Nous faisons tous des choix. Ce sont eux qui tracent nos vies.

« Choix »

Harry n'arrivait pas à le croire… Draco avait-il bien dit ce qu'il avait dit ? Mourir ? Suicider ? Euthanasier ? Non mais c'était quoi cette histoire ? Jamais il n'avait pensé, pas même un seul instant, que Draco en arriverait à de telles extrémités ! Après tout, il avait bien tenu le coup jusqu'ici, non ? Harry avait pris une sacrée douche froide. Sa colère avait gelé instantanément. Et à présent, alors que son cerveau fonctionnait à nouveau normalement, panique mis à part, il revoyait le visage de Draco. Il revoyait son état, sa détresse… Draco n'était pas dans son état normal. Il ne plaisantait pas. Il allait vraiment faire une bêtise !

Harry paniqua. Sa tête le tournait. Qu'est-ce qu'il allait faire maintenant ? Il tremblait. Où Draco avait-il transplané ? Il suffoquait. Est-ce qu'il le faisait maintenant ? Il voulait crier, mais sa voix s'était bloquée.

Il inspira longuement pour se calmer. Il ne pouvait pas penser clairement dans cet état. Il devait se mettre à la place de Draco. S'il voulait de suicider, où irait-il ? A cette pensée, Harry paniqua à nouveau. Non, non, non ! Il devait agir, et vite ! Où ? En haut d'une falaise ? Mais où ? Quelle méthode utiliser ? Sauter du haut d'un immeuble était plus pratique que la falaise : il y en avait partout à Londres ! Mais est-ce que Draco réfléchissait de façon logique ? Non… Alors dans son cerveau un peu dérangé, que ferait-il ? Une corde ? Le gaz ? Pour les deux, la réponse serait chez lui… Il pourrait également sauter par la fenêtre de son appartement… Harry ne devait pas se tromper ! Il n'avait pas le droit à l'erreur ! Il devait réfléchir à un lieu… C'était d'un point de vu pratique, pour la méthode à employer… Mais il y avait autre chose. Si Harry devait un jour se tuer, il choisirait un endroit significatif pour lui. Un lieu chargé de souvenirs, un symbole de sa vie… Draco n'allait tout de même pas se rendre à Istanbul ou à Moscou ? Peut-être au manoir Malfoy ?... Non, trop de mauvais souvenirs…

La réponse était tellement simple qu'elle ne sauta pas aux yeux de Harry. Et il l'avait déjà trouvé d'ailleurs : l'appartement ! Dans leur vie de couple, Harry et Draco étaient toujours chez l'un ou l'autre. Comme il ne pouvait logiquement pas se trouver dans la maison de Harry, il devait être à l'appartement. En plus, c'était aussi « pratique », vu qu'il y avait plein de façons pour se suicider lorsqu'on est chez soi… sans personne pour vous gêner. Sans parler que, dans son état, le beau blond ne devait pas avoir vraiment réfléchi, et s'était sans doute dirigé vers la première destination qui lui passait par la tête.

Sans plus tergiverser, Harry transplana devant la porte de Draco. Elle était ouverte. Bingo ! Il s'y précipita et trouva son ex assis par terre, un couteau bien trop près des veines de ses poignets. Harry se jeta sur l'arme, serrant la lame dans sa paume jusqu'au sang, et le lança loin de Draco. C'était moins une !

- « Pourquoi… ? demanda la voix faible de Draco, sans aucune intonation.

- Non mais t'es malade ? hurla Harry, la colère de retour. Tu cherchais quoi, à me faire culpabiliser ? Encore ? Tu voulais que je me sente coupable de ta mort ?

- Quoi ? fit Draco sans comprendre. Mais non…

- Alors quoi ? Qu'est-ce qui a bien pu te passer par la tête ? Tu viens me voir sans t'excuser, tu m'annonces un retour en force de ta maladie, tu pleures, tu dis rien, puis tu te barres en annonçant que tu vas te suicider ? Et comment je dois réagir, moi ? Je devrais te donner ma bénédiction ? Si tu veux te tuer, ne viens pas me le dire ! »

Il regretta immédiatement sa dernière phrase… C'était sorti tout seul… Devait-on dire une telle chose à quelqu'un qui allait, effectivement, se tuer, et un peu dérangé mentalement ? Définitivement, non. Après s'être fait largué de la pire façon qui soit, il devait maintenant jouer les psychomages… Harry avait bien envie de se cogner la tête contre les murs. Mais il inspira calmement, pour la énième fois de la soirée, et s'agenouilla auprès de la petite chose tremblotante et sanglotante à ses pieds.

- « Je ne voulais pas dire ça, s'efforça-t-il à dire. Mais je n'y comprends rien. Si tu ne me parles pas, comment veux-tu que je te comprenne ? »

Harry sentit sa colère revenir avec encore plus de force devant les pleurs et le silence de Draco. Il tenta de se raisonner en se disant qu'avec de tels sanglots, il lui était impossible de dire un mot. Il devait se calmer. Mais il était hors de question que Harry le prenne dans ses bras ! Pas après tout le cinéma qu'il venait de lui faire !

- « J'en peux plus… parvint à dire Draco encore deux hoquets.

- Tu n'en peux plus de quoi au juste ? dit sèchement Harry. De la vie, ça j'avais compris. Mais plus précisément ? De moi ? De la maladie ? De toi ? De tes amis ? De ton boulot ?

- De la douleur. »

Ca, Harry pouvait le comprendre. S'il lui avait dit qu'il en avait marre de lui, il l'aurait vraiment frappé. Mais sa réponse était plus logique que ce à quoi Harry s'était attendu de la part du Draco désorienté devant lui.

- « Où est-ce que tu as mal ?

- Partout. »

Ok. Ce n'était pas aussi précis qu'il le souhaitait. Il ne pouvait pas avoir deux réponses claires d'affilé.

- « A la tête ? »

Hochement de tête.

- « Au ventre ? »

Hochement de tête.

- « Aux yeux ? »

Hochement de tête. C'était les plus logiques, suite aux pleurs.

- « Aux pieds ? » essaya-t-il, dans une tentative d'humour.

Hochement de tête. Ah bon ? Vraiment ? Les pieds ? Harry jeta un regard étrange aux pieds nus de Draco pour s'apercevoir, qu'effectivement, ils étaient pas mal écorchés… Il avait du courir sans chaussure…

- « Aux mains ? »

Hochement de tête. C'était moins surprenant, vu la façon dont il les triturait.

- « Au cœur ? » demanda-t-il enfin, sachant parfaitement qu'il arrivait au nœud du problème.

Hochement de tête… Mais rien de plus. Harry devait-il donc faire tout le boulot ? Parfait ! Il n'allait pas y aller par quatre chemins !

- « A cause de moi ? »

Hochement de tête, cependant très hésitant.

- « C'est ce que j'ai dit ? Ce que j'ai fait ? »

Hochement de tête. Ce qu'il pouvait l'énerver !

- « Il n'y a que moi ? » soupira-t-il sans savoir quoi demander de plus.

Mouvement négatif. Ah ! Il y avait du changement ! Et ils arrivaient à une partie intéressante : Harry pensait être le seul à faire souffrir Draco.

- « Qui ? Blaise ? »

Négatif.

- « Luna ? »

Négatif.

- « Théo ? Pansy ? Ton patron ? »

Négatif. Négatif. Négatif. Qui d'autres alors ?

- « Moi, parvint enfin à articuler Draco.

- Comment ça, toi ?

- Je ne suis qu'un idiot, un imbécile, un abruti qui ne sait pas réfléchir ni agir comme il faut ! cria-t-il très rapidement avant de fondre encore en larmes.

- Content que tu le reconnaisses enfin, ne put s'empêcher de dire Harry. Pardon… s'excusa-t-il sans vraiment le penser. Donc… Peux-tu être plus explicite ? fit-il en se vantant intérieurement d'être un grand pédagogue.

- Je… »

Draco appuya les mains sur le sol et tenta de respirer calmement sans vraiment y parvenir.

- « Je ne contrôle rien… dit-il, hachant les mots tout en sanglotant. Dis-moi une seule chose dans ma vie que j'ai réellement choisie ? Une seule ! »

Il avait dit cela en regardant hargneusement Harry, une lueur de défi dans le regard. Cette question prit Harry au dépourvu. Bien sûr qu'il avait fait des choix ! Tout le monde en fait !

- « T'as choisi ton job.

- Faux, cracha Draco. J'ai pris les potions, parce que c'est ce que je sais faire ! Les créatures magiques, parce que les Sangs-Pur les détestent ! Et l'aspect antique, parce que mes parents m'ont assommé avec l'Histoire de la Magie et la notre !

- Mais tout ça, tu l'as choisi, fit Harry, désarçonné par la véhémence de ces paroles.

- Je… je ne comprends pas, bredouilla Draco, perdu.

- Tu as étudié les potions, justement parce que tu étais doué, mais tu aurais tout aussi bien pu te former à autre chose. »

Draco se retrouva coi, la bouche ouverte. Effectivement… Il était parti pour recommencer sa vie, pour repartir à zéro et faire ses propres choix… Et, inconsciemment, il avait justement choisi la seule filière qui le rattachait à son passé. Sous prétexte de quoi ? Qu'il ne savait rien faire d'autre ? Ridicule ! Il était intelligent, il le savait. Il aurait pu apprendre n'importe quoi. Alors pourquoi opter pour cette branche ?...

Il se souvenait de son arrivée, en plein cœur d'Istanbul. Il s'était senti perdu, angoissé. Il était dans un lieu inconnu, avec des gens qui ne parlaient pas sa langue, sans savoir ce qu'il allait devenir. Il a pris la solution de facilité, celle de la sûreté. Il pensait pouvoir se rediriger par la suite, dans un autre secteur. Mais le temps passa. Et sans s'en rendre compte, il était embauché à Moscou. Et c'était trop tard.

Draco aimait son travail. Il prenait plaisir à étudier les potions et les créatures magiques. Impossible de le nier : il suffisait de se rappeler son engouement devant le Minotaure, ou toutes les excursions professionnelles auxquelles il avait assisté. C'était tellement excitant. Il ne regrettait pas, mais était frustré. Pourquoi ? Parce qu'il avait la sensation de ne pas avoir choisi… Et pourtant, Harry venait de démontrer le contraire.

- « Tu as raison… » avouât-il, soufflé.

Cela eut au moins le mérite d'arrêter ses pleurs, pensa Harry.

- « Qu'est-ce que tu n'as pas choisi, exactement ? demanda Harry, soudainement plus calme, lui aussi.

- Mon enfance… ? dit Draco, plus comme une question.

- C'est-à-dire ?

- Mes parents choisissaient comment je devais m'habiller, à qui je devais parler, qui étaient mes amis, comment je devais me comporter…

- Et tu ne t'es jamais rebellé, n'est-ce pas ?

- Je ne pouvais pas !

- Bien sûr que si. Il y a des enfants qui subissent, comme toi, en disant qu'ils ne peuvent rien y faire. Mais il y en a d'autres qui disent « non ». Ceux-là font des fugues, ils cassent la vaisselle, ils répondent… comme moi avec les Dursley. Tes parents sont, certes, fautifs, mais tu ne peux pas rejeter toute la faute sur eux. C'est trop facile. Cela te permet de ne jamais te remettre en question.

- Je me suis remis en question !

- Quand ?

- Au retour du Lord, en quatrième année.

- Et tu as fait quoi ? »

Draco réfléchit… Qu'avait-il fait exactement ? Rien… Il s'était contenté de trembler de peur en attendant que les adultes fassent tout le travail… en attendant que Harry fasse le travail et le tue.

- « Mais… il aurait tué mes parents…

- Tu aimes tes parents. Le fait de ne pas t'être rebellé contre eux quand tu étais enfant le prouve : tu ne voulais pas être en conflit. Tu ne voulais pas les perdre. Mais tu avais quand même le choix. Tu pouvais les abandonner.

- Non ! Comment peux-tu appeler ça un choix ?

- Et tu crois que j'en ai eu plus que toi ? Je pouvais laisser tomber tout le monde pour partir à l'étranger. Mais non, j'ai choisi de me battre, pour vous tous. Ce n'était pas « tuer ou être tué ». C'était « risquer sa vie ou abandonner les sorciers à la mort ». Toi, c'était « laisser tes parents mourir ou trembler de peur ». Nous avons tous les deux fait notre choix. Et tout le monde fait avec ce qu'il a. Tu ne peux pas demander plus. »

Draco se sentait misérable de se plaindre. Pourquoi ne s'en était-il pas rendu compte tout seul ? Il se mettait à voir sa vie différemment… Il était lâche. Il ne prenait jamais de risque. Toujours la facilité. Pourquoi ? Parce qu'il tremblait de peur… Quand il mourrait, que resterait-il de lui ? Comment les gens se souviendront-ils de lui ? Du bel éphèbe qu'il était devenu à cause de sa maladie ? De celui qui était mort trop jeune et de qui ils ont pitié ? N'y avait-il que cela en lui ? Juste un garçon malade ? Qu'avait-il accompli pour qu'on se souvienne de lui autrement que du malade ? Rien… Pourquoi ? Parce qu'il ne se mettait jamais en danger. Il n'accomplissait rien d'extraordinaire, parce qu'il n'essayait pas…

- « Tu as choisi de partir, tu as choisi ton métier… Ok, tu n'as pas choisi d'être malade, mais tu as fait le choix de revenir en Angleterre. Et quand on s'est revu, tu as choisi de passer du temps avec moi. Ce qui a entraîné ce qu'on sait. Si tu as la sensation de ne rien maîtriser, c'est à cause des effets de tes choix. Tu prends des voies qui mènent à des endroits inattendus. Il se trouve juste que ces endroits ne sont pas toujours de bonnes choses…

- Tu fais référence à notre relation ? fit Draco d'un rire sans joie.

- Entre autre. »

Draco resta pensif, un long moment. Harry le regardait, apaisé. Finalement, c'était plutôt une bonne fin pour leur histoire. Il n'avait pas eu d'explications, mais ils s'étaient parlé. Et Harry commençait à saisir le personnage. Il se rendait compte qu'il n'avait jamais vraiment su qui était Draco. Deux semaines auparavant, il aurait affirmé le connaître sur le bout des doigts. Il n'en était rien. Il était toujours cet être torturé par son passé sans jamais arriver à tourner la page. Il se contentait d'ignorer pour ne pas faire face et s'apercevoir de ses erreurs. En un sens, il était pitoyable… mais tellement humain. Il était comme tout le monde. Et Harry était pareil. Lui, avait juste le mérite d'avoir été confronté à la réalité bien plus tôt. Depuis, il ne se faisait plus d'illusion. Il n'avait jamais songé un seul instant qu'il pouvait recommencer sa vie. Personne ne peut effacer le passé. On a vécu ce que l'on a vécu, et cela fait de nous ce que nous sommes. Et personne n'y peut rien. Draco vivait dans un rêve, une utopie. Il avançait les yeux fermés pour ne pas voir la vérité. Et la chute fût brutale… Harry avait cru qu'il s'en était remis… mais il était toujours au sol.

- « C'est pour ça que je t'ai dit tout ça, dit enfin Draco, brisant le silence. J'ai cru que tu ne me donnais pas le choix, et j'ai eu peur. Si j'ai dit toutes ses horreurs, c'était par réflexe d'auto-défense… Sache juste que je n'en pensais pas un mot… Je… Je devais juste te faire le plus mal possible… Si tu étais resté, j'aurais pu continuer encore longtemps… Je suis soulagé que tu sois parti… »

Alors qui n'attendait plus rien, Harry avait enfin la réponse. Etrangement, il aurait voulu ne rien entendre… En réalité, Harry souhaitait que Draco lui crache encore des horreurs pour pouvoir mettre un terme franc, définitif, radical, et surtout officiel à leur relation. Mais là, il ne savait plus quoi faire. Il pouvait le prendre dans ses bras et l'embrasser, ou lui dire que c'était trop tard… Il avait le choix…

- « Et ce soir ? Pourquoi tu es venu ?

- Quand je… Quand j'ai appris l'évolution de la semi-divinité… Je devais te voir. J'avais besoin de toi, c'était vital. Je n'ai pas réfléchi. Juste répondu à une nécessité. Je… J'ai besoin de toi, Harry… Je ne dis pas ça pour qu'on se remette ensemble, je sais bien que c'est trop tard. Mais… Juste, réponds-moi, franchement… Que me reste-t-il ? »

Harry cru que c'était à son tour de pleurer. Draco le regardait, désespéré. Son cœur se serra. Non pas parce qu'il pensait qu'effectivement, il ne restait plus rien à Draco. Mais plutôt parce que celui-ci le pensait vraiment. Il n'attendait plus rien de la vie, d'où sa tentative de suicide…

- « Rassure-toi, ricana amèrement Draco. Je ne vais pas me tuer, quelle que soit ta réponse. J'ai compris que c'était stupide… Après tout, je vais mourir de toute façon. Alors bon… C'est ridicule… Donc, ne t'inquiète pas, et réponds-moi franchement.

- Tes amis.

- Pour les regarder s'inquiéter ? Être terrorisés par ma mort prochaine ? Les voir me regarder mourir ? Je les gênerais plus qu'autre chose…

- Alors pourquoi es-tu resté en vie tout ce temps ?

- Pour eux… Pour les revoir, être avec eux quelque temps avant la fin…

- Tu peux continuer ainsi.

- Oui, je vais le faire… Mais je n'en ai plus envie… Je veux juste leur dire au revoir, faire une grosse fiesta, et m'endormir pour toujours… Mais je vais continuer…

- Et qu'est-ce que moi, j'aurais pu changer à cela ?

- Tu veux vraiment que je te réponde ? » sourit Draco.

Une larme coula sur la joue du blond. Instinctivement, Harry l'essuya du pouce.

- « Oui. Je veux vraiment que tu me répondes. »

Ils se regardèrent longuement. C'était un moment important pour eux. Primordial. C'était des regrets. Des non-dits. C'était la raison même de leur relation, qui leur avait toujours échappé. Pourquoi continuer quand on sait que la fin est proche, et promet d'être douloureuse ? Aucune idée. Ils l'ont juste fait… jusqu'à présent. Maintenant, ils allaient enfin savoir. La question était posée. La seule et unique question importante. Celle qu'ils avaient toujours fuie, de peur d'entendre la réponse. Ils n'avaient plus le choix. Ils ne pouvaient plus avancer sans savoir… Elle allait déterminer leur avenir…

- « Tu m'aides à vivre », fit Draco dans un souffle.

Il craqua. Un nouveau déluge de larmes le fit hoqueter. Et Harry craqua également. Il se précipita pour le prendre dans ses bras. Non mais qui croyait-il berner comme ça ? Il aimait tellement Draco qu'il pourrait s'arracher le cœur ! Il avait même songé à s'écorcher vif tant son amour pour lui était fort. Et ça faisait mal.

Comment avait-il pu penser, un seul instant, pouvoir lui dire clairement qu'ils se quittaient ? Quand il avait ouvert la porte et l'avait vu, la vérité avait sauté au visage de Harry. Non… Il ne pouvait pas démarrer une relation avec Astoria… Il ne pouvait même pas songer à vivre sans lui. S'il avait essayé, c'était en pensant à lui. Quand il parlait à Astoria, il pensait à lui. Quand il se levait, il pensait à lui. Quand il faisait les courses, quand il allait se coucher, quand il rêvait, quand il se douchait, quand il allait au travail… Harry ne se souvenait pas d'un seul instant, durant ces deux semaines, où Draco avait quitté ses pensées… Jamais ! Ce n'était que deux semaines, certes… Mais il savait, au fond de lui, que ce serait toujours ainsi. Il était l'amour de sa vie. Il n'en aurait pas d'autres. C'était comme ça.

- « Tu m'aides à continuer, continua Draco, en pleine crise de larmes. Sans toi, j'y arrive pas ! Sans toi, je n'ai plus rien ! Sans toi, la vie n'en vaut plus la peine ! Comment je pourrais continuer, après t'avoir connu ? Comment ? »

Harry tenta de le calmer, sans y parvenir. Draco s'accrochait à son pull, désespéré. Lui non plus n'en menait pas large. Il se sentait mal… Pour lui non plus, la vie ne valait pas le coup sans Draco. Avant, il ne savait pas, alors c'était faisable. Mais maintenant qu'il savait… Maintenant qu'il aimait… Maintenant que Draco était là… Non, il n'y avait aucun intérêt à continuer sans lui. Sa colère l'avait aveuglé. Il avait cherché à prouver que c'était possible. Force était de constater qu'il avait eu tort…

- « Je peux pas sans toi, Harry… ! Je t'aime… Je t'aime…

- Moi non plus je ne peux pas sans toi, finit enfin par répondre Harry, ne pouvant plus se retenir après ces derniers mots. Je t'aime, moi aussi. Je t'aime… »

Ils n'avaient pas le choix. C'était dans les bras, l'un de l'autre, qu'ils comprirent. Quoi qu'il se passe. Quoi qu'il advienne. Ils resteraient toujours ensemble. Malgré les disputes… Malgré la mort… Toujours ensemble…

[===]

Ils mirent un temps certain à se décoller. La main de Harry, toujours ensanglantée d'avoir tenu la lame du couteau, avait bien taché le tee-shirt de Draco. Revenant sur terre, Draco se précipita vers la salle-de-bain pour prendre sa trousse de secours. Harry ricana. Il se laissa soigner, se délectant de la vue de son bel ange qui prenait soin de lui. Mais il devait se calmer… Après ce qu'ils avaient vécu, cela allait être compliqué de recommencer comme si de rien n'était…

Tout à coup, la porte s'ouvrit avec fracas. Harry et Draco firent un bon spectaculaire.

- « Blaise ? s'étonna Draco

- Abruti ! hurla Blaise. Tu te barres en courant après avoir eu une longue absence, et tu ne donnes aucune nouvelle ! On a eu la trouille de notre vie avec Luna ! Crétin ! Idiot ! Sale blond sans cervelle ! »

Celle-ci soupira de soulagement et s'approcha d'eux en souriant. Blaise était toujours furibond. Draco allait devoir faire profil bas et tenter de se faire pardonner… Encore une fois, il n'avait pas vraiment réfléchi… Le black continuait à hurler des insultes, et Draco se recroquevillait sur lui-même. Harry, lui, souriait tranquillement. Rien n'avait vraiment changé finalement. Luna, en attendant que son petit-ami termine sa diatribe, finissait le bandage de Harry en sifflotant.

- « Je vois que tu prends du bon temps pendant qu'on se ronge les sangs pour toi, termina Blaise, fulminant.

- Je suis désolé, Blaise… Je…

- C'est bon, soupira celui-ci, las. J'espère juste que c'est toi qui a blessé Potter, ça me ferait immensément plaisir.

- Indirectement, oui, on peut dire ça, rit Harry.

- Comment ça ? demanda Blaise.

- Vous avez faim ? » s'exclama Draco, cherchant à détourner la conversation pour ne pas avouer sa tentative de suicide à ses amis.

Blaise lança un regard étrange à Draco, qui se précipitait vers la cuisine pour… sans doute pas pour cuisiner. Il reporta alors son attention sur Potter, fixant avec perplexité son bandage fermé par un joli petit nœud.

- « J'aimerais savoir ce qu'il s'est passé, mais avant toute chose… Je n'en reviens pas de dire ça, mais je te remercie. Draco ne mangeait plus, ne souriait plus… Et là, il parle de repas et semble ne jamais avoir fait de dépression. Tout ça en une soirée ! »

Blaise devait bien l'avouer : il était impuissant. Alors qu'il avait toujours tout fait pour sa princesse, alors qu'il était celui qui le faisait sourire, l'avait soutenu… Il avait suffit que ce satané Potter apparaisse pour qu'il n'ait plus aucun pouvoir sur l'état de Draco. Il le savait déjà… Mais voir Draco en train de se détruire et ne rien pouvoir faire… Et le voir ensuite, de nouveau lui-même… Simplement parce qu'il a vu et parlé à Harry… C'était à s'en cogner la tête contre les murs !

Harry n'osa pas parler. Qu'aurait-il pu dire ? Expliquer comment Draco et lui s'était réconcilier ? Et annoncer au chevalier servant que sa princesse avait tenté de mettre fin à ses jours ?... Impossible. C'était leur histoire. Et c'était le choix de Draco… C'était à lui d'en parler. Et Harry doutait fortement que cela arrive. Après tout, Draco n'avait plus longtemps à vivre, inutile d'envenimer les choses.

Il se leva et se dirigea vers la cuisine. Il trouva Draco, immobile, sur le plan de travail, le visage baissé. Il tremblait. Harry vint enrouler son corps maigre de ses bras. Il savait très bien pourquoi il s'était réfugié ailleurs, seul. Il était désemparé. Par tout ce qui venait de se produire, par leurs paroles, la nouvelle situation… Et ses conséquences. Il n'avait pas encore digéré tout ça. Il avait besoin de temps. Et Harry aussi. Il ne se voilait pas la face, il savait parfaitement qu'ils ne pourraient plus être comme avant. L'avenir les rendait dépressifs, et devenait de plus en plus palpable, de plus en plus… mortel. Ils avaient réalisés quelque chose… Et aucun des deux n'étaient encore prêts à y faire face.

- « Tu devrais aller te laver, dit soudainement Harry, déclenchant un léger rire de son compagnon.

- Dis tout de suite que je pu, lui sourit-il.

- Je te le dis. »

Ils rirent tous deux, nerveux. Draco se leva, et partit dans la salle-de-bain. C'était une occasion parfaite pour rester seul avec ses pensées, et réfléchir… Comment allaient-ils agir maintenant ? Allaient-ils à nouveau dormir ensemble ? Retournerait-il chez Harry ? Sa brosse-à-dent retournerait-elle sur le lavabo de Harry, à côté de sa jumelle ? Pourrait-il y remettre son sèche-cheveux et ses produits de beauté ? Pourrait-il encore laisser traîner ses shorty un peu partout ? Pourrait-il se trémousser à moitié nu devant son beau brun ? Passer des heures, chaque matin, devant la glace, pour choisir sa tenue du jour, sous les râles de Harry ?

Pourraient-ils être comme avant ?...

En regardant l'eau du bain couler et remplir la baignoire, Draco songea… Il revoyait tous les moments qu'il avait passé avec Harry. Ce n'étaient que des souvenirs… Et un jour, il oublierait tout cela. Un jour, il ne se souviendrait même plus de son nom. Qui était ses parents ? Qui étaient Blaise ? Ce qu'était Poudlard ? Et la Magie ?... Et Harry ? Un jour, il s'approcherait de lui, et lui demanderait son nom. Et un autre jour, il mourrait sans savoir qu'il avait aimé, et était aimé. Il s'endormirait dans les bras d'un inconnu.

Des gouttes tombèrent dans l'eau. Draco en avait marre de pleurer. Il avait mal aux yeux. Est-ce que tout ceci en valait la peine ? Est-ce qu'ils avaient pris la bonne décision ?... Est-ce qu'ils avaient vraiment décidé ? A nouveau, Draco sentit qu'il ne contrôlait rien… Il avait le choix, mais pas la possibilité. Il avait menti à Harry. Il lui avait dit qu'il ne se tuerait pas, quelle que soit sa réponse. C'était faux. Sans lui, il se serait donné la mort. Il le savait. Et il ne serait pas en train de remplir la baignoire pour se laver et continuer à vivre. Il l'aurait remplie pour se noyer. Ou s'électrocuter, se demanda-t-il en avisant le sèche-cheveux. Ou peut-être reprendre le couteau ? L'eau aurait-elle eu le temps de devenir entièrement rouge avant qu'il ne ferme les yeux ? A quoi tout cela rimait ? A quoi cela servait ? Vivre en aimant dans la douleur, et partir sans souvenir, sans mémoire, sans amour ? Pourquoi serait-ce mal de mourir en conservant ces trésors, au fond de son cœur et de son esprit ? Pourquoi vivre ? Être heureux ? Se forger de nouveaux souvenirs ? Pour perdre tout cela, juste avant de partir ? A quoi bon ? Il les avait, ses souvenirs. En quoi mourir maintenant ou plus tard changerait pour ses amis et son amour ? Ce serait dur, de toute façon.

Draco pensait sérieusement. Il cherchait une raison pour continuer. Il l'avait trouvé : Harry. Mais c'était émotionnel, c'était un besoin. Avec Harry, il pouvait vivre. Mais logiquement ? Pourquoi ? Sincèrement… pourquoi ? Pour voir jusqu'où ils pourraient aller ? Pour s'offrir les expériences qu'il s'était toujours refusé ?... Peut-être… Il voulait savoir. Il voulait savoir ce que cela faisait de faire l'amour, avec une personne qu'on aime. Il voulait savoir ce que cela faisait d'être avec elle, tous les jours, toutes les nuits… Se réveiller dans ses bras, faire l'amour comme on respire, se taquiner, se disputer… faire des projets ? Avoir une maison ? En aurait-il le temps ?... Mais après tout, qui savait ? Tout le monde meurt, non ? C'est juste que, pour lui, ce sera plus tôt… Autant vivre plus vite ! On vit pour être heureux, pour faire des expériences, s'accomplir, faire fonctionner le monde… Parce que ça sert à ça, la vie, non ? Parce que c'est un miracle, c'est beau, c'est émotionnel, c'est réel… Draco n'allait pas perdre tout cela. Il l'oublierait, c'est tout. Mais autour de lui, personne n'oublierait. N'était-ce pas continuer à vivre ?...

- « Je me raccroche à n'importe quoi… » murmura Draco.

Non… Quand on meurt, on meurt. L'obsession de vouloir laisser une trace n'est du qu'à la peur de la mort. Par un livre, l'Histoire, une tombe… On veut rester et pouvoir crier au monde entier « voilà, j'ai vécu ». Pointer sa tombe du doigt et dire « je suis là ». Laisser les autres se souvenir, c'est déjà ne plus être là. Dès que Draco oublierait, il serait mort. Qu'est-ce qui est le plus dur ? Mourir ou oublier ? Mourir, c'est laisser le temps aux autres de soigner les blessures. Oublier, c'était, pour eux, se raccrocher au corps. Pour Draco, ce n'était que du vide. Il ne se rendrait compte de rien. C'était maintenant le plus dur. En toute logique, s'il devait mourir maintenant, ce n'était que pour laisser les autres souffrir d'un coup et panser les blessures plus tôt. Sans Harry, c'était pour ne pas souffrir inutilement. Mais à présent, avec Harry… que chercherait-il en mourant ? Arrêter d'attendre ? Pour permettre aux autres de vivre tranquillement sans les gêner ? Dans ce cas, ce serait à eux de choisir s'il devait mourir ou non. Et jamais il ne pourrait leur demander une chose pareille… Ce n'était pas vraiment « pourquoi vivre ». C'était « pourquoi mourir ». En mourant, tout s'arrêterait. En vivant, il se donnerait une chance d'être heureux… et de rendre les autres heureux, une dernière fois. Sans compter qu'il n'était pas seul : il y avait Harry. Leur amour commençait à lui faire peur… Il se sentait mal en pensant à l'avenir… Par pour lui, mais pour Harry. Ils n'avaient pas encore abordé le sujet… Et Draco ne le voulait pas… il sentait que… quelque chose n'allait pas. Et il ne voulait pas savoir… Peut-être qu'avec le temps… il règlerait cette question ?

- « Allons-y pour la vie, » dit-il en entrant dans le bain.

[===]

Quand Draco revint dans le séjour, il sentait bon la propreté, les cheveux humides, et une longue chemise d'un blanc immaculé sur le dos. Il vint automatiquement s'installer sur les genoux de Harry, se pelotonnant contre son torse, ses longues jambes relevées. Il enroula ses bras autour de son cou, et l'embrassa longuement.

- « C'est mieux ! s'exclama le brun, une fois le baiser terminé. Je te préfère avec les dents propres ! »

Il se reçut une claque sur la tête pendant que Blaise et Luna éclataient de rire. Draco bouda, reportant son attention sur la tasse de thé que Harry lui donna. Un bon thé à la menthe avec deux sucres. C'était ce qu'il prenait toujours. Après une gorgée, il ne résista pas à sourire à son cher et tendre qui lui répondit. Il se cala alors plus confortablement. Mais à peine cela fait, il se retrouva avec une assiette remplie de muffins sous le nez.

- « Mange, » ordonna Blaise.

Un ton qui ne souffrait d'aucune réplique… A contrecœur, Draco prit un gâteau, sans appétit. Le silence se fit… Tous avaient les yeux braqués sur lui… Il finit par mordre dedans.

- « Il mange ! s'exclama Blaise. Luna, il mange autre chose qu'une salade ! »

Il se mit à rire comme un dément, et prit dans ses bras une Luna riant aux éclats.

- « Est-il devenu fou ? demanda Draco, après avoir avalé sa bouchée.

- Je crois que c'est toi qui l'as rendu fou, répondit Harry, le regard lourd de reproches. Il suffit de te voir pour comprendre que tu n'as rien mangé depuis un bon moment… Tu t'es regardé dans la glace tout à l'heure ? Tu as la peau sur les os…

- Ca tombe bien, fit le blond, dans une tentative d'humour, je devais perdre du poids ! »

Leur réaction lui fit regretter ses paroles… Blaise cessa instantanément de rire, Luna écarquilla les yeux, et il crut que Harry allait le frapper. Précipitamment, Draco enfourna son muffin pour en prendre un autre. Et manqua de s'étouffer…

[===]

Dix muffins et quatre tasses de thé plus tard, Blaise et Luna partirent enfin, rassurés. Blaise fit cependant promettre à Harry de remplumer Draco jusqu'à l'obésité. Après avoir passé tant de temps sans manger, celui-ci se sentait nauséeux. Il s'allongea sur le divan, le visage dans les coussins du siège. Il avait mal au ventre… Il était prêt à courir aux toilettes pour rendre…

- « Je crois qu'on va y aller en douceur, rit Harry.

- Gmphgrrrmmm…

- Mais oui, mais oui… »

Il vint s'allonger sur le dos du blond, prenant bien soin d'appuyer au niveau de l'estomac. Draco se retourna, furibond, et fit tomber Harry. Il se jeta sur lui, au sol, et entreprit de l'étouffer avec un coussin. Harry inversa leur position à la force de ses bras et embrassa longuement son blondinet. Celui-ci se mit à lui caresser la nuque, levant sensuellement une jambe pour coller sa cuisse au bassin du brun. Harry lui caressa le visage, appuyé sur les coudes, entremêlant ses doigts dans ses cheveux. C'était de sages caresses, pleines d'un amour timide. De tendres retrouvailles. Ils tâtaient le terrain pour savoir où ils en étaient exactement. Pouvait-il lui caresser le dos ? Pouvait-il s'allonger sur lui ? Pouvait-il remonter son pull ? Pouvait-il toucher son ventre ? Pouvait-il doucement gémir ? Pouvait-il coller ses hanches contre les siennes ? Pouvait-il onduler sous lui ? Pouvait-il malaxer ses fesses ?...

Lorsque Harry glissa une main sous sa chemise, Draco sursauta. C'était la limite. Harry crut hurler de frustration ! Il avait déjà eu tellement de mal à toucher ses parties intimes, avant… Il avançait, pas à pas… et ils venaient de faire un bond en arrière. Il aurait pourtant du le savoir ! La cause de leur violente dispute n'était-elle pas le sexe justement ? Harry soupira… Ils avaient besoin d'un peu de temps, tous les deux. Cependant, quand il vit le visage rouge de gêne de Draco, il eut une idée…

- « Tu as peur ? demanda-t-il.

- Je… Ecoute… Ce n'est pas que je ne veux pas… C'est juste que…

- Trop rapide ?

- Nous venons à peine de nous réconcilier ! Allons-y doucement…

- Justement, mieux vaut battre le fer tant qu'il est chaud. »

Draco eut des sueurs froides… C'était quoi ça ? Harry voulait baiser ? Maintenant ? Tout de suite ? De rouge, il devint blanc. Il ne pouvait pas lui demander ça ! Pas après avoir eu cette conversation… ? N'étaient-ils pas allés un peu vite ? Ils n'auraient peut-être pas du s'embrasser… Avaient-ils pris la mauvaise décision ?

- « Ne panique pas, prévint Harry en le voyant dans cet état. Je vais juste te faire une proposition, et c'est toi qui choisis. »

Ils se redressèrent, Draco sur ses gardes. Qu'est-ce qu'il allait encore inventer ?... S'il lui disait « on fait l'amour ou on se quitte », Draco savait déjà qu'il irait chercher son couteau. Ces deux semaines ne lui avaient donc rien appris sur lui ? Il avait beau lui parler, ce n'était que des courants d'air… Il était pire que celui qu'il avait quitté ! Harry soupira, et prit son courage à deux mains. Il savait que c'était risqué. Ca passait, ou ça cassait, mais il n'en pouvait plus de devoir attendre sans rien pouvoir faire !

- « Tu ne passeras pas au-delà ta peur de l'inconnu et de la souffrance tout seul, commença-t-il. Je veux simplement t'y aider… Je crois… Je crois que j'ai voulu aller trop vite, trop tôt. »

Draco tendit l'oreille. C'était exactement ce qu'il voulait entendre.

- « Si tu as peur, c'est parce que tu ne sais pas, continua Harry. Il faut donc que je t'apprenne.

- Comment ça ? demanda vivement Draco, de nouveau anxieux.

- Nous ne pouvons pas passer de simples caresses et baisers à faire l'amour. Ce n'est pas logique. Donc, je te propose qu'on y aille lentement, en douceur. Ce sera comme si… Comme si tu avançais à tâtons dans un lieu sombre pour chercher une lampe.

- Je comprends le principe, mais sois plus clair…

- Nous n'allons pas faire l'amour, il n'y aura pas pénétration. Je ne te demande pas non plus de me toucher. Mais moi, je te toucherais. Je te donnerais du plaisir, juste avec mes doigts, sans aucune pénétration je répète. Tu n'auras qu'à fermer les yeux et ressentir. Tu pourras m'arrêter quand tu le voudras. A la moindre gêne, la moindre indécision, la moindre peur. Je promets de tout arrêter quand tu le souhaiteras. Cela te permettra de commencer à te faire une idée…

- Parce que tu crois que je ne me suis jamais masturbé ? rétorqua Draco, peu séduit par l'idée.

- Je crois surtout que personne d'autre que toi ne t'as masturbé. »

Touché ! Aucun homme, aucune femme, n'avait eu accès à cet endroit-là de son anatomie…

- « Et en quoi est-ce si différent ? Que ce soit moi ou un autre ? »

Harry ne put s'empêcher d'éclater de rire. Etait-il sérieux ? Visiblement oui, vu le visage contrarié de Draco. Harry mit du temps avant de pouvoir se calmer.

- « Si je comprends bien, non, ce n'est pas pareil… baragouina Draco.

- Non, pas du tout. Pour la simple est bonne raison que tu sais ! Tu sais que ce n'est pas toi. Tu laisses un autre avoir accès à une partie de toi que tu caches, que tu protèges. Une partie qui te fait réagir. C'est avoir le contrôle sur ton corps, et ton esprit également. Tu ne penseras plus de façon cohérente. C'est troublant la première fois, tu ne te reconnais pas. Rien qu'avec ça, la masturbation est différente suivant la personne. Sans parler qu'il y a des techniques, des gestes, des petits tremblements de la main, qui sont unique pour chacun. Personne ne reproduira jamais exactement le même mouvement qu'un autre. Et le sexe est sensible, il ressent plus vivement que le reste de ton corps. Par conséquent, j'aurais une façon de faire différente de la tienne. Et surtout… Tu ne sauras pas ce que je vais faire. Le prochain geste, où je vais aller, comment je vais le faire, avec quelle intensité… Toi, tu sais, ton cerveau guide tes mouvements, à la recherche de la délivrance. Moi, je tâtonnerais, j'observerais la moindre de tes réactions, et je rechercherais ton plaisir. C'est totalement différent. Quand tu le fais, tu sais quoi faire pour jouir. Quand un autre le fait, tu ne sais rien, et il cherchera ton plaisir. Absolument rien à voir ! »

C'était terriblement intimidant… Rien que la première partie, sur laisser accéder au centre de sa personne, laisser le contrôle à un autre… Perdre la tête, perdre le corps… Sans savoir à quoi s'attendre… C'était donner une confiance sans faille ! Draco réalisa soudainement que s'il était toujours vierge, c'était qu'il n'avait jamais fait suffisamment confiance à quelqu'un pour cela. Mis à part le fait qu'il était un grand romantique à la recherche de l'amour… Mais il l'avait maintenant ! Qu'est-ce qu'il attendait ?... Faisait-il réellement confiance à Harry ?... Il comprenait un peu mieux pourquoi Harry voulait à ce point faire l'amour… Ce n'était pas juste du sexe, ni juste du plaisir. C'était l'accès à l'autre, avoir sa confiance pour le laisser le gouverner. Draco avait toujours cru que « ne faire qu'un » était terriblement romantique, mais juste une volonté sans que cela puisse être possible. Faire l'amour, c'était être l'un dans l'autre. D'une certaine façon, c'était ne faire qu'un. Mais Harry venait de lui donner une nouvelle vision de l'affaire : c'était guider et contrôler, être le cerveau, pendant que l'autre se soumettait, subissait avec joie, n'étant que le corps. Le cerveau et le corps… C'était une façon de voir les choses… Et ne faisait que terrifier plus encore Draco. Pouvait-il réellement laisser à Harry le contrôle de son corps ? La seule chose qui lui appartenait encore... ou du moins en partie… ?

- « Nous n'en sommes pas encore là, intervint Harry, le voyant partir un peu trop loin dans ses pensées. Je te l'ai dit, je vais y aller doucement, petit à petit. Et tu pourras dire « stop » quand tu le voudras. Ne veux-tu pas, ne serait-ce qu'essayer ? »

Draco pouvait voir la lueur d'espoir dans les yeux de Harry. Après tout, pourquoi pas ? Si Harry ne s'emportait pas trop, il pourrait s'arrêter. Et puis, Harry lui avait appris une chose : il avait le choix, et ce n'était que les conséquences de ces choix qu'il ne pouvait pas maîtriser. Et Harry lui laissait décider. Si oui, il acceptait de perdre la maîtrise de soi. Si non…

- « Et si je refuse ? demanda Draco. Que se passera-t-il exactement ?

- Si tu crois que je vais te quitter, tu te trompes, ricana Harry. Nous attendrons. Nous ferons à ta manière. »

Tout bénef ! Logiquement, Draco devrait donc refuser. Tout resterait sous contrôle… au risque que tout dégénère à nouveau… Ils avaient essayé, cela n'avait pas vraiment fonctionné… Oh et puis zut ! Ne se reprochait-il pas, quelques heures plus tôt, de ne jamais prendre de risque ? Au diable la sécurité !

- « D'accord ! Essayons ! fit Draco, l'air grave mais volontaire. Mais si tu ne t'arrêtes pas quand je te le demanderais, je te jure que tu le regretteras.

- Si tu ne me fais pas confiance, ça ne sert à rien. C'est justement ça qui est en jeu : ta confiance ! En as-tu ?

- Ou… Oui !

- Tu hésites…

- Je t'ai dit oui !

- Draco… soupira Harry. Ne cherche pas à te prouver quelque chose. Si tu y vas à reculons, uniquement par fierté ou goût du risque, cela ne servira à rien. Nous en reparlerons donc quand tu auras…

- Je t'ai dit oui ! répéta Draco, attrapant Harry par le col de son pull. Si tu ne me crois pas, penses-tu que c'est mieux ? »

Ils se regardèrent longuement, jaugeant la confiance de l'autre. Puis, Harry prit la main de Draco, et l'entraîna à travers l'appartement… jusqu'à la chambre. Il attendit calmement, laissant à Draco le temps de refuser s'il le souhaitait encore… Mais rien ne vint. Plongé dans ses yeux, il y vit un peu de peur, d'appréhension, mais surtout de la détermination. Lentement, il défit les premiers boutons de sa chemise, guettant la disparition de cette volonté. Draco agrippa ses mains, stoppant tout mouvement. Il descendit lentement les siennes, frôlant langoureusement la laine du pull… Leurs yeux toujours ancrés l'un dans l'autre. Quand Draco remonta lentement le pullover, leur souffle s'accélérèrent. Draco déglutit difficilement, tremblant, pendant que le regard de Harry se faisait ardent. Celui-ci n'arrivait pas à en croire sa chance. L'amour de sa vie prenait les rênes, alors qu'il lui avait proposé de faire tout le travail. Ce fût avec plaisir qu'il se laissa faire, levant les bras pour le laisser ôter son vêtement.

Draco prit tout son temps. Il vit le visage de Harry disparaître derrière la laine, pour réapparaître ensuite, les cheveux encore plus ébouriffés qu'habituellement, les lunettes de travers. Il eut un pincement au cœur. Il était si beau… Comment avait-il fait pour prendre le cœur d'un homme aussi merveilleux ? En était-il digne ? Lui, qui n'était charmant que par maladie ? Il laissa tomber l'habit au sol, et profita de ses bras levés pour remettre ses verres en place. Puis, doucement, sensuellement, il laissa ses doigts glisser le long du torse de Harry. Retraçant ses formes, découpant ses muscles, soulignant les monts et vallées… Il caressait ce torse puissant, pensant comme on psalmodie, que tout cela était à lui. Qu'il était le seul à pouvoir faire ça. Ces formes parfaites et si tentantes, délicieuses… étaient à lui. Il avait envie de contempler à s'en faire mal aux yeux, il avait envie de les gouter, les sentir, entendre son cœur battre sous cette belle peau… Il voulait utiliser tous ses sens pour se les approprier. Il y avait accès. Il pouvait se le permettre. Enfin ! Alors qui se l'interdisait par peur des conséquences… Là, il n'avait plus peur. Il faisait confiance à Harry.

Celui-ci sentait poindre un désir violent et incontrôlable. Voir Draco le regarder de cette façon… Sentir ses doigts sur lui… Ne se concentrer que sur sa chair, en découvrir les plaisirs, lentement, sensuellement, était un aphrodisiaque incroyablement puissant ! Surtout en sachant qu'il était vierge, qu'il n'avait jamais ressenti de désir pour personne… Là, c'était la toute première fois que Harry voyait et sentait que Draco avait envie de lui. Et Merlin ! Que c'était bon… Mais il devait se refreiner. Il allait lui faire peur ! Draco était comme un animal sauvage qu'il devait amadouer et « dresser »… Bon sang ! Il ne fallait jamais penser ses mots dans ce genre de situation ! Déjà parce que ce n'était pas correct de penser à dresser Draco, à le plier selon ses désirs, même si c'était ce qu'il s'apprêtait à faire… Et en plus pour le double sens ! Alors, il prit les mains de son amour, et stoppa son exploration. Draco releva vivement le visage, comme s'il se rendait compte qu'effectivement, ce corps appartenait à une tête… Harry embrassa doucement son bel ange, tentant de l'amadouer, se faire pardonner de l'avoir empêché de s'amuser avec son nouveau jouet. Puis, il reprit son mouvement, et retourna au déboutonnage de la chemise encombrante… Mais Draco l'arrêta, encore.

- « Je ne veux pas être le seul à me montrer nu… »

Harry réalisa, comme très souvent auparavant, qu'il n'avait jamais vu le corps nu de Draco. Cela l'avait tellement frustré ! Et ce soir, il allait enfin le voir, le contempler… Son désir monta en flèche. Effectivement, pour le mettre à l'aise, il valait mieux se déshabiller aussi. Draco n'attendit pas son assentiment. Pressé, il déboutonna nerveusement et précipitamment le jean du brun. C'était un besoin pressant… Maintenant que la situation était telle, il devait absolument voir Harry nu. C'était vital. Il voulait voir, découvrir enfin, ce qui était à lui. Prenant bien garde à ne pas toucher sa peau, encore intimidé par ce qui se trouvait sous la ceinture, il descendit la braguette et tira à peine sur la taille du jean pour le faire tomber. Il restait le boxer… Et une belle bosse qui le déformait. Draco rougit d'un coup et détourna le visage. Ce n'était peut-être pas une bonne idée… Peut-être que cela allait trop vite ? Et si Harry ne pouvait pas se retenir ? Il était humain ! Et puis, le laisser insatisfait après ce que le brun allait lui faire… n'était-ce pas cruel ? Draco ne pourrait pas s'en charger. Non, non, non ! Impossible ! C'était au-dessus de ses forces ! Harry attrapa son menton et lui releva la tête pour ancrer ses yeux dans les siens.

- « Tu n'as rien à faire. Tu n'as pas à me toucher si tu ne le veux pas. Et je me retiendrais. »

C'était comme s'il avait lu en lui… Etait-ce possible qu'un homme puisse vous dire exactement ce que vous voulez entendre ? Apparemment oui… Draco était-il si transparent ?

Cela eut le mérite de calmer la panique montante de Draco. Harry reprit pour la troisième fois le déboutonnage de la chemise de Draco, révélant peu à peu son torse blanc et fin. Ses formes à lui étaient plus plates. Les plus visibles étaient ses côtes saillantes. Il était trop maigre ! Un régime de feuilles de salade pendant deux semaines n'étaient vraiment pas sain. Mais il arrangerait cela. Et ce n'était pas pour autant que Draco n'était plus désirable. Bien au contraire ! Harry mourrait d'envie de lui. Il était toujours aussi beau, sa peau était douce, il sentait bon après sa bonne douche, ses lèvres avaient le goût sucré du thé et des muffins… Et surtout, il se laissait toucher ! Lentement, il glissa ses doigts sous le tissu de ses épaules en une douce caresse, et poursuivit son mouvement pour faire tomber le vêtement. Draco frissonna. Il amorça une tentative pour se couvrir de ses bras, mais Harry lui attrapa les poignets. Il le regardait… Détaillant chaque millimètre de sa peau avec ses yeux. Draco avait l'impression de passer au rayon laser. Lui aussi n'avait que son sous-vêtement. Un petit shorty bleu ciel. Draco savait à quoi il ressemblait, après ces deux semaines… Il s'était vu dans la salle-de-bain, un peu plus tôt. Il avait eu peur de dégouter Harry, mais son regard, chargé de désir, le démentit.

Après les yeux, Harry approcha ses mains. Il les passa autour du cou de Draco, le caressant tendrement, et les glissa sur son torse. Passant sur sa poitrine, où il sentit le gonflement de ses poumons, et son cœur battre… Sa vie, ce qu'il aimait tant chez lui… Puis, sur son ventre, sans relief d'abdominaux. Plat et doux. Si tendre… Il avait une dizaine de tous petits grains de beauté sur le côté droit de son abdomen. Harry caressa chacun d'entre eux, mourant d'envie de les lécher, les mordre, les marquer… Mais pas encore. Trop rapide. Pour l'instant, ils se découvraient. Il faisait connaissance avec ce corps qu'il avait serré dans ses bras à de maintes reprises, qu'il avait aimé sans jamais le voir. Et à présent, il était loin d'être déçu par ce qu'il voyait. Ce n'était pas non plus au-delà de ses attentes, même si le fait de voir était complètement différent que celui d'imaginer. C'était juste ce qu'il pensait, ce qu'il s'était dessiné dans sa tête. Plat, sans forme, osseux en ce moment… Mais terriblement doux, laiteux, et tellement attrayant ! Il remonta ses mains vers ses aisselles, et redescendit sur ses flancs. Ses doigts imprimèrent le volume des côtes en des vagues régulières. Là encore, le mouvement du thorax. Sa respiration. Sa vie. Il sentait les os bouger pour permettre à son organe de prendre de l'ampleur. Harry n'avait jamais autant aimé le mécanisme humain qu'à présent. Il trouvait cela merveilleux, magique, de voir comment Draco pouvait vivre. Cela tenait à si peu de choses… Tellement fragile… Mais présent. Harry avait envie de protéger cette vie si précieuse qu'il tenait entre ses mains. Il descendit encore, vers ses hanches. Il léger creux avant l'aile iliaque. Puis, du plat. Du bout des doigts, Harry pouvait sentir la courbe de ses petites fesses bien fermes. Il était chaud… si chaud… Ce bout de tissu le gênait. Mais il devait y aller en douceur…

Lentement, il s'approcha du visage de Draco, et l'embrassa, délicatement. C'était un baiser qui disait « n'aie pas peur ». Le rassurer, prendre son temps, ou tout serait perdu. Il remonta ses mains pour prendre son visage en coupe. Il gouta sa bouche, encore et encore, sans y mettre la langue. Il le sentait trembler un peu. Draco, petit à petit, se décrispa, et happa les lèvres de Harry. Il introduisit la langue, et engagea la danse. C'était un baiser qui disait « tout va bien, je suis prêt ». Alors, Harry reposa ses mains sur la courbe tant désirée de ses fesses. Il les pelota quelques temps, les écartant, la rapprochant, les relevant, les appuyant… Il glissa les pouces à la ceinture, et amorça la descente. Draco n'esquissa pas le moindre geste pour l'arrêter, malgré la lenteur de celui-ci. Au contraire, à son tour, il porta ses doigts dans la ceinture du boxer blanc de Harry, et l'ôta en même temps, à la même vitesse. Passé le volume du fessier, ils les firent rouler sur les cuisses, et les deux sous-vêtements tombèrent ensemble. Ils étaient nus. Harry se sentait déchirer par l'envie de coller son bassin à celui de Draco, mais se retint. Il ne pouvait pas non plus se permettre de porter les mains sur la chair découverte. Trop rapide. Non, il reporta toute son attention sur le visage de son aimé. Il voulait lui faire comprendre qu'il désirait sa personne avant son corps. Il devait tout faire pour le rassurer. Même s'il était pressé, même si son cœur cognait violemment dans sa poitrine, même si son entre-jambe criait au supplice, même si tout son être le démangeait en sentant ce corps, si proche, mais inaccessible pour le moment. Alors qu'il ne s'agissait que d'un simple petit bout de tissu, Harry percevait la chaleur de Draco bien plus fort qu'avant. Il savait qu'il était entièrement nu, devant lui. C'était toute la différence.

Harry se détacha lentement, mettant fin au baiser tendre qu'ils échangeaient. Il s'éloigna légèrement, lentement. Il le regardait droit dans les yeux, prenant ses mains pour les écarter légèrement de leur deux corps. Il emmêla ses doigts aux siens, l'air grave. Draco déglutit. Le corps entier de Harry entrait dans son champ de vision. Il ne savait pas s'il voulait le voir maintenant. Pourtant, il en mourrait d'envie. Mais culpabiliserait-il toujours en voyant son érection, sans barrière, sans tissu ? Comme tout à l'heure ? Il ne put se retenir, et ses yeux fixèrent directement le pénis de Harry. Bon sang ! Et c'était ça qu'il voulait entrer en lui ? Mais c'était plus gros que son déodorant ? Draco réalisa qu'il devait en avoir une petite… ou Harry, une grosse… Parce qu'il avait bêtement pensé que la sienne devait faire la même taille… Erreur ! Harry, voyant la panique poindre à nouveau, releva une nouvelle fois le visage de Draco vers le sien. Il alla déposer un tendre baiser sur sa joue. Sans le toucher. Ne pas le brusquer. Ne pas le brusquer. Ne pas le brusquer… Cela revenait comme une litanie sans fin. Il devait absolument calmer ses ardeurs. Mais Merlin comme il le désirait ! Se calmer… Ne pas le brusquer… Ne pas le brusquer…

Draco fit un pas en arrière… sans lâcher les mains de Harry. Celui-ci ne put s'empêcher de regarder ce corps, dévoilé si soudainement à ses yeux. Il se l'était interdit un peu plus tôt, mais cette initiative de Draco le surprit. Le beau blond s'arrêta, et fixait les yeux de son amour vagabonder sur son corps. Il était terriblement gêné, mais Harry avait fait ça pour lui. Il pouvait bien lui rendre la pareille ! Déjà qu'il ne pouvait s'occuper de lui, n'étant pas encore tout à fait prêt à toucher l'intimité d'un autre… Il se sentait tellement bête… Tellement égoïste… Harry ferait peut-être mieux d'aller voir ailleurs… Et s'il n'était pas normal ? Et s'il n'aimait pas ça ? Pourrait-il un jour être à l'aise avec le sexe ? Pourrait-il un jour combler Harry ? Et là ? Harry était-il heureux ? Etait-il bien ? S'attendait-il à quelque chose ou était-il sincère ? Cela lui suffisait vraiment ? Juste le toucher, sans rien attendre en retour ? Mais si Draco ne pouvait vraiment rien faire avec lui… Et si Draco faisait parti de ses rares personnes à ne pas aimer le sexe ? Et s'il était frigide ? Et si Harry ne parvenait pas à lui faire ressentir quoi que ce soit ? Et Draco ? Que devait-il faire le moment venu ? Comment s'y prenait-on exactement pour faire du bien à quelqu'un ? S'il était gauche et maladroit ? Et si Harry se moquait de lui ? Non, il ne le ferait pas… Il le regarderait, et lui dirait « ce n'est pas grave, je t'apprendrais »… Bon sang ! Draco se sentirait tellement nul ! Tellement déprimé… Il déprimait déjà… La panique montait à nouveau… Ce n'était pas qu'il n'avait pas envie. Mais tant de questions se posaient, tant d'incertitudes… Draco ne se connaissait pas, il ne connaissait pas vraiment son corps, ses réactions… Et c'était terrifiant ! Et Harry lui expliquant que se soulager tout seul ou avoir une relation sexuelle avec quelqu'un, quelle qu'elle soit, était totalement différent… Il en rajoutait une couche ! Il ne pourrait donc pas se contenter de masturber Harry comme il le faisait sur lui. Mais comment faire ? Comment donner du plaisir ? Il voulait être à la hauteur, il voulait satisfaire Harry… Il voulait lui donner tout ce qu'il voulait… Si Draco n'avait pas cette fichue frousse incontrôlable, il écarterait les jambes immédiatement ! Rien que pour Harry ! Oh et puis zut ! Celui qui était en dessous n'avait pas grand-chose à faire, n'est-ce pas ? Se contenter de s'allonger et ouvrir les cuisses. Mais Draco ne se sentait même pas capable de faire ça… C'était trop intimidant, trop personnel, trop intime, trop… Terriblement gênant ! Et imaginer la suite… Merlin ! L'angoisse ! La panique montait encore plus.

Harry, tout à sa contemplation, n'avait pas vu le cheminement des pensées du blond à travers ses yeux. Quand il le fixa à nouveau, il se traita mentalement d'idiot pour l'avoir laissé si longtemps seul avec lui-même. Il était là pour s'occuper de lui, le rassurer, le calmer… Pas pour se rincer l'œil et se faire plaisir ! Il tira sur les bras de Draco, et le serra brusquement dans ses bras. Il le sentait trembler dans ses bras. Mais quel idiot de n'avoir pas réagit plus tôt ! Il déposa des baisers papillon sur sa tempe et serra sa prise en prenant bien garde de ne pas entrer en contact avec ses hanches. Il lui caressa tendrement le dos, sans jamais s'égarer vers sa taille.

- « On peut attendre… » lui chuchota-t-il, se traitant encore une fois d'imbécile congénital, de crétin des Alpes, d'idiot du village…

Il avait tout fichu par terre ! En quelques secondes ! Tout simplement parce qu'il s'était laissé allé à contempler son si beau corps, et avait oublié sa tête ! Il aurait du se rappeler que le cerveau de Draco fourmillait bien trop de questions, de pensées, de réflexion… Draco ne se laissait jamais aller ! Il réfléchissait toujours rationnellement, pesant le pour et le contre pour prendre la meilleure option qui se présentait. Et là, il se mettait en danger, il affrontait l'inconnu, laissait sa peur de côté… pour Harry ! Et lui, avait oublié cette importante donnée ! En quelques secondes, il avait laissé Draco paniquer, se monter la tête, et tout s'était écroulé !... Bon, c'était déjà un bon début, un pas en avant… Mais ce que cela pouvait être frustrant de s'arrêter ainsi !

- « Non. »

Harry releva vivement le visage. Non ? Non quoi ?... Le brun était tellement perdu dans ses insultes envers lui-même qu'il n'avait pas senti le corps de Draco se détendre.

- « Je… bredouilla Draco. Je ne suis pas prêt, c'est vrai… Mais je crois que je ne le serais jamais vraiment… Il faut… Je crois que cela irait mieux si j'avais une idée de ce à quoi m'attendre… Je me suis renseigné, pour me préparer psychologiquement… Il se trouve que rien ne m'a rassuré… Tout le monde parle de douleur, et personne n'est vraiment capable de dire clairement ce qu'il faut faire, ce qu'il se passera… Tout semble… tellement différent suivant les personnes… Je… Je ne peux pas me référer à quelque chose. J'avance dans le noir complet… Mais tu l'as dit toi-même : il faut que j'avance en tâtonnant pour trouver la lumière qui me montrera ce que je veux savoir. Je ne pourrais jamais être rassuré avant. L'interrupteur est trop loin, et aucun bâton ne sera assez long pour que je puisse l'allumer. Alors j'aurais toujours peur de cette pièce sombre… Tu m'as donné le choix. Je peux avancer, ou reculer. Je peux rester devant la porte à tourner en rond, je peux partir pour ne plus revenir… ou je peux entrer et tenter ma chance… J'ai fait un pas, et l'angoisse est plus que présente. Mais je ne peux pas reculer maintenant. J'ai choisi d'avancer, et il faut que j'assume ce choix. Et ses conséquences… Pour la première fois de ma vie, je fais un choix risqué… Alors oui, j'ai peur… Mais je n'ai jamais été aussi fier de ma décision… Donc… non… Je ne veux pas attendre. Je te fais confiance, et je suis prêt à avancer les yeux fermés avec toi… »

C'était la plus belle déclaration que Harry ait entendu. Draco était vraiment un angoissé. Et pour qu'un tel « monsieur panique » accepte de s'offrir aveuglément… Ce n'était plus une simple relation sexuelle, c'était presque une offrande… Harry commençait à avoir la pression. Et s'il ne répondait pas aux attentes de Draco ? Et s'il s'était surestimé ? Bon sang ! Si Draco ne ressentait rien, Harry serait prêt à se tirer une balle dans la tête ! Pour lui, perdre sa virginité n'était rien. Il se disait que c'était une façon de devenir un homme, un adulte. Après, il s'était dit « voilà, c'est fait. Maintenant, passons aux choses sérieuses… » Pour Draco, c'était complètement différent. Son corps n'était pas simplement de la chair, mais une partie de son âme, un bien personnel de grande importance. La preuve en était qu'il prenait un soin tout particulier, chaque matin, à être beau, se présenter sous son meilleur jour. Pour lui, les vêtements reflétaient sa personnalité, son être tout entier. L'apparence physique avait une importance presque maladive. Il voulait que ce que l'on voyait de lui, soit exactement ce qu'il est à l'intérieur. Se présenter sous son meilleur jour, être meilleur, être apprécié, être intégré… Son corps avait changé, il ne l'avait plus maîtrisé à cause de sa maladie. Pour lui, il était devenu quelqu'un d'autre. Il ne savait plus vraiment qui il était. Simplement parce que son physique était différent. C'était logique qu'il ait une telle obsession sur la maîtrise de soi, si la seule chose que l'on pense immuable se met à se modifier pour revêtir une nouvelle apparence ! Et il s'en remettait entièrement à Harry ? Il lui donnait son bien le plus précieux ? En se donnant, il ne s'appartenait plus… En se donnant, il laissait un autre prendre les rênes… C'était au tour de Harry d'angoisser ! Lui qui n'arrivait pas à comprendre la réticence de Draco, commençait à saisir ce qui pouvait bien se passer dans cette tête blonde… Terrifiant !

Draco se sépara de lui, reprit ses mains, et le tira vers le lit. Harry sentait la pression augmenter. Il avait la boule au ventre. Draco mettait tant d'espoir, tant de confiance en lui... Et Harry se mettait à douter de lui ! Pour la première fois, il doutait de ses capacités à faire jouir quelqu'un… Il avait de l'expérience pourtant ! Mais avec Draco, c'était tellement différent… Alors qu'il le regardait l'entraîner avec lui, il se dit qu'il l'aimait. Qu'il l'aimait comme jamais il ne pourrait aimer quelqu'un… C'était ça la différence. Il était important. Parfois, la compatibilité sexuelle était moindre, voir faible. Et si c'était le cas ? Non ! Il ne pouvait pas se le permettre ! C'était trop important ! Tellement important… Cela devait fonctionner entre eux deux. Ils n'avaient pas le choix. Ce serait catastrophique !

Draco s'assit lentement et déglutit. Il regardait Harry droit dans les yeux, plein d'appréhensions, mais décidé. Mais Harry était désemparé… Il ne pouvait que le regarder faire sans pouvoir exécuter le moindre geste. Draco prit l'initiative, et leva ses jambes pour poser les pieds sur le matelas. Il recula vers les coussins… toujours en fixant Harry. Celui-ci sembla se réveiller, et avança vers lui. Il se pencha, prenant appuie sur ses mains, sur le lit… et rampa vers l'être convoité. Être terrorisé. Plus Harry s'approchait, plus il tremblait. Harry s'arrêta. Draco se recroquevilla un peu plus, ramenant ses genoux vers lui. Il avait froid. Il était nu, et se sentait totalement nu ! Dans tous les sens du terme… Si Harry faisait machine arrière maintenant, il savait que plus jamais il ne pourrait se donner. Alors il devait l'attirer à lui au lieu de se mettre en boule ! Mais il n'y arrivait pas… Il devait l'accueillir, montrer qu'il l'attendait… Pas lui signifier en langage corporel qu'il le repoussait !...

Harry tendit lentement la main vers lui, et caressa son genou. Draco se réchauffa… il se détendit… Il relâcha un peu ses muscles, et cessa de se crisper. Harry se remit en mouvement. Pour lui permettre de venir encore plus près, Draco s'efforça de laisser ses jambes pliées pivoter sur le côté… Harry arriva à sa hauteur… Il avança encore, le surplombant. Inconsciemment, Draco recula un peu sur les coussins. Le brun pencha la tête, et l'embrassa délicatement, chastement. Le blond tenta de se laisser aller, et enroula ses bras tremblant autour de son cou.

Après quelques secondes de tendres caresses rassurantes, Harry passa son bras autour de la taille fine, et allongea Draco qui couina de surprise. Il reprit ses caresses, pour s'excuser de sa brusquerie. Draco se détendit à nouveau, et embrassa Harry, plus confiant. Celui-ci s'allongea à demi, un peu plus près de l'être aimé, sans pour autant trop le toucher. Juste avec une main, l'autre lui permettant de tenir l'équilibre. Ce n'était pas évident, il avait mal au bras… Après s'être bien fait pardonné, et être certain d'avoir à nouveau toute sa confiance, il se redressa, et laissa sa main glisser sur le corps pâle. Son autre prit le même chemin, de l'autre côté de Draco. Il ramena doucement les jambes, toujours pliées sur le côté, à la verticale, et appuya son torse contre elles. Il enroula ses bras autour, et embrassa les genoux. Frottant sa joue, laissant ses mains caresser, sans jamais aller trop bas… Puis, il se redressa, prit les jambes, et les souleva en même temps que le bassin de Draco pour qu'il s'allonge plus encore. Draco couina encore. Il ne savait pas quoi faire d'autre que regarder Harry. Il ne savait pas quoi faire de ses mains, de ses bras… Il ne savait pas non plus quoi faire de sa tête qui s'était mise en pause sur « alerte rouge ». Mais il refusait de l'écouter. Il tenta de se concentrer sur sa respiration, inspirant profondément pour se détendre. Il n'avait pas le temps de se remettre à trembler que Harry le rassurait de caresses et baisers. Il faisait aussi bien attention à le regarder droit dans les yeux, guettant la moindre panique montante. Il prenait garde aux moindres tremblements, aux moindres réactions… Draco aurait voulu lui exprimer toute sa reconnaissance, mais n'arrivait pas à parler.

Absolument pas sûr de lui pour un sou, Harry entreprit de glisser ses doigts entre les genoux serrés de Draco… Il attendit patiemment que Draco l'arrête, lui montrant clairement ce qu'il s'apprêtait à faire. Mais à part une respiration plus rapide de celui-ci, rien ne vint… Alors, il les écarta… révélant peu à peu son intimité. Il se refusa de regarder. Il n'alla pas jusqu'au bout, et passa ses mains sous les articulations pour étendre les longues jambes blanches. Il les passa de chaque côté de sa taille, et les reposa doucement… Puis, il se pencha à nouveau vers le visage de Draco, et l'embrassa encore… Draco était évidemment terrifié, mais Harry n'en menait pas large non plus. Il était persuadé de vivre le moment le plus important de sa vie. Et pourtant, il savait qu'il n'y aurait aucune pénétration ! Devant Draco, il avait l'impression d'être vierge, lui aussi ! Il était vierge de Draco… Il se mit une claque mentale pour avoir de telles pensées. Mais pourtant, c'était vrai…

Il caressa à nouveau son corps pâle, et entreprit de descendre lentement, déposant de multiples baisers chaste sur son visage, son cou, sa clavicule, sa nuque… Draco frémit.

- « Tu aimes ? » demanda Harry.

Hochement de tête nerveux.

- « Dis-moi ce que tu ressens. J'essaierais de voir, mais j'ai besoin que tu me parles. Je ne te demande pas de me guider, me dire ce que tu voudrais. Je vais tenter quelques petits trucs, et tu me diras simplement si tu aimes ou non. D'accord ? »

Hochement de tête… C'était pas gagné…

Prenant son courage à deux mains, il s'attarda sur la nuque. Il souffla sur les fins cheveux et sentit le corps sous lui frissonner.

- « Parle-moi, insista Harry. Qu'est-ce que cela te fait ?

- Des… bredouilla Draco, la voix aigue. Des chatouilles…

- Tu as envie de rire ?

- N… non…

- Alors c'est une stimulation sexuelle… »

Il continua un peu à cet endroit, fier d'avoir provoqué une réaction positive, même minime. Il remonta vers l'oreille et lécha, la mordilla…

- « Et là ?

- Euh… non…

- Non quoi ? Tu ne ressens rien ? Plus de chatouilles ?

- Non. C'est un peu perturbant, mais non…

- Perturbant ? C'est-à-dire ? »

Aucun réponse… Harry remonta pour voir son visage, et le vit tout rouge. Trop mignon ! Il sourit, attendrit.

- « Dis-moi, perturbant comment ? Dans quel sens ?

- C'est juste que… Je ne veux pas te vexer…

- Ne t'inquiète pas pour moi, on s'occupe de toi, simplement de toi. Et je dois tout savoir pour mieux prendre soin de toi. Explique-moi…

- J'ai… Quand tu me lèches l'oreille, j'ai l'impression d'être avec un chien… »

Terriblement vexant… Ok ! L'oreille, on oublie ! Etrange, d'habitude, si la nuque fonctionnait, l'oreille suivait… Tant pis. Mais être prit pour un chien !... Vraiment vexant !

Harry repartit à la chasse aux sensations, plongeant son nez dans le cou de son amour. Il embrassa la jonction avec l'épaule, et reprit son chemin. Il s'attarda sur la clavicule.

- « Aïe !

- Je t'ai fait mal ? s'alarma Harry.

- Oui, avec tes dents…

- C'était une douleur stimulante ?

- Pas vraiment, non… »

La clavicule, on oublie également !... Harry commençait à déprimer… Il déposa un baiser sur l'endroit meurtri, et remonta vers le menton, léchant la trachée, déposant quelques baisers, et repartit de l'autre côté pour faire exactement la même chose. Même résultat. Nuque, ok. Oreille et clavicule, à oublier. Pour cette dernière, Harry prit soin de ne pas sortir les dents. Il descendit encore… S'arrêta sur le téton pas encore dur. Il s'y attaqua… Sans résultat. Il y resta quelques temps… s'y acharna un peu.

- « Harry, tu me fais mal…

- Pardon ! s'angoissa Harry, commençant vraiment à désespérer. C'est juste que… d'habitude, c'est un point vraiment sensible, qui marche presque à tous les coups… »

Et maintenant, il avait réussit à gêner Draco. Il pouvait clairement voir dans son regard… Il était en train de penser qu'il n'était pas normal… Harry entreprit de le rassurer en retournant vers la nuque, lui provoquant des frissons. Cela calma Draco, mais pas Harry. Il espérait avoir plus de chances plus bas…

Tout à coup, un sursaut.

- « Qu'est-ce qu'il y a ? paniqua Harry.

- Pardon ! s'exclama Draco. C'est juste… ta main…

- Ma main ?

- Là… Dans le creux des hanches… J'ai… Ca m'a fait… comme un courant électrique… »

Bingo ! Harry aurait pu exécuter la danse de la victoire tant il était fier de cette trouvaille inattendue. Vraiment, les plus grandes découvertes se faisaient par erreur ! Harry se sentait le Christophe Colomb de Draco. Sauf que lui, avait trouvé ce qu'il cherchait. Il recommença, caressa délicatement, touchant à peine, la zone érogène. Nouveau sursaut. Harry sourit de toutes ses dents. Qu'est-ce qu'il était fier !

Il reprit là où il avait arrêté, mais poursuivit sa route un peu plus vite pour rencontrer ce point sensible. Un frisson. Il ne l'avait pourtant pas encore atteint. Il releva le visage et n'eut pas à poser de question que Draco répondit. Les flancs. Harry alla les mordiller. Encore un frisson. Trois trouvailles. Trois merveilles. Fierté et orgueil reprenant leur vigueur. Draco était loin d'être frigide ! Il fallait juste savoir s'y prendre. Ce n'était pas des endroits vraiment habituels…

Il continua son périple sur le haut du corps, laissant Draco reprendre confiance et s'habituer au traitement… et surtout s'habituer à parler, à dire ce qu'il ressentait, ce qui lui faisait du bien et ce qu'il n'aimait pas… Au début, il était timide et gêné. A présent, il se laissait aller, parlant clairement et distinctement, se concentrant sur ses sensations en occultant sa position et la situation. Draco se découvrait en même temps que Harry. Il ne savait pas du tout qu'il appréciait ces endroits. Il était souvent surpris… et, parfois, osait même demander à Harry de recommencer. Celui s'enorgueillit plus encore en voyant les tétons durcir… et un début d'érection ! C'était une grande victoire !

Au bilan, il fallait oublier les bras et les mains, la poitrine, la clavicule, l'oreille, le ventre, le nombril… Surtout, par-dessus-tout, ne plus jamais taquiner les aisselles et le dessous du bras ! Draco n'aimait pas du tout ça, alors que le reste le laissait indifférent. Par contre, les épaules s'avérèrent surprenantes : pas de frissons ou de sursaut de plaisir. Mais, en revanche, cela lui procurait du bien-être. Il souriait et soupirait… Plutôt étrange, mais à noter ! Les zones à retenir se trouvaient surtout être la nuque, et le bassin. Parfait ! Harry était un passionné du bassin de Draco ! Il le vénérait presque ! Il ne pourrait expliquer une telle passion, mais elle le dévorait. Il mourrait d'envie d'aller le tourmenter encore plus profondément… Se calmer, se calmer, se calmer… Cette découverte du haut porta ses fruits, et Harry en ressortit confiant ! Lui aussi avançait dans le noir avec Draco. Mais à présent, il savait quoi faire pour avoir une réaction et le stimuler. Plus tard, quand il sera plus à l'aise sexuellement, Harry prendrait un grand plaisir à l'enflammer à l'aide de tous ces points érogènes ! Il programmait déjà sa torture future…

Avant de passer aux choses sérieuses, Harry embrassa Draco. Celui-ci était à présent tout à fait à l'aise. C'était merveilleux de sentir une telle confiance et laisser aller de sa part. Mais Harry ne se berçait pas d'illusion, le plus dur était à venir. Il se redressa, et agrippa une jambe qu'il leva à sa hauteur. Draco se crispa à nouveau. Harry entreprit de lui embrasser les pieds, le regardant droit dans les yeux. Il chercha une nouvelle zone, sans mettre trop d'espoir dans les jambes. Mais il devait tout étudier, Draco se révélait surprenant. Il n'eut cependant aucun résultat. Juste de l'indifférence, et une certaine curiosité pour les pieds… Draco rit même quand il s'attaqua au second, expliquant que Harry n'avait pas à faire ça : il n'était pas son esclave ! Pas besoin de lui baiser les pieds… Ok, oublier les pieds… Derrière les genoux, par contre, c'était étrange. Draco appréciait les caresses, sans pour autant avoir de frissons, mais refusait qu'il utilise sa bouche à cet endroit.

Il retourna l'embrasser à nouveau, et souleva ses hanches. Nouveau couinement. Mais Harry savait maintenant comment y remédier. Il déposa le bassin sur ses cuisses, de façon à ce qu'il soit surélevé. Il se pencha ensuite, et commença par les flancs. Draco se détendit… Il se courba un peu plus, et alla vers la zone au sursaut assuré : le creux des hanches ! Cela ne loupa pas. Il eut même droit à un petit gémissement. Le bonheur total ! L'érection reprenait de sa vigueur. Harry se croyait au paradis. C'était le bon moment… Il se dirigea lentement vers le cœur de son désir, rempli d'excitation. Draco avait peu de poils à cet endroit-là. Ou du moins, ils montaient moins haut. Comme une fille. Ils étaient concentrés juste au dessus du sexe, mais n'allaient pas jusqu'au nombril. Ils étaient blonds, mais plus foncés que ses cheveux. Harry les embrassa. Un sursaut. Les muscles qui se crispent. Harry laissa ses mains se balader aux zones érogènes pour calmer le beau blond, et continua sa tourmente. Lentement, il le sentit se relaxer. Au bout d'un moment, il se trémoussa légèrement.

- « Tu es gêné ? demanda-t-il, faussement naïf, sachant parfaitement ce qui dérangeait Draco.

- N… Non… fit Draco, la voix partant vers les aigus.

- Alors qu'est-ce qu'il y a ? »

Il voulait l'entendre le dire. Il voulait qu'il le reconnaisse, à voix haute. Qu'il passe au-delà sa gêne, qu'il admette…

- « Je… » bredouilla Draco, rougissant à vue d'œil sans pouvoir en dire plus.

Harry reprit sa torture, y prenant beaucoup de plaisir. Faire réagir Draco était un stimulant efficace.

- « J'ai envie…

- De quoi as-tu envie ? dit Harry dans les poils pubiens, provoquant un long frisson sur la peau laiteuse.

- Bordel Harry ! cria presque Draco. J'ai envie !

- De quoi ? continua le brun, s'amusant comme un petit fou.

- Suce-moi, putain ! »

Harry était profondément choqué. Il devait y être allé un peu fort pour que Draco se permette de telles grossièretés ! En levant la tête, il le vit s'accrocher à la tête de lit, la tête renversée. Harry eut un électrochoc. Il le sentait gigoter dans ses bras, frustré…. Draco, frustré… Merlin ! Sans crier gare, Harry engloutit l'érection de Draco… Mais s'éloigna. Trop rapide. Pourtant, le blond avait émit un râle de plaisir… Mais non, il fallait y aller plus doucement, le faire hurler… Il déposa alors quelques baisers, les mains bien trop occupées sur les hanches pour l'aider. Draco siffla, comme un serpent. Bon sang ! Harry sentit la chaleur habituelle se répandre dans ses reins, pour remonter lentement dans son ventre. Il pourrait avoir un orgasme, rien qu'en faisant une fellation à Draco ! Et quand il se prit à penser qu'il était le tout premier homme à découvrir la merveille qu'il avait dans ce lit, dans ses bras, sous ses yeux… A toucher cet endroit en particulier… Le premier à poser ses lèvres ici…

Merlin, il devait se calmer… Il prit un peu de temps pour faire descendre la chaleur, sentant Draco gémir et gigoter de frustration, incapable de dire quoi que ce soit… Puis, il ré-embrassa le gland violacé. Draco se cambra. Du liquide commençait à sortir. Il le lécha. Draco aspira longuement, la bouche grande ouverte, émettant un gémissement faible et grave. Harry repartit vers la base, et lécha toute la longueur. Draco poussa un long son rauque, entre le cri et le gémissement. Harry suçota le bout, et en engloutit le plus possible. Draco cria. Le brun pouvait sentir le sexe tressauter dans sa bouche.

Il abandonna les hanches pour s'occuper des bourses d'une main. Les caressant, les palpant, tout en commençant de lents, lents, lents, va-et-vient sur le pénis. Son autre main se dirigea vers les fesses. Il avait dit aucune pénétration… Pourtant, il sentait qu'il le fallait. Draco devait aussi être rassuré à cet endroit-là. Voyant voir s'il l'arrêtait… Il glissa un doigt vers l'orifice, continuant sa fellation. Il le posa à l'entrée. Draco frissonna. Bon signe. Il le caressa… Il devait en prendre soin. Il le sentait bouger sous ses doigts. C'était tellement bon… Il continua sa torture… jusqu'à ce que Draco bouge les hanches vers son doigt. Il avait envie. Lentement, il le glissa dans l'anneau, tressautant toujours, se resserrant, se crispant. Les hanches bougeaient toujours.

Un spasme. Merde ! Le corps qui se cambre violemment. Harry ne s'arrêta pas à temps. Un hurlement sortit du fond de la gorge de Draco, et il jouit dans sa bouche. Cela dura deux longues secondes… Tous les muscles du blond se relâchèrent d'un coup. Draco retomba sur le matelas, reprenant sa respiration, tremblant et en sueur. Harry glissa le long du pénis mou qui tomba mollement. Le pauvre petit était épuisé, lui aussi. Le brun prit quelques mouchoirs sur la table de chevet, et recracha le sperme. Il avait toujours détesté le goût… Il sentit Draco se figer. En le regardant, il vit l'horreur dans ses yeux, et une nouvelle vague de panique. Harry lui sourit et vint s'allonger à ses côtés, caressant son visage.

- « J'aimerais bien t'embrasser, mais je doute que tu apprécies, rit-il.

- Je suis affreusement désolé, murmura Draco, blanc comme un linge. Oh Merlin ! Pardon, pardon ! J'aurais du te prévenir… Je n'y ais pas pensé… Je… pardon, pardon, pardon… »

Harry éclata de rire, enlevant les mains qui cachaient le visage de son amant. Il déposa un chaste baiser sur sa joue, et plongea son nez dans son cou.

- « Ne t'en fais pas, baragouina-t-il. Cela ne me dérange pas. Par contre, ne me demande jamais d'avaler.

- Ca ne m'a même pas traversé l'esprit ! s'offusqua Draco. Mais…

- Oui ? demanda Harry, relevant la tête pour se retrouver face à un Draco curieux.

- Ca a quel goût ? »

Harry sourit malicieusement, et se jeta sur lui pour l'embrasser sauvagement. Draco se débattit et le repoussa.

- « Beurk ! s'exclama-t-il. C'est pas bon !

- Tu comprends donc pourquoi je ne veux pas avaler.

- T'es dégueulasse de m'avoir embrassé ! Eurk… Ca a toujours ce goût-là, ou c'est juste moi qui ne suis pas bon… ?

- Je te rassure, le goût est parfois différent, mais c'est toujours aussi dégoûtant.

- Ca ne donne pas envie de faire une fellation, ça…

- Je ne te demande rien. »

Draco dévisagea Harry. Il avait dit ça pour le faire réagir, mais ne s'attendait pas à cette réponse. Il aurait voulu qu'il dise quelque chose comme « Mais je compte bien que tu m'en fasses une un jour ! ». Alors il aurait répondu une quelconque vacherie, et ils se seraient gentiment chamaillés… Mais là, c'était si sérieux… Draco était ému. Ils se regardèrent longtemps, inconscients du temps qui passait… Ils étaient tous deux attendris par l'autre. Ils ne savaient même plus qu'elle émotion les submergeait… Beaucoup d'amour, c'était certain. Le reste était un flot continu de bien-être, de remerciement, de joie, de bonheur, d'apaisement, de tendresse…

- « Je suis heureux, dit simplement Harry.

- Moi aussi, sourit Draco. »

Draco vint se blottir dans les bras de son nouvel et premier amant, et s'endormit. Il était épuisé par cet orgasme, qui n'avait effectivement rien à voir avec la masturbation. Mais il était aussi en paix. La pièce était lumineuse, même si quelques coins étaient sombres…

Et Harry était avec lui, près de la lumière.

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Note de l'auteur :

Je n'ai pas pu résister… J'ai pris le temps qu'il faut, et je vous ai pondu ce chapitre ! Je me suis dis que j'étais trop cruelle de vous laisser avec une telle fin pendant un mois entier… Et puis maintenant j'ai une réputation de pleureuse ! Non, non, non… cette suite était prévue depuis longtemps, et je me suis dit que c'était beaucoup mieux pour vous. Je sens, au plus profond de mon être, que vous avez ADORE cette fin de chapitre ! N'est-ce pas ? Hohoho !

J'ai voulu sortir des codes et scénarios récurrents que l'on pourrait trouver dans les fanfic. Ce n'était pas évident ! Je ne sais pas du tout si j'ai réussi mon coup… Donc, pour ce petit citron, j'ai voulu mêler un brin d'humour. Et des paroles. Parce que, mine de rien, quand on fait l'amour, ce n'est pas le désir et l'extase immédiats ! Loin de là… Draco est plutôt réticent, et ils partent mal… Il fallait partir à la découverte de l'autre. Et de soi-même, également ! Parce que, mine de rien, pour notre toute première fois, on est très souvent surpris ! En bien ou en mal… Je vais me dévoiler un peu, parce que cela explique ma façon d'aborder cette scène… Disons que, pour rester vague quand même (un peu de décence, que diable !), il y a une partie de l'anatomie qui obnubile les hommes, je ne comprends pas pourquoi… Et, franchement, pour ma part, ça ne me fait rien du tout ! Ca me laisse… perplexe… Non mais c'est vrai, c'est quoi cette passion stupide ? Et en parlant autour de moi, j'ai appris que je n'étais pas la seule… loin de là… Et, les hommes également ! Bon, je ne suis peut-être pas assez claire justement, mais franchement, de tous les gays que je connais, aucun n'est excité par les tétons ! Il y en a également, qui ne supportent pas les gémissements pendant l'acte. Un autre, est persuadé qu'il n'y a absolument pas besoin d'être préparé pour une pénétration… Bref ! Plein de scénario que je vois partout, qui ne sont pas faux, mais pas non plus une vérité absolue.

En fait, j'avais donc plein de choix devant moi… Je me retrouvais avec un Draco terrifié, pas chaud du tout, volontaire mais quand même un peu hésitant. Le « Monsieur panique », surnom donné par Harry… Surnom tellement vrai ! Draco est un angoissé de la vie. Il a peur de tout, et se monte très très vite la tête pour pas grand-chose. Vous l'avez remarqué. Ce chapitre est très important, parce que Harry commence à apprendre réellement qui est Draco. Avant, il était amoureux, idéalisait son amoureux… A présent, avec ce qu'il s'est passé, leur dispute, mais surtout le temps… il se met à voir Draco tel qu'il est réellement. Un personnage traumatisé, loin d'être parfait, et qui a subit beaucoup d'épreuves. Mais il l'aime comme un petit fou, et il va devoir faire avec. Alors, il faut l'amadouer, l'approcher lentement, le rassurer…

La métaphore de la pièce noire avec la lampe à allumer était parfaite pour expliquer le phénomène ! Draco, en parfait petit angoissé qu'il est, a peur de ce qu'il ne connaît pas, de ce qu'il ne voit pas, de ce qui fait mal, de l'inconnu, et ne prend jamais de risque pour se protéger. C'est une manière de dresser des barrières, se barricader, même si on doit être traité de froussards par la suite. C'est ma façon de voir le Draco du livre de J. K. Rowling. Et je l'ai mis en scène, principalement dans ce chapitre-ci. Un autre exemple criant, qu'il y avait eu dans les chapitres précédents, c'est sa recherche désespérée sur le sexe, pour savoir à quoi s'attendre. Ok, on se renseigne tous, mais parce qu'on est préparé, et même le côté négatif ne nous retient pas. A la rigueur, cela nous rend un peu anxieux, mais c'est tout. Draco, lui, ça l'arrête complètement. Il se retrouve bloqué ! Terrifié ! Angoissé. Alors il teste lui-même (avec le fameux déodorant), et est tellement terrorisé qu'il s'arrête en plein milieu. Il est un peu « marseillais » sur les bords… Il dit que cela lui avait fait terriblement mal, et qu'il avait eu du mal à s'assoir pendant quelques temps… Faux ! Il a eu un peu mal, c'est vrai, mais cela l'avait surtout plus gêné qu'empêché de s'assoir ! Il se monte la tête tout seul… Alors quand Harry l'avait laissé seul avec lui-même, le temps de contempler son corps… Evidemment que Draco commence à dévier, à trop réfléchir, à devenir parano. Ce sont des questions habituelles pour une première fois, mais elles prennent beaucoup trop d'ampleur chez Draco. Déjà avec Voldemort, ensuite la Semi-divinité… et puis la mort prochaine… Non, Draco refuse les nouvelles expériences et les prises de risque. Il préfère la sécurité. Pour lui, la relation sexuelle prend la dimension d'un champ de bataille où on risque sa vie. Totalement faux. Mais n'oublions pas, encore une fois, que Draco est un angoissé, un paranoïaque, un être traumatisé. Et surtout, aux émotions exacerbées. Il réfléchit beaucoup trop, se met à exagérer, etc. Bref, vous avez compris où je voulais en venir. Donc, pour Harry, arriver à faire cela est plus qu'une victoire : il a remporté la guerre !

Vous avez compris, ce chapitre est un tournant dans l'histoire. Sans doute l'un des plus importants chapitres, avec celui où ils tombent amoureux (« la magie des coquelicots »). Le reste sera beaucoup plus simple à présent pour Draco ! Parce que, même s'il y a toujours cette histoire de douleur, Draco a fait l'expérience du désir ! Et cela entre dans l'équation à présent. Et oui ! S'il était autant bloqué, c'est aussi parce qu'il n'avait jamais JAMAIS eu d'orgasme de sa vie. Jouir après la masturbation… c'est pas un orgasme, c'est se soulager. Maintenant, il sait ! Il savait que c'était bien, mais maintenant, il a vécu quelque chose de fantastique ! Il sera beaucoup moins réticent pour la suite. Harry a eu une idée merveilleuse de lui apprendre juste en touchant, sans rien de plus. Et maintenant, ils se sont ENFIN vus nus ! Harry a ENFIN pu toucher son intimité ! Et à présent, Draco n'aura plus aucun complexe ! En une seule fois, Harry a débloqué deux points importants de résistance chez Draco. Chapeau bas !

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Bien bien bien… Je vous entends d'ici… « Un régime de feuilles de salade pendant deux semaines ? Mais on meurt de faim avant ! » FAUX ! Par expérience, dont j'ai déjà vaguement parlé un peu avant (vous savez, quand Blaise explique à Harry que Draco a une sainte horreur des pulsions humaines, proche de l'animal, et qu'il s'était refusé de manger pendant quelques temps, mais avait vite repris ensuite… Je vous avais dit que cela m'était arrivé une fois… oui, je sais, je puise beaucoup de moi pour écrire mes histoire, normal !) Donc, cette fameuse fois, je n'ai mangé que de la salade… pendant deux mois. Avec une pomme au petit-déjeuner et deux yaourts à zéro pourcent le soir… Je vous le déconseille vivement ! Ce n'était pas un régime, mais un rejet. Non, ce n'était pas encore de l'anorexie (cela l'aurait été si j'avais continué plus longtemps…). Et, malgré tout, je faisais aussi beaucoup de sport, matin et soir, plus pas mal de marche la journée… Je vous raconte pas la silhouette de rêve que j'avais… Bon, je l'ai vite perdue… Malheureusement (ou heureusement, je ne sais pas trop). BREF ! Tout ça pour vous expliquer que OUI, c'est possible ! Non, Draco n'est pas mort. Mais je pense que c'était surtout le verre de lait chaud qui l'a maintenu sur ses deux jambes, plus que la salade… Par contre, je ne suis pas persuadée qu'il soit devenu vraiment maigre comme je le décris, en seulement deux semaines… A cela, j'explique que Draco n'a jamais été gros… loin de là… Sa physionomie normale, est déjà très fine, un peu maigrichonne… Alors le moindre régime chez lui peu le rendre maigre… Et, non, par contre, je le vois très mal avec les joues creuses ! Je ne sais pas pourquoi, pourtant ce serait logique, mais je me le refuse ! On va dire qu'il était aussi maigre que les mannequins sur les podiums (même si la plupart ont les joues creuses…). Par contre, Blaise qui demande à ce que Draco devienne obèse, je ne pense pas que cela soit trop possible… Draco fait déjà attention à ce qu'il mange, généralement, et a aussi un appétit d'oiseau. Donc bon, il redeviendra normal et c'est tout.

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Bisous à vous tous ! Je vous aime !

A la prochaine ! Sans doute plus tôt que prévu ! (j'ose plus donner de dates approximatives, vu que je ne les respecte jamais…)