barbe.

« Prenez tout le temps nécessaire. J'ai préparé un laboratoire pour chacun d'entre vous. » Voldemort se leva et leur indiqua de faire de même. Ils obéirent. « Un de mes hommes sera présent pour vous observer. »

« Pour que l'on ne triche pas? » demanda Kiriwar en grimaçant et en penchant la tête vers l'avant, comme s'il regardait Voldemort de haut.

« Une simple précaution. » Voldemort aurait pu sembler nonchalant aux yeux de quelqu'un qui ne le connaissait pas, mais ce n'était pas le cas de Marcaunon. Il le connaissait depuis assez longtemps pour savoir que Voldemort faisait de son mieux pour contrôler sa colère devant l'effronterie de Kiriwar – mieux valait ne pas trop effrayer les minions potentiels, après tout.

L'homme aux yeux rouges tourna les talons et se dirigea vers le fond de la salle de conférence où une porte noire, presque invisible, se trouvait. Ils le suivirent à travers celle-ci pour arriver devant six autres portes – avec leurs noms respectifs gravés sur celle qui leur était destinée.

Voldemort se contenta de leur offrir un sourire plein de charme avant de leur faire signe d'entrer dans leurs laboratoires.

OOOO

Il croisa les jambes et laissa échapper un bâillement/. Il était occupé tout à feuilleter un énième magasine qu'il avait apporté avec lui (juste au cas où); Les gens avaient tendance à le laisser tranquille lorsqu'il prétendait être absorbé par sa lecture. Il avait terminé sa potion, le Veritaserum, des lustres plus tôt. Cependant, une personne normale aurait dû mettre en moyenne deux semaines pour concocter une potion aussi complexe. Généralement, la durée s'étendait même à vingt jours, voire un mois complet pour qu'elle soit parfaite.

Lorsqu'il était entré dans le laboratoire qu'on lui avait attribué, il avait ignoré son examinateur et avait invoqué l'un de ses papillons adorés afin de faire parvenir un message à Mort. L'entité devrait transmettre ce même message à Chaos, qui devrait à son tour le transmettre à Dumbledore.

Vevila pourrait le remplacer pour donner cours le temps qu'il en ait fini avec cette épreuve, et il savait qu'Albus comprendrait qu'il prenne quelques jours – les Maîtres de Potion avaient tendance à accepter plus d'un travail à la fois.

Chaos, toutefois… Son fils l'inquiétait. Le papillon messager était revenu une semaine plus tard, et lui avait annoncé que Chaos était retourné à Dormus Mortem recouvert de sang. Il avait immédiatement ordonné au petit être de garder un œil sur Chaos, et de le prévenir si quoi que ce soit d'anormal se passait.

Une quinzaine de jour s'était écoulée, et il commençait à mourir d'ennuie. Il avait jeté un sort de confusion à son examinateur, ce qui avait rendu le mangemort (masque et tout) quelque peu perplexe et hors d'usage… d'accord, très perplexe et complètement inutile, incompétent, comateux. De nouveau, ses habilités en magie de l'esprit laissaient à désirer – seule la légilimencie lui venait facilement car il fallait simplement briser les protections mentales et globalement violer l'esprit de sa victime. Il arrangerait les choses plus tard, évidemment – il se pouvait que ce mangemort précis soit important, alors autant ne pas prendre de risque.

« Plus que treize jours… » murmura-t-il d'un air solennel en passant une main dans ses cheveux teints. « Treize jours avant que je ne puisse retirer ce maudit masque de mon visage. »

Son corps entier se figea lorsqu'il sentit son nez le démanger. S'il pouvait seulement… se… gratter… un peu ! Il frappa la table en pierre devant lui, sur laquelle se trouvait des alambics vides ainsi que la fiole qui contenait sa potion, et se leva. Ce masque finirait dans la cheminée une fois que toute cette comédie serait terminée.

Peut-être qu'il devait trouver une nouvelle occupation. Lire ne suffisait plus à stimuler son esprit. Cependant, impossible de préparer un autre flacon de Veritaserum, étant donné que Voldemort ne leur ne leur avait pas fourni assez d'ingrédients pour en faire plus d'un. Et il ne pouvait pas discuter avec Suki s'il ne voulait pas prendre le risque que quelqu'un ne les entende.

"Why you gotta be so rude?~ Don't you know I'm human too?~ Why you gotta be so rude?~ I'm gonna marry her anyway~ » chantonna-t-il en s'agenouillant à côté de son familier. Celui-ci était en train d'étrangler un lapin qu'il avait sorti de sa sacoche magique pour s'amuser.

... les chansons des Parasites restaient toujours aussi entraînantes, et surtout, restaient dans sa tête, même plusieurs siècles plus tard – En dépit de toutes leurs qualités, les êtres magiques n'étaient pas les plus avancés dans le domaine musical.

"Nice to meet, where you been? I could show you incredible things~" Il sourit à Suki quand le serpent lui lança ce qui ressemblait à un regard noir. En effet, il chipotait le lapin qui se trouvait entre les mâchoires de son compagnon.

"Magic, madness, heaven, sin… Saw you there and I thought… Oh my God, look at that face~

You look like, my next mistake~ Love's a game, wanna play?~"

« J'espère que vous prenez simplement une pause, Mr. Rose. »

Il recula immédiatement de plusieurs pas, se retourna et fit face au nouveau venu avec son bras droit devant sa poitrine et son gauche en arrière – des poignards dans les deux mains – prêt à tuer à tout instant.

Il se raidit davantage lorsqu'il reconnut Voldemort, qui le regardait la tête penchée. C'était aussi une habitude de Chaos, quand quelque chose intriguait ce dernier. Marcaunon força son corps à adopter une posture plus relaxée et se redressa, tout en rangeant ses poignards dans ses manches.

« Tout juste. » Murmura-t-il. Discrètement, il vint se placer devant le flacon de Veritaserum qu'il avait préparé.

Voldemort ne le quitta pas du regard, suivant ses pas jusqu'à ce que son dos touche la table en pierre. Sans avertissement, le Seigneur des Ténèbres s'avança soudainement. Marcaunon resta immobile, même lorsque son "cousin" s'arrêta juste en face de lui, leurs poitrines se touchant presque. Il tressauta quand deux bras musclés vinrent le piéger contre la table, et fit de son mieux pour éviter tout contact avec ces mêmes bras – sans y réussir.

En revanche, il réussit à se convaincre mentalement que son malaise en présence de Voldemort n'était dû qu'au dégoût d'Ignatus Rose pour tout contact humain, et que cela n'avait rien à voir avec la nervosité que ressentait Marcaunon.

Est-ce que Voldemort avait découvert qu'Ignatus Rose n'était qu'un alias? Pourquoi le collait-il ainsi? Essayait-il de l'intimider avec leur différence de taille? Toutes ces questions bouillonnaient dans son esprit, et il faillit grimacer devant sa propre stupidité - il n'avait aucune raison d'être si nerveux. Il était le Maître de la Mort, un être immortel doté de pouvoirs illimités.

Marcaunon plissa les yeux afin de paraître plus menaçant et leva la tête (il atteignait à peine les épaules de Voldemort) afin de regarder l'homme dans les yeux. Alors qu'il s'apprêtait à lui dire de le laisser tranquille (très poliment, évidement), Suki se dressa et montra ses crocs venimeux à Voldemort.

« Odieux singe chauve à deux pattes! Comment oses-tu toucher mon Maître aussi nonchalamment!? » Il faillit s'étrangler avec sa propre salive en entendant Suki traiter Voldemort de singe chauve. Voldemort, pour sa part, se contenta de lever un sourcil élégant et laissa échapper un petit rire. "Puis-je plonger mes crocs dans la jambe de cet insolent deux-pattes, Mairctre?"

Marcaunon cligna simplement des yeux, comme s'il n'avait pas compris un mot de ce que son familier lui avait dit. Ignatius n'étant pas un fourchelang, il n'était pas sensé être capable de déceler autre chose dans les bruits de son animal que des sifflements agressifs. Avec un peu de chance, son familier comprendrait la situation et la bouclerait – il aurait dû dire à Suki de ne pas lui parler tant qu'il portait ce déguisement, quelle grossière erreur de sa part! Fol-Oeil aurait été extrêmement déçu par son manque de vigilance.

Voldemort ignora le serpent et se pencha un peu plus au-dessus de Marcaunon avant de reculer d'un pas. Ceci ne fit rien pour le rassurer, ni pour le relaxer, car dans la main droite de son cousin se trouvait à présent la fiole de Veritaserum. L'homme examina le flacon en verre quelques instants avant de humer tout bas, comme s'il réfléchissait.

« Cela ne vous a pris que quinze… non… moins de quinze jours pour finir une potion pareille. J'aurais jugé cela impossible, si vous n'étiez pas qui vous êtes, Mr. Rose. »

Ne sachant pas quoi répondre à cela, Marcaunon le regarda simplement d'un air inquisiteur - ou du moins de ce qui s'en approchait, étant donné que son masque recouvrait encore son visage.

« En passant, j'aimerais savoir ce que vous avez fait à mon… employé, ici présent. » Voldemort indiqua le mange mort déboussolé.

Il étudia les pours et les contres de la vérité avant de soupirer d'un air résigné et de tapoter la tête de Suki afin de calmer le serpent. Inutile de mentir à propos de l'état du mangemort. Voldemort aurait probablement soigné son minion par après, et aurait donc découvert ce que Marcaunon avait fait.

« Un sort de confusion un tantinet raté, je crains. » Déclara-t-il d'une voix morne en haussant les épaules. « Je n'aime pas que l'on m'observe pendant que je travaille. »

Voldemort lança encore un regard à son minion abruti avant de tourner les talons et de se diriger vers la porte. En même temps, il ordonna à Marcaunon de le suivre. Celui-ci ramassa son familier et l'installa sur ses épaules avant de suivre Voldemort, un sentiment d'appréhension et d'horreur dans l'estomac.

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A bientôt!