Titre: The Basket Case

Auteur : Stray

Base : Harry Potter

Couple : PP x DM HP x DM

Disclaimer : Les persos principaux ne m'appartiennent pas, ils sont à JK Rowling. L'histoire en elle-même appartient à Stray, il n'y a que la traduction qui soit de moi.

The Basket Case

Chapitre 25

Le lendemain matin, Snape lui montra la Gazette du jour précédent. Celui dans lequel le démenti aurait dû être publié en première page. Mais à la place de l'article que Draco avait vérifié avec soin, il y avait une déclaration de Cyrus disant qu'il était profondément choqué par la révélation et, en tant que nouveau représentant de la famille Malefoy, il déclarait que même s'il avait eu des soupçons que quelque chose n'allait pas avec Draco Malefoy, il n'avait eu aucune connaissance de la gravité de la situation jusqu'à ce qu'il le lise dans la Gazette. Mais comme jusqu'à maintenant Draco avait été le Chef de la famille Malefoy, il n'avait pas pu prendre de mesure contre lui sans preuve. Enfin, il promettait un examen approfondi de la question. Ça sonnait comme si Draco était un criminel.

Son esprit choisit ce moment pour lui rappeler que l'utilisation d'une potion de magie noire était bel et bien une violation de la loi, et donc que l'insinuation de Cyrus n'était pas son fondement. Mais Draco savait aussi que maintenant que son cousin avait obtenu ce qu'il voulait, il ne le révélerait au public qu'en cas de dernier recours. Il ne pouvait pas salir le nom des Malefoy alors qu'il était maintenant à sa tête. Draco n'avait aucun doute cependant que Cyrus utiliserait cette accusation contre lui devant le conseil de famille.

Il jeta la Gazette, sa colère dirigeait contre son cousin quand un petit article en bas de la page attira son attention.

L'article était une déclaration non-officielle de la Ministre de la Magie dans lequel elle déclarait que ce n'était pas condamnable si un homme décidait de donner naissance à un enfant. Bien au contraire en fait, disait-elle, c'était une brave et noble contribution pour augmenter le nombre de la population sorcière en déclin. Ni la source ni l'auteur de l'article n'était nommé.

Les sourcils de Draco se levèrent d'étonnement. C'était assez sournois, et même incroyablement injuste, que Granger se serve de lui et de sa mauvaise situation pour augmenter sa popularité en faisant de telles déclarations quelques mois avant les élections. Les Sang-Purs seraient reconnaitre leurs propres dialectes en elle, et les Né-Moldus penseraient que son point de vue est rafraichissant et moderne, tout ce dont ils avaient besoin chez un politicien qui était également leur leader. Et si la réaction de la population s'avérait plus négative que positive, elle pourrait toujours dire que l'article était un faux.

Peut-être que les sentiments de Snape n'étaient pas aussi mal placés qu'il le lui avait semblait au premier abord. Bien que la pensée d'eux deux formant un couple donnait encore la chair de poule à Draco.

Il ne tarda pas à chasser les images de son esprit en feuilletant la page des annonces immobilière pour se trouver une nouvelle maison. Il avait décidé qu'il avait besoin de montrer qu'il n'était pas complètement démuni et il devait récupérer son image. Dans sa situation actuelle, il était essentiel de se montrer fort et confiant, et quelle meilleure façon de le faire que d'aller s'installer dans une maison chic dans un quartier sorcier de Londres ? Il avait entendu parler de ce quartier résidentiel près du Chemin de Traverse, complètement caché des Moldus bien sûr, et avec des maisons si chères que certaines d'entre elles étaient encore inhabitées malgré que cela fasse déjà des années que ça avait été construit. Il aurait le Ministre de la Magie, des célébrités, ou encore de riches propriétaires de brevets en tant que voisin, ce qui était en soi une garantie que la sécurité des lieux était pris au sérieux là-bas.

Malheureusement, il fut rapidement ramené sur terre par Podmore qui arriva juste après le petit-déjeuner. Sa situation actuelle lui interdisait de vivre sans surveillance pendant un certain temps jusqu'à ce qu'ils puissent résoudre la découverte qu'ils avaient fait sur lui. Soit il restait chez Snape, ou s'il insistait pour avoir son chez-lui, il devait engager une infirmière à plein temps pour qu'elle ait un œil constant sur lui et informe Podmore si quelque chose se produisait. Maintenant que sa grossesse avait été rendue publique, Podmore disait qu'il n'avait aucune raison de se cacher.

« - Peut-être, et ça ne veut pas dire que je veux me retirer de l'histoire, mais vous pourriez envisager de consulter un guérisseur spécialisé dans les grossesses, et un autre qui pourrait remédier au sortilège toujours actif. »

Pour être honnête, Draco y avait pensé également mais finalement, il avait décidé qu'il ne voulait pas qu'une autre personne fouille dans sa vie privée ou son esprit ou sa… situation privée d'une autre nature. Podmore était assez compétent, et s'il ne se sentait pas à la hauteur Draco savait qu'il le lui dirait tout de suite. Il n'était pas un homme qui mâchait ses mots. C'est pourquoi Draco trouvait facile de lui faire confiance que de faire confiance à n'importe quel guérisseur que sa famille avait employé par le passé. Bien sûr, il n'avait pas divulguait ses raisons quand il avait dit à Podmore qu'il continuerait à lui laisser son état de santé entre ses mains expertes.

Renoncer à ces plans pour vivre dans sa propre maison c'était autre chose, cependant. Draco n'était pas heureux car ça l'aurait aidé à regagner un peu de prestige, mais finalement, il décida de renoncer à cette idée. Ce n'était pas qu'il était heureux de vivre chez Snape, mais il n'avait aucune envie de se confier à un parfait inconnue si une situation arrivait et qu'il aurait vraiment besoin d'aide.

« - Vous pouvez toujours demander à Potter. » Dit Snape en plaisantant, ce qui arrêta brutalement les pensées de Draco et l'obligeant à le regarder avec incrédulité.

« - Que voulez-vous dire par demander à Potter ? »

Snape ne répondit pas, il haussa simplement un sourcil en regardant Draco de manière expectative. Snape était-il légitimement en colère contre Draco pour s'être incrusté ici ? Avait-il vraiment besoin qu'il soit hors de sa maison au point qu'il était prêt à ignorer le Serment Inviolable et de refiler Draco à Potter ? Ou c'était juste une mauvaise blague à un moment inapproprié ? Si c'était le dernier cas, ce serait bien la première fois depuis qu'il connaissait l'homme. Après quelques secondes de réflexion, Draco décida d'ignorer la dernière partie de la conversation en faveur de sa santé mentale.

Juste pour cette raison, il n'avait aucun scrupule à continuer d'être une nuisance pour Snape.


Après le petit-déjeuner et l'examen physique de Podmore, Draco appela par cheminette Agnus Malefoy afin de l'aider pour son 'procès' imminent. C'était surréaliste d'appeler son audition devant le conseil de famille ainsi, mais Draco ne se faisait pas d'illusion, ça serait bien un procès. Il savait que ce serait plus exigeant et plus grave que celui qu'il avait vécu devant les Aurors quelques semaines auparavant. Il y avait une différence entre les lois de l'Etat et les lois de la famille Malefoy, à savoir que celles-ci ne sont pas seulement appliquées par l'Etat. Elles étaient magiquement contraignantes. Il n'y avait pas moyen d'en réchapper via ses méthodes habituelles : le chantage et la corruption. Son seul espoir était de trouvé une échappatoire dans les nombreuses règles qu'il pourrait utiliser à son avantage. Et pour ce faire, il avait besoin de son avocat.

Draco eut momentanément peur qu'il ne bénéficie pas de ce soutien dont il avait besoin après cet article dans la Gazette, surtout celui du Ministre. Toutefois, Agnus se montra tout disposé à l'aider suite à ça et c'était une grande surprise. Autrement dit, si un Malefoy respectable est enthousiasmé par les opinions politiques d'une Sang-de-Bourbe, il ne devrait jamais être considéré comme agréable. Quoi qu'il en soit, si le fait qu'Agnus ait effectivement, et c'est plutôt inhabituel pour un Malefoy, appuyé les propos du Ministre pour aider Draco dans son objectif, alors il serait en mesure de fermer les yeux et d'accepter le soutien de celui-ci.

Agnus arriva chez Snape pour l'heure du dîner. Draco fut surpris que Snape et lui connaissent non seulement le nom de chacun, mais aussi, être de vieux amis. Draco espérait qu'ils n'aient pas fait connaissance lors d'une convention du fanclub d'Hermione Granger, mais hésitait à le demander de peur que la réponse soit positive.

Après un repas copieux et dans une ambiance bonne même pour Snape, ils se retirèrent pour discuter de la question de son procès. Snape leur offrit d'utiliser son bureau pour l'occasion pour éviter que les appels de cheminettes ne perturbent la discussion, leur avait-il dit. En échange, Draco choisit de ne pas remarquer que Snape les accompagnait dans la pièce sans demander de permission. Draco aurait accepté s'il avait demandé, mais Snape ne s'embarrassait jamais des choses comme la courtoisie.

« - D'abord, vous devez vous préparer au fait que pourriez être officiellement renié pour avoir donné une mauvaise réputation à la famille. En fait, je suis presque certain que ça va arriver. » Lui dit Agnus après que Draco et lui-même se soient installés.

Draco sentit son cœur s'arrêtait pendant une seconde. L'homme ne semblait pas du tout plaisanter.

« - Si c'est vrai, alors quel est le but de cette conversation ? » Demanda Draco, cherchant à masquer sa peur et sa colère.

Agnus ne semblait pas intimidé par son humeur. Il lui adressa un sourire apaisant.

« - Le but est de garantir l'héritage pour votre fils. Je suppose que vous attendez un garçon. »

Draco déglutit et hocha la tête en acquiesçant du bout des lèvres. Apparemment, Agnus n'était pas gêné par le caractère inhabituel de la situation.

« - La découverte faite récemment, c'est que Cyrus n'a pas d'héritier. Même si son fils était encore en vie, il ne pouvait pas hériter puisqu'il était un Cracmol. »

« - Mais Pansy, ma femme, est enceinte du fils de Cyrus. Je suis sûr et certain qu'il va l'épouser dès qu'il le pourra et il aura un héritier légitime. » Contra Draco.

« - Pas exactement. » Agnus devint pensif tout en sirotant du vin rouge que Snape lui avait généreusement proposé pendant que Draco devait se contenter une fois de plus de thé. Et cette fois, il n'avait pas pu en avoir, alors il avait juste un verre de jus de citrouille.

« - Voyez-vous, même s'il épouse Pansy maintenant, il y a toujours ce petit problème qu'à l'époque où il a conçu cet enfant, il a commis un adultère. Avec votre femme, qui était non seulement l'épouse d'un membre de la famille, mais aussi celle de celui qui était à la tête du clan. Ce qui le met dans une situation précaire. »

Draco soupira tristement. Ça sonnait bien, mais il savait que ça ne suffirait pas.

« - Vous savez que mon enfant n'est pas juridiquement reconnu. A ma connaissance, aucun enfant né hors mariage ne peut hériter. »

Agnus hocha la tête à cela, mais à l'étonnement de Draco, il ne perdit pas de son assurance précédente.

« - Néanmoins je ne voudrais pas renoncer si facilement si j'étais à votre place. Je pense que je peux trouver un moyen, mais même dans le cas contraire, vous ne devriez pas être défaitiste avant que la bataille ne commence. »

« - Alors, que proposez-vous de faire ? » Demanda Draco. Il ne pouvait pas vraiment l'expliquer, mais l'assurance de cet homme commençait a l'infecter en quelque sorte.

« - Nous devons chercher de vieux documents. Je pense que la bibliothèque du Manoir Malefoy serait le meilleur endroit pour trouver ce que nous cherchons. »


Draco ne sut pas comment il avait fait, mais le lendemain matin, Agnus avait acquis un droit d'entré au Manoir. Apparemment, Cyrus, même en étant à la tête du clan, n'avait pas le droit d'interdire aux membres de la famille d'utiliser la bibliothèque de la famille dans le manoir.

Cyrus essaya de les décourager par provocation et moquerie alors qu'il les accueillait et les conduisait à la bibliothèque. Il agissait comme s'il avait toujours été le maitre de maison et que Draco ne vivait pas ici jusqu'à il y a quelques jours. Draco s'était déjà résigné la présence de son cousin et jura de ne pas laisser Cyrus le mettre hors de lui, donc il se tint étonnamment bien à cet instant. Par conséquent, il fut surpris lorsque dès qu'ils mirent les pieds dans la bibliothèque, Agnus ferma la porte au nez de Cyrus et jeta un sortilège de la porte puis sur eux-mêmes pour préserver leur intimité.

La pile de document se trouvait dans une partie de la bibliothèque que Draco n'avait jamais visitée auparavant. C'était étonnamment propre, exempt de poussière, d'insectes ou de rongeurs qui auraient pu abimés les vieux parchemins. Draco pouvait sentir la magie qui les protégeait du temps écoulé. S'il était vrai que les livres de magie noires pouvaient prendre soin d'eux-mêmes, c'était également vrai pour les documents juridiques des familles de Sang-Pur.

Ils transportèrent les documents sur une des grandes tables de la bibliothèque. En fait, Draco fut le seul qui les transporta, et Agnus les vérifiait un par un pour voir si oui ou non ils seraient d'utilité vis-à-vis de la situation particulière de Draco. Le blond ne savait pas comment il faisait. Il était sûr que si c'est lui qui aurait dû faire ça, il lui aurait fallu au moins autant de temps pour vérifier un parchemin qu'il n'en fallait à Agnus pour faire l'entièreté de la pile. De la pratique et un sens aigu, supposa Draco.

Ses bras commencèrent à être endoloris au bout d'un certain temps. La magie qui protégeait les documents les empêchait d'être soumis à une autre magie, que se soit le sortilège Accio ou un que Draco aimait bien quand il devait trouver des libres avec des mots clés spécifiques. (Celui qu'il avait connu via la Sang-de-Bourbe Granger). Il n'était pas certain que le sort aurait fonctionné sur les parchemins ou autres fichiers étant donné que le sortilège faisait explicitement référence à des livres.

Un elfe de maison lui emmena des sandwichs à midi, sous ordre de Pansy sans doute vu que Cyrus les aurait volontiers mourir de faim s'il le pouvait. Draco sentit une douleur dans la poitrine. Elle savait pourquoi ils étaient là, et que si Draco trouvait quelque chose pour préserver son héritage, elle se retrouverait sans rien. Pourtant, elle était encore assez généreuse pour leur offrir de la nourriture. Il eut une boule dans la gorge à cette pensée. Il leva sa baguette au-dessus du plateau pour vérifier que ce n'était pas empoissonné avant de prendre un sandwich et une tasse de thé.

Ils continuèrent à travailler jusqu'en fin d'après-midi. Le soleil n'allait pas tarder à se coucher, colorant les bustes en marbre des sculptures Malefoy de rouge, un peu comme le sang dilué. Cela lui rappela que le sang de son enfant était pareil : dilué par celui des Moldus.

Il espérait qu'il pourrait réussir à rester calme devant le conseil. Il savait pertinemment qu'il n'y avait pas de loi dans la famille qui interdisait l'introduction d'une personne autre que Sang-pur dans la famille. La raison est simplement que c'était inimaginable pour un Malefoy de tomber si bas au point de se mêler avec une personne dont la race n'était pas irréprochable.

Parfois, Draco s'interrogeait sur lui-même et cet enfant. Il aurait dû se débarrasser de lui pour plus d'une raison, mais il ne l'avait pas fait. Peut-être qu'il n'était pas un vrai Malefoy. S'il l'était, il ne l'aurait pas conçu en premier lieu. Du moins, il ne pouvait pas imaginer que son père, s'il aurait été dans une situation similaire, draguer un autre homme dans un bar gay et coucher avec lui. Il aurait plutôt tué tous les concurrents qui se seraient opposé à lui.

Mais Draco n'était pas son père bien qu'il lui ressemblait. Draco n'avait aucun doute que si son père serait encore en vie et apprit sa situation, il aurait arraché cette 'contamination' du ventre de son fils à mains nue. Mais il ne préférait pas s'attarder sur ce sujet et les détails horribles qui en découlaient. Bien sûr, si son père avait été encore en vie, Draco n'aurait pas eu besoin de recourir à de telles mesures…

Néanmoins, il devait arrêter de ressasser le passé. Il devait s'occuper de ce qui se passait ici et maintenant. Draco pensa qu'il ferait mieux de s'en rappeler.

Malheureusement, 'ici et maintenant' consister à empiler des parchemins, une tâche assez servile qui n'occupait pas vraiment son esprit.

Juste au moment ou Draco posa ce qui ressemblait être la dernière pile de parchemin sur la table, un elfe de maison apparu dans la bibliothèque et dit à Agnus qu'il avait un coup de cheminette de son bureau. Il s'avéra que c'était un de ses beaux-fils qui réclamait sa présence auprès d'un client, et il n'avait pas d'autres choix que d'y aller. Il dit à Draco de s'assurer que les elfes de maison livrent la pile de parchemin qu'il avait mit de côté à son domicile avant de le quitter hâtivement. Draco l'aurait fait même s'il ne lui avait pas demandé. Il n'avait pas confiance en Cyrus pour laisser les parchemins ici sans surveillance. Et avec sa magie actuelle, il ne pouvait pas les sceller.

Juste au moment où il pensait à lui, Cyrus apparut dès qu'il sortit. Draco pensa qu'il devait attendre derrière les lourdes portes de chêne qu'il quitte la bibliothèque, car il bondit en face de Draco comme un voleur aurait surgi d'un buisson. Visiblement, Agnus n'avait pas retiré les sorts de protections en partant, pensa Draco, et il haussa mentalement les épaules. Les elfes de maison avait fait disparaitre les parchemins pour les livrer à destination, mais Draco n'allait pas retirer les sortilèges. Podmore ne l'avait-il pas mit en garde contre l'utilisation massive de magie ? Cyrus aurait qu'à le faire.

« - Merci pour ton hospitalité. » Draco ne pouvait pas laisser passer l'occasion d'énerver son cousin.

« - Tu es le bienvenu. » Fit Cyrus d'une voix trainante qui laissait entendre que ce n'était pas le cas. Il raccompagna Draco et cela signifia qu'il n'en avait pas fini avec lui.

« - J'ai entendu dire que tu vivais avec mon parrain. Cela doit être difficile de dépendre des autres alors qu'il y a une semaine encore, ces mêmes personnes étaient si loin de toi. » La voix de Cyrus était désagréable. Draco renifla presque. Est-ce que son cousin n'apprendrait jamais les manières subtiles de railler quelqu'un.

« - Oui, eh bien, ton parrain est un homme loyal. Mais tu ne le sais pas, je suppose… »

Voilà. C'était comme tuer deux oiseaux avec une pierre. Outre de le mettre hors de lui, Draco lui avait rappelé la preuve que Snape lui était loyal, et il se délecta de voir les traits de Cyrus se contracter de colère.

« - Ce n'est pas comme ta femme. Elle est un peu volage, tu sais ? Elle dérive là où le vent souffle. »

Draco garda un visage impassible et ne répondit pas. C'était vrai, après tout. Est-ce que Cyrus l'avait vu récemment, ou bien la gardait-il enfermé jusqu'à ce qu'elle accouche ?

« - Elle est venue vers moi en me priant pratiquement de la mettre enceinte, tu sais ? Elle a dut réaliser que tu ne resterais pas bien longtemps à la tête du clan… » La voix de Cyrus était pratiquement dégoulinante de miel, mais ses mots tombèrent dans le vide.

Il semblerait que Pansy ait 'oublié' d'éclairer son cousin au sujet de leur dernière conversation et avait réussi à faire en sorte qu'il ne les écoute pas à ce moment là. C'était une surprise. Draco avait vécu dans le manoir assez longtemps pour savoir que Cyrus aurait pu facilement surveillé chacun de ses faits et gestes avec l'aide des sortilèges de protection s'il le voulait. Pourtant, il ne l'avait pas fait.

Draco pensait savoir pourquoi. Il était évident que Cyrus pensait qu'il avait déjà gagné. Il faisait l'erreur d'être trop confiant. Il était tellement pressé d'en finir qu'il ne regardait pas ce qui se passait dans son dos. Draco avait fait la même erreur, il avait été un imbécile aveugle, et voilà où ça l'avait mené.

« - Oui, je sais. » Dit-il finalement à Cyrus, nonchalamment. Mais il en resta là. Il n'allait pas trahir Pansy. Lui faire savoir d'où il avait eu les informations. Il eut la satisfaction de voir que son cousin eut l'air moins arrogant après ça.

« - Pourquoi ne pas simplement abandonner ? » Demanda finalement Cyrus, n'essayant même pas de retenir sa colère. « - Tu n'as aucune chance de gagner ! Tu devrais le savoir. »

« - Nous verrons. » Dit Draco d'une voix légère. Les émotions de Cyrus étaient parfaitement descriptible sur son visage, alors que c'était facile pour Draco de garder son calme et de lui rendre verbalement coup par coup. Ça lui faisait presque oublier que Cyrus avait raison.

Non, il ne fallait pas penser comme ça. Si Agnus ne renonçait pas à son cas, le moins que Draco pouvait faire, c'était de ne pas perdre espoir. Il ignora résolument le fait que contrairement à lui, Agnus n'avait rien à perdre s'il ne trouvait pas un moyen de faire gagner Draco.


Quant Draco arriva à la tombée de la nuit chez Snape (juste à temps pour le dîner, il espérait), il entendit des voix provenant du bureau. C'étaient les voix de Snape, Podmore et Potter, de toutes les personnes. Draco n'était pas d'humeur à le voir. Mais de toute façon, il savait que la conversation portait sur lui. D'instinct, il se cacha dans un coin sombre près de la porte entrouverte.

« - Je n'aime pas ce qu'il dit, Potter ! Vous ne devez pas abandonner ! » C'était Snape. Il semblait en colère si la voix était une indication. C'était la même voix que Draco avait le plaisir d'entendre chaque fois que Snape utilisait pour retirer des points à Gryffondor ou donner une retenue à Potter.

« - Mais que dois-je faire ? » Fit la voix de Potter, qui semblait presque aussi furieuse que celle de Snape et faisait revenir des souvenirs dans son esprit. « - Je ne peux pas suivre Malefoy chaque fois qu'il va quelque part ! » Pour une fois, Potter avait raison. « - Que voulez-vous que je fasse ? L'épouser ? »

Pour une raison quelconque, Podmore trouva cela très amusant. Pas Draco.

« - Si c'est ce qu'il faut, oui ! » Aboya Snape.

« - Jamais de la vie. » Murmura Draco pour lui-même derrière la porte. Il risqua un coup d'œil par la petite fissure entre le chambranle et la porte. Potter s'était laissé tomber sur une chaise, accablé, comme s'il l'avait entendu. En le voyant comme ça, Draco n'eut pas la satisfaction qu'il aurait dû avoir. Il était trop occupé à être furieux contre Snape pour être en mesure de profiter du moment. Comment osait-il plaisanter avec de telles choses ? N'avait-il donc aucun respect pour Draco ? Est-ce que Draco avait tord de lui faire confiance après tout ?

« - Je le ferais si je le pouvais. » Grommela Potter, ce qui fit que Draco réévalua rapidement son évaluation antérieur sur lui.

Potter était cinglé.

« - Mais même s'il ne se sent pas violé juste par ma seule présence, il y a la question qu'il est déjà marié. Et que nous sommes deux hommes. Un mariage du même sexe n'est pas autorisé dans le monde des sorciers non plus. »

Qu'est-ce que Potter voulait dire par 'plus' ?

« - Et comment savez-vous ça ? » Demanda de nouveau Snape.

« - J'ai demandé à Hermione. Et vous pouvez me croire quand je dis qu'elle sait. »

« - Miss Granger ? Elle, elle ne serait pas… ? » Draco regarda avec horreur les yeux de Snape devenir vitreux alors qu'il ne terminait pas sa phrase.

Potter le regarda, troublé, probablement embarrassé par cette exposition ou dégoûté par les indications. Il ouvrit la bouche comme pour dire quelque chose, mais il la referma et fronça les sourcils un instant, jusqu'à ce que les yeux de Snape revinrent dans le présent.

Draco décida qu'il était temps de faire savoir sa présence avant que la folie de Snape et Potter ne progresse davantage. Il se glissa silencieusement vers la porte d'entrée, l'ouvrit et la claqua fortement comme s'il venait de la passer. Une seconde plus tard, il y eut un bruit de cheminette et quand Draco apparut dans le bureau, il n'y avait aucun signe comme quoi Potter était là quelques minutes auparavant.


Les quatre prochaines semaines furent un cauchemar entre son anxiété grandissante et l'humeur massacrante de Snape qui devenait plus irritable chaque jour que Draco passait là-bas. Il avait seulement prévu de rester avec lui jusqu'au procès, qui devait avoir lieu durant la première semaine de Janvier.

Il discutait avec Agnus presque tous les jours via cheminette, et à la fin, l'homme lui fournit des documents à lire attentivement, disant que peut-être ses yeux pouvaient voir quelque chose qui lui avait échappé. Ce ne fut pas très productif parce que Draco passa plus de temps à bouger les parchemins qu'à les lire. Mais au moins, il ne dérangerait plus Agnus pendant un temps et permettrait à l'homme de faire son travail.

Podmore lui rendait visite régulièrement. La magie de Draco ne le troublait plus trop, probablement parce qu'il n'allait presque nulle part et ne s'exposer pas au stress tout le temps. L'angoisse permanente qui demeurait dans sa tête quant à son devenir ne semblait pas être prit en compte, peut-être parce que ce n'était pas encore vraiment fait. Malheureusement, c'était une chose avec laquelle Draco devait vivre depuis qu'il avait prit cette satanée potion.

Podmore avait tenté de lui faire se remémorer des souvenirs via des questions réponses, mais avec peu de succès. En fait, le seul point positif qui en fut tiré fut que Draco dormit pratiquement toute la journée d'après et n'eut donc pas à s'inquiéter à nouveau.

Fidèle à la conversation entendue, Potter se faisait rare. Snape n'était pas content du tout. Ses tentatives d'abandonner certaines de ses responsabilité vis-à-vis de Draco sur les épaules de Potter étaient tout simplement trop transparente, vraiment. Mais Draco était tout à fait disposé à continuer sa vie dans l'ignorance la plus totale du brun. Comme s'il n'avait pas déjà assez de problème sans rajouter Potter aussi, qui avait vraisemblablement une obsession malsaine envers sa personne. Il songeait d'ailleurs à demander à Podmore de lui trouvait une jolie institution mentale pour l'aider à se débarrasser de ses illusions. Mais quand Potter lui envoya un cadeau pour Noel, l'adresse de retour était une sorte de tanière qui faisait penser à Draco que Potter était peut-être devenu une sorte d'ermite, blessé de ne pas être en mesure d'être avec lui.

Dans l'ensemble, cela fut le pire Noel de sa vie. Il fut heureux quand ce fut fini, même s'il n'avait pas hâte d'être au procès imminent. Sans compter que sa grossesse commencer honteusement à se voir, et il ne tenait pas à comparaitre devant le conseil de famille avec un ventre voyant : un rappel évident de la raison du pourquoi il était là. Ce n'était pas quelque chose dont il devait être fier, comme ce que Podmore ou les déclarations occasionnelles du Ministre voulaient lui faire croire. Sans oublier le fait que malgré leurs efforts combinés, Agnus n'avait pas été en mesure de trouver quelque chose en sa faveur et il commençait à être à court de temps.

La date était fixée pour dans deux jours.


Draco s'assit à la table du petit-déjeuner avec une sensation de lourdeur dans le ventre. On lui avait donné l'ordre de manger correctement, son corps avait besoin de nutrition, même s'il n'en avait pas envie. Draco avait découvert que s'il mangeait en essayant de ne penser à rien, il était en mesure d'ingurgité la quantité suffisante sans même s'en apercevoir. La règle générale était donc de ne pas lire les journaux ou de lettre avant qu'il n'ait fini de manger, de sorte qu'il n'ait pas envie ensuite de vomir.

Après s'être tamponné la bouche avec sa serviette, il porta finalement son attention vers le grand hibou gris qui était perché sur le dos de la chaise à ses côtés. Il était là depuis que Draco était entré dans la cuisine, lorgnant avidement les miettes, mais qui avait été de toute évidence bien formé pour ne pas piquer de nourriture ou ne pas en quémander tant qu'il n'aurait pas délivré son message.

Draco lui fit signe de s'approcher et le hibou tendit alors sa patte. En détachant le message, il jeta un coup d'œil distrait, essayant de savoir si c'était un mâle ou une femelle, sans succès. Il n'était pas bon pour ça, que soit pour les hiboux ou autres bestioles. Pansy s'était souvent moqué de lui pour ne pas être en mesure de connaitre le sexe respectif de leurs elfes de maisons, bien qu'il ait passé la majeure partie de sa vie avec eux.

Il secoua la tête. Que faisait-il là à se rappeler des souvenirs nostalgiques quand il avait dans la main une lettre qui déterminerait probablement son avenir ?

Il avait raison. La lettre était d'Agnus. Il disait qu'il avait enfin trouvé quelque chose en faveur de Draco. Le blond laissa tomber le parchemin sous la surprise. Son cœur se mit à battre plus rapidement et il ne put retenir un sourire. Il sentait que son espoir n'était pas mort après tout.

Mais alors que ses yeux tombèrent sur la première page de la Gazette, un nom familier attira son attention et il lut le petit article qui paraissait en bas de page.

Une victime retrouvait assassinée dans l'Allée des Embrumes.

A suivre…