Bonjour à toutes !

Bienvenue à bord, pour un chapitre riche en évènements ! Il a été difficile a écrire mais j'espère qu'il vous plaira parce qu'il est important.

Comme à chaque chapitre, merci à Morgane et Maddy pour leur boulot sur cette fiction. Et merci à vous les filles de vos messages !

Attachez bien vos ceintures, va y avoir de la turbulence...

On se retrouve en bas pour les rar's.

Bonne lecture !

Fictionnement vôtre, V.C.

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Oh, Black Betty (bam-ba-lam)

Whoa Black Betty (Bam-ba-lam)

She really gets me high, (Bam-ba-lam)

Elle me fait vraiment de l'effet.

You know that's no lie (Bam-ba-lam)

Tu sais que c'est pas un mensonge.

She's so rock steady (Bam-ba-lam)

Elle est solide comme un roc.

And she's always ready (Bam-ba-lam)

Et elle est toujours prête.

Whoa Black Betty !

NA : « Black Betty » est la symbolisation de la crosse noire d'une arme à feu, de même « Bam-ba-lam » fait référence à la détonation.

Ram Jam, Black Betty. ( Trad. Approximative faite par mes soins)

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Chapitre 24 : London Calling. (*)

(*) NA : Le titre ne m'appartient pas. Il est tiré de la chanson, du même nom, des Clash.

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18 Janvier 1998, Poudlard, Appartement préfectoral.

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-Drago, ton père a dit qu'il avait reconnu le blason de la ville de Naples sur les murs de l'entrée du QG. Ils ont peut-être mis une de leurs maisons à Sa disposition. C'est une piste qu'il ne faut pas négliger, d'autant qu'Albus a dit que Jungson et Nott allait être libéré sous peu. Grâce aux souvenirs de Jungson, que l'oubliette n'a pas trop endommagé, Voldemort ne saura rien de ce qui s'est passé dans le parc moldu, il croira que l'Ordre est intervenu et non Harry...

-Mais tu n'envisages donc jamais le fait que les propos de mon père ne sont PAS des vérités absolues ! Cracha-t-il avant de pointer sur chacun de ses doigts les arguments qu'il avançait. Il était sous l'emprise d'un impero, affamé, blessé, des chaînes magiques aux…

-Mais malgré tout assez résistant et fort pour être en état de mener un combat contre moi. C'est un descendant de Morgane, Drago ! Même diminué, il avait assez de puissance magique en lui pour avoir réussi à lever l'impero, suffisamment longtemps, pour en conserver quelques souvenirs. Voldemort a lancé le sortilège, profitant du solstice pour pratiquer un rituel de sang lui donnant une puissance accrue cette nuit-là. Après l'impero, il est parti au Square, il a brisé le Fidelitas agonisant d'Albuset s'est retranché, bien à l'abri, chez les Zabini ! J'en suis persuadée !

-Tu n'avais pas tes pouvoirs. Ce sont tes qualités de sorcière qui t'ont sauvée la mise Hermione, pas ta puissance magique. Tu n'étais pas un adversaire de haute volée ce soir-là, un Descendant ne devrait pas être aussi faible…

-Ta haine t'égare Drago, intervint Harry qui jusque-là, était resté bien gentiment caché derrière la Gazette. La douleur piquante qu'Hermione venait de transmettre ne lui plaisait pas beaucoup.

-Tsss ! Lui cracha Drago entre ses dents. S'il les desserrait, il ne répondait plus de rien.

Par Morgane Potter ! Je m'efforce de rester poli, là ! Eructa-t-il mentalement, conscient que la Gryffondor l'entendrait également.

Harry jeta un coup d'œil à Hermione qui battit brièvement des cils.

Ok, message reçu : "Ne pas s'en mêler pour le moment".

Harry releva docilement le journal et s'isola, les laissant trouver un terrain d'entente.

-Contrairement à ce que dit Potter, ce n'est pas de la haine. C'est du vécu. Tout ce qui lui importe c'est le pouvoir que lui offrent les Chroniques. Je le connais ! Le pouvoir lui montra à la tête, il n'est pas fiable !

Les deux autres percevaient la sincérité et la vérité qui émanaient de leur compagnon. Harry y adhérait d'ailleurs beaucoup plus qu'Hermione, qui s'approcha du Serpentard pour lui saisir la main qu'elle pressa gentiment. Harry perçut la chaleur du geste mais aussi l'entêtement aveugle de leur compagnon. Cette discussion finirait mal, Harry le savait.

-Drago… Crois-moi, je sais parfaitement de quoi est capable ton père et ton ressentiment à son égard ne me quitte jamais parce que tu es une partie de moi… Je le ressens en permanence, mais ce que j'ai vu de lui depuis son retour parmi nous me fait dire qu'il a profondément changé.

-C'est un habile stratège et c'est notre plus grande menace. Il sait tout de nous. S'il en tire profit, il nous trahira à la première occasion !

-Non Drago. Il ne nous trahira pas.

-Comment peux-tu être aussi naïve Granger ?! S'insurgea-t-il en se dégageant de la prise de la jeune femme pour se poster à proximité des flammes rougeoyantes.

Le cœur d'Hermione se serra douloureusement envoyant à travers le lien une désagréable sensation qui fit, une nouvelle fois, tressaillir le journal que tenait Harry. Le froissement du papier que l'on repliait lentement résonna dans le silence tendu du salon, tandis que la Gryffondor se détournait des garçons, pour se poster au plus près de la fenêtre surplombant le parc.

Dos à eux, elle enroula ses bras autour d'elle, réprimant un frisson et annonça doucement :

-Je suis loin d'être la fille naïve que vous pensez que je suis. Je considère Lucius Malfoy comme un allié et il serait temps que vous en preniez conscience. C'est le seul être capable de déchiffrer les Chroniques, sachez qu'il ne nous trahira pas, je m'en suis assurée bien avant son réveil.

-Ah oui ?! Ironisa froidement le Serpentard.

-Drago…, tenta Harry en sentant une nouvelle décharge désagréable l'étreindre, que le Serpentard réussit à ignorer. Lui aussi, il percevait les piques douloureuses en provenance d'Hermione et il ne semblait pas s'en formaliser, alors qu'en Harry, elles déclenchaient tous les systèmes d'alerte. Il ne fallait jamais sous-estimer Hermione, Malfoy allait sans doute l'apprendre à ses dépens.

-Et oui, Drago. J'ai trouvé dans la bibliothèque du Manoir un formidable ouvrage contenant une formule, ni plus ni moins dérivée du sortilège de Languedeplomb. Je suis assez douée avec les modifications de sortilèges et…

Harry ne put que confirmer les paroles de sa consœur, il repensa aux gallions de l'AD et le souvenir se propagea dans le lien tandis qu'Hermione continuait :

-… Lucius Malfoy, ne peux s'adresser qu'aux elfes de la Maison Malfoy, à nous trois et à Albus. Kreattur, l'elfe au service exclusif des Black, a testé l'efficacité de mon maléfice. Il n'a entendu qu'un charabia indistinct sortir de sa bouche. Moi je l'ai clairement entendu demander un verre d'eau, lâcha-t-elle en quittant son poste d'observation pour se tourner vers eux.

-C'est d'ailleurs en lançant ce sortilège qu'il a fait sa toute première réaction allergique. J'ai découvert qu'une surdose de magie dans son état provoquait l'équivalent d'un choc anaphylactique. Plus on le soigne avec de la magie et plus son état s'aggrave. C'est pour ça que je suis passée sur des traitements moldus. Ton petit interrogatoire, Drago, est arrivé sur ces entrefaites alors qu'il récupérait tout juste de mon erreur. Ta démarche était totalement inutile, je te l'ai dit à ce moment-là, tu ne m'as pas écoutée ! Alors maintenant que tu sais qu'il n'est pas libre de parole, vas-tu daigner prendre en compte ce que je dis ?!

Essoufflée par sa tirade rageuse et blessée par l'attitude du Serpentard, l'air vint à lui manquer quand il siffla, le corps crispé :

-Comme pour le reste, toi, tu préfères régler les choses seule !

La pique la toucha en plein cœur et l'envie de sortir d'ici se fit incisive. Quitter le château pour respirer à pleins poumons l'air froid et humide qui saturait l'atmosphère hivernale c'était le meilleur moyen d'éviter que ça ne dégénère.

-Où tu vas Mione ?

-Travailler, répondit-elle sans chercher à empêcher le mensonge de transparaître par le lien.

Elle enfila sa cape noire, doublée et épaisse, enroula son écharpe rouge et or autour de son cou, enfila ses gants et rabattit la large capuche sur sa tête. Elle les quitta sans ajouter un mot de plus, sous les yeux inquisiteurs du Serpentard qui regarda le battant se refermer sans bruit. Quand le déclic résonna dans le silence de la pièce, il lança à l'adresse du Gryffondor :

-Elle a vraiment fait ça ?

-Ta méfiance constante a poussé Hermione à s'assurer qu'il ne nous trahirait pas, imbécile ! C'était ce que tu voulais, non ? Siffla Harry en fusillant du regard le Serpentard.

-Quoi ?!

-Il fallait vraiment que tu sois si cynique ? C'est à Hermione que tu t'adresses ! Ta femme, la seconde partie de ton âme. Ma femme à moi aussi et la seconde partie de mon âme. Ne lui fais-tu donc pas confiance ? Après tout ce qu'elle a fait pour toi ?! Alors que toi… Qu'as-tu fait pour elle depuis le début de cette histoire ?

Le Serpentard plissa ses yeux et encaissa les paroles cuisantes de vérité. Il réagit en bon Malfoy face à l'attaque et y répondit avec nonchalance en se cachant derrière sa dépendance au tabac pour échapper aux yeux verts assassins.

-Ca va Potter, garde ta morale, expira-t-il dans un nuage de fumée. J'ai merdé, je le reconnais.

Le Gryffondor quitta le canapé sans rien ajouter et rassembla ses affaires, avec la nette intention de débarasser le plancher au plus vite, avant que ça ne dégénère totalement.

-Où tu vas ?

-Moi et ma morale, on va s'envoyer en l'air.

Un sourire étira les lèvres de Drago, qui jeta un coup d'œil par la fenêtre.

-Entre l'humeur de la maîtresse des Vents et les Brossdurs de l'école, ta tâche ne va pas être aisée.

-Je ne suis pas fait pour la facilité Malfoy, sinon, il y a bien longtemps que je t'aurais renvoyé te faire voir chez les Dieux, lâcha-t-il acide en passant la bandoulière de son sac sur son épaule. On se voit plus tard, ajouta-t-il avant de tourner les talons.

Le léger grincement du portrait se refermant, glaça les veines du Serpentard. En l'espace de dix minutes, il venait de se mettre à dos ses deux âmes et Morgane que ça faisait mal. La déchirure de l'éloignement émotionnel se rajoutait à la distance physique qui s'accentuait entre eux. Avec Granger partie se promener, Potter au Quidditch et lui ici, la séparation était plus que désagréable.

Un spasme douloureux qu'il connaissait bien et qu'il redoutait lui traversa le corps. Par réflexe ses poings se serrèrent et ses veines se gonflèrent. Avant, s'il avait un quelconque stress émotionnel, le remède miracle consistait à fourrer son nez dans la poudre et à oublier. Dorénavant, cette échappatoire lui était défendue alors à la place, il ferma les yeux, tira sur sa clope et se répéta comme un mantra :

Fais pas le con Drago, fais pas le con.

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26 Janvier 1998, Salle de bains des préfets.

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-Tu aimes ça… hein ? Grogna-t-il après un énième coup de rein.

Un vague gémissement lui répondit et il sourit, recommençant son petit manège :

-Moi je sais que t'aimes ça, souffla-t-il en s'immobilisant au plus profond de sa partenaire qui hoqueta.

Ses mains saisirent pleinement la chair des fesses qui s'exposaient sans pudeur à ses yeux, provoquant un sursaut de son sexe qui se contracta. Blaise ferma les yeux et bascula la tête en arrière. C'était ça qu'il préférait dans le sexe, la domination qu'un homme pouvait exercer sur une femme qui prenait son pied. Le plaisir rendait la domination meilleure et plus facile à accepter.

-J'aime quand t'es comme ça Pansy, souffla-t-il en reprenant ses vas et viens. J'aime quand tu te mets à quatre pattes pour moi…

En réponse, des doigts se refermèrent fermement autour de ses testicules le figeant instantanément pour profiter de la caresse. Il la laissa jouer de longues secondes avec elles, appréciant de les sentir rouler contre sa paume tout en reprenant doucement ses mouvements sans lâcher des yeux les fesses qui s'abaissaient avec passion et envie sur son membre. Elle haleta, il la sentit se contracter autour de lui et les doigts raffermirent leur prise sur lui envoyant une décharge de plaisir. Son cœur d'homme tambourina dans sa poitrine.

-Putain Pansy…

Les doigts habiles remontèrent sur la base de son pénis, à l'endroit même où leurs deux corps se rejoignaient, puis le quittèrent pour contenter leur maîtresse qui gémit de plus belle sous la caresse qu'elle se prodiguait. Blaise ferma une nouvelle fois les yeux, espérant ainsi contenir l'orgasme qui le menaçait. Ses mouvements ralentirent, causant un râle de sa partenaire.

-Pas tout de suite Pansy, chuchota-t-il en laissant ses doigts remonter le long du dos féminin. Il effleura les côtes haletantes qu'il contourna jusqu'à prendre en coupe un sein rond et surmonté d'une pointe érigée.

-Mmmm.

Blaise sourit, carnassier. Il lâcha le sein pourtant quémandeur pour passer son avant-bras sous la poitrine de la jeune femme et la relever. Instinctivement, preuve d'une grande habitude de la position, elle appuya ses fesses contre son ventre, le propulsant au plus profond de son corps. Elle bascula sa tête en arrière, laissant sa nuque reposer contre l'épaule de son amant, assurant son équilibre et un parfait accès à toute sa féminité pour les mains masculines.

Face au miroir magistral qui meublait la salle de bain, la vision de leurs deux corps fut électrisante. Sans lâcher leur reflet des yeux, Blaise regarda sa main noire d'encre se poser sur un sein laiteux dont la pointe rose érigée lui prouvait qu'elle, comme lui, prenait son pied. Son autre main serpenta avec lenteur sur la blancheur du corps qui lui appartenait, jusqu'à recouvrir l'intimité rose et luisante, de celle qui deviendrait sous peu sa femme.

-Prête Pansy ? Murmura-t-il brûlant contre son oreille.

Elle expira un « oui » à peine audible qui lui suffit. Le reflet de leurs ébats qu'il ne lâchait pas des yeux l'électrisa. Il voyait à chacun de ses mouvements, son membre disparaître en elle et ressortir luisant. Le souffle rauque de Pansy résonnait à ses oreilles. La sensation de plaisir le submergea, il se fit plus incisif et plus dur, menant sa partenaire sur le chemin du non-retour. Quand elle planta ses ongles dans ses cuisses et qu'elle laissa échapper un long gémissement, il ne se retint plus et se laissa entrainer par la vague qui le submergeait.

Ils s'écroulèrent sur le matelas qu'ils avaient pris soin d'installer avant le début de tout ceci, reprenantavec peine leurs respirations. Pansy roula sur elle-même pour se blottir contre Blaise qui referma ses bras autour d'elle en les recouvrant d'un drap. De longues minutes, ni l'un ni l'autre ne ressentit le besoin de parler, puis finalement Pansy brisa le silence :

-Théo a été retrouvé... Ils l'ont oublietté.

-Je sais Pansy, mon père m'en a informé. C'est un quasi Cracmol, paraît-il. Il est incapable de parler et même les apothicaires les plus noirs des Embrumes ne se pronostiquent pas sur ses chances de retrouver un jour la moindre capacité intellectuelle. Celui qui a lancé le sort voulait s'assurer qu'il ne serait pas en état de parler, souffla-t-il contre sa tête.

-Sait-on qui est responsable ? Murmura-t-elle le cœur battant.

Théodore, elle le connaissait depuis toujours. Il avait été le seul homme à connaître l'innocence de sa jeunesse. Son premier baiser, ses premiers battements de cœur, son cavalier au bal des débutantes, sa toute première fois… Tout avait été pour lui. Alors quand son père lui avait parlé de cette alliance matrimoniale avec la famille Nott, elle en avait été heureuse. Mais depuis le vent avait tourné et l'avait obligée à faire des choix nécessaire à sa propre survie. La disparition subite de Théodore, prêt à entrer au Cercle, l'avait obligée à changer ses plans. Une femme chez les Mangemorts, si elle voulait survivre, se devait d'être forte. Pansy était une femme forte mais à cet instant, le souvenir de son ami lui serra le cœur et ce qui l'animait ce soir, c'était l'envie de le venger.

-D'après ce que j'ai appris de mon père et d'autres au sein du Cercle, ce soir-là, sa mission c'était d'attaquer le QG de l'Ordre du Phoenix au Square Grimmaurd. Un des fils Weasley travaillant au Ministère est sous la coupe d'Ombrage, grâce à lui, nous savions qu'un Fidelitas protégeait le Manoir Black. Une demeure et une famille qui sont un bien bel exemple de la déchéance que le sang moldu apporte avec lui, si tu veux mon avis. Quand on sait que la bâtisse appartient légalement à Potter, c'est un comble.

Pansy fronça les sourcils, réfléchissant rapidement.

-La puissance magique du solstice Lui a permis de briser un sort aussi puissant qu'un Fidelitas, signé Potter ou Dumbledore ? Finit-elle par murmurer impressionnée.

Blaise hocha la tête et déposa un léger baiser sur la tempe de sa partenaire :

-Oui. Son retour ne lui a rien enlevé. Il est tout-puissant Pansy. Nous placer dans son giron, c'est la meilleure chose à faire, crois-moi. L'Ordre, sans doute responsable de l'état de Théo, n'a aucune chance face à la magie qu'Il est capable de produire. On le vengera Pansy, mais l'avantage que nous avons, nous les Mangemorts, c'est que nous sommes capable de faire preuve de patience.

-J'en suis convaincue aussi Blaise, approuva-t-elle en frissonnant, certaine de la véracité des informations que lui délivrait son amant.

Elle laissa le silence s'installer et reprit en essayant de camoufler son intérêt pour ne pas éveiller le sien :

-Quel était l'intérêt de les relâcher dans un tel état ? Il aurait mieux valu pour eux...

Les mots fatidiques lui étranglèrent la gorge, elle chassa les larmes qui lui piquaient les yeux et murmura :

-Théo va finir ses jours à Sainte-Mangouste.

Elle sentit Blaise lui embrasser le sommet du crâne avant qu'il ne réponde :

-Les pseudos-gentils pensent toujours avoir bon-coeur c'est bien connu. Moi, à leur place, j'aurais exécuté les prisonniers au lieu de les amnésier et de les libérer. Mais leurs erreurs nous profitent. Le sort qui a frappé Jungson était moins puissant. Il est soigné au QG, des médicomages sont à ses côtés, ils ont bon espoir de le faire parler d'ici à quelques semaines.

-Prions Morgane, qu'il nous donne des infos qui pourrait nous aider lors de notre prochaine sortie…

J'ai peur que ça ne finisse comme à Londres, le feu et les morts...

-Tout est prêt Pansy. Que Jungson parle ou non, avant ce que nous avons prévu, ne changera rien. Cette fois-ci notre attaque sera victorieuse. Nos pères n'essuieront pas de défaite et nous profiterons, toi et moi, de Ses faveurs. Et si ça peut te rassurer, les apothicairesont assurés au Lord qu'il parlerait. Ils connaissent tout aussi bien que nous les conséquences d'un mensonge.

-Je l'espère pour eux…

Elle laissa ses doigts s'égarer sur la peau sombre de son torse, provoquant des frissons sur le corps de son partenaire tout en demandant :

-Tout est vraiment au point ?

-Oui. Chacun sait ce qu'il a à faire avec précision.

Elle apprécia qu'il la serre un peu plus fort. Elle se sentait en sécurité dans ses bras.

-Il ne faut pas foirer ça Pansy, sinon…

-Sinon on perd tout, je sais Blaise. Je connais les enjeux, répondit-elle doucement en reprenant ses caresses.

-Je suis confiant. On va réussir Pansy.

-Puisse Morgane t'entendre Blaise, murmura Pansy en déposant un léger baiser sur le torse de son homme.

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4 Février 1998, Salle de classe du troisième étage.

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Au fond de la salle, toujours aussi poussiéreuse malgré les innombrables récurvite, Harry tentait de lancer ses boules d'eau sur les objets que Neville faisait léviter à toute vitesse. La plupart du temps, les boules s'écrasaient au sol après avoir manqué les objets suspendus. Ses tentatives successives envoyaient un signal binaire à travers le lien.

Espoir, déception.

Hermione, bercée par le changement régulier qui lui arrivait d'Harry, était plongée dans un ouvrage compilant le peu de connaissances druidiques que les sorciers possédaient encore. Elle s'abimaît les yeux sur le vieil anglais qu'elle essayait de déchiffrer à défaut de réussir à le rendre compréhensible. Luna, assise à côté d'elle, tenait d'une main un Dictionnaire des rituels magiques, cherchant des définitions qu'elle soufflait à Hermione tandis que de l'autre,elle lançait de temps à autre des evanesco sur les flaques d'eau qu'Harry provoquait à tour de bras.

-Hermione ? Souffla doucement la Serdaigle, attirant à elle les yeux marron concentrés.

-Oui ?

Luna jeta un bref coup d'œil en direction des garçons, totalement pris par leur entraînement avant de murmurer :

-Vous nous avez demandé à Neville et à moi d'être à vos côtés… Et nous le serons jusqu'au bout, quoi qu'il puisse arriver. On s'entraîne régulièrement au combat, on se prépare à L'affronter. Vous nous avez dit avoir trouvé la Troisième Âme… Mais pourquoi refusez-vous de nous dire de qui il s'agit ? De quoi avez-vous peur ?

Hermione lui adressa un triste sourire et répondit :

-Tu es une amie très chère à mon cœur Luna. J'apprécie ta franchise et notre Trio commence tout juste à être stable. Nous révéler, même à vous, nécessitera encore un peu de patience. J'en suis la première désolée.

-Je comprends Hermione. Je crois que cette troisième âme doit vraiment être spéciale pour que vous gardiez un tel secret. Est-ce qu'elle fait partie de l'autre camp ?

Hermione sourit, amusée de la perspicacité de la jeune femme qui reprenait en main sa baguette pour assécher le sol :

-Evanesco ! … Evanesco !

-Serdaigle n'est pas ta Maison pour rien, murmura-t-elle avant de reprendre à haute voix. Tu comptes aller à Pré-au-Lard la semaine prochaine Luna ?

-Oui. J'ai besoin de parchemins et de nouvelles plumes, lui répondit-elle distraitement.

-Moi aussi, ajouta la Gryffondor. On pourrait en profiter pour déjeuner aux Trois Balais ? Qu'en dis-tu ?

-Harry ne voudra pas t'accompagner ?

Hermione leva ses yeux sur son compagnon et répondit :

-Si Harry ne maîtrise pas d'ici là ses lancés, il y a de fortes chances pour qu'il préfère s'entraîner.

-Et ton mari Hermione ?

-Il me laissera une liste de courses s'il a besoin de quelque chose. Tu sais bien qu'aucun Malfoy de sang n'a jamais été vu achetant quoi que ce soit dans une des boutiques bon marché du Pré. Et ce n'est pas Drago qui abolira cette tradition, même pour moi, finit-elle en cachant son malaise à la Serdaigle qui lui sourit avec chaleur.

Harry, depuis l'autre bout de la salle, sentit sa compagne se faufiler en lui, quelques secondes, le temps de lui faire savoir :

Il sera bientôt nécessaire de leur parler de Drago. Si nous échouons, ils prendront la relève de la révolte, aussi vaine qu'elle puisse être. Ils doivent savoir dans quoi ils s'engagent, nous leur devons la vérité.

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10 Février 1998, Bureau des Aurors, Londres.

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Depuis plusieurs semaines maintenant, l'Auror Harris était sur les traces d'Ombrage. Il avait été discret, soigneux et tenace. Ce soir, il tenait enfin l'occasion qu'il guettait depuis longtemps. A demi caché derrière une pile de missives branlantes, il faisait mine de travailler quand un de ses collègues l'interpella :

-Hé Gregg tu viens avec nous, on va boire un coup au Chaudron ? Lui demanda-t-il en boutonnant sa cape.

-Nan, allez-y les gars. J'ai de la paperasse qui m'attend.

-Comme tu veux. Tu sais où nous trouver si tu changes d'avis !

L'Auror-en-Chef regarda ses hommes quitter le bureau et les montagnes de parchemin qui l'encombraient. Personne ne s'étonnerait qu'il reste bosser après les autres, il avait cette réputation d'être un travailleur acharné. Ce qu'Harris voulait en vérité c'était profiter de la nuit et des couloirs déserts du Ministère pour pénétrer le bureau de celle qui gérait la Justice Magique.

Il avait eu beau fouiner dans les dossiers, dans les archives, descendre chez les Langues-de-Plomb, rien n'y avait fait. Il avait fait chou-blanc et s'était même demandé s'il n'avait pas fait erreur de placer ses espoirs dans le bien jeune Potter. Ce soir, il jouait son va-tout. S'il ne trouvait rien c'est qu'il n'y avait rien à trouver et qu'Ombrage n'avait rien à cacher.

Une fois certain d'être seul, il se désillusionna et quitta le Bureau des Aurors. Descendre au huitième étage ne lui prit que quelques minutes. L'avantage de la nuit au Ministère c'est que la foule n'encombrait pas les ascenseurs. Couvert par son sortilège de camouflage et un bon assurdiatio, il remonta un couloir désert et s'arrêta devant les doubles portes de bois sombres marquant l'entrée du Département de la Justice Magique.

-Alohomora ! Murmura-t-il dans le silence.

Le déclic résonna et la porte s'ouvrit. Il se faufila à l'intérieur, referma la porte et la scella magiquement, s'assurant ainsi que personne d'autre que lui ne pourrait entrer ici cette nuit.

-Lumos !

Il avait six heures devant lui, il devait les exploiter au mieux, se dit-il en se dirigeant vers les armoires où les dossiers étaient rangés.

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13 Février 1998, Pré au Lard.

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Depuis l'extérieur du village, sur la route menant aux collines qui l'entouraient, Pansy guettait le moindre bruit lui indiquant que ceux qu'elle attendait, impatiemment, arrivaient. Fébrile, la baguette à la main, elle scrutait les environs malgré la pluie de flocons qui s'abattait depuis une bonne demi-heure. Dissimulée derrière un haut mur de pierre donnant sur une lande, elle guettait le moindre mouvement suspect sur la route quand un brassement d'air lui apprit qu'elle n'était plus seule. Un franc sourire étira ses lèvres alors qu'elle se retournait fièrement, prête à accueillir dignement…

-Père, murmura-t-elle en exécutant une parfaite révérence, incongrue en ces lieux et circonstances, mais l'étiquette primait sur tout dans leur milieu.

-Pansy, la salua-t-il en la prenant dans ses bras avant de demander, très sérieusement.

-Tout est prêt ?

-Blaise est au point de rendez-vous convenu avec la fille, répondit-elle en laissant ses yeux verts se poser sur les troupes que son père amenait avec lui. De notre côté tout est en place, nous n'attendions plus que vous, finit-elle en souriant largement.

-Parfait, annonça-t-il satisfait en tirant de sa poche une montre à gousset sorcière qu'il consulta avant de reprendre pour la trentaine de partisans qui l'accompagnaient.

-Voilà comment ça va se passer aujourd'hui. Je mène le groupe, vous suivez mes ordres. Le but n'est pas de tuer des élèves, même si nous savons tous que certains n'auront pas la chance de s'en sortir. L'opération principale ce n'est pas nous. L'opération principale est celle du Lieutenant Parkinson et du Général Zabini. Nous messieurs, nous sommes la diversion qui verra la fin d'Albus Dumbledore...

Le Général s'arrêta, jaugeant ses troupes, jeunes et pleines de fougue, en appréciant le murmure appréciateur qui parcourait les rangs.

-Donc, reprit-il en profitant de l'onde positive, on lance des sorts, on fait du bruit, on provoque de la casse, de la panique. On fait peur, on blesse, on tue un peu. Il faut faire fuir la population pour préparer l'embuscade qui prendra les Aurors au piège. Une fois les badauds partis, on se retranche sur la place au niveau de chez Zonko. Tenir le carrefour c'est tenir les Aurors à notre merci et leur rendre au centuple leurs sorts. Peu importera leur nombre, notre position nous avantagera... Et si les choses tournent en notre défaveur, le Lord dans sa grande mansuétude, m'a doté d'un moyen de lever les barrière anti-transplanage pour nous permettre de fuir. Des questions ?

Les têtes cagoulées hochèrent de manière négative et Parkinson enchaîna :

-Une dernière chose avant que nous y allions, il est évident que vous épargnerez au maximum les élèves issus de l'illustre Maison de Serpentard, reconnaissables à…. ?

-L'écharpe verte ? Proposa un trouffion.

-C'est ça, approuva Octavius avant de se tourner vers Pansy. Tu devrais y aller, rejoins ton poste, exécute ta mission et tu verras, ma fille, que notre avenir sera pavé d'or.

La jeune femme sourit, radieuse, serra son père dans ses bras et tourna les talons. A pas pressés, elle entreprit de contourner le village par ses extérieurs jusqu'à aboutir sur la route menant au château. Elle suivit la piste de terre quelques minutes jusqu'à aviser le massif conifère qu'une tempête avait couché là, deux ans plus tôt.

-Blaise ? Appela-t-elle doucement.

-Ici !

Pansy s'engagea dans les bois bordant la route, rejoignant son amant et la pièce maîtresse de la partie qui allait se jouer sous peu.

-Tu es prête ?

-Je le suis, murmura bravement la jeune femme.

Pansy la détailla rigoureusement, les sourcils froncés et pointa sa baguette sur sa jeune consœur qui prudemment recula d'un pas. Quelques sorts plus tard, la jeune Serpentarde avait les cheveux ébouriffés, des marques noirâtres parsemaient son visage et un petit diffindo lui avait écorché la joue.

-Va, lui ordonna Pansy. Ne Le déçois pas.

Les deux Serpentards la regardèrent partirent et Blaise murmura :

-Que Morgane et Salazar soient avec nous.

Pansy lui saisit la main et la pressa avec espoir. En contrebas, au village, les premières explosions résonnaient.

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13 Février 1998, Poudlard.

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Astoria franchit le pont de pierre menant au château au pas de course, les joues rouges et le souffle court. Elle avait couru comme si la Mort elle-même la poursuivait, gardant une seule et unique chose à l'esprit : « Réussir cette mission ». Pansy avait promis que sa mère quitterait les cachots, que son père rentrerait enfin à la maison et qu'ils pourraient redevenir une famille, comme avant. Si elle réussissait, tout leur serait pardonné. Sa famille comptait sur elle. Elle pénétra hagarde dans le Grand Hall, cherchant frénétiquement…

-Professeur McGonagall ! Cria-t-elle.

La vieille écossaise se figea au milieu des escaliers et pivota sur elle-même :

-Miss Greengrass ?

Essoufflée, Astoria expliqua tant bien que mal :

-Le Pré, Professeur ! Ils sont là !

La directrice-adjointe fronça les sourcils, descendit une marche et demanda :

-Mais de quoi parlez-vous Miss Greeng…

-Les Mangemorts ! Ils sont à Pré-au-Lard ! Ils attaquent le village et les élèves… La route du château était la seule échapatoire... Ils tenaient la rue principale et... D'autres ont pu s'échapper, ils... Ils...

La Serpentarde cacha son visage dans ses mains et éclata en sanglots qui secouèrent brutalement son corps frêle d'adolescente. McGonagall, peu habituée à ce que les élèves de sa maison réagissent de la sorte face au danger, pinça les lèvres, ravalant la remarque caustique qui lui venait sur la légendaire couardise serpentardesque, quand les paroles de son élève prirent tout leur sens dans son esprit.

-Expecto Patronum ! … Trouve Albus, dis-lui que Pré-au-Lard est attaqué. Une rescapée de Serpentard dit que la route du château est la seule voie d'accès au village et que d'autres rescapés vont arriver au château. Dis-lui aussi que j'attends ses instructions. Va ! Ordonna-t-elle rapidement au chat argenté qui roula dans les airs avant de disparaître.

Il ne fallut pas longtemps pour que la réponse du Directeur se présente sous la forme de son patronus, un phœnix.

« Vais au devant des rescapés par la route du château pour sécuriser la zone si besoin, afin d'ouvrir une route à l'évacuation des possibles blessés du village. L'école risque de devenir une cible alors rassemblez les élèves dans la Grande Salle et relevez les défenses du château. Contactez les Aurors et le Ministère de toute urgence, il nous faut des renforts au plus vite. »

Minerva ferma brièvement ses paupières, tandis que sa main se resserrait sur sa baguette. Elle avait vainement cru qu'elle n'aurait plus jamais à lancer ce sort mais le destin en avait visiblement décidé autrement :

-Piertotum locomotor ! … Faites votre devoir envers l'école, Poudlard est de nouveau attaqué !

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13 Février 1998, Les Trois Balais, Pré-au-Lard.

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Après avoir écumé les boutiques et refait le plein de fournitures et de confiseries qu'elles ramèneraient ce soir au château, Hermione et Luna s'étaient retranchées aux Trois Balais en fin de matinée quand une averse de neige s'était abattue sur le village, le recouvrant d'une couche cotonneuse qui avait refroidi l'atmosphère. Bien installées au fond de la salle, au plus près de la monumentale cheminée, les deux filles sirotaient leur hydromel en attendant l'arrivée de leur déjeuner.

-Brrrr, souffla Luna en se frottant les mains. Il fait vraiment froid aujourd'hui.

Hermione approuva d'un mouvement de tête alors que la serveuse, Betty, se présentait à leur table annonçant gaiement :

-Et voilà, deux ragoûts de bœufs. Mangez tant que c'est chaud mesdemoiselles.

-Merci Betty, répondirent les deux élèves en plongeant sans attendre leurs cuillères dans la soupe de viande.

Après quelques minutes où elles mangèrent sans bruit, Hermione reposa doucement sa cuillère pour tirer sa baguette de sa poche, causant un froncement de sourcils chez sa consœur :

-Muffliatio ! Murmura la Gryffondor, les isolant hermétiquement du reste des clients et élèves de l'auberge.

-Luna, commença Hermione après avoir rangé sa baguette.

Mais la jeune femme s'arrêta immédiatement ne sachant pas trop comment aborder l'épineux sujet « Drago Malfoy ». Si elle devait être honnête, Hermione avait surtout peur que l'attachement qui la liait à lui ne lui fasse perdre le peu d'amis que la guerre ne lui avait pas enlevé. Elle redoutait plus que tout leur réaction et après quelques secondes de silence, la perspicacité et la douceur de la Serdaigle vinrent à la rescousse de la Gryffondor en lui redonnant du courage :

-Je suis ton amie Hermione, tu peux me parler sans risques.

La Gryffondor croisa les yeux bleus chaleureux et candide de la jeune femme... Elle pouvait et devait faire confiance à Luna, son unique amie. Luna qui, avec son sourire distrait, ses cheveux longs en bataille, ses radis aux oreilles et son collier de bouchons, avait toujours était telle qu'elle était aujourd'hui. Un être qui ne jugeait pas en fonction des apparences. Non, elle avait le don de cerner avec exactitude l'émotion qui émanait de son entourage. Quand on la connaissait un peu, ses réflexions semblants hors-contexte, une fois traduites, étaient toujours véritables et justifiées, alors Hermione se lança :

-Malfoy… C'est lui, le troisième.

Luna ne cilla pas en apprenant la nouvelle et continua à manger son ragoût sans afficher la moindre surprise puis, après de longues secondes, elle annonça posément :

-C'est logique. La prophétie parlait des trois sangs, il fallait donc que ce soit un Sang-Pur, en opposition à Harry.

-Tu n'es pas… surprise alors ?

-Pourquoi le serais-je Hermione ? Si Drago Malfoy est cité dans une prophétie millénaire annonçant qu'il sera l'objet de la mort de Voldemort alors il aura tout mon soutien… Au fond, son passé importe peu, c'est son avenir qui nous sauvera. Dans la situation actuelle, il me semble plutôt être un atout.

Hermione s'appuya contre le dossier de sa chaise, soulagée, et laissa un large sourire étendre ses lèvres. Les larmes aux yeux d'avoir tant redouté ce moment, elle écouta avec intérêt Luna poursuivre :

-Tu sais Neville et moi, on passe beaucoup de temps ensemble, depuis… depuis que toi et Harry vous avez trouvé… Vous l'avez trouvé.

-Je suis tellement désolée Luna…

-Non, ne te sens pas coupable Hermione. Nous sommes parfaitement conscients que la tâche à accomplir est immense et dangereuse et nous savons que ce n'est pas par manque de confiance que vous ne nous dîtes pas tout mais pour nous protéger.

-Toi et Neville vous êtes de la Famille pour moi. Les seuls qu'il me reste, avec Harry et Drago. Vous perdre serait…

-Notre mort serait, comme toutes les autres, triste et douloureuse pour nos proches mais elle serait aussi le début d'une nouvelle aventure. Dans l'au-delà cette fois-ci. Je trouve la mort excitante et ce n'est pas quelque chose qui m'effraye.

Hermione resta silencieuse, ne sachant pas quoi dire. L'attachement qu'elle portait à Luna grandissait après chacune de leurs discussions et celle qu'elle partageait en ce moment était importante. Hermione appréciait le moment à sa juste valeur tandis que Luna continuait :

-Tu sais, nous avions nos favoris avec Neville. Nous avions déduit à force d'y réfléchir et d'en parler que la troisième âme devait être un ennemi, un repenti. Zabini, Nott et Malfoy étaient nos suppositions et il est vrai que Neville n'était pas très content de devoir combattre avec un Serpentard mais nous comprenons que toi et Harry n'y êtes pour…

Un désagréable frisson étreignit subitement le corps d'Hermione la sortant de la torpeur, chaleureuse et amicale, qui l'enveloppait depuis le début de la matinée. La Gryffondor fronça les sourcils et observa les tables autour. Tout semblait parfaitement normal et pourtant son malaise persistait.

-… le dire à Neville, il voudra certainement le savoir parce que tu sais comment il est, c'est un timide.

-Oui, bien sûr, lui répondit Hermione en laissant son regard se tourner vers les fenêtres.

Au dehors tout était normal, des groupes d'élèves se promenaient, des passants pressaient le pas, des clients entraient et sortaient des boutiques…

-Luna, j'ai un mauvais pressentiment, souffla doucement la Gryffondor après plusieurs secondes de silence.

La Serdaigle, qui trempait un bout de pain dans la sauce de son ragoût, lui répondit en souriant tranquillement :

-J'ai ma baguette et je suis en compagnie d'Hermione Granger alors je ne crains ri….

La Serdaigle n'eut jamais l'occasion de finir sa phrase.

La porte de l'auberge explosa, projetant des débris de bois partout aux alentours. Le souffle de l'expulso envoya au sol, tables et clients confondus dans un vacarme assourdissant. Les premiers cris résonnèrent tandis que le froid mordant s'engouffrait dans l'auberge en sifflant. Sur le seuil se tenaient trois Mangemorts.

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13 Février 1998, Route du Château.

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Le patronus inquiet de Minerva l'avait trouvé devant les grilles de l'école alors que le Directeur revenait tout juste d'une réunion du conseil d'administration, au cours de laquelle Zabini Senior, avait rudement critiqué la politique d'ouverture de l'école aux élèves nés-moldus.

Albus avait contrer l'attaque en répliquant que ce n'était pas une politique d'ouverture mais un respect des règles régissant le monde magique que d'ouvrir les portes de l'enseignement à tous les sorciers inscrits à leur naissance sur le registre de l'école, mais sa tentative avait été vaine puisque son ancien élève y avait répondu par un haussement d'épaule, soudainement désintéressé.

Un bref instant les pouvoirs en berne du Directeur refirent leur apparition, le temps pour lui de percevoir quelques mots dans l'esprit de l'homme qui siégait à quelques place de lui. Une pensée, tronquée et sortie de son contexte mais qui malgré tout, lui fit froid dans le dos.

moindre importance... D'ici à quelques heures, tout ça, se serra du passé... Morgane, faites que tout...

Albus avait vécu avec la peur au ventre quasiment toute sa vie, mais depuis que les Gardiens s'étaient reconnus, il se savait condamné... Etait-ce à cause de sa fin proche que ses pouvoirs perdus se manifestaient ainsi, comme pour effectuer un dernier baroude d'honneur ? Ou bien avait-il préssenti quelque chose qu'il n'avait pas su identifier ? Ce matin, Zabini, avait pensé à l'attaque, il l'avait entendu mais n'avait pas su réagir...

Comme pour souligner l'urgence de la situation, à peine cette pensée évaporée, des explosions, étouffées par la végétation et la distance, résonnèrent lugubrement en contrebas dans la vallée, et ce malgré l'averse de neige qui s'abattait depuis la fin de matinée sur l'Ecosse.

En véritable Gryffondor, le Directeur, avait immédiatement pensé que la meilleure solution consistait à transplaner au milieu de la rue principale, à ériger un bouclier et à entrer dans la bataille. Mais, ses forces n'étaient plus ce qu'elles étaient et un bon combattant le mettrait hors d'état de nuire en quelques minutes.

Les alertes anti-intrusions du Pré, mises en place après la bataille de Poudlard, par mesure de précaution, avaient dû résonner au Bureau des Aurors à Londres, et si les Mangemorts avaient réussi à les désactiver, Minerva par le biais de son chat astral se chargerait de donner l'alerte. Les secours étaient sûrement déjà en route et les Gardiens certainement sur place, en bas, au village. Drago sous l'habit noir, Harry et Hermione avec les élèves. A eux trois, ils protégeraient les enfants beaucoup mieux que lui.

Albus pouvait être bien plus utile en prenant la route, encore sûre s'il fallait en croire Minerva, qui descendait sur le Pré et qui, grâce à sa vue dégagée donnant sur le village, lui fournirait de nombreuses informations sur ce qui s'y passait. Des informations que les Aurors, Gregg Harris en tête, pourraient utiliser à bon escient.

Baguette à la main et sens aux aguets, il prit la route rendue boueuse, une profonde inquiétude vissée au cœur. A chaque pas qu'il effectuait, un mauvais pressentiment qu'il mit sur le compte de ce qui se passait au village, lui étreignait le corps. L'urgence du danger se répercutait en lui et lui fit presser le pas. Après quelques minutes de marche rapide, il passa le surplomb rocheux, offrant un panorama imprenable sur la vallée, qui le renseigna sur la situation critique du village. Malgré la neige et la fumée, noire et épaisse, qui s'échappait des toits des boutiques, la marque verdâtre et brillante des Mangemorts était immanquable et tétanisa le vieil homme.

Voldemort, contrairement à tout ce qu'Albus et même Kingsley avaient pu prévoir, sortait de l'ombre de la plus sombre des manières, en faisant couler le sang des Innocents.

Il n'était plus qu'à un yard du village mais déjà les cris et les explosions lui arrivaient, amenés par les bourrasques de la violente tempête qui se levait. D'ici un demi-yard, le gros tronc d'arbre couché par les vents surgirait devant lui. Il le contournerait par le sentier qui passait dans les bois sur quelques dizaines de mètres. Puis encore un autre demi-yard et il serait en vue des Trois-Balais. Concentré sur sa marche pour ne pas s'attarder sur ses douleurs physiques qui se réveillaient avec l'effort, il conditionna son esprit à analyser ce qu'il avait vu. Tout le village semblait être en proie à l'attaque, pas une seule boutique n'avait dû être épargnée et le vieil homme redoutait de découvrir des élèves blessés ou pire…

Arrivant en vue du massif tronc qui barrait le sentier, il s'engagea sans ralentir sous le couvert des conifères millénaires qui bordaient cette partie de la route.

-Lumos !

La pointe de sa baguette dirigée sur le sol pour lui permettre d'éviter l'entrelacs de branches mortes et de feuilles boueuses, il esquiva une flaque en partie gelée, glissa sur un tapis de mousse détrempée et se figea subitement en prenant conscience du silence étrangement pesant qui régnait dans les sous-bois. Pas un seul oiseau ne se faisait entendre et un désagréable frisson couru le long de sa colonne, l'informant du danger de sa situation.

-Endoloris !

Albus pivota à l'instinct sur lui-même et para le sortilège qui menaçait ses arrières.

-Protego !... Expeliarmus !

Une baguette surgit brusquement des profondeurs de la pénombre et se planta dans un tas de neige aux pieds du Directeur qui, grâce à son expérience, s'accroupit subitement, échappant ainsi à l'informulé vert fluo qui lui arrivait dans le dos et qui termina sa course dans un tronc d'arbre.

-Protego totalum !

Le bouclier flamboya autour du Directeur qui se redressait en serrant les dents sous la douleur dans ses genoux mais prêt à combattre, pour l'honneur :

-Montrez-vous ! Ordonna-t-il en tournant sur lui-même, cherchant ses adversaires de la pointe de sa baguette.

-Mais on dirait bien que notre Directeur a de la ressource ! Cingla froidement une voix féminine qui se révéla être Miss Parkinson quand elle quitta l'anonymat la forêt, baguette en avant. Albus la dévisagea, incrédule. Tom Jedusor recrutait maintenant les jeunes femmes...

Il pivota brusquement quand, dans son dos, des craquements dans le sous-bois lui apprirent qu'un autre de ses assaillants se montrait.

Combien de Mangemorts pouvaient encore se tapir dans la forêt ?

-Il a de la ressource, c'est vrai, approuva Blaise Zabini qu'Albus couvait de son regard bleu glacial. Mais il est dans le pétrin, cerné comme il l'est par une cinquantaine de baguettes... Avouez Directeur que même votre puissant bouclier ne résistera pas à ça.

Etait-ce du bluff ? Etaient-ils vraiment cinquante ? Moins que ça, c'était certain. Une vingtaine peut-être... Bien trop pour lui en tout cas. Alors Albus choisi de parlementer avec le Serpentard, gagner du temps pouvait lui être bénéfique.

-Je l'avoue Monsieur Zabini, mon bouclier céderait mais nous savons tous les deux que vous n'êtes pas cinquante dans ces sous-bois.

Parkinson battit des mains en souriant, comme si elle se régalait d'avance de ce qui allait suivre.

-Ca tu n'en sais rien, veillard, le rabroua le Serpentard avant de reprendre, mauvais. Mais ce que je sais moi, c'est qu'aujourd'hui vous allez mourir. Nous sommes là pour ça alors croyez-vous vraiment que mon Maître ne m'a pas donné les moyens de réussir cette mission ?

Albus vacilla et, inquiet, laissa son regard parcourir les sous-bois.

-Vous semblez bien sûr de vous Monsieur Zabini, reprit Albus. Je suis curieux de savoir de quels moyens Tom Jedusor, a bien pu vous doter.

-Des hommes pour attaquer le village et piéger les aurors. Détourner l'attention pour vous offrir, avec toute sa mansuétude, une mort rapide et sans douleur, loin des yeux curieux des autorités. Voilà ce qu'il vous propose, vous mourrez ici et maintenant et l'attaque au village s'arrête. Ou bien vous refusez et alors nous combattrons et nous ferons en sorte de ne pas vous tuer pour qu'Il puisse s'en charger, lui-même, de la manière qui lui plaira. C'est à prendre ou à laisser Directeur mais le choix se fait immédiatement.

Seules quelques explosions lointaines brisèrent le silence qui s'abattit dans les sous-bois. Le coeur d'Albus battait à tout rompre, mais il était prêt.

Ses papiers étaient en ordre, les missives partiraient à l'instant où son coeur cesserait de battre, il avait tout prévu et n'avait rien laissé au hasard, sauf la date de sa fin. Sa mission était accomplie et la fatigue lui pesait. Peut-être trouverait-il la paix de l'âme dans sa vie d'après. Ariana lui pardonnerait ses erreurs et ses maladresses, ils pourraient être heureux... Peut-être même Gellert l'attendait-il, comme lors de l'été de leurs dix-sept ans, à Godric's Hollow...

-Tic tac, tic tac, ricana Parkinson en imitant à la perfection le ton pervers de Bellatrix.

Inconsciemment, le court de ses pensées lui fit abaisser son bouclier. Sans même comprendre ce qui lui arrivait, un sort le frappa en pleine poitrine. Incrédule, Albus bascula face contre terre dans la boue glaciale en sachant que sa dernière heure était arrivée. Paralysé par un simple stupéfix, il vit les bottes de cuir de Zabini se planter à côté de lui :

-Vous avez fait le bon choix vieillard.

Merlin, Morgane, protégez-les tous les six et pardonnez-moi mes erreurs, pria-t-il une dernière fois avant d'entendre la sentence fatique qu'il accueillit en paix.

-Avada Kedavra !

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13 Février 1998, Pré-au-Lard.

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L'Auror Harris arriva sur place, dix minutes après que la Directrice-Adjointe de Poudlard ait averti le Ministère par Cheminette, Beuglante et Patronus d'une attaque des Mangemorts à Pré-au-Lard. Une cinquantaine de baguettes à cran l'accompagnait, prêtes à en découdre sans faire de quartier, même si le sinistre silence qui pesait maintenant sur le village les alarmaient.

-C'est nos gosses là-bas ! S'insurgea Harris la rage au cœur en pointant du doigt le village derrière lui. Ces putains de Mangemorts vont nous payer ça, Godric m'en est témoin ! Mais notre objectif aujourd'hui c'est de ramener nos gamins en vie. Les langues de plomb apposent en ce moment même les barrières autour du village. Les éclaireurs vous protégez les élèves avant toute autre chose, dès que vous en voyez un, protego et vous continuez. Il faut sécuriser la zone. Les équipes se chargeront de récupérer les élèves et de les mettre à l'abri. On se méfie des Serpentards reconnaissables à leur écharpe verte, même mineurs la plupart de ces gamins-là en connaissent plus que nous en matière de magie noire. Quant aux Mangemorts, on les prend vivants. Il nous faut des infos, c'est le seul moyen de remonter jusqu'à Lui ! De prouver qu'Il est revenu ! Finit-il en pointant du doigt la Marque verte qui flottait au-dessus du village.

-En équipe ! Hurla un commandant.

Les troupes se rassemblèrent et formèrent huit groupes.

De chaque groupe, les deux éclaireurs s'avancèrent et s'éparpillèrent dans toutes les directions. Ceux qui restèrent se lancèrent des assurdiatio pour contrer le crissement de leurs pas dans la neige, certains conjurèrent des têtes en bulles pour empêcher leur souffle de produire de la condensation. Puis quelques minutes après les éclaireurs, les groupes quittèrent à leur tour la position avec pour objectif de fouiller une par une toutes les maisons, toutes les rues, évacuer les élèves et la population, débusquer l'ennemi et le mettre hors d'état de nuire.

A la tête de son groupe, l'Auror en Chef se dirigea vers l'entrée ouest du village, toute proche de leur position. Les Trois-Balais était son premier objectif, puis le bureau de poste, Honeydukes et les maisons qui remontaient la rue jusqu'à Zonko où tous les groupes devaient converger, en retrait du carrefour principal où sans nul doute les forces ennemies s'étaient retranchées et les attendaient, baguette à la main.

Arrivant sur la route principale, Harris signa plusieurs fois ses ordres et ses troupes se mirent en formation d'approche, deux par deux, avant de s'engager sans bruit sous les porches des premières boutiques du village pour vérifier que les corps qu'ils voyaient à l'intérieur étaient bien les cadavres qu'ils semblaient être et non des leurres. Gregg, en compagnie de Powell, traversa la rue au pas de course pour se cacher le long du mur aveugle de l'auberge. L'Auror se tourna vers son coéquipier qui hocha brièvement la tête. L'un derrière l'autre, accroupis, ils quittèrent leur abri.

En trois pas ils furent sous les fenêtres, trois pas de plus et ils débouchaient sur le seuil de l'auberge mortellement silencieuse. L'entrée n'était plus qu'un trou béant et l'Auror enjamba trois corps cagoulés, littéralement transformés en bloc de glace, sans leur prêter la moindre attention pour pénétrer plus avant dans l'auberge dévastée tandis que Powell s'assurait que les trois cadavres étaient bel et bien morts. Dans la salle, Gregg contourna les tables renversées, ses pas crissant sur les débris de vaisselle, jusqu'à aviser des civils, blessés ou morts. Il s'avança vers les deux premiers corps. L'un était déjà parti dans l'autre monde tandis que le second l'y suivrait d'ici à quelques minutes, Gregg le savait, la vilaine brûlure abdominale que le corps arborait lui serait fatale.

-Les médicomages sont en route, lui murmura l'Auror en s'approchant de l'homme d'une quarantaine d'années qui gisait dans son sang encore chaud.

-Les Mangemorts, souffla-t-il en levant ses doigts pour désigner l'arrière salle dans un ultime effort avant de murmurer : Les élèves.

D'un signe de tête, Harris envoya Powell vérifier le fond de la salle et laissa son regard se poser sur l'homme qui expirait son dernier souffle. L'Auror lui baissa les paupières et lui traça une croix sur le front tout en murmurant :

-Puissent les Dieux t'ouvrir les portes d'Avalon et t'accorder la paix de l'âme.

Powell revint rapidement dans la salle et annonça :

-Les élèves ont quitté les lieux par la porte arrière, les traces de pas montent dans la forêt en direction de Poudlard. Il y a des blessés avec eux, les traces de sang dans la neige… Il faut envoyer des hommes ratisser la zone avant qu'ils n'atteignent les profondeurs de la Forêt Interdite.

Harris se releva et ordonna :

-Tu prends l'équipe et tu mènes la recherche. Les Mangemorts ont pu piéger les bois ou mettre en place des embuscades. Il faut les retrouver.

-Et toi Gregg ?

-Je vais rejoindre le point de convergence et voir ce qui s'y passe. Allez ! Ordonna-t-il à Powell qui quitta l'auberge pour y revenir quelques minutes plus tard.

-Les Langues-de-Plomb sont dehors. Leurs ordres sont de récupérer les élèves.

Harris tiqua. Le département de la Justice Magique laissait donc les Aurors, soit une trentaine de sorciers, gérer seuls les Mangemorts. Intéressant et inquiétant.

-Laisse-les prendre la tête de l'opération dans la Forêt, ils sauront protégez les élèves de ce qu'elle cache, mieux que nous les Aurors, ordonna Harris, dos à lui en regardant la curieuse guirlande de glace qui serpentait sur le parquet de l'auberge, depuis la cheminée jusqu'à l'entrée béante. Soyez sur vos gardes, reprit-il en se tournant vers son collègue, la Forêt regorge de bestioles et l'odeur du sang va les attirer... Je ne fais pas confiance aux Langues, Powell, tu le sais n'est-ce pas ?

Son collègue hocha la tête.

-Bien. On se voit au débrief.

Powell quitta l'auberge et rassembla ses hommes en laissant les Langues-de-Plomb ouvrir la voie.

Harris regarda la trentaine d'hommes quitter les abords de l'auberge pour s'enfoncer jusqu'aux genoux dans la neige molle qui recouvrait le champ derrière les Trois-Balais, avant de quitter l'auberge des morts en lançant un sort sur sa boussole magique de manière à ce qu'elle le mène là où l'on avait le plus besoin de lui. L'aiguille rouge tourbillonna de longues secondes dans son cadran avant de se figer brusquement, indiquant avec certitude le nord.

Gregg sedésillusiona et se mit en route. Il délaissa immédiatement la route principale déserte pour les petites ruelles adjacentes, plus sinueuses et sombres, qu'il arpenta à pas vifs, couvert par un assurdiatio, les sens aux aguets. Quand il reconnut les arrières de chez Zonko, il ralentit le pas. Il était à proximité du point de convergence et ses équipes étaient dissimulées un peu partout. Bien sûr, comme lui ses hommes étaient camouflés par des sorts et surtout ils attendaient ses ordres. Il ne les voyait pas mais il sentait cette tension dans l'air du à la concentration de magie qui émanait d'eux, mais aussi des Mangemorts qui malgré leur invisibilité étaient tout proches.

Sa boussole vira plein ouest et il s'engagea dans une ruelle sombre sur sa gauche. Il la remonta à pas lents, s'approchant sans bruit de son extrémité qui débouchait sur la rue principale. Une charrette en partie calcinée et abandonnée au coin de la ruelle lui offrait l'abri idéal. Il se félicita d'avoir un jour, par chance, achetée dans une quincaillerie cette boussole et se cacha à l'arrière de la charrette.

Il émit un sifflement court et perçant, le renouvela au bout d'une dizaine de seconde et se tut. Maintenant ses hommes savaient qu'il était sur place et qu'il fallait attendre. Harris pesta contre les limites de la magie de la boussole quand des gouttes glaciales s'écrasèrent désagréablement à l'arrière de sa nuque. Il releva les yeux et constata qu'une marquise l'abritait de la neige mais que les stalactites qu'elle supportait, elles, gouttaient bizarrement dans la froideur ambiante.

Etrange phénomène, eut-il le temps de penser avant d'entendre dans son dos des bruits de pas crissant dans la neige fraîche. Il se retourna lentement, ne faisant aucun bruit et resta figé.

Une jeune femme, encore élève puisqu'elle portait la cape et l'uniforme de l'école.

Gryffondor, si ce qu'il discernait était une écharpe rouge et or. Capuche couverte de neige rabattue sur la tête, elle ressemblait à une passante lambda, mais la manière dont la main gantée de cuir tenait fermement la baguette lui prouvait que cette fille, quelle qu'elle soit, n'était pas là pour faire des emplettes. Il remarqua rapidement que derrière elle, un nuage de condensation s'élevait au rythme de ses pas, qui… qui faisaient fondre la neige sur leur passage, laissant apparaître la terre noire et boueuse qui se cachait dessous.

Mais qu'est-ce que… ?

Un de ses hommes,sa plus jeune recrue, cachée plus bas dans la rue, quitta sa planque et son camouflage, en reconnaissant une élève, pour la mettre à l'abri alors que Gregg s'apprêtait à siffler à tous de ne pas bouger. Il n'en eut pas le temps, la jeune femme leva son bras en direction de l'Auror qui stoppa net sa marche et resta inerte, les bras ballants en la regardant passer à côté de lui.

Depuis sa cachette, Gregg lança trois sifflements, un court, deux longs, signifiant pour ses troupes : « N'intervenez pas. Laissez passer. »

Ami ou ennemi ?

Tant qu'il n'en aurait pas le cœur net, Gregg préférait ne pas intervenir. Et maintenant qu'il voyait les boucles brunes et broussailleuses sortir de la capuche et qu'il reconnaissait Hermione Granger pour avoir récemment épinglé son portrait aux côtés de celui de son mari, Mangemort soupçonné, Harris pensa que peut-être la résistance était là autour d'eux, comme le lui avait dit Potter. Quand elle passa à proximité de sa charrette, elle se figea quelques secondes, les yeux dangereusement hantés et annonça, à mi-voix :

-Auror Harris, tenez vos hommes en retrait.

Comment l'avait-elle repéré alors qu'il était l'un des meilleurs en dissimulation ? Il l'ignorait et essayerait de répondre à cette question plus tard. A cet instant, seuls son expérience du terrain et son sang-froid légendaire l'empêchèrent de lui passer les menottes aux poignets, sur le champ. Cette écervelée de Gryffondor se trouvait au beau milieu de ce qui allait devenir un véritable champ de bataille quand l'étincelle mettrait le feu aux poudres. Gregg bouillait de l'attraper par le bras et de la secouer…

« Mais vous n'en ferez rien Auror Harris. Vous allez me laisser remonter cette rue sans intervenir. Est-ce que c'est compris ?

Qu'est-ce que vous foutez là ! Hurla-t-il dans son esprit perturbé par l'invasion.»

Une brusque poussée de chaleur irradia dans l'atmosphère et une stalactite se décrocha en craquant de la marquise pour se planter sèchement à quelques centimètres de ses orteils.

« Je chasse le Mangemort, répliqua-t-elle froidement.»

Harris s'avança d'un pas vers elle alors qu'elle pivotait déjà et dessinait un arc de cercle avec sa baguette. Sans pouvoir contrer ce qui arrivait, Gregg sentit la chaleur de la magie le traverser et surtout l'immobiliser. Il essaya avec toute la force psychique qu'il avait de briser l'entrave qui le retenait prisonnier, lui et sans aucun doute ses hommes.

« Si le sortilège se brise, c'est que la vie est sur le point de me quitter. C'est à ce moment-là qu'il vous faudra intervenir Auror Harris. »

Il reçut le message les yeux rivés aux pieds de la gamine qui faisaient fondre la neige autour d'elle, créant un cercle parfait… Un cercle qu'il avait déjà vu avant et qui lui rappela l'attentat de Londres et le Mangemort qui avait maîtrisé les flammes… Et Potter avait dit avoir des pouvoirs plus grands encore… Mais elle Granger ?! Personne ne l'avait jamais mentionnée.

Il la regarda partir, impuissant, toujours en partie caché derrière sa charrette, condamné à la regarder finir en charpie sous les baguettes mangemoresques. Elle s'immobilisa au milieu de la rue et il l'entendit distinctement se lancer un amplificatum qui porta sa voix, haut dans les airs.

-Mangemorts ! Vous êtes venus pour en découdre et montrer votre force… Moi aussi ! Mais puisque je sais que vous perdrez, il est de mon devoir de vous prévenir. Baissez-vos baguettes et rendez-vous.

Il y eut quelques secondes de flottement où le silence reprit ses droits avant qu'un sortilège ne parte d'un porche. Elle le dévia avec facilité d'un mouvement de baguette et les fenêtres supérieures de chez Gaichiffon explosèrent. Gregg aurait pu en sourire, tant il reconnaissait l'âme Gryffondor dans cette gamine. Malgré ce qu'il en pensait, elle foutait un sacré bordel. Ceux d'en face semblaient aussi déstabilisés par sa présence que les Aurors. Les cagoulés attendaient l'armada du Ministère et ne se présentait devant eux qu'une élève. Ils devaient penser qu'elle était l'appât, en tout cas lui, à leur place, c'est ce qu'il en aurait déduit.

-C'est tout ce que vous avez dans vos baguettes Messieurs ? Demanda-t-elle en enlevant la capuche neigeuse qui libéra une masse de cheveux particulièrement reconnaissable, surtout pour ceux d'en face.

Leur réaction ne se fit pas attendre et Gregg, certain d'assister à la mort de la jeune femme, pria Merlin et Godric réunis de venir en aide à la Gryffondor.

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Placée comme elle l'était, à proximité du carrefour, avec les Aurors figés dans son dos, Hermione faisait face à la force de frappe ennemie. Maintenant qu'ils savaient qui elle était, elle vit arriver sur elle la pluie de sortilège attendue, avec satisfaction. Elle raffermit sa prise sur sa baguette et laissa le pouvoir dans ses veines produire son bouclier. L'atmosphère saturée d'humidité était son meilleur allié en pareille situation et la connexion psychique totale et exacerbée qu'elle avait avec les garçons, coincés au château, lui donnait une force phénoménale.

Le déclic s'était opéré en elle quand Luna avait encaissé un sortilège cuisant. Les élèves étaient en train de fuir, sous la protection de Betty et de Rosemerta, des clients courageux s'étaient interposés mais avaient payé leur action de leur vie… L'adrénaline du combat pompait dans ses veines cherchant à aspirer la puissance. Harry et Drago étaient venus à elle quelques minutes après l'explosion de la porte, connectant leurs forces et leurs esprits dans un seul corps, lui permettant de produire un souffle de froid glacial qui avait cristallisé les Mangemorts sur place avant que trois avadas ne sortent de sa baguette sans même qu'elle n'y pense, sous l'impulsion de Drago qui avait été le plus long à trouver sa place en elle mais qui, maintenant qu'il y était, déployait sa chaleur brûlante.

-Tu as perdu une partie de ton oreille Luna… Un sort cuisant vu la brûlure autour de la zone d'impact… Evanesco doloris ! Finite Haemorrhagia !

-Merci, lui souffla Luna en pressant ce qu'il restait de son oreille pour essuyer le plus gros du sang. Qu'arrive-t-il à tes yeux Hermione ? Ta voix a changé...

La Gryffondor lui serra brièvement la main.

-Tout va bien Luna, les garçons sont avec moi, dit-elle comme une évidence, qui suffit à la Serdaigle. Il faut protéger les élèves. Mène-les dans la Forêt, trouve une cachette et attends la nuit ou les secours pour sortir. Entendu ?

Luna avait hoché la tête et lui avait dit : « Sois prudente » avant de quitter l'abri de la table renversée pour s'élancer à l'arrière de l'auberge.

Eux, ils avaient quittés l'auberge pour remonter la rue principale, désertée par les passants, notant clairement deux types d'empreintes dans la neige. Celles, espacées qui fuyaient le Pré en courant et celles, rapprochées et enfoncées, des pas pressés remontant la rue. Ils avaient vu à travers les yeux d'Hermione ceux qui n'avaient pas eu le temps de se mettre à l'abri, les corps sans vie des habitants, promeneurs, clients et élèves, disséminés dans la rue et dans les boutiques dévastées, pour certaines en flammes. Sur leur route ils trouvèrent une dizaine de victimes, deux agonisants condamnés qu'ils prirent le temps d'accompagner vers l'au-delà... Et toujours aucun Mangemort en vue, alors que la soif de vengeance leur brûlait les veines, à tel point que même l'éthique d'Hermione restait silencieuse, étouffée par la colère de Drago et la rage d'Harry, désireux d'en découdre et de faire payer les assassins...

Alors que les sorts arrivèrent sur eux, ils produisirent leur bouclier violet crépitant qui absorba les sortilèges en tressaillant à chaque impact. La magie qu'il recevait et qu'il emmagasinait le rendait plus fort mais aussi plus instable alors quand, par manque de force physique, le corps frêle de la jeune femme ne retint plus la puissance du bouclier, ils l'éjectèrent en direction de l'ennemi sous la forme d'une onde destructrice qui fit exploser toutes les fenêtres de la rue. La neige fondit instantanément sur son passage, laissant une gadoue, boueuse et glissante, apparaître tandis que les Mangemorts indemnes reprenaient leur assaut.

Elle para facilement les premiers sortilèges et s'avança dans la rue sans cesser de repousser les attaques. Il était nécessaire qu'elle bouge pour provoquer un mouvement chez l'ennemi. Sur sa gauche une silhouette noire se retrancha derrière un tonneau qu'elle fit exploser d'un mouvement de main, envoyant le corps contre un mur au pied duquel il resta inerte tandis qu'avec sa baguette elle produisait un mur de glace qui explosa en encaissant un avada.

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Harris, comme les autres Aurors, regarda le combat sans pouvoir y participer. La gamine maîtrisait l'art du duel comme personne, enchaînant parade et contre sort, sans jamais faiblir alors qu'elle faisait face à une bonne dizaine d'habiles baguettes. Même les meilleurs de ses hommes n'auraient pas étaient aussi efficaces et l'Auror se posait bien des questions.

Quelle était la magie de cette boule, violette et crépitante, qui la protégeait, qui absorbait les sorts qu'elle recevait en tremblant sous les impacts mais sans jamais céder ? Et l'onde de choc qui avait suivi ? Comment expliquer cela ?

Alors même que les Mangemorts se réorganisaient et continuaient leur charge contre la Gryffondor échevelée par le combat, Gregg sentait progressivement le froid de la terre sous ses pieds lui geler les orteils, preuve que le sort d'entrave de la gamine perdait de sa puissance. Son regard, en partie obstrué, par la charrette qui le protégeait, remarqua la poignée de Mangemort qui s'avançait sous le couvert des porches et que la gamine n'avait pas vus... La bulle violette perdait de son éclat et bientôt les sorts adverses en viendraient à bout, Harris le sentait et ses doigts purent se resserrer autour de sa baguette qui chauffait dans sa main, se tenant prêt à intervenir.

Une pluie d'evanesco, reconnaissables à leur chuintement au lancement, frappa la bulle dans le dos de la gamine, causant la disparition du bouclier. A découvert au milieu de la rue, l'Auror vit la Gryffondor produire un nouveau mur de glace qui la protégea le temps d'en conjurer un second dans son dos. Ils explosèrent tous les deux, sous le feu croisé qu'ils encaissaient, projetant leurs éclats de glace acérés partout aux alentours, laissant la fille à bout de souffle.

Un sort de découpe la toucha à l'épaule, envoyant sa baguette au loin. Désarmée, elle ne fut pas capable de parer le sort cuisant qui la toucha à l'abdomen, la faisant tomber à genoux dans la boue alors qu'Harris jetait toutes ses forces pour faire céder la magie qui le retenait. Il la sentait céder sous la pression de sa force physique, elle se craquelait, il sentait ses cuisses encore retenues par la colle magique qui s'étirait mais qui ne le lâchait pas.

Il la voyait de dos, agenouillée, le souffle court, les cheveux mouillés et dégoulinant sur sa cape maculée de boue, ses poings étaient enfoncés dans la flaque vaseuse qui l'entourait. Elle resta inerte quand un sifflement, synonyme de mort, résonna dans le silence de Pré-Au-Lard. Gregg pria pour elle. Il la pensait condamnée et pourtant il était loin d'avoir raison, parce que brusquement son esprit fut douloureusement envahi par la voix saccadée et souffrante de la gamine qui haleta :

« Tenez-vous… prêts, Harris ! »

Au même instant, une dizaine d'éclairs verts fendirent les airs alors qu'elle levait les bras au ciel.

Au-dessus de leurs têtes, une véritable tempête se formait, les vents tournoyants charriaient des nuages noirs et opaques, zébrés d'éclairs et chargés d'électricité. L'humidité dans l'atmosphère devint étouffante, les vents chauds firent fondre la glace mais alors que les sorts de mort allaient l'atteindre, la foudre s'abattit sur elle. Ses paumes la dévièrent, formant autour d'elle un bouclier d'électricité pure qui fit fondre la terre aux alentours. D'abord la fumée entoura la gamine, la faisant disparaître dans son opacité avant qu'elle ne la quitte, se faisant instantanément galopante, menée par les rafales de vent en direction des positions ennemies. A leur hauteur, la fumée se fit flammes, rugissantes et mortelles, qui s'ouvrirent sur une gueule monstrueuse et béante qui avala tout, indépendamment de sa nature, maisons, boutiques et hommes qui se trouvaient là.

Gregg se retrouva libre.

La gamine tomba face contre terre dans la boue et resta inerte tandis que la moitié du village était la proie des flammes.

Dans son dos, ses hommes arrivaient en courant alors qu'il s'approchait de la fille.

-Organisez la lutte contre l'incendie et finissez la fouille de la ville, ordonna-t-il sans se retourner.

-On peut dire adieu à nos espoirs d'informations, souligna Jones en désignant d'un geste les flammes rugissantes. Y'aura pas un seul survivant dans ce brasier.

Gregg fit rouler la Gryffondor sur le dos, dégagea son visage des mèches humides qui lui collaient à la peau et tâtonna dans son cou à la recherche d'un pouls avant de marmonner :

-Ils sont là nos espoirs d'informations.

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A suivre…

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Voilà les filles, j'espère que vous avez aimé !

On se retrouve au plus tard le 27 Avril, pour un chapitre intitulé "Serrer les rangs".

A bientôt !

VC.

Rar's :

Swangranger : Je suis contente que tu ai aimé le précédent chapitre. J'espère que celui-ci a su en faire autant ! Merci à toi de tes encouragements !

Ecathe38 : Merci d'avoir cru en moi pour cette histoire de stupéfiant ! C'était un peu risqué mais je suis contente du réultat final que celà donne à la fiction. Patience ma chère, cette fiction est celle de nombreuses premières pour moi : la longueur, le traitement d'une dépendance, la compléxité de l'histoire mais aussi le drarry qui va arriver ( chapitre 26 ^^). Je suis impatiente d'avoir ton avis sur cet scène-là en particulier. Au plaisir de te lire au plus vite !

Charlies 3216 : Merci pour ton message, j'espère que ce chapitre t'as plu !

Animals : Merci de ton message, tu es une des seules à avoir remarqué la phrase tronquée de Lucius ^^ ! Tu me demandais s'il y aurait de l'action dans le chapitre... Je crois que tu as ta réponse ^^ ! J'espère que ça t'as plu !

FireSilver : Merci beaucoup de ton message, je suis contente que tu ai aimé l'univers de la fiction.

Lily-Sisi : Merci beaucoup de tes reviews qui me font rire et sourire ! C'est toujours avec plaisir que je lis tes commentaires ! Alors j'espère que ce chapitre t'aura plu !