Réponses aux réviews :
Alixe : Merci de ton message, chère. La vie nous fait peut-être des cadeaux, mais… Noël est passé, et je l'attends toujours, le cadeau, lol. Bisous à toi, à Félix et aux deux loupiotes.
cécile rogue : T'en fais pas pour tes origines normandes qui remontent, même si c'est pas sérieux de mettre des reviews à trois heures du matin, lol. Moi, quand j'ai lu la tienne, il était sept heures et demie, mdr… La soupe de poissons, c'est la bouillabaisse, lol, mais j'en ai jamais mangé. Toutes ces conneries pour te remercier et te dire que je suis contente que mon chapitre t'ait plu. Bisoumouchous ;)
Djeiyanna : Ne me demande surtout pas pourquoi, mais ta review m'a touchée comme rarement, lol. En la lisant, j'avais un sourire débile jusqu'aux oreilles. Mais c'est peut-être parce qu'on se connaît bien, que tu dis toujours franchement ce que tu penses de mes écrits même si c'est mauvais, et que par voie de conséquence, si j'écris quelque chose que tu trouves bon, je peux te faire confiance. Je suis vraiment heureuse que ça t'ait plu, vu tout le mal que j'ai eu à l'écrire. Je t'adore, ma belle. Bisous d'amûrche à toi et à Max.
Harana : Coucou, toi ! Une question pour commencer : qui c'est Terry Pratchet ? Nan, c'est juste pour ma culture perso. Merci pour ton message. Il m'a montré que parfois, j'arrive à ce but tellement difficile à atteindre, faire rêver les gens. Et t'inquiète pas pour tes épanchements larmoyants. J'ai arrêté depuis très longtemps de compter le nombre de kleenex utilisés devant mon Mac. Bisous à toi !
Mydaya : Merci pour ton passage. Bisous et bonne fin d'année à toi.
Kaorulabelle : Meuh non, c'est pas stupide de pleurer. Ça nettoie le corps humain. Plein de bisous.
Andromède : Quand j'ai vu la taille de ta review, j'ai cru que j'allais sauter au plafond, lol. Tu es priée d'éteindre Mrs. Black quand tu lis mes fics, comme ça, elle ne te dérangera pas pendant ta lecture, et de fourrer Willy et Jamesie très très profond dans ton tiroir à chaussettes parce qu'ils racontent vraiment n'importe quoi. J'ai beau avoir l'esprit large et lire des fics yaoi de temps en temps, j'ai été choquée par ton histoire de Kinder Pingui dans le popotin de Sevie. M'enfin ?!? Et pis, bordel de nom de Dieu, ce que j'écris, c'est pas du porno, m'enfin. On voit bien que t'as jamais lu de porno, toé. Le jour où j'en écrirai pour de bon, Saturne passera devant le soleil, les moutons danseront la lambada le soir au fond des bois, Britney Spears se fera bonne sœur, et les petits z'enfants iront boire du whisky dans les bars tard le soir, quand la pègre prend possession de la ville et que les flics sont bourrés. Ceci dit, je suis contente que tu aies aimé mon chapitre et je te remercie pour ta review qui m'a fait mourir de rire pour changer un peu. Bisous à toi.
Elnath : Tu as raison, ma Lu. Hagrid en père Noël, ça le fait. Je suis désolée de t'avoir rappelé que tu devais bosser ton allemand, mais c'est pas ma faute, j'adore la chanson Tanz mit den Schatten, par le plus grand groupe de black-metal-gothique des années 90, lol. Bon, je suis bien d'accord avec toi, ils sont un peu jeunes pour faire la chose, mais en fait, ils n'avaient pas vraiment l'intention de le faire. C'est plus un moment d'égarement qu'autre chose. Sinon, pour ta question sur qu'est-ce qu'elle va devenir plus tard quand Sirius sera envoyé à Azkaban et blablabla, tu auras ta réponse au début du mois de février si tout va bien. Plein de bisounours à toi.
Takoma : Je suis contente que ça t'ait plu.
Severia Dousbrune : Merci beaucoup pour ta review. Je suis très contente parce que tu as tout à fait compris le fond de ce chapitre, à savoir le changement qui s'est opéré chez les deux petits z'héros. En tout cas, voici la suite, j'espère qu'elle te plaira aussi. Bisous à toi.
Cassie Black : Merci pour ta review. Moi aussi, je suis une Antje qui n'a pas de Sirius, lol. Je tenais beaucoup à faire du passage dont tu parles une scène d'amour plutôt qu'une scène de sexe. D'abord, parce qu'ils sont quand même très amoureux, lol, et puis ce serait malsain de faire un truc de cul ordinaire mettant en scène des gosses de quinze-seize ans, non ? En tout cas, je suis contente que ça t'ait plu. Plein de bisous, j'espère que tu aimeras la suite aussi.
aresse: Merci pour ton message. Ecrire me fait du bien, à moi aussi, et c'est quand ça ne marche plus que je m'arrête. Bisous !
fofolleuh: J'espère que j'ai bien écrit ton pseudo cette fois, lol. Merci pour ta review. Je suis contente que ça t'ait plu. Bisous !
Mal-Imoen : (chapitre 4) Merci de ton passage. J'espère que tu aimeras la quinzaine de chapitres qu'il te reste à lire. Pour répondre à ta question, la plupart de mes reviewers disent être ou avoir été des Antje, ce qui d'ailleurs m'a posé un certain nombre de problèmes existentiels à un moment. Tu sais, c'est très difficile d'inventer un personnage qui se trouve plus ou moins propulsé au rang d'emblème d'une catégorie de la population. J'ai réussi à mettre une certaine distance entre le personnage que j'ai créé et la personne que j'étais à l'âge de quinze ans, parce que moi, ce n'est pas l'amour d'un gars qui m'a fait remonter la pente, c'est l'amitié. Je te remercie en tout cas pour tes commentaires que j'ai vraiment trouvés intéressants, et je te souhaite bon courage pour la suite.
kayasaora: Je comprends ta réserve… Mais je pars du principe qu'ils n'avaient pas prévu de « le » faire, pour reprendre tes mots… C'était un moment d'égarement, et puis le fait qu'ils aient vécu des choses remarquablement pénibles pour des êtres si jeunes a quelque peu changé la donne, du moins il me semble… Bisous à toi
Mystick : Moi aussi, je veux un Sirius, lol. Bisous.
ccilia 7 : Merci pour ton passage. Je suis intéressée par tes dessins. En effet, une fois cette fic terminée, je voudrais l'imprimer et mettre des images dedans. Je suis contente que ça te plaise. Bisous !
chatou : merci… Non, présentement, je ne me "fous" (pour reprendre ton terme) pas de ce qu'a vécu ta mère, vu que je suis toujours touchée par ce genre de chose. Ma mère à moi est en sursis. On attend. La vie peut être chienne, c'est vrai, et il est bon de se souvenir qu'il y a aussi des petites fenêtres derrière lesquelles il y a de très jolis paysages. Bisous à toi !
CyCy Lupin : Merci pour ta review et pour le mail avec le tableau. Il est super joli, je pense que je vais me bricoler un fond d'écran avec, lol. Je suis contente que ce chapitre t'ait plu. Pour la scène "intime", j'ai décrit Antje telle que je l'imaginais, la voir trop "passive" m'aurait curieusement semblé un peu malsain, je ne saurais dire pourquoi. Et puis, il faut dire qu'elle est amoureuse, donc… Bisous à toi !
zagan: Merci de ton passage. Voilà la suite.
Notes de l'auteur neuneu :
Eh ben, c'était vraiment Noël… Vingt reviews ! Je suis vraiment heureuse et je vous remercie tous du fond du cœur.
J'écris ceci en ce soir du 30 décembre 2004, qui est en fait un anniversaire. En effet, il y a un an, jour pour jour, j'étais assise ici même, devant mon Mac, avec mes cigarettes et mon tube de lait concentré sucré, et je lisais ma première fanfiction. Et à ce moment, jamais je n'aurais cru que j'y passerais des nuits entières. Jamais je n'aurais cru en écrire un jour. Jamais je n'aurais cru écrire un jour un truc qui me rapporte autant de reviews. Jamais je n'aurais cru que ça me ferait rencontrer des gens, que grâce à ça, je me ferais des amis. J'ose le dire, haut et fort, les fanfictions ont changé ma vie. Alors à tous, auteurs, lecteurs et tout le fourniment, au nom de ce que vous m'avez apporté… merci.
Vous découvrirez dans ce chapitre une retranscription du pire souvenir de Rogue. J'espère que les amateurs du Sevie ne seront pas trop triste que je malmène leur perso préféré. Mais je me place du point de vue de Sirius, qui n'aime pas Severus, donc…
Bonne lecture à tous, et bonne fin d'année ! Ne buvez pas trop au réveillon, lol.
Chapitre 22: Chronique d'une fin d'année
Le lendemain de notre nuit ensemble, Antje partit en Belgique, ainsi qu'elle me l'avait laissé entendre. Ça me rendit triste, et un peu inquiet. Être séparé de ma petite sauvageonne juste après l'avoir retrouvée, juste après avoir dormi avec elle, juste après… Non. Je savais que je ne devais pas ne serait-ce que repenser à ce que nous avions fait cette nuit-là. Ou du moins, ne pas évoquer ce souvenir en public. Nous avions bravé un interdit, être découverts nous coûterait très cher. En plus, je ne voulais pas que mes amis soient au courant. D'abord, ça ne les regardait pas. Et en suite, ils me noieraient sous une vague de commentaires graveleux, sans comprendre qu'au delà du sexe, il y avait eu de l'amour. Que de l'amour.
Le père et le frère d'Antje vinrent la chercher le matin. Je ne pus lui dire au revoir comme je l'aurais voulu. J'aurais aimé la serrer dans mes bras et lui dire un tas de mots tendres. Mais elle nous quitta à la fin du petit déjeuner, accompagnée de McGonnagal qui nous observait de ses yeux perçants. Alors je ne pus que serrer les doigts d'Antje dans les miens, et l'embrasser sur la joue. Ma sauvageonne sortit de la salle les épaules basses. Je me doutais que ça allait être dur pour elle.
Pendant son absence, ma vie reprit son cours normal, si on peut dire. Je retrouvai les salles de classe, les profs, les devoirs et tout le fourniment. J'avais l'équivalent d'une semaine de cours à rattrapper. À un mois et demi des BUSEs, la tension était très forte. Et James, bien qu'il ait été content que je revienne, était d'une humeur de chien, constament sous pression à cause du dernier match de Quidditch qui devait avoir lieu le samedi suivant. Nous avions beau être tous certains de la victoire des Gryffondor, mon meilleur ami atteignait des sommets de stress comme le mont Everest, et il ne s'agissait pas de plaisanter avec lui. Ce devait être le capitaine de l'équipe, un élève de septième année nommé Tony Nicholson, qui lui mettait cette pression d'enfer.
Ces deux jours ne furent donc pas très heureux. J'eus de surcroît le plaisir de me faire casser à loisir par mon crétin de frère, et Rogue me regardait souvent d'un air sournois. Il semblait parfaitement remis de sa rencontre avec Remus sous sa forme de loup, et visiblement, il complotait quelque chose dans le but de me faire renvoyer définitivement de l'école. Mes copains m'avaient dit de faire attention à lui, et je donnai à James mon entière bénédiction pour l'enquiquiner à ma place. C'était un peu frustrant, parce qu'asticoter Servilus faisait partie des menus plaisirs de ma vie, mais y renoncer n'était pas cher payé si je voulais éviter que ladite vie devienne un enfer.
Le soir qui suivit le départ d'Antje, je passai mon temps à discuter avec James pour oublier qu'elle n'était pas là et qu'elle ne rentrait que le lendemain. Nous étions seuls dans une classe vide. Remus avait rendez-vous avec sa Léopoldine, et Peter était je ne sais où. Mon meilleur ami était assis sur le bureau du prof, et moi sur une table, juste en face de lui. Nous discutâmes de tout et de rien pendant un bon moment, mais je voyais bien que James avait envie de parler de quelque chose en particulier. D'Antje, par exemple. Il ne cessait de me lancer des regards par en dessous. Ça finit par m'agacer légèrement, aussi il décida de mettre les pieds dans le plat :
— Dis donc, t'es rentré tard hier soir, me dit-il.
— Encore assez, répliquai-je négligemment.
— T'es resté tout le temps avec Antje ?
— À ton avis ?
— Hum… Vous avez discuté ?
— Ouais, de toutes sortes de choses.
— Et c'est tout ?
Je commençai à perdre patience, aussi je regardai mon meilleur pote bien en face :
— Ecoute, Jamesie, si tu as envie de savoir si j'ai couché avec Antje, pourquoi tu me poses pas directement la question, histoire qu'on gagne un peu de temps ?
— Vous l'avez fait ?
Je ne répondis pas. Je me levai, et allai me poster devant la fenêtre pour regarder la nuit. James garda un moment le silence, mais au bout de quelques minutes, il se leva lui aussi. Et il me donna un coup de coude dans les côtes :
— C'était comment, demanda-t-il en souriant d'un air graveleux.
Je haussai les épaules, sans répondre. J'aurais voulu que cet événement reste secret un peu plus longtemps, mais malgré tout, Antje et moi n'avions pas été très prudents, et puis mon meilleur ami me connaissait décidément trop bien. Cependant, je n'avais pas très envie de parler de ça avec lui. Qu'il soit au courant était une chose. Mais le fond de ma pensée, ce que j'avais vraiment ressenti en faisant l'amour à ma sauvageonne ne regardait que moi.
James sembla comprendre le message. Il tourna la tête vers moi, et me dit :
— D'accord, je suis un peu trop curieux, je devrais la fermer. Mais quand même…
— Je ne peux pas t'expliquer, coupai-je. Je me faisais un peu l'effet d'un héros de drame sentimental pour gamines en manque de fantasmes, mais je voulais vraiment garder ça pour moi. Pour dissiper la gêne qui menaçait de s'installer, James changea de sujet. Il n'évoqua plus ma relation avec Antje que plus tard dans la soirée, alors que nous regagnions nos lits :
— Tu sais, Sirius, c'est pas pour mettre du drame dans ton épanouissement sentimentalo-truc-machin, mais tu devrais faire gaffe. Si quelqu'un sait ce que vous avez fait avec ta rouquine, ça risque de saigner.
— Je suis au courant, merci.
— Nan, mais c'est pour dire que je t'aurais prévenu…
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Je retrouvai ma sauvageonne le lendemain soir. À dire vrai, j'appréhendais un peu , et ce pour plusieurs raisons. D'abord parce que je savais qu'elle venait de subir une épreuve difficile, et elle était encore fragile. Et puis ce serait la première fois qu'on se retrouverait tout seuls après notre nuit sous la même couverture. Je me demandais comment allaient se présenter les choses à présent.
La journée traîna en longueur. Des cours, des devoirs, toujours des trucs à rattraper. Heureusement que j'ai un gros cerveau, parce que manquer l'école pendant dix jours, c'est pas du bonheur. Je planais un peu. J'essayai donc de me concentrer, de ne pas penser à elle. Et puis les profs, et une poignée d'élèves, me regardaient toujours d'un air désapprobateur. Je ne suis pas parano par nature, on peut même dire que la plupart du temps, je me contrefous de ce qu'on pense de moi, mais là, je ne trouvais pas ça agréable du tout. Bref, ce fut long. Long et chiant.
Après le dîner, je m'installai dans la salle commune de Gryffondor pour bosser un peu et papoter avec mes copains. Et c'est vers neuf heures du soir qu'Antje apparut, l'air sonnée et épuisée. Dès qu'elle fut entrée dans la pièce, je me levai pour la prendre dans mes bras. Elle se serra contre moi un petit instant, sans rien dire, puis elle se dégagea pour ramener ses affaires dans son dortoir.
J'échangeai des regards avec mes copains. Peter ricanait comme un imbécile. Remus était à moitié caché derrière un bouquin. Il bossait, ou il faisait semblant. Il se payait peut-être en douce un voyage sur la planète Léopoldine. Quant à James, il soutint mon regard en disant :
— Si tu veux t'isoler avec ta rouquine, pas de problème. Mais ne reviens pas trop tard…
— Tiens, d'ailleurs, ajouta Remus en levant un œil par-dessus son bouquin, à quelle heure tu t'es couché, cette nuit ?
— Tard, répliquai-je brièvement.
Remus ouvrit la bouche pour poser une autre question quand Antje revint. Sauvé par le gong, me dis-je en me levant pour la rejoindre. Je la pris par la main, et nous partîmes en quête d'une classe vide pour discuter.
L'instant d'après, nous nous retrouvâmes dans la salle d'histoire de la magie, où ça sentait un peu le moisi. Peut-être à cause de la matière profondément ennuyeuse qui y était enseignée, ou à cause du prof qui l'était tout autant. Antje semblait vraiment fatiguée, ses yeux plus que jamais cernés de brun. Elle s'assit sur une table et, la tête baissée, elle gratouilla pensivement le bandage autour de son poignet. Je posai mes mains sur ses épaules :
— Comment tu vas ?
— Crevée, répliqua-t-elle avec un petit sourire. La Belgique, c'est loin.
— C'était pas trop pénible ?
— Un peu, quand même. Il paraît qu'à la fin, ma mère ne souffrait plus. Elle prenait de la morphine.
— Qu'est-ce que c'est que ce truc, demandai-je.
— C'est un médicament moldu qui te transforme en légume, soupira-t-elle.
— Comme les carottes ?
— Que t'es bête, sourit Antje en me donnant une petite tape sur la poitrine. Je m'approchai un peu plus d'elle.
— Je me suis fait du souci pour toi, soufflai-je dans son cou.
— Fallait pas… Y avait toute ma famille avec moi… On était tous dans le même bateau, tu sais. À se soutenir les uns les autres… Encore que, c'était dur quand même. J'aurais bien voulu que tu sois avec moi.
— Anna.
Je la serrai contre moi, et l'embrassai dans le cou. Elle se tortilla un peu dans mes bras avant de se détendre et de renverser sa tête en arrière afin de me laisser un champ de manœuvre plus large. Quand je commençai à mordiller la jonction de son cou et de son épaule, au ras du col de sa robe, elle parla :
— Sirius, attends. Il y a une chose dont on doit discuter.
Je cessai donc ce que j'étais en train de faire, et elle me repoussa doucement :
— Il faut qu'on parle de ce qui s'est passé la nuit après que tu sois revenu.
Je la regardai. Elle semblait sérieuse. Je m'inquiétai un peu :
— Tu regrettes ?
— Non, je ne regrette pas. Je ne regrette pas, parce que c'était toi. Mais il faut qu'on soit un peu raisonnable, et ça ne doit pas se reproduire.
— Pourquoi ?
— Parce que je ne supporterais pas que tu aies des ennuis à cause de moi. Si quelqu'un savait, tu te ferais expulser sans autre forme de procès, et ça, je ne peux pas l'accepter. Et puis il y a autre chose, aussi.
— Et c'est quoi, demandai-je, guère enthousiasmé par ce qu'elle venait de me dire.
— Je… Sirius, je t'aime. Je t'aime vraiment, tu sais. Et je ne regrette absolument pas que ça se soit passé dans ces conditions. Mais tu sais, il faut dire ce qui est, c'était quand même un moment d'égarement. On n'a pas réfléchi cinq minutes aux conséquences de ce qu'on a fait. Et moi, j'aurais bien voulu attendre un peu avant de… de faire ça avec toi. On est jeunes, on a tout notre temps. Alors je voudrais que… qu'on attende avant de recommencer. Pour que ce soit encore plus beau, Sirius, s'il te plaît.
Une part de moi était un peu déçue. Mon côté animal libidineux, sans doute. Mais j'étais tellement attaché à Anna que j'aurais fait n'importe quoi pour elle. Et pour me consoler, j'avais la promesse, certes implicite, qu'on recommencerait. Un jour.
Alors je la serrai contre moi, et lui promis qu'on attendrait. Elle m'embrassa, ses doigts noués dans mes cheveux. Ça dura un petit moment, puis Antje se détacha soudain de moi en marmonnant un gros mot : le pansement autour de son poignet était en train de se défaire. Elle tira d'un air circonspect sur le bandage :
— Je dois aller à l'infirmerie remettre ça en état, dit-elle.
— Je peux le faire si tu veux, répliquai-je.
— Non, mon grand. Je ne veux pas que tu voies l'étendue de ma connerie.
Elle se tenait le poignet en rougissant. Je lui pris la main :
— Anna, je serai bien obligé de le voir, de toute façon. Même quand ce sera guéri, tu auras une cicatrice. Laisse-moi faire.
Elle lâcha les armes avec un soupir. Je dénouai doucement le bandage, en me disant qu'ainsi, nous serions sur un pied d'égalité. Je verrais sa blessure comme elle avait vu la mienne. Cependant, ce que je vis me donna un frisson. Deux larges entailles écarlates s'effilaient dans le creux de son poignet. Le sang coagulé formait des croûtes épaisses, et de petits lambeaux de peau étaient encore accrochés ça et là, en bordure des coupures. Le tout dégageait encore une odeur âcre de désinfectant. Je passai un doigt sur les blessures, et Antje frissonna. Je levai la tête pour la regarder dans les yeux :
— Pardonne-moi d'avoir fait ça, Sirius, souffla-t-elle.
— Je ne peux pas t'en vouloir, répondis-je. Ça fait mal de voir une partie de sa vie s'écrouler en petits morceaux.
Ma sauvageonne m'adressa un petit sourire douloureux, et je fis disparaître ses blessures sous une bonne épaisseur de bandages.
— Tu sais, me dit-elle quand j'eus terminé, quand on repense à ce que j'ai fait, ça me fait presque bizarre d'être en vie.
Je ne répondis pas. Je n'étais pas sûr d'avoir saisi toute la portée de ses paroles. Tout ce que je savais, c'est que, deux nuits auparavant, j'avais senti battre son cœur contre ses seins ronds que j'avais tenus dans mes mains. Elle était en vie. On ne peut plus en vie.
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Après que les choses soient redevenues aussi normales que possible après ce qui était arrivé précédemment, les semaines passèrent à une vitesse folle. Je vis à peine passer le mois de mai. Il se résume à des jours beaux et chaud, à du boulot, à des moments passés avec mes copains, avec Antje, et à la victoire de l'équipe de Quidditch de Gryffondor sur les Serpentards, gagnant ainsi la coupe pour la troisième année à la suite. Le match fut relativement teigneux, et mon meilleur ami, qui avait parfois l'esprit bagarreur, s'amusa à faire durer le suspense en n'attrapant pas le Vif tout de suite. Cependant, au moment où on aurait pu craindre que les Serpentard deviennent vraiment méchants, il mit fin au match vitesse grand V. Cette victoire fut fêtée en beauté. Je me sentis touché quand, juste après la fin du match, alors que les supporters envahissaient le terrain, Antje se jeta au cou de James en disant : « t'es un génie, Jamesie ». L'attitude de Lily Evans, nettement moins exubérante, me fit presque rigoler. Elle souriait d'un air pincée, mais on voyait bien qu'elle était quand même vachement fière. Peut-être que finalement, James avait raison. Il l'aurait à l'usure.
Cette euphorie ne dura cependant pas longtemps. Le spectre des examens se faisait de plus en plus présent. Compte tenu de mes résultats scolaires jusqu'à maintenant, je savais que je m'en sortirais très bien. Mais compte tenu du fait qu'il valait mieux que je me tienne à carreau, et qu'Antje passait son temps à s'épuiser derrière ses livres, je passai moi aussi un certain temps à réviser. Et en voyant la tête de certains élèves, entre les garçons qui débitaient des âneries pour décompresser, et les filles qui pleuraient tout le temps (Britta Hopkins pleurait à présent aussi souvent qu'Antje avant que je ne devienne ami avec elle, et son maquillage ne cessait de dégouliner partout), je me félicitai de ne pas avoir un naturel stressé.
La veille des premières épreuves régnait dans la salle commune de Gryffondor un silence de mort. Tous les élèves, de toutes les années, étaient quichés derrière des livres de magie divers et variés. C'était la crise "révision de la dernière chance". Remus et Peter bossaient. Mon ami lycanthrope avait l'air plutôt serein, mais Peter suait à grosses gouttes, ne cessait de se ronger les ongles et de trembler nerveusement. James était sorti. Il avait laissé entendre une envie d'expédition punitive sur les Serpentard, pour canaliser son stress et parce que, comme chacun sait, les Serpentard ont été mis sur terre pour asticoter les Gryffondor. Entre autres. Quant à moi, j'étais assis à côté d'Antje, à essayer de penser à des tas de trucs futiles parce que l'atmosphère d'angoisse me donnait un peu la nausée. Ma sauvageonne dormait à moitié derrière son livre de sortilèges. Six semaines après sa tentative de suicide, elle portait toujours un pansement parce que ses cicatrices la démangeaient terriblement, et il lui était arrivé de se gratter jusqu'au sang. Elle leva vers moi un œil torve et marmonna :
— J'y arriverai jamais, Sirius. Je suis nulle.
— Même pas vrai, répliquai-je. Je crois que là, maintenant, tu as besoin de souffler un peu. Amène-toi, on va faire un tour.
Elle se leva, et me suivit dans le couloir. Là, on respirait déjà mieux. Il n'y avait personne. J'emmenai Antje jusqu'à une classe vide, où on s'offrit une très réconfortante séance de câlins. J'eus du mal à m'empêcher de la toucher au-delà de la décence. Mais au moins, ça nous changea un peu les idées, et je ne pensai plus du tout à mes examens au moment où je regagnai mon lit.
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Les Brevets Universels de Sorcellerie Elémentaire, autrement appelés BUSE, durèrent une petite semaine. Les épreuves théoriques, qui consistaient à déverser le contenu de nos cervelles en grattant sur des copies comme des malades, avaient lieu le matin. L'après-midi, c'était la pratique, beaucoup plus marrant, sauf en arithmancie, où il s'agissait de résoudre des tonnes d'équations pour changer un peu. J'eus le sentiment de m'en être très bien tiré. James et Remus avaient également l'air contents d'eux. Quant à Peter, il pestait contre sa nature angoissée qui lui avait fait rater certains trucs. Mais comme il le disait lui-même, ça aurait vraiment pu être pire.
Cependant, un petit événement un peu idiot et honteux après coup, eut lieu à la fin des épreuves. Il faisait beau, et nous venions de nous fader l'épreuve théorique de Défense contre les forces du Mal. Compte tenu du fait que j'ai un gros cerveau et que Sophia Salomon, notre prof, nous avait fait bosser comme des malades, l'épreuve m'avait semblé simplissime. Une vraie épreuve pour neuneus. Je quittai la salle à la fin de l'examen avec mes copains, pour profiter un peu du soleil qui brillait fort dehors. Tout en échangeant quelques banalités avec mes amis, je me disais que c'était vraiment tarte de nous enfermer dans une salle à nous faire passer des examens stupides alors qu'il faisait si beau dehors. Je n'avais qu'une envie : prendre ma forme de chien et galoper comme un malade dans la nature, au risque de choper des puces. Mais hélas, il restait encore quelques épreuves à passer avant de profiter d'une liberté bien méritée.
Mes copains et moi nous installâmes sous un arbre. Remus révisait, ou faisait semblant. James faisait mumuse avec un Vif d'or qu'il avait chouravé quelque part, sous les yeux de Peter totalement baba. Moi, je me tartais un peu. Je regardais le lac, devant lequel batifolait une demi-douzaine de filles. Dont Lily Evans. Et également Britta Hopkins et deux de ses copines. Au bout d'un moment, je demandai à James de cesser de faire joujou avec son Vif, parce que les couinements et les regards humides de Peter commençaient à me porter sur les nerfs. Puis je fis part de mon désœuvrement à mes potes, en arrachant pensivement quelques brins d'herbes à la pelouse.
— Je m'ennuie. J'aimerais bien que ce soit la pleine lune.
— Espère toujours, répliqua Remus qui n'avait pas oublié ma boulette, deux mois auparavant. Si tu t'ennuies, on a encore l'épreuve de métamorphose, tu n'as qu'à me faire réviser.
Beurk, pensai-je in petto. J'avais déjà fait réviser Remus. J'avais fait réviser Peter. J'avais fait réviser Antje, aussi, pour ses examens de quatrième année. J'en avais marre de tous ces machins. Et puis ma cervelle était suffisamment pleine d'inepties comme ça. Aussi je repoussai le livre que me tendait Remus.
Soudain, comme ça dit dans je ne sais plus quel roman moldu terriblement ennuyeux, ce fut comme une apparition (1). James m'avertit de la présence de ma bonne vieille distraction préférée sur pattes : Rogue.
Je savais que je devrais le laisser tranquille. Mais ça faisait très longtemps que je n'avais pas fait de connerie, et comme chacun sait, lutter contre sa nature, c'est pas sain. Aussi je ne résistai pas à l'alerte lancée par mon cerveau : allons asticoter Servilus.
James se leva, et moi aussi. Je me sentais à nouveau plus léger, plus excité. Je retrouvais avec plaisir les sensations vivifiantes que provoquent la possibilité de faire un mauvais coup. Lorsque Rogue passa devant nous, James lui lança :
— Ça va, Servilus ?
L'intéressé sortit sa baguette magique, mais mon meilleur ami le désarma en moins de temps qu'il n'en faut pour dire ouf. Rogue eut l'air vaguement déconcerté, ce qui me fit rigoler comme un bossu. Histoire d'en rajouter une couche, je lui jetai également un sort, qui le fit se vautrer par terre comme un sac de patates graisseux. Nous profitâmes du fait qu'il était immobilisé pour lui lancer quelques vacheries de notre cru. Pour James, c'était sans doute totalement gratuit. Mais me concernant, je me vengeais un peu de lui, parce qu'il était en partie responsable des événements du mois d'avril. Je ne lui avais rien dit pendant un temps, parce que je n'avais pas le choix, mais cette fois, je ne pus m'empêcher de déverser un peu de bile sur lui.
Comme il fallait s'y attendre, Sevrilus n'était pas très content. Il rampait par terre comme un vermisseau, essayant d'atteindre sa baguette magique qui se trouvait à trois mètres de lui. Comme il n'y arrivait pas, il se mit à nous insulter et à dire des gros mots.
— Qu'est-ce que c'est que ces grossièretés, fit James en haussant les sourcils. Lave-toi la bouche. Récurvite !
L'instant d'après, Rogue se mit à cracher des bulles de savon. Ça me rappela ce prélude aux événements d'avril. Je lui avais jeté ce même sort parce qu'il avait traité Antje de putain. Je n'eus donc aucune pitié, et le regardai s'étouffer avec la mousse jusqu'à ce que…
— Laissez-le TRANQUILLE !
Aïe… Ça, c'était Evans, et elle n'était pas contente… Sans se laisser démonter, James se mit à lui faire du charme à sa manière habituelle, c'est à dire en se la jouant un max. Il alla même jusqu'à lui proposer un marché que je ne pus m'empêcher, même si ça venait de mon meilleur ami, de trouver totalement crétin. En échange d'un rendez-vous galant avec elle, il laisserait définitivement Rogue tranquille. Mais Evans lui répondit d'un air méprisant :
— Je ne sortirai jamais avec toi, même si je n'avais plus le choix qu'entre toi et le calmar géant.
Ça, c'était méchant. D'autant plus qu'entre-temps, James avait levé le sortilège qui maintenait Rogue scotché par terre. Ce dernier avait donc rampé jusqu'à sa baguette magique, et avait profité du fait que James discutait avec Evans pour lui jeter un maléfice Sanglant dans la figure. Je m'aperçus de la chose trop tard : une entaille sanglante apparaissait déjà sur la joue de mon meilleur pote. Ça acheva de le mettre en pétard, aussi il leva sa baguette sur Servilus, qui se retrouva aussitôt en l'air, la tête en bas, sa robe rabattue sur lui. Ce sortilège m'a toujours fait bien rigoler, si on excepte la fois où quelques crétins l'avaient jeté à Antje. J'ai toujours pensé qu'on en apprenait de belles en voyant les sous-vêtements des gens. Servilus portait un caleçon grisâtre et douteux. Beurk beurk beurk. Mort de rire. Et en plus, je n'étais pas tout seul à me bananer comme un malade. Je crus même à un moment qu'Evans allait faire de même. Mais elle se renfrogna aussi sec, et elle ordonna à James de faire descendre Rogue. Mon meilleur ami obtempéra, mais je me doutais que Servilus chercherait aussitôt à se venger. Aussi je levai ma baguette magique et jetai le maléfice d'Entrave à Rogue pour qu'il se tienne tranquille.
Du coup, Evans se mit en pétard pour de bon. Elle pointa sa baguette sur nous en braillant :
— Laissez-le tranquille !
Grrrrr, pensai-je. Bon, d'accord, cette fille était une amie d'Antje. James était amoureux d'elle. Mais qu'elle essaie de me jeter un sort et elle le paiera ! Mon meilleur ami jeta un regard mélodramatique à l'arrogant objet de ses désirs en disant :
— Ah, Evans, ne m'oblige pas à te jeter un sort.
— Alors libère-le du maléfice, dit-elle d'un ton sec.
En soupirant, James leva le sortilège, et fit une petite leçon de morale à Rogue comme quoi si Evans n'avait pas été là, et blablabla… Mais celui-ci court-circuita la chose en grognant :
— Je n'ai pas besoin de l'aide d'une sale petite Sang de bourbe comme elle !
Evans resta en arrêt un instant. Puis à son tour, elle lança une petite vacherie insidieuse au zigoto graisseux :
— Si j'étais toi, je laverais mon caleçon, Servilus !
James semblait furibond que Rogue ait insulté l'élue de son cœur. Il voulut le forcer à s'excuser, mais Evans coupa court en l'agonisant d'injures, le laissant groggy.
— Qu'est-ce qui lui prend, demanda-t-il, visiblement blessé.
— Si je lis entre les lignes, répliquai-je d'un ton ironique, vu que j'avais à plusieurs reprises essayé de faire entrer ce fait dans la caboche de James, elle te trouve un peu prétentieux.
Mon meilleur ami n'était pas content. Il coula un regard vers Rogue, qui avait vu avec un plaisir manifeste James se faire insulter. Il avait visiblement l'intention de passer sa mauvaise humeur sur le dos du cafard graisseux. En effet, l'instant d'après, Servilus était à nouveau suspendu en l'air, ses sous-vêtements accessibles au regard de tout le monde.
— Qui veut me voir enlever le caleçon de Servilo, demanda James à la cantonade.
J'avoue que ce n'était pas très gentil. Même si ça pouvait être marrant. Mon meilleur ami était visiblement tellement en pétard qu'il se foutait du potentiel humiliation de ce qu'il avait l'intention de faire. Il avait déjà saisi l'élastique du caleçon, prêt à tirer dessus, lorsqu'à nouveau, une voix se fit entendre pour intervenir :
— Qu'est-ce que c'est que ce cirque ?
C'était Antje. Elle nous fixait, visiblement choquée.
— Salut, Antje, fit négligemment James.
— Tu fais quoi, là, demanda ma sauvageonne d'un air dégoûté.
— Comme tu vois, je retire le caleçon de Servilus.
— Arrête.
Le ton qu'elle employa était si sec que James tourna la tête vers elle, et il se retrouva nez à nez si on peut dire avec la baguette magique de ma sauvageonne. Il me jeta un regard, avant de lever le sortilège sur Rogue. Il savait pertinemment que s'il avait le malheur de jeter un maléfice à Antje, il aurait affaire à moi.
Servilus se redressa. Il nous regarda tous, et dit d'un ton méprisant :
— C'est ma journée. Deux fois que je me fais soit-disant sauver la mise par des Sang de Bourbe. Je sens que je m'en souviendrai longtemps.
Je n'eus pas le temps de lever ma baguette pour lui jeter un sort. Antje me devança :
— Pousse-toi, Sirius. Expulsio !
L'instant d'après, Servilus valdingua au loin, et se retrouva dans le lac.
Ma sauvageonne se tourna vers James :
— Qu'est-ce qui t'a pris ?
— Il s'est pris son quatre mille sept cent trente-deuxième râteau avec Evans, répondis-je à la place de mon meilleur ami.
— Merci, Sirius, répliqua ce dernier d'un ton aigre.
— Tu es totalement inconscient ou quoi, s'écria Antje qui avait à présent l'air furieuse. Même lui ne mérite pas d'être humilié comme ça.Tu te rends compte de ce qu'il aurait pu te faire si tu étais arrivé à tes fins ?
— Je n'en sais rien, et je m'en fous.
En regardant mon meilleur ami, je constatai qu'il avait vraiment l'air malheureux. Evans y était vraiment allée fort sur ce coup-là. Tu me fais vomir, lui avait-elle dit. Antje s'aperçut du trouble de James. Elle se radoucit aussitôt, et lui dit :
— Allons, ce n'est pas grave. Viens avec moi, on va aller dans un coin tranquille, et on va discuter.
Sans enthousiasme, James suivit ma sauvageonne, et ils disparurent rapidement de mon champ de vision. Je restai seul avec Remus et Peter. Remus avait à peine levé les yeux de son livre de métamorphose. Quant à Peter, il essuyait encore des larmes de rire. L'humiliation de Servilus l'avait beaucoup amusé.
— Ce n'est pas un mal qu'Antje soit intervenue, fit Remus. Elle a raison, ç'aurait pu provoquer une catastrophe, cette affaire.
— T'es pas jaloux, me demanda Peter en me regardant par en dessous.
— Jaloux de quoi ?
— Ben, qu'elle soit partie avec James.
— T'es vraiment stupide, des fois, déclarai-je.
En effet, je savais parfaitement ce dont Antje voulait parler à James. Elle était sûrement en train de lui expliquer une chose qu'elle m'avait dite longtemps auparavant, avant même que je ne tombe amoureux d'elle. Selon elle, les filles n'aiment pas les gars qui en font des tonnes.
Ils revinrent quelques instants plus tard. James avait l'air un peu défait, mais nettement moins en colère. Ma sauvageonne vint s'asseoir à côté de moi, et elle fourra sa main dans la mienne. Nous discutâmes de tout et de rien jusqu'à l'heure du déjeuner. L'incident semblait être oublié.
Cependant, le soir, alors que nous étions en train de nous coucher, James me dit :
— Tu sais, c'est vraiment une fille bien, Antje.
— Tu en doutais, demandai-je avec un sourire.
— Pas vraiment, répliqua mon meilleur ami. Mais bon. Je ne m'étais jamais douté à quel point elle est apte à comprendre comment fonctionne le cerveau des gens. Je comprends pourquoi tu es autant amoureux d'elle.
Je ne répondis pas. En fait, j'avais soudainement un coup de cafard. Oui, j'étais profondément amoureux d'Antje. Mais nous étions déjà à la fin de l'année. Il ne nous restait que quelques jours. Si peu de jours avant les vacances. Et une séparation de deux mois.
J'enfouis mon visage dans mon oreiller, et essayai de trouver le sommeil.
