Bonjour

Voici le chapitre 25. Désolée pour le retard mais je suis en formation professionnelle et j'ai mal de choses à réviser et apprendre. Je n'ai donc pas eu le temps de poster hier ni de relire le chapitre qui suit. Il risque d'y avoir des fautes. Désolée.

J'essaierais de publier le prochain chapitre jeudi en temps et en heure.

Merci pour vos messages et votre fidélité … et votre compréhension.

Bonne lecture

Sydney8201

Musique du chapitre :

Dusk till dawn de ZAYN feat Sia

Chapitre 25 : Nouvelle trahison

« La trahison est une moisissure verte et douce, comme le duvet : elle ronge en silence et par l'intérieur. »

Francis Blanche

Grâce aux relations de Dean et à l'argent du cabinet, ils avaient réussi à affréter un avion pour New York depuis Portland pour ramener Andrea le plus discrètement possible. Elle avait prétexté avoir besoin de quelques jours de repos auprès de sa patronne. Elle avait ensuite pris quelques affaires avec elle, le strict minimum puis appeler sa mère pour l'infirmer qu'elle venait la voir.

Dean avait insisté qu'elle passe ce coup de fil pour justifier son départ si toutefois elle était surveillée. Bien sûr, le plan était tout autre. Charlie travaillait déjà à trouver un endroit où conduire Andrea pour qu'elle soit en sécurité. Elle s'était également chargé de trouver quelqu'un pour veiller sur elle. Dean avait heureusement des relations dans beaucoup de domaine et il n'avait eu aucune difficulté à dénicher quelqu'un qui assurerait la sécurité de la jeune femme et en qui il pouvait avoir totalement confiance.

Une fois leur avion privé posé à New York, Andrea fut aussitôt conduite là où elle resterait jusqu'au procès. Il ne restait que quelques jours à attendre mais il était préférable qu'elle les passe loin du cabinet pour éviter d'être retrouvée.

Dean se chargea ensuite de contacter un policier qui avait une dette envers Sam sur un autre dossier pour lui demander de trouver un moyen de protéger Benny en prison. Il restait vulnérable même enfermé dans le couloir de la mort. Un autre détenu ou un gardien pouvaient l'atteindre facilement. La menace sur lui restait entière. Et Dean refusait qu'il lui arrivé quoi que ce soit.

Une fois Benny mis en sécurité à l'isolement et un garde de confiance chargé de veiller sur lui jusqu'au procès, Dean demanda à Charlie de commencer à travailler sur leurs nouvelles identités. Il s'avançait peut être un peu. Ils n'étaient pas encore totalement sûr qu'ils réussiraient à faire innocenter Benny. Ma is il avait besoin de rester actif. Besoin de croire qu'ils allaient gagner.

Il raccompagna ensuite Castiel cher lui, l'embrassa rapidement sur le siège de sa voiture avant de le quitter pour la nuit.

Durant les jours suivants, Dean s'occupa de préparer Andrea à témoigner devant le juge pendant que Castiel travaillait à construire leur argumentaire concernant les autres potentiels coupables. Ils allaient attaquer le procureur sur les deux fronts. Ils ne devaient surtout négliger aucune piste.

Charlie avait déjà bien avancé sur l'avenir de Benny et Andrea et fut alors chargée de découvrir qui avait payée la jeune femme pour qu'elle prenne la fuite. S'ils découvraient l'identité de l'homme qui continuait à la menacer, ils auraient une arme de plus pour affronter le procureure.

Dean s'absenta durant deux jours complets pour travailler Andrea. Il manqua cruellement à Castiel durant mais le jeune avocat se força à se concentrer sur son travail pour ne pas y penser constamment.

Quand son patron revint, ils convinrent de se voir le soir même chez lui pour parler du dossier sans prendre le risque qu'on puisse les écouter.

Comme à chaque fois, Dean avait préparé le repas et comme toujours, ils mangèrent au bar de la cuisine en discutant de ce qu'ils avaient fait durant ces deux derniers jours. Dean avait l'air confiant quant à la capacité d'Andrea de convaincre le jury. Il lui suffisait de se montrer honnête et de tout leur dire pour semer le doute parmi eux. Il lui avait demandé de ne rien cacher et de laisser parler ses sentiments. Il l'avait averti que le procureur tenterait de la déstabiliser en l'accusant d'avoir fui et de mentir. La jeune femme n'avait pas peur. Elle était à présent déterminée à aider Benny et à se racheter auprès de lui. Elle était prête.

De son côté, Castiel avait enfin réussi à établir une liste de suspects. Tous avaient une bonne raison de vouloir voir Sorento mort. Depuis sa disparition, ils s'étaient tous partagés son territoire et leurs affaires étaient bien plus fleurissantes qu'avant sa mort/. Dean sembla impressionné par son travail. Castiel fut soulagé de l'entendre.

Une fois leur repas fini, ils prirent place sur le canapé et rapidement, ils commencèrent à s'embrasser. Dean semblait au moins aussi désespéré que Castiel. Il ne le lui avait peut être pas dit mais il était évident que le jeune avocat lui avait manqué.

Ils se déshabillèrent rapidement puis Castiel prit le temps d'embrasser tout le corps de son patron. Il relia les tâches de rousseur sur son torse du bout de la langue. Il savoura ces préliminaires comme jamais avant. Il avait envie de chérir le corps de son patron jusqu'à lui faire perdre la tête et le forcer à le supplier. Ce qu'il obtint un moment plus tard quand Dean lui ordonna d'accélérer les choses. Castiel continua toutefois de l'embrasser sur le ventre, les hanches et les cuisses. Dean le saisit alors par les épaules et le tourna sur le dos avant de s'installer sur lui et de prendre les choses en main. Il se prépara rapidement et comme lors de leur nuit à l'hôtel, il s'empala sur le sexe de Castiel dans un long gémissement.

Il semblait en avoir besoin. Ces deux jours paraissaient lui avoir fait prendre conscience qu'il aimait bien trop être avec Castiel pour rester aussi longtemps séparé de lui.

Le jeune avocat, de son côté, se sentait mieux que jamais. Il avait l'impression que les choses avaient changées entre Dean et lui depuis leur discussion dans la voiture sur la route pour Portland. Il s'était débarrassé du poids qui reposait sur ses épaules et il assumait pleinement ses sentiments pour Dean. Si son patron ne lui avait pas encore avoué ressentir la même chose, Castiel avait la très nette impression que c'était pourtant doucement le cas. Il voulait croire que tout finirait bien pour eux.

Il garda les yeux rivés sur Dean durant tout le temps où son patron bougea au dessus de lui. Il avait la tête basculée en arrière et les yeux fermé. Il prenait de Castiel ce dont il avait besoin. Il semblait presque sauvage ainsi. Il allait et venait le long du sexe du jeune avocat sans se poser la moindre question. Presque comme s'il s'agissait de leur dernière fois.

Castiel n'eut pas besoin de toucher son sexe pour le pousser à l'orgasme. Dean jouit après de longues minutes à s'empaler sur le sexe du jeune avocat en ciblant sa prostate. Castiel se retint pour prolonger le plaisir de son patron avant de s'abandonner à son propre orgasme à son tour.

Quand ils eurent repris leur souffle, Dean se redressa puis invita Castiel à prendre une douche avec lui. Le jeune avocat accepta sans la moindre hésitation. Ils restèrent de longues minutes à s'embrasser dans la cabine de douche. Puis après s'être séchés et rhabiller, ils retournèrent au salon pour boire un café et continuer à discuter.

Dean ne semblait pas avoir envie de voir Castiel partir. C'était peut être enfin le soir où il 'l'inviterait à rester la nuit. Castiel en avait terriblement envie. Mais une nouvelle fois, il avait besoin que Dean prenne l'initiative de le lui demander.

Ils continuèrent à parler pendant presque une heure. Castiel n'avait pas besoin de regarder sa montre pour savoir qu'il était probablement tard. Il envoya un message à Meg pour l'avertir qu'il ne savait pas à quelle heure il rentrerait quand Dean s'absenta quelques minutes puis rangea rapidement son téléphone dans sa poche quand son patron revint. Ce dernier lui proposa un dernier verra que Castiel accepta pour avoir une excuse supplémentaire pour rester. Dean semblait nerveux maintenant. Il était évident qu'il avait envie de proposer à Castiel de rester mais qu'il n'était pas encore totalement sûr qu'il accepterait. Ce qui était bien sûr ridicule. Le jeune avocat n'avait jamais rien voulu plus qu'il n'avait envie de dormir dans les bras de son patron. Cette nuit à l'hôtel avait été un avant goût de ce que la vie avec Dean pouvait être. Il s'était réveillé contre lui et l'avait regardé dormir durant de longues minutes. Il avait alors réalisé qu'il dirait « oui » sans hésiter si Dean lui proposait de reproduire l'expérience dès leur retour … s'il lui demandait de ne plus jamais repartir après leur première nuit passée ensemble dans son appartement. C'était trop rapide et c'était un peu effrayant. Mais Castiel refusait d'avoir peur. Il était sûr de ce qu'il ressentait et sûr de ce qu'il voulait.

Dean finit par reprendre sa place à coté de Castiel sur le canapé. Il posa une main sur sa cuisse et but son verre silencieusement. C'était presque comme s'il cherchait à se donner la force de reprendre la parole avec l'alcool dans son verre. Comme s'il en avait besoin pour avoir le courage de lui demander ce qu'il voulait.

Castiel était impatient de l'entendre poser la question mais il choisit de ne pas le brusquer. Il le laisserait aller à son rythme.

De longues minutes s'écoulèrent à nouveau avant que Dean ne pose son verre vide sur la table basse et ne se tourne enfin dans la direction de Castiel. Il ouvrit la bouche pour parler quand son téléphone se mit à sonner brusquement sur la table, les faisant sursauter tous les deux. Castiel soupira, furieux qu'ils soient interrompus. Mais quand il vit le nom de Charlie s'afficher sur l'écran, il oublia aussitôt sa frustration. C'était probablement important.

Dean décrocha sans perdre une seconde et mit la jeune femme sur haut parleur.

- Charlie, qu'est-ce qu'il y a ?

Castiel n'était pas sûr de pouvoir intervenir dans la conversation. Il ne savait pas si Dean voulait que son amie sache qu'il était avec lui. Il choisir donc de rester silencieux et de ne pas la saluer.

- J'ai trouvé quelque chose et je … je sais qu'il est tard et que tu as sans doute mieux à faire mais … j'aimerais assez que tu viennes chez moi le plus rapidement possible.

- Est-ce qu'on peut en parler demain au bureau ? Je dois t'avouer que je suis crevé, lança Dean en jetant un coup d'œil à Castiel.

- Non, on ne peut pas. Ce n'est pas quelque chose dont on doit discuter au cabinet. Et amène Castiel avec toi … je pense qu'il voudra entendre ce que j'ai à te dire.

Castiel fronça les sourcils en regardant son patron. Il le laissait gérer la situation parce qu'il ne voulait surtout pas prendre la moindre initiative concernant Charlie. Il ne savait pas ce que Dean était prêt à lui dire et ce qu'il souhaitait continuer à lui cacher.

- Castiel ? Demanda t-il alors.

- Inutile de faire comme s'il n'était pas avec toi Dean. Il se croit peut être discret mais je peux l'entendre respirer. Venez aussi vite que possible. C'est important.

Sur ces mots, la jeune femme raccrocha. Castiel était surpris qu'elle ait pu deviner qu'il était présent et inquiet quant à la réaction que Dean pourrait avoir de son côté. Son patron ne semblait toutefois pas réellement ennuyé qu'elle l'ait compris. Il paraissait bien plus intrigué par ce qu'elle avait à leur dire que par tout le reste. Et Castiel pouvait facilement le comprendre. Charlie ne leur aurait jamais demandé de venir aussi tard si elle n'avait pas découvert quelque chose d'important. Le fait qu'elle ne veuille pas en parler au bureau l'inquiétait aussi.

Ils restèrent silencieux durant quelques secondes avant que Dean ne reprenne finalement la parole.

- On devrait y aller. Charlie ne m'aurait jamais appelé à cette heure ci si ce n'était pas important.

Castiel hocha la tête. Il venait peut être de perdre la chance de passer la nuit chez Dean. Il était presque sur que son patron le raccompagnerait chez lui après leur visite chez Charlie mais il ne parvenait pas à être déçu. Pas quand il mourrait d'envie de savoir ce que la jeune femme avait découvert.

- Tu as une idée de ce dont il peut s'agir ? Demanda t-il en se levant du canapé pour enlever sa veste.

Dean secoua la tête en s'habillant de son côté.

- Non aucune mais si elle refuse d'en parler au bureau, c'est forcément sérieux. Elle a peut être enfin découvert l'identité du traître.

Castiel l'espérait de tout son cœur. Son enquête n'avait mené à rien et il n'avait pas vraiment eu le temps de s'y consacrer depuis qu'ils avaient retrouvé Andréa. Sam ne lui en avait plus parler non plus et ne semblait pas avoir plus avancé de son côté. Mais la menace continuait de peser sur lui et il était grand temps qu'il ait un nom à donner au procureur. Sans ça, il lancerait une enquête sur le cabinet et ils risquaient de tout perdre.

Dean demanda à son chauffeur de venir les chercher puis lui donna l'adresse de Charlie quand ils furent dans la voiture. Ils firent le chemin en silence, visiblement occupés chacun de leur côté à imaginer ce que Charlie pouvait avoir à leur dire.

La jeune femme habitait à une bonne demi heure de chez Dean dans une petite maison sans prétention. Castiel l'observa de logues minutes pendant que Dean demandait à son chauffeur de les attendre. Il suivit ensuite son patron jusqu'à l'entré et pénétra dans la maison quand Charlie leur eut ouvert. Elle les invita à s'installer dans le salon avant de se laisser tomber sur un fauteuil qui tourna le dos à la télévision.

L'intérieur de sa maison était chaleureux. La décoration était disparate mais personnelle. Il y avait des figurines sur les étagères, des livres rangés dans tous les sens dans la bibliothèque et un ordinateur sur le bureau. Castiel se sentait à l'aise dans cet endroit. Il ressemblait à la jeune femme.

- Qu'est-ce que tu as découvert ? Demanda alors Dean en regardant la jeune femme droit dans les yeux.

Cette dernière déglutit avec peine. Elle semblait nerveuse. Perturbée par ce qu'elle avait à leur dire. Castiel ne l'avait jamais vu ainsi. Il avait même fini par croire qu'elle n'était jamais du genre à s'inquiéter de quoi que ce soit. Mais ce n'était pas le cas ce soir et ce n'était certainement pas une bonne nouvelle pour eux.

- Je crois que vous devriez vous asseoir avant que je ne dise quoi que ce soit. Vous allez en avoir besoin, répondit elle finalement.

Dean s'exécuta sans hésiter et Castiel prit place à côté de lui. Il avait le cœur qui battait trop fort et trop vite dans sa poitrine. Il pouvait sentir l'inquiétude de Dean. Il n'avait pas besoin de le regarder pour savoir qu'il étaient dans un état similaire au sien. Charlie les regarda tour à tour avant de soupirer longuement.

- Je n'ai aucune idée de la manière dont je dois vous annoncer ça alors je … je pense que je vais aller droit au but.

Castiel hocha la tête, impatient. Il commençait à imaginer le pire et plu Charlie attendait pour tout leur dire plus il sentait l'angoisse monter. Il avait envie de prendre la main de Dean dans la sienne pour se sentir un peu mieux mais il était presque sûr que son patron refuserait qu'il agisse ainsi devant son amie. Il joignit dans ses mains sur ses propres cuisses pour ne pas commettre cette erreur.

- J'ai découvert qui a payé Andrea pour qu'elle prenne la fuite. J'ai réussi à remonter la trace du virement qu'elle a reçu jusqu'à un compte en banque et … j'ai découvert qu'il appartenait à quelqu'un qu'on connaît … il … Dean, c'est Crowley qui l'a payée.

Pendant une seconde, Castiel crut qu'il avait du mal entendre. Il détestait tellement son collègue qu'il attendait avec impatience le jour où il découvrirait quelque chose d'incriminant sur lui. Il avait peut être cru entendre son nom juste parce qu'il avait envie de l'entendre.

Mais il comprit qu'il n'avait rien inventé quand Dean reprit la parole à côté de lui.

- Tu te trompes forcément. Il ne peut pas s'agir de Crowley. Pourquoi aurait-il payé Andrea pour qu'elle s'en aille ? Pourquoi aurait-il … non ça n'a aucun sens. Si c'était lui, il me l'aurait forcément dit quand j'ai pris le dossier de Benny.

Charlie grimaça une seconde, visiblement gênée d'avoir annoncé cette nouvelle à son amie. Castiel, de son côté, n'était pas aussi surpris que Dean. Il était convaincu que Crowley n'était pas aussi honnête que son patron ne voulait le croire. Il respectait la confiance que Dean avait en son employé. Mais lui était méfiant depuis que Crowley l'avait ouvertement menacé un soir.

- Je ne dis pas qu'il l'a fait mais si c'est le cas … je peux comprendre qu'il ait cherché à te le cacher. Il devait savoir que cela te pousserai à le soupçonner d'être … malhonnête, intervint alors Castiel.

Charlie lui sourit, visiblement soulagée de le savoir de son côté. Dean, quant à lui, tourna le visage dans sa direction et le foudroya du regard.

- Je sais que tu ne l'aimes pas beaucoup et je ne te le reproche pas après ce qu'il t'a dit mais ça ne fait pas de lui un criminel pour autant. Et je suis convaincu qu''il n'a jamais enfreint la loi, protesta Dean, visiblement furieux.

Castiel savait qu'en prenant ainsi le parte de Charlie, il faisait de la peine à Dean. Mais il refusait de mentir et de le conforter dans ce qu'il pensait de Crowley. Si la jeune femme avait vu juste, ils devaient absolument faire entendre raison à son patron. C'était trop important pour ne se soucier que du chagrin que cela lui causait.

- Non, je n'aime pas Crowley et je ne m'en suis jamais caché. Je n'ai pas confiance en lui et je suis convaincu qu'il est capable de tout.

- Il n'a pas tué ces deux hommes !

- Ce n'est pas ce que je dis … je pense juste qu'il est capable d'avoir couvert le coupable s'il s'agissait de l'un de ses clients.

Dean secoua la tête avant de reporter son attention sur Charlie. La jeune femme semblait mal à l'aise à les écouter ainsi se disputer. Elle finit toutefois par se redresser sur son fauteuil et par reprendre la parole pour s'expliquer.

- Quand la transaction a eu lieu, Crowley ne travaillait pas encore avec toi et on lui a peut être ordonné de le faire. Il a sans doute suivi les ordres de son patron de l'époque. Mais je peux te garantir que l'argent a transité par son compte Dean. Je n'ai rien inventé et je ne me trompe pas sur ce point.

- Comment ça transiter sur son compte ? Demanda alors Dean.

Castiel reporta son attention sur Charlie à son tour. De toute évidence, Crowley n'avait pas payé Andrea avec son propre argent. Il avait reçu cette somme puis l'avait reversée sur le compte de la jeune femme. La question était à présent de savoir qui avait versé cet argent à Crowley et qui lui avait demandé de le donner à Andrea. Il espérait que Charlie l'avait également découvert.

- L'opération s'est faite rapidement et seulement deux heures après la mort des deux hommes. Quand j'ai réalisé que Crowley avait versé l'argent à Andrea, j'ai cherché à savoir d'où cette somme venait et j'ai fini par découvrir qu'elle provenait du compte de l'un des clients de Crowley. Il s'agit d'un homme d'affaire qui avait engagé Crowley pour le défendre à l'époque dans une affaire de détournement de fond dans son ancienne société.

- Et tu crois que cet homme pourrait avoir assassiné Sorento et son homme ? Pourquoi ?

- Non, cet homme est un escroc. Mais je doute que ce soit un meurtrier. Je me suis un peu renseigné sur lui avant de t'appeler. Il a été soupçonné dans plusieurs histoires d'abus de biens sociaux et de fraude fiscale mais il n'a jamais été soupçonné de meurtre. Je doute qu'il ait même un jour rencontré Sorento. Ils n'évoluaient définitivement pas dans les mêmes cercles sociaux.

Castiel avait du mal à suivre le raisonnement de la jeune femme. Il ne comprenait pas pourquoi cet homme s'était retrouvé impliqué dans cette affaire s'il n'était pas le meurtrier. Cela n'avait aucun sens. Et de toute évidence, Dean pensait la même chose.

- Désolé Charlie mais ce que tu dis me semble réellement tiré par les cheveux et j'ai du mal à comprendre. Je … j'ai besoin que tu sois un petit peu plus clair avec moi si tu veux que je te crois.

Charlie hocha la tête, visiblement consciente qu'elle allait avoir besoin de se montrer plus précise.

- C'est aussi ce que j'ai pensé quand j'ai découvert qui avait versé l'argent à Crowley. J'ai donc continué à fouiller et j'ai fini par découvrir des choses qui … Dean, c'est énorme et je vais avoir besoin que tu me fasses confiance sur ce coup. Parce que crois-moi, quand tu sauras tout, tu auras probablement du mal à le croire. Mais c'est pourtant la vérité.

Dean hocha la tête puis fit signe à la jeune femme de parler. Ce qu'elle finit après avoir pris une grande inspiration.

- La première chose qui m'a interpellé quand j'ai découvert qui avait versé l'argent à Crowley a été qu'il était au même moment soupçonné de plusieurs délits et qu''il allait devoir faire face au juge quelques jours plus tard. Le procureur en charge de son affaire s'avérait être le même que celui qui a ensuite poursuivi et fait condamner Benny. Ça aurait pu être une coïncidence bien sûr …

- Mais tu sais que ça n'en est pas une, intervint Dean.

Charlie hocha la tête avant de se passer une main sur le visage. Elle n'était toujours pas complètement à l'aise mais elle semblait libérée d'un poids maintenant qu'elle avait commencé à s'expliquer.

- J'en suis même convaincu. Ça m'a semblé complètement dingue pendant quelques minutes mais ensuite j'ai fouillé dans les archives du tribunal et de la police et … comme par miracle, il n'y a jamais eu de procès. Cet homme n'a pas été jugé. Il n'a pas été condamné. Il a même pu continuer à faire son travail sans jamais être inquiété à nouveau. Et c'est foncement lié. Ça ne peut pas s'expliquer autrement.

Castiel n'en revenait pas. Charlie était en train de sous entendre que le procureur avait marchandé avec cet homme contre l'assurance qu'il ne serait jamais poursuivi pour ses délits. Il avait laissé tomber son affaire contre la certitude de trouver un coupable pour le meurtre de Sorento et son acolyte.

- OK disons que c'est comme ça que ça s'est effectivement passé. Comment le procureur a t-il pu agir aussi rapidement ? Tu as dit que le virement s'était fait dans les deux heures suivant le meurtre. Cela signifie qu'il a été averti de la mort de Sorento et son acolyte avant même la police … avant Benny et … comment est-ce possible ? Demanda Dean.

- Sa question était effectivement logique. Si la raisonnement de Charlie semblait tenir la route, le timing restait un problème. Tout s'était passé extrêmement vite. Et c'était difficilement explicable.

- C'est un point que je dois encore éclaircir mais j'ai trouvé deux trois éléments qui pourraient être un début d'explication. La DEA menait une enquête de grande envergure sur le réseau de Sorento. Ils voulaient faire un énorme coup de filet pour satisfaire leur patron et la population. La drogue a toujours été un problème à la Nouvelle Orléans et le maire lui même était en danger si les choses ne changeaient pas. Il est possible … et il ne s'agit bien sûr que de spéculations de ma part mais … il est possible qu'un agent infiltré ou chargé de la surveillance de Sorento et es hommes ait découvert leur corps quelques secondes seulement après leur mort et ait aussitôt averti le procureur. Il a pu appelé Crowley pour qu'il propose ce marché à son client et … je ne vois pas vraiment d'autre explication mais une nouvelle fois, il ne s'agit que de spéculations de ma part.

Si le procureur était impliqué alors l'affaire prenait un tournant tout autre. C'était bien plus gros que ce que Dean et Castiel avaient imaginé jusque là. Et cela risquait de faire tomber plusieurs têtes.

- C'est difficile à croire mais c'est plausible, admit finalement Dean en baissant les yeux sur ses pieds. Ce que je ne comprends en revanche pas, c'est pourquoi Andrea a continué à recevoir des menaces même bien après la condamnation de Benny. L'homme qui a payé Crowley … celui qui a accepté le marché du procureur … il n'a certainement pas continué à la surveiller une fois sorti d'affaires. Il n'a certainement pas pris le risque de la menacer juste pour tenir sa part du marché. C'est forcément quelqu'un d'autre.

Charlie acquiesça.

- Le même soir, cet homme a fait un deuxième versement sur un autre compte. Je n'ai pas pu identifier le propriétaire puisqu'il se trouve à Malte et qu'il s'agit d'un paradis fiscal qui se targue de préserver l'anonymat de ses clients. Mais je suis presque sur que le client de Crowley a payé quelqu'un pour veiller à ce qu'Andrea ne revienne pas en arrière. Et la somme est suffisamment importante pour que cet homme ait continué à la surveiller durant toutes ces années.

Cela commençait sérieusement à ressembler au scénario d'un film d'espionnage ou à un thriller quelconque. Castiel avait la sensation d'avoir été projeté dans une autre dimension. Il était pourtant enclin à croire que Charlie venait de suggérer. C'était peut être complètement fou mais c'était également la seule explication qui tenait la route pour le moment.

- Je continue de penser que Crowley m'en aurait forcément parlé. Il sait que je m'occupe du dossier de Benny. Il sait que j'ai demandé à notre détective de la trouver. Il devait se douter que nous découvririons la vérité le concernant une fois que nous aurions mis la main sur elle. Il n'aurait jamais couru le risque de me cacher cette information. S'il a agi sous les ordres de son patron de l'époque, il doit savoir que je ne lui en voudrais pas. Le mensonge … le fait de me cacher un élément capital dans mon dossier … il sait que j'aurais du mal à la lui pardonner. Il n'est pas idiot. Il n'aurait jamais couru ce risque.

- Il ne sait pas que tu as retrouvé Andrea et peut être pensait il que personne ne serait capable de mettre la main sur elle. Peut être pensait il pouvoir s'en sortir sans que tu ne découvres son implication, suggéra Castiel.

- Et il aurait donc choisi de laisser mourir un homme juste pour ne pas avouer qu'il avait été impliqué dans la disparition du seul témoin en mesure de l'innocenter ?

- Il le croit sans doute coupable … ou il s'en fiche … je ne sais pas.

Dean se leva alors brusquement du canapé, faisant sursauter Castiel. Il semblait furieux à nouveau. Et sa colère était clairement dirigée contre le jeune avocat. Ce dernier déglutit avec peine.

- Tu n'es pas objectif. Je ne vois même pas pourquoi j'en discute avec toi. Tu rêves de voir Crowley tomber depuis le premier jour et tu serais capable de croire n'importe quoi le concernant si cela va dans le sens de ce que tu désires.

Castiel pouvait accepter beaucoup de choses mais il n'aimait pas la façon dont Dean portai des accusations gratuites et infondées. Oui il se méfiait de Crowley. Mais jamais il ne ferait en sorte de le faire tomber sans être sur qu'il le méritait. Il était honnête et Dean aurait du le savoir.

- Dean, je sais que tu es frustré et probablement sur les nerfs mais tu n'as pas le droit de t'en prendre à Castiel de la sorte. Il n'a rien fait de mal. Et le seul moyen de savoir qui a raison ou tort est d'aller voir Crowley et de lui poser directement la question, intervint Charlie en foudroyant son ami de regard.

La voir prendre ainsi sa défense rassura grandement Castiel. Si elle le faisait ainsi sans hésiter, cela devait forcément signifier qu'elle l'appréciait. Et cela rendrait les choses plus simples quand ils lui parleraient de ce qu'il y avait entre eux. Il espérait que comme Kevin, elle serait contente pour eux.

- Je … tu as raison et Castiel … je suis désolé de m'être emporté. Je sais que tu ne fais que donner ton opinion et que tu ne portes pas des accusations sans aucun fondement. Je n'aurais pas du te crier dessus ou te faire de tels reproches.

Castiel sourit en gaussant les épaules. Il n'en voulait pas à Dean. Il pouvait comprendre sa réaction. Il était évident que l'annonce de l'implication éventuelle de Crowley dans cette histoire l'avait bouleversé. Il était triste et blessé et avait parlé sans réfléchir.

- Maintenant, il est tard et il est évident que discuter des heures quand on en sait pas plus ne sert à rien. Ion a tours rentrés chez nous et prendre quelques heures de repos bien mérités. On verra demain ce qu'il convient de faire. D'accord ? Lança Charlie en se levant à son tour.

Castiel hocha la tête et se remit sur ses pieds aussitôt. Ils prirent alors à nouveau la direction de la porte d'entrée. Charlie l'ouvrit pour eux puis attendit qu'ils l'aient franchi avant de reprendre la parole Elle souriait à nouveau et Castiel pouvait sentir que ce qu'elle s'apprêtait à leur dire l'amusait grandement.

- Au fait … je suis heureuse pour vous. Vraiment heureuse. Et quel que soit ce que vous avez prévu pour ce soir, je vous souhaite une très bonne nuit.

Sur ces mots, la jeune femme leur claque la porte au nez, sans doute pour ne pas les entendre protester inutilement. Castiel garda les yeux rivés sur la porte durant de longues minutes, incapable de réagir ou même de bouger. A côté de lui, Dean semblait au moins aussi surpris. Il finit toutefois par attraper le bras de Castiel pour l'entraîner jusqu'à sa voiture.

- Comment peut elle savoir ? Demanda Castiel une fois installé sur le siège.

Dean haussa les épaules en refermant la portière.

- C'est Charlie … elle sait toujours tout et personne ne sait jamais comment elle y arrive. C'est juste un talent inné pour elle.

- Mais elle … elle n'avait pas l'air opposée à l'idée hein ? Je veux dire … est-ce qu'elle cherchait à faire de l'ironie ? Est-ce que je dois craindre sa réaction ? Est-ce qu'elle va tout dire à Sam ?

Castiel ne pouvait s'empêcher d'angoisser à l'idée que Charlie soit au courant pour eux. Elle avait semblé sincère en leur disant qu'elle était contente pour eux mais il ne la connaissait pas suffisamment pour en être totalement sûr. Il voulait croire qu'elle était comme Kevin. Qu'elle voulait voir Dean heureux et qu'elle se fichait de savoir avec qui. Mais il ne pouvait s'empêcher d'avoir peur. La jeune femme était une amie proche de Dean. Si elle désapprouvait leur histoire, il risquait de le perdre. Et il ne ovulait surtout pas que cela arrive.

- Elle était sincère. Charlie n'a jamais … je crois qu'elle n'a jamais aimé Matt. Elle le trouvait superficiel et trop directif. Elle a été la seule à sembler heureuse de nous voir divorcer. Elle ne me l'a pas dit directement mais je la connais depuis suffisamment longtemps pour le savoir.

Castiel repensa alors à la réaction que la jeune femme avait eu en apprenant que Matt avait posé un ultimatum à Dean. Elle avait semblé en colère. Castiel avait fini par oublier ce court instant où il avait voulu croire que la jeune femme était de son côté. Mais maintenant qu'il s'en souvenait, il se sentait rassuré.

- Et elle n'en parlera pas à Sam. Elle était mon amie avant d'être la sienne et je sais qu'elle ne trahira pas mon secret. Elle va sans doute me pousser à lui en parler mais je le ferais quand je serais prêt et pas avant. Peu importe ce que Charlie en pense.

Castiel hocha la tête. Il redoutait le moment où Sam serait mis au courant. Il voulait croire que le frère de Dean l'appréciait en tant qu'avocat et en tant qu'homme. Mais il n'était pas totalement sûr qu'il approuverait une relation entre son frère et lui. Il pourrait, comme Crowley, imaginer qu'il avait faire tomber Dean dans ses filets juste pour assurer sa place au sein du cabinet. Il détesterait perdre la confiance de Sam pour ça. Il n'était vraiment pressé que son jeune patron soit mis au courant.

- Il sera toujours préférable qu'il l'apprenne par toi de toute façon et uniquement quand tu seras prêt, assura Castiel.

Dean lui sourit alors avant de poser sa main sur sa cuisse. Il semblait se ficher que son chauffeur puisse les voir. Il devait de toute façon savoir parfaitement ce qu'il y avait entre eux puisqu'il était celui qui avait conduit Castiel chez Dean le premier soir. Il était étonnant de voir combien de personnes étaient au courant quand ils faisaient pourtant tout pour que cela reste secret. Ils n'était peut être pas aussi discrets que Castiel aimait à le croire. Il allait devoir se montrer plus prudent.

- Castiel, je … est-ce que tu crois sincèrement que Crowley est impliqué dans cette histoire ? Demanda alors Dean.

C'était une question à laquelle il était à la fois facile et difficile de répondre. La réponse était évidente. Oui Castiel croyait Crowley capable de tout. Même de choses à la limite de l'illégalité pour ses clients. Mais il n'était pas sûr que le dire à nouveau aussi ouvertement soit une bonne chose. Dean continuait à vouloir croire que son employé était honnête et il avait déjà suffisamment souffert pour ne pas en rajouter une couche.

- Je ne suis sûr de rien. Je pense que c'est une possibilité. Mais il peut également y avoir une autre explication. Charlie a raison. On ne le saura pas tant qu'on ne lui en aura pas parlé.

Dean soupira alors longuement. Il était évident qu'il vivait mal la chose. Lui qui ne jurait que par la loyauté et la confiance en les autres avait reçu plusieurs revers importants ces derniers temps. Il avait été trahi par Matt, par un de ses employée dont ils ignoraient toujours l'identité et peut être par Crowley. Il était parfaitement normal qu'il le vive aussi mal.

- Je commence sincèrement à me demander si je n'ai pas été aveugle durant toutes ces années … si je n'ai pas été stupide d'accorder ma confiance sans prendre le temps de me demander si les gens à qui je la donnais la méritaient vraiment. Et je me pose des questions. Si Crowley m'a volontairement caché cette information, est-il possible qu'il m'ait menti sur d'autres choses ? Pourrait-il être le traître qu'on cherche désespéramment ?

Castiel était presque sûr que c'était une possibilité qu'ils devaient absolument prendre au sérieux. Crowley pouvait être derrière la falsification du document. Il en avait les moyens. Et probablement la motivation puisqu'il n'avait jamais obtenu des deux frères de devenir leur associé. Castiel ne voulait toutefois pas tirer des plans sur la comète sans en savoir plus. Et il devait pas laisser Dean le faire non plus. Il était préférable d'attendre de voir ce que Crowley avait à leur dire à ce sujet.

- J'aurais du être plus méfiant … plus prudent. Je n'avais jamais eu de problèmes jusque là mais je repense constamment à ce que Sam m'a toujours dit. Je ne devrais pas être aussi confiant. Et sans doute avait-il raison. J'aurais du l'écouter.

Castiel pensait effectivement que Dean était trop confiant. Il ouvrait ses bras aux gens sans se poser de questions. Et cela l'exposait à de trop nombreux risques. Mais comme il le lui avait déjà dit quand ils en avaient parlé la dernière fois, c'était aussi ce qui faisait de lui l'homme qu'il était. Il n'aurait pas aimé le voir changer.

- Je pense que te poser des questions ainsi sans avoir de réponse n'est pas une bonne chose. Tu ne fais que te torturer et ça ne te mène à rien. Tu va avoir besoin de parler avec Crowley et d'éclairci les choses avec lui. Il pourrait nous surprendre … il pourrait avoir une explication valable … une raison à te donner pour t'avoir menti … s'il t'a menti.

Dean semblait surpris de voir Castiel être aussi raisonnable quand il le croyait plutôt enclin à enterrer Crowley à la moindre opportunité. Le jeune avocat savait que son attitude pouvait être déconcertante. Mais il n'agissait pas ainsi pour protéger Crowley. Il le faisait uniquement pour éviter à Dean de passer la nuit à s'interroger. Il voulait l'aider à retrouver un semblant de calme et des forces. Ils avaient beaucoup de choses à voir le lendemain. Dean allait avoir de besoin de toute son énergie pour y faire face.

- Ce que Charlie a trouvé est troublant et si elle a vu juste sur toute la ligne, cela va compliquer les choses pour nous. Si le procureur est réellement impliqué et s'il a été jusqu'à faire en sorte de faire disparaître Andrea alors il continuera à se battre de toutes ses forces contre nous pour que cela ne se sache pas. Mais la priorité reste de faire innocenter Benny et de savoir ce que Crowley sait. Le reste devra attendre, ajouta Castiel après quelques secondes.

- J'ai de la chance de t'avoir, souffla Dean aussitôt.

Castiel sentit ses joues rougir. Ce n'était ps la première fois que Dean le complimentait de la sorte mais à chaque fois, il ne pouvait s'empêcher d'être gêné. Il avait également la sensation que chaque nouveau compliment était un pas de plus en direction du jour où son patron tomberait enfin amoureux de lui. Il voulait croire qu'il était sur la bonne voie.

- Et même si je te l'ai déjà dit, je suis sincèrement désolé de t'avoir parlé comme je t'ai parlé chez Charlie. J'espère que tu ne m'en veux pas trop.

- Je ne t'en veux pas du tout, assura Castiel sans hésiter. Je sais que les choses sont difficiles pour toi et il était évident que tu avais besoin de quelqu'un pour passer tes nerfs. Je peux être ton punching-ball aussi longtemps que tu en auras besoin.

Dean hocha la tête en lui souriant. Il se pencha ensuite dans sa direction et approcha sa bouche de son oreille.

- Ce dont j'ai besoin maintenant, ce n'est pas d'un punching-ball ball mais d'un ami … de quelqu'un sur qui me reposer … de quelqu'un en qui j'ai une confiance aveugle. Est-ce que tu te sens à la hauteur ?

Castiel hocha la tête, incapable de répondre par des mots. Il avait la gorge nouée et le cœur qu battait la chamade dans sa poitrine.

- Je n'ai pas envie d'être seul cette nuit. Je sais que si c'est le cas, je passerais la nuit à m'interroger et tu as raison … Charlie a raison … j'ai avant tout besoin de reprendre des forces et de ne plus penser à tout ça alors … est-ce que tu accepterais de passer la nuit chez moi ?

Castiel n'y avait plus pensé depuis que Charlie les avait appelé, interrompant leur soirée ensemble. Il avait alors cru que Dean lui demanderait enfin de dormir avec lui. Mais il avait cru que l'intervention de Charlie aurait changé la donne. Ce n'était visiblement pas le cas. Et Castiel ne pouvait pas être plus heureux d'entendre son patron lui poser cette question. Il mourrait d'envie de passer la nuit avec lui. Il voulait s'endormir dans ses bras et se réveiller blotti contre lui.

- J'ai juste besoin de prévenir ma colocataire que je ne rentrerais pas pour qu'elle n'appelle pas la police mais … oui, je serais ravi de rester avec toi. A vrai dire, j'avais très envie que tu me le demandes … et ce même avant que Charlie nous appelle.

- J'allais te le demander avant son coup de fil.

- Je sais.

Dean déposa alors un baiser dans son cou avant de se redresser. Il avait toujours la main posée sur la cuisse de Castiel et ne semblait pas avoir envie de la retirer. Le jeune avocat ne le voulait pas non plus. Il aimait la sentir là. Il aimait l'idée que Dean ait besoin de ce contact lui aussi.

Il sortit son téléphone de sa poche et envoya un rapide message à Meg pour l'avertir qu'il ne rentrerait pas. Il le rangea ensuite puis se pencha en direction de Dean à son tour pour se blottir contre son flan.

Ils firent le reste du chemin en silence. Ils ne parlèrent pas non plus quand ils rejoignirent l'appartement de Dean. Ils n'avaient pas vraiment besoin de mots. Ils s'étaient tout dit et en discuter aurait sans doute rendu les choses bizarres. C'était bien mieux ainsi.

Dean se déshabilla jusqu'à ne porter plus que son boxer. Castiel en fit de même rapidement puis ils se glissèrent sous les couvertures sans un mot. Dean se colla ensuite contre le jeune avocat et posa sa tête sur son torse tout en refermant son bras autour de sa taille.

C'était presque comme s'ils avaient partagé un lit à de multiples reprises tant cela semblait naturel. Ils n'hésitèrent pas une seconde sur la position à adopter. Castiel se contenta de fermer les yeux et d'apprécier le moment. C'était ainsi qu'il voulait passer tout le temps qu'il ne passerait pas au cabinet dans l'avenir. Il ne voulait plus jamais avoir à quitter Dean ou à passer un nuit seul loin de lui. Il savait que c'était impossible. Mais cela ne l'empêchait pas d'espérer. Il n'y avait aucun mal à rêver après tout. Se laisser aller ainsi à songer à ce petit fantasme était une bonne chose après tout ce qu'ils avaient appris et avec tout ce qui les attendait le lendemain. Pour le moment, la seule personne qui comptait pour lui se trouvait dans ses bras et semblait s'être endormi. Castiel se sentait bien et à sa place. Il avait envie de savourer tout cela pendant quelques heures.