Bonjour

Voici le chapitre 25 corrigé par Elyrine. Merci à elle.

Merci à vous pour votre fidélité, vos messages et votre compréhension pour mes retards.

ATTENTION : ce chapitre contient une scène de torture explicite, une scène violente qui risque d'être dérangeante pour certains. Donc soyez prévenus. Vous lma sentirez arrivée donc arrêtez de lire quand vous en serez là si c'est un problème pour vous.

Bonne lecture et à jeudi

Sydney8201

Musique du chapitre :

Famous last words de My Chemical Romance

Chapitre 25 : Révélations

« C'est dans le feu que le fer se trempe et devient acier. C'est dans la douleur que l'homme trouve la révélation de sa force. »

Henri Conscience

Quand Dean rouvrit les yeux, il n'était plus dans sa voiture. Il n'était pas à l'extérieur non plus. Il ne reconnaissait pas l'endroit où il se trouvait et n'avait aucune idée de la manière dont il s'y était rendu. Il avait un atroce mal de crâne et il pouvait sentir du sang couler d'une plaie sur son front et de son nez. Il était probablement fracturé. Le reste de ses membres semblaient intacts mais affreusement contusionnés et douloureux. Il allait avoir besoin de plusieurs jours pour se remettre du choc. Il pouvait déjà sentir ses côtes protester. Heureusement pour lui, la ceinture de sécurité lui avait sans nul doute sauvé la vie.

Il cligna plusieurs fois des paupières pour tenter d'éclaircir sa vision et commença doucement à regarder autour de lui. Il avait du mal à voir les détails dans l'obscurité mais il était à l'intérieur d'un bâtiment. Il ne s'agissait pas d'un hôpital. Il n'y avait aucune lumière et Dean ne pouvait pas sentir l'odeur familière des antiseptiques si typiques de n'importe quelle clinique.

Il ne tenta pas de bouger pour ne pas souffrir plus qu'il ne souffrait déjà et continua à regarder autour de lui. Il remarqua rapidement qu'il y avait une table en bois devant lui. Le sol était couvert d'un parquet qui avait vu de meilleurs jours. Et il était de toute évidence assis sur une chaise.

Ça ne pouvait pas être bon signe. Il n'avait pas encore les idées claires mais il était tout de même suffisamment lucide pour savoir que ce n'était pas normal. Il n'était pas venu là seul. Il avait perdu connaissance dans sa voiture. On avait du l'en sortir et le conduire ici. Ce qui signifiait que les intentions de cette personne n'étaient clairement pas de le soigner ou de l'aider. S'il avait assisté lui même à un tel accident, il aurait aussitôt appelé les secours. Il n'aurait certainement pas emmené la victime dans un endroit comme celui ci pour l'asseoir sur une chaise. Il pourrait avoir une hémorragie interne. Il pourrait être en train de mourir.

Il n'y avait aucun bruit dans la pièce. Il devait être seul. Il ne pouvait pas rester ici plus longtemps. Il avait besoin de fuir et de trouver un médecin. Il était convaincu d'être en danger dans cet endroit.

Il tenta alors de se relever et ne réalisa qu'à cet instant là qu'il était attaché sur cette chaise. On avait passé une chaîne autour de son abdomen pour s'assurer qu'il ne pourrait pas se redresser. Ses mains étaient libres mais il ne pouvait pas atteindre le cadenas dans son dos.

Il sentit alors la panique monter en lui. Il ne devait pas la laisser l'envahir. Il serait incapable de réfléchir à un plan s'il était complètement terrorisé. Il avait besoin de réfléchir.

Il était évident que la personne qui l'avait attaché était également celle qui avait provoqué son accident. Il s'en souvenait parfaitement. Il s'était retrouvé nez à nez avec un autre véhicule et il avait du quitter la route pour l'éviter. Il avait alors heurté un arbre. Mais il ne s'agissait pas d'un accident. Il en était sûr à présent. La personne derrière le volant de l'autre voiture avait voulu le faire sortir de la route. Il avait été piégé.

Dean prit une grande inspiration puis regarda rapidement autour de lui. L'endroit n'était pas immense. Il ressemblait à une de ses cabanes de chasseur qu'on trouvait en pleine forêt. Une de ses petites maisons qu'on utilisait comme décor dans les films d'horreur. Cela aurait pu être presque drôle si la situation n'avait pas été aussi grave.

Car Dean savait que personne ne volerait à son secours. Castiel ne savait pas où il se trouvait. Charlie l'avait sans doute perdu de vue à sa sortie de la ville. Et Balthazar n'avait certainement pas pu le suivre. Il était clairement à la merci de la personne qui l'avait conduit ici. Il allait devoir s'en sortir seul.

Bien sûr, cela ne serait pas simple. Il était solidement attaché et il avait mal partout. Il pouvait essayer de faire basculer la chaise et prier pour qu'elle se brise sous l'impact. Mais il n'avait aucune garantie. Et il ne savait pas non plus quand son assaillant reviendrait. Il devait agir vite.

Il soupira puis observa la table devant lui. S'il prenait appui sur elle, il pourrait se jeter en arrière. C'était sans seule chance. Il savait que son plan avait peu de chances de fonctionner. Mais puisqu'il n'en avait aucun autre, il devait absolument se lancer.

Il leva son pied en grimaçant et l'appuya contre le pied de la table. Il se pencha en avant autant que la chaîne autour de lui le permettait pour prendre de l'élan. Il ferma ensuite les yeux et se propulsa en arrière. Il sentit la chaise basculer. Il eut la sensation qu'il tombait pendant des heures entières quand cela ne dura probablement que quelques secondes. Quand il heurta le sol, rien n'avait changé. La chaise était solide et ne s'était pas brisé sous l'impact. La chaîne tenait toujours bon. Et il était maintenant sur le sol sans aucune chance de se relever seul. Il devait probablement ressembler à une tortue qu'on aurait posé sur le dos et qui se tortillait en vain en espérant pouvoir se remettre sur le ventre.

Il sentit les larmes lui monter au yeux mais il refusait de les laisser couler. Il commença à bouger de droite à gauche pour essayer de se retourner.

- Dean, qu'est-ce que tu fais exactement ? Lança alors une voix derrière lui.

Il l'aurait reconnu entre mille. Il n'avait pas besoin de voir le visage de la personne qui parlait pour savoir de qui il s'agissait. Et c'était une mauvaise nouvelle de plus.

- Tu croyais vraiment réussir à t'échapper comme ça ?

Dean ferma les yeux et s'immobilisa. Il devait sans doute sembler ridicule. Il avait su dès le début que son plan était ridicule. Mais c'était toujours mieux que de rester sans rien faire. Que d'attendre qu'on le tue.

- Gabriel, souffla t-il alors pour signifier à son assaillant qu'il l'avait reconnu.

L'ancien bras droit de Castiel apparut alors dans son champ de vision. Il souriait, les mains sur les hanches en le toisant. Dean avait envie de lui cracher à la figure juste pour lui démontrer qu'il n'avait pas peur de lui. Mais c'était bien sûr impossible dans sa position.

- Le seul et unique oui. Je suis flatté que tu m'aies reconnu aussi vite, répliqua Gabriel, visiblement amusé

Dean garda les yeux rivés sur lui malgré les battements frénétiques de son cœur et le nœud dans sa gorge. Il savait combien Gabriel le détestait. Et combien il en voulait à Castiel de l'avoir choisi lui. Il était presque sûr que Gabriel serait ravi de le tuer. Bien sur, il aurait été plus prudent de le faire quand le jeune homme était encore inconscient. Le fait qu'il soit toujours envie laissait à penser que Gabriel voulait faire durer le plaisir Ou qu'il avait une autre idée en tête. Dean devait absolument en savoir plus.

- Il est difficile d'oublier la voix de l'homme qui a tenté de me tuer, jeta t-il.

- Tout aurait été tellement plus simple pour nous tous si Castiel m'avait laissé faire la première fois. Tu n'aurais pas souffert et je n'aurais pas perdu la confiance de l'homme à qui j'ai dédié ma vie depuis notre rencontre.

Dean se retint de lui rappeler qu'il l'avait torturé lors de leur dernière confrontation. Il n'avait pas uniquement voulu le tuer. Il avait cherché à le faire souffrir avant. Parce qu'il le détestait. Et le jeune homme pouvait le comprendre Il ne lui en voulait même pas. Quand ils étaient encore en prison, il représentait l'ennemi à abattre. Gabriel voulait le tuer pour protéger Castiel et leur organisation. Ce qu'il faisait à présent en revanche n'avait plus aucun sens. C'était uniquement de la vengeance. Il avait été vexé et semblait déterminé à le lui faire payer.

- Pourquoi ne pas l'avoir fait pendant que j'étais inconscient si c'est là ton seul objectif ? Demanda t-il alors.

Gabriel se pencha et attrapa le dossier de la chaise. Il releva ensuite le jeune homme en grimaçant. Dean était plus lourd que lui et il ne faisait rien pour l'aider.

- Et bien disons que te tuer n'est plus mon objectif premier à présent.

- Ah oui ? Et qu'est-ce que tu veux alors ? Me faire souffrir ?

Gabriel secoua la tête en reculant d'un pas. Il appuya ses fesses contre la table derrière lui et croisa ses bras sur son torse.

- Tu crois vraiment être le centre du monde Dean ? Je sais que Castiel t'a traité ainsi depuis le début de votre petite histoire d'amour ridicule mais tu aurais tort de faire de son cas une généralité. Tu n'es rien de plus qu'un obstacle mineur sur ma route. Tu n'es définitivement pas mon objectif principal.

Dean fronça les sourcils, surpris. Il s'était visiblement trompé sur les intentions de Gabriel. Il prit quelques secondes pour réfléchir avant de comprendre. Il n'était pas la cible de son adversaire. Ce n'était pas de lui qu'il voulait se venger mais de Castiel. Il était uniquement un outil pour obtenir ce qu'il désirait tant. Faire souffrir son ancien associé. Lui faire payer son choix. Et sa trahison en prison.

- Je ne pensais pas avoir une seule chance de t'atteindre tu sais. Je ne pouvais pas entrer dans la maison sans que les gardes ne me voient et les hommes que j'ai chargé de t'éliminer l'ont payé au prix fort. Et tu n'étais jamais seul. Il y avait toujours Castiel avec toi … ou Balthazar. Je ne pouvais pas agir en plein jour et prendre le risque de me faire avoir.

Dean repensa alors à la soirée qui avait tout changé entre castel et lui. A ces deux hommes qui avaient pénétré dans leur maison pour les tuer. A celui qui avait voulu le violer avec son couteau. Ils avaient été envoyé par Gabriel. Dean aurait du y penser. Il aurait du se poser les bonnes questions. Mais il était trop absorbé par ses propres problèmes pour en être capable. Il avait commis une erreur de débutant.

- J'ai essayé de te discréditer auprès de Castiel en lui révélant que tu avais embrassé Balthazar. Je pensais que sa jalousie maladive le pousserait à te mettre dehors. Tu serais alors devenu vulnérable et j'aurais pu passé à l'acte. Mais cet imbécile n'a pas réagi comme je l'avais imaginé. Il n'était même pas en colère contre toi. Tu n'as pas idée à quel point c'était frustrant pour moi.

Castiel était donc au courant. Il savait que Dean l'avait triomphé avec Balthazar. Et il ne lui avait rien dit. Il ne lui avait pas posé la moindre question. Il l'avait laissé continuer à travailler avec lui. Il avait même demandé à balthazar de l'aider à le retrouver. Dean avait du mal à y croire. Mais il était convaincu que Gabriel disait vrai. Il n'avait aucune raison de mentir sur ce point. Castiel avait accepté son mensonge. Il avait accepté qu'il ne lui dise pas tout. Parce qu'il l'aimait malgré ses défauts. Et qu'avait-il obtenu en retour ? Dean n'avait pas été capable de la même chose. Il l'avait abandonné à la première occasion. Il ne le méritait clairement pas.

- J'avais fini par baisser les bras. Je pensais devoir me rendre à l'évidence. Et tu as alors fait la chose la plus incroyable qui soit. Tu as pris la fuite. Tu es parti et tu m'as offert une chance inestimable. Un cadeau unique Dean. Tu m'as offert la possibilité de mettre la main sur toi sans personne pour m'en empêcher. Tu n'as pas idée à quel point j'ai été soulagé en apprenant ton départ.

Dean s'était mis seul dans cette situation. Il n'avait pas pensé une seule seconde au danger qui planait sur lui depuis qu'il était avec Castiel. Il avait tout oublié dans sa hâte. Il avait pensé agir pour son bien et celui de son petit ami. Mais il n'avait fait que se mettre en danger. Et il allait entraîné Castiel dans sa chute. Il était prêt à mourir. Il le méritait sans doute même. Mais il ne voulait pas Castiel puisse subir le même sort. Il ne voulait pas que Gabriel puisse l'utiliser pour faire du mal à son petit ami.

- Qu'est-ce que tu vas faire de moi maintenant ? Tu penses vraiment que Castiel en a quelque chose à faire de moi après que je l'ai quitté comme un voleur ? Je suis convaincu qu'il me déteste à cet instant précis et que ma mort ne serait pas un problème pour lui.

- Tu crois vraiment qu'il te déteste ? Dean, Dean, Dean … Castiel est à ta recherche à l'heure où nous parlons. Il pense pouvoir te retrouver et te convaincre de revenir vivre avec lui. Je pense même qu'il serait capable de tout plaquer pour toi. Alors imagine une seule seconde ce qu'il ressentira quand je commencerais à lui envoyer des petits morceaux de toi … imagine toi ce qu'il pourra ressentir quand c'est ta tête qui je déposerait devant la porte.

Dean déglutit avec peine. Il avait tenté un coup de poker sans grand espoir que cela réussisse. Il savait que Castiel le cherchait. Balthazar le lui avait déjà dit. Il avait toutefois espéré que Gabriel gobe son mensonge et le tue. Il était malheureusement plus intelligent que ça et bien mieux renseigné. Dean n'avait aucune chance de le faire renoncer à son plan. Il semblait déterminé à le mener à bien. Il ne s'agissait pas de menaces en l'air.

- Je ne suis pas convaincu que tu sois capable d'aller aussi loin. Tu es un homme de main Gabriel … rien de plus. Tuer un homme est une chose simple que tout le monde est capable de faire. Torturer en revanche … torturer est un acte bien plus compliqué. Et quelque chose me dit que tu n'auras pas les couilles d'aller plus loin.

- Tu ne sais rien de moi Dean. Tu ne sais pas ce dont je suis capable quand on me pousse à bout.

- Tu as raison. Je ne sais sans doute pas grand chose de toi. Mais j'en sais suffisamment pour comprendre que tu es un lâche. Tu as envoyé deux hommes faire le sale boulot à ta place. Pas parce que tu pensais que c'était la meilleure solution mais parce que tu avais trop peur de te mouiller. Tu avais trop peur de ce que Castiel te ferait s'il découvrait tout. Et tu as raison d'avoir peur. Parce qu'il te fera souffrir. Il te fera regretter tout ça quand il le découvrira.

Gabriel rit alors durant de longues secondes. Dean en profita pour bouger sensiblement et tester la solidité de la chaîne autour de son abdomen. Elle semblait toujours aussi solide. Il ne parviendrait pas à s'en défaire. Il devait s'y prendre autrement.

- Tu sais ce qui me surprend le plus dans cette histoire en fin de compte ? Demanda Gabriel quand il eut fini de rire.

Dean s'immobilisa alors et le regarda droit dans les yeux.

- Que Castiel m'ait choisi moi plutôt que toi ? Je ne vois pas pourquoi ça te surprend. Tu n'étais rien de plus qu'un employé à ses yeux. Et de toute évidence, tu espérais être plus. Peut être même espérais-tu être à ma place ?

Gabriel secoua la tête. Dean s'était souvent demandé s''il n'était pas amoureux de Castiel. Si son attitude n'était pas celle d'un type dont le cœur était brisé et qui était prêt à tout pour attirer l'attention de l'homme qu'il aimait.

- Je ne suis pas amoureux de Castiel. Je l'admirais. Je le trouvais … brillant. Il était destiné à accomplir de grandes choses et à prendre la place de Crowley un jour. Il l'aurait fait si tu n'étais pas entré dans sa vie. Mais d'une certaine manière, je n'ai pas été surpris qu'il finisse par tomber amoureux de toi. Tu étais son idéal masculin. Tu étais parfait pour lui. Plus jeune … incroyablement séduisant et innocent d'une manière qu'il n'avait jamais été lui même. Tu es intelligent et courageux. Tu sembles avoir été créé pour lui. Il est finalement normal qu'il ait fini par être séduit par toi. Non, à bien y réfléchir, ce n'est pas ce qui me surprend le plus.

- Alors quoi ? Demanda Dean qui en avait assez de son petit jeu.

Gabriel l'observa une seconde avant de lui sourire.

- Ce qui m'a le plus surpris dans cette histoire c'est que tu aies pu penser une seule seconde que cette histoire pourrait fonctionner. Tu n'es pas stupide et tu as une morale … des principes. Je ne comprends pas comment tu as pu fermer les yeux sur tout et imaginer que tu pourrais faire ta vie avec un criminel. Avec un meurtrier. C'est ton attitude qui m'a le plus déstabilisé Dean. Pas celle de Castiel.

Dean savait bien que peu de monde était en mesure de comprendre ses choix. Ce qu'il ressentait pour Castiel n'a aucun sens. Ce n'était pas logique et ce n'était sans doute pas sain. Mais il n'avait aucun contrôle sur ses sentiments et sur ses émotions. Il avait fermé les yeux sur tout ce qui posait problème parce que l'amour rendait aveugle. Et stupide aussi de toute évidence.

- Tu croyais vraiment pouvoir vieillir à ses côtés ? Tu pensais pouvoir te faire une place dans sa vie ? Te faire accepter des gens avec qui il travaillait ? Franchement Dean … tu aurais du savoir que cela finirait ainsi. Tu aurais du le sentir depuis le début au lieu de te voiler la face et de foncer tête baissé dans ce piège. Tu n'aurais jamais pu avoir tout ce que tu espérais bêtement. Pas avec Castiel.

- Je ne vais certainement pas perdre de temps à t'expliquer pourquoi je me suis comporté ainsi … de toute façon, tu serais incapable de comprendre. Tu n'as pas de cœur. Tu es à peine humain. Et peut être … oui peut être que j'ai été stupide de croire à tout ça … peut être que j'ai été stupide de suivre Castiel et d'espérer un jour qu'il puisse changer … mais je me fiche de ce que tu peux en dire. Je m'en fiche parce que même si je meurs ce soir … même si tu me tues, j'aurais au moins le réconfort d'avoir essayé … d'avoir aimé un homme au point de renier tout ce en quoi je croyais pour lui … d'avoir tenté ma chance.

Dean réalisa en parlant combien il croyait réellement en ce qu'il était en train de dire. Il aurait que les choses se finissent différemment mais il ne regrettait pas d'avoir suivi Castiel. Il ne regrettait d'avoir voulu croire en eux. En leur couple. Il aimait cet homme. Il l'aimait comme un fou et malgré toutes les difficultés et les obstacles, ils avaient été heureux par moment. C'était plus que ce que beaucoup de gens pouvaient dire. C'était plus que tout ce que Dean avait espéré depuis le début de son existence. Ça n'avait duré que quelques mois et rien n'avait été simple. Rien ne leur avait été épargné. Mais quand ils étaient seuls et quand il mettaient de côté tout ce qui les séparait le reste du temps, ils étaient un couple normal et amoureux. Un couple qui faisait des projets et pour qui seul l'autre comptait réellement. C'était une forme d'amour finalement magnifique et Dean s'estimait chanceux de l'avoir connu. Même s'il aurait aimé que cela puisse durer.

- Tu penses vraiment que ça en valait la peine ? Tu vas souffrir. Je ne vais pas te mentir. Ce que je vais te faire subir ce soir est inimaginable. La douleur … je ne vais rien t'épargner. Et je suis presque sûr qu'à la fin de tout ça, tu comprendras que tu as eu tort. Que choisir Castiel était finalement une erreur.

- Fais moi ce que tu veux Gabriel … je ne peux rien faire pour t'en empêcher. Mais je peux te garantir que je continuerais à aimer Castiel après tout ça et rien ni personne ne pourrait me pousser à regretter de l'avoir choisi malgré tout.

Gabriel grimaça alors visiblement déçu par sa réponse. Il avait sans doute espéré entendre Dean le supplier. Mais le jeune homme ne lui donnerait pas satisfaction sur ce point. Pas quand il était à présent sûr de lui et de ses sentiments. Son seul regret à présent était d'avoir quitté Castiel sans prendre le temps de lui parler. Sans chercher des solutions à leurs problèmes. Les choses auraient été différentes s'il avait eu le courage de lui confier ce qui clochait au lieu de prendre la fuite comme le lâche qu'il était.

- Tu penses n'avoir aucune raison d'avoir peur de moi ? Demanda alors Gabriel en inclinant la tête sur le côté, un peu comme Castiel l'aurait fait dans une situation similaire.

Dean était presque sûr qu'il avait emprunté ce geste à son petit ami. Qu'il agissait ainsi par mimétisme. Gabriel n'était pas amoureux de Castiel. Dean s'était trompé sur ce point. Il l'admirait. Le vénérait presque. Castiel était son mentor et son idole. Il voulait être comme lui. Non. Pire encore. Il voulait être lui. Et le voir lui tourner le dos était pire encore qu'une peine de cœur. C'était pire que de perdre un petit ami ou l'homme qu'on aimait en secret. Gabriel avait perdu son idole et sa référence. Il était perdu. Il était évident que dans une tentative désespérée pour retrouver ses repères, il avait choisi de devenir Castiel. Mais il avait tout faux. Il ne pourrait jamais l'égaler. Il n'avait aucune chance. Il ne serait jamais rien de plus qu'un ersatz de l'homme extraordinaire que Castiel était.

- Pourquoi aurais-je peur de toi ? Je sais que tu ne seras jamais à la hauteur de Castiel. Tu ne seras jamais à la hauteur de ces hommes qui peuvent me terrifier et me provoquer des cauchemars. J'ai côtoyé des criminels une bonne partie de ma vie Gabriel et tu ne leur arrives clairement pas à la cheville. Alors non … non je n'ai pas peur de toi. Et tu ne pourras jamais me faire changer d'avis sur ce point.

- Mais tu avais peur de Castiel en arrivant en prison non ?

Dean haussa les épaules mais ne répondit pas. Il était difficile de se souvenir de ce qu'il avait ressenti la première fois qu'il avait lu le dossier de Castiel. La première fois qu'on lui avait décrit son passé. La première fois qu'il avait posé les yeux sur lui. Il était difficile de se rappeler s'il avait eu peur ou non de l'homme qu'il allait devoir séduire. L'amour qu'il ressentait aujourd'hui effaçait tout le reste. Presque comme si tout ce qui était arrivé avant leur histoire n'avait été qu'un cauchemar. Ou s'était déroulé des siècles plus tôt. Il ne gardait rien d'autre en mémoire que le jour où il avait compris qu'il était tombé amoureux de sa cible. Le jour où ses sentiments avaient changé. Mais s'il n'avait plus peur de Castiel à présent, il savait qu'il terrifiait tous ceux qui étaient amené à travailler avec lui. Castiel était le plus féroce des prédateurs. Gabriel n'avait clairement pas la même aura.

- J'avais peur de lui je suppose. Peur de ce dont il était capable. Je sais ce dont certains hommes sont capables. J'ai vu la pire des noirceur chez certains et je sais différencier un homme dangereux d'un homme qui veut faire croire qu'il l'est.

- Et tu crois que j'appartiens à la deuxième catégorie ?

- Gabriel, tu es la deuxième catégorie … tu pourrais en être le porte parole. Tu aimerais devenir Castiel mais tu n'en as pas l'étoffe. Tu ne l'auras jamais.

- Peut être avait il tort de continuer à provoquer ainsi son adversaire. Mais il ne pouvait pas mentir sur ce point. Il ne pouvait pas entrer dans son jeu et manquer ainsi de respect à Castiel. Pas après ce qu'il lui avait fait subir en le quittant. Il lui devait au moins ça.

- Et c'est là que tu as tort Dean. Tu devrais avoir peur de moi. Je suis bien plus dangereux que Castiel. Je l'ai toujours été. C'est aussi pour ça qu'il avait tant besoin de moi.

Dean devait reconnaître qu'il était curieux de savoir comme Gabriel pouvait justifier ce qu'il venait de dire. Et cela lui permettait également de gagner du temps. Tant que son adversaire parlait, il n'était pas occupé à lui faire du mal.

- Castiel est un homme d'affaires avant tout. Il l'est depuis le premier jour … depuis la première fois où il a vendu de la drogue à un de ses camarades à la fac. Il a fait en sorte de devenir une référence dans son domaine et c'est ce qui a attiré l'attention de Crowley. Castiel a le sens des affaires. Il savait comment ce monde là fonctionne. Il connaît la règle de l'offre et de la demande et il a su faire en sorte d'être incontournable rapidement. Quand je l'ai rencontré, j'ai été fasciné par son talent et par ce dont il était capable. Crowley a choisi de nous faire travailler ensemble parce qu'on se complétait. Castiel avait le sens des affaires et moi je n'avais aucune morale. Aucun principe. J'étais capable de tuer n'importe qui pour n'importe quelle raison. J'étais le Mister Hyde de son Docteur Jekyll.

Dean trouvait tout cela ridicule. Il savait que Castiel était parfaitement capable de tuer un homme. De le faire souffrir et d'en retirer un certain plaisir malsain. Il n'avait pas besoin de Gabriel sur ce point.

- Tu ne me feras pas croire qu'il avait besoin de toi pour se débarrasser de ses ennemis. Je l'ai vu faire de mes propres yeux, jeta t-il un peu malgré lui.

Gabriel hocha la tête.

- Oui, il en est capable. C'est ce qui lui a en partie permis de rester à son niveau toutes ces années. Mais Castiel … il est différent de moi. Il a des principes. Ce ne sont peut être pas ceux des gens dit « normaux ». des biens pensant et de tous ceux qui respectent la loi mais ça en change rien. Il a des principes moraux dont il ne pourra jamais se défaire. Il ne tuera jamais un innocent. Il ne fera jamais souffrir quelqu'un qui ne le mérite pas. Il se débarrassera de ses ennemis sans hésiter une seconde et il fera souffrir tous ceux qui font du mal aux gens qui comptent pour lui. Mais le code de conduite qu'il s'est lui même imposé l'empêchera toujours d'aller plus loin. Et c'est là que j'interviens moi.

- Comment ça aller plus loin ? Demanda Dean.

Gabriel s'éloigna alors de lui pour aller chercher un large couteau sur une commode un peu plus loin. Dean déglutit avec peine en le regardant approcher à nouveau. Il savait parfaitement ce que Gabriel avait en tête. Et il était évident que le temps lui était compté.

- Dans notre monde, la plupart des gens que nous côtoyons sont tout à fait prêt à mourir pour leur patron ou pour leurs associés. Ils savent que cela fait partie des risques du métier. Mourir ne leur fait pas peur. Et quand on a besoin d'obtenir quelque chose d'eux, on a besoin de leur faire peur. Les menacer de mort ne sert strictement à rien. On doit s'attaquer à ceux qu'ils aiment le plus. Peu importe que ce soit une épouse, un petit ami, un parent ou un enfant. Peu importe le degré d'innocence de la personne en question. Il faut savoir taper là où ça fait vraiment mal. Castiel n'en a jamais été capable mais il a toujours su que c'était nécessaire. Alors c'était à moi que revenait la tâche de le faire. Et crois moi Dean, je n'ai jamais eu aucun mal à faire ce qui était nécessaire. J'y ai même pris un certain plaisir.

- Tu as … tu es un monstre, souffla Dean, écœuré.

Il n'avait jamais imaginé Gabriel comme un meurtrier. Il savait qu'il était capable de tout pour aider Castiel. Mais il le voyait comme un homme d'affaire uniquement. Comme un homme capable d'aligner des millions de dollars pour obtenir des informations. Il ne l'avait jamais imaginé tuant un enfant sans sourciller. Il était pourtant sûr à présent qu'il l'avait déjà fait. Et qu'il n'hésiterait pas à le refaire si cela était nécessaire.

- Oui, je suis un monstre Dean. Je suis le pire monstre qui soit. Et tu vas en avoir la preuve ce soir. Tu as eu tort de me sous estimer. Tu n'es pas le premier bien sûr. Mais il sera encore plus agréable de te prouver à toi que tu as eu tort sur toute la ligne.

Dean commença alors à se débattre à nouveau. C'était inutile bien sûr. La chaîne ne cédera pas simplement parce qu'il gigotait comme un imbécile sur sa chaise. Mais il sentait que Gabriel avait fini de parler et après tout ce qu'il avait appris sur lui, il était terrifié. Il entendit son adversaire rire durant de longues secondes mais il ne chercha pas à le regarder. Il continua à se débattre inutilement avec l'espoir fou qu'un miracle finirait par se produire.

Ce ne fut que lorsque Gabriel saisit sa main gauche qu'il s'immobilisa enfin et leva les yeux vers lui.

- Tu sais que c'est inutile. Si j'étais toi, je ne gaspillerais pas mes forces bêtement. Tu vas en avoir besoin pour survivre à cette soirée.

Dean tenta de retirer sa main de l'emprise de Gabriel en vain. Il avait reçu un choc important durant son accident et il manquait de force. Il ne put rien faire pour empêcher son adversaire de plaquer sa main sur la table et de l'attacher avec une corde qu'il n'avait pas vu jusque là. Il ne put pas non plus l'empêcher de replier tous ses doigts hormis l'annulaire.

- Tu sais que c'est inévitable Dean.

- Lâche moi espace de salopard !

- Tu sais … je n'ai pas choisi ce doigt par hasard. J'aurais pu commencer par un autre mais … il y a quelque chose de symbolique à opter pour ton annulaire gauche. Tu veux savoir quoi ?

Dean se fichait de ce qu'il disait à présent. Il se fichait de tout. Il n'avait plus qu'une seule idée en tête. S'enfuir. Il avait toujours une main de libre et Gabriel semblait trop concentré sur celle qu'il avait attaché à la table pour s'en soucier. Dean prit alors une grande inspiration puis lança son poing en direction du visage de son adversaire. Il le toucha à la joue mais ne parvint par à le faire reculer. Gabriel lui attrapa le poignet avant qu'il ait le temps de le frapper à nouveau et plaqua sa main contre l'accoudoir de la chaise. Il sortit une paire de menottes de sa poche de pantalon et l'utilisa pour attacher son bras. Dean était à présent totalement à sa merci. Sans défense. Il ne pourrait plus empêcher Gabriel de lui faire du mal. Il sentit les larmes rouler sur ses joues et il s'en voulut aussitôt. Il aurait aimé pouvoir rester fort et digne. Ne pas céder et donner cette satisfaction à son adversaire. Il n'en avait toutefois pas la force. Il commença à sangloter quelques secondes plus tard, arrachant un large sourire à Gabriel.

- Tu es fascinant quand tu pleures. La plupart des hommes que j'ai vu sangloter n'avait pas … je les ai toujours trouvé ridicule et pitoyable. Mais pas toi. Il y a quelque chose d'extrêmement digne et magnifique dans ta façon de céder. Je comprends pourquoi Castiel refuse de te perdre. Tu es parfait.

Dean aurait aimé pouvoir rétorquer quelque chose d'intelligent mais il était incapable de parler. Ses sanglots l'étouffaient. Il ne pouvait pas lutter contre. Gabriel le regarda durant quelques secondes avant d'hocher la tête et de se concentrer à nouveau sur sa main attachée à la table. Il saisit son annulaire gauche.

- Comme je te le disais tout à l'heure, je n'ai pas choisi ce doigt par hasard. L'envoyer à Castiel n'aura pas la même signification que lui envoyer un autre. C'est celui qui symbolise le mieux l'échec de votre histoire. Il aurait été celui autour duquel il aurait passé une alliance si vous aviez été un couple comme les autres. Le couper, c'est comme mettre un point final à votre douce illusion. Même si tu sortais de cette histoire vivant et même si Castiel te retrouvait un jour, il ne pourrait plus jamais te passer une alliance. Tu ne trouves pas ça … magnifique ?

Dean trouvait ça terrifiant. Gabriel n'était pas seulement un monstres. C'était également un sadique et un malade mental. Il était excité à l'idée de faire souffrir un homme. De lui couper un doigt. Rien dans tout ce qu'ils avaient vécu jusque là ne justifiait un tel désir d'infliger cette torture.

- Mettons nous au travail, lança alors Gabriel en approchant le couteau du doigt de Dean.

Il sentit le couteau appuyer contre sa peau et il sut alors qu'il ne pourrait rien faire pour y échapper. Il ferma les yeux aussitôt et eut la sensation qu'il quittait son corps. Le cerveau était une chose merveilleuse capable des plus incroyables miracles. Car quand Gabriel trancha son doigt, il eut conscience qu'il souffrait. Que la douleur était pire que tout ce qu'il avait vécu jusque là. Mais il ne la ressentit pas. C'était presque comme si tout son corps s'était mis en veille. Comme si son cerveau s'était déconnecté de ses nerfs pour que la douleur ne soit pas effective. Dean s'entendit crier. Mais il ne ressentait rien. Il n'était plus là. Il vivait tout ceci de l'extérieur.

Et quand il finit par rouvrir les yeux et qu'il vit son doigt, détaché à présent de sa main, ce fut presque comme s'il ne lui appartenait pas. Il pouvait voir le sang couler. Mais il était totalement anesthésié. Il priait pour que cela dure le plus longtemps possible.

- Je vais aller chercher de quoi nettoyer et bander la plaie. Il serait idiot que tu meurs d'une hémorragie quand je commence tout juste à m'amuser avec toi, lança Gabriel d'un ton enjoué.

Il jeta ensuite le couteau qu'il avait utilisé sur la table et s'éloigna de Dean. Ce dernier garda les yeux rivé sur son doigt et sur la moignon auquel il avait été attaché quelques minutes plus tôt. C'était une scène digne d'un film d'horreur. Dean avait la nausée. Mais il était également fasciné par ce qu'il voyait. Sa main semblait étrange à présent. L'espace entre son auriculaire et son majeur lui paraissait grotesque. Il se mit à rire sans réellement s'en rendre compte. Il était probablement en train de perdre la tête. C'était sans aucun doute la meilleure chose qui pouvait lui arriver.

Il rit pendant quelques secondes avant de recommencer à sangloter. Maintenant que l'adrénaline n'affluait plus dans ses veines, la douleur revenait lentement. Et elle était inimaginable. Elle était pire que ce qu'il avait envisagé. Sa main entière le lançait. Ce qui restait de son doigt le brûlait affreusement. Et le sang continuait de couler. Il finirait peut être par mourir d'une hémorragie comme Gabriel l'avait évoqué. Dean espérait sincèrement que ce serait rapide. Il ne pourrait pas supporter que son adversaire lui tranche un deuxième doigt.

- Je t'avais dit que ce serait douloureux. Le plus souvent, ça ne l'est pas immédiatement. Mais quand les informations sont de nouveau transmises de tes nerfs à ton cerveau, c'est atroce. Et ce n'est que le début malheureusement.

Dean continua à sangloter. Il aurait voulu pouvoir perdre connaissance. Tout aurait été plus simple s'il avait pu s'évanouir. Il ne souffrirait plus. Et avec un peu de chance, il ne réveillerait pas.

- Je préfère te prévenir tout de suite, je n'ai rien d'autre que de l'alcool pour nettoyer la plaie. Ça risque de piquer un peu, expliqua Gabriel en imbibant une compresse de désinfectant.

Dean avait presque envie de rire en entendant cela. Piquer un peu. Comment Gabriel pouvait parler ainsi ? Dean souffrait à tel point qu'il doutait de pouvoir avoir plus mal encore. Peu importait ce que son adversaire faisait à présent.

Gabriel nettoya rapidement la plaie et comme Dean s'y était attendu, cela n'aggrava en rien la douleur qu'il ressentait déjà. Elle irradiait dans tout son bras à présent. Il avait la sensation qu'on avait mis le feu à sa main. Il regarda tout de même Gabriel bander ce qui restait de son doigt avec délicatesse et expérience. Ce n'était pas la première fois qu'il faisait cela. C'était évident.

Quand il eut fini de le soigner, il attrapa son doigt coupé et l'observa de longues secondes.

- Est-ce qu'on t'a déjà dit que tu avais des mains magnifiques ?

Dean refusait de répondre. Il refusait de parler. Gabriel pouvait continuer son petit monologue si cela lui faisait plaisir. Mais le jeune homme refusait de lui donner ce plaisir. Il resterait silencieux jusqu'au bout.

- Je ne sais pas si Castiel te l'a déjà dit ou non mais c'est pourtant vrai. Ce n'est pas forcément ce que la majorité des gens regardent en premier. Surtout pas quand ils ont face à lui quelqu'un d'esthétiquement parfait comme toi. Mais en ce qui me concerne, c'est pourtant la première chose que j'ai remarqué. Tes mains … tes longs doigts élégants. Tu as les mains d'un pianiste. Je ne peux qu'imaginer le plaisir qu'elles sont capables de procurer.

Castiel ne lui avait jamais parlé de ses mains. Il l'avait complimenté sur son corps à de multiples reprises. Sur son visage et même ses taches de rousseur. Mais jamais ses mains. Dean savait qu'il plaisait. Et s'il ne comprenait pas toujours la fascination que Castiel avait pour lui, il avait fini par croire qu'il était sincère. Entendre des compliments similaires dans la bouche de Gabriel lui donnait envie de vomir. Le faisait se sentir sali.

- Je vais tout de même être honnête avec toi. Si tes mains sont la première chose que j'ai remarqué chez toi, ce n'est pas la seule bien sûr. Je suis un homme bisexuel qui sait apprécier les belles choses. Et tu es sans doute l'homme le plus séduisant qu'il m'ait été donné de voir dans ma vie. Après avoir longuement observé tes mains, j'ai pris le temps d'admirer le reste. Et crois moi, j'ai beaucoup aimé ce que j'ai vu … tes yeux sont incroyables. Beaucoup de femmes tueraient pour avoir tes cils et ta bouche. Et je ne te parle même pas de ton corps … de tes fesses … de ces muscles qu'on devine chez toi. J'ai toujours pensé que Castiel était chanceux d'avoir mis la main sur toi. S'il n'avait pas été intéressé, j'aurais probablement tenté ma chance.

Dean n'aurait jamais succombé aux avances de Gabriel. D'abord parce qu'il n'était pas sa cible mais aussi et surtout parce qu'il n'était pas son style. Parce qu'il aimait qu'on prenne le contrôle sur lui quand il couchait avec un homme, Dean choisissait toujours des partenaires plus grand que lui ou plus musclé. Castiel était peut être plus petit mais il était une exception. Il n'avait pas besoin de quelques centimètres de plus pour séduire Dean. Il n'avait pas besoin d'être plus musclé. Sa force était évidente. Elle émanait de lui. Gabriel, de son côté, était trop petit et trop frêle pour que Dean s'y intéresse. Même s'il n'avait pas été un monstre, le jeune homme ne l'aurait jamais ramené chez lui.

- Ne t'épuise pas à me le dire Dean, je sais que je n'aurais eu aucune chance de te séduire. Je sais que je ne suis pas ton style. Mais je suis pourtant convaincu que j'aurais pu t'avoir … que tu le veuilles ou non.

Dean sentit une nouvelle nausée monter en lui. Il ne savait pas si c'était du à ce que Gabriel venait de dire ou à la douleur cuisante qu'il ressentait toujours. Mais cette fois, il ne put rien faire pour la retenir. Il se pencha sur le côté et vomit le contenu de son estomac sur le sol. Quand il eut fini, il avait le front couvert de sueur et les joues couvertes de larmes. Il ne s'était jamais senti aussi mal. Et Gabriel avait raison. Cela ne faisait que commencer.

- Peut être devrais tu essayer de dormir un peu. Tu as besoin de te reposer, avança Gabriel en lui tapotant doucement l'épaule.

Comment Dean pouvait il s'endormir quand il souffrait le martyre ? Il savait que c'était impossible. Il aurait voulu le dire à Gabriel. Mais il continuait à refuser de parler.

- Oh je sais que ce n'est pas simple dans ton état mais j'ai justement ce qu'il te faut.

Il sortit des somnifères de sa trousse à pharmacie. Dean les observa longuement.

- Je ne vais pas te forcer à les prendre. Mais je t'encourage vivement à les accepter.

Dean était partagé entre l'envie de rester conscient pour avoir une chance de s'échapper et l'envie de les prendre pour fuir Gabriel et les tortures qu'il avait encore envie de lui infliger. Il ne pourrait jamais s'endormir seul. Et la souffrance était telle qu'il doutait de pouvoir la supporter plus longtemps. Il finit donc par ouvrir la bouche pour signifier à Gabriel qu'il acceptait de les prendre. Ce dernier lui sourit puis en glisser un entre ses lèvres. Il lui fit ensuite boire quelques gorgées d'eau et recula d'un pas.

- Fais de beaux rêves Dean, souffla t-il enfin avant de s'éloigner.

Dean ferma les yeux, les cachets faisant déjà effet. Il doutait de faire de « beaux rêves » comme Gabriel le lui avait dit. Il était convaincu que d'atroces cauchemars l'attendaient dans son sommeil. Mais il s'en contrefichait. Il avait besoin d'échapper à tout ça pour quelques heures. Il avait besoin de reprendre des forces. Et il était prêt à tout pour ça.