J'arrive pas à croire que j'ai mis autant de temps à le pondre, ce chapitre. Croyez-le ou non, mais je ne l'ai pas écrit en un jour. C'est dire le manque d'inspiration que j'ai. Et puis j'ai une autre excuse ! Si si si !
Le travail, le glandage une fois rentrée... Une minie Eve qui devrait s'expulser dans le mois... Enfin, voilà. Mais je ne vous oublie pas !
Et je vous remercie d'être toujours là. D'ailleurs comment ça va la vie ? Le Bac ? Les partiels ? Le brevet ou autres ?
Je vais être honnête et vous dire que je ne suis pas du tout satisfaite de mon chapitre, mais voilà.
J'espère que ça vous plaira quand même.
Bonne lecture !
Février
Le talent, ça ne s'apprend pas. Soit tu l'as, soit tu l'as pas.
Je n'ai jamais été douée pour apprendre de toute façon.
- Miss Flint, monsieur Quin, il est vrai que nous apprenons la métamorphose animale, cependant il s'agit là de changer votre plume en chien. Cela dit je dois avouer que votre imitation du babouin en rut est tout à fait réussie, Miss Flint.
- Ah merci !
Pas souvent qu'on reconnait mon talent.
- C'est pourquoi je vous serais gréée d'aller faire vos grimaces dans un zoo, et non dans une école. Vous y aurez certainement votre place.
- ...
Elle sourit, narquoise et s'en retourne à ses corrections de devoirs.
- Vous êtes jalouse parce que vous ne savez pas hausser les sourcils tout en plissant les yeux, vous.
Elle fait comme si de rien n'était alors que je suis sûre qu'elle attend ce soir pour se mettre devant le miroir et s'entrainer.
Vieille bique va.
Carrie,
Je ne sais même pas par quoi commencer. Pour ainsi dire, ton sourire, tes gestes, ton déhanché sensuel, tes doigts, tes lèvres, tout chez toi m'obsède. Chaque fois que je ferme les yeux, je vois ton visage. Ton odeur me suit partout où je vais. Les nuits passées avec toi ne me suffisent plus. J'ai besoin de plus.
Je veux te savoir mienne, à jamais. Je souhaite te voir porter mes enfants, les élever. J'aimerais dormir à tes côtés jusqu'à la mort. Caresser ta peau de mes lèvres tous les matins et soirs.
Pourquoi ne voudrais-tu pas avancer dans notre relation ?
Réponds-moi, je me languis de tes mots.
L'amant de tes nuits.
- T'as une proposition de mariage ? s'étonne Parkinson en lisant par-dessus mon épaule. Pourquoi hésiter ? Ce sera surement la seule chance de ta vie de ne pas finir prostituée.
Je le fusille du regard tandis qu'il va se rassoir.
Avec ses conneries, il va casser mon effet.
- J'aimerais juste considérer les avantages et inconvénients d'une relation avec lui, je réponds en haussant les épaules.
- Et qui est... l'heureux élu ? continue t-il, marquant bien son scepticisme quant au mot "heureux".
J'ai pourtant toutes les qualités requises pour rendre un homme heureux alors je ne vois pas de quoi je me mêle.
Je veux dire, je suis attentionnée, toujours prête à servir mon époux, à le satisfaire et peut-être même lui pondre des gosses. Encore faut-il qu'il ait un bon patrimoine génétique.
Auquel cas il faudrait adopter. Je ne veux pas me promener dans la rue sous le regard des gens qui me diraient : "Regarde comme tes enfants sont moches !".
D'où le fait que j'ai choisi Gégé.
Je vois d'ailleurs du coin de l'œil Gégé vert de rage qui mastique avec hargne son morceau de pain tout en lançant des regards menaçants autour de lui.
Il a peur qu'on lui pique son petit déjeuner. Vous savez, avec l'âge, il est difficile de partager son repas. Il n'y a qu'à voir Dumby qui fait exprès de baver dans sa propre assiette pour ne pas que McGo n'essaie de lui piquer sa bouffe.
Ça fait une demi-heure qu'elle lorgne sur son assiette, j'ai tout vu.
Bref, de quoi parlions-nous ?
- Ça ne te concerne pas, je finis par répondre. Sache juste qu'il est expérimenté et qu'il sait s'y prendre avec les femmes.
Gégé tape des doigts sur la table.
Il a repéré un potentiel voleur.
- C'est ce que j'ai cru comprendre en lisant la lettre. Tu lui as fait boire un philtre ou quoi ?
Wilkes en face de moi inspire très lentement pour tout relâcher, l'air de celui qui se retient de paniquer.
On tient le coupable.
- Pourquoi tu ne veux pas nous dire son nom ? T'as honte ? Ou c'est lui ? C'est un vieux ? Il est chauve ?
Il commence à me gaver lui.
- En quoi connaître son nom va-t-il changer ta vie ? T'as rien à savoir !
- Quand même... Je connais pas un gars assez taré pour vouloir passer sa vie avec toi. Tu lui tailles des pipes ou qu-
- On est à table, grince Babouche. Évitez de parler d'horreur.
Le mot puceau semble danser dans nos yeux. Avant de nous souvenir de Moonheart. La belle aurait réussi à décoincer notre princesse pudique cet été.
Tant mieux, je ne me voyais pas m'y coller.
Heureusement qu'il existe encore des personnes charitables comme Jamie Moonheart pour accepter pareille corvée.
Non mais regardez-moi cette mocheté.
Ses yeux, ses cheveux, son nez, ses mains pâles. Tout en lui respire la dépression d'une vieille mégère.
Gégé s'est mis en tête de me fixer d'un air mauvais, prêt à m'étrangler dans la minute tandis que Wilkes prend le temps de lancer des regards alentours, les yeux grands ouverts avec une tête de parano.
J'ai bien envie de crier : "C'est pas moi ! C'est Wilkes qui veut tes tartines !".
Mais l'amitié et la loyauté m'en empêchent.
- En tout cas, profite de cette occasion. M'a l'air bien accro à toi le débile, continue Parkinson.
Gégé s'apprête à se lever, sur les nerfs, tandis que Lerry, au comble de la curiosité, les yeux sur ma lettre, lâche un commentaire :
- C'est marrant, le gars a la même écriture que toi, Carrie. Ça doit être le destin, affirme t-il tout sourire.
- ...
Parkinson ricane.
Je me frappe le front du plat de la main et Gégé se rassoit après avoir rouler des yeux d'un air blasé.
- T'es vraiment désespérée.
- Qui c'est qu'a lâché un pet ? demande tout à coup Kate Davis, le nez plissé.
- C'est pas moi ! hurle Wilkes avant de se barrer de la table en courant.
Depuis ma tentative ratée de rendre Gégé jaloux, j'ai décidé d'attendre que le destin vienne me chercher de lui-même.
Parce que voilà.
J'ai une vie sociale, des amis, une famille, des devoirs.
Je ne peux pas continuellement chercher à accélérer les choses quand on voit la perte de temps que c'est.
- T'as besoin de PQ ? je demande à mon voisin de cabine.
- Putain t'en as pas marre ? s'agace Gégé de l'autre côté.
N'allez pas croire. Je ne l'ai pas suivi. Je passais juste par là quand. Voilà. Une petite envie de pipi. Les toilettes des filles étant trop loin pour mes petites jambes délicates.
Et puis une chose en entraînant une autre, un peu de conversation ne fait pas de mal.
J'y peux rien si je suis tombée à côté de mon associable de futur mari.
J'ai intérêt à me trouver des occupations durant notre vie conjugale sinon la routine va vite s'installer et je vais me retrouver aussi décrépie qu'une chaise !
Me reste plus qu'à faire du tricot avec Regulus les vendredis soirs et je suis fichue.
- Miss Flint, grince une voix derrière ma porte.
Ah merde je suis repérée.
Je ne répond rien, attendant qu'elle s'en aille.
- Ne croyez pas que je ne sais pas que vous vous cachez là. Sortez d'ici.
- Mais j'ai pas terminé.
- Ça fait déjà cinq bonnes minutes que vous êtes là. Je crois que c'est plus que suffisant.
- Vous savez, avec le stress des examens, les évènements de la société, nos politiciens qui se tirent dans les pattes... A mon âge, ce n'est pas facile à gérer ! J'ai des problèmes de constipation, mon métabolisme n'est plus ce qu'il était. J'ai des incontinences, des spasmes, et je souffre d'hyperphragie, une maladie récente consistant à impulser progressivement le sang dans les boyaux fécales ce qui résulte d'une forte-
- Sortez. Tout de suite, siffle-elle. Vous aussi Greengrass, ordonne t-elle.
- Mais j'ai rien fait !
- Nous avons besoin de main d'œuvre.
- Pour ? demande t-il, hésitant.
Je profite de leur conversation pour tenter de me glisser dans l'autre cabine et de me tailler carpette !
Qu'est-ce que c'est sale par ici.
A croire que les elfes foutent rien dans ce château. Vous me direz pas faux, ils sortent jamais de leur cuisine. Alors à part s'empiffrer de cookies et jouer aux syndicalistes. Voilà.
Y en a marre de ces fainéants.
On devrait réutiliser les fouets, de quoi les motiver ces joueurs de PMU.
Je sens tout à coup une main m'agripper la cheville et me tirer vers l'arrière.
Je tente tant bien que mal de m'accrocher à quelque chose mais inutile.
Cette vieille a de la force !
Je baisse la tête pour ne pas me prendre la porte puis me glisse sur le dos pour lui faire face.
Et je ferme les yeux.
A la limite de tomber dans l'inconscience.
Un kilt !
UN KILT !
Elle porte un kilt et elle ne m'a pas prévenue !
Vue sur son slip.
Au moins elle en portait un.
- De quoi ?! s'étrangle Gégé en regardant ce qu'il s'apprêtait à qualifier de monstre.
- Mécanique moldue. C'est tout à fait fascinant et j'aimerais initier quelques élèves à cette merveilleuse activité, babille Dumby.
Un né-moldu lui lance un regard blasé et en retourne à son moteur.
- Flint, va me chercher la chèvre hydraulique. On va avoir du boulot.
- La chèvre ? je m'étonne tandis que Gégé croise les bras d'un air mécontent, bien décidé à ne rien foutre.
Dumby tape dans ses mains, tout heureux de voir que je suis prête à m'atteler à la tâche.
- Bon tu y vas ? s'agace l'autre.
Je veux bien mais bon...
Voilà.
Bob est morte.
J'en ai pas tout un troupeau caché dans mon jardin !
...
Et je n'ai même pas de jardin !
Où est-ce que je pourrais bien les nourrir et les élever ?
Ahh, ces fils de moldu. N'ont pas bien l'air de se rendre compte de l'organisation et de l'entretien que ça demande une chèvre.
Alors un troupeau.
Je secoue la tête en continuant d'avancer dans le parc du château à tenter de trouver un mouton au moins.
Quelque chose.
Il me faut une solution.
- Tu te fous de ma gueule ?! s'énerve Steve le moldu en me voyant arriver.
Il a une tête à s'appeler Steve alors. Bon.
- Bah quoi ?
- Je t'ai demandé une chèvre ! Pas... Ça !
- Je t'emmerde, grince la chèvre.
Gégé ricane et penche la tête, appréciateur de la scène.
- Hé c'est pas facile de trouver le bon cobaye et le bon déguisement ! je me défends en croisant les bras.
- D'autant que c'est pas une chèvre mais un mouton.
Babouche, les mains ligotées, lui lance un regard noir.
- J'aimerais autant vous dire que j'en ai marre de vos conneries, plus que marre même.
- La touffe te va bien, Black, continue de se marrer Gégé.
- C'est vrai que ça te donne tout de suite un air plus sympatrique, je fais en hochant la tête.
- Est-ce que je peux partir ? finit-il par demander à Dumby qui mastique tranquillement un bonbon.
- Allons, par une si belle journée, vous ne voulez pas trainer un peu avec vos amis ?
Je lance un regard sceptique aux nuages.
- Y a le feu ?
- Ça va sauter ! Ça va sauter ! crie Babouche qui tente de sortir du coffre de la voiture.
Moi je dis qu'on devrait se barrer et l'y laisser. Ça ferait d'une pierre deux coups.
Dumbledore sort simplement sa baguette et c'est déjà terminé.
Nous avons donc le droit à un moteur trempé, et même Babouche a eu le droit à sa douche.
Et là j'ai envie de dire :
- Honnêtement Babouche, quand je te vois je me dis que tu ne peux pas faire plus, monter les échelons ou encore nous étonner outre mesure. Il est clair pour moi que tu avais atteint le sommet. Mais non ! Tu es toujours là à gravir les marches, à nous montrer que tu peux toujours faire mieux. Ça force l'admiration une telle ambition ! Depuis petit tu nous a montré une laideur à toute épreuve et je dois dire que te voir trempé comme ça, avec ton air de dépressif effarouché, tu n'es pas sans me rappeler un vieux rat dégarni atteint d'une MST fécale au bord de l'anorexie. Franchement, tu dépasses toujours les horreurs avec un tel naturel que ça devient même gênant de devoir assister à tes prouesses.
Gégé ricane.
... Des fois je me demande s'il sait rire normalement sans devenir flippant.
Babouche me fusille du regard, les narines dilatées.
- Au moins cette ressemblance avec un rat explique l'affection malsaine que te porte Moonheart. Elle a toujours adoré ces sales bêtes.
- Et tu n'as jamais songé à parler avec un psychomage ? Une personne de confiance avec qui partager tes souffrances et tes angoisses ?
- T'en as pas marre, Flint ? soupire Babouche, assit sur le capot de la voiture qu'on a terminé de saccager.
C'est-à-dire que j'ai réussi à faire fondre les pneus et à carboniser la banquette arrière.
Gégé a finit par se barrer, et pendant que Dumby sanglote pour sa Titine et que l'autre moldu se tape le crâne contre la portière, je n'ai rien trouvé de mieux à faire que de converser avec mon ami de longue date.
- Sérieusement, tu pourrais soigner cette peur du miroir que tu as. Nous avons tous fini par nous accommoder à ta laideur, tu peux y arriver !
- Tu es au courant que tu es la seule à me trouver laid ? Sans vouloir me vanter, finit-il par rétorquer.
Je lui lance un regard compatissant, lui tapote l'épaule et le laisse méditer sur sa connerie.
C'est normal de vouloir se protéger en se mentant à soi-même.
Mais ça ne fera pas avancer les choses.
Ah les sorties à Pré-au-lard !
Rien de tel pour se faire de nouvelles connaissances !
Étant donné que Lerry est parti retrouver Mary Gray derrière un buisson, que Gégé n'a pas voulu m'accompagner et que Kate Davis a préféré aller voir ses parents, j'ai décidé de poser des questions aux professionnels d'ici. Je vais faire des fiches métiers et montrer à McGo que je m'intéresse à mon avenir.
- Et c'est pas trop dur à vivre ? je demande avec une moue faussement intéressée à la jeune vendeuse de prêt à porter.
- De quoi ? répond-elle, tout sourire.
- Eh bien ça, je fais en désignant sa tenue et ce qui l'entoure, vous arrivez à vous regarder en face maintenant que vous avez raté votre vie ?
- Pardon ? s'offusque t-elle.
- Vous gagnez combien ? Une misère je présume. Il n'y a qu'à voir le pot de peinture que vous avez sur le visage, du maquillage bas de gamme. Vous devriez arrêter, avec une tête plus naturelle et des dents blanches, on pourrait presque croire que vous êtes satisfaite de vous. Vous fumez ?
- Je...
Elle est rouge, semble ne plus savoir quoi dire alors je me désiste pour l'aider.
- C'est difficile à une époque comme la nôtre de se réorienter vers un autre métier en plus. Avec la guerre et tout... Vous allez réussir à vous lever tout les matins en sachant que vous resterez coincée dans cette vie morne et sans saveur ?
- Écoute ma petite, il est clair que ton avenir n'est pas très glorieux, il n'y a qu'à voir ta tête d'abrutie. Tu ne vas pas aller bien loin dans la vie. Je te souhaite de te trouver un mari assez con pour te choisir. Un riche de préférence pour que tu n'aie pas à bouger le petit doigt. Tu pourras bien cracher ton venin sur les honnêtes travailleurs de ta véranda avec un bon cocktail en main.
Je siffle d'admiration.
- Preuve en est que tu avais toutes les capacités pour devenir quelqu'un de meilleur ! Tu as deviné en même pas deux minutes tout l'avenir que je me réservais ! Un tel gâchis de compétences...
Je secoue la tête et m'en vais sur ces dernières paroles.
Bon, vendeur, c'est fait.
- Avouez, je fais auprès d'un vieux grincheux derrière le comptoir. Vous profitez de votre métier pour picoler ? Vous avez une tête d'alcoolique.
Je lui fais un clin d'œil complice.
En voilà un qui a trouvé la bonne planque ! Et dire qu'il y en a qui osent m'assurer qu'en tant que serveur nous n'avons pas le droit de boire pendant les heures de travail.
Regardez-moi ce long pif plein de poils, ces grandes oreilles qui doivent bien cacher deux trois pustules et cette tignasse !
Sous ses airs de clodo colérique se cache surement un être tendre en mal d'affection qui noie son malheur dans la picrate.
Mais je vois dans son regard, toute l'intelligence. Lui au contraire de l'autre vendeuse sous-payée, il a su monter en haut de l'échelle ! Il est son propre patron, de cette façon pas besoin d'une turlutte pour espérer une augmentation qui ne viendra jamais. Et en plus, il peut boire à l'œil !
Si jamais Gégé ne m'épouse pas, j'ouvre un bar miteux, bien planqué et peu fréquenté comme celui-ci. C'est décidé.
- Vous payez des impôts ? je continue auprès du vieux qui ne prend même pas la peine de me répondre comme si je n'étais qu'un misérable insecte bien chanceux d'être épargné par sa sandale.
Bon.
J'ai des poils sur le ventre.
Je ne suis pas non plus poilue comme un homme, hein !
Je veux dire. Voilà. Il y a quand même des poils qui apparaissent sur mon ventre ces derniers jours.
Espérons que mon arrière train ne subisse pas le même sort.
Je devrais demander à McGo des conseils sur l'épilation fessière. Elle doit en savoir quelque chose.
Ça ne doit pas être facile de s'épiler le derrière sans voir ce qu'on fait. Et dire que je n'y avais jamais songé !
Et si je me coupais ?
Oula, ce n'est vraiment pas une décision à prendre à la légère.
Peut-être que je ne suis pas la seule à m'inquiéter à ce sujet.
- Alors, vous pensez qu'il y a un livre qui donne ce genre de conseil ? je demande à Mme Pince qui est pâle comme la mort tout à coup.
- ...
- Pas que j'ai une touffe dans le derrière ! Non non, juste que je m'interroge, je tente de la rassurer.
Son regard fixe un point derrière moi et je me retourne pour voir Gégé, la bouche ouverte, se demandant sûrement le vrai du faux là-dedans.
...
Je vais devoir changer de méthode de drague, je crois.
J'observe l'œil violacé de Lerry d'un air suspicieux.
- Et tu me dis qu'un parasol volant t'a atterri dans l'œil ?
En février ?
A Pré-au-lard ?
Soit.
Pourquoi pas.
Mais j'en fais quand même ma petite idée.
Les hommes ont beaucoup de mal à avouer qu'ils sont battus, vous savez.
Mais quand on connait l'autre hystérique de Gray, on se dit que bon. Voilà.
On peut comprendre.
J'ai assez d'expériences pour savoir que cette névrosée a la main leste. J'en ai même souvent fait les frais.
Elle a beaucoup de difficultés à gérer ses émotions sans avoir à les faire subir à son entourage. Cela résulte surement du fait que mon oncle l'a abandonnée à la naissance.
Il a dû sentir, quand il a vu sa tête de bébé psychopathe, que se cachait une enfant tyrannique.
C'est que les Flint ont un instinct, vous savez. Dès que ça sent le roussi, on se carapate fissa !
- Salut Carrie, me sourit un Serdaigle en poussant sans ménagement Lerry qui n'a pas le temps de protester puisqu'il se prend le sol et reste sonné.
- ...
Je ne m'inquiète pas pour mon ami puisqu'il a l'habitude d'être une victime.
Par contre je m'inquiète pour mon propre sort.
C'est qui lui ? Un pédophile déguisé en Serdaigle afin d'apaiser ma méfiance et de chercher à me violer ?
Ou tout simplement cherche t-il à vendre mes organes à une association louche qui se cache derrière la défense des pingouins asthmatiques ?
Mon ravisseur se racle la gorge.
- Je sais que nous n'avons pas l'habitude de discuter tous les deux et c'est bien malheureux. Nous pourrons rattraper le temps perdu si tu veux. En tout cas si je suis là aujourd'hui, à tes côtés, c'est que j'ai besoin d'un avis professionnel.
- Clairement si c'est pour ta coupe de merde tu peux tout aussi bien te mettre le cul d'un koala sur la tête qu'on y verrait pas la différence, je lui fais donc avec un sourire avenant.
Encore qu'un koala c'est mignon. Pas que je mate le cul des koalas mais. Voilà.
Bref. Je n'ai pas à m'expliquer.
J'aime donner des conseils c'est tout.
Ah j'ai toujours su que les gens aimaient se tourner vers moi pour parler d'esthétisme ! Il n'y a qu'à voir avec quelle classe je m'habille !
Mon uniforme quoi.
Mais avec un corps comme le mien, les autres élèves ressemblent tous à des ploucs à côté de moi. Il est donc normal qu'ils se tournent vers ma personne pour parler look.
- Non ce n'était pas pour ça. En fait, je voulais te parler de ta copine, me coupe t-il précipitamment alors que j'ouvre la bouche. Kate Davis.
Ah bah voilà.
Évidemment. Il suffit qu'un pot de colle me lèche le cul et pleure dans mes basques toute la journée pour qu'on nous catégorise d'amies ?
Je suis juste une personne altruiste qui évite que le taux de mortalité à Poudlard n'augmente. Les chiffres stagnent et ne venez pas me dire que c'est grâce aux contribuables !
- Bref, reprend-il face à mon silence consterné, j'arrive pas à me la faire. Alors j'ai pensé à un truc. Si je la mettais enceinte, elle serait forcée de m'épouser, et donc de consommer notre mariage. Qu'est-ce que t'en penses ?
...
Il est vraiment à Serdaigle, lui ?
- Si j'ai bien compris tu veux la niquer, mais comme tu n'y arrives pas tu penses pouvoir l'épouser en la mettant en cloque ?
- Tout à fait, sourit-il.
- Et du coup tu espères la mettre en cloque comment ?
- ... C'est là que je rame en fait, grimace-t-il. Alors je me suis dis que comme tu as réussi à être enceinte pour mettre le grappin sur Greengrass, tu pourrais me filer un tuyau.
...
- Qu'est-ce que tu vas foutre avec un tuyau ? Je lui demande. J'en ai pas sous la main !
Quel attardé.
...
Hé !
- Je ne suis pas enceinte !
Il lance un regard perplexe à mes hanches.
- Salut, ça va ? je demande en sautillant auprès de mon cousin Parkinson.
- Bien et toi ? répond-il rêveusement en fixant un point dans le vide.
Je m'installe à ses côtés et soupire.
- C'est-à-dire qu'il y a plusieurs façons d'interpréter cette question. Qu'est-ce que cela veut-il dire réellement ? Notre interlocuteur le demande t-il en s'intéressant vraiment à la réponse ou cherche-il simplement à échanger des banalités ? Ce que j'ai envie de te dire sur le moment, c'est oui, ça va. Mais qu'est-ce qui va ? Est-ce que cela entoure ma vie globale ? Ma journée ? Est-ce qu'on fait un bilan de l'année ? Qu'est-ce qui se cache derrière cette simple question ? Nous pouvons y répondre par oui ou par non, mais l'un dans l'autre, est-ce qu'on le pense vraiment ? Si je devais faire un bilan de ma journée, je dirais que globalement ça va, mais est-ce que moi je vais bien ? Je ne sais pas, d'un côté je flâne, je discute, j'échange avec des élèves, je prends du temps pour mes besoins primitifs. Alors bon. Voilà. Tout dépend toujours de la personne, de ce qu'elle attendait de sa journée. J'en attendais pas grand chose pour être honnête. Cela cache-il une part de moi dépressive ? Le fait que je ne cherche pas à faire grand chose, que je vais simplement où mes pas me guident sans même songer à l'horloge qui tourne. Sans même avoir la réelle impression de vivre. Qu'est-ce vivre de toute façon ? Qui a décidé que faire quelque chose d'excentrique de sa journée était vivre ? Pourquoi devons-nous toujours sourire à la vie ? Pourquoi devons-nous demander à une personne si elle va bien ? Qui a décidé que les formules de politesses pouvaient exister ? A quoi servent-elles exactement ? Non mais est-ce que tu prends seulement le temps de considérer mes émotions ? Tu t'attendais à ce que je te dise que oui ? Tu t'en fiches c'est ça ? Figure toi que non ! JE NE VAIS PAS BIEN ! J'AI MES RÈGLES ET JE N'ARRIVE PLUS A STOPPER LES SAIGNEMENTS ! J'AI UN VOLCAN DANS LE SLIP ET PERSONNE NE S'EN SOUCIE !
Sur ce je me lève, le gifle et m'en vais sans demander mon reste.
Non mais !
Quel culot il a !
Sur le chemin je croise le regard interloqué de Gégé.
- MAIS Y EN A MARRE DE CETTE DÉVERGONDÉE ! ON A PAS BESOIN DE SAVOIR CE QU'IL SE PASSE SOUS TA JUPE ! S'égosille tout à coup le petit Kevin d'une voix horrifiée.
Je passe devant lui et sort de la salle commune.
- QUIN CASSES-TOI D'ICI AUSSI ! C'EST PAS UNE CRÈCHE NOM D'UN ÉJACULAT MOLDU !
Il se fait éjecter et le tableau se referme sur nous. Nous laissant dans le couloir comme des cons.
- ... Mes chocolats... se lamente-il. J'ai pas eu le temps de les reprendre.
- Et vous aimez votre métier ?
- Disons que si nous remettions au goût du jour certaines règles de base, mon train train quotidien serait plus agréable.
- Ah oui ? Comme ? je demande en prenant note dans mon calepin.
- Pendre les élèves par les pieds, pour les plus rustres j'avais pensé à leur couper quelques doigts, sourit-il avec un air rêveur.
- ...
Il continue de sourire, les yeux levés vers le ciel pendant que je médite sur la question.
Heureusement qu'on le retient un minimum d'exercer sa profession comme il l'entend. Plus personne ne ferait de connerie dans cette école. On se ferait royalement chier.
- Et sinon vous gagnez une prime à la fin de l'année ?
- Une prime ? s'étonne t-il.
- Oui, un treizième mois... Le Directeur ne le fait pas ? Vous devriez en parler à l'académie ! Avec tout le travail que vous fournissez, vous mériteriez même un quatorzième mois !
Il hoche de la tête, proprement scandalisé de ne pas y avoir pensé plus.
Mais c'est vrai en plus ! Je savais bien que le vieux en profitait pour s'en mettre dans les poches. Mais les petits copains après hein ? Et que fait-on de l'esprit de camaraderie. Vous pensez bien ce vieux croûton profite bien de ce pauvre cracmol pour qu'il fasse le boulot des elfes, mais dès qu'il faut payer, y a plus personne !
Pensez bien que quand je vais faire partie du conseil d'administration, ça va marcher droit et sec !
- Une dernière question, qu'est ce qui vous a poussé à faire le métier de concierge ?
- Je dirais que c'est avant tout une histoire d'ambition. Commencer petit pour monter plus haut.
On peut pas dire que ça ait marché.
- Ce ne serait pas plutôt le fait que vous soyez cracmol, vous avez abandonné les études, aucun diplôme, et aucune promesse d'avenir ?
- Je ne suis pas cracmol ! proteste t-il en me donnant un coup de balai sur la tête.
- ...
- Je suis un sorcier sans pouvoir voilà tout !
- ...
Je m'en retourne à curer la baignoire de McGonagall après lui avoir lancé un regard septique.
Et dire qu'elle se nettoie ses seins qui pendent là-dedans. C'est malsain de demander aux honnêtes élèves de nettoyer là où elle pose ses fesses ridées.
Je dirais même pervers.
Ça se trouve elle s'est cachée dans une armoire pour me regarder faire et que ça l'émoustille.
