Whaaat? Une mise à jour sur 800 Calories?
Je vous avez promis des OS, voici le premier, celui d'Emmett. Au fil de l'écriture de la fic, je m'étais posé la question quant à savoir qu'il avait rencontré Rosalie avant ou après son agression, ça y est, j'ai ma réponse!
Les prochains OS sont à peine en cours de réflexions, alors soyez pas préssées hein ^^
Bisous mes petits chats!
Muffin cranberry-chocolat blanc, cookie Nutella, cinnamon roll ou cake au citron ?
Am, stram, gram, pic et pic et colégram…
Mes yeux passaient d'un gâteau à l'autre sans que je ne réussisse à faire un choix. Putain ma vie était trop dure…. Devoir passer chaque jour devant le Starbucks, entre chez moi et le boulot, m'arrêter prendre un moka et tenter de résister aux sirènes des pâtisseries…
Grrrr c'était trop dur pour moi !
Je sortis du café avec les quatre gâteaux qui m'avaient supplié de les acheter, pour les aider à accomplir leur destinée de pâtisseries. La vie d'une petite douceur peut être tragique : naître dans un four, bien au chaud, être exposé en vitrine en famille, parmi ses amis pour finir esseulé, invendu, et jeté le soir à la poubelle parce que personne n'avait voulu l'acheter…. Non c'était bien trop triste, et moi j'étais bien trop compatissant pour ces pauvres gâteaux. C'était la moindre des choses que d'acheter quelques pâtisseries pour les aider à accomplir le but de leur vie.
Bien sûr, je pourrais ne pas entrer dans le Starbucks, maiiiis ma cafetière s'obtiennait à produire une boisson infecte et non buvable. Quant au café du bureau, il ne fallait même pas y penser, cet immonde jus de chaussette me collait des aigreurs d'estomac ! Du coup, je m'arrêtais chaque matin pour prendre un moka - ou un capuccino les jours où je n'étais pas d'humeur .
Si je veux être tout à fait honnête, il faut dire que plus important que ma boisson, c'était le sourire de la vendeuse qui me motivait. Une magnifique petite rousse dont le corps m'appelait autant que ses pâtisseries. Elle avait des courbes discrètes mais bien présentes, des lèvres pulpeuses qui s'étiraient à chaque fois qu'elle inscrivait mon nom sur mon gobelet sans avoir besoin de me le demander - depuis le temps, elle le connaissait déjà ! – et ses cheveux étaient attachés en une couette haute que je rêvais d'empoigner au moment où elle crierait mon nom.
Alison
Elle m'obsédait autant qu'un cinnamon roll.
Ce matin là, elle eut plus de courage que moi et inscrivit son numéro sur mon gobelet, sous mon nom. Je ne me rendis compte qu'une fois ressorti et me promis de la joindre après ma journée de boulot parce que j'avais perdu trop de temps devant le comptoir des gâteaux et m'étais mis en retard.
Heureusement que je ne bossais pas dans le même service que le Commandant Cullen parce qu'à force d'être en retard, il pourrait me convoquer, s'il savait. Mais non, son bureau était au dix huitième étage alors que le mien était au neuvième. J'avais donc peu de chance de me faire chopper.
Parce que entre mes soirées trop arrosées, les pannes de réveil et ma rêverie habituelle, j'arrivais rarement à l'heure.
De l'extérieur, je pouvais ressembler à un jeune branleur, mais non, je vivais juste avec mon temps : aimant recevoir mes amis et trinquer pour un peu tout et n'importe quoi, appréciant les jolies jeunes vendeuses. Comme tout le monde, non ?
Je mordis avidement dans mon muffin en passant les portes du commissariat. J'allais devoir programmer une bonne séance de sport pour le soir même, et peut-être pour toute la semaine, parce qu'à force de sucreries, j'avais du admettre le matin même que porter une ceinture ne servait plus à rien avec ce pantalon : il tenait désormais tout seul. Pire : il me serrait !
Bordel.
Je pris l'ascenseur et appuyai sur mon étage, l'avantage d'arriver en retard était qu'il y avait bien moins de monde qui naviguait d'un étage à l'autre une fois l'heure d'embauche passée.
Les portes s'ouvrirent sur mon étage et je passais les portes en mordant dans mon cookie, mon muffin étant déjà terminé. Putain je pourrais vivre dans un monde de gâteaux. Prendre des douches dans lesquelles l'eau serait de la pâte crue, travailler sur un bureau fait de nougatine, avoir des stylos en mikados et l'encre serait du chocolat fondu.
Oh ouais je kifferais totalement ça !
Mon délire s'évapora tel une vague brume balayée par le vent quand mes yeux se posèrent sur le Commandant Cullen, appuyé sur mon bureau. Je le saluai respectueusement, regrettant mon hésitation face à la farandole de gâteaux criant « Manges nous ! Manges nous ! » et priai pour que ma série de retards soit bel et bien passée inaperçue.
« Mc Carty, dans mon bureau ! »
Oh !Oh !
Il me conduit dans l'ascenseur et appuya sèchement sur le bouton du dix huitième. Il ne prononça pas un pas un seul mot alors que nous prenions de la hauteur. Nous étions les seuls dans l'élévateur et je commençais à stresser sérieusement. La sueur perlait sur mon front alors que mon estomac se tordait. Je regrettais -pour la première fois de ma vie !- d'avoir autant mangé !
Vomir sur les chaussures impeccables de mon Commandant ne jouerait certainement pas en ma faveur. Je me sentais tellement crétin avec mon sachet de pâtisseries dans une main et mon gobelet dans l'autre. J'allais prendre cher s'il m'avait grillé.…
Est-ce qu'on peut renvoyer quelqu'un de la Police pour cause de retards ? Parce que, sérieusement, à part être à la bourre et bouffer, je ne sais rien faire de ma vie. Je me suis engagé parce que j'étais une brêle à l'école et que c'était ma voie de secours. Évidemment aider mon prochain et travailler à sécuriser la ville où j'ai grandi était gratifiant, mais je n'étais ni bricoleur, ni particulièrement intellectuel ou quoi que ce soit.
Mais si je me faisais virer, qu'est-ce que je pourrais faire ?
Laveur de vitres ? Homme de ménage ? Gigolo ? Ah ouais gigolo, ça pourrait le faire ! Être payé pour m'envoyer en l'air !
Les portes s'ouvrirent au dix huitième et le Commandant me fit signe de le suivre. J'eus l'impression d'un condamné à mort dirigé vers la potence. Il nous fit traverser l'intégralité de l'étage, passant devant le bureau de son fils adoré, le sacro-saint Edward Cullen. Lui, c'était pas le genre de mec à arriver en retard ou à perdre du temps à choisir entre plusieurs gâteaux.
Déjà, il était trop parfait pour être en retard, ensuite c'était plutôt le genre à hésiter entre de l'eau de coco et un smoothie pleins de trucs bons pour sa santé. Il était tellement parfait qu'il en était juste chiant ! Pas le genre de mec avec lequel je pourrais sympathiser ! Et puis ses loisirs devaient être des plus chiants… du genre cinéma d'auteurs et littérature classique … nous n'avions aucun point communs, et ce constat s'accentua alors que ses yeux se levèrent du dossier qu'il étudiait pour me regarder avec son air supérieur, me donnant l'impression d'être une tâche sur une nappe impeccable.
Le Commandant finit par me faire entrer dans son bureau et ferma la porte derrière nous. Gardant le silence, il s'installa et me fixait, je me sentais tellement con avec mon gobelet et mon sachet...
« Mc Carty - BIM le couperet tomba - vous avez une bonne excuse pour vos innombrables retards ?
-Non mon commandant, aucune. En revanche, si vous me laissez une seconde chance, j'en profiterais pour vous montrer que je suis un élément stable et professionnel sur qui vous pouvez compter, Monsieur. -Je cachais les restes de mon petit déjeuner dans mon dos et poursuivis- Je sais que je ne vous ai jamais prouvé à quel point je peux être efficace et sérieux mais je viens seulement de saisir à quel point j'aime mon travail. Oui il m'a fallu du temps pour ça, mais je ne vous l'apprends pas, niveau maturité et réflexion, je suis lamentable. »
Ma dernière remarque eut le mérite de faire tressauter le bord de ses lèvres, comme s'il luttait intérieurement pour ne pas sourire. La tension qui jusque là avait pris place dans ses épaules faiblit et mon supérieur se laissa aller contre le dossier de son fauteuil.
« Ne me donnez plus de raison de vous coller un blâme, McCarty, ça ferait tâche sur votre dossier et ça retarderait d'éventuelles avancements.
-Oui mon Commandant, merci mon Commandant.
-Bien, alors disposez, j'en ai fini avec vous. »
Je sortis de son bureau et me dirigeai directement jusqu'à l'ascenseur. Non seulement je gardais mon poste, mais en plus je ne m'étais pas trop fait pourrir. C'était plutôt pas mal. Je rejoignis rapidement mon étage puis mon bureau. A peine assis, je croquais dans ma troisième pâtisserie en pianotant sur mon téléphone. Ma résolution était prise, j'allais être exemplaire, et pour ça, il fallait que je commence par acheter une vraie cafetière et arrêter de passer trois plombes devant les stands de gâteaux. Peut être même que j'allais arrêter de me goinfrer, au moins le temps de perdre une à deux tailles de pantalon.
Ma journée passa et je me sentais grandi, mûri. J'avais de nouvelles motivations et enfin pris conscience de la valeur de mon travail. Et je voulais le garder, non pas parce que je ne savais pas quoi faire d'autre de ma vie, mais parce que j'aimais mon travail et que je savais que je le faisais bien.
Dans un soucis de perfection ultime (je souhaitais à présent égaler ce lèche bottes d'Edward, rien que ça ! ), je pris sur moi de rouvrir et terminer la montagne de dossiers qui traînait sur mon bureau, la fameuse paperasse que j'entassais inlassablement en restant persuadé qu'elle se complèterait toute seule, un jour. Des mois de dossiers et de rapports incomplets à retravailler.
Je m'y collais sans râler ni manger. Je voulais garder ma place et pouvoir rentrer chez moi le soir en étant fier du travail accompli dans la journée. Et sans toutefois me l'avouer clairement, je voulais que mon Commandant soit fier de moi.
J'y passais des heures et regrettai rapidement d'avoir été si fainéant et négligeant. Mon poignet et ma nuque me brûlaient d'avoir travaillé si longtemps, un véritable marathon d'écriture mais je finis par refermer le dernier dossier. Je relevais la tête dans une grimace : ma nuque était raide comme jamais. La nuit était tombée depuis plusieurs heures mais pour la première fois depuis ma sortie de formation, j'étais réellement satisfait de ma journée. Pas parce que j'avais mangé plus de gâteaux que jamais auparavant, pas parce que j'avais été le meilleur au stand de tirs, mais parce que j'avais bien fait mon travail !
Sensation inédite !
Je récupérai mes affaires et me décidai de passer faire des courses dans la petite épicerie au coin de la rue pour acheter plus de fruits et légumes que je n'en n'avais jamais mangé. J'engloutis mon ultime patisserie en ayant conscience qu'elle serait la dernière avant longtemps.
Le nouvel Emmett est dans la place !
L'ascenseur s'ouvrit sur le hall d'accueil et je m'apprêtais à saluer l'hôtesse quand je me rendis compte qu'elle devait être déjà partie depuis bien longtemps. Je ne connaissais même pas son nom… j'allais devoir y remédier !
Je faisais mentalement la liste des légumes que je savais cuisiner quand les portes du Commissariat s'ouvrirent face à moi.
Elles se refermèrent sur une silhouette féminine et claudicante. Ses longs cheveux blonds étaient ébouriffés et poisseux, elle semblait être blessée à la tête. Une de ses arcades sourcilières était ouverte et du sang maculait sa tempe et sa joue. Sa lèvre inférieure était enflée et fêlée. Ses magnifiques yeux bleus semblaient vides et inexpressifs.
Elle continua à avancer dans le hall telle un robot, elle ne semblait même pas m'apercevoir. Sa jambe droite la faisait grimacer à chaque fois qu'elle posait son pied au sol. Ses vêtements étaient froissés, tâchés et déchirés à plusieurs endroits. Cette femme avait dû être magnifique, à un autre moment de sa vie.
Des larmes silencieuses ravageaient son visage et ses épaules tressautaient sous les sanglots. Seul le désespoir semblait guider ses pas.
Nous étions les deux seules personnes dans le hall et à cette heure-ci de là nuit, il n'y avait plus grand monde dans le bâtiment. C'était donc mon rôle de l'orienter dans nos locaux. Sans faire de mouvement brusque, je me postais devant elle en levant mes paumes face à elle en signe d'apaisement, la dernière chose que je voulais était de lui faire peur.
Comme elle ne me voyait toujours pas, son esprit probablement en train de rejouer la scène de sa probable agression, je pris la parole en murmurant :
« Mademoiselle ? Mademoiselle ? Vous m'entendez ? »
Elle émit un couinement sonore en posant ses yeux sur moi. Je poursuivis : « Je suis le Sergent McCarty, vous êtes au Commissariat. Est-ce que je peux faire quelque chose pour vous ? Vous souhaitez porter plainte ?
- Je veux mon père » Répondit-elle dans un faible glapissement.
« Très bien, vous voulez bien venir avec moi ? On va monter à mon bureau et le contacter. »
Comme elle ne répondit pas, je fis demi tour pour faire face à l'ascenseur et plaçait ma main dans son dos, sans la toucher, pour ne pas la brusquer. Elle me suivit sans rien dire et les portes se refermèrent derrière nous. Nous commençâmes à nous élever dans le bâtiment pour rejoindre mon étage quand je repris la parole :
« Moi c'est Emmett. » Je ne savais rien d'elle et pourtant je voulais tout connaître. Qui elle était, ce qui lui était arrivé, ce que je pouvais faire pour elle. Je voulais être là pour elle. J'ignorais tout d'elle et pourtant, je voulais être celui qui aurait le plus d'importance dans sa vie.
C'était terrifiant et je me cachais derrière l'idée que ça soit seulement mon tout nouveau côté professionnel qui veuille lui venir en elle, mais je savais, quelque part au fond de moi, que ça ne venait pas de là.
« Rosalie Cullen. » Fut sa seule réponse.
Cullen. C'était une des filles du grand patron. Mes doigts appuyèrent une fois de plus sur le bouton de mon étage de sorte à y annuler l'ouverture des portes et demandèrent l'étage dix huit. Je savais que le Commandant bossait encore. Si conduire cette femme à son père était la seule chose que je puisse faire pour elle, alors je le ferai bien.
L'ascenseur stoppa sa montée et je la conduisis à travers nos bureaux de la même façon que je l'avais fait dans le hall. Je frappais à la porte de mon supérieur qui m'indiqua quasiment aussitôt que nous pouvions entrer. Au moment où j'allais ouvrir la porte, je sentis Rosalie trembler furieusement et je ne pus empêcher ma main de se poser sur son épaule et mes lèvres de s'étirer dans un sourire rassurant.
« Je peux vous attendre ici si vous voulez…
-Ca serait sympa oui. »
Je ne savais pas du tout pourquoi je lui avais proposé cela. De toute évidence, Rosalie et le Commandant repartiraient ensemble, je n'aurais rien à dire, rien à faire, mais je restais debout, statique devant la porte de mon chef à attendre sans tout à fait savoir pourquoi.
La seule chose que je savais, c'est que j'allais tout faire pour aider cette jeune femme et remonter dans l'estime de son père.
Je savais aussi que jamais je n'allais contacter Alison, la serveuse du Starbucks, j'avais d'autres choses en tête à présent.
