Wakfu: New Adventure !
Chapitre 25
Alors que le port s'approchait de plus en plus, Latissa demanda à toute son équipe de se réunir sur le pont. Il fallait qu'elle mette les choses au clair. Elle était chef de Guilde et devait agir en tant que telle.
- Les amis… commença-t-elle en tentant d'ignorer le nouveau mal qu'elle ressentait.
Comme elle n'avait rien préparé, elle prit quelques secondes pour imaginer son discours, bien que son vocabulaire soit limité.
- Je sais que vous vous demandez où je vous emmène… Où va nous conduire cette quête ? Si seulement elle conduit quelque part. Ou si c'est réellement une quête.
Pour l'instant, Latissa estima qu'elle était très bien, puisqu'elle était presque parvenue à se mettre des doutes. Puis elle inspira un grand coup et poursuivit.
- Cette quête m'a été assignée par les Dieux. Pas un en particulier, mais tous, d'un commun accord, m'ont choisie pour la mener à bien par l'intermédiaire d'un émissaire Divin que seule moi, l'Élue, peux voir, entendre et qui peux lui parler.
Tous les yeux étaient rivés sur elle et ses coéquipiers l'écoutaient respectueusement. Plus elle parlait et moins son discours n'en ressemblait à un, mais il s'était transformé en une confession sincère.
- Je ne peux pas vous prouver qu'il existe et je ne peux pas vous forcer à croire en lui, pas plus qu'à la quête. Je ne peux que vous demander de me faire confiance. L'Homme du Lac parle de foi, mais je n'en demande pas tant… Croyez juste en moi.
Jusque là, elle était assez fière de son plaidoyer, mais il ne pouvait pas terminer comme ça ! Ils n'étaient plus de simples membres de guildes, mais ses amis.
- Je nous mènerai au bout de cette quête et je gage de vous protéger sur ma vie. Vous êtes mes coéquipiers, mes compagnons, mes amis, et tant que vous le serez, je jure qu'il ne vous arrivera rien.
Les aventuriers ne bronchèrent pas, subugés… Jugués… Admiratifs. Mais devant l'insistance de leur regards, Latissa se sentit ramollir comme un flan et baissa les yeux sur ses mains, remarquant au passage qu'elles tremblaient comme lors d'un effort physique intense, mais sans raison. Sa maladie sentimentale ne faisait qu'empirer, il fallait vraiment qu'elle apprenne à maîtriser ses sentiments.
- Je suis d'accord pour tout, s'éleva la petite voix d'Ayane. Je veux dire, bien sûre qu'on est prêt à te suivre jusqu'au bout, mais tu ne peux pas vouloir qu'il ne nous arrivera rien, ce ne serait pas l'aventure, sinon.
L'Eniripsa avait raison et Latissa fut sans voix devant le soutien de la dernière venue avec qui elle n'avait pas partager autant qu'avec les autres. Ils s'étaient tous engagés auprès d'elle pour faire cette quête et la mener à son terme. S'il ne leur arrivait rien, on ne pouvait pas parler d'aventure, or, c'était bien pour ça qu'ils étaient tantôt sur les routes, tantôt à la recherche de quelque chose, d'une réponse, d'une connaissance, tantôt ils courraient après la gloire, peut-être aussi la fortune, un peu. Et s'ils n'avaient pas croisé le chemin de Latissa, ils se seraient sûrement enrôler dans une autre errance. Elle les regarda tour à tour et aperçut Mordan, derrière, qui visiblement était attiré par quelque chose dans la mer. C'était vrai. Si elle n'avait pas sauvé le Zobal, ce soir là…
- Latissa ?! s'écria Jasper Hobson. Mais vous pleurez ?!
- Hein ?
Willow émit un petit cri de tofoune en se jetant au cou de Latissa qui essuyait, incrédule, les larmes sur ses joues. Ça faisait des années qu'elle n'avait pas pleurer autrement que de douleur. Et du peu qu'elle se souvienne, si ça n'était pas de la souffrance, elle avait dû pleurer de peur, étant plus jeune, de colère et de frustration, de transpiration, mais là… c'était à cause des sentiments.
Il fallait bien une première fois à tout.
- Amenez les voiles ! cria le second, coupant court au moment émotion. Parez au mouillage !
Une fois débarqués sur les côtes de Daraxam, les aventuriers furent surpris par la chaleur écrasante qu'il y régnait. A bord du navire et sur les pontons, l'air marin balayait les cheveux et rafraîchissaient les Chercheurs de Relique, mais une fois à terre, la fournaise était étouffante.
- C'est pas aujourd'hui que je vais mettre ma belle panoplie… râla la Iop en reniflant.
Il n'était pas tout à fait midi lorsque la Confrérie commença l'ascension des Montagnes de Daraxam, suivant les indications qu'avait donné le matelot à Latissa. Aucun chemin, ni aucun panneau ne signalait la route à suivre jusqu'au village de Sipseth. Le marin qui lui avait donné ces renseignements se trouvait être un Zobal au masque jovial mais qui, sous ses traits heureux, restait très mystérieux, de même que la ville qu'il avait dépeinte. Tout ce qu'on savait, c'était qu'il y avait un village, au coeur des forêts de Daraxam, probablement niché au creux d'un col. Mais il avait employé tout un lexique incompréhensible, sûrement du patois local, et dont Latissa n'avait pas compris un traître mot. Heureusement qu'elle était tout de suite aller le répéter au scribe de l'équipe, à savoir Jasper Hobson.
Ils avaient à peine entamer la marche que les estomacs de ces messieurs crièrent famine.
Un feu fut vite allumé et Willow montra ses talents de cuisinière en préparant une soupe de chardons, aidée par Ayane. Par chance, l'endroit était parsemé de pommiers sauvages mais dont les fruits n'étaient pas moins excellents et juteux.
- Au fait Lati, questionna Kyrel après une longue rasade, comment sais-tu que l'on doit aller dans ce village ?
- C'est un ancien village, ils doivent sûrement connaître les environs, fit-elle en haussant les épaules.
- D'ailleurs, intervint Jasper Hobson en sortant son carnet, est-ce que vous savez ce que "Yocoul" signifie ?
- Ça veut dire pic.
Tous les yeux se tournèrent vers Mordan, qui jusqu'ici, était resté mué. Son masque d'habitude neutre semblait fâché aux yeux de Latissa, et elle croisa les bras sous sa poitrine, contrariée. Combien de temps encore comptait-il faire la tête ? Pourquoi faisait-il la tête, d'abord ? Elle avait suffisamment à faire avec ses propres sentiments pour commencer à gérer ceux des autres. Jasper Hobson, qui n'avait rien remarqué, continua d'interroger l'Ecamasque sur le reste de la citation du matelot.
- Il a dit : "Descends le long du Yocoul du Sllefens que l'ombre du Siratracs vient caresser avant le crépuscule, voyageur audacieux, et tu parviendras au centre de Sipseth."
- Le Sllefens, c'est la montagne que vous voyez là.
Il pointa du doigt le centre du relief qui constituait l'île de Daraxam, anciennement arrière pays de la Nation de Sufokia.
- Et le Siratracs, c'est le promontoire que vous avez là.
Tout au bout, au sud-est de la chaîne de Montagne se tenait un plateau pointu qui remontait à la fin, comme une sorte de tremplin.
- J'adorerais voir le couché de soleil avec toi, ronronna Amber en s'agrippant au bras du masqué, ça doit être tellement romantique !
- Euh, pas trop, non, répondit Mordan de sa voix blasé. On dit que les gens s'y suicident en même temps que le soleil meurt à l'horizon.
Alors qu'on pouffait discrètement de rire, Latissa ressentit de nouveau une gêne au creux de l'estomac. Depuis quand Amber avait une inclinaison(1) pour Mordan ?! Ça lui déplaisait beaucoup, pourtant, lorsque la jeune Iop voulut lui en toucher deux mots, elle n'y parvint pas.
Les discussions reprirent en même temps que la marche, après avoir allégé l'habillement.
- Comment tu sais tout ça, Mordan ? demanda Ayane qui rattachait ses cheveux en un chignon soigné (pas comme celui de Latissa).
- Je… Je connais un peu le coin… Je sais aussi que c'est une MAUVAISE IDÉE d'y aller.
Il avait haussé le ton sur ces deux mots, étonnant toute l'équipe. Encore une crise de démence qui s'annonçait ?
- En quoi c'est une mauvaise idée ? demanda Yugo.
Le Zobal tomba dans le silence et pressa le pas. Personne ne chercha à savoir ce qu'il avait, et du reste, l'on se concentra sur l'ascension à travers la forêt clairsemée. Tantôt au milieu des arbres, tantôt sur des garrigues sèches, les aventuriers marchèrent d'un bon pas et ils atteignirent la moitié du chemin à la nuit tombée. Ils se choisirent un endroit pour bivouaquer et s'installèrent. La nuit était très noire, et devant la lune s'étiraient des nuages aux couleurs verdâtres invraisemblables. De même que les bruits des créatures aux alentours donnaient la chair de pioulette. Ici, les monstres, presque coupés du reste du monde, avaient retrouvé leur état sauvage, bien plus que ceux des landes des autres nations. Les cris, les ronflements, les grognements, les brindilles qui craquaient, les buissons qui remuaient, les feuilles qui s'agitaient rendaient le décor indompté et inhospitalier, comme revenu à un âge antidilu… antéludi… très ancien.
- C'était quoi ça ?! s'écria Jasper Hobson, très peu rassuré depuis que la clarté du jour avait disparu.
Seul la flamme du feu de camp, autour de laquelle les aventuriers étaient installés, ramenait un tant soit peu de confort dans les corps fatigués des voyageurs, et tenait éloignés les prédateurs. Mais ces montagnes étaient loin d'abriter que des animaux; des bandits, pirates et autres marauds devaient y avoir élu domicile, terrain propice pour se reposer et cacher le butin dérobé aux quatre coins du globe.
- Sûrement une glaie qui appelle ses marcassinets, répondit Willow dans une tentative de rassurer tout le monde, elle y compris.
- Ou l'esprit d'un gligli dominant qui vient nous chasser de son territoire, ajouta Mordan d'une voix monocorde.
- Mais les esprits et les gostofs, ça n'existe pas, trancha Ayane, à moitié sûre d'elle.
- Oh, détrompe-toi, ça existe, insista le Zobal. Et il y en a même plein dans ces montagnes.
Bien que sa voix se fut radouci, on pouvait sentir que le jeune masqué savait par expérience que ces arbres cachaient bel et bien plus qu'un simple bestiaire sauvage et quelques hors-la-loi. Le silence se fit autour du feu, incitant le Zobal à développer son histoire.
- Comment le sais-tu ? demanda Kyrel d'une voix presque enfantine.
- Cette forêt est gardée par la Princesse Kononome, commença-t-il son récit, une demi-déesse élevée par des Mulous. Elle est la gardienne protectrice de ces montagnes et des esprits qui y vivent en paix. Durant des années, elle a protégé les montagnes contre les humains, pour qui elle voue une haine sans borne, et qu'elle n'hésite pas à tuer s'ils osent avancer trop loin sur son territoire. On dit même qu'elle les dévore, corps et âme, et que c'est ce qui la rend immortelle.
Eberluée et terrifiée par cette légende sanglante, toute l'équipe avait resserré le cercle autour du feu, n'osant plus se retourner, ni jeter un coup d'oeil à la lugubre forêt qui les encerclait.
- Mais… elle n'existe pas, hein ? C'est une légende, non ?
- Non, je l'ai déjà…
Mordan s'interrompit soudainement. Personne ne le vit se mordre la langue, sauf Willow, plus observatrice que les autres. Latissa, cependant, était restée bloquée sur l'idée qu'une autre gardienne ne devait pas être mauvaise, mais au contraire, très respectable, et qu'elle se ferait une joie de rencontrer une consoeur. Si Mordan l'avait déjà rencontrée, peut-être qu'il pouvait arranger une rencontre.
La nuit fut difficile pour la plupart d'entre eux, les bruits ambiants et l'étonnante fraîcheur de l'air après le jour chaud étaient les principales raisons. Jasper Hobson se servit de son Gobgob pour monter la garde et prévenir de l'éventuelle visite de la Princesse Muloune.
Dès les premiers rayons du matin, on leva le camp, mais Willow réclama une halte au prochain point d'eau. Après des jours en mer et à crapahuter en montagne, elle sentait le besoin de se laver, car toute l'équipe sentait, tout court. Yugo sortit alors son Shushu carte Grufon. Bien que d'humeur massacrante, il afficha finalement le plan des environs, marquant reliefs et cours d'eau, et la toilette put se faire. L'eau était un peu fraîche mais la chaleur s'annonçait écrasante pour la journée à venir.
La marche reprit tranquillement, mais visiblement, pas du goût de l'Eniripsa et de L'Enutrof.
- Latissa… est-ce qu'on pourrait accélérer ? Demanda la première.
- Oui, de sorte à ce qu'on arrive au village avant la nuit, renchérit la seconde.
La chef de guilde haussa les épaules et vérifia sur la carte de l'Eliatrop. Impossible d'accéder à la requête des deux jeunes filles, puisque le village demeurait caché au creux des Montagnes, le Sllefens à au moins trois jours de marche.
Les jeunes filles se rabattirent alors vers Mordan pour lui demander la permission de dormir dans son havresac, ce qui irrita profondément Latissa sans qu'elle ne sache pourquoi. Elle était la seule à avoir pu pénétrer dans le havre monde du Zobal et s'en sentait privilégiée. Savoir qu'il autorisait d'autres personnes à y entrer lui pinçait le coeur. La chevalière n'en montra évidemment rien mais savait sa journée gâchée.
La nuit était déjà bien tombée lorsque les aventuriers installèrent leur campement, car le domaine où ils progressaient était densément boisée, et ils durent prolonger la marche jusqu'à trouver un plateau suffisamment dégagé qui permette de guetter les alentours. L'ombre oppressante de la Princesse Kononome planait au dessus du foyer, dont les braises couvaient pourtant un réconfortant dîner, préparé par Willow.
L'on dormit comme l'on put, le sol dur et les bruits environnements agitant le sommeil des aventuriers, qui reprirent la marche malgré ça aux premières lueurs de l'aurore. La pente soudain abrupte de la montagne obligea un détour que Grufon ne crut pas bon d'avertir les grimpeurs.
- Tu nous avais dit trois jours de marche ! Le réprimanda Yugo.
- Oui, trois jours de marche : à vol d'oiseau ! Se défendit le Shushu.
- Mais est-ce qu'on a l'air de voler ?! S'écria Amber que la fatigue rendait encore plus irritable.
- Courage les amis, tempéra calmement Latissa. On y est presque.
Sur ces paroles plus ou moins réconfortantes, l'ascension reprit, avec résignation. Pendant les moments de marche, plus personne ne parlait, concentré sur sa respiration. L'air du matin était frais tandis que l'après midi, le soleil brûlait les peaux de sa langue de feu, et que la nuit, un froid prenant semblait suspendre momentanément l'atmosphère.
Le soir venu, Latissa regarda le coucher du soleil afin de tenter de déterminer où se situe est le village de Sipseth. L'astre incandescent glissa derrière le promontoire et ces derniers rayons éclairèrent la façade des pics d'en face, dont le pied était dissimulé par les arbres environnants.
- On y est presque, répéta-t-elle dans un murmure.
Alors que le campement venait d'être monté pour la troisième fois, un grognement, sorti du couvert des arbres, se fit entendre. La guerrière fit volte-face, s'attendant à voir surgir n'importe quelle créature des buissons. Elle se tint sur ses gardes et frappa du plat de son Shushu le sol pour lui donner sa taille de guerre. Elle attendit, aux aguets.
- Latissa ? Appela l'un de ses compagnons, un peu plus loin.
La Iop ne bougea pas, fixant ses yeux entre les arbres. Elle n'avait pas rêvé, elle avait entendu…
- Des mulous ! Cria Ayane en volant vers le bivouaque.
La luminosité déclinante n'aidait pas les aventuriers qui n'avaient eu le temps d'allumer un feu. Une meute de six mulous impressionnants vint saccager le campement. Des coups furent échangés des deux côtés, des coups de griffes, de Wakfu, de pelle, de fouet, de pied, qui eurent raison des créatures qui bâtirent en retraite.
- Bien joué, les gars, félicita Latissa en retrouvant ses coéquipiers indemnes.
- C'était un avertissement, déclara Mordan, lugubre.
Alors raison de plus pour ne pas s'éterniser ici, dit Kyrel d'une voix tremblotante.
Posant les poings sur les hanches, Latissa fronça les sourcils en dardant son regard sur Mordan. Son Shushu reprit sa petite taille, l'oeil à l'affût; avec un air si courroucé, Nasyap savait qu'il allait y avoir de la baston.
- Qu'est-ce que c'est ton problème, à la fin ? demanda la Chevalière. Si t'as quelque chose à dire, vas y !
Mordan se figea et ne bougea plus. De même que le reste de l'équipe, dont les membres se lancèrent des coups d'oeils surpris et gênés.
- Alors ? s'impatienta Latissa en faisant un pas vers Mordan.
- Je ne vois pas…
- Arrête ! s'écria la blonde. Tu connais le nom de ces montagnes, tu connais la gardienne de cette forêt où tu ne voulais pas aller, et maintenant tu dis que c'est un avertissement ! Qu'est-ce que tu nous caches ?! Qu'est-ce qu'il se passe ? ajouta-t-elle plus doucement.
Les épaules du masqué s'affaissèrent et on l'entendit soupirer. Il lança son havresac au centre du petit groupe.
- Venez tous là dedans, ce sera plus sûr, dit-il en désignant le sac du menton.
Sans broncher, les aventuriers entrèrent dans ce sac magique; l'intérieur n'était pas très grand, mais au moins, ils n'étaient pas dehors, maintenant plongé dans l'obscurité.
- Je… commença Mordan, étonnamment hésitant. Sipseth est le village d'où je viens.
A la surprise générale, la Confrérie se demanda pourquoi le Zobal ne voulait pas revenir chez lui et, pire, qu'il essayait d'en dissuader son équipe.
- Mordan, fit doucement Will en lui posant une main sur l'épaule, qu'est-ce qui ne va pas ?
- On m'a mis dehors ! Voilà ce qui s'est passé, s'emporta soudain le Zobal. Je ne voulais pas aller à l'aventure, moi ! J'étais très bien en gardien de Temple et il a fallu que ce vieux vienne me prédire un avenir glorieux, un fabuleux destin… Mes parents m'ont balancé mon havresac dans les mains et fichu à la porte.
Le Zobal s'agitait et personne n'osait l'interrompre, surpris, gêné et surtout attristé par l'histoire qu'il leur partageait. S'il n'avait pas croisé la route de Latissa, il était certain qu'il aurait continuer d'errer à travers le Monde des Douze, à la recherche d'un destin invisible et pour le moins hypothèque… hypéreux,... pour le moins douteux. A présent, il avait trouvé une guilde et s'était engagé à la recherche d'objets mythiques pour une quête divine… et énigmatique. La chevalière comprenait enfin les réticences de son ami à retourner dans son village natal. De ce qu'elle avait pu comprendre, elle s'imaginait sans mal la famille de Mordan le renier ou lui fermer les portes du village tant qu'il ne revenait pas en héros.
- Mordan, on comprend ton inquiétude, tempéra Yugo en lui posant une main rassurante sur l'épaule. Mais réfléchis un peu: les pistes et les indices ne nous ont pas conduit jusqu'ici par hasard. Je comprends que tu puisses être inquiet d'y revenir, mais ce ne sera que pour quelques jours. On se renseigne sur la Larme d'Eniripsa et on repart. Tes parents n'auront pas le temps de te reprocher quoi que ce soit.
Le Zobal se mura dans le silence, acceptant implicitement les paroles de Yugo.
Du reste, Willow proposa de scinder l'équipe en deux, en mettant son havresac à disposition pour le confort de tous. Les quatre filles dormirent donc dans la besace de l'Eliatrop d'un sommeil de plomb, sans gêne, écrasées par la fatigue physique et émotionnelle de la journée.
(1) Inclination
