Chapitre 25 : Si jamais il existe un lendemain…

Christine avançait d'un pas lent. Elle était perdue… Ses pensées n'étaient que chaos dans son esprit. Comment était-il possible qu'en quelques minutes la vie pouvait passer du rêve au cauchemar ?

Elle passa devant les gardes qui étaient en charge de la surveillance d'Erik. Elle ne remarqua pas qu'ils la détaillaient. Elle avait oublié de rabattre son capuchon mais elle s'en moquait bien, en cet instant. Ils pouvaient penser ce qu'ils voulaient, dire ce qu'ils voulaient… Rien ne l'atteignait. Elle serrait fort son annulaire gauche, sertie de sa bague de fiançailles ainsi que de son alliance de sa main droite.

Lorsque Raoul lui avait ramené la veille sa bague, elle avait tout de suite su ce qu'elle ferait si elle pouvait retrouver Erik, avant son exécution. Elle voulait que tout entre eux soit accompli avant la fin.

Mais est-ce que tout avait réellement était accompli ?

Elle repensa à l'expression d'Erik au moment de leur échange de vœux. Il semblait aussi heureux qu'elle mais le voile dans ses yeux était aussi fort que ce qu'elle avait ressenti en son propre cœur : que ce bonheur n'était qu'une illusion éphémère… sans aucun lendemain. Ils l'avaient su tous les deux et l'avaient accepté…

Soudain ses pensées se mirent à courir à bride abattue dans sa tête. Ses pensées et ses regrets… Ils s'étaient mariés mais aucune nuit de noce ne viendrait sceller leur union… Elle imagina ce qui aurait pu se passer… Elle eut une vision d'elle, le ventre arrondit, le sourire aux lèvres, limbée de lumière et Erik à ses côtés posant une main sur elle, la joie éclatant sur son visage… Elle se voyait portant un bébé dans ses bras, celui d'Erik… Jamais auparavant, elle n'avait eu d'idées de la sorte. Jamais, elle n'avait eu l'idée qu'une fois mariée elle deviendrait mère. Cela ne lui avait pas vraiment traversé l'esprit, lors de ses fiançailles avec Raoul… Mais là, avec Erik, tout était différent… Son cœur lui sembla plus lourd dans sa poitrine. Les regrets étaient déjà là… Ceux d'un avenir auquel Erik et elle n'aurait jamais droit. Et d'ailleurs Erik aurait-il voulu avoir des enfants ? N'aurait-il pas craint qu'ils soient atteints de la même difformité que lui ? Pour elle, cela ne l'aurait pas gênée…

« Ne pense pas à cela, se dit-elle. Pas maintenant… Ne pense pas à cela… »

Elle sentait que ses larmes étaient sur le point de couler. Elles ne s'étaient pas taries depuis le procès de son… mari… Elle avait encore du mal à assimiler ce mot.

Soudain, elle fut ramenée à la réalité par une silhouette qui la bouscula, sans s'excuser. Elle se retourna et crut reconnaître Raoul qui rebroussait chemin vers les gardes d'un pas très rapide.

Christine était arrivée dans le petit hall du Palais de Justice. Mme Giry se précipita vers elle. Elle aussi semblait prête à se laisser emporter par ses émotions.

« Mme Giry, que se passe-t-il ? Pourquoi Raoul a-t-il fait demi-tour ? Que lui arrive-t-il ? demanda la jeune femme, intriguée. »

La chorégraphe fronça les sourcils, essayant de trouver une explication logique aux agissements de son gendre.

« Je ne sais pas, finit-elle par répondre d'une voix assez froide. Je ne sais plus que penser de lui. Raoul est responsable de toute cette tragédie et je pense qu'il ne s'en rend compte que trop tard. Ce qu'il a provoqué le hantera toute sa vie. Ce n'est qu'une maigre consolation face à tout le mal qu'il a créé. Mais, de toute façon, aucune de nous ne sera plus là pour assister à ses lamentations, pas même Meg… »

Elles étaient arrivées à l'entrée principale du Palais de Justice. Christine s'arrêta et prit sa tutrice par le bras.

« Mme Giry, Erik m'a demandé que nous pardonnions à Raoul pour ses mauvaises actions. Je lui ai promis d'en parler à Meg, de faire en sorte qu'elle lui pardonne tout même son échec pour le sauver de ce jour funeste. »

La chorégraphe dévisagea Christine d'un air incrédule comme si cette dernière avait perdu la raison. D'une main ferme, elle emmena la jeune femme vers une fenêtre donnant sur la cour arrière du Palais.

« Comment pourrais-tu pardonner cela, Christine ? lui demanda-t-elle, la voix brisée. »

Là-bas, au dehors dans la cour arrière, une potence était dressée. La corde au nœud coulant pendait déjà, accrochée à la poutre, secouée légèrement par la brise matinale. Une foule était en train de s'amasser autour. Des policiers étaient postés devant elle pour l'empêcher de s'approcher de trop près. Des journalistes étaient présents, ainsi que des gens appartenant à la haute société et des badauds de plus en plus nombreux. Les policiers laissaient passer les gens au compte-goutte par l'unique grille d'entrée.

« - Il faut que j'aille là-bas, dit Christine d'une voix qu'elle voulait affirmée mais qui ressemblait plus à un couinement.

- Je ne te laisserai pas faire ça ! Tu as vu Erik, vivant, amoureux de toi… Garde ces derniers instants en mémoire et ne les laisse pas gâcher par ce qui va arriver en bas. C'est à moi de te protéger maintenant…

- Mme Giry, je vous en supplie ! »

Mais cette dernière ne releva pas. Elle prit la main de Christine et traversa avec le hall pour sortir du Palais de Justice. La jeune femme essayait de se débattre mais elle n'arrivait pas à se défaire de la poigne d'acier d'Antoinette. Pour une femme d'un âge avancé, elle avait encore une force indéniable, multipliée par le besoin de mettre en sécurité sa protégée.

Elles arrivèrent toutes deux près de leur fiacre : celui qu'Erik avait acheté après l'audition et César les attendait, imperturbable. Mme Giry finit enfin par lâcher Christine.

«- Nous allons rentrer chez moi, faire nos bagages et partir de la Capitale ce soir, dit Antoinette d'une voix ferme.

- Mais vous m'aviez dit que nous attendrions la semaine prochaine !

- Il est inutile d'attendre plus longtemps, Christine! Meg est informée de notre départ. Elle nous rejoindra tout à l'heure et nous partirons toutes les trois, pour recommencer une nouvelle vie. Plus rien ne nous retient ici.

- Si, il y a encore quelqu'un qui me retient ici ! cria Christine. Mon mari ! Mme Giry, vous avez voulu être ma tutrice et je ne sais comment vous exprimer ma gratitude pour votre geste mais aujourd'hui me voilà mariée. Je ne suis pas dans l'obligation de vous obéir ! Erik m'a permis d'assister à ses derniers instants…

- Il n'aurait jamais permis ça, répondit Antoinette, incrédule.

- Nous nous sommes fait une promesse… Je ne le quitterai pas au moment où il a le plus besoin de moi… Pas cette fois. Auriez-vous laissé votre mari agoniser seul, sur son lit de mort, lorsque la maladie l'a emporté ?

- Tu ne t'imagines pas ce qu'est une exécution ! Tous les gens là-bas prennent cela comme un spectacle ! Ce n'est pas la même chose que pour mon mari ou même ton père, Christine ! répliqua-t-elle.

- Et bien pour moi ça l'est… Je…

- Christine, l'interrompit la chorégraphe. »

Cette dernière lui montra la poignée de la portière de leur fiacre. Une rose rouge y était accrochée. La jeune femme s'avança et la récupéra.

« Je la reconnais, dit-elle. C'est la rose que j'ai prise avec moi ce matin. Je l'ai oubliée dans la cellule d'Erik tout à l'heure. Comment se fait-il qu'elle soit là ? »

Intriguée, elle examina la fleur et découvrit qu'un morceau de papier était enroulé autour de la tige avec le ruban noir. De ses mains tremblantes, elle défit le lien et ouvrit la feuille. A sa lecture, elle pâlit, puis s'empourpra.

« Mme Giry, cria-t-elle, c'est un message d'Erik ! Je reconnais son écriture! Je crois que Raoul à trouver un moyen de le sauver ! Je dois y aller ! Il ne sera pas exécuté!»

La jeune soprane tendit la lettre à sa tutrice et se précipita vers la cour arrière du Palais de Justice.

La chorégraphe lut rapidement le mot et y reconnut également l'écriture fine et penchée d'Erik :

Si jamais il existe un lendemain où nous ne sommes pas ensemble… il y a quelque chose dont tu devras toujours te souvenir. Tu es plus courageuse que tu ne le croies, plus forte que tu ne le sembles et plus maligne que tu ne le penses. Mais le plus important est que, même si nous sommes séparés… je serai toujours avec toi.

Antoinette ne savait pas ce que Christine avait cru lire entre les lignes mais elle s'empressa de suivre cette dernière.

La jeune femme était tellement pressée qu'elle bouscula les quelques badauds qui voulaient encore passer la grille et ne prêta pas attention aux policiers qui la sermonnaient de son impolitesse. La cour était bondée et les gens étaient serrés les uns contre les autres. Christine se leva sur la pointe des pieds pour observer la potence. A son grand soulagement, rien n'avait commencé. Le bourreau n'était pas encore là et Erik non plus. Elle regarda l'horloge de la tour du Palais de Justice. Il était 10h55. Tout n'était pas perdu…

Soudain, elle sursauta lorsqu'on lui agrippa le bras. Mme Giry avait réussi à la suivre.

«- Les policiers ne laissent plus entrer personne. J'ai dû leur donner plusieurs francs pour qu'ils acceptent de me laisser passer.

- Vous prenez les manies de Raoul, Mme Giry, lui répondit Christine.

- Ma fille, comment peux-tu croire qu'Erik va être sauvé ? J'ai lu la lettre… Rien n'y indique qu'il le sera. J'y vois juste un adieu…

- Et moi, je sais qu'il n'en est rien, dit la jeune femme d'une voix assurée. Je sais que tout ira bien. Peut-être est-il déjà hors de danger en ce moment-même…

- Chut, Christine la réprimanda Antoinette. Si c'est vraiment le cas, alors soyons discrète. Remettons nos capuchons. »

Elles s'exécutèrent. Christine voulait avancer vers le gibet mais la chorégraphe l'en empêcha.

« Je viens de distinguer Firmin, Richard et la Carlotta plus avant. Ne nous faisons pas remarquer. »

La jeune soprane suivit pour une fois son conseil. Elle scruta l'horloge encore une fois… 10h58. Une bouffée d'espoir l'envahit. Erik était peut-être déjà parti…

« - Où est Raoul ?

- Il doit se terrer comme le lâche qu'il est. Incapable de prendre la responsabilité de son œuvre… »

Au même instant, le juge ouvrit une porte donnant sur l'intérieur du Palais et qui surplombait la cour. Il descendit les degrés, accompagné de deux gardes portant des tambours.

La foule commença à s'agiter : « A bas le Fantôme ! A mort ! A mort ! »

Christine et Antoinette étaient bousculées dans tous les sens. Puis, soudain, le silence se fit. Erik apparut, encadré de quatre policiers.

« Non, c'est impossible, murmura Christine…. »

Antoinette, compatissante, posa les mains sur ses épaules. Elle aussi, un court moment, avait espéré qu'Erik au dernier instant avait réussi à prendre la fuite…

Christine restait interdite. Elle observait son mari qui descendait les escaliers d'un pas lent mais apparemment assuré. On lui avait laissé son masque et sa perruque. La foule ne pipa mot lorsqu'il se retrouva face à eux. Il était le Fantôme de l'Opéra… Il inspirait encore crainte et terreur après tous les récits horrifiants dont il avait été le protagoniste, ces derniers mois.

Il suivit le juge et monta les marches en bois du gibet afin que tous puisse l'examiner.

Christine s'accrocha au bras d'Antoinette et lui montra ce que personne n'avait encore remarqué… Le bourreau, à son tour, descendait l'escalier en pierre. Vêtu de noir et le visage masqué, il rejoignit le juge près de la potence et se mit en retrait, les bras croisés dans le dos.

« Ce n'est pas possible… murmurait Christine. Ce n'est pas possible… Erik, je t'en prie, sauve-toi. Tu peux encore le faire, je le sais… Je t'en prie. »

Antoinette raffermit sa prise sur la jeune femme pour la soutenir.

Soudain, les tambours se mirent à rouler quelques secondes. Le silence complet se fit dans l'assistance, lorsqu'ils cessèrent. Le juge s'avança vers la foule et lut le papier qu'il tenait :

« Monsieur Erik Delahaye, vous avez été reconnu coupable de meurtre et pour cela la Cour vous a condamné à la peine capitale. Vous allez maintenant être pendu haut et court, jusqu'à ce que mort s'en suive. Bourreau, vous pouvez commencer votre office. »

Christine ne savait que faire. Elle assistait éveillée au pire de ces cauchemars. Depuis la condamnation d'Erik, elle s'était imaginé cette scène de bien des façons mais aucune n'était aussi horrible que ce qui se déroulait devant ses yeux.

« On se croirait revenu au Moyen-Âge ou au temps de la révolution, dit Mme Giry dans un souffle. »

Le premier coup de onze heures sonna à l'église.

Le bourreau s'avança vers Erik qui avait les mains attachées dans le dos. Il le plaça au niveau de la trappe et d'un geste rapide et brutal lui ôta sa perruque et son masque.

Tout le monde hurla à la vue du visage découvert du Fantôme. Les journalistes s'en donnaient à cœur joie.

« Oh non, gémirent ensemble les deux femmes dans un cri étouffé. »

Sous les brouhahas de la populace, elles n'entendirent que faiblement le deuxième et le troisième coup de cloche.

Mme Giry était sous le choc. Elle était revenu plus de vingt-cinq ans en arrière. Elle revoyait le petit garçon si abimé par la vie face aux moqueries et aux cris de la foule de curieux, venu se délecter perversement du spectacle de cet être humain que tous considéraient comme un monstre.

Erik, du haut de la potence, avait fermé les yeux et semblait endurer lui aussi les mêmes tourments qu'Antoinette.

Le quatrième coup retentit…

Le cœur de Christine s'était mis à battre au rythme de la cloche. Elle se sentait si impuissante. Tous ses espoirs détruits la paralysaient. Elle semblait assister à la scène comme si celle-ci était irréelle.

« Ce n'est pas possible, répétait-elle, sans cesse. »

Elle avait soudain l'envie de tuer tous ses gens qui étaient venus là pour se repaître du spectacle. Elle comprenait Erik, en cet instant et toutes ses mauvaises actions qu'ils avaient commises. Elle comprenait maintenant pourquoi… Mais ce qu'elle ne comprenait pas c'était comment il avait pu, malgré ce qu'il avait subi, rester humain et être capable d'aimer et de pardonner…

Au cinquième coup, le bourreau se prépara à lui enfiler sur la tête un sac en toile de jute.

« Oh, ils font de nouveau de lui le Fils du Diable, se désespéra Mme Giry, en se cachant le visage dans les mains. »

Christine, à cet instant, ôta son capuchon et tendit devant elle la rose qu'elle n'avait pas lâché. Erik ouvrit les yeux au même moment et comme si un pouvoir surnaturel faisait effet, malgré la foule, il plongea immédiatement son regard dans le sien. Il savait qu'elle était là et où elle se trouvait. Elle ne sut déchiffrer l'expression dans ses yeux : des regrets ? de l'amour ? de la résignation ? Toutefois, elle put lire sur ses lèvres le message qui lui envoyait. Son ultime message…

« Je t'aime, dirent ses lèvres sans émettre le moindre son. »

Au sixième coup, Christine hocha la tête afin qu'il vît qu'elle avait compris mais le bourreau lui avait déjà masqué son visage dans le sac.

« Pourquoi font-ils ça ? demanda-t-elle à sa tutrice »

Le septième coup résonna.

« Pour ne pas que l'on voit son visage déformé par la douleur de la mort, répondit Mme Giry dans un souffle. »

Au huitième coup, le bourreau plaça la corde autour du cou d'Erik.

« Non, commença à pleurer Christine. »

Au neuvième coup, le bourreau serra le nœud autour du cou et s'approcha d'Erik. Sous son masque, il semblait lui murmurer quelque chose. Peut-être en cet instant lui demandait-il pardon pour ce qu'il lui ferait ?

« Non, pitié, sanglota la jeune femme. »

Au dixième coup, le bourreau s'écarta d'Erik et s'approcha du levier qui devait actionner la trappe.

Le onzième et dernier coup s'abattit dans la cour du Palais de Justice. Le cœur de Christine éclata en mille morceaux dans sa poitrine au bruit du levier actionné par le bourreau, de la trappe se dérobant sous le poids d'Erik, du son de la corde qui se tendit et d'un craquement sourd qui résonna en elle, comme si c'était sa propre âme qui s'échappait de son corps.

« NON ! cria-t-elle en même temps que Mme Giry. »

Leur hurlement s'effaça sous les cris de satisfaction de la foule. Les deux femmes s'enlacèrent et s'effondrèrent à genoux. Les larmes qui coulaient à flot le long de leurs joues étaient si denses qu'elles entrevoyaient à peine le corps sans vie d'Erik qui se balançait inerte au bout de la corde, sa tête penchée mollement vers sa poitrine.

oOoOoOoOoOoOoOo

Christine restait immobile dans le fiacre qui les ramenait chez Mme Giry. Elle avait posé la tête contre le carreau et se laissait aller mollement aux cahotements de la voiture sur les pavés.

« Ma fille, Christine, est-ce que ça va ? Tu m'entends ? »

Antoinette était à bouts de nerfs mais elle se devait d'être forte. D'être forte pour deux. Elle avait perdu son frère aujourd'hui et Christine son mari. Elle avait enduré déjà cela à la mort de son époux et elle savait à quel point la douleur était poignante. Mais savoir de la façon dont Christine avait perdu Erik était plus dur encore.

Elle ne savait comment elle avait eu la force de relever la jeune femme et de la soutenir afin qu'elles partent avant qu'elles n'assistent au détachement du corps. Même si Christine avait voulu y assister, elle ne pouvait se résoudre à lui faire vivre pareil supplice. C'en était trop.

« Christine ? »

Celle-ci ne répondit toujours pas. Les yeux perdus dans le paysage qui défilait devant eux. Les yeux perdus dans le vide. Les yeux perdus dans un monde qui la laissait seule et anéantie, sans aucun avenir heureux…

« Christine ! répéta Antoinette d'une voix un peu plus énergique, dans le but de réveiller la jeune femme. »

Elle lui prit la main dans la sienne mais elle était molle, sans volonté et sans vie.

There's a Possibility,

There's a Possibility,

(Il y a une possibilité,

Il y a une possibilité,)

Christine se mit à murmurer une chanson de son air absent. Elle semblait couper du monde extérieur. Mme Giry resta muette, l'oreille aux aguets.

All that I had was all I'm gonn' get.

There's a Possibility,

There's a Possibility,

All I'm gonna get is gonna be yours then

So tell me when you hear my heart stop

You're the only one that knows

Tell me when you hear my silence

There's a possibility I wouldn't know.

(Que tout ce que j'ai eu était tout ce que j'aurai.

Il y a une possibilité,

Il y a une possibilité,

Tout ce que j'aurai sera à toi ensuite

Alors préviens-moi quand tu entendras mon cœur s'arrêter

Tu es le seul qui sait

Dis-moi que tu entends mon silence

Il y a une possibilité que je ne voudrais pas savoir.)

« Christine, je t'en prie, parle-moi. Je suis là pour toi, dit Antoinette un peu affolée. »

Mais depuis la mort d'Erik, Christine ne lui répondait pas. Elle semblait dans un autre monde et continuait de chantonner tout bas.

Know that when you leave,

Know that when you leave,

By blood and by me, you walk like a thief,

By blood and by me, and I fall when you leave.

(Je le sais quand tu pars,

Je le sais quand tu pars

Par le sang et par moi, tu marches comme un voleur

Par le sang et par moi, et je tombe quand tu pars)

So tell me when you hear my heart stop,

You're the only one that knows.

Tell me when you hear my silence,

There's a possibility I wouldn't know.

(Alors préviens-moi quand tu entends mon cœur s'arrêter

Tu es le seul qui sait

Dis-moi quand tu entends mon silence

Il y a une possibilité que je ne voudrais pas savoir)

Le fiacre s'arrêta devant chez Mme Giry. Cette dernière prit Christine par la main et lui demanda de la suivre. Elle obéit d'un air absent toujours en murmurant.

So tell me when my silence's over,

You're the reason why I'm closed.

So tell me when you hear my heart stop,

Tell me when you hear me falling,

There's a possibility it wouldn't show.

(Alors préviens-moi que mon silence est terminé,

Tu es la raison pour laquelle je suis fermée

Alors préviens-moi quand tu entends mon cœur s'arrêter

Dis-moi quand tu m'entends tomber,

Il y a une possibilité que je ne voudrais pas montrer)

Antoinette mena Christine jusqu'à l'appartement. La jeune soprane était dans un état catatonique, sous le choc de ce qu'elle avait vu, sous le choc que personne n'avait réussi à sauver son mari… son Erik… son pauvre Erik…

By blood and by mean, and I'll fall when you leave.

By blood and by mean, I follow your lead.

(Par le sang et par moyen, et je tomberais quand tu partiras

Par le sang et par moyen, je suis ton exemple)

« Christine, il faut m'aider à faire nos bagages. Meg ne devrait pas tarder à nous rejoindre… »

Mais la jeune femme continua sa chanson, sans aucune considération pour les paroles de sa tutrice. Antoinette dévisagea sa protégée et la peur s'insinua en elle. Peur que Christine ne se remette pas du choc… Peur de ce qui allait se passer maintenant qu'Erik n'était plus…

oOoOoOoOoOoOo

Le soleil commençait très lentement à décliner dans le ciel, lorsque Raoul rentra à l'Hôtel de Chagny. Il était vidé, fatigué. Il lui semblait avoir vécu mille vies en une seule journée. Toutefois, il eut assez de force pour se dépêcher de monter quatre à quatre les marches de l'escalier qui menait à l'étage de la chambre de Meg.

Arrivé devant la porte, il marqua une pause et inspira grandement pour reprendre son souffle et ses esprits. Il eut enfin le courage de taper à la porte. Il n'eut en retour aucune réponse, aucune invitation pour entrer.

Précautionneusement, il ouvrit la porte. Il fut soulagé de voir Meg qui lui tournait le dos et semblait affairer.

Il s'approcha mais elle fit comme si de rien n'était.

« C'est fait, lui dit-il d'un air soulagé. »

Meg ne lui répondit pas. Intrigué, Raoul arriva à sa hauteur. Il découvrit sur le lit une malle ouverte et les vêtements que Meg était en train de ranger à l'intérieur.

Raoul la prit dans ses bras et elle se laissa faire sans bouger.

"Meg, pourquoi pars-tu? Demanda-t-il, inquiet. C'est fait, je t'ai dit. C'est fini… »

Il la sentit se contracter violemment contre lui.

« Qu'il y a-t-il? Lui demanda-t-il, affolé. »

Il vit alors son teint livide et la main qu'elle tenait sur son ventre.

« Je crois que je suis en train de perdre le bébé, eut-elle le temps de répondre, avant de tomber, inanimée, dans ses bras. »

Disclaimers : La chanson « Possibility » est interprétée par Likke Li. Elle lui appartient intégralement, de même que les personnages de cette histoire appartiennent à Leroux et ALW…

La lettre d'Erik m'a été inspirée par une citation sur un site de Facebook « Even if I die, my love for u will never die » dont voici l'original :

« If ever there is tomorrow when we're not together... there is something you must always remember. You are braver than you believe, stronger than you seem, and smarter than you think. But the most important thing is, even if we're apart... I'll always be with you."

Cette citation ne m'appartient donc pas mais je vous conseille si vous avez Facebook d'y aller, il y a plein de texte très émouvants et de citations sur l'amour c'est très beau. Je l'ai d'ailleurs mis en favori.

THE END… NON JE PLAISANTE ! Restez c'est loin d'être encore fini!

Bon sinon, tout le reste est de moi et de mon imagination d'auteure sadique…. Oh et puis excusez le temps que j'ai mis à poster ce chapitre car je me suis plongée dans la trilogie Fifty Shades (Cinquantes nuances) et il faut dire que j'ai du mal à m'en détacher. J'ai presque fini le tome 2. (D'où peut-être mon sadisme dans ce chapitre… J'ai dû déteindre sur Christian Grey…mdr).

Sinon un grand merci à toutes mes phans qui commentent chaque chapitre. Vos reviews sont mon plus grand soutien, je ne le répèterai jamais assez.

Et pour les autres… allez au boulot ! Review, review, review… please !

Sinon vous ne saurez jamais la fin ! Ah ah ah ! (Toutes mes excuses, je pète un plomb je crois…)

Allez pendant qu'on y est j'aimerai faire un petit sondage pour toutes les phans francophones. Comme moi, vous devez être dégoûtées de voir que dans beaucoup de pays on joue « Le Fantôme de l'Opéra » de Sir Andrew Lloyd Webber (Danemark, Allemagne, Autriche, Japon, amérique du Sud et autre…) alors qu'en France… Rien… Que dalle ! Les français ne savent pas ce qu'ils ratent. Alors j'aimerais savoir quel chanteur et chanteuse vous aimeriez voir dans les rôles principaux…

Voilà mon casting, à vous de me donner le vôtre dans la review ou par MP !

Le Fantôme : Vincent Niclot

Raoul : Amaury Vassily

Meg :Lorie (pourquoi pas ?)

Mme Giry : Liane Foly

Carlotta : Marianne James

Richard Firmin : Gérard Hernandez (en un peu plus jeune peut-être ?)

Gilles André : Martin Lamotte

Christine : Cécilia Cara ? En brune bouclée… Vos avis sont les bienvenus car je ne trouve pas d'idée pour trouver une Christine convenable…

J'attends vos réponses ! Bises