Chapitre 25 : Une partie de la vérité
Snape venait d'arriver devant la table avec toutes les potions et avait déjà attrapé le petit flacon quand une effroyable douleur irradia son bras gauche. Le Seigneur des Ténèbres, paniqua-t-il intérieurement. Il avala la potion et courut à travers les flammes noires. Une fois de l'autre coté, la première chose qu'il vit fut Potter se précipiter sur un corps à terre à coté des débris du Miroir du Riséd. La seconde - frisson d'horreur - était l'esprit du Seigneur des Ténèbres qui sortait d'un autre corps, fumant. Sans doute Quirell. Il sortit sa baguette et lança un puissant sortilège de protection devant les enfants qui chassa l'esprit du mage noir.
Cela eut pour réaction de faire relever le visage de Potter. Les yeux bruns rencontrèrent les yeux d'onyx.
"Professeur, s'il vous plait ... faites quelque chose," supplia le garçon. "Il a perdu connaissance et ... et ... Tout ce sang ..."
Potter leva une de ses mains du corps pour rendre plus de ... réalité à ses paroles. Elle était dégoulinante de sang. Snape se précipita auprès du garçon et reconnut Kuchiki, inconscient. Il savait que c'était lui, il n'y avait que ces trois là qui étaient hors de leur dortoir. Mais le voir ainsi, dans cet état lamentable, rendait les choses ... Il se secoua et sortit des fioles des plis de sa robe : une potion de régénération sanguine et une potion calmante. Il tendit la seconde à Potter tandis qu'il transférait la première directement dans l'estomac d'Harry d'un mouvement de baguette.
Il observa le garçon. Il était pâle, presque blanc. Sans même lancer de sort de diagnostic, rien que par la marre de sang, il pouvait dire que le garçon était vraiment en danger. Il posa les yeux sur la jambe gauche d'Harry où Potter maintenait toujours une pression pour réduire l'écoulement de sang. Snape serra sa baguette dans sa main et retira de l'autre la main du fils de sa nemesis. Ce dernier résista.
"Potter, laissez moi guérir ses blessures. Sinon, il va mourir."
Son ton n'était même pas menaçant. Froid oui, mais Potter était déjà en état de choc. Il se concentrait juste sur son frère pour ne pas perdre pied. Il tremblait tellement. Et dans sa main se trouvait toujours la fiole de potion qu'il lui avait donné.
"Je m'occupe d'Harry, Potter. Buvez plutôt. C'est une potion calmante."
Le garçon retira sa main de la plaie et but la potion. Snape se détourna de lui pour ne plus se concentrer que sur le jeune Kuchiki. Il fit des mouvement en croix de sa baguette au dessus de la blessure en murmurant de nombreuses fois Vulnera Sanentur. Petit à petit, le flot de sang qui se déversait de là se tarit et la plaie se referma. Il s'occupa également d'autres blessures qui saignaient relativement fort. Le garçon avait déjà assez perdu de sang comme cela. Il vérifia ensuite ses fonctions vitales, Harry respirait toujours mais il voulait savoir s'il faisait une hémorragie interne. Mieux valait le savoir avant de le transporter. Il soupira de soulagement. Le garçon était tiré d'affaire.
Snape tourna ensuite son regard vers Potter pour voir s'il était blessé. Mais il semblait être indemne. Physiquement. Le garçon pleurait silencieusement.
"Potter," dit Snape.
"Il a dit que ce n'était pas moi," murmura le garçon.
"Je vous demande pardon ?"
"Il a dit que ce n'était pas moi," répéta le garçon en plongeant son regard humide dans les onyx impénétrable de son détesté professeur. "Que c'était Harry qui l'avait détruit."
"C'est Kuchiki qui a vaincu le Seigneur des Ténèbres ?"
Potter hocha lentement de la tête, pleurant toujours silencieusement. Ezequiel porta son regard sur son frère, l'inquiétude gravée sur ses traits. Il serra les poings impuissant. Il voulait aider mais ne savait pas quoi faire.
"Votre frère va s'en sortir, Potter. Il semblerait que vous n'êtes pas aussi stupide que vous en avez l'air. Appuyer sur la blessure comme vous l'avez fait a permis qu'il perde moins de sang."
Snape fit un accio baguette et se retrouva avec quatre en main. Il releva un sourcil. Il n'y avait que trois personnes ici : Quirell, Potter et Kuchiki. Alors pourquoi quatre ? Il reconnut la baguette de son serpent, très reconnaissable avec les saphirs qui la parsemaient. Il présenta les trois autres baguettes à Potter pour qu'il récupère la sienne. Il en restait deux : une brune et une noire. Il allait les ranger quand Potter lui fit une remarque.
"La brune est également à Harry."
"Kuchiki a deux baguettes ?" s'étonna l'homme en noir.
Pour toute réponse, Potter hocha de nouveau doucement la tête. Il se leva et ramassa l'épée qui était toujours au sol. Il fit très attention à ne pas se couper en le faisant. Ezequiel sentit soudain une douce chaleur fourmiller entre ses doigts et parcourir son bras tandis que l'arme se transformait en une chaîne en argent. C'était la chaîne qu'Harry avait toujours sur lui. Il lui avait dit que c'était son bien le plus précieux et qu'il ne s'en séparait jamais. Maintenant il comprenait pourquoi. Son frère se battait plus à l'épée qu'avec une baguette. En avoir une magique comme celle-ci, qu'il pouvait aisément dissimuler ... Wow ...
Tu es tellement loin de la vérité, Ezequiel. Et pourtant tu brûles plus que n'importe qui dans ce château à propos de cette épée.
Snape regarda le phénomène et vit l'étonnement et l'admiration dans les yeux de Potter. Ce dernier enroula doucement la chaîne dans sa main et la serra tout contre son coeur comme si c'était un trésor. L'homme prit Kuchiki dans ses bras et se releva.
"Suivez-moi, Potter," dit-il simplement. "Je vous emmène à l'infirmerie."
OoO
Harry était allongé dans l'herbe et regardait le ciel aux couleurs crépusculaires. Un sentiment de calme se dégageait du lieu et un doux chant féminin s'élevait dans les airs. Le garçon se redressa. Il était dans son monde intérieur. Cela ressemblait beaucoup au jardin du domaine Kuchiki. Il y avait de nombreux cerisiers en fleurs et un lac aux eaux claires et paisibles reflétant parfaitement le ciel. Un petit pavillon - de style japonais naturellement - sur pilotis était non loin de l'endroit où il se tenait. Les parements étaient faits de bois clair, d'argile et de bambous. Les murs étaient blancs. La voix venait du pavillon.
Harry se leva et se dirigea doucement vers le bâtiment, réfléchissant aux derniers événements. Il avait tué un homme. Il avait tué Quirell. Certes s'était pour défendre sa vie et celle de son frère. Mais cela ne changeait rien au fait qu'il avait pris une vie. Il était entraîné pour les hollow et il savait qu'un jour, il en tuerait. Mais là on parlait d'un homme, certes mauvais mais un homme quand même. Il se savait en vie, sinon il ne serait pas ici. Donc il avait réussi. Mais le prix était lourd. Il finirait en Enfer, comme toute âme tuant de leur vivant. Son père allait être tellement déçu de lui. Il soupira.
Quand il entra, il vit une femme s'afférer devant le foyer à préparer de l'eau pour le thé. Le garçon s'agenouilla et attendit patiemment en l'observant. Elle portait un kimono noir en satin sur lequel on pouvait voir une myriades de fleurs de cerisier dans des nuances de rose et de blanc. Elle avait glissé dans ses cheveux noirs quelques-unes de ces mêmes fleurs fraîchement cueillies qui mettaient en valeur sa peau de porcelaine. Elle servit le thé avec grâce. Comme tous ces gestes. Et pas une fois elle ne cessa de chanter. Harry lui ne fit que l'écouter. Il adorait ces moments où elle chantait et il n'avait pu que rarement l'entendre ces derniers temps.
Le shinigami finit par se perdre dans la contemplation du paysage et il ne se rendit pas compte qu'un silence calme et apaisant s'était fait. Il était tellement bien ici. Loin de la réalité. Ici, il pouvait presque oublier le sang qu'il avait sur les mains.
"Arrête de te torturer l'esprit, Harry-kun. Cela ne changera rien," dit la femme.
"Je le sais, Hone," répondit le garçon en se tournant vers son Zanpakuto. "Mais il n'empêche que j'ai tué un homme."
"Ton père n'aura pas honte de toi, Harry-kun," dit-elle fermement.
"Comment peux-tu en être aussi sûre ?"
"Qu'avais-tu en tête quand tu as lancé la chute de flamme sur le professeur Quirell ?"
"Je ... je sentais que je n'allais pas tenir longtemps et ... Ezequiel n'aurait pas tenu une minute de plus sans moi. Je n'ai pensé qu'à le protéger."
"Tu vois," sourit-elle. "Tu ne pensais qu'à protéger, et non à tuer, Harry-kun. Et ton père le sait aussi, il est très fier de toi. Et aussi inquiet que tu ne te réveilles pas."
"Comment cela ?"
"Cela fait trois jours que tu es inconscient, Harry-kun. Trois jours que tu es ici avec moi à te torturer l'esprit. Tout le monde est inquiet à ton sujet. Ton père, ta tante, ta mère, ton frère et ta soeur, les professeurs McGonagall et Snape. Même Sirius, Remus, le Capitaine Unohana et le vice capitaine Abarai sont présents. Ils sont tous à ton chevet où à l'entrée de l'infirmerie."
"Comment va Ezequiel ?" demanda Harry.
"Il va bien physiquement parlant. Mais il est encore sous le choc. Et il ne m'a pas lâché une seule fois, même quand Lord Potter a essayé de me prendre et de me jeter. Il ne m'a pas lâché. J'ai dû le protéger d'ailleurs."
"C'est-à-dire ?" demanda Harry en fronçant les sourcils.
"J'ai dû le protéger sur deux tableaux. D'abord mentalement contre les intrusions de Dumbledore et de Lord Potter."
"Quoi ?"
"Tu te souviens de cette horrible sensation que tu avais de temps en temps quand tu regardais Dumbledore dans les yeux."
"Oui."
"C'était une intrusion mentale. Il voulait avoir accès à tes souvenirs. Ils ont essayé d'entrer dans l'esprit de ton frère. Vu que vous avez appris des choses, plus particulièrement te concernant, j'ai préféré les garder cachées le temps que tu reprennes tes esprits. J'ai aussi pris contact avec son esprit l'espace de quelques minutes pour qu'il garde le silence sur certains points. Il n'a finalement rien dit du tout. Ils ne savent que ce que Snape a déduit des événements et de ce que Weasley a pu raconter."
Harry resta pensif quelques minutes pour intégrer tout cela. "Tu as dit deux tableaux, Hone."
"Oui." Elle eut un sourire triste. "Ton frère a été torturé."
"Quoi ?!" s'exclama Harry alors que des nuages noirs annonciateurs d'orage assombrirent son monde intérieur alors que la colère insinuait le creux de son âme. "Par qui ?"
"Lord Potter. Il lui a fait du mal avec la magie. Cela ne laisse aucune trace physique. Ezequiel me serrait tellement et je sentais son reiatsu tellement agité de frayeur que j'ai réagi. Je l'ai amené ici quelques instants. C'est à ce moment là que je lui ai parlé. Nous avons même bu le thé ensemble. C'est quelqu'un de très gentil. Il ne t'as pas vu, tu étais encore étendu dans l'herbe. Quand Lord Potter a cessé la torture, j'ai renvoyé son esprit."
Elle posa une main sur le bras de son maître, car oui le shinigami est maître de son zanpakuto. Il en est en quelque sorte le propriétaire exclusif.
"Il va bien, Harry-kun. De ce que j'ai compris, ce n'est pas la première fois qu'il subit ce genre de traitement."
"Donc Lord Potter ...," commença Harry en déglutissant. "Lord Potter torture mon frère."
"Oui. Mais personne ne le sait. Même Lily Potter n'est pas au courant. Il fait toujours cela à l'abri des regards. Ezequiel n'en a jamais parlé à personne jusque là."
"Pourquoi t'en a-t-il parlé ?"
"Il était en confiance," répondit Hone Hona. "Et je crois pouvoir affirmer qu'il croyait rêver. Mais en parler, même s'il croit que c'était un rêve, lui a fait beaucoup de bien."
"En tout cas, cela explique pourquoi il a peur de son père," maugréa Harry.
Ils restèrent un moment silencieux. Harry se calmait petit à petit et au fur et à mesure que la tempête de ses pensées s'éloignait, les nuages se dispersèrent pour laisser apparaître le coucher de soleil éternel qui baignait son monde intérieur. Il soupira en se levant pour quitter le pavillon. Sur le pas de la porte, il tourna la tête pour regarder son zanpakuto.
"Je te remercie, Hone Hona."
Cette dernière sourit. Harry quitta son monde intérieur pour rejoindre le monde des vivants.
OoO
Byakuya et Rukia attendaient au chevet d'Harry. Le chef de clan était songeur. Quand il avait appris la nouvelle, il avait envoyé Abarai prévenir Unohana et Rukia et avait directement ouvert son seikaimon personnel, qu'il réservait pour les urgences. Il ne l'avait que très peu utilisé dans sa vie, mais là, la situation l'imposait. Les mots de Snape se retournaient dans son esprit.
Mr Kuchiki,
Je suis au regret de vous dire qu'un événement grave est arrivé et votre fils, Harry, est l'une des principales victimes. Il a été gravement blessé lors d'un combat et est actuellement inconscient à l'infirmerie.
Severus Snape
Byakuya avait couru entre les korius et était arrivé devant la grille de Poudlard en moins de temps qu'il ne faut pour le dire. Sirius et Remus avaient transplanés au même moment et ils avaient tous les trois parcouru rapidement le chemin vers l'infirmerie, Byakuya suivant les deux hommes qui connaissaient le château pour y avoir vécu durant sept longues années.
Avant même de franchir les portes de l'infirmerie, il avait compris dans quel état était son fils au vu de son niveau de reiatsu, nettement plus bas que d'habitude. Il était presque nul. Mais arrivé à son chevet et voir son tin blême et ses traits tirés avait été encore plus dur que de le sentir à travers les énergies circulant dans ce château. Sirius et Remus s'étaient directement tournés vers Snape, qui veillait sur le garçon depuis qu'il l'avait amené à l'infirmerie, pour avoir de plus amples explications. Byakuya avait écouté mais la version de Snape était malheureusement incomplète et les seuls témoins étaient pour deux inconscients et le troisième en état de choc.
Le shinigami avait reconnu dans les mains de Potter le zanpakuto de son fils. Il lui avait demandé mais le garçon souhaitait le rendre lui-même à son frère quand il se réveillerait. Il avait décidé de le laisser tranquille, surtout que l'énergie plus qu'agitée et énervée du Lord Potter approchait, avec celle plus discrète de sa femme. Il avait rejoint son propre fils pour le protéger de cet homme si cela s'avérait nécessaire.
Lord Potter avait crié au scandale et était prêt à porter plainte contre Harry pour avoir mené les deux gryffondors au troisième étage et de les avoir mis en danger. Il avait été très vite mis dehors par l'infirmière. Ses patients avaient besoin de calme et de repos.
Alors depuis trois jours, ils attendaient. Progressivement Rukia, Renji et Unohana, ainsi que certains élèves - essentiellement des serpentards - étaient venus pour Harry, la jeune Jade pour Ezequiel, mais aussi pour Harry - bien qu'elle s'approchait de lui seulement quand son père ou Dumbledore n'étaient pas présents - et une famille de rouquins pour la dernière victime. Le jeune roux, un certain Ronald Weasley, avait raconté sa version de l'histoire en dépeignant comment Ezequiel et lui étaient des héros et comment Harry leur avait mis des bâtons dans les roues. Byakuya avait légèrement froncé les sourcils à cette déclaration mais n'avait rien dit. Il avait remarqué le regard noir d'Ezequiel envers son ami. Mais il n'eut aucune explication car ce dernier restait cloîtré dans son mutisme. Même ses parents ne tiraient rien de lui. Toutefois la version du roux avait laissé une porte grande ouverte au Lord Potter pour dire combien Harry était mal élevé et qu'il devait de ce pas être repris en mains et revenir vivre au manoir Potter. Son discours n'a eu pour effet que de se ramasser une droite de Sirius et ils se battirent dans l'infirmerie jusqu'à ce que Mme Pomfresh les jettent dehors. Ils avaient continué à se battre à l'extérieur jusqu'à ce que Dumbledore n'arrive et les sépare. Ce dernier avait pris des nouvelles et avait demandé à l'infirmière de la tenir au courant du réveil du jeune Kuchiki.
Comme il n'avait rien, Ezequiel avait pu sortir dès le lendemain ainsi que Weasley qui n'avait eu qu'une petite commotion, cadeau de la reine blanche. Mais Harry n'avait toujours pas réagi. Unohana avait combiné le kido de soin avec le travail de Mme Pomfresh. La première s'occupait de son énergie vitale pendant que la seconde s'occupait de son corps. Mais malgré le manque de réaction apparente du garçon, le sort de diagnostic que l'infirmière lançait régulièrement révélait une activité cérébrale de plus en plus intense. A vrai dire, selon elle, il devrait déjà être réveillé en ce moment même.
"Qu'en penses-tu, grand frère ?" demanda Rukia qui restait étrangement calme et silencieuse.
Byakuya garda le silence et médita sa question tout en analysant l'énergie renouvelée que dégageait son fils. Tension, étonnement, peur, colère, ... tout se mélangeait.
"Je pense qu'Harry est coincé dans son esprit à cause de ce qu'il s'est passé et qu'il essaie de faire le point," répondit-il finalement.
OoO
Quand Harry ouvrit les yeux, il les referma tout de suite, ébloui par la luminosité de la pièce. Il grogna face à la lumière trop vive.
"Harry-kun ?" C'était la voix profonde de Byakuya. "Comment te sens-tu, fils ?"
"Je crois que ça va," répondit le garçon après un léger moment de réflexion, et pour tout dire réveil. Il dormait depuis trois jours, le pauvre. "J'ai connu mieux."
Il se redressa et accepta le verre d'eau que son père lui tendit et but lentement, soulageant ainsi sa gorge sèche. Byakuya attendit patiemment que son fils se désaltère avant de poser une question. Il n'en eut toutefois pas le temps car à peine Harry avait posé son verre sur la table de chevet qu'il fut pris dans une étreinte d'ours. Enfin, d'ours ... Plutôt de loup.
"Comment vas-tu louveteau ?" demanda Remus.
"J'irai bien mieux quand tu me relâcheras," haleta le garçon. "J'étouffe."
"Désolé. Ne nous fais plus jamais une frayeur pareille !"
"J'aimerais te le promettre, Remus, mais je ne peux pas."
"Pourquoi ?"
"Parce qu'on ne sait jamais ce que l'avenir nous réserve."
"Et si tu nous disais ce qui s'est passé," dit Sirius derrière l'épaule de son compagnon. "Il nous en manque quelques bouts et je ne fais pas vraiment cas des propos du jeune Weasley."
"Il est vrai que nous serions tous intéressés de savoir ce qu'il en est," fit Dumbledore qui était entré dans la pièce en compagnie des Potter, Snape, McGonagall et Ronald Weasley, apparemment accompagné par sa mère."
"Mon infirmerie n'est pas un moulin, Albus !" s'exclama Mme Pomfresh en sortant de son bureau. "Je vous prierai de bien vouloir tous sortir pendant que je m'occupe de M. Kuchiki."
"Allons, allons, Poppy," tempéra le directeur.
"DEHORS !"
Les nouveaux arrivants capitulèrent et sortirent rapidement. Même Sirius et Remus avaient blêmis face à l'infirmière.
"C'est qu'elle fait peur, cette dame," rit Rukia.
"L'infirmerie est surnommée l'antre du dragon," dit Harry sur le même ton. "Personne ne voudrait avoir Mme Pomfresh sur le dos."
"Pourrais-je savoir ce que vous dites de moi, Mr Kuchiki," fit l'infirmière en haussant un sourcil, la baguette en main.
Le garçon blêmit face à la menace. Il avait déjà pas tellement repris des couleurs, maintenant il était blanc comme un linge. "Rien, Pomfresh-san. Juste que personne ne voudrait se frotter à vous quand il s'agit du bien être de vos patients."
L'infirmière se radoucit et sourit à Harry tandis qu'elle lançait un sort de diagnostic.
"Tout m'a l'air en ordre," dit-elle après quelques instants. "Je vous aurais bien gardé une nuit de plus mais je sens que Dumbledore va me harceler pour venir ici, ainsi que James Potter. Je vais donc vous laisser sortir. Si jamais vous avez besoin de quelque chose, revenez me voir ou demandez à cette charmante dame dont j'ai oublié le nom."
"Unohana-taishou," dit Byakuya.
"Voilà. Merci, Mr Kuchiki."
L'infirmière s'éloigna. Harry alla derrière un rideau et enfila le kimono que lui avait rapporté sa tante. Le tissu était bleu nuit brillant avec les bordures et la ceinture d'une nuance plus mate. Dans le dos était brodé au fil d'or un phénix, emblème de la famille Kuchiki.
"Merci de ne pas avoir pris le rouge, Rukia," dit-il en sortant.
"Pourquoi ?"
"Parce que je n'ai pas envie d'avoir l'air d'un fichu gryffondor en présence de Lord Potter !" s'exclama Harry.
"Merci pour nous, louveteau !" s'indignèrent Sirius et Remus.
"Non mais imaginez la tête de Snape-sensei si j'arrive dans le bureau de Dumbledore avec un kimono rouge. Non je préfère nettement plus ressembler à un serdaigle. Ou même un pouffsouffle, bien que le jaune ne m'aille pas tellement. Non, le rouge c'est pour la maison, plus jamais en public !"
Les deux sorciers rirent de la tête de leur filleul qui semblait horrifiée à l'idée de se présenter devant Snape et James Potter vêtu de rouge. Non effectivement cela ne serait pas bon pour lui. Mais Sirius avait un éclat malicieux dans son regard, éclat que son compagnon ne manqua pas de remarquer.
"Je vois où tu veux en venir, Patmol," fit-il. "Mais pas aujourd'hui. Peut-être une autre fois."
"Mais Lunard," gémit Sirius.
"Sirius Black," dit Harry avec un doigt accusateur. "Si tu joues au maraudeur avec moi, tu vas t'en mordre les doigts."
"Bon d'accord," capitula l'animagus. "Mais je t'aurais un jour, j'en fais la promesse."
Le groupe rit de bon coeur en sortant de l'infirmerie. Snape les attendait pour les mener, comme ils s'y attendaient, au bureau du directeur.
OoO
Le bureau du directeur avait été agrandi magiquement pour que tous puissent s'y tenir, installés dans des fauteuils, devant le bureau du directeur. La magie qu'octroyait Poudlard au Directeur. Etaient présents Lord et Lady Potter, Ezequiel, Mme Weasley et son fils Ronald et le professeur McGonagall, du coté Gryffondor ; du coté Serpentard, il y avait Harry, son père et sa tante, le professeur Snape et, étrangement, Sirius et Remus. Ce qui ne plut pas du tout à James Potter. Unohana et Renji avaient décidés d'attendre à l'extérieur du bureau. C'était une histoire de famille. Et puis ils sauraient tout à un moment ou à un autre.
"Alors que s'est-il exactement passé ?" demanda le directeur en regardant les jumeaux. Ils avaient déjà tous entendu la version de Weasley.
Harry et Ezequiel échangèrent un regard. Le gryffondor laissa la parole à son frère.
"J'étais dans ma chambre, allongé sur le lit. Je me reposai le corps et l'esprit après tous ses examens. Et j'ai eu un mauvais pressentiment et j'ai écouté les énergies autour de moi."
"Ecouté ?" demanda Dumbledore.
"Disons que je suis capable de ressentir les énergies qui nous entourent, comme les vôtres, celles du château. Je peux les sentir."
"Je suis sûr que c'est un mensonge," dit James. "Il ne veut juste pas dire qu'il était dehors après le couvre feu."
"Je ne dirais que deux choses avant de continuer, Potter-sensei," répliqua calmement Harry. "La première est que, comme mon père et Rukia, ainsi que les deux personnes qui nous attendent à l'extérieur, nous sommes capables de ressentir les énergies. Que vous me croyiez ou non m'indiffère complètement. Je sais parfaitement que les personnes qui comptent pour moi me croient. Quant à la seconde, si vous aviez sous la main la Carte du Maraudeur au moment des faits, vous sauriez également que j'étais bien dans ma chambre, contrairement à votre fils et son ami Weasley !" Harry eut soudain une moue gênée en regardant Dumbledore. "Oh ! Je n'aurais jamais dû dire cela !"
"Sirius ! Remus ! Comment avez-vous osé ?!" s'exclama le Lord. "C'était supposé resté un secret de Maraudeur !"
"Eh bien, Harry étant mon filleul," répondit l'animagus avec un regard malicieux. "Je me voyais mal ne pas lui en parler. Pas plus que d'autres de nos petits secrets. Et pour toi, c'est Black, maintenant Potter !"
"Et Lupin," ajouta le loup sous les ricanements de Snape.
"C'est quoi cette affaire de Carte ?" demanda Dumbledore.
"Nous avions créé une carte quand nous étions adolescents, Dumbledore," répondit Remus. "Elle nous a été très profitable."
"Remus !" menaça James Potter.
"Mais nous nous éloignons du sujet. Continue Harry."
"Comme je le disais, j'ai ressenti les énergies alentours et j'ai remarqué l'aura malsaine au troisième étage. Je l'avais déjà ressentie durant les derniers mois au niveau de la forêt interdite. J'ai également ressenti les énergies d'Ezequiel et de Weasley. J'ai voulu prévenir Snape-sensei mais il n'était pas dans son bureau ni dans son appartement. Je lui ai envoyé un mot et j'ai été cherché les deux gryffondors."
"J'étais au niveau des serres quand je l'ai reçu," dit le maître des Potions.
"Quand je suis arrivé au troisième étage, j'ai utilisé les chaînes de soumission pour immobiliser le chien ..."
"Harry !" s'indigna Rukia. "On s'était mis d'accord pour que tu n'utilises plus le kido !"
"Il fallait faire vite, Rukia. Alors j'ai réagi. Donc, j'ai immobilisé le chien et je suis passé à travers la trappe. Ezequiel et Weasley étaient pris dans le filet du diable. Je les ai libéré d'un boulet rouge."
Rukia soupira en secouant la tête. Weasley se redressa et dit : "Ce n'est pas vrai, tu mens !"
"La ferme, Ronald !" siffla Ezequiel. "Tu as assez fanfaronné comme cela ! Tu as bien menti ! Tu t'es bien marré ! Maintenant, tu laisses Harry raconter ce qui s'est passé !"
Harry remercia son frère d'un hochement de tête et continua. "Nous nous sommes dirigés vers la salle suivante et nous avons attrapé la clef pour ouvrir la porte. Weasley a joué la partie d'échecs et s'est sacrifié pour permettre à Ezequiel de jouer le dernier coup et de gagner la partie. Après avoir vérifié que Weasley n'était pas mort, Ezequiel et moi avons continué. Le troll était déjà mort. L'énigme de potions était assez simple et nous sommes arrivés dans la dernière salle. C'était Quirell-sensei qui voulait voler la pierre. Ce à quoi on ne s'attendait pas, c'était qu'il avait Voldemort collé à l'arrière de sa tête."
"Quoi ?!" s'exclamèrent tous sauf Ezequiel qui eut un frisson au souvenir de la face de serpent.
"Quirell-sensei était possédé par l'esprit de Voldemort," expliqua Harry.
"Un hollow ?" demanda Byakuya.
"Non, père. C'était différent qu'à Tokyo. Et il ne portait pas de masque. Il avait juste cette énergie noire, empreinte de colère et de haine. Il m'a proposé une alliance."
"Ben voyons," ricana James. "Et pourquoi le célèbre Mage Noir s'embarrasserait d'un gosse de onze ans ?"
"Parce que je suis un serpentard. Que je suis le frère du Survivant. Quoi de mieux comme allié que le frère de son ennemi juré ? J'ai refusé. Il n'a vraiment pas apprécié et a ordonné à Quirell-sensei de nous tuer. On a combattu d'abord avec nos baguettes, ensuite j'ai continué avec mon zanpakuto. J'ai été propulsé sur le miroir et j'ai été sérieusement blessé à la cuisse. En sentant que je ne pourrais pas encore tenir longtemps, j'ai choisi de le brûler à mort."
"Tu es un meurtrier," glapit Ronald Weasley en se rapprochant de sa mère. "Maman, c'est un meurtrier !"
"La ferme, Ron !" cria Ezequiel en se mettant devant son frère. "C'était lui ou nous ! Il n'avait pas le choix ! Arrêtes de faire ta peureuse. Tout le monde s'attend à ce que je tue Voldemort quand il reviendra ! Et tout le monde trouve cela normal ! Mais quand Harry défend nos vies justement contre la marionnette de Voldemort, il aurait dû le laisser nous tuer sans réagir ? C'est ça ? Réponds, Ron ! Harry aurait du laisser Quirell nous tuer ?"
Au fur et à mesure qu'il parlait, la voix d'Ezequiel partait dans les aigus. Il était énervé contre celui qu'il considérait comme son meilleur ami. La pression des derniers jours céda et le jeune Potter commença à pleurer en courant vers sa mère. Weasley avait pâli encore plus face à l'éclat de voix d'Ezequiel au point que cela faisait encore plus ressortir ses tâches de rousseur. Harry lui avait baissé la tête. Il n'était pas fier d'avoir tuer un homme. Mais Ezequiel avait raison. C'était une question de vie ou de mort. Il fut rassuré quand son père posa une main sur son épaule et la serra doucement. Il releva les yeux et croisa les yeux gris de Byakuya. Il n'y perçut aucune déception dans son regard.
Tous les sorciers adultes de la pièce avaient chacun exprimer le choc de cette révélation à leur manière. Mais tous furent finalement d'accord qu'au vu de la situation, c'était de la légitime défense. Harry avait plus que bien agi.
Finalement, tous quittèrent le bureau de Dumbledore et partirent chacun de leur coté.
