Les semaines sont passées à vive allure, comme si quelqu'un avait soufflé sur l'horloge de l'école pour que les aiguilles défilent plus vite. Rien ne pouvait être plus sombre à Poudlard, malgré le fait que l'été venait d'arriver. C'était la fin de l'année scolaire. Elle s'était achevée douloureusement. La mort du directeur avait laissé une cicatrice à l'école. Celle de Lena avait provoqué un chagrin au sein de la maison Poufsouffle. Et celle de Katty Fire avait complètement anéantit sa fille qui faisait mine de résister. La maison Serpentard était pointée du doigt depuis que l'un des leurs avait tenter d'assassiner une fille de Gryffondor. La tension était palpable et les esprits s'échauffaient rapidement, transformant les querelles banales en gigantesques conflit inter-maisons. Mc Gonnagal, la nouvelle directrice intérimaire de l'école avait due intervenir pour faire cesser les conflits.

C'était le tout dernier jour de cours. Les élèves de cinquième année sortaient tout juste du dernier examen des BUSES, celui de défense contre les forces du mal. Ange Fire faisait partie de cette session, comme elle aurait due en faire partie en France, on l'on passe ses BUSES en sixième année. Les yeux cernés, elle sortait de la salle, très satisfaite d'elle-même. Elle était certaine d'avoir réussie mais c'est une amertume particulière qui étreignait son cœur : les cours ne font pas tout, elle n'avait pu sauver sa mère malgré toutes les connaissances qu'elle possédait.

Depuis le départ de sa mère, Ange passait par plusieurs stades, après la sidération, elle avait eu comme un contre coup et faisait régulièrement des crises d'angoisses, ne dormant plus les nuits. Elle s'occupait la moindre minute de la journée pour ne pas penser, ne pas réaliser qu'elle avait vu mourir sa mère sous ses yeux.

Sa relation avec Harry Potter faisait beaucoup de bruit à l'école. Ce dernier devenait son ombre, là pour elle à chaque instant. Il profitait de la moindre minute avec elle, d'autant plus aujourd'hui ou ils allaient se dire au revoir. Ils passaient beaucoup de temps sur le terrain pour s'entraîner. Ange avait pu reprendre doucement les exercices, elle avait eu le feu vert des médecins. Elle rejoindrait son centre de formation dès le mois d'août, ce qui lui laissait un peu plus d'un mois de répit avec son père. Harry avait tendance à donner des indications insistantes auprès d'elle, lui exprimant clairement qu'il ne souhaitait pas qu'elle s'approche des Serpentards.

Pov Ange

Assise dans la volière depuis quelques minutes, j'essayais de faire le vide. Vider mon esprit surchargé après avoir passé plusieurs jours derrière un bureau à noircir des parchemins, à démontrer mes connaissances devant un jury de professeurs. Vider mon âme de ma douleur, tenter d'oublier ce que je traversais depuis quelques semaines. Le deuil, m'était difficile et insupportable à vivre. Le stress de changer d'école, retourner en France pour accomplir un rêve. Intégrer un grand centre de formation... pour avoir peut-être un jour, une chance d'intégrer une équipe nationale. Et la confusion de me lancer dans une nouvelle histoire... une histoire avec Harry. Il faisait tout pour me rendre la vie plus douce et alléger mes souffrances, alors qu'il avait tant à affronter lui-même. Un léger soupire s'échappait de mes lèvres alors que percher dans la salle, les yeux rivés sur l'extérieur, je pensais à lui. Et en même temps, je ressentais une douleur énorme dans la poitrine. Nous n'avions aucun avenir ensemble. Tout était noir concernant notre destin.

Des bruits de pas résonnaient à l'extérieur. C'était peut-être Harry qui venait me chercher, je devais le rejoindre dans le hall d'entrée après mon dernier examen, mais je voulais envoyer une lettre à mon père. Mais contrairement à ce que j'avais imaginé ce n'était pas lui, mais Blaise Zabini qui entrait dans la pièce, sans me voir. Il parlait tout seul. Enfin, il parlait à sa chouette.

"Allez, va lui donner ça. La mission est accomplie mon pote." disait-il tristement tout en attachant un parchemin à la patte de la chouette. Celle-ci s'envolait après avoir mangé quelques granulés dans la main de son maître. Quand Blaise s'est tourné et que son regard chocolat a rencontré le mien, j'ai détecté sa surprise en même temps qu'une gène que je ne comprenais pas vraiment. Il a voulu s'en aller, mais je me suis lancé à sa poursuite.

"Blaise, attends !"

Il s'est tourné vers moi, tout en regardant autour de moi.

"Tu es toute seule ?"

"Oui, pourquoi ?" je répondais tout en me demandant si ma franchise était une bonne idée.

"Comme ça..." Il évitait mon regard. Moi-même j'étais mal à l'aise devant lui. Je ne savais plus quoi penser de lui. Je me souvenais l'avoir considéré comme mon ami, un ami atypique certes, mais ami quand même. Mais depuis que son meilleur ami avait tenter de me tuer...

"Ecoute Ange, je suis très content de te voir, mais reste loin de moi ok ?"

Tout le monde, à un moment ou à un autre dans cette école voulait que je m'éloigne.

"Mais... Blaise pourquoi ? Enfin je veux dire, ok la situation est... bizarre, mais ... on a jamais discuté après... après que..."

"Ne te torture pas Ange, je sais à quoi tu penses, mais c'est mieux que l'on reste loin l'un de l'autre."

"J'aimerais discuter avec toi, avant que je ne m'en ailles, j'ai beaucoup de choses à te demander."

"Non. Tu vois, je n'ai pas envie de me faire tabasser encore une fois." disait-il en pointant son œil.

"Qu'est-ce que tu veux dire ?"

"Allons, ne sois pas si naïve, tu ne l'es pas tant que ça, je le sais. Potter n'aimerait pas me voir avec toi, fin de la discussion."

"Et depuis quand tu crois que je me laisse dicter ma vie ?" je lui lançais en croisant les bras sur ma poitrine.

Il a eut un rire suivi d'un rictus que je n'aimais pas. Il s'est tourné vers moi de nouveau.

"Depuis que tu es à Poudlard, sans aucun doute. Sérieux, assume ce que tu es, assume qui tu es ! "

Je l'affrontais du regard, ne sachant pas ou il voulait en venir. Je ne voulais pas le laisser diriger la conversation et lui laisser croire que je lâcherais le morceau. Finalement, il cédait.

"Tu veux parler ? D'accord, on va parler ! Demande moi tout ce que tu veux !"

"Toi aussi tu t'es moquée de moi ? Je veux dire, nous n'avons jamais été vraiment amis ?"

Je m'emmêlais les pinceaux. Depuis que j'avais eu mon traumatisme crânien, je mélangeais le vrai du faux.

"On a passé de bons moments ensemble. De là à utiliser le terme amis... "

Je le regardais droit dans les yeux.

"Et... Tu savais que Drago voulait me ..."

"Je t'arrête tout de suite. Je ne sais pas ce qui se trame dans la tête de mon meilleur ami mais.."

Je le coupais.

"Tu le considère comme ton meilleur ami, après ce qu'il a fait ?" je demandais avec colère, haussant le ton et serrant les poings.

Blaise a plissé des yeux avant de me lancer : "Et toi, tu l'aimes encore, malgré ce qu'il a fait. "

Ce n'était pas une question mais une affirmation. La douleur que je ressentais dans la poitrine s'intensifiait face à ses paroles.

"C'est.. faux. Je... je pensais le connaitre... je ne savais pas ce qu'il avait derrière la tête."

"Et que les choses soient bien claires pour toi, moi non plus. J'aimerais que ton petit ami par intérim le comprenne."

"Par intérim ?"

"Allons, ce n'est pas sérieux. Même si je trouvais ça super culotté de sa part le coup de la chanson et tout le bordel, ne me dis pas que tu penses que votre couple est réel ?"

"Je n'ai jamais prétendu quoi que ce soit, mais ce ne sont pas tes affaires."

"Okay, excuse-moi, c'est mon coté Serpentard.. bon.. alors, tu continues tes études en France ?"

"Quoi ? Comment tu le sais, j'en ai parlé à personne !"

"Personne... sauf tes amis Gryffondor qui ne savent pas parler sans vérifier qui est dans les parages..." annonçait ce dernier tout en souriant fièrement.

Je soupirais. "Oui... je retourne en France."

Là ou j'ai enterré ma mère. Là ou mon frère et ma sœur reposent. Sans m'en rendre compte, j'avais les yeux dans le vague alors que j'étais en plein dialogue avec Blaise.

"Je suis vraiment désolé. Pour ta mère. Sincèrement."

J'ai regardé Blaise dans les yeux, il semblait sincère. Il a choisit ce moment pour s'en aller et me laisser seule dans mes pensées.

"A bientôt Fire. J'espère te voir en couverture de magasine sportif un de ces quatre."

J'ai écouté ses paroles raisonner dans le couloir, tout en me disant qu'il m'avait bien perdue et surtout qu'il n'avait pas pris la peine de répondre à mes tourments. J'aurais aimé m'entretenir avec lui pour mettre à plat tout ce que je stockais dans mon esprit depuis plusieurs semaines. Finalement, je pensais sur le moment que Harry avait été vraiment efficace dans les menaces. Même si je me doutais bien de son aversion contre les Serpentard, je ne pensais pas qu'il avait été aussi loin que de frapper Blaise. Je ne savais toujours pas ce qu'il s'était réellement produit le soir ou ma mère était décédée, est-ce que tout avait été préparé par les Serpentards, est-ce que Blaise était le complice de Drago ? Tout ce dont on entendait parler, c'était d'une armoire dans la salle sur demande et de la complicité du professeur Rogue.

En soupirant, je glissais mes mains dans mes poches pour descendre de la tour. Après quelques étages, je croisais le professeur Trelawney, que je saluais poliment avant de reprendre mon chemin.

"Miss Fire ?"

Je me tournais vers elle. "Madame ?"

"Avez-vous quelques minutes à m'accorder ?" me demandait-elle en pointant l'intérieur de son bureau. La porte était ouverte et je voyais d'ici les tables rondes ou l'on pratiquait l'Art de la divination. J'étais toujours gênée de me retrouver avec le professeur Trelawney, elle avait un coté excentrique qui lui donnait un coté quelque peu mystique.

"Oui, bien sûr."

Je m'approchais du bureau et entrait après qu'elle me pointe du doigt une chaise sur laquelle m'asseoir. Je sentais l'odeur de l'encens m'enivrer les narines.

"Je m'excuse de vous importuner Miss Fire, mais j'aimerais m'assurer que vous alliez bien avant de quitter le château."

Je ne répondais pas. Comment pourrais-je me sentir bien, réellement ?

"Ecoutez... je voudrais vous montrer quelque chose." enchaînait-elle.

Sans que je ne m'y attende, le professeur sortait un petit objet de sa poche et me tendait sa paume près de mon visage.

"Savez-vous ce que c'est ?"

"Euh... une toupie ?" je demandais en haussant les sourcils.

"Oui, exactement. Disons que cette toupie représente votre avenir. Regardez."

Alors que j'étais en train de me demander si cette conversation était réelle, elle faisait tourner la toupie et quand elle s'est arrêtée pour se coucher, Mrs Trelawey me demandait :

"Ou pointe la toupie Miss Fire ?"

"Hum hum... à ma droite."

"Tout à fait !"

M'agitant sur ma chaise je regardais tout autour de moi pour vérifier que ce n'était pas une farce.

"Faites-la tourner vous même désormais !"

Je prenais la toupie dans les mains d'un geste lent, essayant de me connecter avec la réalité, mais comme je ne me réveillais toujours pas dans mon lit, j'en concluais que je vivais une drôle d'expérience avec le professeur Trelawney.

"Très bien..."

Je faisais tourner moi-même la toupie sur la table en bois. J'étais hypnotisée par son ballet incertain qui prenait fin sous mes yeux au bout de quelques secondes.

"Et maintenant Miss, ou est-ce que la toupie pointe ?"

"Et bien... en face de moi." je disais d'un ton mal assuré.

"Exactement ! Savez-vous pourquoi ? Parce que si vous laissez les autres prendre les décisions pour vous, vous vous tromperez de chemin ! Si vous prenez en main votre destin, vous irez droit !"

Je ne répondais pas, regardant les yeux grands ouverts du professeur Trelawney.

"J'insiste Miss Fire. Vous voulez prendre votre vie en main ? Alors faites-le. Ne laissez plus personne vous diriger, ils se trompent."

Je toussais après un moment de silence.

"Ecoutez, si vous parlez de mon orientation concernant mes études..."

Elle me coupait.

"Je vous souhaite une bonne journée, bon retour chez vous Miss Fire !" me lançait-elle sans que je ne m'y attende. Dans un sursaut elle se levait de table manquant de renverser sa chaise et retournait à sa pile de parchemins sur son bureau, faisant comme si je n'étais plus là.

"Euh... merci. Au revoir, professeur."

Je me levais au ralenti, complètement perturbée par ce qui venait de se produire. Alors que je franchissais la porte, j'ai entendu le professeur me lancer.

"Vous choisirez l'homme à la cicatrice."

Je me suis tournée vers elle en fronçant les sourcils et en sursautant, ne m'attendant pas à ce qu'elle soit derrière moi, la main sur la poignet de la porte en bois.

"Pardon ?" je demandais la main sur le cœur.

"Vous choisirez l'homme qui aura la cicatrice... une blessure identique à la votre."

A ces mots, le professeur m'a claqué la porte au nez, me laissant seule avec sa révélation sur mon futur. J'étais encore plus perturbée qu'après mon entrevue avec Blaise. Alors que je marchais en direction du hall d'entrée ou Harry était en train de m'attendre, je me suis soudain rendu-compte qu'elle parlait certainement de lui. Il y a encore quelques heures je me disais que nous n'avions aucun avenir en commun compte tenu du monde dans lequel nous vivions, est-ce que je me trompais ? De quoi voulais me parler le professeur Trelawney ?

Je sentais tous mes sentiments se bousculer, je n'arrivais plus à faire de distinction entre envie et réalité alors que je croisait le regard émeraudes d'Harry qui souriait en me voyant arriver dans le hall.


La cérémonie était sublime. Simple, sobre et pleine d'amour. Au milieu des champs et devant toutes leurs familles, Fleur et Bill Weasley resplendissaient. C'est avec beaucoup d'affection que les parents de Ron avaient invité mon père pour la cérémonie. Ils se connaissaient grâce au ministère et Arthur était toujours très intéressé sur la vie de moldus que nous pratiquions en France. J'étais pour ma part invitée par Ron et ses frères.

J'avais revu Fleur, qui avait beaucoup contribué à me gâcher la vie au collège de Beaubattons, mais tout cela était bien derrière moi, d'ailleurs elle m'avait accueillis chaleureusement. J'étais restée sur ma réserve, me faisant la plus discrète possible. La cérémonie touchait à sa fin et nous allions tous sous un magnifique chapiteau dressé par la famille Weasley qui avait beaucoup œuvré pour que le mariage se passe sous les meilleures auspices. Et ils réussissaient aisément, c'était une magnifique journée.

"Alors, dans deux jours c'est le grand départ pour toi ?" me demandait Hermione, magnifique dans sa robe rouge. Nous discutions depuis quelques instants toutes les deux alors que l'on se dirigeait vers le lieu de la fête. Le soleil s'était couché, c'était une douce soirée d'été.

Je souriais légèrement en regardant briller les décorations au plafond.

"Oui. J'intègre le centre de formation lundi. J'ai hâte et j'ai peur en même temps..." j'avouais en jouant avec mon collier argenté. Hermione m'avait aidé à trouver une robe, je n'étais vraiment pas habituée à ce genre de tenue. Elle m'avait bouclé les cheveux, maquillé avec un fard à paupière noir et habillé avec une robe grise, pleine de volants qui virevoltaient avec la brise légère du soir. Je n'avais pas encore vu Harry qui avait été réquisitionné toute l'après-midi pour aider les frères de Bill à préparer le mariage. Il y avait beaucoup de monde à la cérémonie et je ne l'avais pas encore vu.

"Tout va bien se passer, le premier jour sera le plus difficile mais ensuite tu te sentiras bien." m'assurait Hermione en me serrant la main dans la sienne. "Oh, je vais vous laisser, Harry vient de te voir."

Je levais les yeux pour appercevoir Harry venir droit sur moi, l'air heureux. Il était beau dans sa tenue sombre et sa chemise blanche. Ses yeux verts brillaient dans le noir.

"Ange, tu es venue..."

Il m'embrassait la joue avant d'observer ma tenue. "Tu es.. magnifique encore une fois."

Je souriais. "N'en prend pas l'habitude, dans deux jours ce sera jogging tous les jours." je répondais en riant doucement.

"Ouais..."

Je savais que cette séparation allait être difficile, d'autant plus que je ne saurais pas ou il serait. Je serais juste certaine qu'il sera en train de risquer sa vie, ce qui m'angoissait d'avantage. Il a deviner mes pensées et m'a entraîné sur la piste de danse pour m'offrir quelques slows. Nous savions lui et moi que c'était peut-être les derniers moments que nous passions ensemble. Il se montrait d'une tendresse qui m'étais étrangère.

Après quelques heures, nous étions isolés un peu plus loin de la fête dans le champ. Les étoiles brillaient magnifiquement, voulant certainement rivaliser avec les décorations du mariage. Harry m'a enlevé mon verre de jus de citrouille des mains pour le déposer dans l'herbe. Je savais qu'il allait me dire au revoir.

"Ange..."

Il prenait ses mains dans les siennes, je sentais déjà les larmes me brûler les yeux.

"Je sais que rien n'est certain, rien n'est simple dans nos vies. Nos vies sont difficiles et compliquées... la mienne a d'avantage de chance d'être plus courte que la tienne mais..."

Je n'ai pu retenir les larmes salées qui roulaient jusqu'à ma bouche alors qu'il m'admettait qu'il pensait mourir. Il me regardait intensément et a pris le temps de sécher mes larmes et de m'embrasser doucement. Ses yeux brillaient autant que les étoiles.

"Je suis tellement heureux de t'avoir rencontré. De te savoir en sécurité me donnera une force inestimable ces prochains mois."

Je baissais les yeux au sol, sentant l'envie ardente de le supplier de me laisser partir avec lui, mais je savais qu'il refuserait.

"Je voudrais te demander quelque chose. Une promesse... un..."

Je le voyait se perdre, ne sachant plus quel mot employer. Je caressais sa joue pour qu'il me regarde et qu'il termine ce qu'il avait à me dire. Nous n'avions que quelques minutes à nous accorder. J'ai vu sa détermination dans son regard avant qu'il ne me dise une nouvelle fois :

"Je t'aime."

C'était la deuxième fois qu'il me disait ces mots, qu'il m'offrait ces mots. J'étais sans voix que l'on puisse ressentir cela pour moi et malheureusement j'étais incapable de lui répondre, une fois de plus. Incapable, car trop blessée, trop meurtrie par Drago qui avait joué avec mes sentiments. Je fermais les yeux douloureusement alors qu'il venait de me faire cette douce déclaration.

"Épouses-moi."

Je rouvrais les yeux en plantant mon regard dans le sien, secouée par ce que je venais d'entendre. Je n'ai pas eu le temps de répondre qu'il enchaînait.

"Si l'on survis, épouses-moi. Promet-le moi. Quand tout seras terminé, nous pourrons vivre heureux, ensemble... Épouses-moi. "

Il s'était rapproché de moi en me tenant la taille fermement comme s'il se raccrochait à la vie. Je savais qu'il était encore sous le choc du transfert du domicile de son oncle et de sa tante, qui s'était produit quelques jours plus tôt. Maugrey était mort, un collègue de travail de mon père. C'était un homme redoutable, invincible... mais il était mort, comme ma mère. J'avais d'ailleurs rencontré les jumeaux Weasley, dont Georges qui avait été blessé à l'oreille.

Les paroles du professeur Trelawney me revenait en mémoire. Est-ce qu'elle parlait bien de Harry ? Vous choisirez l'homme à la cicatrice. J'étais bouleversée par la demande de Harry et par le souvenir du professeur Trelawney. Que devais-je répondre ? Je n'en ai jamais eu le temps. Car une lumière venue du ciel et attirant nos regards, s'est frayée un passage jusque sous le chapiteau pour annoncer que le ministère de la magie était tombé et que le premier ministre était mort. Je cherchais frénétiquement mon père du regard, ainsi que mes amis.

"Ils arrivent... Ils arrivent..."

Quelques invités transplannaient pour s'enfuir à la seconde ou le message s'est arrêté. Harry s'est tourné vers moi, m'a serré contre lui avant de me dire de fuir alors que l'on entendait les premières détonations. Il voulait aider les invités alors qu'une horde de mangemorts arrivaient au mariage, mais Lupin lui a sommé de s'en aller. Hermione et Ron courraient en direction d'Harry. Ses derniers m'ont serrés contre eux.

"Vas t-en, ton père est là-bas, vas t-en Ange !" criait Hermione.

Harry m'a embrassé une dernière fois avant de transplanner devant moi avec ses deux meilleurs amis. Je me tournais vers le chapiteau, assistant à la scène sans que personne ne me remarque dans la nuit, à l'ombre des lumières. Tous, sauf mon père, qui repoussaient avec une vigueur et une force incroyable les mangemorts. Je ne l'avais jamais vu dans l'action, j'étais impressionnée et terrifiée à la fois.

"John, partez vous mettre à l'abris ! JOHN FONCES !" criait Arthur.

Quand mon père a croisé mon regard, il a foncé sur moi, me prenant par le bras. Et nous avons quitté le mariage, dans le chaos.