...
Salut les filles ! :)
J'espère que vous allez toutes bien, et que vous profitez de ce jour de repos ! D'ailleurs, je vous souhaite à toutes une bonne fête du travail. Je vous offrirai bien du muguet, mais ça rentre pas par mon port USB. Donc bon.. On se contentera de le souhaiter de loin, hein.
Etant toujours en vacances j'ai pu vous terminer ce chapitre, et je pense me mettre sur un OS pour quelque temps. On verra bien !
Je suis toujours aussi choquée de voir votre enthousiasme quant à la suite de cette fiction, et de voir de nouveaux pseudos, également. Ca fait toujours très plaisir ! Merci pour vos alertes, vos favoris, vos reviews ou MP.. Vous êtes magiques !
Je réponds de suite aux reviews des non-inscrites ;
Lulu : Moi ? Sadique ? Je ne crois pas, non. Je ne l'ai jamais été. :3 Oulalala, mais les plans de ouf que tu te fais, toi. Non, Edward ne va se battre avec personne. Irina violée par Royce ? OO. Lol. Charlie ne va tirer sur personne non plus. On est pas dans Plus Belle La Vie, hein. Un point de vue Alice ? Noooon. Je pense pas que ce soit quelque chose que j'aimerai écrire. Pas de point de vue Alice, désolée. En tout cas je suis contente que ça te plaise, tarée ! Voici la suite, te ronge pas les ongles, cette fois. Pff, et vive le Roi Lion ! Tchou.
Ilonka : Hey Miss. Oui, Irina cache en effet quelque chose, mais de là à dire que ça a un rapport avec James.. Tu verras bien. Mais en tout cas j'espère que cette suite te plaira ! Prends soin de toi, bonne lecture.
Vanessa : Oh, mais tout le monde a pleuré, alors que je sais même pas pourquoi ! Le dernier chapitre prêtait pas aux larmes du tout. Mais en tout cas je suis contente qu'il t'ait plu. Voilà la suite, j'espère que ça te plaira aussi. Bonne lecture, Miss.
Mary : J'ai pas fait de suspense dans le dernier chapitre, si ? Si j'en ai fait.. Désolée. ^^' En tout cas je suis toujours aussi contente que mes chapitres te plaisent ! Ne t'en fais pas trop pour Rosalie et Emmett, va. Voici la suite que tu attendais. Prends soin de toi, Miss, et bonne lecture.
Larsand : Yep, en effet, il était temps que Bella se rende un peu compte du fait qu'elle avait tendance à mettre Edward de côté. Ne t'en fais pas, il va encore se passer un ou deux trucs, mais après le monde tournera autour d'Edward. M'enfin, on en reparlera. J'espère que ça t'a tout de même plu. :) Prends soin de toi, Miss. & Bonne lecture.
Fifi : & Bien, j'espère que ce nouveau chapitre te fera aussi plaisir que le précédent ! Pour Irina.. Encore un tout petit peu de patience, tu verras ! Voici ta suite. Prends soin de toi ma Belle ! :)
Ness : Han, mais vous avez toutes pleurer.. pour rien. C'est tout, vous pleurez pour rien. Pour James et Bella.. Encore un peu de patience. Mais en tout cas tout ce que tu dis me fait super plaisir, ma Belle ! Ca me va droit au cœur, et j'espère sincèrement que cette fiction ne te décevra jamais. La suite est là.. Enjoy. :)
Maryline : Je suppose que le talent est une question de point de vue. Comme je te l'ai déjà dit, je te remercie de penser que j'en ai, même si je ne partage pas ton avis. Très heureuse que le dernier chapitre t'ait plu, voici la suite que tu attendais tant. Bonne lecture, Miss.
MarieG : Haha, oui, c'étaient bien des Cookie Crisp ! Les meilleures céréales qui soient, quoi ! Sinon.. Pour James et Bella, ta patience va très bientôt payer. Et pour le chap.. Non, du tout ! Je pensais pas du tout que vous alliez toutes pleurer ainsi. Là je l'ai vraiment pas voulu.. Imagine quand je vais le vouloir. Je vois que tu te poses beaucoup de questions par rapport à James.. Alors pour aller plus vite je ne dirai rien, et t'inviterai à lire le chapitre. :) Mais oui.. Les autres seront toujours présents pour Emmett, Rose, et leur futur bébé. C'est normal. En tout cas encore un gros merci pour être là ! & Pour illuminer ma boîte mail de tes si gentilles reviews ! :) Voici la suite que tu attendais.. En espérant qu'elle te plaise, bonne lecture ! :)
Lisa : Donc en fait si j'ai bien compris.. Toi tu sautilles tout le temps ? x) Question du deal.. Je te laisse Jasper, Edward et Jake.. Mais je garde James, Emmett et Benjamin. Et Alec aussi. Ca te va ? C'est normal qu'ils soient tous solidaires.. Tout à fait normal, même ! Ah, tu as compris pourquoi Irina est si bizarre ? Ben lis, et puis tu m'diras si c'était ça ton idée. :) En tout cas ton enthousiasme me fait super plaisir, tarée ! J'aime beaucoup tes reviews pleines de bonne humeur, sache-le. Allez, va lire. Peace.
Aussidagility : Ah ouais, toi aussi t'as une panoplie de cicatrices ? Moi ça va encore, je suis pas trop une casse cou, mais toi si apparemment. Ah, tu t'es reconnue dans la non-conversation James/Bella ? J'espère que ton frère et toi vous entendez tout de même bien. En tout cas prends bien soin de toi, ma Belle. & Puis je te souhaite une bonne lecture. :)
Marine : Miss, au cas où tu ne l'aurais pas remarqué.. Cette fiction n'a jamais tourné autour d'Edward et Bella.. Ils sont proches, mais pas exclusifs et je ne m'étouffe pas dans mes chapitres en racontant leurs histoires. Désolée si ça n'est pas à ton goût. Bonne lecture à toi.
Laurie : Merci à toi d'avoir pris le temps de le lire, surtout. Bonne lecture, Miss, et prends soin de toi.
Mamouneedward : Tes reviews s'arrêtent au chapitre 5, je ne sais pas si tu es allée plus loin. Mais en tout cas je suis heureuse de voir que le début t'a plu. Merci à toi, ma Belle, pour avoir pris le temps de me lire. Ca me fait très plaisir. :) Prends soin de toi.
Twilight-et-the-vampire : Très heureuse que ce dernier chapitre t'ait plu, Miss ! Pour James et Bella.. Encore un peu de patience, et tu verras. Voici la suite que tu attendais.. Prends soin de toi et bonne lecture.
Amélie Flo alias Florica : Hey ma Belle ! Tu sais très bien que je suis toujours aussi heureuse de voir que tu aimes cette fiction ! Ca me fait chaud au cœur ! Oui, il est vrai que tout ce que j'ai écrit s'est passé dans un temps plutôt court.. Mais bon. En tout cas voici la suite que tu attendais ! J'espère qu'elle te plaira. Prends bien soin de toi, peace. :)
Voilà pour ça..
Un gros merci à Nassou, qui a corrigé ce chapitre. Une pensée à Delph, qui doit encore se remettre du décalage horaire à l'heure qu'il est. & A toutes mes p'tites chéries, qui se reconnaîtront sans doute.
Bon ben je vous embête pas plus longtemps, et vous laisse à votre lecture. On se retrouve en bas ?
Bonne lecture les enfants. N'oubliez pas que seul le contexte de cette histoire m'appartient. Le reste est à SM ! :)
HAKUNA MATATA ! =D
« Bien sûr qu'on m'a déjà lâché la main, mais j'ai su la ressaisir avec le temps. Désormais, il est hors de question que je lâche qui que ce soit. Peu importe ce que ça me coûte. »
~.*.~
PS ; Ce chapitre est un peu plus violent qu'à l'accoutumée. Autant dans les gestes que dans les paroles.. Je préviens juste. ;)
Point de vue Bella
« .. Jacob a effrayé le jeune couple qui était venu lui rendre visite, aujourd'hui. Il assure que non, mais je suis persuadée qu'il l'a fait exprès. Je l'ai entendu se plaindre de cette visite hier, avec James. Ce dernier a d'ailleurs refusé que je lui présente une nouvelle famille, aujourd'hui. Ces deux là causeront ma perte, c'est sûr. Mais bizarrement.. Ça me fait sourire. Pour ce qui est d'Isabella.. Elle a décrété aujourd'hui qu'on devait l'appeler « Bella », parce que c'est mieux. Du haut de ses six ans, celle-ci nous mène tous par le bout du nez. Ses sourires, bien que rares, sont plus magnifiques les uns que les autres, et il m'est difficile de ne pas avoir les larmes aux yeux lorsqu'elle m'adresse un de ces petits trésors. James lui a répondu qu'il l'appellerait Pitchoune, qu'elle le veuille ou non, et Jacob a suivi le mouvement. Comme s'il pouvait en être autrement, de toute façon.. A y réfléchir, ce sont ces trois là qui causeront ma perte. Ils sont toujours en train de se chamailler, de se chercher, j'ai même vu Jake essayer de mordre le mollet de James, hier, sous prétexte qu'il l'avait fait perdre à Super Mario Bros. Mais le plus étonnant, dans tout ça, c'est la manière dont ils s'allient tous les trois lorsqu'un autre petit essaie de les disputer. Le pauvre Evan a bien essayé, hier, et a très vite compris qu'il valait mieux laisser tomber. Bella lui ayant clairement dit « d'aller manger ses crottes de nez ailleurs et de laisser les gens saints, alimentairement parlant, tranquilles. » Ce à quoi James avait ajouté « Et on précise le « alimentairement » parce que ce stupide de Jacob est un handicapé de la vie ». J'ai hésité entre rire et pleurer.. Alors j'ai gloussé, finalement. Bien que très antisociales dans leur genre, ces trois là se sont bien trouvés. J'ai foi en eux. Ils deviendront des gens biens, il n'y a pas de doutes. […] J'ai été convoquée par la directrice de l'école primaire, aujourd'hui. James.. Il a frappé un de ses camarades parce qu'il a essayé de faire un bisou à Bella. Celle-ci n'étant pas d'accord, elle a crié, James est arrivé avant même que les lèvres du petit dragueur ne se soit décollées de celles de ma petite, il s'est retrouvé par terre avec une belle marque rouge sur la joue. Après ça, James n'a pas voulu rentrer dans l'établissement, refusant catégoriquement de laisser Bella seule avec « ce nul », histoire d'être sûr qu'il ne la touche plus. Jacob a dû promettre de garder un œil sur Bella, pour que James retourne en classe. La directrice n'était pas contente. Ce n'est pas la première fois que ça arrive, je vais en parler à James. Il faut qu'il arrête ça.. […] Ces petits me fatiguent.. Depuis que j'ai interdit à James de lever la main sur qui que ce soit, c'est Jacob qui tape. Quelqu'un s'est moqué de Bella, lorsqu'elle est tombée dans la cour de récré, aujourd'hui, James n'a pas bougé. Jake, lui.. Je crois que la directrice ne m'aime pas tellement, à présent, mais qu'importe.. Bella parle un peu plus, maintenant. A chaque fois que les garçons l'aident, elle est plus ouverte, je crois qu'elle comprend qu'ils l'aiment. Et je crois qu'elle accepte de montrer qu'elle les aime aussi. Je souris rien que d'y penser. Ces petits auront sûrement ma perte.. Mais bon sang, qu'est ce que je les aime. »
- Bébé ?
Je relevai les yeux du journal de ma mère pour regarder Edward, qui se tenait à l'embrasure de la porte de notre chambre.
- Tu sais où est ma veste noire ? Questionna-t-il.
- Hm.. Je crois que je l'ai repassée, hier, regarde dans le placard de l'entrée.
- Merci.
Je souris en guise de « De rien » et il disparu. J'appuyai sur mon téléphone, et regardai l'heure. 21h35.
Jacob n'allait plus tarder. Mon frère venait me chercher, ce soir, nous allions tous deux à Seattle, et il était convenu que je revienne seule à bord de ma Mini. Benjamin avait trouvé une voiture à mon frère et devait lui ramener demain dans l'après midi, Jake n'avait donc plus besoin de la mienne pour faire les allers-retours La Push-Seattle. Je lui avais bien proposé de rester chez nous, étant plus près de chez ses parents que lui ne l'était, mais il avait refusé, insinuant qu'il n'accepterait pas de me voir dormir avec un gars, dans la même chambre, dans le même lit. Il pouvait parfois être si arriéré.
- J'ai, entendis-je.
Edward me désigna sa veste, posant celle-ci sur le bureau avant de sauter sur le lit à côté de moi.
- Tu vas bientôt partir ? Questionnai-je.
- Jazz sera prêt d'ici une quinzaine de minutes, je ne vais pas tarder, confirma-t-il en appuyant sa tête sur mon épaule.
- Bien.
Mon fiancé passait la soirée avec Jasper et Alec, chez ce dernier. Il y avait un match de basket sur ESPN. Après ça, ils avaient prévu de regarder le dernier Ghost Rider. Edward dormait chez ses parents, ce soir. Esmée voulait aller faire quelques achats, dont des meubles, et avait demandé à louer les deux bras de son fils. N'étant pas là ce soir, et pour une bonne partie de la nuit, Edward avait accepté sans hésiter.
Je souris en sentant les lèvres d'Edward frôler la peau de mon cou, sa main droite voyageant sur mon ventre pour venir s'accrocher à ma hanche. Je posai le journal de ma mère sur la table de chevet, me tournant vers mon fiancé. Celui-ci arborait ce sourire asymétrique qui lui allait si bien. Je l'embrassai au coin des lèvres, et ses doigts allèrent dans mes cheveux, lissant ceux-ci avec tendresse.
- T'as eu des nouvelles d'Irina ? Demandai-je.
Edward secoua la tête, l'inquiétude se peignant sur son visage. Irina n'était pas revenue de la semaine. On l'avait croisait mercredi, dans les escaliers. Elle était toute blanche, décoiffée, amaigrie. Elle nous avait fui, prétextant devoir aller chercher sa fille à l'école, à 14h50. J'ai essayé de la suivre, elle m'a juste.. crié dessus en m'implorant de la laisser tranquille. J'avais peur pour elle. Elle ne répondait à aucun de nous, ne nous parlait plus. Rosalie n'avait aucune nouvelle, ni même Edward.
- Je suis allé voir chez sa grand-mère, tout à l'heure, elle était là. Elle a dit qu'elle-même ne savait pas ce qui se passait. Irina n'en a parlé à personne. Son père ne l'a pas vu depuis trois jours, elle l'a juste appelé pour lui dire qu'elle allait bien.
- Qu'est ce qui lui arrive, Edward ?
- Je ne sais pas. Mais ne t'inquiète pas trop. Irina est très débrouillarde, et posée.
- Et s'il lui était arrivé quelque chose ?
- Non. Il ne lui arrivera rien. Irina ne s'autorise aucune erreur, par rapport à sa fille. Ne t'en fais pas. Elle reviendra prochainement, quand elle se sentira prête pour parler.
Je soupirai, me serrant un peu plus contre les bras d'Edward.
- Fais moi confiance, souffla ce dernier.
- Je te fais confiance.
Il posa ses lèvres dans mes cheveux, et je fermai les yeux une seconde. Emmett ne participait pas à leur petite soirée. Il voulait emmener Rosalie au cinéma, voir Titanic en version 3D. J'avais ri en l'apprenant, puis en sachant que c'était le film préféré de Rose, j'avais compris qu'il faisait des efforts. Leonardo DiCaprio VS Tony Parker, il était clair que ce n'était pas normal qu'il finisse au ciné.
- Je vais y aller, mon Amour.
Je relevai le menton du torse d'Edward en hochant la tête.
- Jake ne va plus tarder non plus. Passe une bonne soirée.
- Toi aussi. Tu fais attention sur la route, hein ?
- Promis.
Il sourit, prenant mon visage en coupe avant de déposer ses lèvres sur les miennes. Sa bouche, douce et chaude, caressa la mienne avec une tendresse sans pareille, me faisant sentir plus que aimée. Je souris contre les lèvres de mon fiancé, et nous nous détachions au bout de quelques secondes. Edward me regarda un instant supplémentaire, ses yeux verts simplement posés sur les miens, me scrutant sans un mot. Je lui fis un second sourire, et son regard s'illumina. Il attrapa mes doigts tendrement, déposant un baiser sur chacune de mes phalanges avant de s'éloigner. Après m'avoir embrassée une dernière fois, il s'en alla, et je soupirai lentement.
Alors que je me tournais pour prendre mon téléphone, celui-ci se mit à vibrer. Jake.
- Allô ?
- Je suis en bas, tu descends ?
- Laisse moi une minute.
- Ramène moi à boire, please.
- Ça marche.
Je pressai le bouton me permettant de couper la ligne et me dirigeai vers mon frigo en glissant mon téléphone dans la poche arrière de mon jeans. Je portais un simple jean slim noir, ainsi qu'un pull à col ouvert bleu roi et d'une veste en cuir noir. J'attrapai mes converses de la même couleur et les enfilai en vitesse après m'être saisie d'une bouteille de soda. Je refermai l'appartement à clé, derrière moi, et descendis les cinq étages à toute vitesse. Je souris en apercevant ma Mini garée sur le bas côté, m'attendant patiemment.
- Salut, dis-je à mon frère en m'asseyant côté passager.
- Heeey, ma Chérie, sourit-il.
Jacob se pencha légèrement afin de poser ses lèvres sur ma joue. Je souris à son contact alors que son odeur envahissait mes poumons.
- Tu m'as manqué, avoua-t-il.
Mon sourire s'agrandit un peu plus.
- Tiens, je t'ai pris du coca, affirmai-je en lui tendant la bouteille de plastique.
- Merci beaucoup !
Il ouvrit le soda sans attendre, se désaltérant à même le goulot.
- Tu veux conduire ? S'enquit-il par la suite.
- Non, je conduirai sur le retour.
- Comme tu veux !
Mon frère mit le contact, et prit rapidement la route. Nous quittions Forks rapidement. Jake conduisait très bien malgré ses presque deux mètres de hauteur pliés dans ma toute petite Mini. Cette pensée me fit sourire, et mon frère questionna.
- Pourquoi tu souris, Stupide ?
- J'étais en train de me dire que tu.. Ben que tu arrivais à rentrer dans ma Mini, en fait.
- Ha-ha.
- Ben quoi ! Avoue que ça peut paraître étonnant !
- Je t'emmerde, la naine.
- Je sais.
Il me regarda du coin de l'œil, avant de me pousser légèrement, me faisant rire.
- T'as repris du poids, Pitchoune. C'est bien.
Jacob me fit un sourire tandis que sa main caressait ma joue distraitement. Je me sentis rougir sous ses paroles, et il ricana de mes actes.
- Bref, dis-je maladroitement.
- C'est ça, ouais, bref.
- Bah oui bref.
- C'est ce que je viens de dire.
- Moi aussi.
- Très bien.
- Très bien, répétai-je.
Nous nous regardâmes un instant, et éclatâmes de rire. Ce genre de conversation des plus argumentées ? Nous les partagions depuis notre plus jeune âge.
[…]
Je remontai la couverture sur mes genoux, attrapant ma tasse de café au lait se trouvant sur la petite table du salon.
- Et sinon, ça se passe bien avec tes parents ? Questionnai-je.
Il devait désormais être un peu moins de deux heures du matin, et nous étions à l'Orphelinat. Jacob et moi avions mangé ensemble en ville, avant de finalement revenir ici pour discuter un peu. J'étais assise sur le gros canapé de cuir, vieilli par le temps. Il était très confortable, et j'avais toujours aimé être dessus. Mon frère était à côté de moi, mes jambes repliées au dessus de ses cuisses alors que ses mains traînaient sur la couverture qui recouvraient mon jeans.
- Tout va super, sourit-il spontanément. Ils sont géniaux, si tu savais. Sue est adorable, et mon père me raconte des trucs que je peux pas m'empêcher de trouver passionnants. Sur sa vie, son travail d'avant..
Mes lèvres s'étirèrent en un sourire attendri devant le visage illuminé de mon aîné. Il était heureux, désormais. Ses parents avaient comblés le vide qu'ils avaient toujours laissé en lui, et j'espérais qu'il ne l'abandonne plus jamais.
- Je suis contente pour toi, Jake, avouai-je.
Et c'était totalement vrai. Mon frère tourna la tête vers moi, et un sourire timide apparut sur son visage fatigué.
- Merci, Bella.
- Tu n'as pas à me remercier.
Jacob attrapa mes doigts, son pouce caressant avec une douceur innée mes phalanges. Au bout de quelques secondes, il reprit la parole.
- Parfois, j'ai l'impression de « tromper » Maman, en étant heureux, avec eux. De penser à eux comme étant mes parents, alors qu'elle est la seule réelle mère que j'ai jamais connue, murmura lentement mon frère.
Mon cœur se comprima imperceptiblement en pensant à Béa. Je relevai les yeux vers mon frère, et ce fut à mon tour de caresser ses doigts des miens. Il fit une moue attristée, et je dis.
- Tu ne devrais pas. Je comprends que tu le fasses, mais tu ne devrais pas. Maman voulait uniquement ton bonheur, Jake.
- Je sais. Juste que quand je vois Sue.. J'arrive pas à me dire que c'est elle ma mère. Si demain un gars me demande le nom de ma mère, je répondrais Béatrice Grey, et pourtant si on me demandait le nom de mon père, je répondrais Billy Black. Je sais pas pourquoi je ressens ça..
C'était un avantage que j'avais eu, comparé à mon frère. Je n'avais retrouvé que mon père. Ma mère était, est et resterait toujours Béa, et ça ne poserait problème à personne.
- Tu ne les connais que depuis quelques semaines, Jacob.
- Et pourtant j'ai l'impression d'être vraiment avec mon père, lorsque je suis avec Billy. Mais Sue.. J'arrive pas à me retirer de la tête qu'elle est juste à la seconde place, loin derrière ma mère. Ça m'embête sérieusement de penser ça, parce qu'elle est adorable, et pourtant..
- Je pense que tu devrais lui en parler.
- Tu crois ?
- Oui. Essaie de lui faire comprendre ce que tu ressens.
- Je risque de la blesser.
- J'imagine que la distance que tu instaures entre vous la blesse encore plus. Béatrice a été la seule présence maternelle qu'on ait connue. Toi comme moi. C'est normal qu'elle soit plus une mère à tes yeux que n'importe qui. C'est tout à fait compréhensible. Sue devrait comprendre aussi. Parle-lui-en.
Il me regarda longuement, avant de dire doucement.
- Tu as peut-être raison.
Je lui fis un petit sourire rassurant, mes doigts tenant toujours les siens. Le silence perdura quelques instants entre nous, mes pensées toutes tournées vers ma mère alors que mon frère semblait réfléchir sur Sue. Cependant, après un certain temps, il brisa le silence en questionnant.
- Et toi, alors.. Tu as parlé à ton fiancé ?
- Oui. Oui, je lui ai parlé, soufflai-je en me remémorant la conversation que j'avais eue avec Edward.
- Et .. ?
- Il m'aime. Simplement. Avec mes défauts. Même si je fais ma pseudo assistante sociale les trois quarts de ma journée, et que je le fuis parfois. Ça semble incompréhensible, mais.. Il m'aime quand même.
- C'est pas incompréhensible, sourit Jake. Il est intelligent, c'est tout. Et étrangement mature pour son âge, et la vie qu'il a mené.
- C'est vrai. Je me rends compte un peu plus à chaque jour que j'ai de la chance de l'avoir rencontré.
- Je suis d'accord. Il est quelqu'un de bien, pour toi, Pitchoune.
Je regardai mon frère, étonnée par ses paroles. Jacob n'était pas celui qui arrivait à se poser pour me parler de mon fiancé. L'idée que je sois avec un homme le révulsait complètement, depuis toujours, c'était d'ailleurs assez comique en temps normal. Jake n'était pas ce genre de frère. Non, ça c'était James.
Mon cœur se serra à l'évocation de mon aîné. Depuis le coup de fil et ma non prise de parole, je n'avais rien retenté. Et lui non plus. Je n'arrivais pourtant à me retirer à m'enlever ses mots de la tête. « Pitchoune, c'est toi ? .. Si c'est toi.. Sache que tu me manques. J'espère que tu vas bien... Et que je t'aime, ma Chérie. »
Il avait dit ça spontanément à un inconnu silencieux au téléphone. Mon absence le blessait-il à ce point ? Le blessais-je à ce point ? Je n'aimais pas l'idée de blesser mon frère. Pas James, pas lui. Il avait toujours été là, depuis le début. Ou presque. Des images de l'enterrement de ma mère me revinrent en mémoire, ainsi que l'absence de tous. Mais rapidement ma conscience se rebella et fit barrière, armée d'autres flashs de ma vie. La fois où James m'avait rattrapée pour la première fois. C'était si loin et pourtant si clair. Le jour où il m'avait portée du parc jusqu'à l'Orphelinat, parce que je m'étais tordue la cheville et que j'avais mal. Chaque coccinelle qu'il m'apportait, afin qu'elle décolle devant nous et que nos jours suivant soient ensoleillés de la même façon. La fois où nous avions eu un accrochage avec un gars pas très net et qu'il m'avait ordonné de rester dans la voiture devant l'homme bizarre. Toutes ces fois où il m'avait protégée, ou il avait pris des coups pour moi. Toutes les peines qu'il avait faites s'éloigner. Tous ces sourires qu'il avait fait naître, et ces fous rires déclenchés. Tous ces mots réconfortants et ces promesses d'avenir. De dévouement éternel. Toutes les larmes qu'il avait séchées. Alors qu'il en avait fait naître si peu.
Mon frère avait toujours été là. Depuis la première fois où il m'avait rattrapée dans la salle de jeu de l'Orphelinat. Il avait toujours été présent. A chaque fois que j'avais peur, que j'avais mal ou bien simplement froid. Il m'avait toujours tendu la main, donné sa veste, m'avait toujours maintenue contre lui pour ne pas que j'ai peur à cause d'un orage un peu trop violent. Il n'y avait pas une seule fois où il n'avait pas répondu à mes appels à l'aide, pas une seule occasion de me faire sourire loupées. James était mon plus vieux repère. Avant même Béa ou Jacob. Alors que Béatrice Grey bataillait contre ses sentiments maternels à notre sujet et que Jake ne s'approchait de moi que pour rester près de James, mon frère m'avait rattrapée. Simplement. Il m'avait rattrapée, là, dans la salle de jeu, un sourire attendri sur les lèvres et ses bras m'entourant comme ils l'avaient toujours fait par la suite. Rassurants, puissants et pourtant si doux.
Mon cœur accéléra sa cadence, ma respiration se fit hachée, alors que j'étais prise de sueur froide.
Qu'avais-je fait ?Qu'avais-je fait à mon frère ?
- Isabella ?
Je relevai les yeux vers Jacob, visiblement intrigué face à moi.
- Qu'est ce qui se passe ? S'inquiéta-t-il devant mon regard que j'imaginais être mis à vif.
- Je.. Bafouillai-je. Je.. Je dois appeler James. James.. Il faut que je l'appelle.
Il écarquilla les yeux face à mon ton pressé et brutal. Je posai la tasse sur la table sans perdre une seconde, me levant rapidement en jetant la couverture par terre. J'attrapai mon téléphone dans ma poche, et composai déjà le numéro de mon frère.
- Qu'est ce qui se passe, Bella ?
- Rien. Juste que j'ai fait la conne, avec lui aussi ! M'énervai-je toute seule.
Jake sembla totalement perdu en se levant à son tour. Je portai le mobile à mon oreille et la première tonalité retentit. Mon cœur battit la chamade, mes jambes semblaient être faîtes de coton. Je tremblai de partout, et pourtant j'étais déterminée à parler.
- Réponds, réponds.. L'exhortai-je à la troisième tonalité.
Mais il n'en fit rien.
- « Vous êtes bien sur la messagerie de James Adamson, je ne suis pas disponible pour le moment mais n'hésitez pas à laisser un message. Je vous rappellerai dès que j'en prendrai connaissance. »
Ma gorge se serra alors que je pressai le bouton rouge sans laisser le temps au traditionnel « Bip » de retentir. Je refis son numéro, deux fois après ça, mais ce fut le silence absolu.
- Peut-être s'est-il endormi, tenta de me réconforter Jacob. Envoie-lui un SMS pour qu'il te rappelle.
- Et s'il ne le fait pas ?
J'avais des sanglots dans la voix, ma prise soudaine de conscience et l'adrénaline provoquée par celle-ci se transformant en violente douleur au creux de mon être.
- Il le fera, je t'assure.
Devant le regard implacable de mon aîné, je fis ce qu'il me dit et pianotai un message à James. Honteuse, je fis dans le simple.
« Rappelle-moi, James. J'ai besoin de te parler. Je viendrai à Seattle s'il le faut. S'il te plaît. Bella »
Je laissai tomber le téléphone portable sur le canapé. Mes mains tremblaient étrangement, et je mis un instant supplémentaire avant de me rendre compte que je tremblais entièrement, en réalité. Ces mots traversèrent ma bouche avant même que je n'ai eu le temps de les penser.
- Qu'est ce que j'ai fait, Jake ? J'aurais pas dû agir comme ça avec lui. Pas avec lui.. Pas avec vous.
- C'est rien. Tu as été prise au dépourvu et blessée. Viens.
Il me prit contre lui et j'entourai mes bras autour de son corps, désireuse de savoir qu'il était là, avec moi.
- Tout va rentrer dans l'ordre, tu verras.. Ne t'en fais pas. Tout va bien s'passer.
- Je suis tellement désolée, soufflai-je.
- T'inquiètes.. Il va te rappeler, vous en parlerez tous les deux. Tout va s'arranger, vous oublierez vite tout ça.
Je fermai les yeux contre le torse de mon frère. A cet instant, plus que jamais, j'avais envie de le croire. Jacob me serra plus étroitement contre lui, me maintenant dans ses bras réconfortants. J'espérais tellement qu'il avait raison.
[…]
- On se voit bientôt, hein ?
Je souris à mon frère, la portière de la Mini ouverte alors que je me tenais face à lui.
- C'est promis, souris-je. Passe à la maison.
- J'y manquerai pas.
- Bien.. Dans ce cas je te laisse.
- Tu fais attention sur la route, d'acc ?
- Ça marche.
Jacob sourit. Je m'approchai de lui et le pris brièvement dans mes bras, sur la pointe des pieds. Il me serra en rigolant de ma petitesse.
- Tiens-moi au courant, souffla-t-il.
Je compris sans mal qu'il parlait de James, alors je répondis.
- D'acc. Et merci pour ce soir.
- C'est normal. Toujours là, tu te rappelles ?
Je souris en me détachant de mon frère.
- Allez, rentre, va.
Je claquai un dernier baiser sur sa joue et montai finalement dans ma voiture, riant en remettant le siège à ma hauteur et non trois mètres derrière afin de faire rentrer les jambes de Jake. Mon frère ferma ma portière et je démarrai dans un sourire. Le bruit du moteur de ma voiture m'avait manqué. Ma Mini m'avait manqué. Je fis un dernier signe à mon frère, tandis que celui-ci se plaçait sur le trottoir, avant de prendre la route. Je sortis rapidement du quartier de mon enfance. Il était désormais quatre heures du matin, et j'étais chargée en caféine. J'aimais conduire la nuit, la route était beaucoup plus dégagée et c'était donc plus agréable de slalomait entre les différents véhicules qui ralentissaient ma route.
Je posai mon téléphone d'un geste distrait dans le vide poche, puis allumai le poste. J'entendis Pass the Dutchie de Musical Youth se mettre en route et je souris grandement. C'était l'une des musiques préférées de Jake, et d'Emmett aussi. J'écoutai distraitement la musique se finir, les yeux rivés sur la route alors que je bougeais en rythme les épaules. J'arrivai à la pancarte de Seattle lorsqu'une autre piste s'enclenchait. Je sortis mon album de RED de la boîte à gant, et l'insérai dans le poste, retirant la compilation de Jacob.
- Toujours à laisser traîner ses affaires partout, celui-ci, aurait soupiré ma mère.
Je souris à cette idée en remettant le CD de mon frère dans la jaquette qui lui était propre. Je refermai la boîte à gant, les yeux toujours rivés sur la route alors que la musique de RED commençait à se lancer. Ça faisait des mois que je n'avais pas écouté ceci.
[RED : Pieces ]
La mélodie démarrait doucement. Commençant par quelques notes de piano, associée par la suite à un doux air de guitare. De l'acoustique.
I'm here again
Je suis encore ici
A thousand miles away from you
A des milliers de kilomètres de toi
A broken mess, just scattered pieces of who I am
Un désordre brisé, juste les morceaux dispersés de ce que je suis
I tried so hard
J'ai tellement essayé
Thought I could do this on my own
J'ai pensé que je pourrai le faire tout seul
I've lost so much along the way
J'ai tant perdu le long de ce chemin
Sans que je ne puisse rien contrôler, l'image de ma mère apparut dans mon esprit au même moment que mon cœur se serrait.
Then I see your face
Alors je vois ton visage
I know I'm finally yours
Je sais que je suis finalement à toi
I find everything I thought I lost before
Je trouve tout ce que je pensais avoir perdu auparavant
You call my name
Tu appelles mon nom
I come to you in pieces
Je viens vers toi en pièces
So you can make me whole
Alors tu peux tout me faire
Ces derniers mois, j'avais trouvé tout ce que je pensais ne jamais trouver un jour. Une famille, de vrais amis. L'amour de ma vie. Mais j'avais aussi perdu tout ce que j'avais réellement. Ma mère. Je ne sais pas ce que je donnerai, aujourd'hui, pour pouvoir la prendre dans mes bras une dernière fois. Ou ne serait-ce que voir son visage.
I've come undone
Je suis venue détruite
But you make sense of who I am
Mais tu fais quelque chose de ce que je suis
Like puzzle pieces in your hand,
Commes des pièces de puzzles dans tes mains
J'étais partie avec ce handicap, dans la vie. Être orpheline. Cependant, ça n'avait pas été quelque chose d'insurmontable, face à l'amour et la présence de Béatrice Grey. Celle-ci avait fait quelque chose de moi. Alors que j'aurais pu mourir de faim dans une ruelle, ou bien même devenir une délinquante, j'étais simplement moi. Pas tout à fait nette, mais je ne manquais de rien. Elle avait mis des cartes, dans mes mains, pour jouer au grand jeu qu'est la vie. Béatrice ne m'avait peut-être pas donné la vie, mais en s'occupant de moi comme elle l'avait fait, elle m'avait donné une chance de vivre. De vivre correctement dans ce monde parfois si dur.
Ma respiration devint difficile face à tous les souvenirs qui m'assaillaient, et je clignai difficilement des yeux en essayant de me reprendre.
Then I see your face
Alors je vois ton visage
I know I'm finally yours
Je sais que je suis finalement à toi
I find everything I thought I lost before
Je trouve tout ce que je pensais avoir perdu auparavant
You call my name
Tu appelles mon nom
I come to you in pieces
Je viens vers toi en pièces
So you can make me whole
Alors tu peux tout me faire
Je m'arrêtai en plein milieu de la route, alors que la mélodie recommençait, plus rapide cette fois. Il n'y avait personne derrière moi, ni même devant. Il était quatre heures du matin et j'étais en périphérie de Seattle, la respiration rendue difficile par la tristesse qui ne semblait pas vouloir me laisser. Je me mis sur le bas côté, au cas où, et les paroles reprirent.
I tried so hard! So hard!
J'ai tellement essayé ! Tellement essayé !
I tried so hard!
J'ai tellement essayé!
Then I see your face
Alors je vois ton visage
I know I'm finally yours
Je sais que je suis finalement à toi
I find everything I thought I lost before
Je trouve tout ce que je pensais avoir perdu auparavant
You call my name
Tu appelles mon nom
I come to you in pieces
Je viens vers toi en pièces
Je tentai de me calmer. Les larmes avaient désormais tracé leur route sur mes joues, tandis que tous mes membres me semblaient fébriles. A chaque fois que je fermais les yeux, je voyais Béa. Mes doigts se resserrèrent sûrement sur le levier de vitesse. J'essayai de me canaliser.
Edward aurait su comment le faire, lui. Il m'aurait pris dans ses bras et la douleur se serait atténuée d'elle-même à son contact. Mais mon fiancé n'était pas avec moi, et j'étais seule pour me gérer.
Calme toi, Bella.. Ça ne sert à rien.
Je mordis ma lèvre inférieure, fermant les yeux avec force en m'exhortant à me calmer. Ma respiration sembla vouloir obéir alors que je reprenais doucement pieds. Bien que j'avais coupé le moteur de la Mini, la musique continuait de tourner dans l'habitacle. J'appuyai sur le bouton Eject et attrapai rapidement le CD. Je le remis dans sa jaquette et jetai rapidement celle-ci sur le siège passager. J'attrapai un autre disque. Bob Marley. Aucune chance que ce cher Bob me fasse du mal ce soir.
Buffalo Soldier se lança doucement et je soupirai. Cependant, la sonnerie de mon téléphone me tira de mon court temps de répit avec moi-même, et je me saisis du mobile en observant le nom de l'appelant.
Irina.
- Allô ? Décrochai-je immédiatement.
Je ne l'avais pas vue depuis une semaine, depuis la lettre. Elle avait refusé de me voir, ou de me répondre et maintenant elle m'appelait à plus de 4heures du matin ?
- B..Bella ? Sanglota-t-elle à l'autre de bout de la ligne.
- Irina ? Qu'est ce qu'il y'a ? M'inquiétai-je en entendant ses pleurs.
- Il.. Il est parti. Le voir. Je.. Je ne voulais pas. J-J'ai craqué et.. Et il est rentré dans une colère noire. Il n'est toujours pas.. Pas revenu.
- Qu..Quoi ? Mais de quoi tu parles ?
Je coupai brutalement la musique en essayant de comprendre les paroles de ma meilleure amie, qui pleurait au téléphone.
- Je ne voulais pas que ça se passe comme ça. J'ai.. J'ai essayé de garder le silence. Mais il m'aide, d'habitude.. Je.. Je ne pensais pas qu'il allait réagir comme ça.
- Mais bon sang Irina de qui tu parles ? M'énervai-je.
- De ton frère !
- Emmett ? Qu'est-ce qu'il a ?
Je remis le contact rapidement, prête à redémarrer, pour rouler en trombe jusque Forks. Que se passait-il ?
- Non.. Pas Emmett. J-James.
Je me figeai instantanément. James ? Mais pourquoi ?
- De quoi ? Articulai-je. James ? Mais tu connais même pas Jam..
- On se fréquente. Depuis ton départ à Columbia. On.. On sort ensemble, Bella.
Je m'affaissai sur mon siège. Qu..Quoi ?
- Il voulait pas t'en parler. Il voulait régler votre histoire, avant. Je.. Je suis désolée. On aurait dû te le dire. J'aurais voulu.. Mais il voulait tellement que ça s'arrange d'abord entre vous.
Je gardai le silence. Mon frère et Irina ? Où ? Quand ? Comment ? Pourquoi ?
Puis ma conscience me rappela le début de ma conversation téléphonique, et je coupai Irina dans ses excuses inutiles.
- Qu'est-ce que tu lui as dit pour qu'il s'énerve ?
Malgré moi, mon ton était froid. Elle ne m'avait rien dit. Mon frère ne me devait aucun compte, mais Irina aurait pu peut-être penser que c'était important, de m'en parler. J'entendis celle-ci sangloter.
- La lettre que j'ai reçue vient.. Ma mère doit être dans le coup, c'est obligé. Je la déteste pour avoir fait ça. Je.. Elle me met dans la merde, et elle adore ça. James ne m'a pas lâchée pour savoir. Il m'a harcelée avec ça, depuis que je l'ai reçue. J'étais pas bien, et je le suis toujours pas. En plus maintenant qu'il est parti c'est encore pire..
- Qui ? La lettre ? De qui elle vient ?
- Du géniteur de Floriane. James le connaît. Je ne pensais pas.. Je suis désolée. Quand je lui ai dit le nom de celui qui m'a fait ça.. Il a changé du tout au tout. Il était effrayant. J'ai peur Bella.
Le violeur d'Irina ? James le connaissait ?
- Mais.. Pourquoi tu lui as dit ça ? T'as pas pensé que ça allait le mettre hors de lui ? Surtout si vous sortez ensemble !
- Non, j'ai pas pensé à ça ! Ça faisait des jours qu'il m'en parlait ! Je n'ai pu en parler à personne. Je ne mange plus, je ne dors plus. Il veut me prendre ma fille ! Soudainement, il veut récupérer son bébé ! Mais c'est mon bébé, putain ! Ce bâtard m'a violée il y a déjà quatre ans ! Pourquoi est-ce qu'il me refait vivre ça, désormais ? Alors que je suis avec ton frère et que, pour la première fois depuis toujours, je me sens bien et aimée ? Alors oui, j'ai craqué et je l'ai dit à James. J'ai pas pensé qu'il allait le connaître, et qu'il allait si mal réagir. Je pensais qu'il allait revenir mais il ne l'a pas fait ! Et je suis inquiète pour lui, maintenant. Tu le connais mieux que moi, tu sais sûrement où il se cache.
Le silence dura un instant. J'essayai de tout mettre en place dans ma tête, face à tout ce que je venais d'apprendre.
Le violeur d'Irina voulait la garde de Floriane. James connaissait le violeur. Irina lui avait dit son putain de nom. James et elle sortaient ensemble et je n'en savais rien. Mon frère était parti apparemment en colère. En colère avec le nom du gars qui avait violé son apparente petite amie.
- Le nom du gars, Irina. J'ai besoin du nom du gars.
Et alors, elle prononça ces deux noms, simples, précis. Déchirants.
- Royce King.
Tout mon esprit se bloqua à cette révélation.
Royce King.
Le Royce King de Seattle. Le fils de bourge qui ne nous considérait que comme des moins que rien, des orphelins. C'était de la voiture de ce Royce King là que James m'avait sortie, juste avant qu'il n'ait pu me violer aussi, des années auparavant. C'était à cause de Royce King que James avait été envoyé à l'armée. De même que Jake. C'était à cause de lui qu'il n'avait pas été là lors des derniers mois de vie de notre mère. A cause de lui qu'il avait vu toutes ces horreurs en Irak. C'était à cause de Royce King et de ses saloperies que nos vies avaient été partiellement détruites. Et celle d'Irina encore plus.
- Il est parti depuis combien de temps ?
- Deux heures et quart. Nous étions dans un motel tout près de Forks. Il ne répond à aucun de mes appels, ni à mes messages.
Ni même aux miens.
Forks-Seattle prenait à peu près 3heures de routes, lorsque l'on respectait les limites de vitesses maximales autorisées. James n'était déjà pas quelqu'un qui les respectait en temps normal, alors là ce n'était même plus la peine d'y compter. S'il n'était pas déjà chez Royce à l'heure qu'il était, ce n'était plus qu'une question de minutes.
- Irina, je te laisse. Je peux pas rester au téléphone.
- Tu vas l'aider, hein ? Tu sais où il est ?
- Je vais aller le chercher. Toi tu ne dis rien à personne, et tu n'alertes pas les autres. Compris ?
- Oui.
Bien que je ne la connaisse pas depuis si longtemps, je perçus sans mal la peine et l'inquiétude dans sa voix.
- T'en fais pas, je vais le trouver, me sentis-je obligée de dire.
- Merci Bella. Et encore désolée pour tout ça.
- On en parlera plus tard. Je te laisse.
- Tiens-moi au courant.
Je raccrochai sans attendre. Putain de merde.
Je remis le contact et fis un demi tour rapide sur la route déserte de tout autre véhicule. Je remis mon téléphone dans ma poche de veste, et repartis vers la ville. Je fronçai les sourcils en essayant de me rappeler les habitudes de ce connard de Royce. Il avait violé Irina. Je secouai la tête devant ces pensées que je ne pouvais contrôler. Le connaissant, il n'était pas encore rentré. Il devait être dans un bar à pute, ou en train de faire chier quelqu'un avec ses histoires à dormir debout. Peut-être était-il chez son abruti de cousin en train de se fourrer les narines à la coc'. Et encore une fois.. Putain de merde !
Je passai la vitesse supérieure en lançant la Mini à 150 km/h. J'aperçus rapidement les lumières de Seattle, et entrai dans la ville sans ralentir. Je pris le raccourcis au coin de la gare, et passai dans les petites ruelles sombres. Je passai une main dans mes cheveux nerveusement, tentant par la même occasion de mettre de l'ordre dans ma tête. James et Irina. Royce. Mon frère allait très, très, très mal réagir. Je n'avais vu James s'attacher à une fille qu'une seule fois, et il était effrayant lorsque l'on causait du tort à la dite fille. Alors là.. Irina avait été violée. Et par Royce en plus.
Je fus coupée dans mes pensées en sursautant devant une voiture passant en trombe, me coupant la priorité. Je pilai violemment, la ceinture enserrant ma poitrine, me retenant sans ménagement contre mon siège. Bien que secouée, je relevai la tête à temps pour apercevoir la voiture disparaître. Une Mustang. Une Mustang noire. Celle de James.
Je repassai rapidement la première, démarrant en trombe dans la petite ruelle. Je sortis de celle-ci et aperçus juste à temps des phares arrière de la Mustang s'effacer dans la ruelle perpendiculaire. J'accélérai sans hésiter. Seulement, quand je tournai à mon tour, je ne vis pas où la Mustang passa.
- Merde !
J'avançai jusqu'au bout de l'allée, regardant alternativement à droite et à gauche du carrefour. A droite ? Le centre ville. A gauche ? Les ruelles. Royce habitait au cœur de Seattle. Mais le club de jeu qu'il fréquentait tout le temps se trouvait sur la gauche. A à peine cinq minutes. Gauche, droite. Droite, gauche. James.
Je pris le volant et braquai sur la gauche en m'enfonçant à nouveau dans les ruelles. Maintenant que j'avais un but il me fut plus facile de me diriger à travers les carrefours. Lorsque j'arrivai dans la rue à l'arrière du club de jeu, j'aperçus la Mustang garée en plein milieu de la route. Et James en sortir, en claquant la porte. Merde, merde, merde.
Je me garai à mon tour, arrêtant immédiatement la voiture sur le trottoir avant de prendre les clés, sortir et partir en trottinant vers l'entrée de derrière de la salle de jeu. J'arrivai devant le grand portail, ayant clairement oublié l'existence de celui-ci, James n'était pas dans mon champ de vision. Où était-il passé ? J'observai la grande porte en fer forgé. Elle devait mesurer deux mètres cinquante. Jacob aurait pu l'escalader tranquillement. James tout autant. Ces deux là avaient été à l'armée, ils savaient comme escalader ces trucs. Moi beaucoup moins.
J'entendis un hurlement, sursautant en reconnaissant ce timbre de voix. Je n'attendis pas plus longtemps et m'agrippai à la porte. Je pris appuie sur la clôture à droite de celle-ci et pris une impulsion. Je m'accrochai au haut de la porte d'une main et poussai de mon pied gauche pour sauter et crocheter ma main gauche également. Je serrai les dents lorsque tout mon poids ne reposa plus que sur mes doigts tirés contre le fer de la porte. « Tu as repris du poids, Pitchoune, c'est bien. » m'avait dit un peu plus tôt Jacob. Je confirme, frangin, je confirme. En grimaçant, j'essayai de grimper un peu plus. J'y parvins très difficilement. Passant maladroitement une jambe de l'autre côté de la porte, je pus apercevoir mon frère dans la cour privée, frappant violemment Royce.
- James ! Criai-je.
Il ne sourcilla même pas dans ma direction, inattentif à mon appel. Je grimaçai en l'apercevant abattre brutalement son poing serré sur le côté du visage de Royce. Ce dernier tomba à terre sous la puissance du coup, totalement sonné. Ce que je vis alors me glaça le sang. James se jeta sur Royce, continuant de le frapper plus fort encore. Alors qu'il était HS, et surtout au sol. James ne frappait jamais quelqu'un qui se trouvait à terre. Ses poings s'abattirent avec une véhémence impressionnante sur le corps de King.
Sans réfléchir, j'accélérai le mouvement et sautai sans prendre aucune précaution les deux mètres cinquante qui me séparaient du sol, heureuse de porter mes converses. Merci Chuck Taylor. J'amortis ma chute avec mes mains, bien que ça ne m'empêcha pas de tomber sur le bitume froid. Je ne perdis pas de temps et me relevai en vitesse.
- James ! Criai-je de nouveau. Arrête, il est KO !
Je trottinai jusqu'à mon frère, qui n'arrêtait pas ses poings. Il ne semblait même pas m'avoir entendu. Mon frère continuait de frapper, plus violent que jamais, comme hors de lui, en transe. Le visage de Royce était en sang, tandis que celui-ci était complètement inconscient. Pendant un court instant, je fus tentée de m'éloigner. De laisser James continuer. De le tuer de ses mains. De tuer celui qui avait fait ça Irina, et sûrement à d'autres. De le laisser l'achever.
Mais je ne pouvais pas faire ça. Le pouvais-je ?
- James ! Appelai-je.
Mon frère mit un crochet du droit à King et je vis la lèvre de celui-ci exploser davantage encore, si cela était possible.
- James, arrête ! Tu vas le tuer ! Arrête de le frapper !
Je me précipitai vers mon aîné et tentai de le pousser de sur le corps de Royce. Ce qui se passa était totalement imprévu. Mon frère m'attrapa par l'épaule dans un réflexe, avant que son poing ne s'abatte sur mon visage dans une force inédite pour moi. La puissance de son coup me propulsa à plusieurs mètres plus loin, me faisant faire plusieurs roulés boulés, et je gémis sous la douleur virulente. La joue collée contre le sol, il me fut difficile de ne pas perdre conscience face à un tel élan de douleur. Ma joue me faisait terriblement souffrir et j'avais du sang plein la bouche.
Je toussai pitoyablement en me relevant sur mes avant bras, crachant le liquide rougeâtre. Je secouai la tête pour ne pas me perdre dans le brouillard qui menaçait de me happer. Ma pommette était sans doute fendue. C'était obligé. De même que la gencive qui saignait dans ma bouche. J'espérais que ma tempe n'avait rien, j'avais déjà dû la recoudre. Ma main passa sur ma joue, recueillant du sang.
- Putain de merde, répétai-je pour la énième fois.
Je tournai péniblement la tête vers mon frère, et m'aperçus que celui-ci s'était arrêté. Toujours sur le corps de Royce, il me regardait sans me voir réellement. Ses yeux d'habitudes si sereins n'étaient plus que haine, qu'emportement. D'une rage telle que mon frère n'était plus vraiment lui.
James n'avait jamais été celui que l'on pouvait arrêter lorsqu'il tapait quelqu'un. Il entrait habituellement dans une colère telle qu'il était affreusement difficile de le faire reprendre pied. Mais là il était carrément entré en transe. Et il m'avait frappée.
- James, appelai-je. James éloigne toi de lui.
Ma voix était serrée par la douleur que provoquait le côté gauche de mon visage. Il fallait cependant que mon frère s'éloigne d'ici. Qu'il s'en aille avant qu'on ne le trouve avec les mains pleines de sang.
- James, dégage de sur lui !
Mon frère sembla se reconnecter avec l'instant présent, se remettant debout en s'éloignant de Royce King. Il observa ses mains et ses yeux s'écarquillèrent devant l'état de celles-ci. Ses phalanges étaient écorchées par les coups qu'ils avaient prodigués et ses paumes étaient recouvertes du sang du connard qu'il venait de passer à tabac. James releva les yeux vers moi, et ce fut comme s'il me voyait pour la première fois de la soirée. Pour la première fois depuis des semaines. Ses iris détaillèrent ma joue qui, j'imaginais, n'était pas très belle à regarder, et il comprit.
- Bella..
Il s'approcha de moi dans ce murmure effrayé, s'accroupissant rapidement à mes côtés pour me soutenir du mieux qu'il le pouvait.
- Qu'est.. Qu'est ce que j'ai fait ? Questionna James, plus pour lui-même qu'autre chose.
- T'as failli le tuer.
- T-Ton visage. T'es toute pleine de sang..
Il passa ses doigts sur ma joue et je sifflai de douleur, repoussant sa main de la mienne avec gentillesse.
- Arrête, ça.. Ça me fait mal.
- Je suis désolé. Je ne voulais pas.. Je ne t'avais pas.. J'ai pas compris ce qui m'arrivait.
- Ce n'est rien, relativisai-je. Tu étais hors de toi.
- Il.. C'est le violeur d'Irina. Le père de Floria..
- Je sais, l'arrêtai-je doucement. Je sais.
Je ne voulais pas qu'il reparte dans un délire que je ne pourrais pas arrêter.
- Irina m'a appelée, et expliqué. C'est pour ça que je suis ici.
- Elle t'a appelée ?
- Oui, elle était inquiète pour toi.
- Et tu es venue ?
- Il faut croire. James, je .. Je voulais te dire que..
Mes paroles se perdirent dans les hurlements des sirènes de police. J'écarquillai les yeux, prise de panique. James se releva, m'attrapant par la taille pour me remettre debout moi aussi. Nous regardâmes par-dessus les deux portails marquant les portes avant et arrière de l'enceinte du club privé. J'aperçus rapidement les gyrophares par de là le portail de façade. Je tournai rapidement la tête vers mon frère, et découvris ses yeux paniqués, en miroir aux miens. Je baissai les yeux sur le corps inanimé et si abîmé de Royce, et mes yeux balayèrent les mains et les vêtements pleins de sang de mon frère. Non.. Pas James. S'il se faisait arrêter, c'était directement la prison, désormais. L'armée l'avait sauvé de ça une première fois, ce n'était plus chose possible désormais. Et quand bien même, je refusais catégoriquement qu'il y retourne, ou bien même qu'il aille en prison. On venait juste de me rendre mon frère, on ne pouvait pas me le reprendre de nouveau.
La sirène retentit à nouveau et je sursautai en sortant de mes pensées, comme un déclic.
- Va-t-en, claquai-je. Il faut que tu t'en ailles d'ici avant que les flics rappliquent.
- Mais..
- Il faut que tu te casses, James.
- Je te laisse pas ici.
- Tu prends la Mini. Le bouton qui active le nitro est derrière le poste. Je veux que tu prennes les grandes artères de Seattle pour sortir de la ville, respecte les limites.. Jette ce maillot une fois en périphérie, et quand tu seras à une dizaine de kilomètres, enclenche le nitro. Va chez moi. Il n'y a personne. Et n'appelle personne non plus, surtout. Personne. Tu restes là bas et t'attends que je rentre. C'est compris ?
Je le tirai par la main en l'obligeant à se diriger vers le portail de derrière. Je fourrai mes clés dans les mains rouges de mon frère.
- Je ne veux pas te laisser ici, dit celui-ci d'un ton qu'il espérait sans appel.
- Putain, James.. Pour une fois dans ta vie, ferme ta bouche et écoute moi.
- Il est hors de question que tu restes seule ici.
- Et il est hors de question que t'ailles en prison ! M'emportai-je.
Mon frère se tut devant mon énervement, et je soupirai.
- Je t'en supplie, repris-je d'une voix plus calme. Attends-moi chez moi, d'accord ?
Il me regarda longuement, ses yeux attristés par je ne sais quoi. J'aurais voulu le prendre dans mes bras et m'excuser pour tout ce que je lui avais fait, mais je n'allais pas le faire. Je voulais d'abord m'assurer d'avoir du temps pour lui présenter mes excuses, et pour ceci il était nécessaire qu'il reste libre. Aucun flic ne l'attrapera ce soir, ni même demain, et surtout pas à cause d'un bâtard tel que Royce King.
On entendit du bruit à l'autre bout de la cours, et je poussai mon frère.
- Allez, va-t-en. Grimpe ! La Mini est dans la rue. La clé de mon appart' est la grise et noire.
Il plaça ses mains sur la porte, et je fus soulagée de voir qu'il m'obéissait. Cependant, il se tourna une dernière fois vers moi, son visage s'approchant du mien alors que déjà ses lèvres se posaient sur ma joue intacte, délicates.
- Je t'aime, me chuchota-t-il.
Je fermai les yeux, des larmes apparaissant aux coins de ceux-ci. Pourquoi avais-je l'impression que j'allais le perdre ?
- Je t'aime aussi, répondis-je. Et je n'ai jamais cessé de le faire au cours de ces dix huit dernières années.
J'espérais qu'il comprendrait. Il m'adressa un dernier regard, avant d'escalader le portail, disparaissant. Je l'entendis atterrir de l'autre côté, puis il s'en alla. Je soupirai lourdement.
C'était maintenant que cela commençait, pour moi.
Serrant les dents, je passai sans ménagement la main sur ma joue ensanglantée, étalant le sang sur ma peau. Putain c'que ça faisait mal ! Je courus ensuite vers le corps de Royce King, m'agenouillant sans attendre auprès de celui-ci alors que le portail avant s'ouvrait sur les flics.
- Aidez-moi, par pitié ! Hurlai-je de manière pitoyable. Aidez le !
- Mademoiselle, accourut un agent. Que s'est-il passé ? Vous êtes blessée ? Qui vous a fait ça ?
- On nous a agressés ! Aidez le, je vous en supplie, il a perdu connaissance !
- Qui est-ce, Madame ? Où est celui qui vous a fait ça ?
- Il est parti il y a plus de dix minutes, le portail avant, sanglotai-je.
Les larmes qui étaient apparues un peu plus tôt au contact de mon frère se révélèrent utiles. Devant le regard crédule du policier, j'abattis ma dernière carte.
- Aidez mon petit-ami, je vous en supplie.
[…]
J'étais là. Assise sur ce fauteuil. Les jambes repliées, maintenues contre ma poitrine à l'aide de mes bras qui les serraient fortement. Toutes les personnes qui me regardaient à travers la vitre, au cours de leurs allers et venus, pensaient sûrement que je m'inquiétais pour mon petit ami. Mais c'en était tout autre.
Je ne pensais qu'à James. J'espérais qu'il était arrivé sans encombre à mon appartement. J'étais là depuis plus de cinq heures, désormais, attendant que l'autre bâtard daigne se réveiller. Il était neuf heures et le personnel de l'hôpital n'arrêtait pas de bouger dans tous les sens.
- Mademoiselle ?
Je relevai la tête vers une infirmière. Quand on parle du loup..
- Vous n'avez besoin de rien ? Les parents de Monsieur ne sont toujours pas arrivés ?
- Non. Ils ne devraient plus tarder. Ils étaient dans l'Oregon, mentis-je.
- Je vois.. Vous désirez quelque chose ?
- Non, je vous remercie.
Elle me fit un sourire sympathique, et avant qu'elle ne s'en aille, je la rappelai.
- Oui ? Questionna-t-elle.
- Vous.. Vous pensez qu'il va avoir des séquelles ? Fis-je mine de m'inquiéter.
Je jouais le rôle de la petite amie à fond, montrant ainsi que j'avais ma place aux côtés de Royce, qui était toujours inconscient. J'étais montée dans l'ambulance avec lui, pleurant plus que de raison pour étendre mon soit disant chagrin. Un interne avait insisté pour désinfecter et nettoyer mon visage meurtri. James avait frappé fort, ma pommette s'était ouverte sous la puissance de son poing. L'interne avait assuré que ça se soignerait très bien, mais qu'il faudrait du temps. Ma joue avait enflé, et effleurai le côté gauche de mon visage s'avérait être particulièrement douloureux pour le moment.
- Apparemment, votre compagnon a un traumatisme crânien moyen, bien que son crâne ne se soit pas fracturé. Nous l'avons mis sous sédatif pour que la douleur ne soit pas trop présente. Nous ne pouvons rien faire pour ses côtes, ça se remettra avec le temps.
- Combien de côtes ?
- Quatre, Mademoiselle.
Pendant une demie seconde, j'éprouvai un plaisir infini à l'idée que respirer ferait souffrir ce connard quelques temps.
- Il se réveillera bientôt ? M'enquis-je avec une espérance feinte.
- Nous avons arrêté les sédatifs il y a presque une heure.. Ce n'est plus qu'une question de minutes, Mademoiselle.
- Bien..
- Ne vous inquiétez pas, votre petit ami ira bien. La police va attraper celui qui vous a fait ça.
Je vais tout faire pour que ça n'arrive pas, au contraire, Chérie.
J'hochai la tête doucement, me reprenant rapidement en sentant ma joue me lancer. L'infirmière me fit un sourire sympathique, puis s'en alla.
Je regardai Royce, allongé dans son lit d'hôpital. Bien sûr, je n'avais prévenu personne qu'il était là. Personne, à part James et Jacob, ne savait que j'étais restée à Seattle. Irina m'avait appelée, mais je lui avais raccroché au nez pour qu'elle comprenne que ce n'était pas la peine de me contacter. J'avais pris le portable de Royce dans l'ambulance, sans que personne ne s'en rende compte, et l'avais gardé sur moi. Ses photos étaient tout bonnement dégoûtantes. Sur plusieurs d'entre elles, on pouvait apercevoir notre cher King les narines pleines de cocaïne, heureux comme pas deux en faisant signe à son bourge de copain photographe. Il y avait une vidéo sex-tape, aussi, et tout un dossier où on le voyait prendre des filles. Un truc écoeurant que Royce avait intitulée « Non n'est pas une réponse » . Ses messages, quant à eux, parlaient de filles, ou d'autres sommes à rendre ou à demander. Des fêtes organisées, également. En bref, en fouillant le téléphone de King je n'avais fait que renforcer le dégoût que j'éprouvais pour lui.
Quelque chose m'intriguait, cependant. Dans sa liste d'appels revenait souvent un contact. Deux initiales. DK. Bien que j'ai ma petite idée, je ne voulais pas m'avancer et préférais attendre que ce connard se réveille.
Mon portable se mit à vibrer et j'ouvris un SMS de Jake.
« Je serai chez toi dans trois heures. Tu seras là ? »
Mon frère m'avait appelée dans la nuit, inquiet que je ne lui ai pas dit être arrivée à Forks saine et sauve. Je l'avais de suite mis au courant pour James, en lui demandant d'aller voir à la salle de jeu. Je voulais qu'il retrouve le connard qui avait appelé les flics hier, et dise aux autres de fermer leur bouche si les flics venaient à les interroger.
« Je ne sais pas. Je te tiens au courant. Tu les as trouvés ? »
« Ouais. Ils ne diront rien. Envoie moi un SMS. »
« On fait comme ça. »
La voiture de James avait été emportée par la fourrière il y a une heure, et, heureusement pour nous, il n'y avait rien d'important dedans. Tous les papiers de mon frère étaient dans ses poches de veste. C'était une mauvaise habitude que je lui reprochais en temps normal, mais pas là. Au contraire.
Jacob avait réussi à avoir sa voiture plus tôt que prévu, Tia ne posant aucune question sur son empressement pour l'avoir.
- Argh..
Je relevai la tête de mon téléphone, à l'affût du moindre geste. Il se réveillait. Je me mis debout à cette constatation, me dirigeant vers la vitre qui donnait sur le couloir, nous laissant à la vue de tous. Je fermai les rideaux, alors que j'entendais.
- Qu'est ce que..
Je me retournai, et Royce écarquilla le seul œil qu'il pouvait ouvrir quand il me vit.
- Qu'est ce que tu fais là ?
Sa voix était rauque, et je souris lorsqu'il grimaça en reprenant sa respiration.
- Ça fait mal, hein ? Lui dis-je. J'espère bien.
- Espèce de..
- Chut, chut.. Garde ton oxygène pour le moment.
- Ne me dis pas ce que je dois..
Je m'approchai du lit et ma main appuya sans aucune douceur sur ses côtes. J'étouffai son cri de ma main, l'empêchant par la même occasion de respirer.
- Je te conseille de fermer ta bouche, pour le moment. Sinon je te jure que je te tue, King.
Ma voix était froide. Tous mes membres vibraient de rage, et je bouillonnai de l'intérieur, désireuse de lui faire un peu plus mal encore. Désireuse de lui faire payer ses horreurs.
- Compris ? Relevai-je. Tu fermes ta gueule.
Royce hocha pitoyablement la tête, et je poussai une nouvelle fois sur ses côtes avant de m'éloigner de lui. Il serra les dents en fermant les yeux, sa main encore sous perfusion se plaçant sur son côté meurtri.
- Tu te rappelles de ce qui s'est passé, ou les coups que tu as pris t'ont fait perdre le peu de mémoire que tu avais ? Interrogeai-je durement.
- Adamson, gémit-il. C'est ce bâtard qui m'a..
J'abattis mon poing serré sur le haut de son crâne. Pas très fort, plus pour le remettre en place que pour lui faire mal.
- Mon frère n'est pas un bâtard, espèce de chien. Ferme ta bouche, je t'ai dit. Je ne reste pas longtemps, j'ai passé assez de temps en ta compagnie ces six dernières heures. J'en ai pour toute une vie.
- Pourquoi tu es restée, dans ce cas ?
- Pour te dire ce que j'exige que tu fasses, dans les prochains jours.
- Ça c'est la meilleure. Tu sais ce que je vais faire ? Je vais emmener ton putain de frère au tribunal. Il va prendre cher avec le rapport que le médecin va me faire !
- Hun-hun, mauvaise réponse. Tu ne vas rien faire de tout ça.
- Ah oui ? Et sinon quoi ?
- Sinon ceci, fis-je en désignant son iPhone, finira dans les mains du gentil agent Kemden, qui a pris mon témoignage il y a trois heures. Celui où je lui dis que l'homme était brun et mesurait environ 1m90. Je ne suis pas sûre que le gentil agent Kemden apprécie tes narines blanchies par la cocaïne, ni même les putains de viols que tu filmes.
J'appuyai rageusement sur ses côtes et Royce gémit bruyamment.
- Tu n'es qu'un être répugnant, King. Un chien, voilà ce que tu es. Une partie de moi aurait voulu te voir mourir, cette nuit, sur le pavé. Comme la pauvre merde que tu es.
- Et pourtant je suis toujours là, me nargua Royce.
- Peut-être. Mais plus pour longtemps.
- Qu'est ce que tu veux dire ?
- Ce que je veux dire, mon cher, c'est que tu vas disparaître de la circulation pour une durée indéterminée. Pas un mot sur mon frère. A qui que ce soit, sinon soit sûr que toi aussi tu finis en prison. Et crois moi.. Beaucoup de monde, en prison, veut te voir tomber. Tu te souviens de ce cher Afton, que tu as accusé de trafic à ta place ? Il a toujours la rage contre toi. Et ils sont plusieurs dans ce cas. Donc tu vas être gentil, et tu vas partir loin d'ici. Je ne veux plus te voir à Seattle, ni même dans les 500 kilomètres alentours. Ton père a une entreprise en Amérique du Sud, pourquoi ne pas aller faire un tour à Rio ?
- Parce que je..
- Ce n'est pas une option. Tu te casses dès que possible, un point c'est tout. Sinon je te jure que tu finis derrière les barreaux, et je m'arrange pour que tu t'y fasses violer à ton tour. Tu veux goûter à ta propre médecine, Royce ? Moi ça me plairait bien.
Le regard de King changea du tout au tout. Il venait sûrement de comprendre que je ne plaisantais pas. L'idée de l'envoyer en prison me plaisait plus que de raison, surtout quand on savait comment étaient traités les « pointeurs », là-bas. Mais je mettais une croix sur cette option. S'il finissait en prison, Royce allait y entraîner mon frère, et il en était hors de question. J'y avais réfléchi toute la nuit, et la seule option plausible était qu'il s'en aille.
- Tu n'es.. Tu n'es pas sérieuse, bafouilla Royce.
- Écoute moi bien.. En fonction de ton état, tu seras capable de sortir d'ici quatre jours. Si on te le demande, et on va te le demander, tu ne te rappelles de rien. Tu n'as pas vu James depuis des mois, ni même moi. J'ai dit à l'agent Kemden que je m'appelais Marie Drywer. Si tu parles de moi, car tout le monde pense que je suis ta petite amie, tu dis Marie. Je vais te laisser appeler ton père. Quand il sera là, je veux que tu lui fasses expressément comprendre que tu veux partir à Rio dès que possible. Vu que je suis gentille et que je comprends que la vie ne se règle pas en claquant des doigts, et ce même pour un bâtard tel que toi, je te laisse un délai, pour partir. Tu as trois semaines, à partir d'aujourd'hui. Si tu n'es parti d'ici là, ton téléphone tombera entre les mains d'un flic ou deux. James aura quitté le pays avant demain, ne compte pas sur lui pour aller en prison. Il me sera facile de retrouver toutes les filles dont tu as abusées.. D'ailleurs, à ce propos..
J'enfonçai franchement mes doigts dans ses côtes meurtries, rageuse à ce souvenir.
- Tu abandonnes ne serait-ce que l'idée d'entrapercevoir la fille d'Irina un jour, c'est compris ? Cette gamine n'a jamais été la tienne. Irina est mon amie..
J'appuyai ma main sur son côté.
- .. Et je te conseille de laisser tomber avec elle. Cette fille est la sienne, et uniquement la sienne. Tu as détruit la vie de mon amie il y a déjà quatre ans, je t'interdis d'essayer de recommencer aujourd'hui.
Devant la douleur que je lui infligeais, Royce gémit.
- Mais j'en veux même pas de cette gosse, moi.
- Qu'est ce que tu dis ?
Je stoppai ma main.
- C'est pas moi qui la veux. J'en ai rien à foutre d'elle.
- Qui ?
- Tu connais pas.
Mon poing et les côtes de King s'entrechoquèrent.
- Qui ? Répétai-je plus durement.
- Une meuf ! Katherine Dénali ou je sais pas quoi.. Elle prétend être la mère de cette Irina, ou je sais plus comment. C'est elle qui veut la gosse. Elle m'a filé un beau paquet de fric pour la récupérer, pour qu'elle puisse la prendre après. Moi j'en veux pas de ce chiard, elle a dit qu'elle la prendrait en charge une fois que j'en aurais la garde.
Katherine Dénali.. DK.Elle n'avait donc pas lâché l'affaire. Depuis qu'Irina avait avoué les adultères répétés de sa mère dans le tribunal lors du divorce, et que, de ce fait, Katherine n'avait rien touché, cette dernière lui vouait une rage sans limite.
- Cette femme, tu dois la voir bientôt ?
- En fin de semaine.. Elle a dit qu'elle m'enverrait un SMS.
- Très bien. Oublie cette histoire. Oublie Irina et sa fille. C'est compris ?
J'appuyai méchamment sur ses côtes.
- Putain, oui. Oui, c'est bon, arrête ! J'en ai rien à foutre d'elles, je t'ai dit !
- Bien. Dans ce cas.. Maintenant que nous sommes d'accord et que tu t'en vas dans moins de trois semaines.. Je vais pouvoir y aller aussi. Estime-toi heureux de cet arrangement, tu mériterais d'être puni pour tout ce que tu as fait subir à ces filles.
- Va te faire foutre, elles le voulaient autant que moi ces..
Je ne retins pas mon poing. La rage m'envahissant de part en part aux conneries que cet abruti venait de sortir. Il gémit en se tenant les côtes.
- Ne t'avise pas – jamais – de dire ça à nouveau. Tu n'es qu'un fils de pute qui n'est pas capable de se dégoter une fille dans les règles de l'art. Tu n'as pas encore compris que sans ton argent, tu n'es rien, Royce ? Une simple merde. Si ton père n'était pas si connu dans le monde des affaires, et si respecté, tu te serais fait mettre à l'amende depuis longtemps. La seule chose qui te sauve, dans ta pitoyable vie, c'est d'être le fils de ton père. Sans lui, tu n'es rien. Rien de plus qu'un pauvre clochard sans personnalité aucune, tentant désespérément de se donner un genre derrière tous tes bling-bling coûteux. Tu n'es absolument rien. Tâche de ne pas l'oublier.
- Au moins, moi, j'ai un père.
Je souris.
- Ne t'en fais pas, j'en ai un aussi. Et il est shérif. Je pense d'ailleurs, en fait, que c'est dans ses mains à lui que je laisserais choir ton téléphone si tu ne suis pas les instructions que je t'ai données.
Royce King blanchit. A cette heure-ci, le drap immaculé de l'hôpital était plus bronzé que lui.
- N'oublie pas, trois semaines. Si tu es encore aux USA d'ici là, je saurais quoi faire. Et si on en vient jusqu'à là.. Je te conseille de t'exercer à te faire défoncer par un gars qui a faim d'un petit cul frais, mon joli. Compris ? Et attention.. Nous sommes deux à penser que « Non n'est pas une réponse ».
Je lui souris de manière mauvaise. J'attrapai ma veste en cuir et la remis, Royce se taisant pitoyablement en n'osant plus me regarder. Je glissai son téléphone dans ma poche de jean, et m'approchai une dernière fois de lui.
- Sur ce, mon cher..
D'un mouvement rapide, j'abattis mon poing le plus puissamment possible sur son entrejambe, brutalisant sans retenu son appareil génital. Il cria de douleur sous le coup, des larmes apparaissant sur ses joues.
- Adieu, Royce. J'espère ne jamais avoir à revoir ta tête de clebs à nouveau. Demande à l'infirmière, pour le téléphone. J'espère que tu connais le numéro de ton père par cœur. Et n'oublie surtout pas.. Je m'appelle Marie Drywer.
Je sortis mes cheveux coincés sous ma veste, tournai les talons et ouvris la porte de la chambre. J'évacuai la chambre en laissant la porte ouverte, croisant l'infirmière de tout à l'heure, je lui dis en passant.
- Je crois qu'il a besoin de plus de sédatif, il souffre.
Je n'attendis pas sa réponse, et me dirigeai vers les ascenseurs. Celui-ci arriva rapidement, tintant en ouvrant ses portes et je pénétrai à l'intérieur. Appuyant sur le bouton qui me mènerait au rez de chaussée, je m'appuyai contre le mur en soupirant lourdement. A peine les portes s'eurent-elles refermées que j'eus du mal à respirer. L'adrénaline quittant définitivement mon corps, je sentis ma gorge se resserrer alors que mes yeux se chargèrent de larmes. Cela faisait désormais plus de six heures que je n'arrêtais pas de penser à mon frère, et comment j'allais le sortir de là. Malgré le fait que j'avais des arguments convaincant pour le dissuader de quoi que ce soit, je n'avais aucune confiance en Royce King. Il fallait que James s'en aille pour quelques temps. Et le plus tôt serait le mieux.
Les portes s'ouvrirent et je sortis rapidement de la cabine, et de l'hôpital quelques secondes plus tard. J'arrivai dans la grande allée, les larmes tombant sur mes joues alors que je me saisissais de mon téléphone. Je composai rapidement le numéro, tentant de calmer ma respiration et mes larmes. J'étais éveillée depuis plus de vingt cinq heures, et j'avais les nerfs à fleur de peau. Il fallait cependant que je m'apaise, et que je me reprenne.
- Bella ? Entendis-je.
Mon cœur se contracta douloureusement alors que je prononçais ces paroles.
- Benjamin ? Benjamin j'ai besoin de toi. Le plus vite possible. Je suis devant le Seattle Grace. S'il te plaît.. Viens me chercher.
Mouhahahahahaha.
J'aime faire ça, c'est pas possible ! Aaaah. :)
Bwef. James is back. Tout comme Irina, et Royce. J'ai mis Edward de côté, pour ce chapitre.. Mais sérieusement, je me suis choquée moi même en me rendant compte que c'est le premier chapitre, depuis le prologue de cette fiction, qu'on ne voit pas DU TOUT Emmett. Donc bon.. ^^'
J'espère que ça vous a plu ! Moi je vais aller m'enterrer quelque part en attendant vos avis. :)
Bravo à toutes celles qui avaient senti le truc venir, sérieux, je vous tire mon chapeau !
Sur ce.. Je vous souhaite une bonne fin de semaine ! Prenez soin de vous, surtout ! On se revoit bientôt.
Sur un OS ou sur LCLH, je ne sais pas encore. Mais on se reverra. :)
Soyez heureux, surtout.
~.*.~
P E A C E.
