Cela le fit sourire. Une lueur de folie brillait dans ses yeux. Maintenant qu'il avait mon approbation, il avait hâte de s'abreuver de sang chaud. Il se pencha vers moi pour déposer un baiser langoureux. Sa main s'agrippa à ma poitrine tandis que l'autre était sur ma taille. Il me força à me coller contre lui. Il se détacha un peu de moi. Il haletait. Il essayait de reprendre ses esprits. Mais le voir si excité me réjouissait tellement. Il toucha les plis de mon intimité en constatant que j'étais prête pour notre union et grogna de plaisir. Je me frottais un peu contre lui pour le rendre plus incontrôlable. Il gémit en empoignant mes fesses à pleines mains. Me rapprochant encore plus de son bassin.

"_ Mienne, souffla-t-il dans mon oreille."

Je sentais que sa bête allait bientôt prendre le dessus. Et si jamais il ne pouvait pas la contrôler, il pourrait faire cette erreur qu'il ne voulait pas commettre... Je devais m'éloigner de lui. Pour la sécurité de notre enfant. Pour moi. Pour nous. Je décidais alors de tout arrêter et de passer à l'arrière. Je l'entendis soupirer. Un peu déçu qu'on ait stoppé notre instant de plaisir. Il me jeta un coup d'œil et acquiesça lentement de la tête comme quoi je dormais lorsqu'il allait prendre la femme. Je fermais les yeux et posais mon visage contre le rebord de la fenêtre. Je frissonnais lorsque je sentis un courant d'air froid me lécher le corps.

"_ Bonsoir, fit la voix suave d'Aro. Quel est votre prix?

_ Tout dépend de ce que vous voulez faire, dit la voix de l'inconnue enjouée d'avoir trouvé un homme qui semblait être bien friqué."

Un accent du Sud était présent dans sa voix. C'était sucré. Espagnol, je dirais. Je pensais alors qu'Aro était en train de jubiler à l'intérieur de son être pour ne pas la dévorer en pleine rue. Non... Je savais qu'il ne perdrait pas ses esprits ainsi. Il était tellement méticuleux. J'imaginais le sourire de mon compagnon. Charmeur mais aussi mystérieux. Cela provoquait tellement de ravage... Ses yeux noirs seraient en train de détailler le corps, les formes de la jeune femme. Mais elle ne verrait pas à quel point il était dangereux... Cette pensée me fit provoquer un nouveau frisson. Agréable.

"_ Montez et vous saurez ce que je veux, répondit doucement le vampire."

Elle parut voir ma présence. Je sentis le regard d'Aro sur moi qui me brûla instantanément les parcelles de mon corps qui se trouvaient à l'air libre.

"_ Vous n'avez rien à craindre, charmante demoiselle. Elle dort. Profondément."

La portière claqua et j'entendis un déclic disant que la nouvelle arrivante s'était attachée. La voiture démarra au quart de tour. J'entrouvris les paupières. Je n'étais pas du côté conducteur du coup, je pouvais aisément regarder le visage de mon compagnon. Il jeta un regard furtif dans le rétroviseur et m'adressa un sourire quand il se rendit compte que j'avais ouvert mes paupières.

"_ Quel est votre nom?

_ Lola.

_ C'est un beau nom.

_ Merci."

Je sentis l'atmosphère changée. Comme si Aro n'était plus... Lui-même. Nos regards se rencontrèrent mais cette fois-ci, il n'y avait plus de lueur de tendresse. Plus d'amour... Plus rien. Seule la folie, la sauvagerie lui restaient. Je refermais automatiquement les paupières. Comme pour me créer une bulle. Comme pour me dire que j'étais à l'extérieur de tout ce qui allait se passer autour de moi. Je sentis mon cœur se pincer. Douloureusement. Je réprimais une grimace. Je fus la première à détourner les yeux. A ne plus vouloir entrer en contact avec lui. Je l'entendis grogner. Il devait s'inquiéter maintenant. Il s'arrêta brusquement, faisant grincer les pneus de la voiture.

"_ Avez-vous un fantasme? Demanda Aro à Lola.

_ Normalement c'est moi qui doit accomplir vos fantasmes, susurra l'étrangère en lui léchant le lobe de l'oreille. Et vous, quel est votre fantasme?

_ J'ai... Envie de vous... De vous prendre en plein dans les bois..."

Il prit un long ruban noir et le noua autour de la tête de la femme. La faisant aveugle pour ce plaisir non dissimulé. Elle souriait. Quelle naïve! Si elle savait ce que Aro allait lui faire, elle ne tremblerait pas de plaisir. Aro m'adressa un regard interrogateur. Comme s'il voulait s'assurer si j'allais être sage. Je caressais sa joue. Si froide, si douce, si dure... J'avais envie... Mon visage se rapprocha du sien et déposa un léger baiser sur ses lèvres. Je le sentis sourire. Puis je retournais à ma place. Je le regardais sortir du véhicule. Il contourna la voiture rapidement, trop rapidement pour un être humain, ouvrit la portière et guida la jeune femme vers la forêt.

Maintenant, je n'avais plus qu'à attendre... Attendre qu'il revienne.

Au loin, j'entendais les gémissements de plaisir du repas du vampire. Il prenait son pied... Le pervers... J'eus un pincement au cœur. Jalouse? Oui, un peu. Je n'aimais pas qu'il prenne du bon temps avec des inconnues. Alors qu'il me disait que j'étais son âme-sœur. Pourtant, je lui ai assuré que cela ne me gênait pas. Je soupirais. Au lieu de dire la vérité, je ne lui avais caché ce que je pensais réellement. Je voulais qu'il m'appartienne. Rien qu'à moi. Et à personne d'autre!

Et lentement, je ne me sentis pas bien... Ma tête vacilla sur le côté. Peu à peu, ma vue devenait floue. Je sentais qu'on me prenait toute mon énergie vitale. De l'intérieur... Mon... Bébé était... Il en train de me... Tuer? Doucement, mes paupières se fermèrent alors que j'étais bercée par les hurlements de terreur de l'inconnue.

Tout d'un coup, je sentis une douleur fulgurante dans ma poitrine. Encore cette sensation... Plus forte que les précédentes. Je ne comprenais pas la raison de ce phénomène. Je n'avais encore jamais eu de problème cardiaque. Je mangeais plus sainement que possible. Peut-être que je ne faisais pas assez de sport... Mais...

Mes battements se firent plus lentement. Je commençais à suffoquer. Je tentais de dégrafer mon soutien-gorge pour mieux respirer. Comme si cela allait m'aider... L'affliction restait toujours aussi forte. La main sur la poitrine, je fus en proie à un déferlement de sensations. De sentiment. La peine. La souffrance. J'avais des raisons pour que je sois triste. Si je mourrais... Mon bébé allait mourir. Aro serait si triste...

"_ Aro..., appelais-je."

J'ouvris les yeux. Je devais me battre. Mon bébé avait besoin de moi. Et Aro aussi... Je ne devais pas les abandonner. Je ne devais pas le laisser tout seul... Je ne voulais pas qu'il soit triste. Je levais mon bras et tentais d'ouvrir la portière. Je me sentais si engourdie... Si faible... Je n'avais pas assez de force pour saisir la poignée. Pour la pousser...

"_ Aro..., répétais-je."

Si je n'avais pas assez de force pour ouvrir la porte... Je devais essayer de faire assez de bruit pour l'attirer vers moi. J'espérais que cela marcherait. Je frappais doucement la vitre.

Cling... Cling... Cling...

Ma main était toujours aussi engourdie. Je devais frapper plus fort. Je frappais plus rapidement mais mes coups étaient toujours aussi faibles.

"_ Aro..."

Et d'un coup, je perdis connaissance...