NDA :

Rating : K+

Cette fiction a été écrite dans sa totalité par trois auteures différentes :

POV Alyssa - Charliflex

POV Louna - DoraFlickFlack

POV Léna - Tanounette

Elle se situe à la fin de la saison 6 et c'est donc la SUITE DE LA SÉRIE, attention aux possibles spoilers.

Elle respecte entièrement le script et le canon de la série, les personnages morts resteront donc morts (désolées).

Disclaimer : Teen Wolf ne nous appartient (malheureusement) pas.

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Bonjour la population !

Nous voilà de retour avec notre nouveau chapitre (un peu en retard, certes, mais bon). D'ailleurs, on vous informe qu'on en est déjà environ à la moitié du premier tome de notre chère fanfiction ;)

Au programme : un pétage de plombs (et oui, encore un), de la guimauve (apparemment, y en a jamais assez), et une légère frayeur. Et de nouveau de la guimauve.

Comme toujours, vos reviews et conseils sont les bienvenus, bonne lecture !

oOo

Chapitre 25

« Nouvelle famille »

~POV Alyssa~

Quand je sors de mon lit à dix heures du matin en ce si beau dimanche, je vais dans la cuisine et commence à me faire des tartines, les yeux dans le vague. Je vois Isaac sortir de la chambre de Lou et aller dans la salle de bains. Je prends la télécommande et allume la télé. Je mets les infos. Attendez, quoi ?

Merde, j'avais zappé qu'Isaac était là ! Et torse-nu en plus ! Il n'est pas bien celui-là, à se balader comme ça. Non mais, on ne se promène pas torse-nu dans la maison de quelqu'un chez qui on squatte ! Surtout quand il s'agit de trois adolescentes.

Je le vois retourner dans la chambre de Lou sans faire attention à moi. Bon. Je suppose que quand elle va se réveiller, elle va le foutre dehors. Après tout, elle était complètement shootée hier, donc elle ne va pas assumer. Je la connais.

Dix minutes plus tard, Léna me rejoint. Elle porte le tee-shirt de mon frère. Un tee-shirt blanc à l'effigie de Deadpool un peu trop grand pour elle. Gab' adorait les Marvel, tout comme moi. C'est une passion qu'on partageait tous les deux. On avait une collection de figurines hyper géniales de pleins de superhéros. J'espère que personne n'a touché à nos affaires à Eureka. Quand je serai prête, j'y retournerai et je prendrai ce qui m'appartient.

- Une tartine ?

- Ouais, volontiers.

- AAAAAAAAH !

Léna et moi sursautons.

- Qu'est-ce que tu fous là, toi ?! j'entends Lou gueuler.

J'entends Isaac répondre quelque chose qui ressemble à une explication, mais deux secondes plus tard, la porte de la chambre s'ouvre sur Lou, furieuse, qui traîne Isaac par le bras avec une expression paniquée. Elle le jette dehors, claque la porte et ferme à clef. Elle se tourne ensuite vers nous et remarque nos yeux grands ouverts et nos sourcils haussés.

- Vous pouvez m'expliquer ?

- Tu ne l'as même pas laissé parler, je dis.

- Expliquez-moi ce qu'Isaac Lahey foutait dans mon lit !

- À ce qu'il paraît, t'étais shootée aux médocs, et tu lui as demandé de rester avec toi, résume Léna.

- À ce qu'il paraît ?! Si ça se trouve il m'a violée ! Non. Isaac ne ferait pas ça. Quoique, je ne le connais pas. Mais non. Il a une tête de gentil, pas de violeur.

- N'importe quoi, il ne t'a pas violée, je soupire.

- Qu'est-ce que t'en sais ? Moi je dis, à bas les anarchistes du lit !

- Hein ?

- Il a pu me faire ce qu'il voulait !

Je me pince l'arête du nez.

- T'es sûre qu'elle n'a pas pris de drogue ? me chuchote Léna, tandis que Lou se met à faire une manifestation dans le salon.

Je me lève, vais à l'évier, remplis un grand verre d'eau et me précipite vers Lou. Je l'attrape par un bras et lui balance le verre à la figure. Elle cligne deux fois des yeux puis me fixe avec des yeux de merlan.

- Qu'est-ce qui se passe ?

- T'as pété un plomb, indique Léna en sirotant un smoothie à la framboise.

- Je n'ai pas rêvé quand j'ai vu l'autre dans mon lit ce matin, c'est ça ?

- Non, je dis.

- Merde.

- Ouais.

- Et le verre d'eau, c'était pour quoi ?

- Tu faisais une manif dans le salon parce que tu pensais qu'Isaac t'avait violée.

- Plus jamais de médocs.

Je lui tape amicalement l'épaule et retourne à mon petit déjeuner. Lou décide d'aller prendre une douche froide pour se rafraîchir les idées. Bonne idée.

oOo

- Putain, mais c'est pas possible !

- Aly, vocabulaire ! me crie Lou depuis la cuisine.

- Viens m'aider au lieu de râler !

Mon amie me rejoint et s'assoit sur mon lit.

- C'est ce stupide devoir de chimie, j'y comprends que dalle.

- Bon, fais voir.

Je lui tends ma feuille, et elle lit rapidement l'énoncé. Il s'agit de plusieurs exercices à propos de reconnaissance de molécules avec des graphiques ou je ne sais pas trop quoi. C'est pas pour rien que j'ai dit que je ne comprends rien du tout.

- Tu vois, ces graphiques sont des spectres infrarouges. Ça veut dire que blablablabla.

Mon cerveau décroche de ce que Lou me raconte. Je capte deux-trois mots. Spectroscopie. Transmittance. Liaison hydrogène. Bandes d'absorption. Elle parlerait chinois que ça ne changerait pas grand-chose.

- Tu m'écoutes, oui ?!

- Mais bien sûr.

- C'est ça, fous-toi de moi.

- De toute façon, je pige rien du tout à ce que tu me racontes, là.

- Si tu ne m'écoutes pas, c'est un peu normal.

- C'est juste que la chimie, c'est incompatible avec moi. Ça n'a rien à voir avec toi.

Lou me donne une tape à l'arrière de la tête.

- Aïe !

- Tu l'as méritée. Tu ne fais pas d'efforts.

- Ça ne sert à rien ! Je te dis que je ne comprendrai jamais rien à la chimie !

- Mets-y de la bonne volonté et tu y arriveras. Si tu ne fais pas d'effort, tu ne réussiras pas ton année.

- Oh, excusez-moi mademoiselle Louna Collins, mais on n'est pas tous des surdoués !

Je me lève et sors de la pièce. Je vais dans la salle de bains, ferme à clef et compose le numéro de Nolan. Je sens que je commence à perdre le contrôle, et ce n'est pas bon du tout. Mes yeux sont déjà jaunes.

- Allô ?

- C'est moi.

- Salut Aly, tout va bien ?

- Je me suis énervée contre Lou à cause de mon stupide devoir de chimie.

- Oh. Ne t'inquiète pas, ça ira. Au pire, tu n'as qu'à regarder dans un bouquin ou…

- Non, c'est pas ça… Mais Lou a essayé de m'expliquer et moi je lui ai gueulé dessus. Je suis une amie nulle.

- Excuse-toi, ça suffira.

- Tu crois ?

- Lou est ta meilleure amie, elle comprendra.

- Tu as raison. Merci, bisous.

- Bisous, on se voit demain.

Je raccroche. Parfois, deux minutes à discuter avec Nolan suffisent à me calmer. J'en ai marre. Je sors de la salle de bains et rejoins les filles dans le salon.

- Désolée, Lou.

- C'est pas grave.

Je la serre dans mes bras.

- Faut vraiment que vous arrêtiez de vous engueuler pour rien, commente Léna.

- Pff, viens là, toi, je ris.

Léna se lève et rejoint notre câlin. Je serre mes amies contre moi. Ce que je les aime, ces deux-là.

OoO

- Tu veux un bout de mon sandwich ? me demande mon petit ami. Pas de jambon, promis.

- Ouais, je veux bien.

Nous sommes couchés dans l'herbe, dans la cour du lycée, regardant le ciel bleu. Il fait déjà bon, et le soleil est au rendez-vous. Nolan est adossé à un arbre, et moi je suis assise devant lui, ma tête posée sur son épaule. Il me donne la moitié de son sandwich, que sa mère lui a fait. Ça fait dix minutes qu'il joue avec une de mes mèches de cheveux, tout en mangeant. Aujourd'hui, nous avons décidé de manger tous les deux ici, et non avec les autres à la cafétéria. J'avais besoin d'un peu de temps avec lui.

- T'es sûr que t'es prêt pour ça ? je dis après quelques minutes de silence.

- Pour quoi ?

- Me supporter 24 heures sur 24.

- Je crois bien que c'est trop tard pour me demander ça, rit-il.

Je tourne la tête et le regarde dans les yeux. Est-ce que c'est humain, d'avoir de si beaux yeux ? Vous pourrez toujours dire ce que vous voulez, qu'on a tous les deux les yeux de la même couleur, mais je vous assure que non. Mes yeux sont d'un bleu azur trop voyant, tandis que ceux de Nolan sont d'un gris-bleu magnifique. Ne parlons même pas de ses taches de rousseur. Il est tellement adorable que si je continue de vous dire à quel point il est merveilleux, vous voudrez me le piquer.

Je dépose un baiser sur ses lèvres, m'enivrant de son odeur apaisante. Il pose sa main droite sur ma joue, tandis que sa main gauche passe dans mes cheveux. J'ai l'impression que c'est la première fois depuis longtemps que je me sens à ma place, à la maison. Malgré le fait qu'on soit dans notre appartement depuis quelques semaines, il est impossible pour moi de me sentir complètement à la maison, alors que juste les bras de Nolan me suffisent à retrouver ce sentiment d'être à ma place que j'avais perdu après la mort de ma famille.

- Tu ne m'as jamais vraiment parlé de ta famille, raconte-moi comment ils étaient, me dit mon petit-ami.

Je me couche presque sur lui et fixe le feuillage de l'arbre contre lequel nous sommes.

- Ma mère était très gentille. Elle se souciait toujours des autres avant de penser à elle-même. Elle s'intéressait toujours à moi, mon frère et ma sœur, toujours en train de demander comment s'était passée notre journée. C'est elle qui m'a appris à faire confiance à mon instinct, quand il s'agit des autres. Elle me disait souvent que si on a l'impression qu'on ne va pas pouvoir faire confiance à quelqu'un dès qu'on le rencontre, on ne doit pas chercher à devenir ami avec lui.

- La première fois que tu m'as rencontré, tu as pensé quoi ?

Je ris et réponds :

- Je te rappelle que lors de la première conversation qu'on a eue, tu as dit que Lou n'aurait pas sa place dans l'équipe.

- Elle m'a vite fait changer d'avis, je te signale. Et puis, on est habitués à ce que les filles rejoignent l'équipe que pour fréquenter des beaux garçons athlétiques, et comme je ne connaissais pas encore Lou, j'ai juste eu dans la tête l'image d'une fille comme les autres qui ne veut pas rejoindre l'équipe pour le sport en lui-même.

- Tu sais quoi, je dirais presque que je ne t'en veux pas et que je te comprends, mais Lou est ma meilleure amie, donc je ne peux pas dire que je vais oublier ça, je ris.

- Je comprends, ne t'en fais pas.

- Pour en revenir à ma famille, mon père était quelqu'un de très fort, et de très gentil, tout comme ma mère. Il s'occupait toujours de moi, et c'est lui qui m'a appris tout ce que je sais faire. Me battre, réfléchir à tout ce que je fais, et ne pas montrer ce que je ressens à mes adversaires pour ne pas qu'ils l'utilisent contre moi. En ce moment, j'ai tellement l'impression de le décevoir par tout ce que je fais.

- Je suis sûr que non. Tu fais ce que tu peux pour gérer tes problèmes, et je suis sûr à cent pourcent qu'il serait fier de tout ce que tu fais pour aider tes amies.

- J'espère que t'as raison, je soupire. Heureusement que tu es là, je ne sais pas ce que je ferais sans toi…

- Et ton frère ? Et ta sœur ? Ils étaient comment ?

- Kay était insupportable, intelligente et très sensible. Comme toutes les petites sœurs, elle était toujours en train de tout faire pour m'embêter, mais parfois, elle venait dans ma chambre, et elle se mettait à me raconter sa journée, ses problèmes avec ses amies. J'adorais l'écouter parler, qu'on soit toutes les deux couchées sur mon lit, moi l'enlaçant, et elle gesticulant dans tous les sens.

- J'aurais adoré la rencontrer.

- Elle t'aurait adoré, j'en suis certaine. Gab, lui, par contre, il t'aurait fait passer un interrogatoire les griffes sous ta gorge, je ris. Mais il aurait fini par t'adorer, parce que tu es tellement adorable et gentil qu'il n'aurait jamais pu te détester. Il était très protecteur, mais aussi parfois énervant. Mais bon, je l'adorais tellement, et on avait énormément de points communs, donc on ne se disputait pas autant que moi avec Kay.

- Ta famille a l'air d'avoir été géniale.

- Elle l'était, je souffle douloureusement.

Nolan serre son étreinte, et dépose un baiser sur ma tempe.

- Mais j'ai une nouvelle famille, maintenant, j'ajoute en fermant les yeux.

~POV Léna~

Ayant fini plus tôt vu que le restaurant est plutôt vide pour un mardi soir, je décide de rentrer sans attendre les filles. Les ruelles sombres de Beacon Hills me donnent la chair de poule. Je suis toujours sur mes gardes depuis l'attaque. Je marche dans la ville en veillant à chaque bruit suspect. Un bruit de pas se rapproche de plus en plus. Il y a de moins en moins de distance entre nous. Est-ce que je dois courir ou me retourner ? Bon, au pire, c'est Théo, il me suit toute la journée de toute façon. Je m'arrête donc et me retourne. Mais là, surprise, ce n'est pas lui. Je regarde l'homme en face de moi, lui aussi. Je le dévisage de haut en bas. Il est grand, bien plus grand que moi -en même temps ce n'est pas compliqué vu mon mètre soixante-. Ses cheveux blonds et ses yeux bleus sont les seuls détails visibles de son visage. Je baisse la tête et vois qu'il tient une arme. Une arme pointée sur moi. Mon Dieu, non. Je me bloque sur place, arrêtant limite de respirer.

- Où sont-ils ? demande le blond sèchement.

- Je, euh…, je bafouille.

- Répond-moi ou je tire !

- Je, je ne sais pas…, je réponds les larmes aux yeux.

- C'est moi que tu cherches ? ajoute une voix rauque derrière lui.

L'homme se retourne et je parviens à relâcher mon souffle. Je n'arrive pas à voir de qui il s'agit mais le son de sa voix m'est familier. Je ne vois que ses yeux jaunes briller et ses griffes sorties. Je reste tétanisée sur place quand il donne un coup de griffes au chasseur. Il s'enfuit aussitôt, la main sur sa gorge en sang.

Mon sauveur s'avance vers moi. Quand il passe sous le rayon de lumière, je vois qui il est. Théo. Je pousse un soupir de soulagement. Il rentre ses griffes et ses yeux retrouvent leur magnifique vert.

- Tu vas bien ? il demande d'une voix douce.

- Je, je crois que oui.

Le dernier mot prononcé, je m'écroule au sol, le stress a pris possession de mon corps. J'ai le temps d'être retenue avant de toucher le sol.

Quand je rouvre les yeux, je vois le plafond de ma chambre. Mais comment j'ai atterri ici ? Je tourne la tête et vois une masse de cheveux bruns baissée.

- Théo ?

Il lève la tête et me sourit. Il se lève de la chaise et vient me rejoindre sur le lit. Il s'y assoit au bord et me regarde. Ses yeux verts brillent.

- Tu vas mieux ?

- Oui. Il s'est passé quoi ?

- Je t'ai ramenée ici après que tu te sois écroulée au sol quand il est parti. Tu étais en pleine crise de panique.

- Comment t'es rentré ? Les filles sont là ?

- J'ai pris la clef dans ta poche, et non, elles travaillent encore.

Je me relève et ne quitte pas ses yeux du regard. Ils sont si beaux. Son sourire est toujours présent sur son beau visage. Une barbe de quelques jours recouvre la partie inférieure de son visage d'ange. Il ne quitte pas mes yeux non plus. Il est appuyé sur son bras droit et a l'air de me dévorer du regard, pour preuve il se mort la lèvre inférieure. On reste là, à se fixer l'un l'autre sans parler.

Je ne sais pas exactement ce que je ressens à l'heure actuelle, mais je lui suis reconnaissante de m'avoir sauvé la vie. C'est réellement ce qu'il a fait en faisant fuir ce chasseur. Je pourrais passer la nuit à le regarder. J'ai passé trop de temps sans l'avoir à mes côtés. Même si j'étais en colère contre lui, sa non-présence m'affectait beaucoup. Je n'ai qu'une envie, c'est de le prendre dans mes bras et de sentir ses lèvres contre les miennes.

On peut me demander pourquoi j'ai senti son absence comme un manque alors que je le connais depuis quelques semaines seulement, c'est tout simplement parce que j'ai besoin de me sentir protégée. Quand Gabriel était là, c'est lui qui me protégeait de la vie. Sa présence et sa douceur me permettaient de rester en vie. C'est comme si l'âme de Gabriel avait pris place dans le corps de Théo. Puis, j'ai le sentiment que Théo est devenu mon ancrage. Quand il est dans les parages, je me sens bien, je n'ai pas besoin de faire attention à mes faits et gestes, alors que quand il n'était pas là, la moindre sortie était stressante.

Il se lève soudainement et se dirige vers la porte. Nan mais il fait quoi ? Alors qu'il a la main sur la poignée je me lève d'un coup.

- Théo, tu vas où ?

Il lâche la poignée de la porte et me fait face.

- Tu as dit que tu avais besoin de temps, maintenant que tu es en sécurité je m'en vais.

Je me rapproche un peu plus de lui et prends sa main. Elle est chaude. Ça fait un contraste avec la mienne qui est gelée.

- Je pense que j'ai eu assez de temps, je réponds en le regardant dans les yeux.

Je ne lâche pas sa main et un sourire malicieux apparaît sur son visage. Il s'approche du mien, et, en me mettant sur la pointe des pieds, je colle mes lèvres sur les siennes. Un frisson parcourt mon corps entier. Alors que ma main droite est dans la sienne, ma main gauche vient le tenir dans le dos. Nos poitrines se touchent et notre baiser semble durer l'éternité.

Il me fait me retourner pour que je sois collée à la porte. Il pose sa main sur ma joue et ses doigts jouent avec mes cheveux. J'ai souhaité ce moment depuis des jours et nous voilà, ici, dans ma chambre. Il est vingt-trois heures et nous sommes tous les deux.

Le bruit de la porte d'entrée qui s'ouvre et les pas qui arrivent vers ma chambre me font me rappeler que je ne suis pas la seule à vivre dans cet appartement. En moins de cinq secondes je détache mes lèvres de celles de Théo et le pousse gentiment. J'ouvre la porte avant qu'Alyssa n'ait eu le temps de la toucher, en cachant Théo par la même occasion.

- Léna ! Tu nous as fait peur ! s'exclame la rousse en me serrant dans ses bras.

- Pourquoi tu ne nous as pas attendues ? demande Lou.

- J'ai fini plus tôt.

- Et tu aurais pu nous prévenir !

- Comment ?

- Ben je ne sais pas, avec ton téléphone peut-être ! soupire Aly.

- Oh, j'avais plus de batterie.

Théo ricane derrière la porte alors que Lou soupire et que je souris comme une gamine de cinq ans. Alyssa arque un sourcil et veut passer la tête derrière la porte mais je l'en empêche.

- Ne me dis pas que tu es avec …

- Je vais tout vous expliquer...

- Il n'y a rien à expliquer, le psychopathe, il sort d'ici tout de suite ! dit Aly en montrant la porte du doigt.

Théo ne bouge pas d'un poil, de toute façon, je le lui interdis. Alyssa me pousse légèrement pour pouvoir entrer dans ma chambre et trouve Théo, un sourire d'ange sur les lèvres. Lou est sur le pas de la porte et me lance un regard furieux. C'est la moins bien placée pour dire quoi que ce soit, son Isaac s'est incrusté deux fois chez nous, dont une alors qu'on ne le connaissait même pas. Je me retourne vers mon amie rousse, elle est déjà sur le point de hurler sur Théo, qui n'a pas quitté son sourire.

- T'as compris ce que j'ai dit ? Dégage ! s'énerve-t-elle.

- Aly...

- Je ne te parlerai pas tant que ce fou ne sera pas sorti de cet appartement.

- En attendant c'est grâce à moi que tu peux encore lui parler, actuellement, répond Théo le plus calmement possible.

- Quoi ?

- Elle a failli se faire tirer dessus, heureusement que j'étais là !

- Et du coup t'en a profité ?! Tu n'as pas …

- Nan, stop, Aly, il n'a rien fait à part me ramener à la maison après ma crise.

- Et qu'est-ce que tu fais encore là ?

- Ah, ça, c'est à elle qui faut demander.

- Nan mais Léna tu craques ou quoi ? Ce mec a tué sa propre sœur et tu retournes dans ses bras ? s'indigne-t-elle.

- Il a fait cette erreur une fois, on en fait tous, pas vrai ? Il m'a quand même sauvé la vie. Il nous a aussi montré où aller pour retirer la flèche dans ton ventre. Il a changé, je réponds doucement en espérant que ça va la calmer.

Théo est toujours collé contre le mur, Lou n'a pas bougé non plus et Aly nous regarde alternativement Théo et moi.

- Oui, enfin, un meurtrier reste un meurtrier. Mais bon, si tu sens qu'il a changé, je te crois, dit-elle en murmurant les derniers mots comme si elle ne voulait pas les prononcer.

- Donc tu acceptes qu'il reste dormir...

- Quoi ? me coupe Lou.

- De toute façon tu n'as pas le choix.

Je lui envoie un regard noir. Elle sourit, mal à l'aise, elle comprend très bien ce que je veux dire. Elle ne nous a pas demandé notre avis pour que l'incrustateur vienne samedi après le match.

- Bah moi, je m'en vais !

- Et moi je m'en fiche, je suis fatiguée, j'ai besoin de dormir, dit Alyssa en bâillant. Dormez, ne dormez pas, faites comme vous voulez, mais ne m'empêchez pas moi de dormir sinon je risquerais de faire un meurtre demain et je connais déjà ma cible, conclut-elle en foudroyant Théo du regard.

Elle sort de la chambre après un énième bâillement. Je regarde en direction de la porte d'entrée, Lou a déjà son sac sur le dos et s'apprête à sortir de l'appartement quand elle fait demi-tour vers la cuisine. Elle prend un paquet de cookies et s'en va. Elle était sérieuse. Je soupire quand elle claque la porte. Je ferme la mienne et m'y adosse, je me retrouve à nouveau seule avec Théo. Nous soufflons en même temps ce qui nous fait déclencher un fou rire. Il s'approche de moi et me prend les mains.

- Elle est tenace ! J'ai bien cru qu'elle allait m'arracher la tête !

- C'est Aly ! Quand elle n'aime pas quelqu'un elle le lui montre bien.

- Et toi tu m'aimes ? il demande en levant un sourcil un sourire espiègle aux lèvres.

- On va dire que je t'apprécie beaucoup.

- C'est tout ?

Je souris et pour toute réponse, je colle mes lèvres sur les siennes.

- Je pense que j'ai compris, il ajoute notre baiser fini.

- Je vais me mettre en pyjama, je reviens, fait comme chez toi.

Je sors de la chambre et vais dans la salle de bain. Je prends une douche rapide, me brosse les dents et me démaquille. J'enfile un short et un débardeur pour dormir. Je sors de la salle de bain et vais rejoindre Théo dans ma chambre. Quand je pousse la porte, je le vois couché dans le lit. Je m'agenouille à ses côtés. Il ne cesse de me regarder. Ses yeux verts brillent et il ne quitte pas son sourire.

- Tu es si belle Léna. J'ai vraiment de la chance d'être à tes côtés. Je suis vraiment désolé que t'aies appris mon passé de cette façon. Je sais que je t'ai blessée et je m'en suis énormément voulu. J'ai eu peur de te perdre, il dit en me prenant les mains.

- C'est vrai que tu m'as blessée, je t'en ai voulu, je me suis éloignée de toi pour me protéger, mais en fait, j'avais besoin de toi pour être en sécurité. Tu m'as prouvé aujourd'hui que tu as changé.

- Je t'apprécie beaucoup, Léna et je n'ai plus peur de l'avouer, il conclut en embrassant mes mains.

Il se redresse et vient plaquer ses lèvres contre les miennes. Je suis surprise par l'intensité de ce bisou. Je souris en l'embrassant. Il embrasse ma joue et mon cou. Je frissonne quand ses lèvres passent le long de ma clavicule. Mon regard se pose sur l'horloge au-dessus de mon bureau, sans que Théo ne cesse de m'embrasser. Elle indique qu'il est déjà une heure. Ce n'est pas possible ! Je me lève dans moins de cinq heures !

- Hum, Théo il est tard, faut qu'on dorme, je dis en me dégageant doucement.

Son regard est comparable à celui du chat botté, tellement adorable ! Je ris et l'embrasse une dernière fois avant de me coucher. Il pose la tête sur l'oreiller en regardant le plafond, ses mains derrière sa nuque. Je me rapproche de lui, mets ma tête sur son torse et enfouis ma main froide sous son tee-shirt. Il sursaute quand elle glisse le long de son dos. Je la bloque dans son dos pour la réchauffer et ferme les yeux.

- Bonne nuit, il murmure en donnant des centaines de bisous sur mon crâne.