Désolée pour le retard, c'était Halloween !
Chapitre 25 : Départs et ce fichu tableau.
J'entre dans la cuisine, toute seule. Fred est retourné dans sa chambre. Bill, Remus, Charlie, M. Weasley et mon père ont une conversation très sérieuse à voix basse dans un coin de la salle à manger.
J'approche du comptoir où Ginny coupe les légumes. Elle me regarde de biais. Elle semble être partagée entre un fou rire et appréhender de ma réaction. Je lui souris, après tout, elle n'a rien fait de mal. Elle se détend. Je m'apprête à engager la conversation lorsque Charlie vient s'appuyer contre le comptoir à côté de moi.
- Bonjour Miss Intrépide, me dit-il avec son sourire charmeur.
Je m'adosse au comptoir en agitant ma baguette sur la casserole à côté de moi afin de mélanger les ingrédients.
- Alors comme ça tu t'es réconciliée avec mon frère.
Les nouvelles vont vites ! Je me tourne immédiatement vers Ginny pour lui jeter un regarde de reproche.
- Ginny n'a pas dit un mot, je t'assure, continue Charlie comme s'il avait lu dans mes pensées. Et Fred non plus. Mais je les connais assez pour voir que Fred n'allait pas aujourd'hui. Au sourire de Ginny quand elle est revenue, dans la cuisine, c'était clair qu'elle vous a surpris dans vos réconciliations.
- Tu es très intuitif, Charlie, dis-je un sourire en coin.
Il s'approche alors davantage. Si près que je peux presque sentir son souffle sur mon visage. Il me regard droit dans les yeux. Je suis mal à l'aise de cette soudaine proximité, mais je ne m'écarte pas. Je suis trop intriguée de savoir où il veut en venir.
- Je suis bien plus que ça ! réplique-t-il, toujours aussi souriant.
- Charlie, l'interpelle Bill, au lieu de papoter, tu pourrais aider M'man en mettant la table.
- Oui, d'accord, répond Charlie sans me lâcher du regard.
Il s'éloigne alors et ouvre le vaisselier avec Bill. Je ne sais toujours pas la raison de son attitude. Est-ce qu'il cherche à savoir si je suis un bon parti pour Fred ? Sans doute. Je n'ai pas vraiment le temps d'y réfléchir, car la marmite déborde au même moment. J'essaie d'enlever le couvercle avec un linge, mais c'est beaucoup trop chaud. Fred et George arrivent derrière moi et font sauter le couvercle grâce à un effet de levier avec leur baguette. Je rattrape le projectile, le faisant léviter pour éviter qu'il n'assomme quelqu'un et je le fais atterrir dans le lavabo sans un bruit.
Aussitôt le souper terminé, c'est l'heure de dire au revoir à Bill, Charlie et Remus. Ce dernier profite que les Weasley entourent Bill et Charlie pour me parler, plus discrètement.
- Je serai surement revenu avant ta mission, dit-il, mais en attendant tu dois étudier tout ce qui te sera utile. Tu n'auras pas le droit à l'erreur.
- Merci de t'inquiéter ! Mais tu parles comme Socrate. Compte sur moi pour étudier tout ce que je pourrai ! Si jamais tu le vois ainsi que Myrline dit leur que je les aime et qu'ils me manquent énormément.
- Très bien, je leur dirai, me dit-il
- Oh et euh Remus…ne leur dit pas pour ma mission. Myrline serait dans tous ses états.
Remus acquiesce avec un léger sourire.
- Fais attention à toi ! lui dit mon père.
- Comme toujours, répond Remus.
Ils se prennent alors dans les bras l'un de l'autre. C'est bref. Tout le monde y a vu qu'une étreinte amicale. Tout le monde sauf moi.
Tout de suite après mon petit-déjeuner, j'étends mon parchemin sur mon épais livre « L'occlumancie, la force de l'esprit », trempe ma plume dans l'encrier et après un moment d'hésitation je commence à écrire.
Bonjour à vous tous,
Mon nom est Hélène Black. Voilà quelques années que j'ai quitté l'orphelinat de Ste-Mangouste. J'ai été comme vous une enfant sans père ni mère. Bien que je me sois trouvée un nouveau foyer, je continue de penser à ce qui fut chez moi, un jour. J'aimerais savoir comme vous allez. Avoir une amie qui a passé par les mêmes étapes que vous, pourrait vous réconforter dans les moments les plus déprimants. J'ai tant hâte d'avoir de vos nouvelles bientôt,
Bien à vous,
Hélène Black.
Bien sûr, je n'ai jamais été à l'orphelinat, mais si je dois faire face aux Mangemorts aussi bien m'inventer un passer en béton. Cela sera plus facile aussi pour renforcir mes barrières psychiques si l'on tente d'entrer dans mon esprit. Je relie à nouveau mon texte, cherchant les failles possibles, lorsqu'un grincement plus sinistre que tous ceux du hall se fait attendre à ma droite. Le long nez de Kreattur apparaît alors au-dessus de mon épaule. Je soupir en levant les yeux au plafond. Il n'y a vraiment aucun moyen d'être seule dans cette maison !
- Oui, Kreattur ? Que puis-je faire pour toi ? lui demandé-je en m'efforçant de garder mon calme.
- La maitresse écrit une lettre.
- Oui, Kreattur. J'essaie. Mais je ne peux pas le faire si tu regardes par-dessus mon épaule.
- Kreattur est vraiment désolé d'avoir importuné la maitresse. Kreattur ne le refera plus, promis. Est-ce que Kreattur peut faire quelque chose pour la maîtresse ?
- Oui, Kreattur.
Kreattur s'agenouille devant moi les yeux pleins d'espoir.
- Va me chercher une tasse de thé, lui ordonnai-je
L'elfe de maison recule de quelques pas puis il se dépêche de s'exécuter. Il revient quinze minutes plus tard avec une tasse de thé bien chaude. Juste le temps qu'il me fallait pour terminer et rouler la lettre
- Merci Kreattur. Fais envoyer ça à l'orphelinat de Ste-Mangouste. Interdit de la lire, ni même de regarder le contenue. Je t'appellerai quand j'aurai à nouveau besoin de toi.
Kreattur retourne à la cuisine le pas léger avec le rouleau de parchemin. Au même moment, Fred arrive au pied de l'escalier.
- Tu t'es sauvé, ce matin. Je ne t'ai pas senti te lever et quitter la chambre, me chuchote-t-il.
- Je dois vraiment étudier le plus de chose possible avant ma mission, si je veux être sûr de ne pas échouer.
- Oh, mais je suis tout à fait d'accord avec toi. Il t'est interdit d'échouer.
- Alors laisse-moi étudier et je reviendrai en un morceau. Promis, plaisanté-je
- Viens étudier dans ma chambre, tu pourras voir nos progrès en même temps, me supplie-t-il.
- Je viendrai étudier dans ta chambre, mais après ton petit déjeuner, répondé-je.
Il me sourit et me donne un baiser avant de reculer vers la cuisine, sans cesser de me regarder. Je me cache la bouche avec mes mains pour étouffer mon fou rire que son attitude provoque chez moi.
Il revient de la cuisine peu de temps plus tard. En le voyant approcher, je ferme mon livre et je lui tends la main. Il me tire à lui, mais se faisant, mon livre tombe par terre dans un bruit sourd.
Ma grand-mère se réveille et commence à hurler ses vociférations habituelles. Fred s'élance pour refermer les rideaux, mais je lui tiens le bras pour l'en empêcher.
- Ça suffit ! crié-je. Arrêtez immédiatement tout ce brouhaha !
Le tableau s'arrête un moment. Ma grand-mère me regarde d'un air mauvais.
- Petite impertinente. Bonne à rien ! Qui es-tu pour oser m'ordonner quoi que ce soit ? Va au Diable ! Sort de ma maison, tout de suite !
- Stop ! lui ordonné-je. Vous ne savez pas à qui vous vous adressez.
- Je sais très bien espèce d'effrontée. Tu es l'une de ses vermines qui souillent ma demeure !
- Si vous ne me croyez pas, demandez à Kreattur, il saura vous dire que vous commettez une grave erreur.
- Une grave erreur ? Isolante limace disparait de ma vue…
Les insultes se succès alors qu'elle les crache à plein poumon. Je me jette sur les rideaux, aidé des jumeaux, de Ron et de mon père.
Je suis enragée parce que je n'ai pas réussi à lui faire entendre raison. Si on ne peut pas décrocher ce tableau, je suis sûr qu'on peut le dompter! Je dois trouver un moyen pour y arriver.
Je me dépêche de prendre mon livre et de monter l'escalier jusqu'à la chambre des jumeaux avant d'entendre les commentaires de toute la maisonnée.
- En tout cas, je sais que je ne veux jamais me chicaner avec toi, dit George en entrant dans la chambre.
- Tu n'as vraiment pas froid aux yeux, ajoute Fred.
Je leur lance un regard menaçant.
- Nous avons beaucoup avancé sur la boite à Flemme, m'annonce George pour changer de sujet.
- C'est grâce à toi, ajoute Fred en me faisant un clin d'œil.
- Nous avons décidé d'avancer dans un nouveau département de la compagnie pendant que tu seras occupé à étudier, m'explique George.
- Ah oui, lequel ? lui demandé-je
- Nous allons avancer dans l'élaboration de feux d'artifice.
- Vous avez déjà commencé à les fabriquer ? demandé-je
- Oui et ça va très bien, me dit George en examinant un petit tas de poussière gris sur le bureau.
- Tu n'as pas l'air enthousiaste face aux feux d'artifice, me fait remarquer Fred un peu soucieux.
- Non, ce n'est pas ça. C'est juste que les produits de la boite à Flemme ne sont pas encore au point et commencer de nouveaux produits, ça ne vous fait pas peur d'avoir plusieurs produits inachevés ? demandé-je
- Non, je crois que diversifier les produits nous donne plus de chances d'avoir un plus grand éventail d'acheteur, me répond George.
- À vouloir courir deux lièvres à la fois, on risque de n'en attraper aucun ! avertis-je
- C'est vrai, mais en mettant tous nos œufs dans le même panier, on se retrouve le bec à l'eau quand il est vidé ! réplique Fred.
- Peu importe. Je vous fais confiance, dis-je en m'assoyant dans le lit de Fred avec mon livre. Je sais que mon investissement va me rapporter, peu importe ce qui arrivera.
Puis faisant un clin d'œil à Fred, je reprends ma lecture.
Les garçons travaillent toute la journée sur leurs feux d'artifice et Fred tient sa promesse. Il me laisse étudier sans me déranger.
Quand Mme Weasley nous appelle pour manger, Fred fait appel à tout son charme pour me faire lâcher prise. Il me menace même de me transporter à la cuisine sur son épaule tellement je suis absorbée dans mes exercices.
Une nouvelle journée et pourtant elle ressemble étrangement à celle d'hier. Les livres, les garçons qui continuent leur travail sur les feux d'artifice. En dehors de ma réponse d'un jeune garçon de l'orphelinat nommé Marco, tout est identique à la veille. J'affronte même ma grand-mère à nouveau. Ça se passe juste avant le souper. Quand les garçons ferment le rideau sur ma grand-mère, je suis hors de moi face à ce nouvel échec. Si je ne suis pas capable d'avoir le dessus sur ce cadre, comment vais-je faire face à Voldemort ? Si je réussis à la percer, je réussirai surement à comprendre la façon de penser de ses partisans.
Je passe tout le souper à réfléchir à différentes stratégies. C'est comme une énigme que je dois résoudre.
- Tu cherches toujours une solution pour avoir le dessus sur le tableau de ta grand-mère, me demande mon père à la fin du souper.
- Oui. Ça serait bien de pouvoir comprendre comment pensent ses gens, répondé-je
- Ton plus grand obstacle devant ma mère c'est probablement ton apparence, me confie-t-il.
- Mon apparence ? répété-je en regardant mes mains.
- Tes cheveux. Ils sont roux. Et les cheveux roux, c'est l'association directe avec les Weasley. Les Weasley qui, selon les Mangemorts sont des traîtres à leur sang. Pour ma mère, elle ne te reconnaitra pas comme son héritière si tu es rousse, m'explique-t-il.
- Je devrais me teindre les cheveux ? demandé-je
- Non, tu n'as qu'à les changer, me dit-il
- Les changer ? Tu veux dire comme avec une perruque, dis-je incrédule.
- Eh bien, il n'y a pas que Tonks qui ait le don de changer d'apparence dans ce côté de la famille. Les trois sœurs Black ont toujours eu ce don, mais elles n'en ont pas toujours eu de besoin, dit-il.
Je ne sais pas vraiment comment est-ce que je vais faire, mais j'ai souvent observé Tonks. Lorsqu'elle change de forme c'est presque comme si cela venait de l'intérieur. Ça semble si simple et pourtant si compliquer en même temps.
Mon père fouille dans sa poche et en sort une photo pour me la montrer.
- J'ai trouvé ça dans le salon où il y a la tapisserie. C'est une vieille photo, mais je me suis dit que tu aimerais savoir à quoi elle ressemblait quand elle était jeune.
Je regarde la photo de plus près. Il y a cinq jeunes, deux garçons et trois filles. Aucun d'eux n'a l'air vraiment heureux d'être là. On pourrait croire qu'ils me snobent tous les cinq. Ils lèvent le nez en l'air et reste dans leur position bien statique.
- Là c'est moi, dit mon père en me désignant le plus vieux des garçons. J'ai 15 ans sur cette photo.
Il ressemble aux photos qui datent de mes premières années. Il est très beau et ses cheveux bruns qui lui tombent sur les yeux lui donnent une élégance désinvolte. Il ne devait pas y avoir beaucoup de fille à l'époque qui n'aurait pas rêvé de lui mettre le grappin dessus.
- Là c'est ta mère. La photo est en noir et blanc, mais si elle était en couleur, tu verrais que ses cheveux sont blonds, presque blanc.
Je regarde la plus jeune des filles. Ses cheveux sont longs et raides. Aucunement proche des miens. Son visage a l'élégance aristocratique des Black. Je reconnais dans ses traits quelques-uns des miens. Le contour des yeux entres autres…
- Ça c'est mon frère, continue mon père en me montrant l'autre garçon.
Il est plus jeune que mon père. Son style est plus classique et ses cheveux plus courts, mieux peignés. Il lui ressemble pourtant beaucoup.
- Elle, c'est ta tante Andromeda, la mère de Tonks.
Elle a une main sur l'épaule de ma mère et elle se tient près d'elle. Ses cheveux sont plus courts qu'elle, plus frisés et plus sombres.
- Et pour finir, ta tante Bellatrix. Elle doit avoir vingt-trois ans sur cette photo. Elle s'est marié peu de temps après. Heureusement, elle est maintenant à Azkaban.
La plus vieille des trois sœurs a les paupières lourdes. Ses yeux sont aussi foncé que ses cheveux. Ceux-ci sont aussi longs que ceux de ma mère, mais l'ondulation, presque frisé qui les texture, ressemble davantage aux miens. Son visage est aussi noble que les autres de la photo.
- J'espère que ça t'aidera à te préparer pour ta mission, fini par dire mon père.
Je peux voir l'inquiétude dans ses yeux. Je lui souris puis, je me blottis contre lui afin de faire taire cette culpabilité qui se réveille en moi.
- Si tu veux, j'ai d'autres photos pour toi.
- Ah oui ?
- Celles-ci par exemple, dit-il en tirant un album photo de sa manche. Ces photos ont été prises lors de notre dernier Noël avec James et Lily.
- Même après toutes ces années, c'est encore difficile de les voir, n'est-ce pas ? demandé-je en voyant un air triste se dessiner sur son visage.
- Oui. Ils me manquent, mais c'est plus que ça. C'est lors de cette journée que James et Lily m'ont demandé pour être leur gardien du secret…et c'est moi qui ai proposé de prendre Peter à la place.
Je comprends à quel point il se sent coupable. Cette idée nous a tous coûté beaucoup de douleurs…
- Mais tu ne pouvais pas savoir…murmuré-je.
- J'aurais dû…
- Ce fut de beaux moments…dis-je en caressant les photos du bout des doigts. Il y a tellement de bonheurs sur nos visages. On ne pourrait pas savoir que c'était la guerre.
Il y a une photo où je suis montée sur les épaules de Remus, la neige couvrant encore mes cheveux. Mon père qui enlève son écharpe les yeux brillants de joie. Tous les trois nous saluent. Ils sont si heureux. Harry est si petit sur les autres photos. Nous étions si proches… J'ai si hâte de le revoir à nouveau. Lorsque nous serons tous les quatre réunis, alors les jours heureux pourront reprendre véritablement !
