Ares le protecteur

Ares le protecteur

Chap. 24

"- Bientôt ! Bientôt ! Bientôt !!"

Saori se massa les tempes.
Elle ne supportait plus la voix d'Athéna.

Sans compter que la déesse exultait de plus en plus.
La pauvre jeune femme se sentait épuisée.

L'un après l'autre, elle avait sentit la défection de certains de ses chevaliers. Pour les ors, cela ne l'avait guère étonné. Ils n'étaient que des ingrats, incapable de voir la déesse en elle.
Ikki encore…Ce type n'en avait jamais fait qu'à sa tête sans jamais vouloir obéir à ses ordres.

Mais Shun !! Le petit était si doux, si gentil…Si stupide…

Comment avait-il pu se détourner d'elle !

"- Ha ! Bien fait !! Tu ne mérites pas cet enfant ! Il sera bien mieux avec oncle Hadès. Et puis ca restera en famille comme ca."

Saori gronda.

Elle n'en pouvait plus d'entendre cette voix agressive et ulcérée.

Adossé au pied d'un arbre, la tête de Milo posée sur ses genoux, Camus soupirait de bonheur.

C'était bon d'être là, en paix, content et heureux….

L'ambiance dans les jardins du Hall de l'Amour était si paisible…

Non loin, Aphrodite regardait le jeune couple avec amusement.

Ils étaient si choux ces deux là...Un vrai couple de labrador.

"- Tu devrais avoir honte."

"- Bonjour Cup' !"

"- Maman !!"

"- Ben quoi ? Ils sont si mignons…."

"- Arrête de te nourrir d'eux comme ca !"

"- Jaloux ?"

"- Evidement !"

L'énergie amoureuse que ces deux là émettaient était presque suffisante pour faire carburer le Hall entier pendant des années.

"- Ne me dit pas que tu penses à les recruter." murmura Cupidon, suspicieux.

Aphrodite secoua la tête.

"- Bien sur que non ! Qu'est ce que j'en ferais ?"

Ces deux là ne toucheraient jamais personne d'autre que leur moitié et ne savaient rien faire d'autre que ce battre. Enfin…Bon…Le verseau pourrait être un excellent professeur. Mais la déesse de l'amour pouvait presque prédire que camus aurait un élargissement de poste auprès d'Athéna avant longtemps.

Sans attendre plus longtemps, elle alla s'accroupir près du couple enlacé.

"- Camus ? Milo ?"

Les deux hommes relevèrent le nez, le même sourire débile contentement béat aux lèvres.

Un long frisson parcourut le dos des deux dieux de l'amour.

Zeus ce que ces deux là émettaient !!

"- Zeus convoque tous les chevaliers d'Athéna. Elle va passer en jugement."

Les deux chevaliers se redressèrent immédiatement, attentif.

Ils restaient des chevaliers d'Athéna.

"- Quand ?"

"- immédiatement."

Les deux chevaliers bondirent sur leurs pieds.

Il ne leur fallut qu'un instant pour revêtir leurs armures.

"- où…"

"- Je vous emmène."

A peine la déesse avait-elle proposé son assistance qu'elle dématérialisait tout le monde dans la grande salle du conseil des dieux.

Déjà, une grande majorité de dieux et de déesses s'y pressaient.

Autour de la grande table en U, la plus part des grands olympiens attendaient

Les pieds sur la table, il attendait avec un petit sourire aux coins des lèvres. Près de lui, Saga tentait sans grand succès d'argumenter pour le faire se tenir mieux.

"- S'il vous plait !"

"- Mais je gène personne !"

Sans compter qu'il adorait agacer sa mère.

Héra le fusillait du regard avec colère. Il ne pouvait pas se tenir bien un peu lui ?

"- Vous me faites honte !" Siffla Saga avant de lui taper sur la cuisse.

Ares le fixa un long moment avant de reprendre une position plus digne.

"- C'est mieux ?"

L'ancien chevalier d'or se fendit d'un sourire tendre.

"- Bien mieux, merci."

Le dieu de la guerre ne pu rester sans répondre au sourire de sa Main. Gentiment, il attrapa Saga par la nuque pour l'embrasser fugitivement.

La Main d'Ares rosit doucement avant de baisser les yeux. Il avait toujours du mal avec les gestes tendre devant une audience.

De l'autre coté de la table, Héra hocha la tête.

Ce mortel faisait un bien fou à son fils. Il le tenait en laisse et le rendait plus heureux qu'il n'avait jamais été.
C'était bien…très bien…

Peut-être devrait-elle l'inviter à prendre le thé…et des gâteaux….alcoolisé les gâteaux...
Mais il elle faisait ça, elle devrait songer a son jumeau. C'était indispensable.

Camus et Milo rejoignirent leurs frères dans un coin de la pièce. Les cinq bronzes attendaient avec eut.

"- On a laissé tomber les pataugas ?"

Shun rosit de l'amusement du verseau.

Depuis qu'il avait commencé à aller régulièrement voir son grand père, il avait accepté d'abandonner la salopette blanche pour des jeans noirs beaucoup plus seyant, il devait le reconnaitre. Perséphone s'était amusée comme une petite folle à jouer à la poupée avec lui. En gentil garçon qu'il était, il n'avait même pas protesté.

A présent, il attendait avec résignation que Cerbères viennent mettre bas de sa dernière portée sur son lit. Le chien l'appréciait trop pour qu'il y coupe.

"- Grand père trouve que ca me va mieux."

"- Grand père ?"

"- Hadès."

Camus referma la bouche avec un bruit audible.

Il avait manqué bien des choses ces derniers jours. Certes, il devait bien avouer qu'il avait été occupé à roucouler avec son Milo comme un couple d'adolescents au printemps. Mais tout de même ! On ne lui disait jamais rien à lui ! C'était scandaleux !

DM renifla.

"- Tu passerais moins de temps à sauter sur ton araignée à aiguille aussi."

"- Voyez qui parle !" Rétorqua immédiatement Milo, piqué au vif. Pour un scorpion, c'était quand même ballot... "Toi qui passe ton temps a la pèche au gros…"

"- Hé !! J'ai prit un ou deux kilos depuis qu'on est en Olympe mais quand même !" Protesta Aphrodite, vexé comme un rat.

"- Je ne parlais pas de ca." S'amusa encore Milo.

Dohko secoua la tête avec un rien de blâme amusé.

Il avait assisté à d'autres prises de bec quelques années plus tôt. Mais elles étaient loin d'être aussi bon enfant et aussi tendre que celle là. A l'époque, elles ne se réglaient pas par une claque derrière la tête et un rapide baiser volé mais dans le sang et les tripes jusqu'aux chevilles.
C'était un heureux changement.
Et tant pis si les dieux réunis les observaient avec le même amusement tendre qu'un parent regarde son petit d'un an tenter de se mettre sur ses pieds.

Au moins n'y avait-il rien de dangereux dans un regard comme ca.

Par contre, celui de Seiya et Hyoga….

Les deux garçons semblaient a la torture mais pour des raisons différentes.

Le petit blond semblait tiraillé entre son affection, pour ne pas dire plus, pour Shun et son devoir auprès d'Athéna.

Il était dommage que ce petit n'ai pas encore comprit qu'Athéna n'était pas Saori. Et inversement…
Seiya laissait Dohko plus soucieux.

L'étincelle un peu hagarde dans son regard l'inquiétait vraiment.

Il avait vu quelque chose de similaire dans les yeux de Saga lorsque la folie avait commencé à l'effleurer de ses doigts fins.

A ce propos…

Une jeune déesse échevelée, pied nus et a la robe déchirée venait de sauter au cou de Saga pour l'embrasser goulument.

Effaré, la Main d'Ares repoussa la déesse comme il put jusqu'à ce que le dieu de la guerre attrapa la jeune fille par la taille et la pose plus loin.

"- Mania ! Voyons ! Un peu de tenue !"

La déesse des folies douces gloussa.

"- Mais tonton !! Je l'aime bien lui ! C'est mon copain !!"

Ares grogna un peu.

Sa main avait nourrit la jeune fille et sa mère pendant des années après tout.

"- Eris, tu devrais tenir un peu ta fille."

"- Elle n'est la mienne que quand ca t'arrange de ne pas être son père, mon frère." Sourit la déesse de la discorde.

Ares renifla.

"- Votre fille ?" Questionna Saga, curieux et un brin jaloux.

Son affection allait croissante pour son dieu….

"- L'une des plus jeunes oui…"

"- Vous avez combien d'enfants en tout ?"

"- Et bien…."

Eris gloussa, très contente d'elle.
C'était sa façon à elle d'accueillir Saga.

Heureusement pour Ares, l'entrée d'Athéna encadrée par Zeus, Hadès et Poséidon le sauva de répondre.

Saga se pencha vers lui.

"- Nous en rediscuterons."

Le dieu de la guerre, connu pour ignorer la peur sur le champ de bataille avala sa salive. C'était bien de la jalousie qu'il avait entendu…De la vraie, de la bonne, de la pure…

Il espérait juste que Saga ne le forcerait pas à choisir entre ses rôles de père et géniteur et son affection pour lui.
Il serait bien incapable de se décider….

Saga fila rejoindre ses frères Ors pour attendre la décision des Olympiens.

La tête haute, le menton levé, Saori lança au conseil des dieux un regard glacial.

Ils étaient des dizaines à être venu assister à son procès.

"- Le tien, pas le mien " Persiffla Athéna, très contente d'elle.

Elle n'était pas exempte de tords, bien au contraire et elle le reconnaissait tout à fait. Mais au moins, pour une fois, ce n'était pas sa faute !!

Saori balaya une fois de plus dieux du regard.

Athéna ne put totalement censurer une pointe de regret.

Un dieu qu'elle aurait aimé voir là était absent.

"- Dieux et Déesses, mortels…" Commença Zeus avant de se reprendre. "Et immortels…Je vous ai rassemblé ici pour décider du sort conjoint d'Athéna et de son corps mortel, Saori Kido."

La jeune femme avala péniblement sa salive.
Enfin elle se rendait compte que cela n'irait pas tout seul.

"- Athéna, ma fille… Que peux-tu dire pour ta défense ?"

Saori chercha rester silencieuse mais le cosmos écrasant du roi des dieux aussi bien que les chaines forgées par Héphaïstos qu'elle portait la réduisirent a l'impuissance, la court-circuitant pour laisser la place à la déesse.
Elle se sentit hausser les épaules.

"- Les multiples réincarnations que j'ai vécut ont finit par brouiller mon esprit, père. Oncle Hadès et Oncle Poséidon ont déjà du vous expliquer." Commença la déesse de la guerre.

Les ors se redressèrent un peu.
La voix de la déesse était bien différente du filet de Saori. Plus sèche, plus autoritaire…Plus forte aussi…C'était la voix d'une femme mure et sur d'elle. Rien à voir avec une gamine mal grandie a la poitrine de vache laitière…

"- Et j'avoue avoir fait preuve d'un manque de discernement déplorable quand au choix de ce corps." Finit Athéna avant de se taire.

Elle n'avait rien de plus à dire. Tout le reste serait à régler entre ses oncles et elle…et son frère…

Certains non dit restaient entre eux depuis la dernière fois qu'ils s'étaient vu et qui avaient précipité son exil sur terre.

Le roi des dieux balaya l'assemblée du regard.

"- Quelque chose à ajouter ?"

Saori chercha à se libérer de la contrainte qui l'empêchait de parler. Elle aussi elle voulait s'expliquer, elle aussi elle voulait faire valoir sa parole. Elle ETAIT Athéna après tout !! Pour qui la prenaient ils tous ?

De l'autre coté de la pièce, Seiya se mordait la langue au sang pour ne pas broncher.

Ca aurait été contre productif.
Son allié avait été très clair.

Il ne devait pas protester. Tout le monde n'attendait que ca pour faire du mal à Saori.

Il devait rester silencieux.

Lorsque sa Déesse serait enfin relâchée, là il pourrait l'aider.

Lon avait raison. Il ne devait pas bouger.

Zeus abattit son foudre sur le sol.

Rien ne servait d'attendre davantage.

"- Très bien….Voici ma décision. Athéna, tu seras retirée de ce corps mortel. Saori Kido sera renvoyée sur terre. Quand a toi, ma fille, tu seras consignée en Olympe pour le prochain siècle."

Ares se redressa un peu.
La punition était des plus légère.
Elle était même particulièrement douce.

Il se tourna vers ses oncles.

"- Vous…"

Poséidon et Hadès hochèrent la tête.

"- Nous réglerons nos comptes avec elle directement. Pour le reste, nous avons demandé la clémence."

Un soupir collectif de soulagement parcourut les rangs des chevaliers d'Athéna.

Même si leur soutient a Saori était devenu de l'indifférence, ils restaient en tout cas pour une partie d'entre eux, dévoués a leur déesse.
Être sur qu'il ne lui serait pas fait de mal était rassurant.

Lentement, la salle fut vidée pour ne plus laisser que les douze olympiens ensembles.
Extraire Athéna sans blesser les deux femmes serait dur.