A.T : Bonjour, bonjour ! J'espère que tout le monde va bien et que vous passez de bonnes vacances !

Bon, passons à ce chapitre... Beaucoup d'entre vous craignent le pire pour le contenu de cette lettre... Ben vous n'allez pas être déçus !

Je suis très insatisfaite de ma traduction sur ce chapitre, je trouve que l'émotion ne passe pas assez bien, mais avec un peu de chance, c'est juste que je suis trop critique envers moi-même.

Merci encore pour toutes vos reviews, et désolée, même si je les lis toutes, en ce moment je trouve à peine le temps de traduire, donc je n'ai pas pu vous répondre et ça continuera sûrement comme ça jusqu'à Septembre, sorry !

Bon ben,

Enjoy ! (enfin essayez au moins)

Dislaimer : On va faire un essai... Relaxez vous... Détendez vous... Fermez les yeux... Comptez jusqu'à trois... Un... Deux... Trois... Ça y est ! C'est moi qui possède tout ! Non ? Ça a pas marché ? Bon ben... Une prochaine fois peut-être.


« Qu'est-ce que dit Nicholas ? » demanda Harry, impatient.

« Attends ! Je n'ai même pas encore dépassé 'Cher Harry et Severus' ! » lui répondit le maître de Potions. Il continua de lire. Il aurait aimé ne pas l'avoir fait.

Harry avait souvent imaginé comment il passerait son premier jour, de retour à Silbreith. Il s'était dit qu'il serait extatique d'être rentré. Il ferait un peu de cheval, ça lui avait manqué pendant qu'il était à Poudlard. Il commencerait son projet sur les balais, en utilisant les livres que Severus lui avait offerts. Il continuerait ses recherches sur les Animagi. Il s'entraînerait en Alchimie, essaierait de saisir le concept de la dernière étape de fabrication de la Pierre Philosophale. Il n'avait jamais imaginé que ça se passerait comme ça.

Sa vie avait changé depuis qu'il avait lu cette lettre dans le bureau de Severus. Le professeur de Potions l'avait lue en premier bien sûr. Il était devenu livide et s'était affalé sur sa chaise, la lettre lui échappant quasiment des mains. Après être devenu incroyablement inquiet et ne recevant aucune réponse de Severus, Harry lui avait arraché des mains et l'avait lu lui-même. Et ça avait changé sa vie, bien plus que sa rencontre avec Voldemort ne l'avait fait. Il pouvait encore se rappeler de cette lettre par cœur, les mots gravés dans son esprit, laissant des traces douloureuses dans son âme.

Cher Harry et Severus,

Je sais que cette lettre ne sera pas ce que vous attendez. Je sais que vous pensiez pouvoir vous débarrasser de vos inquiétudes à propos de la Pierre et rien ne me fait plus mal que de savoir que je vais empirer les choses.

Albus m'a contacté il y a quelques jours, le lendemain de la réception de votre lettre, et m'a raconté la version officielle de ce qu'il s'est passé à Poudlard avec la Pierre. C'est intéressant parfois comme il ignore la vérité même si elle est là, juste sous son nez. Mais je m'éloigne du sujet, ce n'est pas le sujet de cette lettre.

La Pierre m'a été rendu le jour même où Albus est venu me voir. Il m'a demandé ce que je comptais en faire, je ne lui ai pas encore dit. Je savais que je devais vous le dire d'abord. Je l'ai détruite. Oui, vous avez bien lu. Vous êtes intelligents tous les deux. Vous devez déjà comprendre ce que tout ça veut dire. Pernelle et moi avons encore assez d'Elixir pour s'occuper de quelques affaires et après, nous allons mourir. Quand vous lirez cette lettre, ce sera déjà fini.

Je sais que vous penserez que je suis cruel, de faire mes adieux à travers une lettre. Si j'avais pensé qu'un dernier au revoir aurait rendu notre séparation plus simple, je serais venu par Poudre de Cheminette le plus tôt possible. Mais je devais le faire comme ça, autrement, cela aurait été bien trop à supporter pour mon vieux cœur.

Je vous dirais de ne pas nous pleurer. Nous avons vécu une vie pleine. Plus longue que la normale, mais vous êtes ceux qui l'ont vraiment remplie. Ces dernières années, c'était juste Pernelle et moi, pendant bien trop longtemps. Et puis, vous êtes arrivés. Vous avez été les enfants que nous n'avions jamais eus. Vous avez amené de la lumière dans la vie de deux vieilles personnes, et pour ça, nous vous sommes infiniment reconnaissants.

Severus, je veux que tu saches que j'ai une confiance absolue en toi : tu réussiras tes recherches. Tu élèveras Harry comme il faut, comme tu l'as déjà fait et lorsque le temps sera venu, tu vivras ta vie pleinement. Je sais que tu dois garder tes secrets pour l'instant mais ça ne seras pas pour toujours.

Harry, tu as plus de talents en Alchimie que tout ce dont j'ai pu être témoin. Tu me rappelles moi à ton âge, toujours à la recherche de la prochaine découverte, sans jamais s'arrêter, sans jamais se décourager. Et cette curiosité ! C'est toujours ce qui m'a guidé tu sais ! Tu es plus proche que tu crois de déverrouiller les mystères les plus profonds de mon art, mais nous savons tous les deux qu'il ne s'agit pas de la fin de tes études. Rappelle toi ce que je t'ai dit sur la Pierre, Harry. Je ne suis pas le seul qui l'aie crée mais je suis le seul qui ait réussi à l'utiliser assez prudemment pour ne pas rencontrer une mort précoce à cause d'elle. Tu as un esprit créatif Harry, utilise-le, perfectionne-le et n'arrête jamais de croire en toi. Tu survivras à ça tu sais.

Sur ma vie, je ne sais plus quoi dire ! Toutes ses pensées dans ma tête et rien d'intéressant ! Je voudrais juste que vous sachiez bien, que Pernelle et moi avons vécu si longtemps parce que nous avons toujours espéré trouver ce qui donnerait à nos vies la peine d'être vécues. Et nous avons trouvé deux sorciers entêtés qui ont fait exactement ça.

Nous nous en allons maintenant, sachant que, avec la Pierre détruite, il y a un danger de moins, un moyen de moins pour Voldemort de revenir. Nous avons vu la Première Guerre se dérouler et si nous pouvons empêcher une deuxième de commencer, nous le ferons. Après tout, pour des gens qui ont vécu aussi longtemps que nous, la mort n'est rien de plus que la prochaine grande aventure.

Continuez à vivre vos vies, restez heureux et rappelez-vous, mes enfants, votre vie ne fait que commencer. Ne laissez personne se mettre en travers de votre bonheur. Je ferais de mon mieux pour vous surveiller de là où je serais et je sais que Pernelle fera la même chose. Pardonnez nous de la douleur que nous vous causons et sachez que nous vous avons aimé comme notre propre famille, nos propres enfants. Nous nous reverrons – avec un peu de chance, dans très, très longtemps.

Nicholas et Pernelle Flamel.

P.S. : Vous recevrez une lettre de notre avocat pour une lecture privé de notre testament. J'espère que certaines choses contenues dedans vous aiderons lorsque vous n'y arriverez pas.


Chapitre 26

Pertes


Ça avait fait mal. Ça faisait toujours mal, lorsqu'il sortit du cabinet de l'avocat des Flamel, après la lecture du testament. Ils n'avaient même pas pu aller à leurs enterrements. Comment auraient-ils justifié leur présence ? La famille d'Harry avait été exaltée du rétablissement d'Adrian et étaient partis, dans une atmosphère joyeuse, là où ils entraîneraient Adrian cet été. Harry avait réussi à masquer sa peine en leur présence. Ça n'avait pas été si difficile puisque le garçon se sentait entièrement engourdi. Avec des élans occasionnels d'anxiété, mais sinon les émotions fuyaient le garçon.

Nicholas lui avait légué sa collection privé de livres qui se trouvait aujourd'hui dans sa voute – nouvellement construite et fortifiée, par tous les sorts connus des Gobelins et des sorciers, dans les souterrains de Gringotts. Il avait demandé à Severus d'y faire un tour pour qu'il puisse récupérer quelques notes de Nicholas. Il avait besoin de faire quelque chose. Il ne pouvait pas rester là et attendre que le temps passe, il ne savait juste pas encore quoi faire. Severus avait récupéré toutes les plantes magiques de Pernelle qui étaient désormais transférées dans les serres du château, sous l'œil vigilant de Minnie.

La nuit passa horriblement lentement, pour les deux résidents du château. Severus abandonna l'idée d'essayer de dormir vers trois heures du matin, et partit dans son laboratoire. Harry n'avait même pas prétendu essayer de dormir. Il était assis sur son lit – qu'il n'avait même pas défait, d'ailleurs Minnie le réprimanderait de ne même pas avoir essayé – avec le livre que Nicholas lui avait offert ce dernier Noël, les parchemins qu'il avait récupéré de son coffre et son propre carnet de notes ouverts autour de lui. A l'aube, il déplaça tous ces objets dans son laboratoire, excepté un parchemin, qu'il emmena au petit-déjeuner. C'était un vieux parchemin, au papier fragile.

Et il y avait quelque chose parmi les nombreux symboles qui le recouvraient… Ce sceau avait été dessiné au milieu de la page… Et ces notes gribouillées en bas de la feuille… Il soupçonnait l'existence de ce parchemin et Nicholas semblait l'avoir placé à un endroit qu'il trouverait facilement, glissé dans les pages d'un livre dont Harry aurait besoin immédiatement. Ça ne pouvait pas être une coïncidence.

Le garçon aux yeux verts s'assit en face d'un maître de Potions très inquiet – et fatigué. Ce n'était pas que Severus n'était pas peiné : c'était aussi douloureux que la mort de sa propre mère et Nicholas avait été la seule figure paternelle de ce nom qu'il ait eu de toute sa vie. Mais il comprenait. D'une certaine manière au moins. Les Flamel avaient fait leur choix. D'accord, ce n'était pas un choix avec lequel il était d'accord, mais ça restait le leur.

Ils avaient réalisés que, en gardant la Pierre Philosophale, ils mettraient en danger les personnes qu'ils chérissaient le plus et toute la communauté magique avec eux. Donc Nicholas avait tout simplement choisi, et Pernelle avait suivi. Donc même s'il savait que c'était la chose responsable à faire, que leur sacrifice avait peut-être sauvé la vie de bien des personnes, Severus ne pouvait pas s'empêcher de souhaiter qu'ils aient été un peu plus égoïstes. Mais, il comprenait quand même.

Harry était dans une situation totalement différente, pensa le professeur de Potions. Il était resté quasi silencieux depuis qu'ils avaient quitté ce cabinet d'avocat la veille. Il avait juste récupéré quelques livres et certaines des notes de l'alchimiste et s'était terré dans sa chambre, n'en sortant pas avant ce matin. Il n'avait pas l'air enclin à parler et Severus n'avait pas l'intention de lui mettre la pression. Harry devait faire face à ça, à sa manière et Severus le comprenait aussi. Pourtant, il espérait que le garçon s'ouvre et exprime cette peine qu'il intériorisait. Il avait été forcé de la cacher pendant une semaine et maintenant, il ne la laissait plus faire surface.

La peine d'Harry, combinée avec la peur de perdre son frère et sa – complètement ridicule si quelqu'un demandait son avis à Severus – culpabilité par rapport à la mort de Quirell, l'avait conduit dans un état de réflexion intense qu'aucun enfant de son âge – peu importe combien ils étaient matures – ne devrait pouvoir atteindre.

Severus regarda Harry manger sans appétit, son regard vert fixé sur un vieux parchemin qu'il avait apporté et qui se trouvait à côté de son assiette. Il était couvert des symboles alchimiques, obscurs et secrets, qui ne voulaient absolument rien dire à ses yeux mais que le garçon semblait comprendre parfaitement. Soudain, Harry lâcha sa fourchette, ferma les yeux, et la main qui tenait le parchemin se mit à trembler légèrement.

« Harry ? » demanda Severus, essayant de paraître plus serein que son rythme cardiaque qui venait de s'affoler. Le garçon ouvrit les yeux en guise de réponse, faisant presque regretter à Severus d'avoir interrompu ses pensées. Pendant un instant, Severus avait pensé qu'Harry était enfin prêt à laisser couler ses larmes, qu'il avait retenues tout ce temps. Puis il réalisa que ce n'était ni la douleur, ni l'angoisse – même si, Merlin, les deux étaient là – qui faisaient s'illuminer ses yeux comme un feu émeraude. C'était la détermination.

« Je vais à mon labo. » déclara le garçon, sa main – désormais ferme – serrée sur le parchemin. Il fit quelques pas avant de s'arrêter et de se retourner vers Severus, par-dessus son épaule. « Ça risque de prendre du temps. » Le professeur de Potions hocha la tête. Au moins, maintenant il faisait quelque chose, pensa-t-il.

« Prend tout le temps dont tu auras besoin. » Harry retourna son geste et sortit rapidement de la pièce. Il savait qu'il devrait ressentir de la gratitude envers Severus pour une telle compréhension – son Papa était incroyable par ce côté aussi, pensa-t-il – mais cette certitude n'arrivait pas à devenir un sentiment à cause de l'armure qui entourait son cœur. Peut-être pas une armure, se dit Harry. Il le sentait plutôt comme un trou profond, un abysse sans fond qui encerclait son cœur. Chaque nouvelle émotion se perdait dans ces profondeurs qui, par la même occasion, empêchaient ces émotions qui faisaient mal de sortir.

Il entra dans son laboratoire et resta figé, sa détermination flancha une seconde. La dernière fois qu'il avait été ici, ça avait été pour sa dernière leçon d'alchimie avant le début des cours – il tiqua au mot 'dernière'. Si seulement il avait su, à ce moment, à quel point ce serait final – et Nicholas avait été avec lui. Il avait promis à ce dernier que, cet été, il aurait compris l'idée générale des étapes requises pour la construction de la Pierre et l'Alchimiste avait sourit, lui répondant qu'il n'en attendait pas moins de lui. A ce moment, Harry s'attendait aussi à ce qu'il soit là avec lui, mais il ne l'était pas. Il ferma les yeux douloureusement et inspira longuement, avant de se lancer dans une multitude d'activités.

Des livres étaient ouverts, des notes consultées alors que l'apprenti Alchimiste se perdit dans son travail. Il avait un but désormais. Il n'allait pas s'arrêter avant d'avoir terminé ce qu'il désirait. Il devait le faire. Il le devait, tout simplement. Le jour passa, ainsi que la nuit. Severus ne lui demanda pas de s'arrêter, ne lui demanda pas de quitter son laboratoire. Au lieu de ça, il lui amenait ses repas là bas et demanda même à ce qu'un canapé confortable soit installé ici, dans la pièce où Harry passait désormais la plupart de son temps, pour les nuits qu'il devrait y passer. Le maître de Potions, quant à lui, occupait le laboratoire voisin à celui d'Harry et était également englouti dans ses recherches. Se lancer à corps perdu dans le travail n'était pas la meilleure manière de faire face à ce genre de situations mais cela semblait être aussi bien son poison de choix que celui d'Harry.

Les jours passèrent, les nuits s'enchaînèrent et pendant un mois entier, Harry quitta rarement son laboratoire pour plus qu'une visite à la tour Ouest, regardant dans son télescope et griffonnant quelques notes sur ce qu'il observait. Et ce mercredi matin, au milieu du mois de Juillet, à la pointe de l'aube, Harry était prêt.

Il marcha jusqu'au milieu de la pièce, où se trouvait une construction peu profonde, qui ressemblait à un puits de pierre noire, remplie au tiers avec 35 cm d'eau. Harry regarda l'eau froide pendant un moment, pensif. Voilà, c'était bon. Il n'osait pas espérer puisque tout pouvait encore échouer. En plus, ses émotions étaient presque revenus à la normale. Il vérifia une dernière fois que tous les ingrédients dont il aurait besoin soient à porté de main. Rassuré sur ce point, Harry pointa sa baguette vers le plafond.

« Adventum ! » En réponse à son sort, un sceau peint à cet endroit se mit à luire, sa magie activée. Le cercle couvrait une grande partie du plafond, son centre placé juste au-dessus du puits. Le dessin était complexe, des symboles alchimiques se mêlaient à des runes. Le motif central était une étoile à huit branches, plus grande que le reste, mais en symétrie étonnante avec les sceaux heptagones, hexagones et pentagones qui se combinaient avec le reste des symboles. Harry observa son travail pendant quelques secondes. Ça lui avait pris deux semaines, de dessiner tout cela. Deux semaines pendant lesquelles il n'avait quasiment pas pu dormir et se reposer mais le résultat final en valait vraiment la peine, pensa-t-il.

Il retourna son attention sur l'eau et sourit. Il commença à ajouter les ingrédients dans, il l'espérait, le bon ordre, en remuant avec un sort lorsqu'il voyait que c'était nécessaire. Seuls la magie et les ingrédients pouvaient toucher la surface de l'eau jusqu'à la fin du processus. La concoction changea de couleurs de multiples fois avant que, enfin, une brume blanche ne s'élève du puits et ne commence à se répandre dans la pièce. Harry rangea sa baguette dans sa poche et tendit les bras, paumes grandes ouvertes vers l'eau, prêt à réaliser son tout premier rituel.

"Concitasti et resurge

Mutabis, solidatae

Tu reges metalla iam

Tu vitam aridiate produces"

Ses paumes brillèrent de la même manière que le sceau sur le plafond, ce qui fit apparaître deux sceaux dorés à cet endroit. L'eau commença à bouillir et à s'agiter, créant un maelström à l'intérieur du puits lorsqu'une lumière dorée apparut au centre. Le liquide changea et se transforma de nouveau en brume mais elle ne s'évapora pas. En fait, elle semblait être attirée par la lumière vive au centre du puits. Plus la brume se concentrait à cet endroit, plus la lumière virait progressivement au rouge, jusqu'à ce qu'elle devienne rouge carmin. Les mains d'Harry le brûlaient mais il n'osa même pas cligner des yeux de peur de le manquer.

Et d'un seul coup, la spirale s'arrêta et la lumière de ses mains s'évanouit, la seule lumière restant provenant du sceau au plafond puisque les torches semblaient s'être éteintes à un moment durant le rituel. Il regarda ses paumes et fut à moitié surpris de les trouver intactes, même s'il savait qu'il n'hériterait d'aucunes cicatrices. Il avait réussi, il le sentait. Il agita sa baguette pour dissiper les derniers voiles de brumes et regarda dans le puits.

Pendant qu'Harry était occupé dans son laboratoire, Severus s'était levé tôt et, comme il en avait pris l'habitude ce dernier mois, décida d'aller faire un tour dans les serres. Il avait été forcé d'agrandir les préexistantes, puisque les plantes que Pernelle lui avaient laissées étaient bien trop nombreuses pour ses serres. Il déambula silencieusement entre les rares spécimens de flore, effleurant une feuille de temps à autre. Les plantes, comme si elles avaient compris que leur maîtresse était morte, s'était flétries et n'étaient maintenues en vie que grâce aux sorts que Severus jetaient tous les jours. Il ne savait pas quoi faire avec elles, tout comme il ne savait pas quoi faire avec Harry.

Le garçon n'avait pas émergé de son laboratoire excepté pour ses visites à la tour Ouest et le maître de Potions était inquiet. Si cela allait durait plus longtemps, il allait devoir prendre les choses en main. Harry devait arrêter d'être obsédé par ce qu'il faisait, peu importe ce que c'était. Peut-être que ça avait déjà duré bien trop longtemps… Oui, pensa Severus, il dirait à Harry de sortir de son laboratoire, même pour un court instant, cet après-midi. Peut-être qu'une promenade à cheval jusqu'aux lacs pourraient…

« Papa ? » sonna la voix d'Harry derrière lui, le faisant sursauter. Sa voix était un peu rauque, n'ayant été presque pas utilisée pendant si longtemps mais c'était sans aucun doute celle d'Harry. Severus se tourna et, oui, c'était vraiment Harry, avec dans les mains un tissu bleu foncé plié sur lui-même.

« Harry ? » Severus regarda le garçon. Il était pâle de fatigue, avec des cercles noires sous les yeux. Mais les yeux, eux, brillaient avec plus de vie depuis l'incident Quirell. « Tu as fini ton projet ? » demanda-t-il calmement. Harry acquiesça.

« Oui. » répondit simplement le garçon et se rapprocha de la table où se trouvaient quelques pots vides. Il posa le morceau de tissu et Severus remarqua à ce moment qu'il y avait quelque chose dedans. « J'ai plutôt pris mon temps, n'est-ce pas ? »

« Ne t'inquiète pas Harry, ça va. » le rassura Severus, plus qu'heureux maintenant qu'il était hors des cachots. « Et quel était ton projet ? » Harry sourit légèrement.

« Il est juste là. » répondit-il en pointant le tissu. « Pourquoi tu ne l'ouvrirais pas ? »

« Okay. » déclara le maître de Potions curieux et mit sa main sur le tissu. Il haleta. Peu importe ce que c'était, c'était incroyablement puissant. Il pouvait sentir la magie suinter du matériau, chatouillant ses paumes. Prudemment, il enleva le tissu et dévoila l'objet en dessous, peu importe ce que c'était, c'était assez petit et… « Qu'est-ce que… Harry ! » Severus regarda l'objet en question, son visage exprimant clairement son choc. Ce n'était pas possible. Impossible ! Ses yeux se tournèrent vers Harry qui souriait doucement, mais ce sourire n'atteignit jamais ses yeux.

« C'est bizarre les dégâts que peut causer ce truc. » déclara-t-il doucement en regardant le tissu désormais déplié. Là, au milieu du velours bleu, se trouvait, pas plus grand qu'une noix, un cristal rouge carmin. Il avait l'air assez innocent vu comme ça, mais les deux sorciers savaient bien qu'il était tout sauf ça. « Tu peux la toucher Severus. Elle ne mordra pas, c'est juré. » C'est ce que fit Severus, en tendant la main pour soulever le cristal. C'était lisse au toucher, plus lisse qu'un cristal normal. On ne pouvait pas se méprendre.

« Une Pierre Philosophale. » murmura le professeur de Potions, sa voix exprimant son incrédulité. « Ton projet c'était… Tu as fabriqué ça ? » demanda-t-il en reposant la Pierre, presque effrayé de la tenir trop longtemps. Au lieu de répondre, Harry souleva son T-shirt. Un des symboles autour de son emblème, celui qui représentait l'Alchimie, était désormais rouge sombre, de la même couleur que la Pierre.

« Oui, je l'ai faite. » répondit Harry en regardant lui aussi la Pierre, laissant retomber son T-shirt. « C'est vraiment super petit, pas vrai ? ». Harry ferma ses yeux et soupira. Severus ne trouvait plus de mots. Ce ne devrait pas être possible. Et pourtant, il y avait la Pierre et il y avait Harry, avec cette marque qui le désignait maître d'Alchimie et son sourire triste qui lui montrait combien cela avait peu d'importance sous ses circonstances inhabituelles.

« Harry, c'est… C'est… » Il prit le temps d'inspirer pour se calmer. « Est-ce que tu comprends ce que tu as fait ? »

« Plutôt oui. » répliqua Harry, son sourire s'agrandissant un peu. « Après tout, ça m'a pris un mois entier. »

« Un mois entier ? Un mois, Harry ? » demanda Severus incrédule, en se frottant nerveusement les cheveux, les mains tremblantes. « Cela a pris à d'autres leurs vies entières et la plupart n'ont jamais réussi. Il n'y a que Nicholas… »

« En fait non. Il y en a eu d'autres avant et après lui. » l'interrompit Harry. « Ils l'ont juste mal utilisée ce qui les a amenés à rencontrer une mort plutôt violente des mains de ceux qui la convoitait. Et Nicholas lui-même a crée sa première Pierre quand il avait 14 ans. » Severus restait toujours aussi impressionné.

« Tu n'as même pas encore 12 ans, Harry. » lui rappela-t-il – ainsi qu'à lui-même – patiemment.

« Ouais, mais faut pas oublier que j'ai étudié avec Nicholas pendant des années. Et je voulais vraiment prouver que… » Il ricana sèchement. « Tu sais, je ne me rappelle même plus ce que je voulais prouver ! » Il rigola doucement puis éclata de rire. Cela sonnait bizarre à ses oreilles - un peu rauque aussi – mais il n'était pas du tout forcé. Severus le regarda comme s'il craignait pour sa santé mentale.

« Harry ? »

« Oh, je viens juste de réaliser que j'ai fait une Pierre Philosophale pour aucune raison ! » Et après cette courte explication, il recommença à rire, et l'absurdité de la situation fit rire Severus aussi.

« Tu n'as pas besoin de me dire à quel point c'est incroyable, Harry. Incroyable est un euphémisme à ce niveau-là. » Les yeux de Severus retournèrent sur la Pierre. « C'est vrai que c'est petit. » admit-il, les faisant ricaner encore un peu. « Donc, un maître Alchimiste, c'est ça ? »

« Pour ce que ça vaut. » répondit Harry, ses yeux tournés vers la Pierre également.

« Et est-ce que tu as décidé ce que tu allais en faire ? » Harry fronça les sourcils. Il n'y avait pas pensé. Il avait juste eu besoin de quelque chose pour le faire avancer, quelque chose qui lui prouvait que Nicholas était toujours avec lui, d'une certaine façon. Il quitta des yeux la pierre rouge et regarda autour de lui, observant pour la première fois l'état des plantes. Il remarqua d'abord qu'elles étaient de Pernelle. Puis qu'elles n'avaient pas l'air d'aller très bien. Soudainement, tout devient clair dans sa tête.

« Oui. Oui j'ai décidé. » déclara Harry en dégainant sa baguette pendant que Severus fixait toujours la Pierre.

« Et qu'est-ce que ça va être ? » demanda-t-il.

« Reducto ! » prononça clairement Harry, le sort blanc réduisant la Pierre en fine poussière. Le regard de Severus passa de la poussière-qui-eut-été-une-Pierre-Philosophale à Harry plusieurs fois.

« Quoi ? » demanda-t-il, sachant au fond qu'Harry avait fait ce qu'il fallait. Par contre, il n'aurait pas dit non à un petit avertissement !

« Il me semble qu'on a convenu que la Pierre Philosophale cause plus de problème qu'elle ne le mérite. » répondit Harry avec un sourire.

« T'aurais pas pu me prévenir avant ? » demanda Severus en haussant un sourcil taquin. « Je suis à un âge avancé tu sais. Et si je fais une crise cardiaque ou quelque chose du genre ? » Harry éclata de rire pour la deuxième fois, se réjouissant de sentir à quel point son cœur était léger désormais. C'était comme si voir cette Pierre se réduire en poussière lui avait permis, en quelque sorte, de tourner la page.

« Attention ! » le prévint-il entre deux rires. « Si tu commences à parler de toi, mourant de vieillesse, je retourne faire une autre Pierre. Compris ? »

« Compris. » répondit Severus, riant lui aussi. « Et je suppose que la Pierre est inutilisable sous cette forme ? »

« Elle ne peut pas être réparée magiquement et elle a perdu la plupart de ses propriétés. Elle pourrait toujours être utilisée pour faire de l'élixir de Vie par contre. » répondit sérieusement Harry.

« Alors qu'est-ce que tu vas faire avec cette poudre ? » demanda Severus, légèrement inquiet.

« Regarde. » Avec un ou deux sorts rapides et quelques mouvements de baguette, le poussière rouge s'éleva dans les airs et des petites portions se dirigèrent dans les pots de la serre. Ne se préoccupant pas du maître de Potions, complètement perdu, Harry s'approcha de la valve d'eau et l'alluma, arrosant les plantes. Cela ne prit que quelques secondes aux plantes d'absorber ce qu'il restait de la Pierre Philosophale. L'effet fut immédiat.

Tout ce qui était marron sembla redevenir vert ou violet, même rouge, enfin peu importe leurs couleurs d'origine. Les plantes alentours grandirent et fleurirent, paraissant en meilleur état que jamais, le rêve ultime d'un Botaniste dans le monde sorcier. Severus regarda autour de lui, toujours aussi confus. Est-ce qu'Harry venait de… ?

« Voilà. » déclara Harry avec un sourire. « Je pense que Nicholas approuverait, pas toi ? »

« Hum, Harry ? »

« Oui, Sev ? »

« Est-ce que j'ai des hallucinations, ou tu viens vraiment d'utiliser une Pierre Philosophale comme engrais ? » Harry cligna des yeux interdit deux ou trois fois après cette question.

« Bah, ça a marché non ? » Ils se regardèrent pendant un moment puis éclatèrent une nouvelle fois de rire. Il y avait encore de la douleur dans leurs cœurs et il y en aurait encore pendant longtemps. Mais désormais, ils pouvaient vraiment commencer à tourner la page.


Voilà, c'est tout pour aujourd'hui :)

J'aime assez ce chapitre, il est assez déterminant pour la suite de l'histoire et il se passe pas mal de choses. J'avoue que les deux choses les plus dures à traduire ici ont été la lettre de Nicholas et la scène de fabrication de la Pierre.

Sinon vous avez probablement remarqué que le titre est au milieu du chapitre parce que sinon c'est un peu spoiler... Même si les gens qui parlent un peu anglais le savaient déjà (I'm so sorry for your loss = Toutes mes condoléances...). Mais voilà, en espérant que vous avez apprécié et laissez moi votre avis sur ce chapitre !

A la prochaine !