Bonsoir !

Après...plusieurs mois d'absence, nous revoilà ! Mais cette fois est la bonne (enfin j'espère). On a au moins dix chapitres d'avance, donc normalement ça devrait aller.

Merci en tout cas à Solealuna, BONES-NCIS, lulu037, July-bOnes, angy, T'Pau, Guest, miss-sadique et Elodiev31 pour leurs commentaires.

Bonne lecture !


Chapitre 24 : Piège

«Papa ! Je ne bougerai pas d'ici tant que tu ne m'auras pas dit ce que tu as trouvé.

-D'accord, soupira-t-il, alors voilà…»

Max fit une courte pause. Mais, devant l'impatience de sa fille, il se jeta à l'eau :

«En fait…je ne t'ai pas tout dit. Je suis resté en contact avec mon ami. J'avais son numéro de téléphone alors…je l'ai appelé pour avoir plus d'informations.

-Viens-en au fait ! Qu'est-ce qu'il t'a dit ?

-Il m'a raconté que ton tueur a tué son frère et sa femme à Philadelphie. Elle était enceinte. Cet homme s'appelait Samuel et il avait une fiancée, qu'il appelait Alex. Mais elle est morte quelques années avant.

-Comment ?

-Un voleur l'a attaquée dans une ruelle avec un couteau. Il ne lui voulait pas de mal, mais elle s'est défendue, répondit Max. Mon ami pense que c'est l'origine de l'obsession du tueur pour les couples. Et surtout Tempérance…

-Quoi ? Il t'a dit autre chose ?

-Oui. Le…le tueur ne s'éloigne jamais longtemps de ses proies. Il est ici, à Washington. Et Booth aussi.»


Le lendemain matin, à six heures précises, une anthropologue marchant au pas de course entra dans le bâtiment Hoover du F.B.I. Elle passa les agents de sécurité sans même s'arrêter, tendant vers eux le bras au bout duquel se trouvait sa carte d'identification. Elle prit les escaliers, n'ayant la patience ni d'attendre l'ascenseur, ni même d'attendre à l'intérieur de la cabine que celle-ci daigne monter, si toutefois elle ne se bloquait pas.

La jeune femme montait les marches deux-à-deux, bien déterminée à atteindre le plus vite possible le bureau du directeur. Elle ne devait pas, elle ne pouvait pas courir ou même passer les marches quatre-à-quatre. Cela lui avait été formellement interdit par le médecin. Elle avait même dû s'échapper de l'hôpital, et sa cheville droite lui faisait mal, quoi qu'elle en dise. Mais elle n'avait pas le droit de souffrir. Pas aux dépens de Booth.

Brennan atteignit enfin l'étage du bureau qu'elle visait. Elle ouvrit la porte sans frapper ni même se soucier de ceux qui pouvaient se trouver à l'intérieur.

Il n'y avait là que deux personnes : Cullen, bien sûr, et l'agent Garrett. Ils discutaient probablement de l'affaire.

«Docteur Brennan ! s'exclama Cullen. Enfin ! Vous savez qu'on vous a cherchée toute la nuit ? Qu'est-ce qui vous a pris de planter vos gardes du corps ? Vous êtes inconsciente ou quoi ?

-Je suis parfaitement consciente, merci.

-Où étiez-vous passée ? Qu'est-ce qui vous est arrivé ? Ça va ? demanda Garrett plus calmement, montrant du doigt son bleu au visage puis le bandage qu'elle avait au poignet gauche.

-Aucune importance. Je vais bien, c'est l'essentiel. Et j'ai du nouveau sur le tueur. Il est ici, à Washington, avec Booth ! Il faut immédiatement commencer les recherches !

-Une minute, fit Cullen, interrompant Garrett dans son mouvement en direction de la porte. Comment avez-vous eu cette information ?

-Mais ça n'a aucune importance !

-Si. Nous devons savoir si cette information est fiable ou non.

-Elle l'est. Il n'y a pas de temps à perdre !

-Répondez. Comment l'avez-vous obtenue ?

-Par un ami. Il faut lancer les recherches !

-Quel ami ?

-Directeur, commença Garrett, je crois qu'elle a raison et qu'il faut…

-Agent Garrett, je suis votre chef, oui ou non ?

-Oui, reconnut-il en baissant la tête.

-Alors docteur Brennan ? Quel ami ?

-Qu'est-ce que ça peut changer ? Vous feriez mieux de commencer à chercher Booth au lieu de poser des questions stupides !

-Cette question n'est pas stupide si cet ami est aussi un ami du tueur ! Je dois savoir qui c'est.

-Alors vous n'allez rien faire ? Vous allez le laisser tuer Booth sans rien faire ?

-Je n'ai pas dit ça docteur Brennan. Mais je ne veux pas risquer d'embarquer mes agents sur une fausse piste. Je vous rappelle que Booth est l'un de mes meilleurs éléments.

-Je le sais ça ! Mais il faut le retrouver ! Il est là ! Si ça se trouve, il n'est qu'à quelques centaines de mètres d'ici !

-Donnez-moi le nom de votre «ami» et dites-moi où je peux le trouver. Dès que l'agent Garrett l'aura interrogé et fait quelques recherches sur lui, je lancerai les recherches. Mais en attendant, le docteur Sweets m'a dit qu'il avait un plan pour piéger le tueur. Nous pouvons essayer ce plan-là pendant que l'agent Garrett s'occupe de votre ami.

-En quoi consiste ce plan ? Je vous rappelle qu'on est déjà en train d'appliquer un de ses plans, et que pour le moment on n'obtient aucun résultat !

-C'est justement pour ça que nous allons changer de stratégie. Le docteur Sweets a dit qu'il viendrait à six heures trente me dire de quoi il retourne. Alors, ce nom ?

-Je ne sais pas comment il s'appelle. En fait c'est l'ami d'un ami.

-Nom et adresse des deux ?

-Je dois appeler quelqu'un. Excusez-moi.»

La jeune femme sortit de la salle, le téléphone dans la main. Elle cliqua sur un contact avant de porter le téléphone à son oreille.

«Tempérance ? fit une voix au bout du fil.

-Oui, c'est moi. Je…Cullen est d'accord pour lancer les recherches mais…il veut ton nom et celui de ton ami.

-Pour moi, il n'y a pas de problème, tu peux lui dire. Pour Fred…il faut que je l'appelle. Je suis désolé Tempérance.

-Non…tant pis…on va se débrouiller sans pour le moment.

-Attends…tu n'es plus à l'hôpital ? Tempérance enfin, tu es blessée ! Les médecins ont d…»

Brennan coupa la communication avant de retourner dans le bureau.

«J'ai besoin d'un peu de temps. Mon ami doit d'abord contacter son ami pour avoir son accord. Mais…»

La jeune femme fut coupée par Sweets, qui entra sans frapper dans le bureau.

«Docteur Sweets ! s'indigna Cullen. Vous pourriez frapper !

-Oui, je suis désolé mais j'étais en retard et…

-Bon…passons, passons. Quel est ce fameux plan dont vous m'avez parlé hier ?

-Justement, je suis là pour ça. En fait, je pense que le tueur ne va pas tarder à enlever le docteur Brennan ici présent. Donc je crois qu'il est temps de lui tendre un piège.

-Comment ça ?

-On vous remet, docteur Brennan, dans le premier appartement ainsi, nous serons certains qu'il saura où vous vous trouvez. Le but, c'est qu'il vous enlève et nous conduise de ce fait à son repaire.

-Comment vous comptez nous retrouver ? Booth a disparu depuis plus de trois jours et on n'a presque aucune piste !

-On vous mettra un micro et une balise GPS pour pouvoir vous repérer au cas où on vous perdrait pendant la filature, expliqua Sweets.

-J'en ai déjà, je vous rappelle, répliqua Brennan.

-De toute évidence, il sait que vous en portez. Sinon il aurait déjà agi. Il faut les changer d'endroit.

-Je pense qu'il le verra, répliqua Brennan. au cas où vous ne l'auriez pas remarqué, il n'est pas stupide !

-Pas s'ils sont cachés dans des choses que vous portez tout le temps…votre montre peut-être ?

-Il est probable qu'il me l'enlèvera. Et puis, vous savez, porter une montre chez soi, ce n'est pas très naturel.

-Alors…une de vos chaussures peut-être.

-Bien sûr ! Comme ça, s'il m'enlève dans l'appartement, votre plan tombera dans l'eau !

-À l'eau, corrigea rapidement Sweets. Non…un bouton de chemisier ?

-Il se peut que ce bouton s'arrache.

-Une boucle d'oreille ?

-Ah ? Parce que vous croyez que remplacer des boucles d'oreille par d'autres boucles d'oreille va le tromper ? répliqua sarcastiquement l'anthropologue.

-Un pendentif alors ?

-Oui, je suppose que cela devrait aller, répondit Cullen avant que Brennan n'eût eu le temps de répondre. Merci pour cette brillante idée docteur Sweets, nous allons équiper le docteur Brennan en conséquence. Garrett, allez chercher ce qu'il nous faut. Vous récupérerez aussi les boucles d'oreille.

-Bien monsieur.»

Le reste de la journée passa plutôt normalement compte tenu du déroulement des jours précédents. Mais, tapi dans l'ombre, un homme attendait son heure pour mettre en œuvre la deuxième partie de son plan diabolique…


On «offrit» à Brennan un magnifique pendentif en forme de cœur pas trop voyant. Après avoir vérifié que tout fonctionnait parfaitement, la jeune femme fut conduite dans le premier appartement, ce qui fit remonter des souvenirs de la soirée que Booth et elle avaient passée ensemble.

Brennan avait plus peur que le plan de Sweets échoue que pour sa propre vie. Elle se disait que, de toute manière, si elle était enlevée et que l'opération tombait à l'eau, elle serait avec Booth, et à deux, comme avant, ils s'en sortiraient. Ils s'en sortaient toujours…

Elle s'installa, et, suivant les directives du F.B.I., se livra à diverses actions banales comme faire la cuisine, se laver, faire son lit.

Sweets était un brave garçon, intelligent, vif et plein d'idées, mais le tueur l'était plus encore, et Brennan doutait fortement qu'il se laisse berner par cette ruse. Elle aurait parié qu'il avait «flairé le piège à des kilomètres à la ronde».

Mais elle préférait se faire avoir que ne rien faire du tout.

Elle s'installa à table, seule, dégustant son repas, une cuisse de poulet, sauce aux champignons et carottes vichy.

Elle semblait absente, pensante et s'ennuyait à mourir, attendant l'action de la soirée, son enlèvement…

Les dix heures sonnèrent ; elle s'installa sur le vieux divan aplati après avoir inséré un DVD des frères Cohen, Fargo, dans le lecteur.

Son téléphone posé sur la table basse se mit soudain à vibrer et à faire de petits cercles sur la surface en bois :

«Allô ?

-Oui, c'est l'agent Garrett.

-Oui, quoi ? demanda-t-elle un peu sèchement.

-C'était juste pour vous dire que vous pouviez aller vous coucher. Le tueur n'est pas tombé dans le piège.

-Pourquoi dites-vous ça ?

-Étant donné l'heure, il est peu probable qu'il vienne maintenant mais ne vous inquiétez pas, je reste en bas de l'immeuble pour monter la garde.

-Il peut très bien venir plus tard, déclara la scientifique, qui ne voulait pas échouer une fois de plus.

-Le docteur Sweets dit que s'il avait voulu venir, il l'aurait fait bien avant.

-Bien…bonsoir.»

Elle raccrocha sans attendre la réponse de l'agent, trop énervée de pédaler dans le vide, encore. Elle ne perdait pas espoir pour que ce psychopathe se livre à une petite visite nocturne mais, fatiguée tout de même, elle suivit les conseils de Garrett et se glissa, encore toute habillée, entre la couette et le drap.

Elle eut du mal à s'endormir, essayant de cerner la personnalité du tueur, de le comprendre, lui et ce qui l'animait, même si elle n'était pas très douée en psychologie.

De la folie, voilà ce qui l'habitait, mais pas seulement. Il y avait plus…il essayait de satisfaire certaines envies, il cédait à certaines pulsions en enlevant, en torturant, en tuant ces couples qu'il terrorisait. C'était un besoin pour lui.

L'ami de son père pensait que c'était le meurtre de cette Alex, la femme qu'il aimait, qui faisait que maintenant, Sam n'était plus un homme mais un monstre.

Pour Brennan, la mort de cette femme tant chérie était le déclencheur, mais le psychopathe avait toujours été là, enfoui quelque part, et ce décès l'avait juste fait remonter à la surface.

Après tout, des tas de gens perdaient des proches chaque jour, et tous ne devenaient pas pour autant des tueurs en série ! Heureusement, parce que sinon, elle croulerait sous le travail !

Elle-même avait perdu des proches. Ses parents. Sa mère du moins. Même si son père était toujours vivant, il avait créé en elle un vide. Comme s'il était mort. Quinze ans durant, elle avait ressenti ce manque. Ce manque d'un parent, ce manque d'un père. Russ, lui, n'avait pas provoqué le même effet chez elle. Lui, elle l'avait haï. Bien sûr, il lui manquait, mais pas autant que son père. Elle ne ressentait pas ce manque de la même manière, Russ c'était moins…moins fort.

Quelques larmes plus tard, elle trouva finalement le sommeil.


La jeune femme se réveilla brusquement, gardant les yeux fermés. Un bruit. Il y avait quelqu'un dans la chambre.

Son rythme cardiaque accéléra de façon fulgurante ; ce ne pouvait être que lui.

Elle n'osait pas ouvrir les yeux ; elle avait peur.

Soudain elle ne put plus respirer. Elle suffoquait. Elle n'avait plus d'air dans ses poumons, qui semblaient littéralement en feu en cet instant.

Que se passait-il ? Pourquoi ne pouvait-elle plus inspirer ?

À peine réveillée, dans une pièce plongée dans le noir le plus total, une jeune femme se débattait sur son lit, bougeant frénétiquement les jambes, les bras, tentant vainement de se débarrasser de ce qui l'empêchait de respirer, de vivre.

Elle comprit, entre deux instants de panique, que quelqu'un se trouvait sur elle et pressait son oreiller sur son visage, obstruant sa bouche et son nez, seules voies respiratoires.

Elle essaya de se calmer quelques secondes, et, rassemblant les dernières forces qui lui restaient, bascula tout son poids sur le côté à l'aide de ses jambes. Dans son élan, elle réussit à déstabiliser son adversaire.

Elle tomba violemment sur le sol et heurta la table de nuit du front. Gémissant, elle se mit en position fœtale sur le sol, attendant la suite, ayant acquis la certitude que c'était bien lui, le tueur, celui qui voulait l'enlever.

L'homme, grand, fort et plutôt bel homme, ricanait face à la douleur que semblait ressentir sa victime. Non, il ne ricanait pas, il jubilait.

Il s'accroupit près de sa proie, qui pouvait désormais sentir son souffle chaud sur la peau de son visage, et murmura avec une voix sortie tout droit de l'Enfer :

«Tu es à moi maintenant...»

Elle aurait aimé hurler : «Je ne suis à personne», mais aucun son ne sortit de sa traître bouche. Brennan pouvait sentir le liquide chaud qu'était le sang couler sur ses joues, signe qu'elle s'était blessée.

«Tu as mal petit oiseau ?» l'entendit-elle chuchoter.

Puis il ajouta une phrase, quelques mots, six précisément : «Tu n'as encore rien vu !».

Alors qu'il se retournait, Brennan se releva rapidement et commença à courir vers la sortie de la chambre. Le tueur, qui n'avait rien manqué de ce qu'il qualifierait plus tard de spectacle, explosa d'un rire tonitruant que seul le grand méchant du film a : un rire sadique.

Brennan n'eut même pas le temps de sortir de la pièce que déjà Sam était sur elle, lui ayant attrapé le pied pour qu'elle trébuche et s'écrase une fois de plus sur le sol, qui était encore plus dur que la fois précédente. Elle ne sentait plus sa pommette.

Le temps que Temperance reprenne ses esprits avait suffi au tueur pour aller chercher la lampe de chevet et revenir. Brennan se retourna face à son assaillant, se demandant ce que faisaient Sweets, Garrett et les autres du F.B.I., se demandant ce que lui, Sam, s'apprêtait à faire…

Elle n'eut pas le temps de penser à autre chose que déjà le pied en porcelaine de la lampe se brisait sur sa tête dans un bruit « ravissant », comme l'aurait dit Sam, qui ne se retenait pas de sourire. La jeune femme sombra dans l'inconscience.

Il se baissa, attrapa un des deux pieds de Brennan et la tira sans ménagement vers la porte d'entrée de l'appartement, comme on tire un animal mort tué à la chasse. Et c'était exactement cela, le chasseur chassant le gibier.

Avant de sortir, il baissa la tête vers le corps inanimé de la jeune femme et dit d'un ton calme :

«À nous trois maintenant…»


Alors alors ? Comment trouvez-vous ce nouveau chapitre ?

Je posterai le chapitre 25 mercredi, vous avez déjà assez attendu comme ça !