Chapitre 25 : Confrontations.

Je suis désoooooooooooléééééééééééééééée ! J'avais complètement oublié de me mettre à jour sur ce site ! Vraiment pardon !

Je posterai donc le chapitre 26 demain et le 27 lundi, histoire que vous ayez la totalité de l'histoire écrite jusqu'à présent !

Encore pardon ! =(

Allongée sur flanc aux côtés de Renji, Joyuki retournait un problème dans tous les sens possibles dans l'espoir de trouver une issue. Sentant venir le mal de tête, elle bascula sur le dos et regarda Abarai. Elle sourit. Son mari dormait paisiblement, une main posée sur son gros ventre gonflé par cinq mois de grossesse.
L'attendrissement ne résolut pas son problème pour autant. Problème en la personne de Byakuya.
Malgré le fait qu'ils aient longuement discuté tous les deux pour rassurer le Kuchiki quant à un éventuel abandon, Joyuki ne trouvait pas les mots, les mots qui rassureraient définitivement son frère. Depuis le début de sa grossesse, elle se rendait fréquemment à la demeure Kuchiki, non sans une certaine peur au ventre. Elle savait ce qui l'y attendait, c'était à chaque fois la même chose.
D'abord elle trouvait Byakuya dans sa chambre, ils se saluaient. Puis il passait derrière elle et fermait la porte. Et ensuite, il l'embrassait, comme un amant qui retrouverait son aimée après de longues années d'absence.
Joyuki ne luttait même plus. Elle avait essayé de raisonner Byakuya à maintes reprises pour ne pas à en arriver là, mais elle avait échoué dans toutes ses tentatives.
Il avait besoin d'elle, d'avoir recours à ce procédé, de la posséder quelques secondes pour calmer sa peur de la perdre. Avait-elle vraiment le droit de le repousser, lui qui était toujours venu à son secours, qui avait toujours calmé ses peurs autrefois ?

Byakuya avait été apaisé durant le court laps de temps séparant leur premier baiser et l'annonce des jumeaux, mais le fait que la Kuchiki ait une grossesse dizygote avait replongé son aîné dans sa peur. Il s'était tout juste préparé à l'arrivée d'un enfant qu'on lui annonçait la présence d'un deuxième. C'avait été trop pour lui.

***

Renji grogna, s'étira, assomma le réveil.
- D'jà l'matin… Articula-t-il.
Il s'assit dans le lit, regarda sa femme et ses yeux cernés.
- Jo ? T'as pas bien dormi ?
Deux orbes clairs se tournèrent vers lui :
- Ce n'est rien. Dit la Kuchiki dans une tentative de sourire.
- Dis pas de conneries, t'as des cernes jusque sur les joues. Depuis que t'es enceinte, t'es bizarre. Y'a quelque chose qui te tracasse ?
- Bah, la grossesse justement.
- Tu la vis à merveille, rétorqua Renji. Pourquoi tu ne me dis pas ce qu'il y a vraiment ?
Joyuki le regarda, légèrement paniquée. Il s'en était rendu compte depuis le début, que quelque chose clochait ?! Merde ! Que devait-elle faire ? Lui avouer enfin ? Continuer de lui cacher ? Elle ne pouvait décemment pas lui avouer ce qu'elle vivait actuellement alors qu'elle portait ses enfants… Et puis, elle était persuadée qu'une fois les jumeaux nés, Byakuya redeviendrait lui-même, que cela le calmerait de ne plus avoir en permanence ses futurs neveux sous le nez. Elle n'avait plus que quatre mois à tenir, ce serait trop bête de craquer maintenant et risquer de perdre Renji, de déclencher une nouvelle guerre entre lui et Byakuya.
Elle devait tenir, même si elle se sentait horriblement coupable et qu'elle s'écœurait elle-même. Elle devait tenir.
Devant son silence, Renji n'insista pas et préféra enchaîner sur un sujet beaucoup plus joyeux :
- Tu sais quel jour on sera dans une semaine ?
- La troisième semaine de mon cinquième mois de grossesse ? Lâcha Joyuki au hasard.
Renji roula des yeux :
- Compte les jours. Dit-il.
Joyuki calcula mentalement et tomba finalement sur la date concernée. Mais bien sûr !
- Nos un an de mariage ! S'exclama-t-elle, toute contente.
- T'as été longue à la détente. Et dire que c'est moi, le mec, qui devrait oublier ce genre de choses…
- Bah, ça se saurait si on était un couple stéréotypé !

***

Joyuki marcha fermement vers la demeure Kuchiki une fois son mari parti. Elle se devait de faire comprendre à Byakuya que cette situation ne pouvait plus durer un jour de plus. De toute manière, elle ne pourrait pas le protéger éternellement. Il y aurait forcément un moment où elle devrait mettre des barrières pour que sa vie de famille n'en pâtisse pas, et ce moment était arrivé.
Le fait que Renji évoque la dernière semaine séparant leur un an de mariage avait fait resurgir en elle tout ce qu'ils partageaient depuis bientôt douze mois. Leur complicité, leur amour, leur future famille, tout ça pouvait très bien voler en éclat d'un instant à l'autre. Joyuki se haïssait d'avoir risqué autant juste par peur de Byakuya.
Il était temps que son frère reprenne sa place, affronte une des dures réalités de la vie. Elle ne serait plus jamais là comme avant, c'était vrai.
- Et si ce n'est pas suffisant que je me mette en quatre pour lui, qu'il aille se faire voir chez les Grecs ! Décida-t-elle.

Ce fut donc dans un état d'esprit résolu que Joyuki franchit le seuil de la chambre fraternelle :
- Yo. Dit-elle en s'appuyant contre l'encadrement de la porte.
- Bonjour, Joyuki, salua Byakuya. Ne reste pas là, approche.
- Nope. Pas aujourd'hui.
- Pardon ?
La cadette referma la porte derrière elle et s'y adossa :
- J'ai dit : pas aujourd'hui. Il faut qu'on parle, toi et moi.
- Je t'écoute.
Joyuki prit alors une grande inspiration :
- Que tu aies peur que je t'abandonne alors qu'on a toujours voulu passer notre vie ensemble, je le conçois très bien. Mais je crois que ça ne justifie vraiment pas que je sacrifie ma vie de couple pour ça. Je t'ai dit que je ne t'abandonnerai pas, mais visiblement, comme ma parole compte pour du beurre, il t'a fallu plus que ça. Soit, je t'ai laissé m'embrasser à chaque fois que tu me faisais une crise d'angoisse, ce qui arrive beaucoup trop fréquemment à mon goût. Mais cette fois, j'arrête d'être si permissive. Tu es mon frère et je t'aime, mais tu me fais vivre l'enfer à me demander autant. Essayes de comprendre, je suis mariée à mec génial, j'attends deux enfants de lui, je devrais nager dans le bonheur mais non, au lieu de ça, il faut que je vienne te rassurer avec un baiser dès que t'as peur. Ca suffit maintenant, Byakuya. Jamais je te laisserai tout seul, mais il faut que tu te mettes ça dans le crâne tout de suite car à partir de maintenant, c'est ma parole ou rien. Tu me crois ou tu ne me crois pas, mais je ne te donnerai plus de preuves physiques.

Byakuya la regarda avec des yeux ronds comme des assiettes :
- Et tu ne crois pas que prendre tes distances ainsi est le début d'un abandon ? Lança-t-il.
- Je savais que tu me dirai ça. Non, ce n'en est pas un, j'essaye juste de reprendre mon ancienne relation avec toi. On a toujours eu beaucoup de tendresse l'un pour l'autre mais je ne veux plus que ça aille plus loin. Putain Byakuya, mets-toi à ma place deux secondes ! T'aurais fait quoi si je t'avais réclamé des baisers alors que t'étais marié avec Hisana ? T'aurais pas culpabilisé ? T'aurais pas voulu protéger ton mariage ? Bien sûr que si ! Alors rajoutes deux enfants à l'équation et comprends combien ce que je vis en ce moment est infernal !
Joyuki suffoquait. La discussion dans cette pièce close la mettait mal à l'aise. Elle avait besoin de sortir, de prendre l'air. Elle pivota et fit coulisser le panneau au maximum, laissant pénétrer dans la pièce un courant d'air froid. Elle fit un pas en avant, mais, sans comprendre comment, Joyuki se retrouva coincée entre le châssis et son frère. Heureusement pour elle, son ventre proéminent mettait un minimum de distance entre son propre corps et celui de Byakuya.
- Ne t'en vas pas. Murmura-t-il.
- Si. Je ne me sens pas très bien, j'ai besoin de rentrer. Cette discussion m'a retournée.
- Tu n'es pas la seule. Siffla Byakuya.
Joyuki le regarda d'un air inquiet :
- Comment peux-tu être aussi égoïste ? Poursuivit son frère en la désincarcérant et retournant à son bureau.
Le visage de Joyuki vira au rouge de colère :
- Égoïste ? C'est MOI l'égoïste dans l'histoire, peut-être ?! Ah bien sûr, comme je suis égoïste de vouloir préserver mon mariage et ma future vie de famille ! C'est vrai que toi, le mec qui me monopolise et me fait vivre un véritable cauchemar juste pour que môssieur voie ses peurs calmées, t'es le premier dans le Top Dix des âmes généreuses ! Tu veux peut-être que je te lance des fleurs avec ça ?!
- Qui abandonne l'autre dans cette pièce ? Coupa Byakuya.
- Personne n'abandonne personne, bordel ! Pourquoi tu veux pas piger, ça ?! Ma famille et Renji prendront beaucoup de mon temps, ça, je ne démens pas, mais je serai toujours dans le coin quand même !
La jeune femme s'arrêta un instant, hésitante, puis continua :
- Est-ce que tu es sûr que tu as besoin de moi, au moins ? Est-ce que tu es sûr que ce n'est pas… de la possessivité ? De la jalousie ? Je n'y repense que maintenant mais quand on était petits, lorsque je parlais à un garçon, tu t'interposais toujours et tu m'embarquais avec toi. Byakuya, l'heure n'est décidément plus à la jalousie. Ta crise, c'était avant qu'il fallait la piquer, avant que je marie et que je tombe enceinte. Je ne plus rien faire pour toi à présent, je suis déjà allée beaucoup trop loin…

La Kuchiki sentit deux bras enlacer ses épaules et un torse se coller à son dos. Elle sourit. Plus aucune possessivité résidait en ces muscles posés sur elle, elle le sentait. Byakuya était redevenu lui-même. Elle sentit le capitaine déposer un léger baiser sur sa joue et murmurer :
- Merci… merci vraiment…
- Y'a pas de quoi, je suis ta p'tite sœur, c'est mon rôle de te les briser quand tu sors de ton rôle !
La Kuchiki soupira de soulagement. Ses arguments avaient fini par faire mouche. Il était temps.
- Taicho ? Joyuki ?
Les deux sus-nommés s'écartèrent l'un de l'autre et relevèrent la tête.
- Renji ! Reconnut la Kuchiki.
Le lieutenant arborait une mine à mi-chemin entre la déception et la colère. Un silence lourd prit possession de la pièce avant que Renji ne vienne déposer une pile de paperasse sur le bureau en bois précieux de Byakuya.
- Je vous apporte les dossiers que je n'avais pas fini l'autre jour. J'espère qu'il n'est pas trop tard. Veuillez m'excuser.
Il fit une révérence militaire et sortit, l'air mauvais.
- Je vais y aller. Dit Joyuki à son frère en sortant courir après son mari.

***

- Renji ! Renji attends-moi !
Le lieutenant fit volte-face.
- Qu'est-ce que tu veux ? Tu ne devrais pas courir dans ton état.
- J'suis pas en sucre ! Bref, je… je voulais savoir… t'es fâché ?
- Je devrais l'être ? Fit le lieutenant avec une fausse mine interrogée.
Joyuki hésita un moment, puis répondit :
- N-non…
- Bien, alors je ne le suis pas. A ce soir.
Il disparut d'un coup de shunpo.
- Merde ! Pesta Joyuki. Pile quand je règle mes problèmes avec l'un il faut que ça tourne mal avec l'autre.
Renji avait été si froid, si distant, que la Kuchiki se sentait rien venir de bon.

***

Joyuki était rentrée dans la petite chambre de la sixième division que Renji partageait avec elle, leur petit nid d'amour. Allongée sur le canapé, elle se demandait dans quel état elle trouverait Renji à son retour, anxieuse. Qu'est-ce qu'elle allait dire ? Comment expliquer sa situation ? Si ça se trouve, Renji ne s'était aperçu de rien dans le bureau et elle angoissait pour rien ? Non, impossible…
Le cliquetis annonçant l'ouverture de la porte la fit sursauter. Il était rentré.
- Bonsoir. Lança froidement Renji.
- Salut ! T'as passé une bonne journée ?
Il se rendit dans leur chambre et claqua la porte. Joyuki se leva et alla à sa rencontre :
- Qu'est-ce que tu fais ?!
- J'attends.
- T'attends quoi ?
Renji se leva d'un bond du lit et s'approcha de sa femme avec un air si effrayant qu'il aurait fait détaler toute la onzième division. Joyuki recula prudemment jusqu'à être acculée contre le mur, Renji coupant toutes échappatoires possibles en plaquant ses bras de chaque côté de sa tête :
- J'attends des aveux. Les tiens, ceux du capitaine Kuchiki, je m'en fous, mais je les veux ! Votre relation n'a jamais été claire, mais j'ai l'impression qu'elle a récemment pris un tournant et ça m'inquiète figures-toi ! Bordel Jo ! En entrant dans ce putain de bureau j'ai compris que si t'étais bizarre ces derniers temps, c'était à cause de ton frère. Maintenant j'attends les détails, et je les veux tout de suite ! Je veux savoir, tu comprends ça ?!!

Joyuki trembla, incapable d'échapper à ces yeux bruns plantés dans les siens, semblant scruter son âme. Elle déglutit difficilement et se lança dans une flopée d'explications bancales. La détresse de Byakuya, le seul moyen d'y remédier, sa faiblesse face à son frère, sa culpabilité, elle expliqua tout au mieux qu'elle le put.
Le teint halé de Renji laissa place à une lividité cadavérique. Le lieutenant s'écarta de sa femme et alla se poser sur une chaise, les yeux dans le vague, choqué.
- Renji, je…
- Casse-toi.
- Renji ?
- Casse-toi. CASSE-TOI TOUT DE SUITE !
Il se releva si brutalement qu'il en renversa la table. Le meuble tomba dans un fracas assourdissant. Tête baissée, le lieutenant reprit :
- Je ne veux pas te faire de mal Jo, alors casse-toi vite ou je sens que je vais te tuer.
Joyuki se refusa à cette idée et s'approcha de son mari :
- Renji…
- CASSE-TOI JE TE DIS ! BARRE-TOI ! VA T'EN ! RETOURNE CHEZ TON FRERE CHERI ! CASSE-TOI PUTAIN ! JE VEUX PLUS TE VOIR ! CASSE-TOI !
Complètement paniquée, Joyuki partit précipitamment. Elle ne l'avait jamais vu dans un tel état de rage. Elle passa la nuit dans sa chambre à la deuxième division, totalement retournée. Et s'il la quittait ? Et s'il la… tuait, pour de vrai ? Et s'il ne lui pardonnait jamais ?
- Renji… je peux pas vivre sans toi… Dit-elle en pleurant dans son oreiller.

Songeant son mari calmé, Joyuki retourna le voir le lendemain.
- Je t'avais dit de te barrer. Soupira Renji en ne s'écartant pas de l'encadrement de la porte.
- Renji je… je suis désolée vraiment. Je ne voulais pas en arriver là non plus et de toutes manières, c'est fini maintenant ! Byakuya a compris et…
- Je m'en fous de ça. Ce qui me rend furieux c'est que tu m'aies tout caché, que t'aies tout fait derrière mon dos ! Bordel pourquoi t'as fait ça ?! Je suis trop con pour comprendre, pas assez noble pour que tu te fatigues à me parler c'est ça ?! Ou alors c'est juste que je ne suis pas assez bien comparé à ton ô combien parfait frère ?!
- C'est pas ça, c'est juste que… je n'arrivais pas à…
- C'est trop facile de dire ça.
Le lieutenant prit une profonde inspiration et prononça les mots tant redoutés :
- Je ne veux plus qu'on vive ensemble, Jo. On ne divorcera pas à cause des enfants mais toi et moi, ça s'arrête là. Enfin je dis ça, mais si ça se trouve, ce ne sont même pas les miens, d'enfants…
Le cœur de Joyuki sembla s'arrêter.