L'alarme stridente de mon réveil matin résonne dans la chambre mais pour une fois je ne lui en veux pas, même si je sens que j'aurais pu dormir encore longtemps. Je me détache du corps chaud de ma compagne pour éteindre l'appareil et finalement m'extirper du lit.

- Tu es obligée de te lever aussi tôt, marmonne faiblement ma brune.

- Oui et non, Tsunade m'a demandé de passer plus tôt à l'école mais de toute façon je me serai levée à cette heure juste pour ne pas être en retard.

Toujours sur mon élan, je me débarrasse de ma chemise de pyjama pour la jeter dans un coin de la pièce et je me dirige vers la douche tout en ignorant le sifflement appréciateur de Tenten.

- C'est moi où ils ont grossit ? me demande sa voix endormie.

J'ignore simplement le commentaire comme à chaque fois qu'elle me taquine sur l'un de mes (nombreux) complexe et j'entre dans la salle de bain pour finir de me déshabiller. Ça m'a pris plus de temps que je ne l'aurais cru mais notre relation est presque redevenue ce qu'elle était avant l'incident. J'ai beaucoup dû travailler sur moi-même mais finalement, mis à part quelques petits détails (comme mes pyjamas) qui ne semblent pas trop déranger mon amoureuse, je suis assez satisfaite de là où j'en suis. Je sais que papa n'y crois pas vraiment mais j'ai bon espoir de pouvoir tout oublier de cette histoire, en fait même s'il m'arrive toujours d'y repenser ma vie est pratiquement revenue à la normale… (Bon d'accord j'ai du mal à dormir nue mais ce n'est pas vraiment différent de l'époque où nous avons commencé à sortir ensemble.) Au moins ma plus grande crainte ne s'est pas réalisée, je suis toujours capable de faire l'amour avec elle donc tout est pour le mieux. Même si les première fois, pour une raison inconnue, j'en ai peut-être un peu trop fait… Enfin bon, Tenten a plus semblé s'en amuser qu'autre chose.

Et puis ça suffi, fini de penser à ça pour aujourd'hui. Aujourd'hui je vais enfin savoir si je vais avoir la chance de revoir ce petit que j'ai repéré pendant mes stages. Ça fait un peu petite fille mais dès que je repense à cette journée, je ne peux empêcher l'excitation de me gagner.


Je parcoure une nouvelle fois la copie des yeux tandis qu'un sourire stupide vient sans doute orner mon visage. Même si j'étais vraiment heureuse que Tsunade ai tenu sa promesse et m'ai accepté comme stagiaire dans l'école où j'ai étudié, je dois avouer qu'après deux semaines à corriger des examens d'entrée, le travail commence à être monotone… Enfin c'est ce que je me disais avant de tomber sur cette copie. Au premier regard à ces réponses, on aurait facilement pu croire que ce pauvre enfant était foncièrement stupide ou encore qu'il souffrait d'une maladie mentale débilitante mais quelque chose a attiré mon attention. Finalement, à force d'observation, je finis par trouver ce qui me titillait dans cette copie et sans plus attendre j'abandonne mon poste de travail pour accourir vers le bureau de Tsunade copie en main.

J'ai du mal à en croire ma chance, j'aurais aussi bien pu passer toute ma carrière à attendre un gamin de ce genre ! En moins de temps qu'il ne faut pour le dire, j'arrive à destination et sans même prendre la peine de frapper à la porte j'entre.

- Je le veux ! M'exclamé-je sans préambule tout en lui montrant la feuille à bout de bras.

Alors que je me tiens face à elle, tenant la pose comme une idiote, ma grand-tante tente de reprendre contenance face à mon entrée, qui l'a fait sursautée, alors qu'elle allait porté un verre d'eau à ses lèvres (enfin j'espère que c'est de l'eau).

- Dire que je t'avais donné ce travail pour éviter qu'Orochimaru ne me fasse le même coup, marmonne-t-elle pour seule réponse en se massant les tempes.

Ignorant totalement la complainte de ma patronne je lui tends le feuillet de réponse toute sourire et elle se résigne à le prendre.

- C'est une blague, me demande-t-elle après avoir survolé les résultats.

C'est bien ce que je pensais, elle n'a rien remarqué.

- Quelle note a-t-il eu ? Finit-t-elle par demander en posant le feuille sans plus l'observer.

- Au premier coup d'œil… Je dirais zéro.

Je laisse la phrase en suspend quelques secondes sans pour autant pouvoir me départir du grand sourire toujours plaqué sur mon visage.

- Je ne vois vraiment pas ce qu'il y a de si réjouissant, je ne comprends même pas comment ce pauvre gosse va pouvoir terminer son primaire !

Ne tenant plus je passe derrière son bureau pour lui montrer dans le détail ce que j'ai découvert.

- C'est justement cette note qui m'a mis la puce à l'oreille. Je ne corrige que les parties de français et de mathématique alors je ne sais pas de quoi le reste à l'air mais regarde.

Rapidement je tourne les pages pour lui montrer le texte du test de français écrit.

- Je suis sensé voir quoi, me demande-t-elle. Enfin mis à part un nombre ridiculement élevé de fautes d'orthographe.

- Ne lis que le premier mot de chaque ligne.

- Je me demande bien si vous allez vous rendre compte que j'ai décalé toutes mes réponse de mathématique de deux questions, cita la directrice incrédule… C'est une blague, non ?

Satisfaite d'avoir attiré son attention je me remets à tourner les pages pour en venir aux mathématiques.

- Non, il est tout à fait sérieux ! Quand j'ai remis les réponses dans le bon ordre je me suis rendue compte qu'il n'avait fait aucune erreur et en plus sa page de calcul est resté vierge… La calculatrice est interdite lors de ce test, il a tout fait mentalement et ce sans aucune faute. Même la phrase en anagramme n'en contiens aucune, ce petit est génial, finis-je par m'exclamé en ayant sans doute des étoiles dans les yeux.

Beaucoup moins enthousiaste ma supérieur continu de détaillé le feuillet d'un œil critique.

- Je dirais plus qu'il se moque totalement de nous et qu'il n'est pas du tout intéresser par l'idée de rejoindre cet établissement, souligne-t-elle en pointant la note écrite ne rouge dans le coin de la page.

- Voyons grand-mère, tu ne vas tout de même pas refuser d'admettre un enfant aussi brillant seulement à cause de cette petite farce, m'indigné-je exagérément. En plus, à son âge, j'aurais fait bien pire et ça ne m'a pas empêché d'être une bonne élève.

- C'est bien ce qui me fait peur, soupira la blonde ignorant volontairement que je l'ai appelé grand-mère. De tout façon Karin je ne peux pas admettre un élève ayant échoué à l'examen d'entrée… Tu le sais bien ! Ajoute-t-elle en me voyant commencer à faire mes yeux de chat potté.

- Alors laisse-moi lui faire passer un examen de rattrapage, je suis sûre de pouvoir le convaincre de venir étudier ici... Je veux absolument l'avoir comme élève, ajouté-je tout bas pour moi-même.

- Je savais que laisser Orochimaru enseigner à tous les niveaux scolaire finirait pas avoir une mauvaise influence sur ces pauvre jeunes, soupira Tsunade pour elle-même. De toute façon tu devrais calmer ta joie jeune fille, rien ne dit que même si tu es engagée ici tu auras cette classe sous ta charge.

Je m'interromps quelques instant pour regarder l'air sérieux qu'affiche Tsunade, elle me prend encore pour une petite fille en essayant de me faire peur de cette façon.

- Grand-mère, Kurenaï doit bientôt accoucher de son deuxième enfant, Asuma vas sans doute prendre un long congé d'au grand minimum six semaine pour s'occuper d'elle et Kakashi sera bien trop occupé avec ces nouvelles fonctions de directeur adjoint pour pouvoir couvrir plus que la moitié de ses cours… Peu importe comment tu vois les choses, dès la prochaine rentrée vous allez avoir besoin, d'au moins, un nouvel enseignant et c'est moi qui ait le meilleur dossier d'embauche. Je vois mal comment le conseil d'administration pourrait refuser d'employer la diplômée ayant eu les meilleures cotes du pays sans parler de mes stages qui prouvent que je travaille bien dans cet environnement.

Je ne peux m'empêcher de prendre le temps d'admirer le regard que me jette Tsunade, celui qui veut dire « Vas-y, vante-toi petite maligne. » avant de lui répondre par un petit sourire tout ce qu'il y a de plus innocent.

- Alors, je lui fais passer un nouveau test ?

Mon ainé pousse un profond soupire de résignation avant de reprendre.

- Tu sais, s'il a bâclé son test de cette façon c'est peut-être qu'il n'est pas intéressé à venir étudier ici.

- Chère directrice, croyez-moi je vais le motiver à venir ici, foie d'Uzumaki.


Kimimaro Kaguya, je ne peux m'empêcher de fixer ce petit garçon qui me rappelle un peu l'un de mes plus vieux amis. Sur l'examen d'entré je ne pouvais voir qu'un numéro de participant de chaque étudiants, soucis d'impartialité, alors je ne savais même pas si je me trouverais face à un garçon ou une fille, je suis maintenant fixée. Comme je le pensais ce petit est spécial, il a le teint pâle des enfants qui ne voie presque jamais le soleil, des cheveux d'un blond si pâle qu'ils en paraissent blancs et des yeux d'un vert envoutant… Mais quand je dis qu'il est spécial je ne parle pas du tout de son apparence éthérée mais plutôt de son regard.

Alors qu'il est assis face à moi et qu'il me regarde, assis derrière sa feuille de test retourné, je peux deviner à quel point il est déjà blasé de la vie. Ces parents l'ont sans aucun doute forcé à venir ici et il se demande surement ce qu'il peut bien faire là, assis face à une jeune stagiaire sans doute encore plus stupide que les autre professeurs auxquelles il a déjà dû avoir affaire. Il est sans aucun doute persuadé de perdre son temps ici, que le teste face à lui seras sans doute tellement facile qu'il aura du mal à ne pas s'endormir avant la fin de l'heure… Mon petit, tu vas bientôt voir que tu évalue très mal ta situation.

- C'est l'heure, à partir de maintenant tu as une heure pour complété ce test, annoncé-je au garçon qui me lança l'un des regards les plus démotivé que je n'ai jamais vue (enfin, depuis la dernière fois que j'ai vue Shikamaru).

Je le regarde retourner sa copie et je m'installe confortablement contre le dossier de ma chaise pour observer sa réaction. Je dois avouer que le voir retourner une page après l'autre l'air de plus en plus irrité à quelque chose de franchement amusant (enfin beaucoup plus que quand j'étais à sa place).Finalement il repousse sa copie d'un geste rageur avant de me dévisager méchamment, un petit tic nerveux agitant sa paupière droite.

- Madame, je crois qu'il y a un problème avec mon questionnaire.

- C'est mademoiselle je te pris, qu'y a-t-il avec ton questionnaire mon petit, dis-je en accentuant légèrement le « mon petit » par pure mesquinerie.

Ne mordant pas à ma pique le garçon se contente de me fusiller du regard avant de me répondre.

- Je ne crois pas que ce soit un test qui soit à mon niveau scolaire, vous avez dû vous trompé en me le donnant, me répond-t-il sur un ton qui laisse croire qu'il doute de mes facultés intellectuels.

Lentement je me lève pour venir lire au-dessus de son épaule pour faire semblant de lire les questions avant de retourné à ma place comme si de rien n'était.

- Non, il n'y a pas d'erreur, je me suis dit que comme tu as pris le temps de décaler toutes les réponses de ton précédent test, il était peut-être un peu trop facile pour toi… Et oui, pour répondre à la question que tu as posé lors du test de français, je m'en suis rendu compte.

J'ai peine à me retenir pour ne pas éclater de rire en ce moment car c'est vraiment hilarant de le voir se rendre compte que j'ai découvert son petit manège, le pauvre n'est sans doute jamais tombé sur un enseignant reconnaissant son talent et plus malin que lui… Il est grand temps que ça change.

- Je crois sincèrement que te donner un test avec un niveau de difficulté inférieur serait une insulte à ton intelligence.

Cette fois c'est sûre j'ai fait mouche parce que le petit se contente maintenant de me fixer bouche-bée semblant ne pas en croire ces oreilles.

- Sur ce il ne te reste que cinquante minutes et ensuite c'est ta reprise en français alors je vais te laisser te concentrer, lui dis-je en me levant pour le laisser (de toute façon je suis certaine qu'il ne trichera pas).

Je suis presque arrivée à la porte quand je décide de m'interrompre pour lâcher ma dernière bombe.

- Soit-dit en passant, j'espère que tu aimes la littérature américaine, tu vas devoir écrire un essai sur un extrait de Mobidick alors bonne chance.

Toute heureuse de le voir totalement abasourdi je tourne la poignée de la porte, ce qui semble lui donner le signal du départ car il plonge presque littéralement sur sa feuille de réponse pour commencer, et sans prendre la peine de masquer mon sourire je quitte la salle. La porte se referme et aussitôt une odeur de tabac familière me chatouille le nez et j'en trouve rapidement la provenance.

- Asuma, vous devriez vraiment songer à arrêter la cigarette, vous savez bien que ce n'est pas bon pour le bébé… En plus vous êtes dans l'école.

- Il n'y aura pas de problème tant que Tsunade ne me voit pas, me dit mon ancien professeur avec un clin d'œil. De toute façon c'était ma dernière j'ai promis à Kurenaï d'arrêter.

- Et comment va-t-elle ?

- En pleine forme et plus rayonnante que jamais, même si elle commence à avoir hâte d'accoucher.

Lentement il se détache du casier ou il était adosser pour fumer et viens à mes côté pour regarder Kimimaro travailler par la fenêtre de la porte.

- Alors c'est lui ?

- Oui, merci encore d'avoir bien voulu m'aider, j'aurais sans doute eu du mal à lui préparer un test adapté.

- Il n'y a pas de quoi, en fait ça n'a pas vraiment été difficile, je lui ai donné le même que celui que j'avais fait pour toi lors de ton admission ici.

Je ne peux m'empêcher de laisser s'échapper un petit rire à cette annonce, dire que je ne m'en étais même pas rendu compte. Même si ça fait dix ans je me souviens encore de ma surprise en découvrant le niveau de difficulté de ces équations, si je me rappelle bien c'est tout juste si j'ai eu quatre-vingt sur cent lors de ce test… Je me demande s'il sera meilleur que moi ?

- Merci quand même d'avoir pris le temps de le chercher, c'était important pour moi.

- Je sais, je me souviens toujours te ton discourt lors de ton bal des finissants, donc tu crois qu'il est aussi bon que tu l'étais ?

- Je ne sais pas et en fait je crois que je m'en fous un peu. Tout ce que je sais c'est qu'il est meilleur que la moyenne, que personne ne s'en est jamais rendu compte et qu'il est totalement dégoutté de l'école… Pour moi ce sont des raisons bien suffisantes pour vouloir l'aider et lui donner un enseignement de qualité.

Sa cigarette toujours entre les lèvres il passe sa main dans mes cheveux, comme si j'étais toujours sa jeune élève venant de réussir une équation particulièrement difficile, avant de partir sans me laisser le temps de me défendre (je déteste ma taille de gamine).

- Je crois que tu feras une bonne enseignante ma petite, dit-il gentiment avant de tourner le coin du corridor.


Finalement le petit a obtenu une note de soixante-huit, bien moins que moi au même âge mais bien suffisante pour prouver à Tsunade que j'avais raison. Malheureusement cette vieille peau (faite qu'elle n'apprenne jamais que j'ai pensé à elle en ces termes) est mauvaise perdante et à refuser de me dire s'il allait oui ou non intégrer l'école… Même si le petit en a certainement le niveau et qu'il à passer l'examen il se peut qu'il ne puisse pas venir ici pour une multitude de raison. Après tout avec l'attitude qu'il a eue lors de son premier test il se peut tout aussi bien qu'il ne veuille tout simplement pas venir ici. Ou encore que ses parents aient décidés que les frais d'inscription sont trop cher, en fait plus j'y pense et je me sens de moins en moins rassurée… Je déteste ça mais bon j'ai décidé de travailler dans une école privée alors il va bien falloir que j'apprenne à faire avec ce genre de réalité (même si ça me répugne). Enfin bon je vais enfin être fixée, tout ce qui me reste à faire c'est de prendre ma voiture, aller à l'école et attendre le début des classes en priant.

Le trajet me semble bien plus long qu'a l'accoutumé alors que je chante à tue-tête une chanson populaire qui passe à la radio (heureusement que personne ne peut m'entendre massacrer cette pauvre chanson qui n'a fait de mal à personne) et finalement j'arrive dans le stationnement de l'établissement… C'est étrange, je sais parfaitement que j'arrive bien plus tôt que je ne le devrais mais tous les emplacements sont déjà occupés, je suis peut-être trop méfiante mais j'ai un mauvais pré-sentiment… Mais non, je dois me faire des idées. Après tout je ne suis plus une adolescente mais une adulte et ils sont mes collègues désormais, il ne leur viendrait jamais à l'idée de me faire un mauvais coup en guise de bienvenu.

Je le savais, je le savais depuis l'âge de cinq ans quand mon père m'a dit « Ouvre la bouche ma puce ! Papa va seulement regardé, il te promet de ne pas toucher à ta dent branlante. ». Il ne faut jamais faire confiance aux adultes. Sans me méfier, je suis entrée dans la salle des professeurs pour me retrouver face à tout le personnel qui me fixait avec un air inquiétant sur le visage. Bien sûr j'aurais pu fuir mais… En fait non je ne pouvais pas, j'étais piégée à partir du moment où j'ai signé le contrat d'embauche.

Si j'avais su que Gai (qui ne fait rien pour améliorer les sentiments que j'ai envers lui depuis dix ans) déciderait d'instaurer une tradition d'initiation spécialement pour mon arrivée j'aurais peut-être songé à postuler ailleurs. Dans tous les cas, arrivée là, il est bien trop tard pour regretter surtout que je dois bien avouer que cette idée est tout aussi bonne que celle inventée par mon frère quand sa principale occupation scolaire était de jouer des tours aux professeurs. Quand Tsunade m'a dit qu'elle laissait une heure aux jeune pour socialiser avant la cérémonie de début d'année et la répartition des classes je n'aurais jamais cru qu'elle oserait me donner ce genre de rôle mais elle l'a fait. Selon elle je n'ai pas le physique de l'emploie pour faire de la surveillance et assurer le maintien de la discipline dans les corridors alors que je n'ai pas encore pu faire mes preuves comme professeure (du moins auprès des élèves) alors elle m'a envoyé en mission d'infiltration. Me voici donc à déambuler dans les couloirs de mon école vêtue de ce stupide uniforme que je m'étais jurée de ne jamais remettre (il ne faut jamais dire jamais semblerait-il).

Je ne sais pas ce qui m'insulte le plus, que Tsunade ai cru que je pourrais passer inaperçue au travers des élèves à cause de ma petite taille… Ou qu'elle ait, visiblement eu raison ! Non en fait il y a autre chose que me met bien plus en colère, l'uniforme que je porte, je suis sure que c'est l'un des miens alors que j'étais pourtant certaine de les avoir tous brulés (il va falloir que j'ai une petite discussion avec ma mère). Pour couronner le tous ces fichus vêtements, dans lesquelles je flottais il y a cinq ans, me serre maintenant affreusement au niveau de la taille me rappelant les nombreuse fois où j'ai refusé d'aller faire de l'exercice avec Tenten (la prochaine fois je ferais bien mieux d'accepter si je ne veux pas finir par ressembler à une baleine). À bien y penser mon irritation vient plutôt de l'entièreté de cette situation qui, summum du ridicule, a été justifiée avec le plus grand des sérieux par Tsunade quand j'ai voulu me rebiffer.

« Karin, je voudrais tâter le terrain pour savoir ce que les jeunes se disent entre eux sur l'école et la rentrée est le meilleur moment pour introduire un nouveau visage qui se mêlerait bien aux élèves. »

Comme si Tsunade se souciait une seule seconde de ce que pense les élèves de son école… Comme si c'était mon visage qui se mêlait bien aux leurs, je ne suis pas suffisamment stupide pour ne pas me rendre compte qu'elle se moque éhontément de mon petit mètre cinquante et demi de taille (oui, quand on mesure un mètre cinquante ce petit cinq millimètre vaux pleinement la peine d'être mentionné !). Si au moins quelqu'un m'avait reconnu, mais non, dire que j'ai été stagiaire ici une bonne partie de la dernière année. Je veux bien croire que j'ai principalement travaillé avec les finissants et sur les demandes d'admissions mais mis à part les nouveaux ils m'ont presque tous déjà vue ici quand même ! Au moins cette petite farce aura eu le mérite d'être utile, en me mêlant aux jeunes j'ai pu apprendre quelques petites choses intéressantes, exemple : Orochimaru est toujours détesté par la majorité des étudiants ; Kakashi, malgré son nouveau titre de directeur adjoint, est toujours connu comme le légendaire retardataire ; il y a une rumeur disant qu'un voyeur s'amuse à escalader le toit de l'école pour regarder la piscine municipale avec un télescope (je ne crois pas aux fantômes mais je ne vois personne d'autre que Jiraya pour faire un truc pareil) ; beaucoup de filles parlent du bébé de Kurenaï et Asuna et… Il parait qu'il y aura une nouvelle enseignante cette année (non, pas vrai !?).

En fait c'est plutôt drôle d'entendre ces jeunes se demander de quoi je vais avoir l'air, si je vais être un homme ou une femme, belle ou laide, jeune ou vieille… Décidément ils ne connaissent encore rien à la vie, comme si un vieil enseignant allait faire du remplacement dans une école privée, les gens d'expérience comme Orochimaru, Tsunade ou même Kakashi ont leur permanence depuis longtemps. Les filles espèrent un jeune prof beau et sexy et les garçons une grande blonde plantureuse… Je me sens presque mal de me présenter maintenant, les pauvres vont être déçu, mais peut-être moins que moi de me rendre compte que personne ne semble se souvenir de la belle et gentille stagiaire qui était ici l'année passée (je sais je ramène souvent ça sur le tapis mais bon je ne crois tout de même pas être aussi transparente que ça non !?). En plus il va falloir que je me méfie de la classe de seconde année qui compte dans ses rangs un petit malin voulant « miner » ma chaise dès cet après-midi.

Alors que je continue de me promener dans cette foules d'étudiants qui s'apprête à se diriger vers le gymnase, pour le discourt de bienvenue de Tsunade ainsi que la répartition des classes, je croise enfin un visage familier qui semble me reconnaitre (il faut dire que cette fois j'aurais vraiment été vexée si ça n'avait pas été le cas) et vient vers moi en compagnie de deux de ses amies.

- Karin !? Pourquoi es-tu ici ? Et en portant ça, ajoute-t-elle en désignant mon uniforme.

- Bonjour chère belle-sœur, bonne rentrée, lui répondis-je en évitant la question embarrassante.

- Tu n'es pas un peu vieille pour faire du cosplay déguiser en étudiante, insiste Hanabi à la surprise de l'une de ces amies.

- Trop vieille ? Demande une grande rousse plutôt jolie. Pourquoi tu lui dis ça Hanabi elle doit être plus jeune que nous non ?

En entendant ces paroles la seconde amie de la Hyuga, une blonde aux yeux verts faisant environ ma taille, ne peut s'empêcher de rire légèrement de la bévue de la rousse et ce n'est pas vraiment étonnant puisqu'elle me connaît très bien. Elle s'appelle Hotaru Tsuchigumo et l'année dernière je l'ai aidé à réviser pour ces examens de fin d'année après qu'Hanabi nous ai présenté.

- Bonjours mademoiselle Karin, me dit gentiment Hotaru. Merci encore pour ces révisions, grâce à vous mes examens se sont très bien passés.

- Mais pourquoi tu la vouvoie, tu dis qu'elle ta faite réviser… Cette petite est plus jeune que nous non !?

Sincèrement je prends cette dernière remarque comme un coup à la poitrine tandis qu'Hanabi esquisse un petit sourire moqueur. Mais elle se prend pour qui cette fille à juger les personne d'après leur taille, en plus je suis sure que… Attendez une minute, ne me dites pas que…

- Dis Hotaru, tu fais quelle taille au juste ?

- Un mètre cinquante-trois, j'ai eu une poussé de croissance cet été, me dit mon élève toute heureuse mais me donnant un nouveau coup dans la poitrine.

Le moral totalement à zéro je sens mes épaules tomber de découragement alors que la rousse s'approche de moi pour me tapoter gentiment le dos.

- Ne t'en fait pas petite, les filles grandissent jusqu'à leurs dix-huit ans en moyenne alors tu as encore de la marge.

Cette fois s'en est trop et Hanabi éclate franchement de rire avant d'expliquer la situation à son amie.

- Sasame, arrête de parler tu t'enfonces. Cette personne est ma belle-sœur, Karin Uzumaki, elle a vingt-deux ans et puisqu'elle est ici aujourd'hui je crois qu'elle sera l'une de nos enseignantes cette année.

Il y a un instant de flottement avant que la rousse ne réalise totalement à qui elle parle avant qu'elle ne retire sa main et se recule précipitamment le visage totalement rouge et ces yeux bruns exprimant une panique complète. La pauvre tente maintenant de sauver la situation en se confondant en excuse, enchainant rapidement les : mademoiselle, madame, maitresse vénérée… (J'avoue bien apprécier le dernier). De mon côté je suis en train de tenter de digérer le fait que je vais certainement être plus petite que la majorité de mes élèves de plus de quatorze ans, vie de merde. Finalement remise je me mets à bien observer le trio qui me fait face et principalement ma belle-sœur. C'est fou comme la petite fille arrogante que j'ai rencontré le soir de mon bal a pu évoluer ces dernières années… Et dans le bon sens en plus.

En fait si je devais la comparer à notre petit groupe au même âge je crois qu'elle remplirait le rôle de Sasuke ou de Neji mais sans le côté froid et distant. En fait, d'après ce qu'Hinata m'en a dit, son caractère s'est beaucoup amélioré depuis qu'elle a quitté son école élitiste pour venir ici… C'est peut-être aussi le fait de fréquenter ma famille qui l'a obligé à développer une ouverture d'esprit peu commune. Sitôt le bal fini maman s'est mise à la considéré comme sa file (il fallait s'y attendre) et monsieur Hyuga n'a pas semblé être contre. Il faut dire qu'après la mort de la mère de ses deux filles il ne s'est jamais remis en couple alors il a dû se dire que maman pourrait bien représenter un modèle féminin pour sa cadette qui n'avait jamais connu sa mère… et étrangement c'est ce qui semble s'être passé. Avec le temps je me suis de moins en moins étonné de surprendre Hanabi chez moi en compagnie de ma mère, lui apprenant à faire la cuisine ou simplement en train de discuter de sujet et d'autre. Au début je croyais que c'était maman qui forçait la main de la petite pour qu'elle lui rende visite jusqu'au jour où elle s'est présentée à la maison en lui demandant de l'aide pour ces devoirs…

Ce n'est pas pour insulter maman mais ne connaissant que trop bien son niveau dans les matières scolaire et pouvant aisément estimer celui d'Hanabi j'ai dû me faire à l'idée que ma belle-sœur appréciait réellement la compagnie de ma mère. Il faut dire que pour une étrange raison je crois qu'Hanabi n'a jamais été témoins de l'une des crises de folie Uzumakiesque de ma mère. Si je devais être tout à fait honnête je devrais même avouer que j'ai ressenti une petite pointe de jalousie envers cette petite pour qui ma maman semblait faire un effort de maitrise de soi (toujours les cadets qui sont chouchoutés). Enfin bon, avec les années, j'ai fini par m'y faire mais étonnamment je ne suis pas la seule à avoir dû m'adapter à cette situation.

Un jour, au cours d'une discutions entre fille, Hinata m'a avoué avoir eu un peu de mal à se faire à cette nouvelle réalité. Il faut dire que, comme elle était l'ainée et qu'elle avait eu la chance de connaitre leur mère, elle s'était toujours senti une certaine responsabilité envers sa jeune sœur… Comme si elle se devait de prendre la place de leur mère disparue dans le cœur de la jeune fille qui ne connaitrait jamais le réconfort de ce sentiment d'amour maternel. Cette conversation m'avait poussé à me poser certaine question sur les réelles intentions de ma mère et encore aujourd'hui je ne sais pas si maman n'a pas agis ainsi pour libérer Hinata du poids de cette responsabilité ou si elle s'était tout simplement entichée de la petite. Quoi qu'il en soit en observant l'adolescente épanouie qui se tient face à moi je me rends bien compte de la futilité de cette question, en fin de compte tout le monde y a gagné alors pourquoi creuser.

Déjà l'année dernière, lors de mes stages, j'ai pu constater quel genre de fille elle était devenue en société et il n'y a pas à avoir honte. Si je prends seulement les deux amies qui sont avec elle aujourd'hui : Hotaru qui, je le sais pour l'avoir côtoyé, est une fille plutôt introvertie, timide et peu sure d'elle et cette Sasame qui se donne toujours en spectacle, se ridiculisant un peu plus à chaque secondes, tentant vainement de se faire pardonner sa bourde de tout à l'heure. Je peux dire qu'Hanabi est loin d'être superficielle dans le choix de ses relations… Si je prends la peine de le mentionner c'est que je sais parfaitement qu'elle pourrait l'être si elle le voulait. La génétique était toujours aussi injuste elle semble n'avoir hérité que du meilleur de la famille Hyuga (déjà particulièrement gâté par elle), la beauté et la gentillesse d'Hinata allié à l'intelligence et au charisme de Neji. Pratiquement tous les garçons de l'école (et peut-être quelques filles) sont plus ou moins amoureux d'elle et presque toutes les filles de l'école (et surement quelques garçon aussi) l'admirent plus ou moins discrètement. Si Tsunade n'avait pas dissous le conseil étudiant il y a dix ans de cela elle en serait sans aucun doute la présidente aujourd'hui. Quand j'y pense je suis plutôt soulagé de ne pas avoir le même âge qu'elle car elle me rendrait surement malade de jalousie.

Finalement je remarque l'heure à ma montre et constatant que je vais bientôt être en retard je me redresse interrompant enfin la rousse qui semble sur le point de se prosterner devant moi pour implorer mon pardon (quand même elle en fait un peu trop, je ne suis pas un monstre tout de même).

- Désoler les filles mais je dois vous laisser, les autres enseignants vont m'attendre pour la cérémonie d'entrée… Et je dois me changer avant ça, ajouté-je pour moi-même faisant sourire ma belle-sœur.

- À toute à l'heure donc, me répond-t-elle tout en redressant la rousse, qui s'est finalement réellement prosternée en plein couloir, pour l'obliger à me saluer.

Je leur fait un dernier signe avant de m'en retourné vers les vestiaires du gymnase ou m'attendent des vêtements plus… Professorales. Avant d'être trop loin je suis tout de même amusée d'entendre la pauvre rousse demandé à Hanabi si elle croie que je vais lui en vouloir.

- Nous verrons lors du premier examen que nous aurons avec elle, lui répond sombrement la Hyuga.

Franchement, même si la réaction de cette Sasame est assez drôle, Hanabi ne devrait pas faire ce genre de farce, qu'elle réputation je vais avoir si les élèves se mettent à croire ce genre de propos… Comme si je pouvais me venger d'eux au travers d'un examen, si ça devait arriver je le ferais dans un devoir, de cette façon la moyenne du groupe n'en souffrirait pas. C'est sur cette pensée (plutôt indigne d'une enseignante maintenant que j'y repense) que je passe la porte des vestiaires avant de m'immobiliser soudainement sur place, une main devant la bouche et l'autre sur l'estomac. Merde, ça fait presque six semaines que ces fichus haut le cœur me prennent sans avertissement et sans raison. Pas plus tard qu'hier j'ai passé près de rendre le petit déjeuné que je venais de finir quand Tenten a ouvert le pot e beurre d'arachide et que l'odeur m'a agressé les narines… Tenten a peut-être raison, je mange trop ces temps-ci. Cette fois encore je résiste à ma nausée et, tout en avalant un peu de la bile acre qui est quand même remonté, je ne peux m'empêcher de me dire que je vais devoir me résoudre à aller consulter si ça continue. Comme ça a commencé il y a plusieurs semaines ce n'est donc certainement pas un truc que j'ai mangé et je n'ai heureusement pas les symptômes d'une gastro. Saleté, moi qui espérais que ma santé ne me joue pas de tours au moins les premiers mois de mon nouveau travail, je sens que ça ne va pas être le cas. Je sais bien que mon emploie ne risque rien tant que Tsunade est à la direction de l'école mais j'aurais préféré pouvoir travailler sans avoir à bénéficier d'un traitement de faveur… Avec un peu de chance je m'en fais pour rien et mes nausées ne sont dues qu'au stress de la rentrée. J'irais tout de même voir Shizune tout à l'heure, ou peut-être mon père dans le pire des cas, ça m'évitera toujours d'aller perdre mon temps aux urgences. En plus ça nous donnerait une occasion de nous reparler. Bon c'est décidé c'est ce que je vais faire ! Maintenant je me change, je retourne en salle des professeurs et je trouve un moyen de me venger pour ce matin !


C'est vraiment une drôle d'impression, comme si tout était irréelle… Ou plutôt comme si tout n'était pas à sa place. Devant moi se tient un classe de vingt-cinq étudiants d'environs douze ou treize ans et il y a encore une petite voix dans ma tête qui se demande ce que je fais de ce côté de la classe. Au moins, malgré mes petits doutes, il semblerait que ma première année en tant que professeur sera moins chargé que ce que je craignais. Tsunade semble avoir fait preuve d'une grande prévoyance car en arrivant dans la salle des professeurs, après ma petite escapade d'infiltration, j'y ai croisé un nouveau visage. Cet homme nommé Darui (qui à accessoirement échappé à cette nouvelle tradition d'initiation) sort lui aussi tout juste de l'école et a été engagé en même temps que moi avec en plus de sa certification d'enseignement un diplôme en psychologie. Avec l'augmentation du nombre d'inscription de ces dernières années Tsunade a jugé bon d'engager un psychologue scolaire à plein temps et en plus, puisqu'il peut enseigner, elle se dote d'un remplaçant toujours sur place en cas de pépin… En fait je crois plutôt qu'elle en avait marre de devoir rechercher un professeur itinérant à chaque fois que quelqu'un tombait malade (ce qui avec moi dans le décor risque d'arriver un peu plus souvent). Enfin bon, je suis persuadée que même sans cette histoire de remplacement il n'aura aucun mal à justifier son salaire. Avec ce corps de dieu grec que l'on devine sous ces vêtements, son teins basané, ces cheveux blond sablé et son regard à la fois distant et intense (quoi même une lesbienne peut apprécier la beauté d'un homme) il est certain que beaucoup de jeune filles vont avoir envie d'aller lui raconter tout ce qu'il voudra bien écouter.

Autre bonne nouvelle, le petit visage pâle que j'ai vu esquisser un sourire à mon entré dans la classe. Finalement Kimimaro est bien là et si j'ai de la chance Orochimaru ne se l'accaparera pas totalement. Doué comme il est je suis sûre que mon collègue a déjà un œil sur lui mais il est à moi, c'est mon élève de génie et pas question que je le lui laisse (je me demande si je ne fais pas un peu mégalo en ce moment). Plus rapidement que je ne l'aurais cru les explications de base sur les règlements, la politique et le fonctionnement de l'école se terminent et nous libérons les jeunes qui s'empressent d'évacuer la classe comme si c'était la dernière journée de l'année… Pourtant les cours ne commencent que demain.

- Alors, qu'as-tu pensé de cette première journée, me demande Kakashi alors que je quitte la classe à mon tour.

- Plutôt plaisant, même si j'ai encore du mal à réaliser que je ne suis plus de leur côté de la classe.

Mon nouveau collègue et ancien professeur rie légèrement à ma remarque avant de poser une main sur mon épaule.

- Bienvenue dans le métier… Et attend d'être enterrée sous les devoirs et les examens à corriger, tu verras bien la différence entre les deux côté de la classe, rigole-t-il alors qu'il retire sa main.

Sans prendre la peine de répondre à son commentaire je le salue poliment avant de me mettre en route vers l'infirmerie, autant régler ce problème de nausée le plus rapidement possible et j'ai bien envie de voir Shizune. Après tout le temps qu'elle a passé à s'occuper de moi quand j'étais étudiante ici je crois bien qu'elle est devenue le membre du personnel de qui je me sens la plus proche et elle m'a beaucoup manqué ces dernières années.

- Bonjour Shizune ! M'annoncé-je en ouvrant la porte.

La brune se retourne vers moi avant de se lever pour venir me prendre affectueusement dans ces bras. J'aurais bien voulu venir la voir plus tôt aujourd'hui mais cette fichu mission d'infiltration m'en a empêcher.

- Si ce n'est pas ma patiente préférée qui fait son grand retour, me dit-t-elle moqueusement. Alors, tu vas bien ?

- Moi aussi j'avais hâte de te revoir Shizune, il faut bien que quelqu'un te permette de justifier ton salaire… Et c'est justement pour ça que je suis ici, enfin si tu n'es pas trop occupée pour me recevoir.

J'aurais bien aimé continuer notre bel échange de petites blagues mais pour la seconde fois de la journée je sens mon estomac se retourner et cette fois je ne pourrais pas me retenir. Repérant rapidement une pile de cuve fraichement lavée je me précipite sur elle pour en saisir une, tout juste à temps pour y rendre mon dernier repas. Shizune attend patiemment que j'en ai fini avant de me débarrasser du contenant au contenu peu ragoutant pour me donner une serviette humide et un verre d'eau (on voie bien qu'elle en a déjà vue d'autre).

- Problème de digestion, me demande-t-elle depuis l'autre bout de la pièce.

- Je ne crois pas, ça fais plusieurs semaines que ça dure alors je ne sais pas trop quoi en penser.

Une fois revenu près de moi elle prend ma tension ainsi que ma température avant de reprendre la parole.

- Depuis combien de temps exactement as-tu ces nausées ? Ça t'arrive souvent dans la journée.

- Environs six semaine et c'est principalement en début de journée.

C'est là que je commence à avoir un peu peur, elle me jette un regard… Plutôt elle me jette LE regard qu'on ne veut jamais voir chez un professionnel de la santé, celui qui dit qu'elle a déjà en tête une bonne idée de ce que j'ai et que je ne vais pas aimer ce qu'elle vas me dire.

- Es-tu plus fatiguée ces temps-ci, comme si tu manquais constamment de sommeil ou bien dors-tu plus souvent qu'à ton habitude.

- Je crois bien, enfin c'est ce que Tenten n'arrête pas de me dire mais je crois que c'est à cause du stresse de la rentré.

Ignorant complètement mon dernier commentaire mon amie infirmière pose sa prochaine question le visage de plus en plus grave.

- As-tu remarqué quelque chose de différent avec ta poitrine, comme si elle avait un peu enflée, si elle est devenue plus sensible dernièrement ou encore si tes mamelons ont changé de couleur ?

Aussitôt je sens mon visage devenir écarlate et je croise mes bras devant les coupables mais malgré ma gêne je hoche légèrement la tête. C'est vrai que dernièrement mes soutien-gorge me semblent un peu trop petits et que ma poitrine est sensible… Finalement ma gêne se dissipe plutôt rapidement, il faut dire que l'air que fait Shizune est suffisamment inquiétant pour me remettre les pieds sur terre assez efficacement. Je la vois finalement prendre une grande inspiration avant de poser LA question.

- Dis-moi Karin, quand as-tu eu tes dernières menstruations ?

Prise au dépourvue par cette question encore plus intrusive que la dernière je me surprends à ne pas pouvoir lui répondre. De ce côté je n'ai jamais été vraiment régulière et j'ai souvent sauté un mois mais… En y réfléchissant bien ça doit faire quoi, plus de deux mois si je ne me trompe pas. Me voyant totalement dans l'impossibilité de lui répondre et cherchant frénétiquement dans ma mémoire Shizune finit par soupirer profondément avant d'ouvrir l'un de ces tiroirs pour en tirer une petite boite et me la tendre.

- Ce n'est peut-être pas ça mais… Prend tout de même le temps de vérifier, me dit-elle avant de m'expliquer les consignes d'utilisation du test de grossesse.