Chapitre 25 enfin, désolée du retard, mais j'ai repris les cours vendredi, et depuis je n'ai pas trop eu accès à l'ordi

Merci encore pour toutes vos reviews, même les anonyme, ça me touche vraiment tous vos compliments!

Bonne lecture!

25. Le regard de Poufsouffle

« Euh, tu t'en met partout. »

Je traduis mentalement les paroles de Clara : tu manges comme un homme préhistorique, et tu nous fais honte, donc si tu pouvais aller t'asseoir dans un fauteuil plus loin, ce serait super. ».

« Désolée, je dis la bouche pleine. Mais j'avais une faim de loup. »

Après qu'ils m'aient porté tant bien que mal jusqu'au dortoir, hier soir, je me suis écroulée comme une masse, et j'ai dormis jusqu'à midi. Heureusement, Mathilde est allé me chercher de la nourriture, parce que mon seul effort réalisable a été de descendre ici, dans la salle commune.

Où on décide de notre plan d'action pour dans trois jours.

Parce que bien sûr, mes amies ont décidés de venir, ainsi qu'Eric. Ensuite, les maraudeurs ont dit qu'ils ne voulaient pas manquer ça, et Trina a conclu en disant qu'elle demanderait à John s'il voulait venir.

On se retrouve donc avec un groupe ultra discret de DIX personnes, qui vont s'introduire dans le ministère on ne sait comment dans trois jours.

Je vous rassure, on ne va pas du tout se ridiculiser.

« Si seulement tu avais ton permis de transplaner, je dis à Mathilde. »

Avec John, ce sont les seuls déjà majeurs. Le reste de notre groupe sont tous nés après Décembre. Mais vu qu'ils sont restés pour ces vacances, inutile de compter sur le transplanage.

« On a qu'à demander à Hagrid s'il n'a pas quelques créatures volantes, propose Trina. »

Bien sûr, et on peut aussi se balader avec des pancartes « on va se tirer d'ici dans trois jours ».

« Et on lui parle des mangemorts ou bien on se contente de dire qu'on veut aller se balader dans les plaines avec des bêtes sauvages ? J'ironise.

- Techniquement, intervient Clara, ce ne sont pas des mangemorts, sinon ton père aurait vu Tu-sais-qui, et ils seraient plus nombreux, mais ce sont des hor… »

Je la coupe d'un geste impatient de la main. Si elle pouvait techniquement se taire, ce serait génial.

Ok, son « détail » nous évite une rencontre avec le mage noir, mais si on passait aux détails important.

Comme par exemple le transport illégal de dix élèves.

Et là, même une hotte n'y pourra rien !

« Tu te sens mieux ? Me demande Mathilde en me regardant recracher un morceau de papier qui était collé à l'éclair qu'elle m'a donné.

- Oui. »

Enfin, j'ai l'impression d'avoir été piétinée par une troupe d'autruches, mais c'est pas grave !

Je m'affale un peu plus dans le fauteuil, et pose mon regard sur les bannières de Poufsouffle.

Poufsouffle le sait.

Avec Mathilde, on a toujours rien trouvé. Bien sûr, en premier, on a épluché tous les livres sur Helga Poufsouffle, où on a appris des tas de choses intéressantes sur sa vie, quand on aime les paysannes aux grands pouvoirs. Puis on a fait le tour des statues de Poufsouffle du château.

Résultat, elles sont toutes identiques, sauf une, qui se trouve devant notre dortoir. C'est la seule statue du château où Poufsouffle à les yeux ouverts. D'ailleurs, elle louche légèrement. Mais tous ce que ses yeux regardent, c'est le mur de brique.

Et après deux heures à se taper la honte en tapant sur toutes les pierres en disant qu'on le sait aussi, on a abandonné.

« Qu'est-ce qu'on fait, ce soir ? Je demande pour ne plus penser à la statue.

- Le dîner dans la grande salle sera normal. Mais ensuite, on ira se servir dans la cuisine, dit Trina avec un grand sourire. »

Ah, son programme me plait !

Trois filles de cinquième année entrent dans la salle commune, et je détourne le regard pour ne pas voir Shelly-le-panda.

Le seul truc réjouissant à son propos, c'est qu'elle ne se trimballe plus avec Black accroché à son bras.

Oulah, pourquoi je dis réjouissant ?

Je m'en fiche. Complètement.

Je regarde à nouveau les bannières.

« T'es sûre que y pas d'autres statues de cette vieille bique ? Je demande à Mathilde. »

Elle hausse les épaules.

« Pourquoi ces statues vous intéressent ? Demande Trina en regardant d'un œil torve la bannière au dessus d'elle. »

On a dit à Clara et Trina qu'on s'intéressait aux statues à cause d'un devoir de Siana, mais elles n'en savent pas plus.

« On se demande laquelle est la plus moche.

- C'est bizarre qu'il n'y en ait pas dans la salle commune, remarque Clara en regardant autour d'elle. »

Oui, c'est aussi ce qu'on s'est dit avec Mathilde. Mais bon, on est pas décoratrices non plus.

« Il y en avait une, avant. »

On se tourne toutes vers une première année, qui joue aux cartes avec son ami, un première année au visage timide.

« Quoi ? Je demande.

- Une statue, il y en avait une, ici, avant. »

Je me lève, et m'approche d'elle. Elle lève son visage rond vers moi.

« Tu es sûre ?

- Oui. On l'a appris en cours d'histoire de la magie. Mais personne n'écoute. »

Exact, personne n'écoute, à moins de souffrir d'insomnies.

« Et tu ne sais pas ce qu'elle est devenue ? »

Elle hausse les épaules en reprenant sa partie.

« Je crois qu'ils l'ont mises dans le couloir des dortoirs des filles. »

J'ouvre la bouche en grand, et me tourne vers Mathilde, qui est assise sur le bord de son fauteuil, et est à deux doigts de tomber.

« Tu as entendu ? Je dis. »

Elle acquiesce, les yeux brillants d'excitation.

« Oui. Qu'est-ce qu'on fait ? »

Ça me semble évident.

Je passe devant elle, et lui fais signe de me suivre. Je gravis les escaliers des dortoirs, et m'arrête devant la porte des septièmes années.

La statue à l'air de me regarder avec défi. Mathilde s'arrête à côté de moi.

« Alors ?

- Prend un côté ! »

J'attrape la tête de la statue, et attend qu'elle prenne le reste du buste.

« T'es dingue ? Ce truc pèse une tonne !

- Ouais bah c'est ça où rien ! »

Elle soupire en grommelant, et attrape la statue. Je compte jusqu'à trois, et on la soulève en gémissant.

Cette horreur pèse son poids !

On descend lentement et en suffocant, et arrivés dans la salle commune, on pose la statue sur un fauteuil.

Mathilde s'essuie le front avec la main.

« Pff, ça pèse lourd. Et maintenant, on en fait quoi ? »

Trina se lève, et vient nous observer en haussant un sourcil.

« Vous comptez la piquer, ou bien vous avez pété un boulon ? Demande-t-elle calmement. »

Je lui souris.

« On compte trouver un trésor.

- Pardon ?

- Tu verras. »

Tous les autres élèves nous dévisagent, mais à force je commence à avoir l'habitude.

Ce jeu débile aura eu le mérite de m'avoir humilié en public une demi douzaine de fois !

« Tu ne sais pas où elle était par hasard ? Je demande à la première année. »

Elle désigne le côté de la cheminée.

« Je crois qu'elle était là, mais je n'en suis pas sûre.

- Merci. »

Je fais signe à Mathilde, et on reprend la statue, qu'on pose sur un guéridon qu'elle fait apparaître avec sa baguette.

« Bon, maintenant, qu'est-ce qu'elle regarde ? »

On se place devant, et je suis le regard de la statue. Elle fixe la fenêtre.

Je m'approche de la fenêtre, et essaie de suivre son regard.

« On dirait qu'elle regarde le lac, commente Mathilde par-dessus mon épaule. »

Oui, j'avais remarqué. Mais qu'est-ce que le lac a à voir avec Poufsouffle ?

« Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? Je demande.

- Euh… on y va ? »

Je fais la moue.

Franchement, je suis pas vraiment partante pour une virée dehors, là.

« Allez ! »

Apparemment, Mathilde pense que c'est la seule solution. Elle m'attrape le bras, et me traîne vers la porte. On traverse le château comme ça, et arrivé dans le hall, elle me lâche pour ouvrir la porte.

Un souffle d'air glacé nous parvient, et je frissonne.

« Euh… on a pas de capes.

- Tant pis, on jette juste un coup d'œil. »

On sort dans la neige, et on traverse le parc en grelottant. On s'arrête devant le lac, et on le contourne jusqu'à l'endroit où le regard de Poufsouffle devrait atterrir. A peu près.

Je me penche sur la surface lisse en tremblant.

« Tu vois quelque chose ? Me demande Mathilde.

- Non, et je me pèle ! »

Elle se place à côté de moi, et regarde aussi.

Bon, il va encore falloir que je dise quelque chose, ou bien on s'est trompé de piste ?

« Alors ? »

Je regarde Mathilde.

« Alors quoi ? Je demande.

- Bah dis quelque chose ! »

Je soupire, et me penche sur l'eau.

« Poufsouffle le sait. »

Rien ne se passe.

« Essaie autre chose. On s'en fiche de Poufsouffle ! »

Oui, et moi aussi.

« Bon bah euh… Je le sais. »

Toujours rien. Zut !

Ça m'énerve vraiment là !

« Laisse tomber, ça marche pas, on s'est trompées !

- Mais ça avait l'air d'être ça, dit Mathilde en soupirant. »

Ou en grelottant, je ne vois pas trop là.

Enfin, ça avait l'air d'être ça, tout comme son creux semblait être le bureau de Dumbledore, dans son esprit.

« Bon, une dernière : Poufsouffle me l'a dit. Voilà, maintenant on s'en v…

- Oh regarde ! »

Mathilde m'arrache le bras, et me penche avec elle de nouveau au dessus du lac.

Au fond de l'eau, un petit objet brille.

« Qu'est-ce que c'est ? Je demande en plissant les yeux.

- Je sais pas. On voit mal. Essaie de l'attraper. »

Et merde. J'aurais dû savoir que ça finirait par un truc dingue.

Je m'accroupi, et remonte la manche de mon pull, avant de plonger le bras dans l'eau glacé.

« C'est froid ! Je m'exclame. »

Tout en grelottant, je me penche, et essaie de toucher le fond de l'eau, mais l'objet s'éloigne.

« Oh, t'as vu, on dirait qu'il s'en va ! »

Je lève les yeux vers Mathilde.

« Oui, merci, j'ai remarqué ! »

Je m'allonge dans la neige carrément, et plonge mon bras jusqu'à l'épaule.

« Il s'éloigne encore. »

Je sors mon bras bleu de froid, et me relève. Effectivement, l'objet est maintenant assez loin du bord, et on ne voit presque plus son reflet.

« Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? Demande Mathilde.

- Ca me parait évident. Je vais devoir y aller. »

Elle sourit.

« Oui, c'est ce que je pensais. »

Elle a un regard qui parle pour elle, et signifie « je préfère que ce soit toi que moi ». La garce.

Inspirant à fond, je m'assois sur le bord du lac, et me fais glisser dedans. Je pousse un cri.

« Oh mon dieu ! Elle est glaciale ! »

Je grelotte de froid, et Mathilde s'agenouille dans la neige.

« Je t'attend là, ok ? »

Je hoche la tête, et fais un pas de plus dans le lac, avant de prendre mon souffle, et de plonger.

Aussitôt, le froid m'envahit, et mon visage me brûle de froid. J'ouvre les yeux, et le froid me pique.

Je nage vers le fond, et m'approche de l'objet brillant.

Je tend une main vers lui, et le saisit.

C'est alors que je me sens aspirée vers le fond, et je vois le fond du lac s'ouvrir. Je me retrouve aspirée dans la crevasse, et je cris dans l'eau, expulsant l'air de mes poumons.

J'atterris dans une sorte de tunnel, et le passage se referme, laissant l'eau m'arriver aux genoux.

Je tremble de tous mes membres, et me force à garder mon calme en toussant.

Mais où je suis ? Et comment je sors ?

Je lève la tête vers le lac, mais la paroi rocheuse est parfaitement refermée, et je n'ai aucune chance de l'ouvrir.

Et merde !

Je regarde autour de moi. Sur l'une des parois, quelque chose est accrochée. Je m'avance, et vois un petit support de bois, sur lequel est accroché un badge. Autour de lui, il y a trois emplacements libres. J'attrape le badge, et il se met à faire défiler un message.

Vive Poufsouffle

Bravo

Je fronce les sourcils, et serre le poing sur le badge.

C'est quoi ce délire ? C'est ça le trésor ? Un badge « bravo » ?

Non mais ils se foutent de moi !

C'est pas possible !

Je viens de me peler dans le lac, en plein hiver. Je me suis tapée la honte plein de fois.

Et on me donne un badge merdique ?

S'ils n'ont jamais vu une personne en colère, ils vont découvrir ce que c'est !

Je fais un pas vers le milieu de la pièce, et regarde autour de moi. Je vois une sorte de tunnel qui remonte. Je m'y avance, et me met en route.

Je ne sais pas où ça va m'amener, mais j'espère pour Dumbledore et les autres débiles à l'origine de ce jeu que ce sera dans une salle de bains. Ou bien une salle de trésor tellement pleine que je devrais faire dix voyages pour tout prendre.

Au bout d'un quart d'heure, j'arrive devant un panneau de bois, et m'arrête.

Je pose une main dessus, et le panneau s'écarte. Je le franchis, et regarde autour de moi.

Je suis dans un couloir du château. Mais lequel ?

« Eileen ? »

Je me tourne vers Sirius en soupirant.

Il arrive encore au bon moment, lui !

« Non, c'est la fée bleue ! Je dis. »

Il me regarde des pieds à la tête.

« Pourquoi t'es trempée ? »

Pour te faire parler !

« Je m'entraîne à pisser en l'air. »

Il éclate de rire, et je le fusille du regard. Puis je sors ma baguette, et essaie un sort de séchage, qui se contente de réchauffer un peu mes habits sans les sécher.

« Euh… il est raté, ton sort. »

Je le fusille à nouveau du regard. Il voudrait pas partir, par hasard ?

« Merci oui, j'ai vu.

- Tu viens d'où ? De ce passage ? »

Il me montre le tableau que je viens de franchir. Il s'est refermé.

« Comment tu connais ce passage ? Je lui demande. »

Il hausse les épaules. Ça cache quelque chose. En plus, lui et ses copains connaissaient la salle d'hier, mais comment ?

« Au faite, ça va mieux ? »

Je hoche la tête.

« Oui, merci. »

Ça va parfaitement bien. Je suis trempée, glacée, et en colère, mais je crois que tout va pour le mieux, haha.

« Tu devrais aller te sécher. »

Je regarde le badge dans ma main, et le fourre dans ma poche.

« Oui, mais je pensais d'abord aller brûler le bureau de Dumbledore. »

Il fronce les sourcils, mais sans perdre son sourire agaçant.

« Tu es énervée ?

- Non, je suis très calme. Et détendue. Alors tu peux me laisser, et… aller te chercher des croquettes. »

Il rit encore, et s'approche de moi. Il attrape une mèche de mes cheveux trempés.

« Tu vas attraper froid. »

Je rougis sans savoir pourquoi.

« Euh… je dois aller… chercher Mathilde ! »

Oui, Mathilde ! Elle doit m'attendre près du lac, et s'inquiéter. Ou bien elle a ameuté toute l'école en me croyant noyée.

« Où est-elle ?

- Euh… près du lac. »

J'ai du mal à trouver mes mots, c'est mauvais signe. Ça doit être le froid.

« Je peux t'accompagner ? Je comptais justement aller dehors. »

Il sourit de plus belle, et joue avec la mèche qu'il tient toujours.

« En Patmol, je veux dire. Ça t'épargnera de devoir expliquer ce que tu fais avec moi.

- C'est comme tu veux. »

Non, je voulais dire le contraire !

Laisse moi en paix, et retourne avec tes copains.

Je me comporte comme une idiote. Décidemment, la fatigue et le froid ne font pas bon ménage.

« Merci. »

Pourquoi il me remercie ? Le parc du château n'est pas à moi !

Je hausse les épaules.

« De rien. Tu vas où tu veux. »

Il lâche mes cheveux, et se transforme en Patmol. Je le regarde faire, et regarde autour de nous.

« T'es dingue de faire ça là, n'importe qui pourrait te voir ! »

Le chien se tourne vers moi, et bat de la queue en sautant autour de moi.

Je traduis pour moi : il s'en fiche.

On parcourt les couloirs, et on sort dans le parc. Aussitôt, il court dans tous les sens, se roulant dans la neige.

On dirait vraiment un chien comme ça.

Il revient me tirer par un morceau de ma manche, et je ris en le suivant.

« Du calme, Patmol ! »

Il me lèche la main, et tourne autour de moi en aboyant.

On avance comme ça jusqu'au lac, qu'on longe vers Mathilde. Quand elle me voit, elle pousse un soupir de soulagement, et me regarde de la tête aux pieds.

« Mon Dieu, tu vas bien ? Mais d'où tu viens ? J'ai cru que tu t'étais noyée ! »

Sirius s'assoit à mes pieds, et penche la tête de côté en couinant.

« Et d'où il sort encore ce chien ?

- T'inquiète, je vais bien. Il y avait un passage sous le lac, et un tunnel qui menait au château. Je suis tombée sur le chien en te rejoignant ici. »

Ce qui est à peu près la vérité.

Elle se penche vers Sirius, et lui caresse le museau.

« Salut Patmol. »

Il lui lèche la main, et elle me regarde fixement.

« Alors, tu as trouvé quelque chose ? »

Je repense au badge, et je fronce les sourcils. Je l'avais presque oublié.

« Oui, et crois moi, Dumbledore a intérêt à avoir une bonne explication, après avoir failli me noyer ! »

Elle fronce les sourcils.

« Qu'est-ce que c'était ?

- Je t'expliquerais au dortoir si tu veux bien. Je suis crevée, et trempée. »

Et je ne sais pas pourquoi, mais je tiens à ce que Sirius n'écoute pas notre conversation sur mon humiliation de plus, tout ça pour un badge débile.

A bientôt, bisous!