Bonsoir les filles ! Je suis légèrement en retard, mais Noël approche à grands pas, et les préparatifs divers ça prend du temps ;)
Je suis contente que l'esprit du voyage vous ait plu, et que les moments à deux tant attendus depuis plusieurs chapitres vous aient convenu.
Merci à Malou, Victoria, Iota, Mimija et Gridaille pour vos messages.
Elizabeth et Darcy furent heureux de retrouver leur demeure, même si le rythme de Londres les happa assez rapidement. Ils avaient pris gout à leurs moments à deux, et ils ressentirent très vite qu'ils n'en avaient plus assez. Les trois premiers jours suffirent à leur faire regretter Newhaven.
Dès leur arrivée, fatigués du voyage, ils mangèrent rapidement avant de se coucher.
Le lendemain, Elizabeth avait passé sa matinée à lire et à répondre aux lettres de Charlotte, Jane, Kitty et son père, reçues durant son absence.
Elle avait commencé par celle de Charlotte, de qui elle n'avait pas eu de nouvelles depuis quelques temps
Ma très chère amie,
J'espère que tu te portes bien ainsi que toute ta famille. Mr Collins est rentré, me rapportant avec lui la beauté du mariage de Kitty. Je regrette de n'avoir pu être présente, et de n'avoir pu partager votre joie. Mes parents et Maria sont venus après le mariage pour me rendre visite, et ils m'ont donné des détails sur ce bel évènement.
Kitty a eu de la chance elle aussi de trouver un homme bon et qu'elle puisse aimer. Je suis heureuse pour elle. Vous arrivez très bien toi et tes sœurs à éviter les mariages de raison ou de confort. C'est un luxe que je n'ai pu me permettre, mais je ne me plains pas.
De mon côté, la vie est de plus en plus calme. Je dois faire le moins d'effort possible en attendant ma délivrance, et j'ai maintenant hâte de tenir ce petit être dans mes bras. La présence de ma famille me mets du baume au cœur de ne pouvoir quitter la chambre. J'aurai aimé te voir, mais je sais que tes rapports avec Lady Catherine sont définitivement coupés. Elle m'a donc interdit de te recevoir et de t'écrire, mais j'ose braver son courroux en t'envoyant ces quelques mots. Je ne peux accéder à sa demande de couper tout lien avec mon amie de toujours. J'espère pouvoir te rendre visite bientôt, afin de rattraper un peu nos longues conversations d'antan.
Bien affectueusement
Charlotte Collins
Elizabeth avait eu une petite pointe d'amertume, de lire que Lady Catherine avait essayé d'éloigner son amie d'elle. Sa haine envers elle n'avait vraiment aucune limite, et ça l'avait énervée de voir jusqu'où sa détractrice était capable d'aller. Heureusement, la loyauté et l'affection de Charlotte à son égard effacèrent rapidement la colère qu'elle ressentait.
Elle avait continué avec la lettre de Jane.
Ma chère Lizzy
Quand tu liras cette lettre, tu seras rentrée de ton voyage à Brighton. Je ne doute pas que tu te sois amusée et que tu ais adoré de découvrir de nouvelles choses. Pour ma part, je découvre les joies d'être maitresse de maison. Tu verras rapidement je l'espère notre nouveau nid, et je suis sure qu'il te plaira. La maison est vaste et lumineuse, représentant trois à quatre fois notre maison d'enfance. Ca me parait parfois démesuré, mais le plus souvent juste ce qu'il faut. J'ai commencé à la décorer, commandant moult tissus, tapisseries et autres bibelots. Charles avait déjà choisi les meubles les plus utiles, et je choisis à présent le reste. Les journées ne sont pas assez longues, mais c'est très agréable. Le personnel est parfait. Ils travaillent tous très bien et sont tous agréables. Mais je te comprends mieux maintenant quand à tes différentes taches à ton arrivée à Pemberley. Avant, Caroline s'occupait de quasiment tout, et je n'avais pas le cœur à l'en dissuader. Mais Charles lui a interdit de venir pour l'instant, ainsi que les Hurst, ne voulant pas que ses deux sœurs choisissent pour nous. Ton avis m'aurait cependant bien aidé, mais je ne pourrai de toute façon pas finir avant votre retour après la Saison. Tu me donneras des idées à ce moment-là. Le seul inconvénient finalement c'est mon éloignement : tu me manques beaucoup. Kitty aussi d'ailleurs. J'avais tellement l'habitude de vous voir presque tous les jours… Mais heureusement j'ai l'esprit occupé. Mon ventre commence à s'arrondir, et je pense que j'aurai changé ma garde-robe d'ici ton arrivée. C'est léger, mais le changement commence à s'opérer. Réponds-moi vite pour me raconter comment était ton voyage et me donner des nouvelles de vous.
Je te fais plein de baisers
Jane
Elizabeth avait essayé d'imaginer sa sœur avec un léger renflement au ventre et cela l'avait fait sourire. Elle savait qu'elle ferait une mère merveilleuse.
Elle avait pris ensuite la lettre de Kitty.
Ma chère sœur
Harold et moi sommes bien arrivés dans le Dartmoor. Le voyage m'a semblé durer une éternité tellement c'était long, mais ça en valait la peine. La demeure est grandiose, que dis je immense, avec bien sur des écuries gigantesque. Nous sommes non loin de Poundsgate. Ca ne te dira rien je le sais, mais je te le dis quand même.
Il y a des collines à pertes de vue, avec des paysans s'occupant de leurs moutons ou chèvres. Et c'est ce qui a rendu le voyage si long ! Rien de passionnant à voir.
Ma nouvelle famille est adorable avec moi, et m'entoure de beaucoup d'attentions. Harold a deux sœurs de 14 et 12 ans, Scarlett et Victoria, et je passe beaucoup de temps à jouer avec elles. Ca me fait penser à nous lorsque nous étions petites et que toi et Jane jouiez avec Lydia et moi.
La vie ici est beaucoup plus calme qu'à Londres, ressemblant plus à mes activités à Pemberley. Je vais m'y habituer bien sur, mais c'est un changement assez important après la vie trépidante de la cité. Surtout que je ne peux discuter ici comme avec toi ou Georgiana. Harold a remarqué mon changement d'humeur, et m'a promis que nous irions à Plymouth d'ici le retour des beaux jours. Il comprend que j'ai besoin de voir du monde et des personnes de mon âge.
Je suis plus qu'heureuse d'être sa femme. Il est toujours agréable et prévenant, et il me gâte beaucoup. Il m'a fait découvrir que monter à cheval pouvait être agréable ! Peux tu le croire ? J'en ris moi-même. Et non seulement je monte à cheval, mais comme un homme ! J'ai été plus qu'estomaquée lorsque j'ai vu la mère d'Harold monter sur sa jument à califourchon avec un genre de pantalon d'homme ! Harold m'a alors appris que c'était bien plus facile ainsi, et que j'en aurais un à moi. Et c'est chose faite. Je porte donc des pantalons pour faire du cheval, animal que je refusais d'approcher de trop près, sauf s'il tirait la calèche. Les choses changent, l'adage dit vrai. Je dois m'arreter là. Harold veut m'emmener voir des amis à lui dans le voisinage. Je t'embrasse et espère de tes nouvelles au plus vite
Catherine Mayfield.
Elizabeth avait souri en voyant pour la première fois sa sœur signer avec son nom d'épouse. Elle en avait fait du chemin depuis le mariage de Lydia. Sa nouvelle vie promettait d'être belle et heureuse, et Elizabeth en fut très heureuse. Quand à l'imaginer à califourchon sur un cheval, l'amusement était bien mêlé de surprise.
Elle avait terminé avec la lettre de son père. Ne sachant pas à quoi s'attendre dans son courrier, elle avait préféré finir par le sien. Son retour à Longbourn pouvait être très positif ou tout à fait l'inverse.
Ma petite Lizzy,
J'ai été heureux de te voir, ainsi que tes sœurs. Mon retour est une bonne chose, même si j'avoue que Longbourn est bien trop calme maintenant. Je me plaignais du bruit incessant de ta mère et tes jeunes sœurs. Aujourd'hui, je suis obligé d'admettre que ça me manque un peu. N'est ce pas inimaginable ? Je n'ai plus besoin de m'enfermer dans mon bureau, plus besoin de m'y exiler toute la journée. Je peux vagabonder à mon aise, mais ce calme religieux est désagréable maintenant, du moins très souvent. Les livres empruntés sont d'une grande utilité, alors remercie encore Darcy pour moi.
J'ai reçu quelques visites de nos voisins demandant surtout de tes nouvelles ainsi que tes sœurs. Ils vous saluent. Je te le répète par pure courtoisie, bien que ça ne soit pas vraiment intéressant.
La Saison se rapproche de la fin, et vous serez bientôt dans le fameux domaine du Derbyshire. J'ai hâte de le découvrir et de profiter de tous ces avantages. A très vite.
Affectueusement
Elle eut un petit pincement au cœur de savoir que son père se sentait seul dans la maison familiale. Elle s'était souvenue du premier courrier qu'elle avait reçu de lui après son départ, lui disant qu'il appréciait à l'époque le calme. Dorénavant le silence était trop lourd.
Elle avait répondu à chacun, avant de déjeuner avec Darcy. Ils avaient ensuite passer leur après-midi chez les Milton, pour ensuite ramener Georgiana avec eux. Il en était fini de la vie à deux.
Le deuxième jour, Darcy s'était absenté toute la matinée pour faire de l'escrime tandis qu'Elizabeth avait raconté le voyage à Georgiana. Lorsqu'il était rentré, c'est Elizabeth qui était sortie rejoindre Augustina chez Vivian Forbs.
Le troisième jour, Darcy avait vu sa femme et sa sœur partir quasiment toute la journée pour certains préparatifs du mariage. Certaines choses devaient se choisir à Londres, pour être envoyées ensuite à Pemberley.
Darcy et Elizabeth ne s'étaient vus que pour les repas, et cela pesa beaucoup à la jeune femme. Elle s'ennuyait de leur conversations, de leurs rires et taquineries, et de pouvoir simplement lui prendre la main ou l'embrasser. Elle était pleinement consciente que ce n'était de la faute ni de l'un ni de l'autre, et que ça n'empêchait pas leurs retrouvailles le soir, mais cela ne suffisait plus.
Elle les imaginait tous les deux, galopant à travers le parc de Pemberley…
- Elizabeth ?
La voix de Georgiana sortit Elizabeth des pensées dirigées vers William.
- Pardonne moi, j'étais distraite, dit Elizabeth s'en dévoiler l'objet de ses pensées
- J'ai vu ça, sourit Georgiana. Mais alors qu'en dis tu ? Puis-je utiliser la robe de feu ma mère ?
Elizabeth recentra son esprit sur la conversation qu'elles avaient. Georgiana souhaitait utiliser la robe que sa mère avait portée à son mariage.
- Je ne sais pas à quoi elle ressemble, mais je ne doute pas de sa beauté. En revanche elle doit être passée de mode.
- Tu as raison Lizzy… C'est dommage, j'aurai aimé pouvoir faire ce petit hommage…
- Tu peux quand même, mais je ne sais pas si tu seras d'accord avec l'idée.
- Laquelle ?
- Et bien tu pourrais utiliser des morceaux de tissus de la robe de Lady Ann pour les mettre sur ta propre robe. Qu'en penses-tu ?
- J'abimerai la première…
- Mais elle serait à jamais sur la seconde ! Mais c'est à toi d'y penser. Et nous verrons aussi la robe en rentrant à Pemberley. Enfin moi, car tu l'as déjà eue entre les mains.
- Oh elle est si belle ! Tu verras la beauté de la dentelle, et tous ces fils d'or… Elle est magnifique !
- Je n'en doute pas, rit Elizabeth en voyant l'exaltation inhabituelle de Georgiana.
- J'ai hâte de rentrer…
Moi aussi, pensa Elizabeth. Moi aussi
Georgiana se retira assez vite après le souper, fatiguée par sa journée de recherche active pour sa future union. Elizabeth et Darcy se retrouvèrent seuls autour de la grande table de la salle à manger, chacun à un bout de l'immense meuble en bois massif. Darcy avait bien remarqué que sa femme était un peu plus taciturne, et il attendait d'être dans leur chambre, seuls, pour savoir ce qui avait fait disparaitre sa bonne humeur.
Mais il décida d'avancer un peu son programme.
- Herbert ? dit il au majordome qui attendait
- Oui monsieur ?
- Demandez qu'on nous serve un thé accompagné de gâteaux dans le boudoir de Mrs Darcy.
- Bien monsieur.
Le majordome quitta la pièce et William se leva pour rejoindre Elizabeth. Arrivé à son siège, il lui proposa son bras.
- Nous allons réitérer un peu de vos vacances, dit il à sa question muette.
Elizabeth lui fit un grand sourire, ravie d'apprendre qu'il avait lui aussi un manque. Durant leur voyage, il leur était arrivé de diner ou souper par terre, devant la cheminée, installés sur le tapis de leur chambre. L'idée était venue d'Elizabeth, qui avait souvent grignoté avec Jane de la sorte dans leur jeunesse, et Darcy avait apprécié.
Ils s'installèrent autour de la table le temps d'être servis, puis une fois les servantes reparties, Elizabeth s'empressa de mettre des coussins par terre, tandis que Darcy disposait les quelques gâteaux et fruits apportés avec le thé. Ils s'installèrent ensuite, l'un contre l'autre à quelques mètre de l'âtre, prenant pour appui les fauteuils dans leur dos.
- Heureusement qu'ils ont entretenu le feu, dit Elizabeth. Nous serions frigorifiés.
- J'aurai du remettre cette idée à un autre jour, dit Darcy en mangeant un biscuit. Mais je suis ravi de t'avoir permis de retrouver ton sourire. Il semblait avoir déserté la maison ce soir.
- Ce n'est rien de grave. J'ai juste pensé à quelque chose, mais je ne sais pas ce que tu vas en penser.
- Je t'écoute.
- J'aimerai qu'on rentre à Pemberley.
Darcy fut très surpris d'entendre ça, et se décala pour pouvoir regarder son visage.
- Il s'est passé quelque chose que j'ignore ? Tu ne te plais plus ici ?
- Non tout va bien, et j'apprécie Londres. Mais j'en ai assez.
- Crois bien que je n'ai rien contre cette idée, tu connais assez bien mon caractère. Mais cette envie m'étonne. Je pensais que tu aimais sortir et recevoir.
- C'est le cas. Mais pour tout te dire, j'en ai assez qu'on ne se voit qu'en coup de vent. Nous étions bien à Newhaven. Et depuis notre retour, nous n'avons rien partagé hormis les repas. Ca me manque.
Darcy fut soulagé que rien de dérangeant n'ait perturbé Elizabeth, et surtout heureux qu'elle ressente un manque d'être avec lui.
- Je suis quand même occupé à Pemberley.
- Bien sur, mais moins qu'ici, et moi aussi. Ca te dérangerais qu'on rentre chez nous ?
- Pas le moins du monde. Je suis bien mieux à Pemberley qu'à Londres, et j'aime moi aussi passer du temps seul avec toi.
Elle passa sa main sur la joue de son époux tendrement, avec un sourire doux.
- Tu devras en discuter avec Mary, et annuler toutes les prochaines invitations.
- Je m'en occupe dès demain.
- Et nous ne pourrons aller au bal de la duchesse Sheffield.
Elizabeth avait oublié cette soirée. Annuler ce bal n'allait pas paraitre très convenable.
- Si je dois rejoindre ma sœur pour son emménagement au vu de sa condition, je pense qu'elle comprendra, non ?
- Evoque plutôt le futur mariage de Georgiana que la condition de ta sœur.
- Tu as raison… Donc tu n'essayeras pas de me faire changer d'avis ?
- Pas le moins du monde, je suis même plutôt content. Je n'ai jamais passé autant de temps à Londres, ni vu autant de gens que cette année. C'était un mal nécessaire pour te présenter. Maintenant que c'est fait, nous pouvons nous terrer à Pemberley pour le reste de nos jours !
- Ne rêve pas trop quand même, nous devrons revenir l'année prochaine, rit Elizabeth
- L'espoir fait vivre, non ? plaisanta-t-il
- Alors espère, espère autant que tu veux.
Ils se sourirent avant qu'Elizabeth ne dépose un baiser sur les lèvres de son époux. Elle n'aurait pu rêver meilleure réaction.
- Allons-nous coucher veux-tu ? dit Darcy
- Avec plaisir.
Ils se levèrent et effacèrent les traces de leur passage sur le sol du boudoir, avant de partir main dans la main à travers les couloirs désert vers leur chambre.
Dès le lendemain, Elizabeth pris sa plume pour excuser son couple aux prochains évènements mondains. Et bien qu'elle ne craignait pas trop les réactions engendrées par leur départ, elle soigna particulièrement son courrier pour la duchesse Sheffield, choisissant chaque mot avec précaution.
Duchesse
Ce n'est pas de gaieté de cœur, mais je me dois de vous annoncer que mon époux et moi-même ne pourrons être présents lors de votre diner. Nous devons repartir sous peu en Derbyshire pour raisons familiales. Croyez bien que nous en sommes désolés, et espérons ne pas vous causer trop de désagrément.
Elizabeth Darcy
Il ne restait plus qu'à en parler avec Mary.
Voilà ! Ils sont rentrés ! Désormais, la suite arrivera en janvier. Avec un peu de chance, j'arriverai à prendre de l'avance ;) Je vous souhaite de belles fêtes de fin d'année avec vos proches. Rendez vous en 2013 ! A vous !
