Coucou !
Quelques petits moments du passé se sont glissés dans ce chapitre, ça faisait longtemps qu'on avait pas eu de l'autre réalité. Bientôt, vous saurez tout, et j'espère que plus rien ne semblera étrange. On touche au but, plus que quelques chapitres. Merci de votre loyauté, c'est génial de lire vos reviews trop mignonnes, ça illumine ma vie franchement.
Aller, je vous laisse lire ! On se retrouve en bas.
Disclaimer : Les personnages et l'univers de la série appartiennent à Edward Kitsis et Adam Horowitz.
Chapitre 25 : Réconciliations
Regina marchait lentement, une rose à la main. Elle traversait le cimetière, perdue dans ses pensées, retrouvant son chemin facilement. Elle venait régulièrement, déposer des fleurs, parler toute seule à voix haute, pleurer. Les jours passaient et la douleur se transformait en quelque chose de moins fort, mais qui ne la quittait jamais. Toutes les personnes qui avaient été proches d'Emma étaient affectées par cette tristesse, cette langueur. Regina se cachait derrière un masque de froideur la plupart du temps, se montrant forte pour Henry. Ce dernier était devenu très sombre et renfermé, ne parlant que peu, ne riant quasiment jamais.
La reine sentit son cœur se serrer en apercevant la tombe. Elle ne rêvait que du moment où elle aurait enfin Rumplestiltskin à sa merci, où elle pourrait lui faire payer tout le mal qu'il avait fait. Plusieurs jours après son départ, elle commençait à s'inquiéter de ne pas le voir revenir. Mais le fait que Belle soit toujours profondément endormie dans l'arrière-boutique la rassurait. Rumple allait revenir pour elle, c'était certain. De plus, il n'était pas du genre à vivre éternellement dans un monde sans magie. Il ne restait qu'à l'attendre et faire des plans, tous plus vains les uns que les autres, puisque le Ténébreux avait toujours été plus puissant que la Méchante Reine.
Regina poussa un soupir de découragement. Elle déposa la rose sur la tombe et s'agenouilla pour lire le nom familier gravé sur la stèle. Emma Swan était partie pour toujours et pourtant, sa présence s'attardait partout. Dans chaque souffle de vent, Regina pouvait sentir son contact, éphémère et léger. Elle fermait les yeux, savourant cette sensation, retrouvant un peu de qui elle était avant que la tragédie ne frappe. Il lui semblait que c'était elle qui était morte, car aujourd'hui elle ne vivait plus, se contentant de survivre et d'attendre. Qu'attendait-elle, finalement, si ce n'est que le temps passe et l'emporte ?
Regina aurait pu aller de l'avant. Mary-Margaret et David le faisaient, eux. Ils passaient chez Granny prendre un café, discutaient avec leurs amis, emmenaient Henry faire une promenade sur la plage. Ils se laissaient réconforter par leur entourage, réinstauraient une routine rassurante. C'était peut-être la seule chose à faire, pour ne pas céder à l'angoisse, pour se sentir de nouveau en vie. Mais Regina ne trouvait la paix que lorsqu'elle venait ici, dans ce cimetière, sur la tombe d'Emma. Là, elle osait s'avouer qu'elle l'aimait, car il était si facile de l'aimer maintenant. Mais ressentir quelque chose d'aussi fort en sachant qu'elle ne pourrait jamais le lui dire détruisait la reine peu à peu.
Il fallait qu'elle renonce. Qu'elle passe à autre chose, qu'elle tourne la page, qu'elle cesse de venir ici parler dans le vide. Il fallait que cet adieu soit le dernier, car elle ne survivrait pas si elle devait le lui dire chaque jour, marcher au travers de toute cette souffrance encore et encore.
- Je suis désolée, murmura Regina.
Sa voix était rauque. Elle se tenait courbée, comme si elle portait tout le poids du monde sur ses épaules. Elle passait trop de temps à regarder en arrière, revivre ses souvenirs, oublieuse du présent et des heures qui continuaient de s'écouler. Elle passait trop de temps roulée en boule dans son lit à respirer le parfum d'Emma sur le petit pull beige qu'elle s'était approprié. Bientôt, l'odeur s'en irait définitivement. Bientôt, Regina ne parviendrait plus à imaginer la voix de son amie, son visage deviendrait flou dans sa mémoire, tout se perdrait. Et alors il ne resterait que le néant. Un vide immense qu'elle ne pourrait jamais combler.
- C'est la dernière fois, reprit courageusement la reine. Je ne reviendrai plus. C'est trop dur, ça fait trop mal, je suis désolée...
Emma était morte. Elle devait la laisser s'en aller. Regina se redressa tant qu'elle s'en sentait encore capable. Elle s'arracha à la contemplation de la stèle et se força à se détourner. Le chemin s'étendait devant elle, elle le visualisait dans son esprit. Cette fois, tout était vraiment fini.
OooOooOooO
Regina étudiait des documents de la ville qu'elle venait de recevoir par fax. Elle avait toutes les peines du monde à se concentrer sur son travail, toutes ses pensées tournées vers la nuit précédente. Elle était tellement focalisée sur ses souvenirs que le bruit soudain d'un coup frappé à la porte la fit violemment sursauter. Les papiers qu'elle tenait toujours à la main lui échappèrent et elle leva les yeux juste à temps pour voir Emma pénétrer dans la pièce. A l'expression de son visage, elle comprit que quelque chose n'allait pas.
- Il faut qu'on parle.
Maîtrisant la panique qui montait en elle, la reine se releva et contourna le bureau.
- Qu'est-ce qu'il y a ? s'inquiéta-t-elle. C'est à propos d'Henry ?
- Non. C'est à propos de Robin.
Regina fronça les sourcils.
- Je t'écoute, dit-elle.
Elle s'installa sur le canapé et fit signe à son amie de la rejoindre. Après avoir hésité un instant, la Sauveuse acquiesça et vint s'asseoir. Elle regardait fixement devant elle, tâchant de maîtriser le tremblement de son corps.
- Hier, quand tu m'as présenté tes excuses et que tu m'as embrassé. Est-ce que c'était uniquement parce que c'était terminé avec Robin ?
Regina ressentit un élan de culpabilité.
- En partie, reconnut-elle. J'avais envie de réconfort mais j'avais surtout envie d'être auprès de toi. Et c'est bel et bien terminé avec Robin, ce n'est pas une bonne nouvelle ?
- Si, si, bien sûr... Seulement, je ne suis pas un pansement. Je veux que tu sois avec moi parce que tu en as envie, pas parce que ça n'a pas marché avec la personne que tu voulais vraiment.
Emma attendit une réponse. Qui ne vint pas.
- Alors c'est vraiment comme ça que tu me vois ? s'exclama-t-elle.
- Non ! Bien sûr que non. Seulement, tu m'as fait une déclaration d'amour, et moi de mon côté j'ai la sensation que je n'en suis pas au même point. Mais c'est vraiment terminé avec Robin.
La Sauveuse hocha silencieusement la tête. Elle souhaita pouvoir revenir dans l'autre réalité, dans le passé, avant que Regina ne connaisse Robin. Cette époque lui manquait horriblement, surtout maintenant.
- Tu viens toi aussi de vivre une rupture difficile, fit remarquer la brune. Je pense d'ailleurs que ça explique en partie le fait que tu sois venue vers moi...
- Sors-toi cette idée de la tête tout de suite. Mon attirance pour toi n'a absolument rien à voir avec Crochet. Ça a à voir avec toi.
Regina sourit. Son angoisse se dissipait un peu mais elle était toujours très tendue, surtout parce qu'elle craignait de blesser Emma. Celle-ci s'était révélée très attachée à elle, d'une manière qu'elle avait un peu de mal à appréhender. C'était arrivé si soudainement. Certes, elles avaient été amies, et certains moments entre elles avaient été... étranges, mais jamais elle n'avait pensé qu'il pourrait y avoir de l'amour.
- Qu'est-ce que tu attends de moi ? demanda Emma. Du réconfort ? Du sexe ?
- Je ne sais pas ce que je veux.
Regina se fit la réflexion qu'elle commençait à parler comme Robin et cela l'énerva tellement qu'elle ajouta aussitôt :
- Mais je sais ce que je ne veux pas.
- Je t'écoute.
- Je ne veux pas te perdre.
Emma ferma les yeux et prit une grande inspiration. Elle savait qu'elle était trop amoureuse, trop désespérément attachée, et qu'à cause de ça elle allait accepter ce qu'elle aurait et trouver un moyen de s'en contenter. Parce que c'était toujours mieux que rien. Et parce que vivre sans Regina lui était impossible.
- Moi non plus, répondit-elle dans un souffle.
- Je n'ai aucune idée de où tout ça va nous mener... Mais je suis curieuse de le découvrir.
- Alors qu'est-ce qu'on est ? Des amies qui couchent ensemble ?
- Eh bien, oui, je suppose...
Emma sourit à cette pensée. Ce n'était pas exactement ce qu'elle voulait, mais c'était un début plutôt prometteur. Il ne lui restait qu'à séduire Regina, lui faire voir ce qu'elle avait vu elle-même, c'est-à-dire qu'elles étaient parfaites l'une pour l'autre.
- Mais je veux qu'on garde le secret, exigea Regina. Surtout tant que nous ne savons pas exactement ce qu'il y a entre nous.
- Je te rassure, je ne me sens pas spécialement à l'aise pour en parler à Henry... Ou même à qui que ce soit.
- Ce n'est pas pour changer de sujet, mais ça me fait plaisir que tu sois venue plus tôt...
- J'ai un peu abandonné Belle, au passage. Mais ça valait le coup.
Regina glissa une main sur la cuisse de son amie. Celle-ci sentit un frisson la parcourir toute entière. Mais elle n'avait pas l'intention de craquer si facilement.
- On pourrait peut-être aller voir l'Auteur, du coup ? proposa-t-elle.
La brune haussa les épaules et laissa sa main errer un peu plus loin.
- Ou on pourrait rester ici, murmura-t-elle.
Emma se fit violence pour résister. Regina était vraiment douée au jeu de la séduction, avec sa grâce féline et ses intonations sexy. Mais elle avait bien l'intention d'être encore meilleure qu'elle. Première étape : se faire désirer.
- Mmh, c'est tentant mais Belle doit s'inquiéter. Je vais y aller.
La reine regardait maintenant son amie avec une expression qui voulait clairement dire « attends, t'es sérieuse, là ? » La Sauveuse se sentit sourire. Elle était fière d'elle, de sa capacité à dire « non ». Fière de ne pas être une proie facile, un simple objet sexuel. Elle voulait être beaucoup plus que ça. Elle se releva donc et poussa un discret soupir de soulagement. Un peu d'insistance de la part de Regina et elle ne répondrait plus de rien. Évidemment, tout serait plus simple si en agissant ainsi elle ne se punissait pas aussi elle-même...
La brune sentit la déception l'envahir. Emma lui avait proposé d'aller voir l'Auteur, ce qui prouvait qu'elle n'avait pas vraiment eu l'intention de retourner voir Belle. Du moins avant qu'elle ne commence à lui faire des avances. Regina se pinça la lèvre avec inquiétude. N'était-elle subitement plus désirable ? Heureusement, elle percevait toujours une lueur d'envie dans le regard de son amie. Peut-être qu'elle avait seulement besoin de temps. Après tout, leur conversation n'avait pas été facile pour elle.
Emma se pencha sur son amante pour déposer un baiser sur son front. Puis elle quitta la pièce, se remémorant un instant magique, tout droit sorti du passé. C'était sur ce canapé qu'elle avait failli faire l'amour avec Regina, dans l'autre réalité, quand elle avait été à deux doigts de lui céder. Encore une fois, cela n'arriverait pas. Mais ce n'était que partie remise. Restée seule dans la pièce, la reine se prit la tête entre les mains. Elle ne se souvenait pas avoir éprouvé autant de frustration de toute sa vie.
OooOooOooO
Regina mordilla le bout de son stylo. Elle jeta un regard au carton qui se trouvait juste à côté de son bureau. Il contenait certaines des affaires qui avaient appartenu à Emma Swan et sur lesquelles ses parents ne désiraient plus tomber par hasard. Blanche avait elle-même apporté le carton dans le bureau du maire, à la grande surprise de la reine. En partant, elle avait posé sur elle un regard compatissant. Inspirer de la pitié à sa pire ennemie ne plaisait pas beaucoup à Regina.
- Votre Majesté.
Elle releva la tête. Jefferson lui faisait face, dans son grand manteau noir, un sourire menaçant sur le visage.
- Qu'est-ce que tu veux ?
- Mon chapeau. Et n'essaye pas de nier : tu l'as. Je le sais.
Regina soupira et se leva. Elle marcha droit sur le placard le plus proche et en sortit le chapeau, qu'elle tendit à son propriétaire.
- Vraiment ? s'étonna-t-il.
- Maintenant dégage de ma vue.
Dès que le chapelier eut passé la porte, encore surpris d'avoir obtenu ce qu'il voulait si rapidement, la reine se laissa tomber sur sa chaise. Son regard fut de nouveau attiré par le carton. Elle en voyait dépasser la manche de la veste en cuir rouge qu'elle aimait tant voir sur Emma et, juste à côté, elle pouvait distinguer le petit pull beige qu'elle avait ajouté sur la pile. Elle se força à détourner les yeux. Elle avait dit adieu. Alors elle devait s'y tenir, quoi qu'il en coûte.
OooOooOooO
Emma se gara dans le centre-ville, juste devant chez Granny. Elle prit son téléphone et fit défiler son répertoire jusqu'au numéro de son père. Prenant une grande inspiration, elle appuya sur la touche « appel » et porta le combiné à son oreille.
- Emma ? s'exclama David en décrochant.
La surprise et la joie transparaissaient dans sa voix.
- Salut Papa. Je... Je me disais que tu pourrais peut-être me remplacer en tant que Shérif aujourd'hui. J'ai beaucoup de choses à faire et Maman peut rester avec Neal pendant ton absence...
- Oui, d'accord. Tout ce que tu voudras. Emma, je suis vraiment content de t'entendre. Tu me manques beaucoup.
La jeune femme sentit son cœur se serrer. Elle avait rêvé qu'elle retrouvait ses parents pendant presque toute sa vie jusqu'à ce que ce jour arrive enfin. Elle avait eu un exemple de ce qu'une mère pouvait être – bien que ça n'ait pas été un exemple parfait – avec Ingrid, à l'époque où elle était en famille d'accueil. Mais jamais elle n'avait vraiment réalisé ce que c'était que d'avoir un père. Elle pouvait encore entendre les réflexions de David lorsqu'elle était partie à son premier rendez-vous avec Crochet, sa façon de la défendre et de la protéger. Il lui manquait horriblement.
- Ah, euh... Très bien. Merci, Papa. Et euh... Peut-être que tu pourrais venir demain aussi.
- Je nous prendrais à manger chez Granny. Nous sommes au régime en ce moment à la maison alors je te fais confiance pour ne rien dire à Blanche.
Emma sourit. Elle avait les larmes aux yeux.
- Compte sur moi. A demain.
En raccrochant, elle réalisa qu'elle se sentait beaucoup mieux. Haïr quelqu'un demandait beaucoup d'énergie, plus qu'elle ne l'aurait cru. Soudain, quelqu'un tapota sur la vitre de sa voiture, lui arrachant un cri de surprise. Elle se retourna et tomba nez-à-nez – si l'on peut dire – avec un... crochet. Emma leva les yeux au ciel et sortit de la voiture. Elle s'adossa contre sa portière tout en jetant un regard peu amène à son ex petit-ami.
- Qu'est-ce que tu veux ? demanda-t-elle.
- J'espère que je ne suis pas responsable de ton départ précipité, tout à l'heure ? Je sais que je n'aurais pas dû insister et je suis là... Eh bien, pour te présenter mes excuses.
La Sauveuse se mordit la lèvre. La dernière personne qui lui avait présenté des excuses s'y était prise mieux que ça. Une nouvelle vague de désir l'envahit et elle repoussa cette pensée le plus loin possible. Ce n'était ni le lieu ni le moment pour se remémorer sa nuit. Elle devait se concentrer sur la conversation et sur Killian, qui la regardait maintenant d'un air suppliant.
- Je te pardonne, répondit-elle. Tu sais, ça serait vraiment génial si on arrivait à être amis.
- Tu crois vraiment qu'on peut être amis après tout ça ?
- On peut essayer. Et tu n'es pas aussi désespéré que tu essayes de me le faire croire. Je sais parfaitement que tu continues à draguer à droite à gauche.
- Il faut faire honneur aux attributs que la nature nous a donné, se défendit Crochet, un sourire amusé plaqué sur le visage.
Emma eut un petit rire.
- Tu ne changeras jamais.
- C'est pour ça que tu m'as quitté, n'est-ce pas ? Je n'étais pas assez bien pour toi ?
La Sauveuse passa une main dans ses cheveux dans un geste nerveux. Elle n'avait pas été très honnête au moment de sa rupture avec Crochet et elle s'en voulait un peu pour ça.
- Tu es quelqu'un de bien, affirma-t-elle. Enfin, la plupart du temps.
- Ne me raconte pas de mensonges. Je sais parfaitement que je suis alcoolique et manchot.
- Ce qui n'empêche rien. Je... Bon, pour être honnête, je suis tombée amoureuse de quelqu'un d'autre.
Crochet leva les yeux au ciel.
- Comme si je ne le savais pas ! Mais franchement, il fallait que tu choisisses le pantin de bois ? Je veux dire tu passes d'un capitaine pirate diablement beau à Pinocchio. Ça dépasse ma compréhension.
- Il ne s'agit pas d'August. Et c'est vraiment bizarre d'avoir cette conversation avec toi.
- Bon. Je te crois. Et j'aimerai qu'on soit amis, seulement dans l'immédiat ça va être impossible. J'ai toujours des sentiments pour toi, Emma. Je ne veux pas faire semblant. Laisse-moi un peu de temps.
- Très bien. Alors, à la prochaine, je suppose...
Killian hocha la tête, décroisa les bras et transféra son poids d'un pied sur l'autre. Puis il s'en fut sur un dernier sourire un peu gêné. La Sauveuse retourna s'asseoir dans sa voiture, contente de s'être réconciliée avec Crochet. Maintenant, elle allait se concentrer sur l'objectif qui lui tenait le plus à cœur : séduire Regina. Si seulement elle savait comment elle allait s'y prendre...
OooOooOooO
Regina sursauta. Elle s'était endormie sur le canapé, dans son bureau, le carton contenant les affaires d'Emma par terre devant elle. Elle tendit la main vers son téléphone, duquel s'échappait une sonnerie stridente. Elle décrocha sans regarder le numéro, persuadée qu'il s'agissait d'Henry.
- Allô ?
- Je peux savoir ce que tu as fait à mon chapeau ?
- Jefferson ? s'étonna-t-elle.
Il y eut un grésillement dans le combiné et la communication se coupa. Regina reposa le téléphone sur la table basse en fronçant les sourcils. Puis elle haussa les épaules et entreprit de ranger les documents qu'elle avait laissés sur son bureau un peu plus tôt. Alors qu'elle prenait son manteau pour rentrer chez elle, la porte s'ouvrit à la volée sur un Jefferson apparemment en colère.
- Qu'est-ce que tu as fait à mon chapeau ? insista-t-il, brandissant l'objet au bout de son bras.
- Mais enfin, qu'est-ce qui te prends ? Je n'y ai même pas touché !
- Les portes ! fulmina-t-il. Toutes disparues. Il n'y en a plus qu'une, une porte que je n'avais jamais vue. Qu'est-ce que tu as fait, Regina ? Que ta malédiction ait détruit la Forêt Enchantée, je peux le concevoir, mais où sont les autres mondes magiques ?
La reine se laissa tomber sur la chaise de son bureau, tâchant de réfléchir au nouveau problème qui se présentait devant elle.
- La Forêt Enchantée n'a pas été détruite, répondit-elle. Du moins, elle ne devait pas l'être.
- C'est ta malédiction. Tu devrais être au courant. Et crois-moi, la porte menant à la Forêt Enchantée a disparu. Ainsi que toutes les autres.
- Encore un coup de Rumplestiltskin, je présume... Laisse moi donc ton chapeau, que je vois ce que je peux faire.
Jefferson leva les yeux au ciel.
- Si tu te crois assez puissante pour faire réapparaître tout les mondes magiques, alors vas-y, ne te gênes pas ! Ce couvre-chef ne m'ait plus d'aucune utilité de toute façon.
Le chapelier tourna les talons et avait presque passé la porte lorsque Regina lui demanda de revenir. Il fit volte-face, l'air surpris.
- Tu as parlé d'une nouvelle porte, lui rappela la reine. Est-ce que tu l'as traversée ?
- Non. Quelque chose m'en empêchait. Je ne pouvais pas la franchir.
Regina hocha la tête silencieusement. Ces informations étaient pour le moins inquiétantes. Alors qu'elle inspectait le chapeau sous toutes ses formes, elle sentit une présence à côté d'elle. Jefferson n'était pas parti. Il regardait par dessus son épaule avec un air curieux.
- Si les portes ont disparues, qu'est-ce que tu crois que cela signifie ? demanda la reine, qui tentait de faire le point.
- Cela ne peut signifier qu'une seule chose. Il ne reste que nous. Tous les autres mondes ont disparus. Excepté celui qui se cache derrière cette porte.
Regina reporta son attention sur le chapeau. Elle aurait beaucoup de choses à demander à Rumplestiltskin lorsque leurs routes se croiseraient à nouveau.
J'espère que je vous frustre pas trop. En même temps la frustration, on est plutôt habitués, avec ces deux-là. Sinon, oui, ma storyline est compliquée, j'avais remarqué. Ne vous prenez pas trop la tête, vous aurez bientôt les explications. A très bientôt, comme d'habitude !
