Il me jeta un regard impassible. Il s'avança vers moi, se mit juste devant et me regarda dans les yeux.
- Tu sais bien que je ne t'en voudrais jamais, soupira-t-il en posant une main sur ma joue. Prends ton temps, ma chérie. Je t'aimerais toute me vie.
- Tu l'as dit ça aussi à Parkinson, demandai-je railleuse.
- Tu es la seule femme pour laquelle je vis aujourd'hui, poursuivit-il sans prendre en compte ma remarque. Je n'ai jamais aimé personne comme je peux t'adorer. Je suis prêt à t'attendre pendant des années si tu le veux. Mais en contre-partie je veux que tu aies confiance en moi. Même si cela arrive très tard, je ne veux pas que tu sois de nouveau avec moi si tu n'as pas confiance en mon amour et ma loyauté.
- J'ai confiance en toi, Draco, m'exclamai-je. Mais, je suis blessée dans mon orgueil de femme, de femme amoureuse. Sauras-tu de nouveau me vénérer comme une déesse ?
- Cela n'a jamais cessé, ma tendresse.
J'appuyai ma joue sur ses doigts et le laissai me caressai le visage. Sa bouche s'approcha de la mienne et je prenais la fuite. Il se recula, compréhensif, et je secouai négativement la tête. Elvis se mit à pleurer dans la pièce d'à côté et je m'y précipitais. Il était l'heure de son repas, je tournai le dos aux deux hommes dans la pièce, retirai ma bretelle de robe et laissai mon fils téter mon sein. Elicia nous regardait, émerveillée par la beauté, la simplicité de ce spectacle. Elvis semblait ravi, ses petites mains posées près de sa bouche, comme pour l'aider. Je souris devant tant d'innocence. Un bébé était la plus belle merveille de ce monde. Je l'aimais de tout mon être. Comme ma douce Elicia. Ils se ressemblaient de manière troublante, mon portrait craché. J'avais vu les beaux yeux déjà chocolat de mon fils, et ses cheveux miel. J'étais en total harmonie avec ce qui m'entourait. Nous étions fait pour nous ressemblait, mes enfants étaient mes enfants, pas celui d'un vulgaire moldu ni celui du Maître des Ténèbres. C'étaient les enfants d'Hermione Jean Granger avant tout. Leur physique en témoignait. Ils étaient beaux, comme je l'étais, délicats, élégants, ravissants. Je les aimais à en sacrifier ma vie, à vendre la moitié, même la totalité de l(humanité pour eux, pour un seul de leur caprice.
Ma fille, me voyant dans une position de tendresse tenta quelque chose.
- Je pourrais peut-être avoir une baguette avec ce que j'ai vécu, demanda-t-elle avec une charmante moue.
J'hésitais quelques temps, puis éclatais de rire avant ébouriffer ses cheveux. Qu'ai je fait pour avoir une telle fille, si capricieuse et sans honte ? Très culottée. Un peu comme sa mère autrefois. Elle continuait de me regarder, insistante et je fis non de la tête, alors que je pouffai toujours. Elle poussa un long soupir désabusé et nique, et mes rires redoublèrent.
Tout me sembla beau. Je regardai en direction de Draco, mais il n'y avait rien. Il avait disparu.
~~ Point de Vue Draco Malefoy ~~
Il m'arrive de me demander parfois si j'arrêterais de souffrir. Je voudrais me réjouir de la voir si heureuse, mais je n'y arrivais pas. Je n'étais pas la cause de son bonheur, je n'avais aucune part qui pouvait me revenir, je ne pouvais pas lui demander de me sourire, car je ne le méritais pas. Je l'attendrais, je l'avais dit, mais pour cela je savais que je devais souffrir. Souffrir mille morts, mille douleurs, mille humiliation.
Mais quelque chose avait-il de l'importance ? Tout s'effaçait quand elle rentrait dans une pièce. La seule source de lumière devenait son visage, à quoi ressemblait une danseuse, alors que le grâce elle-même arrivait, qui me parle de la Belle Hélène de Troie, la beauté personnifiée venait de me sourire. J'avais mal, mais mal de bonheur. Bonheur qu'elle avait et qui semblait m'échapper. Il me glissait des mains, tant qu'elle ne serait plus dans mes bras. Je pourrais promettre de ne plus faire de crise de jalousie en la voyant avec son mari si je pouvais la partager secrètement avec lui. Je ne demande pas le privilège de son coeur, seulement une petite place.
Mais avec une femme exceptionnelle comme elle, on a toujours l'impression d'en demander trop, faire partie de sa vie est un privilège, partager un regard, un sourire de ses lèvres, une caresse de sa main, un rêve. Et je l'avais connu. J'avais connu cette déesse que son mari oubliait. Déesse déchue. Femme trop jolie et trop belle pour ce monde.
Je me demandais comment j'avais pu y échapper durant Poudlard ? Cela aurait du me sauter aux yeux, Krum l'avait vu, Weasley aussi, Potter de même. Nombre de fois je l'avais entendu parler d'elle quand j'étais espion pour l'Ordre. L'Ordre. Peut-être serait-elle en sécurité là-bas. Leur expliquer qu'elle n'était pas comme eux, que cette déesse n'était pas de leur côté, de mon côté, qu'elle ne vouait son âme qu'à seulement ses enfants et seulement à eux. Si nous perdions, ils la laisseraient sûrement saine et sauve. Je ne voulais rien d'autre que cela. Mis à part de son amour.
Je devais faire cela. Je le devais.
Je sortis du manoir, et transplanai square Grimaud. Deux membres étaient aussi sur le banc. Faux badaud, vrai chien de garde. Ils se levèrent et m'immobilisèrent. Je les laissais faire, je leur tendis même les mains. Je n'avais même pas amener ma baguette. Ils me poussèrent en se foutant de moi. J'aurais voulu me retourner, et les tuer. On n'insulte pas impunément un Malefoy. Hermione.
Son visage revint, les cheveux miel tombant, caressant doucement ses joues, ses lèvres rouges pleines qui s'agitaient dans un rire silencieux, ses yeux chocolat qui sondaient l'âme. C'était pour elle que j'endurais tout ça. Peu importe la fierté.
Ils m'entrainèrent dans une ruelle et transplanèrent. Comme je l'avais prévu, ils avaient déménagé, mais laissaient l'ancienne sous surveillance. Je faillis tomber et repris mon équilibre à la dernière minute. Dès que je fus sûr d'autre à bonne destination, je me retournai, attrapai la tête de mes deux agresseurs et les fracassait l'une contre l'autre. Ils tombèrent assommés. Certes, c'était puéril, mais je n'avais pas pu me retenir plus longtemps, finalement je vais bien être humilié, mais relativement peu et temporairement, ensuite je devais me venger. Je m'essuyai les mains sur leur chemise, puisqu'ils s'étaient mis à saigner à l'endroit de l'impact, réajustai ma tenue, lissai mon pantalon et continuai tout droit dans le corridor. J'arrivais devant une porte en chêne massive. Je me recoiffais et passai la porte.
Dumbledore se retourna et se figea en me voyant. Potter, aussi. Weasley, toute la famille, Black et Lupin de même. Potter se leva méfiant en pointant sa baguette sur moi. Je frémis. Il ne lui restait plus qu'un bras. Je baissais la tête.
Nom de Dieu ! Qu'est ce que je faisais là ? Hermione, pense à ses petites mains qui parcourent ton torse. Tu as un service à leur demander, un marché.
- Monsieur Malefoy, que nous vaut votre visite ? Votre Maître nous aurait déjà retrouvé ?
- Non, Dumbledore, j'ai...
- Tuez-le, se mit à hurler Potter en tremblant, tenant le moignon de son bras manquant qui se mettait à saigner. Tuez-le. Ce n'est qu'un Mangemort, butez-le ! Butez-les tous !
- Harry, calme-toi je te prie. Monsieur Weasley, voulez-vous bien l'accompagner dans sa chambre ? Appelez donc le médecin pour le soigner. C'est si difficile maintenant que Severus a choisi sa voie, soupira-t-il en me regardant. Il hésitait avant, mais la jeune Hermione l'aura décidé. Bref, je suppose que vous n'êtes pas venus pour une visite de courtoisie.
- J'ai... Besoin de votre aide, lâchai-je d'un coup.
- Vraiment, railla Sirius Black. Ton Maître te menace ? Il te viole ?
- C'est pour Hermione, sifflai-je en portant ma main à ma poche en me rappelant que je n'avais pas ma baguette. Non, mais que ce que je fous là, marmonnai-je. La femme du Maître. J'aimerais être assuré que si vous gagnez, vous lui laisserai la vie sauve, à elle et à ses enfants. Je suis en mesure de vous assurer, qu'elle n'est pas du côté du Seigneur des Ténèbres. Elle y a été obligée.
- Je l'avais bien compris. Mais, ce que je n'entends pas c'est pourquoi vous me le demandez ? Vous n'êtes pas son mari, pas son ami.
- Il la baise, cracha Potter qui s'était calmé avec un bandage propre. Ne fais pas cette tête surprise, Voldemort était de dos, je vous ai bien vu, moi, tous les deux. Il faudrait être crétin pour ne pas deviner que tu l'aimes. Si un Malefoy sait le faire.
- Bien plus qu'un Sang-Mêlé, répliquai-je en serrant et desserrant mes doigts. Je ne destine mon amour qu'à une seule personne, alors que quelqu'un comme toi l'épuise avec plusieurs petites amies. Oh, baisse ta baguette, Potter. Effectivement, j'étais l'amant d'Hermione. Mais, nous ne sommes plus ensemble pour l'instant. Mais, je tiens à ma requête. Je veux que vous la protéger.
- Qu'as-tu en échange ?
- Désormais, vous n'avez plus d'espion à votre service, puisque Severus est entièrement dévoué au Maître, ou à sa femme, je vous offre ma personne, ce que je sais, et ce que je manquerais pas de savoir.
Ils furent tous surpris. Ils ne s'étaient pas attendu à ça, mais ils savaient quelle importance cela avait d'avoir de nouveau un espion dans les rangs. J'entendis la porte s'ouvrir avec fracas. Je n'eus pas le temps de me retourner qu'une gifle s'écrasa sur ma joue. Je regardai ma mère avec de grands yeux. Une nouvelle claque me frappa à l'autre joue. Hermione.
Qu'est ce que les deux femmes de ma vie faisaient ici ? Hermione tremblait de la tête au pieds, je ne pus définir si c'était de peur ou de rage, mais dès que je croisais ses yeux, je sus qu'elle brûlait de colère. Ma mère avait de la tendresse dans ses yeux. Elle me comprenait, elle ne m'en voulait pas.
- Es-tu totalement jeté, cria ma chérie. Sans prévenir personne, tu te jettes dans les bras de l'ennemi ? Et pourquoi d'ailleurs ? Je ne veux rien t'entendre dire. Tu m'énerves, tu le sais ça ! Ta mère est venue me voir en catastrophe pour me dire que tu étais en danger, j'ai dit à mon mari que j'allai chez Blaise qui est rentré en Angleterre. J'ai menti au Maître des Ténèbres, tu imagines s'il apprend que je lui ai menti. Il nous tuera tous les deux. Sans compter Elicia, voir même Elvis. J'espère que tu t'en veux.
- Hermione, la calma ma mère. Il pensait à bien.
- A bien, à bien, barbota-t-elle.
- Je voulais te protéger. Je m'assurai de ta survie mon coeur.
- Je ne veux pas que tu meurs, Draco. Tant que tu vivras, je vivrais.
Elle posa une main sur ma joue, et son amour me submergea. Non, elle avait tort.
Si je ne vivais plus, elle pourrait continuer de vivre, seulement elle n'en a aucune envie. Mais si elle mourrit, moi, je succomberais à mon tour.
