Bonsoir tous le monde !
Je sais que cela fait un long moment que je n'ai pas posté de suite à cette fic, mais comme je vous l'avait expliqué, j'ai une année chargée (et celle qui s'annonce risque de l'être tout autant), et je devais réduire mon temps d'écriture. J'ai donc privilégiée la fic qui semblait vous intéresser le plus, mais comme nous arrivons au bout de cette dernière, j'ai pu reprendre l'écriture de Tu es à moi dont voici la suite.
Par contre, j'ai un dilemme par rapport à la série. J'avais prévu de faire enlever Alexis par Père (désolée pour le spoiler), mais ma jumelle (merci à elle, moi qui ne voulait pas être spoiler), m'a appris que c'était ce qui était prévu dans l'épisode à venir (je me suis arrêté de regarder à l'épisode 10...). Je voudrais donc savoir si j'écris tout de même ce qui était prévu, ou bien si je dois modifier totalement cette partie de ma fic... A vous de choisir, je me rangerai à l'avis de la majorité...
Bon allez, j'arrête de vous ennuyer, et vous laisse à votre lecture, en espérant que ce POV vous plaira. Et comme toujours, n'hésitez pas à me faire part de votre avis (enfin pour ceux qui sont encore intéressés par cette histoire!)
Bonne lecture à vous !
PS : chapitre édité le 04/03/2014
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Chapitre 25 :
POV de la mère de Beckie :
Avec lassitude, je fixai l'écran de mon ordinateur qui me brulait la rétine. J'étais épuisée, aussi bien physiquement que moralement, mais cela en valait amplement la peine. Encore une fois, notre association avait remporté une nouvelle victoire, et ce soir un petit garçon à peine plus âgé que ma Lily s'endormirait dans son lit, auprès de ses parents. Alors que certains dossiers nous occupait durant plusieurs semaines, nous étions parvenus à retrouver cet enfant au bout de seulement 48 heures, et cela grâce à la célérité d'une femme qui avait trouvé étrange de voir son voisin, un junkie célibataire, rentrer chez lui accompagné d'un petit garçon qui paraissait sous tranquillisant. Infirmière à la retraite, elle avait immédiatement signalé l'incident à la police, et une brigade était venue vérifier. L'alerte Amber ayant été lancée, toutes les forces de police étaient sur le qui-vive. Oui, cette enquête avait été vite réglée.
Encore une fois, notre collaboration avec la police avait été efficace. Mais comme bien souvent, je me demandai pourquoi je réussissais à retrouver les enfants des autres alors que j'étais incapable de retrouver ma propre fille. James m'avait affirmé que nous avions fait tout ce qui était en notre pouvoir pour ramener Beckie à la maison, et qu'à présent, nous ne pouvions qu'attendre en priant pour qu'un miracle se produise. Je savais qu'il avait raison, mais chaque fibre de mon être se rebellait à l'idée de rester les bras croisés, à attendre que celui qui nous avait pris notre petite fille ne commette une erreur. C'était trop me demander. Pour cette nuit, je me contenterais de cette victoire, mais je ne pouvais m'empêcher de me demander où se trouvait ma fille en ce moment. Je ne pouvais même pas envisager qu'elle ne soit plus de ce monde. Non, elle était en vie, quelque part, attendant que nous la retrouvions.
Et peu importait le temps que cela me prendrait, je remuerais ciel et terre, userais de tous les moyens à ma disposition pour se faire. Pour commencer, cela faisait une éternité que je n'étais pas allée rendre une petite visite au commissariat. Je savais déjà qu'ils n'auraient probablement aucun nouvel indice, mais en me rendant régulièrement là-bas, je m'assurais que le dossier de Beckie n'atterrissait pas sous une pile où il serait oublié. Il était tard, et pourtant, je traînais au bureau, peu désireuse de rentrer chez moi. C'était peut-être égoïste, mais alors que l'anniversaire de Beckie approchait, je ne supportais plus de croiser le regard triste de ma famille. Chaque année, c'était la même chose. Chacun de nous lui confectionnait quelque chose, et chaque année, les cadeaux atterrissaient sur le lit de Beckie, attendant qu'elle les ouvre.
Et chaque année, c'était encore plus difficile et la flamme de l'espoir, bien que vivace, se ternissait peu à peu, et je savais qu'un jour, nous cesserions de lui fabriquer des cadeaux, que nous cesserions d'attendre son retour. Et cette simple idée me détruisait, parce que j'avais l'impression que nous l'abandonnions.
« Maman ? » entendis-je la voix de mon fils, me faisant sursauter.
« Elie ? Que fais-tu là à une heure pareille ? » l'interrogeai-je en me redressant vivement.
« Je savais que tu serais là, à penser à Beckie » répondit-il en haussant les épaules avant de venir s'asseoir à mes côtés.
« Je sais que ça n'avance à rien, mais je ne peux m'empêcher de me sentir coupable » avouai-je piteusement.
« Comme nous tous » rétorqua-t-il sombrement avant de prendre une expression pensive « La nuit dernière j'ai fait un rêve étrange. J'ai rêvé que Beckie nous retrouvait, qu'elle débarquait en plein milieu du barbecue dominical, son merveilleux sourire aux lèvres »
« C'est plus difficile pour nous à l'approche de son anniversaire, et rêver de ta sœur est normal » le consolai-je, avec émotion.
« Elle me manque. Je sais que je lui en faisais baver, mais je l'aime, et je veux qu'elle rentre à la maison » avoua-t-il en serrant les poings pour ne pas se mettre à pleurer comme un bébé.
« Moi aussi mon chéri… » Soupirai-je en l'attirant contre moi, le laissant se blottir dans mes bras comme lorsqu'il n'était encore qu'un enfant.
Nous restâmes ainsi un long moment, savourant cet instant de tendresse familiale, puis lorsque je le sentis à nouveau maître de ses émotions, je me détachai de lui, l'observant avec tendresse. Plus il vieillissait, plus il ressemblait à son père. Elie était celui qui ressemblait le plus à James, tout comme Beckie était celle qui me ressemblait le plus parmi nos enfants. Parfois je me demandais si le choc aurait été aussi violent et destructeur si c'était un autre de mes enfants qui avaient été enlevés. Aurai-je été si dévastée ? Je me sentais horrible d'avoir de telles pensées, mais Beckie avait toujours été spéciale à mes yeux. Elle était une autre moi en plus merveilleuse. Il y avait toujours eu un lien spécial entre nous, même si j'avais mis un point d'honneur à ne pas faire de différences entre mes enfants, je savais bien dans le fond que je n'avais pas totalement réussi. Mais aucun de mes enfants ne me l'avait jamais reproché, même s'ils étaient plus durs avec Beckie, comme pour la punir de cette préférence que je lui témoignais.
Mais l'amour qui unissait mes enfants était si fort et si tangible que je ne m'étais pas inquiétée de cette rivalité fraternelle, sachant qu'avec les années, celle-ci s'estomperait. Mais à présent que Beckie ne faisait plus partie de nos vies, je voyais mes enfants vivre avec la hantise que leur sœur s'imagine qu'ils ne l'aimaient pas, qu'ils ne voulaient pas d'elle. Et cela m'était insupportable. Je détestais voir mes bébés souffrirent de la sorte et ne rien pouvoir faire pour alléger leur souffrance. La culpabilité les étouffait, et je savais que la seule chose capable de les apaiser serait de ramener Beckie chez nous. Et pour y parvenir, je ne reculerais devant aucun sacrifice, devant aucune démarche, même si je devais harceler chaque flic de chaque état de notre bon vieux continent et même des autres en fait. Mais en attendant, je me devais de me consacrer un peu à ma famille. Plus que jamais, ils avaient besoin de moi et que nous traversions ensemble cette période difficile.
« Rentrons, papa va s'inquiéter » déclara Elie en se redressant.
« Tu as raison » approuvai-je en me levant difficilement tant j'étais fourbue.
Avec tendresse, mon grand garçon passa son bras autour de mes épaules et m'entraina à sa suite, prenant soin de fermer derrière nous. Parfois, j'avais du mal à reconnaitre en ce beau jeune homme le petit ange que j'avais porté en mon sein et mis au monde. J'avais un mal fou à me faire à l'idée qu'il était un homme à présent, un homme dont n'importe quelle mère serait fière de dire qu'il est son fils. Et je ne m'en privais pas. J'étais fière de chacun de mes enfants, mais Elie ressemblait tellement à son père, me remémorant l'homme dont j'étais irrémédiablement tombée amoureuse lorsque je n'étais qu'une toute jeune adolescente, que je ne me lassais pas de sa compagnie, ce qui amusait beaucoup le père et le fils. Un sourire se dessina sur mes lèvres à cette pensée, et je secouai la tête en songeant aux taquineries de James. Malgré 20 ans de mariage, nous étions aussi amoureux et soudés qu'aux premiers jours, et c'était un miracle dont je ne cessais de remercier le ciel.
Alors qu'Elie nous ramenait à la maison, mes pensées dévièrent de nouveau vers Beckie. Elle avait dû tellement changer au cours des dernières années. C'était une jeune fille à présent. Et je haïssais du fond de mon cœur les personnes qui m'avaient privée du bonheur de voir grandir ma fille, de la voir devenir une jeune fille. Et il n'était pas question qu'elle devienne une femme sans moi. Non, je trouverais le moyen de la ramener chez nous bien avant ça. Et pour cela je devais m'assurer que son dossier n'était pas remisé au diable vauvert. Demain à la première heure, j'irais donc au poste de police pour m'entretenir avec l'inspecteur chargé de l'enquête afin de voir s'il avait du nouveau. Il était temps de forcer la chance, et je m'y emploierais de toutes mes forces, dussé-je moi-même imprimer les avis de recherche et parcourir tout le pays pour les diffuser.
« Maman ? » m'appela Elie alors qu'il se garait dans notre allée.
« Oui mon chéri ? » m'enquis-je en me tournant vers lui.
« Tu penses que la police finira par retrouver Beckie ? » me demanda-t-il en fixant un point devant lui, les mains crispées sur le volant.
« Je ne sais pas si eux la retrouveront, mais je n'abandonnerai jamais ta sœur. Et je sais qu'un jour nous la retrouverons » lui assurai-je de toute la force de ma conviction.
« J'aimerais être là lorsqu'ils choperont celui qui nous l'a enlevé. J'aimerais pouvoir le tuer de mes propres mains pour ce qu'il a fait à notre famille » gronda-t-il, ses yeux luisant de haine.
« Prends un ticket mon chéri, parce que si quelqu'un doit envoyer cette personne discuter avec notre Créateur, c'est moi ! » rétorquai-je fermement.
« Oui madame » concéda Elie en poussant un profond soupir.
« Allez rentrons ! » l'encourageai-je en quittant la voiture au moment où James apparaissait sur le perron.
« Tout va bien vous deux ? » s'enquit-il en m'ouvrant ses bras alors que je le rejoignais.
« Oui, ne t'inquiète pas » le rassurai-je en l'embrassant tendrement.
« D'accord, le dîner est servi, vous n'avez plus qu'à mettre les pieds sous la table ! » déclara-t-il en passant son bras autour de ma taille pour me guider à l'intérieur de notre maison.
Dès qu'Elie eut refermé la porte, James marqua un arrêt devant le boîtier de l'alarme, et s'assura que la maison était entièrement sécurisée. Encore une chose que l'enlèvement de Beckie avait changée dans nos vies. Même si nous n'avions rien à nous reprocher, James se sentait coupable de ne pas s'être réveillé cette nuit fatidique, et il avait fait installer le système anti-intrusion le plus performant disponible sur le marché. Et chaque nuit, il s'assurait que nos enfants étaient parfaitement à l'abri. Le soir venu, dès l'instant où tous nos enfants étaient rentrés au bercail, il verrouillait toutes les issues, enclenchant les alarmes silencieuses et les détecteurs de mouvement extérieur. Et il vérifiait une dernière fois avant de monter se coucher. Parfois au cours de la nuit, je l'entendais se lever pour faire le tour des chambres avant de contrôler le rez-de-chaussée, puis il remontait, et durant quelques instants, il s'arrêtait dans la chambre de Beckie. Et je comprenais parfaitement ce qu'il éprouvait. Alors je me contentais de le serrer dans mes bras lorsqu'il revenait se coucher à mes côtés.
« Je sais que c'est idiot, mais je me sens si coupable de n'avoir pas su la protéger » m'avoua-t-il d'une voix brisée en enfouissant son visage dans mon cou.
« Je sais ce que tu ressens, mais ce qui s'est passé n'est pas de notre faute » soupirai-je en lui caressant tendrement les cheveux.
« Je veux seulement que l'on me rende mon bébé » avoua-t-il dans un sanglot en resserrant son étreinte autour de ma taille.
« Je sais, moi aussi… » Soupirai-je en le pressant de toutes mes forces jusqu'à ce que je sente son corps puissant se détendre, et son souffle se faire régulier.
Pendant que je veillais sur son sommeil, je songeai à cette culpabilité qui gangrenait notre famille. Moi je tentais de l'exorciser en m'investissant à 200% dans l'association, et James en faisant de notre sécurité une obsession. Mais il était temps d'en finir avec ce schéma destructeur une bonne fois pour toute. Et le seul moyen, c'était que je ramène Beckie chez nous.
« Je te promets que je la ramènerais mon amour… » murmurai-je alors que le sommeil venait enfin m'emporter.
J'eus l'impression d'avoir fermé les yeux depuis quelques minutes à peine lorsqu'un bruit feutré me tira de mon sommeil. Ouvrant difficilement les yeux, je tournai la tête, tentant de chasser la brume cotonneuse qui investissait mon esprit, et mis quelques instants avant de comprendre ce qui m'avait éveillée. Debout près de ma table de nuit, se tenait ma petite dernière. Son visage tout ensommeillé m'arracha un sourire, et je me redressai sur un coude pour mieux l'observer. Le pouce dans la bouche, elle tenait son doudou dans sa main droite, le laissant traîner par terre comme une serpillère. Mais mon sourire s'effaça en avisant les traces salées sur son visage angélique.
« Hey mon ange ! » lançai-je en m'asseyant avant de l'asseoir sur mes genoux « Qu'est-ce qui ne va pas ? » m'inquiétai-je en séchant ses larmes.
« J'ai fait un cauchemar » marmonna-t-elle en se blottissant contre moi.
Fermant les yeux, je soupirai doucement, me demandant si un jour, ces mauvais rêves cesseraient. Après l'enlèvement de Beckie, Lily avait commencé à faire ces horribles songes, et au départ nous n'y avions pas vraiment prêté attention, mettant cela sur le compte de la tension qui régnait à la maison et qui se répercutait sur nos enfants. Mais au fil des mois, ceux-ci s'étaient fait plus virulents, au point de la réveiller chaque nuit en hurlant. En désespoir de cause, nous l'avions emmenée chez un psychologue qui nous avait dirigés vers un de ses confrères spécialisé dans les traumatismes infantiles. Et après quelques séances, il nous avait appris que Lily avait probablement assisté à l'enlèvement de sa sœur, et que c'était cet évènement qui était à la base de ses cauchemars. Et nous savions que c'était la vérité, puisque les policiers nous avaient affirmé que Beckie se trouvait dans la chambre de Lliy lorsqu'elle avait été kidnappée. Afin d'apaiser la peur de notre petite princesse, nous avions transformé sa chambre en bureau, et installé Lily dans notre ancien bureau, et peu à peu les crises s'étaient espacées, même si parfois les cauchemars revenaient la hanter.
« Tu crois que Beck's se souvient de nous ? Tu crois qu'elle nous aime encore ? » voulut savoir Lily en rejetant la tête en arrière pour m'interroger de ses grands yeux larmoyants.
Tout en caressant tendrement ses boucles soyeuses, je souris à l'entente de ce surnom. Lily commençait tout juste à parler lorsque Beckie avait été enlevée, et un jour, elle avait baptisée sa sœur ainsi, et ce surnom était resté. Personne ne savait vraiment d'où il venait, mais parfois les enfants étaient juste surprenant.
« Je suis sûre qu'elle nous aime, exactement comme nous l'aimons » la rassurai-je en posant ma joue sur le sommet de sa petite tête.
« Tu crois qu'elle sera rentrée à la maison pour son anniversaire ? » demanda-t-elle, ses grands yeux brillant d'espoir.
« J'aimerais ça mon ange… » soupirai-je en berçant mon trésor contre mon cœur « Oui, j'aimerais vraiment ça… »
Nous restâmes ainsi un long moment, jusqu'à ce que j'entende le reste de ma tribu s'éveiller. Nous étions samedi, mais malgré ce fait, cette journée promettait d'être chargée avec toutes les activités auxquelles participaient les enfants.
« Allons rejoindre tes frères et sœurs » lançai-je en la chatouillant doucement, lui arrachant un rire étouffé qui me remplit de bonheur.
En riant, nous descendîmes à l'étage où mes enfants se chamaillaient dans une joyeuse cacophonie, et comme je l'avais prévu, nous quittâmes la maison à la dernière minute. Heureusement pour moi, Elie prenait en charge les plus grands. Un à un, je déposai mes petits monstres, veillant à ce qu'ils soient pris en charge par un adulte, avant de prendre la direction du central. Afin d'amadouer l'inspecteur Becker, je m'arrêtai dans une boulangerie dans laquelle j'achetai un assortiment de pâtisseries dont les inévitables beignets. C'était cliché, mais ça n'en restait pas moins vrai. Les flics raffolaient de ces pâtisseries enrobées de sucre glace, et je savais que l'inspecteur Becker avait un faible pour ceux fourrés au caramel. C'était ce que d'aucun appellerait un pot-de-vin, mais cela devrait me permettre de ne pas me faire rembarrer immédiatement. Arrivée au poste de police, je me garai sur le parking visiteur, et d'une démarche assurée, gagnai le département des personnes disparues.
Habituée des lieux, je saluai sur mon chemin quelques policiers avec lesquels j'avais collaboré au cours de mes investigations. Réprimant un sourire, je notai avec amusement le regard de loups affamés qu'ils dardaient en direction de mon offrande pour l'inspecteur Becker. Il fallait bien reconnaître que la boîte que je transportais laissait échapper un délicieux fumet qui mettait l'eau à la bouche. Mais j'étais une femme en mission, et les ignorants royalement, je poursuivis ma route avec l'assurance d'une personne qui savait où elle allait. Beaucoup de civils se seraient égarés dans ce dédale, mais j'étais venue si souvent dans ces lieux que j'en connaissais les plans par cœur. Aussi fut-ce sans encombre que je parvenais dans la salle réservée aux inspecteurs de la brigade. L'immense pièce était divisée en box, et slalomant entre ceux-ci, je me dirigeai vers le fond de la pièce, sans tenir compte des regards insistants que mon passage occasionnait. Parvenue à destination, j'étouffai une malédiction en découvrant les lieux désertés par leur propriétaire.
J'aurais dû lui téléphoner afin de m'éviter une visite pour rien. Dépitée, je déposai ma boîte de gâteau sur une chaise réservée aux suspects ou aux témoins, et farfouillai dans mon sac à la recherche du nécessaire pour lui laisser un message. Alors que je trouvais enfin ce que je voulais, une jeune stagiaire s'arrêta à mes côtés pour déposer une pile de documents sur le bureau impeccablement bien rangé de l'inspecteur Becker.
« Puis-je vous aider ? » s'enquit-elle en m'adressant un sourire engageant.
« Je désirerais voir l'inspecteur Becker » lui répondis-je dans un sourire contrit.
« Il a reçu un tuyau sur une de ses affaires et est parti vérifier » m'expliqua-t-elle sans se départir de son sourire « Vous aviez rendez-vous madame Kates ? » enchaîna-t-elle avec intérêt.
Je ne m'étonnais même pas qu'elle me connaisse. Avec le succès qu'avait connu mon association, tous les flics de la brigade me connaissaient, et j'avais appris à ne plus m'en formaliser.
« Non non, je suis là à titre personnel… » avouai-je en baissant les yeux sur le bureau pour dissimuler ma détresse.
« Je suis désolée pour votre fille » compatit-elle gentiment avant d'ajouter « Désirez-vous que je demande à l'inspecteur de vous rappeler ? »
« Je vous en serais reconnaissante » approuvai-je avant de lui tendre les pâtisseries « Tenez, autant que vous en profitiez ! »
« Merci ! » sourit-elle alors que son regard se mettait à pétiller de gourmandise « Au revoir ! » ajouta-t-elle alors qu'un de ses collègues l'appelait.
« Bonne journée » la saluai-je en la voyant rejoindre l'homme dont elle frappa la main alors qu'il tentait de regarder ce que contenait la boîte.
Amusée, je reportai mon regard sur le bureau lorsque je me figeai. Là, ce visage. C'était celui de Beckie, j'en étais certaine. Quelqu'un avait retrouvé mon bébé. Relevant vivement la tête, je vérifiai que personne ne faisait attention à moi, et contournant le bureau, je me plaçai devant pour mieux voir.
« Mon Dieu ! » soufflai-je en sentant les larmes me monter aux yeux.
C'était bien mon bébé. Son visage était plus fin, elle avait perdu ses rondeurs d'enfant, mais c'était bien elle. Elle ne souriait pas et son regard reflétait une telle tristesse que j'en eu le cœur brisé. Je restai là, à me repaitre de sa vue un long moment avant de parvenir à me détacher de son visage. Sortant discrètement mon téléphone, je prenais une photo du fax, et lisais rapidement le mot qu'une main féminine avait rédigé sous la photo de ma fille. Elle était à New-York, sous la surveillance du lieutenant Beckett. Le cœur battant, je songeai qu'il me faudrait environ 4 heures d'avion pour me rendre du Montana à New-York. Avec un peu de chance, je pourrais y être avant la nuit. Mon portable serré dans la main, je quittai rapidement les lieux pour retourner chez moi. Je prétexterais une nouvelle affaire pour m'absenter. James en avait l'habitude, et je savais qu'il ne me poserait pas de questions.
Je n'aimais pas lui mentir, mais je ne voulais pas leurs donner de faux espoirs si jamais j'arrivais là-bas trop tard. Mais cette fois, je sentais que la chance avait tournée, et si tout allait bien, le lendemain à la même heure j'aurais le bonheur de pouvoir serrer ma fille dans mes bras.
