52 saveurs – Partie I
Personnages: tout le monde. Pairing ou non et interprétations multiples.
Rating: T
Genre: vieux, vieux challenge basé sur le défi 52 flavours de Livejournal (thèmes de 2005-2006). J'ai choisi d'écrire 52 phrases pour ces thèmes, parfois en 100 ou en 50 mots. Je fais appel à pas mal de moments de la série dans le désordre.
Note: Toutes mes excuses si jamais vous voyez une erreur dans la traduction des thèmes.
.
1 – Five shades of white – Cinq nuances de blanc (Molly)
Nul n'aurait cru que le blanc avait ses nuances, et pourtant, Molly en discerne au moins cinq sur la palette du tatoueur, cinq blancs différents, tous magnifiques, elle ne sait que choisir, car elle songe qu'après, ça restera sur son visage toute sa vie et… ah, décidément ça ne va pas être facile.
.
2 – The cruelest month – Le mois le plus cruel (Molly) (50 mots)
Le mois le plus cruel, ce n'est pas celui des pluies, des grands froids, ni de la canicule, c'est celui, doux, bourgeonnant et empli de parfums fleuris du début de l'été, celui où, à quelques jours d'intervalles, se trouvent la date de l'accident de Maya et celle de son anniversaire.
.
3 – Four rings of light upon the ceiling overhead – Quatre anneaux de lumières au plafond (Aikka)
Quatre anneaux de lumière s'allument au plafond, au-dessus de la tête d'Aikka, dès qu'il se couche dans sa chambre princière, pourtant spartiate, quatre anneaux pour les quatre principes fondamentaux de son éducation royale: le premier pour la sagesse, le deuxième pour le devoir, le troisième pour l'honneur et le quatrième, le plus important (avant le troisième, quoi que les Nourasiens prétendent officiellement), le plus cruel, le plus coûteux, pour la raison d'État.
.
4 – Everything you ever wished for – Tout ce que vous avez jamais pu souhaiter (l'avatar)
Satis a vécu en ermite depuis des temps immémoriaux, mais ça ne l'empêche pas de savoir exactement comment fonctionnent la plupart des créatures intelligentes, et par conséquent, il sait que le véritable "prix ultime" doit demeurer un secret, qu'il va devoir leur promettre monts et merveilles, tout ce qu'ils ont jamais rêvé de posséder, ces avides petits êtres, sinon personne ne viendra jamais le remplacer.
.
5 – The effect of impact on stationary objects – L'effet de l'impact sur les objets fixes (Jordan)
Jordan a étudié l'effet de l'impact d'une masse volante sur les objets fixes à l'Académie, très vaguement, il n'écoutait pas trop, et d'ailleurs, bon tireur, il sait mieux que personne le genre de trous meurtriers que de petites choses rapides peuvent produire si elles rencontrent une cible, mais ce cours ennuyeux lui revient étrangement en mémoire lorsqu'il fait lui-même l'expérience du phénomène, le jour où il surprend Molly à embrasser Aikka, et qu'il reste là, vide, comme criblé de balles, éviscéré, en miettes.
.
6 – And yes, the way you look at me – Et, oui, la manière dont tu me regardes (Aikka)
Je vois bien ce que ressens à mon égard, ne crois pas que je n'ai pas remarqué tes coups d'œil: ils me font beaucoup de mal, tu sais, parce que ça ne sera jamais possible entre nous, mais aussi parce que je voudrais bien que tu me voies autrement, parce que j'aimerais qu'il y ait autre chose, et, oui, la manière dont tu me regardes me blesse, plus encore que celle dont tu la regardes, elle.
.
7 – Snow falling on corpses – La neige qui tombe sur les cadavres (Rush)
On dirait qu'il neige sur la plaine silencieuse, et ça serait presque joli, une belle toile hivernale, si on ne devinait pas que ce paysage bosselé est jonché de corps, si on ne sentait pas l'odeur suffocante du peuple de Byrus brûler sous l'assaut des Crogs, et si Rush ne savait pas que ces jolis flocons sont en réalité des cendres.
.
8 – The blind leading the blind – L'aveugle qui guide l'aveugle (Rick & Don) (50 mots)
Note: Rick aveugle/mal-voyant (avec des prothèses).
Amusant de constater que Don et lui, quand ils disputent une course, c'est un aveugle qui en guide un autre: pourtant Rick, avec son handicap, est mille fois plus clairvoyant que Don, incapable de reconnaître sa propre fille, malgré ses talents, ses yeux rouges, et les tatouages de sa mère.
.
9 – Four twelves are forty-eight – Quatre fois douze font quarante-huit (Molly/Eva)
Que font quatre fois douze, c'est la question que la prof pose à Eva, et si celle-ci entrevoit la réponse, elle n'ose pas la dire devant la classe, tant elle paraît simple, c'est forcément qu'il y a un piège quelque part, pas vrai, mais voilà qu'elle a trop attendu et que l'enseignante agacée lui assène: "Quatre fois douze font quarante-huit, mademoiselle Wei, et la moyenne est à cinquante, ce qui signifie que vous serez une fois de plus au rattrapage ce mois-ci".
.
10 – One true thing – Une vérité (Rick, Don)
C'est une vérité universellement reconnue que les chiens ne font pas des chacals, et Rick réalise pleinement qu'il aurait dû s'en douter lorsque, peu après avoir compris que Molly était la fille de Don, il découvre par hasard dans la salle de bains de son coach que celui-ci n'a pas les cheveux blancs, mais que sa coupe uniformément rayée est en réalité le fruit d'une jolie teinture grise.
.
11 – Your pretty blue eyes are just stained glass – Tes jolis yeux bleus ne sont qu'un vitrail (AikkaMolly)
Tu es mignon et j'avais un faible pour toi (je le confesse), je ne suis peut-être qu'une pauvre humaine, mais je te croyais mon ami, Aikka, et après nous avoir attaqués, voilà que tu complotes pour éliminer des concurrents, c'est franchement dégueulasse et j'aurais dû écouter Jordan: tes jolis yeux bleus ne sont que du vitrail, un verre de façade coloré, dépoli, mais sans rien derrière, rien qu'un immense vide glacial.
.
12 – Wake unto me – Éveille-toi en moi (Canaletto, Molly/Eva)
Abandonne-toi en mois, Eva, éveille-toi en moi, tu es prête, je le sens, je le vois à tes yeux fatigués, ma petite création, oui, j'ai provoqué l'accident de Rick, la disparition de Sul, et te voilà en pleurs, prête même à croire que c'est moi qui ai tué Maya, vous autres humains êtes si sots, si prompts à la suggestion, et tu en es la preuve, Eva, ma poupée, ma marionnette, ma fille, viens, viens, viens à moi, viens renaître en mon sein, je serai ton père et ta mère à la fois.
.
13 – Dreams of the impossible – Rêves de l'impossible (les participants de la course d'Ôban) (50 mots)
Tous autant qu'ils sont, ils rêvent tous de l'impossible, pouvoir suprême sur la galaxie, recréation de mondes engloutis, résurrection des morts, et c'est peut-être aussi pour ça que les créateurs s'arrangent pour que le prix échoie à celui dont le rêve est le plus simple – paradoxalement, le plus irréalisable, aussi.
.
14 – As long as you're mine – Aussi longtemps que tu m'appartiens (TorosAikka) (100 mots) Alerte au glauque
Jeune imbécile, je vois que tu n'as pas encore compris qui commande, ici, et c'est regrettable car maintenant, il va me falloir te punir pour t'apprendre à désobéir à nos ordres, et je le regrette presque, car au fond je ne veux que ton bien, mais tu devrais faire attention, stupide petit prince, car si je suis remplacé avant les finales, mon successeur ne sera sûrement pas aussi compréhensif que moi, alors baisse les yeux, oui, c'est ça, et fais ce qu'on te dit: aussi longtemps que tu m'appartiens, je ne tolérerai plus une seule incartade.
.
15 – Bathing in artificial light – Baignant dans la lumière artificielle (Rick)
Baignant dans la lumière artificielle, le champion de la ligue B grimace tandis que résonnent autour de lui les stridulations sonores de la machine – une sorte d'IRM extra-terrestre – qui analyse ses blessures, ses failles, ses forces, ses moindres recoins, et il grince des dents, pas seulement à cause du bruit, mais parce qu'il a peur, alors que la fin de l'examen approche, d'une réponse qu'il croit déjà connaître.
.
16 – How fire took water to wife – Comment le feu prit l'eau pour épouse (AikkaMolly)
Comment le feu prit l'eau pour épouse – c'est un conte de Nourasie, une des histoires les plus célèbres de leur mythologie, même les incultes la connaissent, et apparemment, c'est un thème universel, puisque nombre de cultures terriennes possèdent la même légende; et Aikka se demande pourquoi, si deux éléments totalement contraires peuvent s'assembler, il n'y aurait aucune possibilité pour Molly et lui.
.
17 – A dark heart, beating – Un cœur noir, battant (Canaletto)
Ôban leur offre un tel spectacle de luxuriance qu'il ne vient à l'idée de personne que les entrailles de cette ravissante façade puissent dissimuler des cachots infernaux, laviques, tentaculaires, et des chaînes vieilles de dix mille ans, dans lesquelles battent encore un cœur sombre, terrifiant, que tout le monde a oublié, dont nul ne soupçonne l'existence, et qui attend son heure, patiemment.
.
18 – The smell of hospitals in winter – L'odeur des hôpitaux, en hiver (Jordan, Molly/Eva)
L'odeur des hôpitaux en hiver lui fait horreur depuis qu'on l'a emmené dire au revoir à son grand-père mourant, ramené en pièces détachées du champ de bataille, mais Jordan surmonte cette angoisse pour aller saluer une vieille amie, discrètement, jugulant sa jalousie, toujours présente, vive, atroce, de la voir allongée dans la maternité, l'enfant d'un autre appuyé contre son sein.
.
19 – Another grey day in the deep blue world – Un autre jour gris dans le monde bleu foncé (Don)
Que la Terre continue de tourner, impassible, même après la mort de sa Maya, est inadmissible pour Don Wei: à ses yeux le temps s'écoule comme une flaque de boue et, du fond de sa bouteille, tout ce qu'il voit, c'est un nouveau jour gris et fade, dans ce monde bleu foncé, pourtant si clair et si brillant.
.
20 – And I love you even through uncertainty – Et je t'aime même au milieu de l'incertitude (SkunNing)
Tu es plus forte que moi, même si j'ai la plus grande gueule, car tu es plus sage, plus sûre, tu ne perds jamais ton sang-froid, quand moi je faiblis, j'ai peur, je perds foi en notre but, mais même perdue, errante, dans l'incertitude, il est une chose dont nul, ni toi ni moi, ne peut douter, c'est que je t'aime.
.
21 – New every morning – Neuf chaque matin (l'Arrow)
Il change de peau chaque matin sous les doigts de fée de ses mécanos, qui râlent un peu, parfois, en constatant les dégâts tous les soirs, mais quand Molly arrive pour le piloter, trouve l'Arrow remis à neuf et s'émerveille comme une enfant devant ses cadeaux de Noël, Stan et Koji sont trop émus pour lui reprocher quoi que ce soit.
.
22 – The laughter of women – Le rire des femmes (l'équipe terrienne)
Le rire des femmes n'a rien d'exceptionnel, rien de plus que celui des hommes, mais c'est en relevant tous la tête parce que Molly vient de partir d'un grand éclat joyeux et clair que Don, Stan, Koji, Jordan et Rick prennent conscience d'une évidence à laquelle ils n'avaient jamais fait attention: ça manque quand même sacrément de filles dans leur petit monde.
.
23 – Truth and peaches – Pêches et vérité (Mme Stern) (100 mots)
On se demande parfois pourquoi la directrice Stern est si aigrie, surtout Eva, son souffre-douleur personnel, sur laquelle se concentre toute sa hargne, et la vérité dépasse l'imagination, car cette femme de fer ne la haïrait pas autant si elle ne se reconnaissait pas dans cette petite rebelle adepte de la cool-attitude, et si elle n'enrageait pas de la voir s'épanouir sans problème dans cette voie comme une fleur de pêcher, envers et contre toute attente, alors qu'elle-même, en son temps, a été contrainte de s'assagir et n'est désormais plus qu'un vieux fruit ridé, séché, empoisonné par l'amertume des regrets.
.
24 – So shaken as we are – Aussi ébranlés que nous soyons (Don)
Nous nous sentons tous nus, débiles, abandonnés, au pied du mur, catatoniques, depuis qu'il n'est plus là, mais aussi ébranlés que nous soyons, il va falloir continuer, même sans Rick, car la course n'attend pas, jamais, et c'est ce qu'il voudrait que nous fassions.
.
25 – Living like a jellyfish – Vivre comme une méduse (StanKoji)
Stan et Koji vivent tous deux dans les profondeurs obscures, comme les méduses, reclus dans le garage sombre, au milieu des étincelles ou derrière leurs écrans de contrôle phosphorescents, et même qu'on ne les voit jamais dormir, car ils travaillent souvent jusque très tard dans la nuit: mais ça, c'est surtout parce que ça leur permet de rester seuls et de se bécoter entre deux rafistolages sans être vus.
.
26 – Counterglow – Gegenschein/lueur anti-solaire (MollyJordan)
Note: le Gegenschein est une lumière faible qui apparaît dans la zone opposée au soleil.
Alors qu'il s'embourbe dans une comparaison foireuse entre l'éclat des étoiles et celui de Molly, Jordan prend conscience de sa maladresse, de la platitude de ses mots et, après avoir vérifié d'un coup d'œil, se dit que c'est finalement plutôt à la lueur anti-solaire, lointaine, rougeâtre, presque inaccessible, étrange, rare et mystérieuse, que son amie ressemble le plus; et il va pour le lui dire, fier de cette métaphore, tellement plus originale, mais quand il se retourne, c'est trop tard: elle est déjà partie.
.
27 – Grace coming out of the void – La grâce qui surgit du néant (Don & Rick ou DonRick, si on veut le voir)
L'arrivée de Rick dans la vie de Don sonne comme une nouvelle chance de vivre, comme une résurrection, une rédemption, car là où il errait dans le désert – littéralement –, sans espoir de jamais en sortir autrement que les pieds par devant, le jeune homme lui offre un nouveau but, une nouvelle bataille, une nouvelle possibilité d'aimer, et il reçoit ce don précieux comme la grâce qui surgit du néant.
.
