Voici le nouveau chapitre. Il m'a fallu un peu plus de temps que d'habitude pour le publier, la fin d'année scolaire a été chargée. J'espère que vous ne m'en voudrez pas trop. :p Pour rappel, dans le dernier chapitre, certains membres de l'Ordre se sont battus contre certains Mangemorts, dont Bellatrix qui a appris à Sirius que Regulus était probablement mort, et Voldemort est arrivé sur les lieux à la fin. Comme d'habitude, j'espère que ça vous plaira !
7 août 1979
Le Seigneur des Ténèbres prit le temps de scruter chacune des personnes présentes. Il ne dit rien, mais son regard s'attarda sur James et Lily ainsi que sur les Londubat, qu'il avait déjà rencontrés auparavant. Il avait l'air de se souvenir d'eux. Sans sembler craindre une seule seconde une possible attaque, il se tourna lentement pour faire face à ses Mangemorts, toujours dans le silence le plus complet. Il avait raison de ne pas s'inquiéter, car chacun semblait pétrifié. A quoi bon lancer le premier sort ? Le combat s'engagerait de toute manière et Sirius était persuadé que personne ici ne serait capable de tuer le redoutable sorcier, car si cela avait été si facile, quelqu'un l'aurait déjà fait. Le regard froid de Voldemort se porta brièvement sur les deux recrues à terre, puis il sourit aux Lestrange et au troisième de ses combattants encore actif.
- Lequel d'entre vous m'a appelé ? demanda-t-il d'une voix douce et effrayante.
- Maître, ce doit être Arley, répondit docilement Bellatrix en désignant l'un des jeunes Mangemorts évanouis d'un signe de tête.
- Je vois.
Il n'accorda qu'un semblant d'attention au jeune Mangemort qui s'était pourtant montré rageusement dévoué quelques instants auparavant. Il était difficile de ne pas percevoir la colère qu'il éprouvait certainement et qui le rendait autrement plus terrifiant. Sirius fut parcouru d'un frisson. Il avait peur de cet homme, mais il savait que cela ne le bloquerait pas le moment venu. Il attendait le moment où il faudrait attaquer, et alors il se lancerait à nouveau à corps perdu dans la bataille. Bien sûr, il espérait de tout cœur que le message de Marlene aurait le temps de parvenir jusqu'au QG de l'Ordre, où se trouvaient certainement Alastor Maugrey et Albus Dumbledore, entre autres. Si Voldemort continuait de prendre le temps d'analyser les faits avant d'agir, ils avaient peut-être un espoir. Sinon, il lui faudrait mener le combat le plus difficile de toute sa vie. Le plus difficile, mais certainement pas impossible.
Sirius se risqua à jeter un coup d'œil à James, qui se tenait fièrement près de sa compagne. Ils agrippaient tous deux fermement leur baguette, prêts à en découdre. Il repensa à cette première fois contre Voldemort qu'avait vécue le couple sans lui. Ils lui avaient dit alors qu'il leur avait manqué mais qu'ils avaient été heureux de ne pas avoir à se préoccuper de lui, ce qu'il comprenait mieux que jamais à présent. L'affrontement qui s'annonçait prendrait une dimension différente de ceux qu'ils avaient déjà vécus, parce qu'ils s'apprêtaient à faire face au plus puissant mage noir que le monde ait jamais connu, mais cela rendrait le combat plus passionnant. Sirius n'avait pas peur pour sa vie, il avait peur pour celle de ses amis. Il savait pourtant qu'ils s'en sortiraient, parce qu'ils s'en étaient toujours sortis jusqu'à présent, et que, comme lui, James était encore meilleur lorsqu'il était au pied du mur, face au danger. Plus celui-ci était présent, mieux ils se battaient. Ils avaient tous deux besoin de cette adrénaline, qu'ils avaient cherchée dès leurs premières années de collège, et qu'ils trouvaient encore dans leurs nombreuses missions. Il ne sous-estimait pas Lily non plus, elle avait montré à de nombreuses reprises qu'elle était forte et redoutable. Pour Peter, c'était une autre histoire. Il était resté à terre et ses yeux écarquillés laissaient transparaitre sa terreur. Il semblait tétanisé. Si Voldemort avait l'idée de l'attaquer lui, il faudrait que Sirius soit réactif pour le protéger, parce qu'il serait certainement incapable de le faire lui-même. Bien sûr, l'ensemble des membres de l'Ordre ferait tout pour se protéger les uns les autres, donc personne n'abandonnerait Peter. Tout irait bien, il en était convaincu. Ils s'apprêtaient à se battre contre le mage noir le plus puissant que le monde ait jamais connu, certes, mais après tout ils n'étaient pas n'importe qui non plus. Et si Remus avait été là, cela aurait été encore mieux. La prochaine fois, se dit-il.
Le Seigneur des Ténèbres se tourna à nouveau vers eux, toujours silencieux. Il les toisa, s'attardant sur chacun de leurs visages, se déplaçant très lentement pour les cerner tous. Enfin, son regard se posa sur Sirius. Il fronça légèrement les sourcils, probablement malgré lui. Le jeune homme ressemblait beaucoup à son frère, que le sorcier avait sûrement déjà rencontré, ne serait-ce que pour faire de lui un Mangemort. Peut-être même que Regulus avait fait partie des proches de Voldemort, mais Sirius n'avait aucun moyen de le vérifier et Elliot n'avait pas l'air d'en savoir beaucoup plus lorsqu'ils en avaient parlé.
- Comment t'appelles-tu ?
- C'est Sirius Black, maitre, mon ignoble cousin, s'empressa de répondre Bellatrix.
Sirius lui jeta un regard noir.
- Je vois, reprit Voldemort. Tu dois être le frère du jeune Regulus Black, n'est-ce pas ?
Sirius acquiesça en silence. Sa fierté le poussait à soutenir le regard du sorcier, à ne pas montrer cette peur qui lui tordait l'estomac. Il ne se risqua pas à parler, car il craignait que sa voix ne le trahisse. Il se contenta de se tenir droit, sans ciller, affichant cet air impertinent qu'il se connaissait et qu'on lui avait souvent reproché. Voldemort l'observa encore un instant en silence.
- C'était un fidèle Mangemort, reprit-il sans se soucier de l'attitude qu'affichait Sirius. Il a disparu il y a quelques semaines, ses parents ne savent pas ce qu'il est advenu de lui. J'ai de bonnes raisons de penser que quelqu'un l'a tué, quelqu'un qui souhaiterait s'opposer à nous, par exemple.
Il parlait calmement, mais tout le monde pouvait sentir qu'il était profondément énervé par ce qu'il supposait. Ce n'était probablement pas la mort d'un de ses Mangemorts qui le mettait en colère, mais bien la pensée que certains sorciers cherchaient à lui résister. Et il en avait justement quelques-uns devant les yeux. Cette fois encore, Sirius ne répondit rien. Que pouvait-il dire ? Parler de Regulus à nouveau, parler de sa mort, le rendait fébrile, mais il essayait à tout prix de le cacher et il était hors de question qu'il perde pied. Il souhaitait rester digne, courageux, comme ses amis qu'il ne voyait pas mais dont la présence était à la fois rassurante et stimulante. Quelque chose lui disait qu'ils n'allaient pas mourir ce jour. Peu importait que Voldemort fut contrarié et donc plus dangereux encore, ils se battraient jusqu'au bout, coûte que coûte, et ils sortiraient vainqueurs. Cela faisait plus d'un an qu'ils luttaient contre ce sorcier et ses partisans, ils n'allaient pas s'arrêter maintenant.
- Bien sûr, poursuivit Voldemort, sans se douter des réflexions de Sirius, nous n'avons pas la certitude qu'il soit réellement mort, mais s'il était encore en vie, je le saurais.
Il semblait tellement sûr de lui que Sirius abandonna tout espoir que son frère fut finalement encore en vie. « S'il était encore en vie, je le saurais. » Peut-être que cette affirmation avait un rapport avec cette Marque, à laquelle tout semblait se rapporter. Peut-être lui permettait-elle de tracer ses Mangemorts, de savoir s'ils étaient vivants ou morts ? Mais alors Elliot était peut-être en danger, à moins que le sorcier ne le croie réellement à Azkaban. Il faudrait qu'il en parle avec Dumbledore, s'il en avait l'occasion. Où était-il, d'ailleurs ? Combien de temps s'était-il écoulé depuis que Marlene avait envoyé son patronus ? Il ne savait plus si cela se comptait en secondes, en minutes ou en heures… Le temps semblait s'être arrêté, rien ne se passait, à l'exception de ce monologue du sorcier le plus craint au monde. Etait-il en train de jouer avec leurs nerfs ? De les mettre à l'épreuve avant de chercher à les atteindre, voire à les tuer ? Sirius avait de plus en plus de mal à se contenir, il avait besoin que quelque chose se passe. Mais il ne bougea pas, encore une fois, se contentant toujours de se tenir fièrement face à Voldemort qui continua de parler, sans se douter probablement que cela jouait en sa défaveur.
- Il avait un avenir prometteur, quel dommage. Et puis, la mort d'un Sang-Pur est toujours un terrible gâchis. Bien sûr, pour cette raison, je ne voudrais pas qu'il arrive la même chose à un autre Sang-Pur. Je sais qu'il y en a parmi vous à l'exception de ce jeune homme, ajouta-t-il en désignant Sirius, je crois que nous pouvons nous entendre.
- Jamais de la vie, lâcha James.
Sirius sourit, fier de son meilleur ami. Il s'était montré plus téméraire que lui en prenant la parole. Une lueur de haine passa dans le regard de Voldemort lorsqu'il tourna la tête vers James. Ce fut bref, mais Sirius le vit et il fut parcouru d'un frisson. Un de plus.
- A qui ai-je l'honneur ? s'enquit le Seigneur des Ténèbres d'une voix doucereuse.
- James Potter, répondit Bellatrix. C'est un Sang-Pur, maître.
Elle s'inclina avec une dévotion démente. Son maitre la regarda faire puis se tourna à nouveau vers James.
- Hélas, ma chère Bellatrix, répondit-il calmement, s'il y a des Sang-Pur qui ne veulent pas ouvrir les yeux sur notre juste cause, j'ai bien peur qu'il ne faille les punir.
- Bien sûr, maître.
Son regard s'illumina et son visage se fendit d'un large sourire. Enfin. C'était le moment. Voldemort lança un sort en direction de James, mais celui-ci parvint à le parer. Chacun sortit alors de sa torpeur et tous se remirent à se battre, James, Lily et les Londubat contre Voldemort, le reste des membres de l'Ordre contre les derniers Mangemorts.
De nombreux sorts fusèrent de tous côtés, durant un temps qui parut interminable à Sirius qui se battait avec hargne contre sa cousine, aidé par Marlene McKinnon et Mary Lodge, comme au début de l'affrontement. Elle leur faisait face avec l'aide de son mari et lançait de temps à autres des rires effroyables, hystériques. Un sort toucha Mary qui tomba à terre. Sirius se précipita vers elle, mais il ne put rien faire à part la regarder se tordre de douleur.
- Lâche-la, cria-t-il en direction de sa cousine.
Elle s'arrêta pour le toiser un moment, surprise, puis leur combat reprit et Mary resta étendue sur le sol. Elle était en vie, c'était tout ce qui importait. Sirius avait presque oublié Peter. Il lui avait proposé de retourner au QG, il espérait qu'il avait transplané s'il n'était pas capable de se battre. Sinon, la seule manière de le protéger, et désormais de protéger Mary, restait de tenir chaque Mangemort occupé.
Enfin, Alastor Maugrey et Albus Dumbledore arrivèrent sur les lieux, dans un chaos complet, et la tournure du combat changea brusquement. Pour la première fois, le Seigneur des Ténèbres eut l'air décontenancé, inquiet. Sirius était persuadé que c'était dû à l'arrivée de Dumbledore. Les deux sorciers se battirent puis Voldemort, suivi par ses Mangemorts, transplana sans demander son reste.
Ils abandonnèrent le corps du jeune Mangemort qui avait appuyé sur sa Marque. Lui qui était déjà étendu, blessé, lorsque Voldemort était arrivé, gisait désormais, probablement atteint par un sort qui avait manqué sa cible. Du côté des membres de l'Ordre, Peter était resté immobile à la place même où il s'était écroulé quelque temps avant, dans un état de choc certain. Frank Londubat et Marlene McKinnon avaient été blessés eux aussi, en plus de Mary, mais il n'y avait heureusement aucun mort à déplorer cette fois encore. La jeune femme était quant à elle sonnée, éprouvée après avoir subi le sortilège Doloris, mais elle affirma à qui voulait l'entendre qu'elle allait bien et qu'il lui faudrait seulement une bonne nuit de sommeil. Blessés ou non, tous avaient été éprouvés par cette bataille, et lorsqu'ils transplanèrent tous ensemble vers le QG après avoir recouvré leurs esprits, chacun s'affala qui dans un siège, qui dans un fauteuil, une chaise, une assise quelconque qu'il pouvait trouver. Sirius s'assit même par terre, contre un mur. Ils ne parlèrent pas avant un petit moment, se contentant de se jeter des regards de temps à autres, puis de replonger dans cette torpeur qui les habitait tous.
