Chapitre 24
Quand elle tomba dans l'une des cheminées qui se trouvaient dans la salle d'attente de l'hôpital Sainte-Mangouste, tous les regards se tournèrent vers elle et elle pensa aussitôt qu'elle aurait pu prendre le temps de se changer avant de venir. Elle avait toujours son tutu, ses escarpins et son bustier. Ses cheveux avaient séché et ressemblaient à présent à des poils de chat. Son maquillage avait coulé à cause de ses larmes. Elle était en fait dans un sale état mais elle s'en fichait. Son père était beaucoup plus important que son image. Quoique ...
À un mètre du passage de la boutique, se tenaient des photographes qui ne semblait pas pouvoir faire un pas de plus dans l'enceinte du bâtiment mais cela ne les empêchait pas de la prendre photo. Elle resta interdite pendant un long moment avant de voir son oncle Ronald arriver pour l'accueillir. Il lui fit un sourire pour la rassurer ce qui eut l'effet escompté et il la prit par l'épaule. Il l'entraîna vers l'escalier tout en criant aux paparazzi :
« - Laissez-la, espèce de vautours ! »
Ils montèrent deux à deux les marches jusqu'au quatrième étage. Ils marchaient dans le couloir lorsque Lily lui demanda :
« - Qu'est-ce ces gens faisaient là ?
- Ils veulent tous une photo de ton père !
- Pourquoi ?
- Pour mettre dans leur torchon et ...
- Et ? l'encouragea-t-elle.
- Et le rouler dans la boue pour dire qu'il est trop vieux maintenant ! C'est habituel avec les héros !
- Ils te l'ont fait à toi ?
- À moi ? Moi, je n'étais que le roux de service. C'est ton père et ta tante qui ont eu tous les honneurs. »
Lily avait dix-sept ans et elle apprenait que maintenant que son oncle n'avait pas eu les honneurs qu'il méritait. Elle fronça les sourcils, mécontente d'entendre ça.
« - Tu n'en as pas été jaloux ?
- Oh si, au début ! Les premiers jours quoi et puis … quand j'ai vu la vie que leur menait toute cette célébrité naissante, j'étais heureux d'être un Weasley ! »
Il fit un sourire à sa nièce. Il lui tapota légèrement l'épaule et lui dit :
« - Nous les roux, nous sommes incompris mais nous restons les meilleurs ! »
Lily eut un petit rire et reprit la parole :
« - Le directeur m'a dit qu'il était hors de danger, est-ce que c'est vrai ou il a dit ça que pour me rassurer ?
- C'est vrai ! J'vais pas te mentir, il n'est pas beau à voir mais ça ne te changera pas beaucoup d'habitude, plaisanta-t-il. »
Il lui fit un clin d'œil et s'arrêta soudainement devant une porte sur le bois foncé de laquelle était écrit le nombre 177. Elle n'eut le temps de prendre qu'une profonde inspiration avant que son oncle ne l'ouvre.
La pièce n'avait rien de spécial. C'était une chambre d'hôpital d'une banalité affligeante si on ne prenait pas en compte les dizaines de bouquets qui trônaient à gauche de la porte. La lumière avait été tamisée pour permettre au malade de se reposer. Elle put quand même reconnaître sa mère et ses frères qui s'étaient assis sur chaque côté du lit.
Elle courut et tomba dans les bras de son père qui ne put retenir un petit cri de douleur. Lily recula vivement et s'excusa. Il la regarda tendrement et lui fit un petit sourire qui était entaché par la douleur. C'est quand il passa une main sur sa joue qu'elle prit conscience qu'elle pleurait.
« - Pourquoi tu pleures ? Je ne suis pas encore mort ! »
Son père avait été toujours moins fort pour les plaisanteries que son oncle Ronald ou George et pourtant, il insistait à faire ses blagues pourries. Pour lui faire plaisir – il était à l'hôpital après tout – elle rit légèrement et se renseigna :
« - Comment tu te sens ?
- Frais comme un gardon ! »
Mais il mentait … Cela se voyait au nombre de bandages qui recouvrait son corps et aux petites grimaces qu'il faisait dès qu'il bougeait un membre.
« - Que t'est-il arrivé ? Vickers ne m'a rien expliqué !
- C'est normal, il ne sait rien. Personne ne sait en dehors de ton père et du Ministre, répondit sa mère qui posa une main sur l'épaule de sa fille.
- Pourtant les journalistes …
- Tout le monde sait qu'il est là mais personne ne sait pourquoi., la coupa Ginny. Même pas moi. »
Elle ne semblait pas être heureuse d'être mise à l'écart de ce genre de choses. Telle mère, telle fille …
« - J'attendais que Lily soit là pour vous le dire une bonne fois pour toute, se défendit Harry.
- Maintenant qu'elle est là, on aimerait bien être enfin mis au courant, intervint Ronald. »
Lily avait presque oublié la présence de son oncle qui se tenait devant la porte qu'il avait refermée. Il avait les bras croisés devant sa poitrine et semblait impatient de connaître la vérité.
« - Je rentrais à la maison quand j'ai eu envie d'acheter des fleurs à Ginny, commença-t-il après avoir grimacé.
- Oh comme c'est miiiiiignon, se moquèrent les frères de Lily. »
Leur mère les foudroya du regard ce qui fit baisser le leur. Il vaut mieux affronter un dragon que Ginny Potter énervée.
« - Continue ! ordonna Ginny à son mari.
- Je suis donc aller au petit fleuriste qu'il y a dans notre village et je me suis fait attaqué en sortant. Deux hommes m'ont lancé des sorts sans que je m'y attende puis ils sont partis lorsque le propriétaire du magasin est sorti. Heureusement, ils n'ont pas utilisé de sort impardonnable.
- Mais pourquoi ?
- Quoi ?
- Pourquoi ils t'ont attaqué ? s'intéressa James.
- Aucune idée. Ils n'ont rien dit mais ...
- Mais ? le pressa sa femme.
- Mais je pense que ça a un rapport avec tes amis.
- Mes amis ? s'écria la rouquine. »
Ils n'étaient pas tous irréprochable à Poudlard, loin de là mais delà à faire quelque chose qui entraînerait l'attaque de son père, il ne fallait pas exagérer.
« - Ils n'ont rien fait ! Et moi non plus !
- Je le sais mais … Il semblerait que l'un des hommes qui m'a agressé serait le tuteur de tes amis. Celui contre lequel tu t'es battu ...
- Qui ça ? essaya-t-elle de paraître innocente.
- Tu crois vraiment que ce genre de chose peut passer inaperçu ?
- Non … non … mais … Pourquoi ne pas m'avoir écrit pour …
- Parce que tu avais tes examens et que le directeur nous a expliqué pour quelle raison tu avais agi ainsi. Alors même si ta mère et moi ne sommes pas heureux que tu te sois battue contre un adulte, nous te comprenons tout à fait.
- Qu'est-ce qu'elle a fait ?
- Cela ne te regarde pas, James ! lui souffla sa mère.
- Je veux juste savoir quel exploit elle a réalisé ! »
Lui aussi mentait. Tel père, tel fils. Lily avait trop d'expérience auprès de ses frères pour savoir maintenant à quel moment ils se moquaient d'elle – ce qui était assez souvent.
« - Elle s'est interposée entre l'oncle et le frère de son meilleur ami.
- Chris Philips ?
- Oui !
- Mais alors ... »
Il venait de toucher un sujet sensible que Lily n'était pas prête à aborder.
« - Ça ne serait pas Colin Philips ? »
Albus avait tout raconté à James. Elle nota dans un coin de sa tête de tuer son frère.
« - Si pourquoi ? répondit leur père, insouciant.
- Parce que c'est le petit-ami de Lily ! lâcha James, telle une bombe. »
Oh non par le caleçon de Merlin, il n'avait pas osé asséner ça à leurs parents sans qu'elle ne soit préparée ? Aux grands yeux emplis de surprise de ses parents, Lily ne put que confirmer sa crainte. Il avait bien osé !
« - Petit ami ? Tu as un petit ami, Lily ? s'exclama sa mère qui fut la première à retrouver la capacité de parler.
- Oui ...
- Pourquoi ne nous l'as-tu pas dit ?
- Je … C'est ma vie privée. Je voulais juste attendre de voir si c'était sérieux ou pas avec lui avant de vous le dire.
- Et c'est sérieux alors ? se mêla Albus à la conversation. »
Lily le foudroya du regard et se remémora les derniers mois qu'elle venait de passer. Elle leur avoua :
« - Oui, très ! »
Ses frères la dévisagèrent un long moment. Elle aussi était quelque peu médusée par le retournement qu'avait eu sa vie depuis les dernières vacances. Elle fit un sourire malgré elle puis redescendit sur Terre lorsque son père prit la parole :
« - Quand pourrais-je le rencontrer ?
- Le rencontrer ? Pourquoi faire ? prit peur Lily.
- Pour savoir avec qui tu sors ! Au boulot, on connaît pas mal son tuteur et on ne peut pas dire que c'est un enfant de chœur alors ...
- Alors tu crois que Colin est pareil ? »
Elle n'avait plus peur. Elle était révoltée.
« - On ne sait jamais ! C'est bien à cause de lui que tu t'es battue ! lui rappela Harry.
- Tu es complètement à côté de plaque !
- Lily Luna Potter ! Parle mieux à ton père, intervient sa mère.
- Quand il cessera de traiter mon copain de criminel !
- Il a le droit d'être inquiet pour toi !
- Non parce que Colin est quelqu'un de bien. Il m'a protégé contre Jenkins et s'il s'est battu contre son oncle, c'est qu'il avait de très bonnes raisons.
- Lesquelles ?
- La ferme, James ! Tu n'avais aucun droit de le dire aux parents ! »
Lily était hors d'elle à présent. Elle était debout et leur faisait face. Ils avaient tous le regard fixé sur elle.
« - Tu devrais te calmer tout de suite, la prévint implicitement Ginny.
- Non, parce que vous n'avez aucun droit de juger Colin. Vous avez très bien accueillis Chris alors pourquoi pas Colin ?
- Parce que Chris n'était pas ton petit-ami !
- Ah bon ? Et qui te le dit ? »
Par Merlin, dans quel pétrin se mettait-elle ?
« - Tu es sortie avec Chris ?
- Non mais … ça aurait pu ! »
Pas vraiment quand on sait qu'il est attiré par les hommes mais de ça, ses parents n'en savaient rien.
« - Mais la question n'est pas là de toute façon ! Colin est un garçon intelligent et sérieux. »
Elle prit soudain conscience d'un détail …
« - Dis leur, tonton ! »
Ronald l'avait déjà rencontré à Poudlard et l'avait eu en cours.
« - C'est vrai, Harry. C'est un bon gamin. »
Son père et son oncle se regardèrent longuement jusqu'à ce que son père déclare :
« - Je suis désolé, Lily. Je n'aurai pas dû sous-entendre que ton ami était un criminel en puissance. Mais j'aimerai tout de même le rencontrer. Tu es ma fille et je veux que tu sois avec quelqu'un de bien.
- Je comprend, murmura Lily en se calmant en entendant les paroles de son paternel. Je lui demanderais s'il veut venir dîner un soir à la maison.
- C'est très bien ! Maintenant que nous sommes tous d'accord sur ce dîner, nous allons pouvoir savoir la fin de cette foutue histoire ! »
Sa mère perdait patience … et elle la comprenait.
« - Pourquoi dis-tu que ça a un rapport avec cet homme dont tu parlais ?
- Parce que je crois l'avoir reconnu. Je suis sûr que c'était l'oncle de … du petit-ami de Lily. »
Il fallait qu'il digère la nouvelle tout de même.
« - Et comment tu peux être sûr de ça ?
- Comme je te l'ai dit, au boulot on le connaît pas mal ...
- On le suit depuis des mois mais il réussit toujours à nous filer entre les doigts, ajouta son oncle.
- Il vous a repéré et a voulu se venger ? résonna Lily pas très sûre d'elle.
- Il nous a repéré, concéda Harry. Mais il n'a jamais pris le risque d'attaquer un agent du Ministère. Alors je ne comprend pas pourquoi il l'a fait là.
- Les méchants ne sont pas toujours très intelligents, essaya de plaisanter James. »
Lui non plus n'avait pas un humour du tonnerre. Ça devait être un trait de caractère des Potter !
« - Oui mais ça n'a aucun sens et c'était très risqué !
- Tu n'es plus si jeune papa, commença James. Et puis, tu n'avais qu'un bouquet de fleurs à la main, alors on ne peut pas dire que ce soit très effrayant ! »
Quoique parfois, il avait de bonnes remarques dont celle-ci qui fit rire Albus, Ronald et Lily. La jeune fille surprit même sa mère à sourire derrière sa main.
« - Ils les ont arrêté ?
- La véritable question est est-ce qu'ils vont pouvoir déterminer qui sont les auteurs, affirma Ronald avant Harry. Le Ministre a dit que la déclaration de Harry n'était pas fiable vu son état pendant les faits ...
- Pas fiable ? s'exclama Ginny en se tournant brusquement vers son frère.
- Je ne fais que répéter, se défendit-il. De toute façon, y'a votre fleuriste qui est en train de faire sa déposition au près d'un collègue. D'ailleurs, je vais aller voir ce qu'elle donne et puis, je vais prévenir Hermione, maman, George … toute la famille en fait que tu vas mieux ! Je repasserai après! Prend soin de toi, vieux ! »
Il serra la main de son meilleur ami et laissa la petite famille Potter dans un lourd silence jusqu'à ce que James reprenne la parole – pour le plus grand malheur de sa sœur :
« - C'était soirée déguisée à Poudlard ?
- Pas du tout … Nous avons gagné la coupe des quatre maisons alors on fêtait ça dignement !
- Dignement ? Dans cet accoutrement ?
- Ben quoi ?
- On n'a pas la même définition de la dignité !
- James, arrête d'embêter ta sœur ! Elle est magnifique !
- Merci, maman !
- Et ton décolleté, il ne serait pas un peu … trop ? demanda faussement innocent Albus.
- On voit rien du tout ! C'est un bustier, pas une combinaison de plongée. C'est obligé qu'on voit un peu de peau.
- Ouais mais la jupe ou … le tutu ne serait pas un peu trop court ?
- Pas du tout, Papa ! C'est la longueur autorisée à l'école.
- Stop ! »
Sa mère venait de hausser le ton pour couper la parole à James qui voulait continuer ses critiques.
« - Lily est absolument magnifique et vous êtes seulement jaloux de sa beauté parce que vous, vous n'êtes que des bruns tout fades ! »
Ça, c'était fait, ce n'était plus à faire. Les trois hommes de la famille se turent et n'ouvrirent plus la bouche durant la conversation que la mère et la fille eurent sur la tenue de cette dernière et sur la mode en générale. Ce ne fut que vingt minutes plus tard que Albus reprit la parole, légèrement penaud tout de même :
« - Il se fait tard et Michelle doit attendre de tes nouvelles, papa ! »
Il se leva et serra la main de son frère et de son père avant d'embrasser les femmes de la famille.
« - Je reviens te voir demain matin avant d'aller au boulot.
- Je vais y aller aussi ! annonça James. Je te ramène à la maison, petite tête ? »
Le regard de Lily alla de son frère jusqu'à son père avant qu'elle ne lui réponde :
« - Non, je reste là.
- Tu peux rentrer, ma chérie.
- Non, papa. Je veux rester là. »
C'était plus fort qu'elle. Elle devait être avec son père pour être sûre que plus rien ne lui arrive même si elle doutait d'être une grande aide si quelqu'un l'attaquait à nouveau.
« - Tu vas t'ennuyer ici. Vas plutôt dormir à la maison, tu y seras beaucoup mieux.
- Je veux rester là, insista-t-elle. »
Son père était têtu mais elle aussi ...
« - Il ne risque plus rien, tu sais, lui fit remarquer James, un petit sourire aux lèvres pour se moquer d'elle.
- Je le sais mais je préfère passer la nuit là !
- Mais ...
- Par Merlin ce que vous êtes pénibles quand vous vous y mettez ! »
Son père questionna sa femme du regard qui prit enfin la parole :
« - Reste ici et vous, fichez le camp ! »
Lily remercia sa mère et regarda ses frères partir.
Elle se réveilla en sursaut cette nuit-là. Son corps était en sueur et tremblait de tous ses membres. Elle avait fait un rêve horrible dans lequel son père se retrouvait à l'hôpital. Qu'est-ce que l'inconscient était capable d'inventer tout de même ! Elle resta un long moment les yeux fermés profitant du rayon de soleil qu'elle sentait sur son visage. Elle bailla bruyamment et s'étira un peu.
Une douleur irradia dans son dos pour remonter jusque dans son cou. Qu'avait-elle pris comme position pendant la nuit pour mériter une telle torture ce matin ? Elle grimaça et passa machinalement la main dans son dos comme si cela pouvait avoir une influence quelconque sur son mal.
Elle se frotta le nez. Elle comprit soudain qu'elle avait été réveillée par une odeur assez désagréable. Encore pire que celle du dissolvant qu'utilisait Naomi en quatrième année. En avait-elle acheté un autre ?
Légèrement énervée par sa camarade de dortoir, elle ouvrit un œil et fut surprise de ne pas voir les rideaux de son lit à baldaquin devant elle. Pourtant, elle savait qu'elle était couchée sur le côté et il lui semblait les avoir fermés la veille. Ça n'allait vraiment pas mieux chez elle ! Elle ouvrit l'autre œil et poussa un cri strident.
Devant elle, son père était allongé dans un lit qui n'était pas celui de la maison. Elle fit rapidement le tour de la pièce du regard. Personne d'autre qu'elle et son père. Ce n'était donc pas un rêve ! Elle soupira et se redressa. Elle prit conscience qu'elle s'était endormie sur le fauteuil mis à disposition aux visiteurs au moment où sa mère était partie leur acheter un cappuccino.
Elle se leva et alla regarder par la fenêtre. Rien. Il n'y avait rien. C'était en fait une fausse fenêtre par laquelle des sorciers décidaient de faire passer le soleil ou non. Aujourd'hui, ils avaient opté pour une belle journée d'été. Elle sourit et retourna s'asseoir. Elle regarda longuement son père dormir paisiblement jusqu'à se demander comment il avait fait pour ne pas se réveiller lorsqu'elle avait crié. Une peur l'envahit soudain. Elle observa le torse de son paternel recouvert d'un drap.
Il bougeait. Ouf !
Elle se détendit aussitôt.
Lentement, la porte de la chambre s'ouvrit laissant apparaître Hermione accompagné de Hugo. Lily se leva à nouveau et s'en savoir pourquoi, se jeta dans les bras de son cousin qui l'accueillit avec plaisir. Il la serra tendrement et lui murmura que tout irait bien. Cela sonnait comme une promesse et Lily essaya de croire aux mots qu'il venait de lui dire. Ils se séparèrent et Lily salua sa tante qui lui apprit :
« - On vient de croiser ta mère. Elle voulait voir le guérisseur qui s'occupe de ton père mais elle ne devrait tarder.
- Ok ... »
Que pouvait-elle dire d'autre ? Il n'y avait pas non plus de quoi disserter sur le sujet alors Lily préféra en changer en s'adressant à son cousin :
« - Comment ça se fait que tu sois là ?
- Tu le dis si je te gène, plaisanta le rouquine.
- Pas du tout ...
- J'ai préféré rentrer ce matin par cheminée que par le Poudlard express. »
À l'évocation du train, Lily se surprit d'avoir oublié leur retour dans leur maison.
« - Et mes affaires ? s'écria-t-elle.
- Ne t'inquiète pas. Jun s'en est chargée. Elle a eu qu'à mettre dans ta malle, tes dernières affaires qui trainaient un peu partout. »
Elle lui tira la langue et regarda sa tante abandonner leur compagnie pour s'installer aux côtés de Harry Potter. Il dormait toujours. D'ailleurs, Lily soupçonnait l'hôpital de lui avoir donné une potion somnifère. Malgré elle, cela la fit sourire. Son père détestait prendre des médicaments même lorsque ce n'était qu'une petite potion pour les maux de tête.
Lily savait à peu près tout ce que son père avait vécu avant de terrasser le gros méchant comme elle l'appelait lorsqu'elle était petite. Elle connaissait tous les combats qu'il avait dus mener et aujourd'hui, elle n'arrivait pas à comprendre comment une fiole pouvait lui faire peur. Peut-être en avait-il trop pris ou cela lui rappelait de trop lourds souvenirs ? La vie de Lily n'avait jamais été simple avec la famille qu'elle avait mais dans cette chambre, elle comprit que celle de son père avait été dix mille fois pire que la sienne. Elle devait arrêter de se plaindre pour rien. Elle prit la main de Hugo et lui fit un triste sourire.
Un monologue de son père lui revient alors à l'esprit. « Ma plus grande force, c'est ma chance. La chance d'avoir toujours eu quelqu'un à mes côtés pour m'aider. Ma famille et mes amis sont mon plus grand trésor. »
Il lui avait dit ça la veille qu'elle ne rentre pour la première fois à Poudlard. Sur le coup, elle n'avait pas su pourquoi il lui disait ça. Et en toute honnêteté, elle l'avait cru fou. Mais maintenant, ses mots prenaient tous leurs sens. Il avait raison. Dans la vie, notre plus grande force, c'était les gens qu'on laissait entrer dans notre vie.
À l'heure qui devait être, tous ses camarades devaient être à bord du train pour le grand retour de juin et ils n'arriveraient qu'en fin d'après-midi à Londres. Ses yeux s'agrandirent et elle posa à Hugo une question plus que vague :
« - Et Colin ? »
Il prit le temps de lui sourire avant de lui répondre :
« - Il attend que tout rentre dans l'ordre pour toi et … ton père. Ce matin, le mien a exposé à lui et Chris les soupçons que portaient les aurors sur leur oncle alors Colin ... »
Il ne finit pas sa phrase mais c'était inutile pour Lily pour comprendre ce que ressentait Colin. Il devait culpabiliser et ce n'était pas la meilleure chose puisqu'il n'avait rien avoir avec cette attaque. Elle lâcha la main de son cousin et se massa les tempes. Il fallait qu'elle lui écrive tout de suite.
« - Tata ! l'interpella Lily. »
Hermione sursauta et se retourna vers sa nièce, les sourcils froncés, attendant les raisons qui la poussaient à l'importuner.
« - Je vais rentrer à la maison pour me rendre plus présentable. Tu pourras prévenir mes parents, s'il te plaît ?
- Non, asséna-t-elle avant de reprendre sa place. »
Lily resta stupéfaite pendant un long moment, interrogeant Hugo du regard mais celui-ci ne sembla pas comprendre la réponse de sa mère.
« - Et pourquoi ? »
Hermione souffla. Qu'avait-elle ? Ce n'est pas comme si Lily la dérangeait en pleine réunion du Ministère. Elle était seulement au chevet de certes, son meilleur ami mais il était endormi. Il ne pouvait rien lui dire ou entendre. C'était ridicule.
« - Vous êtes, toi et ta famille, obligés d'être accompagné dans chacun de vos déplacements.
- J'vais avec elle, moi, se proposa généreusement Hugo.
- Quand je dis accompagné, c'est par quelqu'un de compétent comme un auror, rectifia Hermione.
- Tu sous-entends que je suis nul ? »
Enfin, Hermione lâcha la main de Harry et se tourna vers son fils, gênée.
« - Pas du tout mon chéri. Mais si les hommes qui ont attaqué ton oncle s'en prennent après vous, vous n'avez aucune chance. Regarde ton oncle !
- Son oncle s'est fait prendre par surprise alors qu'ils sortaient d'un fleuriste, la corrigeait Lily, n'aimant pas la façon dont sa tante parlait de son père.
- Et vous ? Ils vont vous envoyer un hibou avant ? »
Elle n'avait pas tort – pour ne pas dire qu'elle avait complètement, totalement et inexorablement raison. Lily baissa les yeux, les joues en feu. Hermione s'approcha d'elle et posa une main sur l'épaule de la jeune fille.
« - Ron est à l'accueil. Il essaie de parler aux journalistes qui ont campé à l'hôpital, demande lui de t'accompagner. Je pense que ça ira à tout le monde, n'est-ce pas ? »
Elle lui sourit tandis que le visage de Lily rayonnait. Elle aimait beaucoup son oncle Ronald. Bien plus que sa tante mais c'était sans doute à cause de la sévérité et le sérieux qui émanaient de Hermione. Hugo bougea nerveusement à côté d'elles.
« - Toi aussi, tu peux y aller !
- Merci, maman ! »
Impulsivement, il embrassa sa mère puis sortit à la suite de Lily qui le regardait avec un grand intérêt. Elle attendait le bon moment pour lui faire une petite remarque …
« - Sors-la ta connerie, perdit-il patience.
- C'est Jun qui va être contente de savoir comme tu es ...
- Non, en fait … Fermes-la ! la coupa-t-il, déjà excédé par le ton de sa cousine. »
Lily éclata de rire devant la moue boudeuse de Hugo et retrouva son calme qu'à partir du deuxième étage. Ils passèrent à côté d'un homme dont la moitié du visage – la partie gauche pour être précis – ressemblait à s'y méprendre à la tête d'un castor. Malheureusement pour lui, il avait hérité des dents. Ou était-ce ses vraies dents ? Elle ne prit pas la peine de vérifier de plus près ou de demander et continua son chemin.
« - Tu veux envoyer une lettre à Colin, n'est-ce pas ? »
Elle répondit par la négative ce qui fit lever un sourcil à son cousin. Lily prit son air le plus innocent possible parce qu'après tout, elle ne lui mentait pas.
« - Vraiment ?
- Oui !
- Ne me dis pas que tu veux te rendre à Poudlard par cheminée ? s'écria Hugo, apeuré par l'idée.
- Non mais maintenant que tu m'en parles ... »
Hugo bascula un peu la tête sur le côté tout en soufflant pour lui signifier qu'il n'était pas du tout à la plaisanterie.
« - Ne t'inquiète pas, vieux. Je veux juste lui parler par cheminée, le rassura Lily.
- C'est bien connu que les jumeaux Philips restent à côté de la cheminée lorsqu'il fait un soleil magnifique et qu'ils ont un château pour eux tous seuls, ironisa-t-il. »
C'était un point auquel elle n'avait pas pensé. Mince !
« - Tu optes pour la lettre finalement ?
- Oui, répondit-elle morose. »
Il prit son air supérieur et ils arrivèrent dans le hall de l'hôpital. Plus aucun photographe n'était dans la pièce ce qui fit plaisir à la jeune fille. Ils rejoignirent Ronald qu'ils avaient repéré près des cheminées. Il discutait avec animation avec un homme portant une blouse et un drôle de chapeau. En les voyant s'approcher, l'inconnu les salua d'un petit moment de tête et partit dans les étages.
« - Qu'est-ce qui se passe ? demanda Hugo à son père.
- Le directeur de l'hôpital est mécontent de la présence perpétuelle des journalistes et il m'en porte responsable.
- Pourquoi ?
- Parce que je suis le seul auror sur lequel il peut s'acharner. Et vous, qu'est-ce que vous faîtes ici ?
- J'aimerai rentrer à la maison pour me changer et tout pendant que mon père se repose.
- Et vous voulez que je sois voir garde du corps ?
- C'est un peu ça, ouais !
- Alors c'est parti ! »
Ils prirent la poudre de cheminette. Direction le manoir des Potter.
Quand elle sortit de sa douche, une serviette autour de la taille et une autre autour de ses cheveux, Lily se sentait mieux. Plus légère. Elle se sentait plus Lily Potter. Elle fit le plus beau sourire dont elle était capable à son reflet et se dirigea vers son armoire.
Son armoire était en fait un dressing. Une pièce de 8m² où tous ses habits et toutes ses paires de chaussures se battaient pour avoir une place bien en évidence. Si Jun ou Naomi avaient vu ce placard, elles auraient sans doute voulu emménager dedans. Cette pensée fit sourire Lily.
En effet, sa mère et Lily faisaient beaucoup les magasins ensemble. Parfois sa mère l'emmenait faire les boutiques des grands couturiers. Même si Lily n'appréciait pas ça plus que cela préférant les friperies londoniennes où tous les genres s'entrechoquaient, elle laissait sa mère faire. Parce que franchement, ce n'était pas Lily qui avait voulu ses escarpins orange et encore moins cet imperméable Burberry – une superbe marque moldue.
La rouquine était plus baskets et short en jean troué lorsqu'elle était en vacances chez ses parents mais ça, sa mère ne l'avait pas encore compris. Elle décida que pour une fois, elle ferait plaisir à sa mère…
Elle prit une robe violette Vivienne Westwood – qu'elle n'avait jamais mise et dont d'ailleurs, elle ignorait l'existence – avec une veste noire d'une grande marque quelconque et se coiffa. Elle se maquilla légèrement et opta pour des chaussures à talon Vivienne Westwood – la créatrice préférée de sa mère.
Le résultat lui plut beaucoup. Elle s'observa longuement dans la psyché de son dressing et sortit de sa contemplation lorsque Hugo pénétra bruyamment dans la pièce. Toujours aussi discret, celui-là.
« - Waouu ! Tu vas où ? À la première d'un film moldu ?
- Tu regardes trop la télé, mon vieux ! répliqua-t-elle en retournant dans sa chambre. »
Elle attrapa un sac à main noir et enfouit sa baguette, son porte-monnaie et ses lunettes de soleil.
« - Pourquoi tu te déguises comme ça ? »
Elle leva les yeux au ciel et grogna pour toute réponse.
« - Quand on te voit, on croit avoir à faire à une fille mais en fait, on a un hippogriffe mal décrotté.
- Quelle poésie, cher cousin ! »
Elle prit un parchemin et sa plume avant de se rendre dans le bureau de son père. Elle s'installa sur la chaise et trempa sa plume dans la fiole d'encre. Elle se mit alors à écrire à toute vitesse tout en essayant de s'appliquer.
« - Tu lui écris un roman ? »
Il ne pouvait pas la laisser tranquille dix secondes ? Elle ne lui répondit rien et continua sa missive.
Il tournait en rond depuis plusieurs minutes, peut-être des heures. Il avait perdu la notion du temps lorsqu'il avait entamé son quarantième tour de la salle commune des Gryffondors. Il préférait compter que penser à ce qu'il avait fait. À cause de lui, lHarry Potter était à l'hôpital et Lily courrait un risque d'être attaquée elle aussi. Ronald Wealsey avait eu beau lui répéter que ce n'était pas sa faute et que Lily était sous bonne garde, il n'arrivait pas à rester calme comme Chris. Mais après tout, Chris n'avait rien à se reprocher. Ce n'était pas lui qui avait eu la bêtise de se lancer dans un duel contre leur oncle. Pourquoi était-il si stupide ?
« - Pour la centième fois, arrête de tourner comme ça, tu me donnes le tournis ! lui dit Chris, plus sèchement que les fois précédentes.
- Je … je ne peux pas ! »
Il se rapprocha de la fenêtre ouverte et regarda le parc pour s'occuper. Le soleil était déjà haut dans le soleil.
« - Il ne va rien lui arriver.
- Tu sais aussi bien que moi ce qui est arrivé à son père ! Alors comment veux-tu que ...
- Qui te dit que c'est à cause de votre combat ? C'est peut-être son patron qui lui a demandé de le faire.
- J'en doute !
- Pourquoi ?
- Parce que je le sais, c'est tout.
- Petit comme argument.
- Lâche-moi, Chris ! »
Puis il resta un long moment silencieux avant d'avouer finalement :
« - À la fin du duel … lorsque Vickers s'est interposé … il a ...
- Il a quoi ? s'impatienta Chris.
- Il a menacé Lily.
- Quoi ?
- Il a mena ...
- J'ai très bien entendu ce que tu as dit, le coupa-t-il. Qu'est-ce qu'il a dit précisément ?
- Il a dit qu'il avait un meilleur moyen que les sorts pour me faire souffrir.
- Ça ne veut rien dire !
- Et il a ajouté … Comme la rouquine, par exemple … Alors ?
- Alors c'est un salop mais ça ne nous avance pas beaucoup puisqu'on le savait déjà.
- J'aurai dû prendre le train ce matin.
- Pourquoi faire ?
- Pour aller la voir … pour la protéger ...
- La protéger ? Elle doit avoir tous les meilleurs aurors comme gardes du corps alors toi à côté ...
- Super sympa le frangin ! ironisa Colin.
- J'ai jamais dit que je l'étais. Je suis seulement réaliste !
- Il faut que je fasse quelque chose ! »
Il prit sa baguette qu'il avait posé sur une table et se dirigea vers la porte au moment où un hibou pénétrait dans la pièce par la fenêtre ouverte. Le volatil, gracieux, vint se poser délicatement sur son épaule et lui tendit sa patte. Un hibou qui tend sa patte ? Colin ouvrit de grands yeux et prit le pli qui lui était destiné.
Elle l'avait presque supplié et finalement, il avait craqué. Il ne pouvait désâment pas le lui refuser. Ils marchaient tous les trois dans les rues sorcières de Londres. Elle était côte à côte avec Hugo tandis que son oncle se tenait à quelques pas derrière eux.
« - Pourquoi tu voulais absolument venir ici ? lui demanda Hugo en passant devant la vitrine d'un glacier.
- Je veux t'acheter des habits pour que tu aies l'air moins … Comment dire ? … Plus classe. Parce que là, tu fais un peu tâche à côté de moi. »
Elle eut un petit rire avant de reprendre son sérieux :
« - Je plaisante. Je veux acheter un truc à mon père.
- Et quoi ?
- Aucune idée !
- Tente la boutique de Quidditch, lui cria Ronald. »
Elle se tourna rapidement vers son oncle et dut bien admettre que c'était une bonne idée. Son père se plaignait lors des dernières vacances de ne plus rien avoir pour nettoyer son balai. D'un pas soutenu – malgré ses talons – elle se dirigea dans la direction du magasin spécialisé.
« - Et avec Jun ? »
Il fallait bien faire la conversation, non ?
« - Je crois que l'on peut dire que nous sommes ensemble.
- C'est cool, je suis contente pour vous !
- Et toi avec Colin ?
- Pourquoi tu me demandes ça ?
- Avec ce qui s'est passé hier soir à la fête … Je voulais juste prendre des nouvelles.
- Ben … Ça s'est arrangé … Bizarrement … Mais ça s'est arrangé ! »
Il secoua la tête de haut en bas puis indiqua du doigt la boutique qu'elle cherchait. Ils entrèrent et se mirent à farfouiller un peu partout pour trouver le cadeau idéal. Ronald les rejoignit un peu plus tard et leur souffla tout en regardant la rue par la vitrine à intervalles réguliers :
« - On est suivi ! »
Le cœur de Lily loupa un battement.
« - Suivi ? Comment ça ? Et par qui ?
- Je ne l'ai pas vu. Elle utilise un sort d'invisibilité.
- Comment tu as fait pour la repérer alors ?
- Cette abrutie a mis des talons aiguilles pour marcher sur les pavés de la rue. »
En effet, quelle gourde !
« - Tu es sûr de toi ?
- Oh fiston ! Je suis auror, je connais mon métier.
- À ton avis, ça pourrait être qui ? »
Une fan de sa mère ou une dangereuse psychopate ?
« - Je doute sérieusement que ce soit quelqu'un de dangereux parce que … elle est vraiment pas douée pour être discrète.
- Qui alors ? s'impatienta Lily qui avait de plus en plus peur.
- J'ai pensé à une journaliste ! »
Une journaliste ? Il manquait plus que ça !
« - Elle n'est pas encore entrée dans le magasin, précisa Ronald. Mais dès qu'un client se pointera, elle se faufilera derrière lui.
- Ok mais … Pourquoi elle fait ça ?
- Ton père est à l'hôpital, ta mère a eu un rendez-vous avec le Ministre de la Magie tôt ce matin et toi, tu fais les magasins ! »
Vu comme ça, Lily pouvait passer pour une sans cœur envers ses parents. Mais tout ce qui l'importait était ...
« - Pourquoi ma mère a vu le Ministre ?
- Pour qu'il lui présente ses vœux pour ton père. Enfin les trucs bateaux lors d'une agression du directeur des aurors.
- Parce que ça arrive souvent ce genre de choses ?
- Plus souvent qu'on ne le pense ! »
Déjà qu'elle n'aimait pas le métier de son père alors là, elle en venait à le détester.
« - Bon on fait quoi maintenant ?
- On ne prend pas de risque. Toi, tu restes avec Lily et moi, je vais parler à la gérante.
- Pour lui dire quoi ?
- De fermer le magasin.
- Quoi ? s'écria-t-elle. Ça ne va pas la tête ?
- Pourquoi ?
- Elle ne va pas fermer son magasin pour moi pour que je prenne un pauvre produit de nettoyage. C'est surréaliste !
- Pas autant que si la personne rentre et t'attaque ! »
Sans attendre de réponse, Ronald alla jusqu'à la caisse et se mit à parlementer avec la gérante.
« - Je déteste ça ! grommela Lily.
- Je vois pas pourquoi ! C'est super ! »
Elle le foudroya du regard et se remit à chercher ce stupide cadeau. Quelle idée elle avait eu de vouloir venir à Londres !
Une demi-heure plus tard, un attroupement s'était formé devant la porte du magasin, les empêchant de sortir. Ses achats dans un sac, Lily attendait sa délivrance. Hugo ne cessait de chanter une chanson d'un groupe sorcier ringard tandis que Ronald tentait tant bien que mal de contacter des collègues pour qu'ils viennent l'aider.
Au début, Lily avait pensé que ces personnes voulaient entrer dans le magasin pour faire eux aussi leurs emplettes mais … non ! Ils s'étaient tous mis à crier son prénom. Ils étaient là pour elle ! Elle n'était personne et pourtant ils voulaient la voir et peut-être même plus. Un jeune homme d'une quinzaine d'années avait même une banderole sur laquelle il lui déclarait sa flamme. Mais où Diable était-elle tombée ?
Puis soudain, vu que la situation n'était pas encore assez désespérée, une demi-douzaine de photographes arrivèrent devant la boutique et mitraillèrent la scène. Ses sorties à Londres n'avaient certes jamais été de tout repos à cause des fans de ses parents mais là, ça frisait le ridicule.
« - Qu'est-ce qu'ils veulent ?
- Toi !
- Mais pourquoi ?
- Tu n'as pas lu les journaux ces dernières semaines ? la questionna son oncle.
- Non, pourquoi ?
- Ils parlent tous de toi et de tes exploits avec Jenkins.
- Mes exploits ?
- Ils pensent tous que tu es la nouvelle ...
- Harry Potter ? finit-elle. »
Il fit un léger mouvement affirmatif. Elle s'installa sur le comptoir où elle avait payé ses achats et soupira :
« - Je ne suis pas Harry Potter !
- Ils le savent !
- Vraiment ? cria-t-elle en relevant la tête vers son oncle. Ce n'est pas vraiment l'impression que ça donne.
- C'est sûr que tu leur fais penser à ton père mais tu es une jeune fille courageuse. Et tu sais, la moitié des personnes présentes dehors, n'était même pas née lors de la guerre et la gloire de ton père.
- Je ne suis pas courageuse. Je n'ai absolument rien fait contre Jenkins. Si Colin n'avait pas été là, je me serais retrouvée au cimetière.
- Ils n'ont pas cet avis.
- Fais que ça cesse s'il te plaît !
- Je n'ai eu aucun de mes collègues. Je pourrai peut-être contacter ... »
Son oncle eut une hésitation.
« - Qui ?
- Le Ministre !
- Quoi ? Mais attends, vous êtes nombreux au bureau des aurors et la seule personne que tu peux me trouver, c'est le boss ? Ne me dis pas que tu vas lui demander de venir nous sortir de là ...
- Je ne te le dirais pas alors ...
- Oh mon Dieu ! »
Elle se tapa le front avec la paume de sa main. Rien de tout ça ne devait être réel. C'était impossible !
« - Il ne va quand même pas venir ici ?
- Non, bien sûr que non ! Enfin normalement ...
- Normalement ?
- Ne te stresse pas ! Tout va s'arranger !
- Ah ouais ? Et quand ? Et surtout comment ?
- Il n'y aurait pas une autre porte que celle-ci qui donnerait dehors ? se renseigna Hugo, l'accro aux films moldus.
- Tu crois que ce ne fut pas ma première question à la gérante ?
- Je ne sais pas, moi. J'essaie d'aider. »
Il fallait sortir. De toute façon, ils resteraient tous devant cette boutique tant qu'ils ne l'auraient pas vu alors autant affronter l'enfer tout de suite au lieu d'attendre inutilement.
« - On sort ! déclara Lily.
- Et comment ?
- Comme tout le monde, par la porte. »
Elle descendit de son perchoir et s'adressa à la propriétaire du magasin :
« - Merci pour tout et je suis désolée pour les petits soucis que nous vous avons occasionnés.
- Pas de problème, ce fut un plaisir. J'espère que vos achats plairont à votre père.
- Moi aussi. »
Elle mit ses lunettes de soleil, remonta légèrement le col de sa veste et prit une profonde respiration.
« - Prête ?
- Non ! »
Hugo ouvrit la porte et sortit. Lily qui lui tenait la main le suivit avec peine. Il avait de plus grandes jambes qu'elle donc allait plus vite et les gens la ralentissaient beaucoup. Elle baissa la tête et entendit les flashs crépiter autour d'elle. Ce fut à cet instant qu'elle trouva une autre solution pour se sortir de cet enfer. Transplaner par exemple. Quelle imbécile, elle était !
Un peu plus tard – en fait, une heure et six minutes plus tard – Hugo et elle réussirent à atteindre une petite ruelle à l'abri des regards. Lily respira à pleins poumons et attendit que son oncle les rattrape. Quand il arriva essoufflé, elle déversa toute sa colère sur lui :
« - Transplaner ! Pourquoi tu ne nous as pas fait transplaner ? Ça aurait été tellement plus simple ! »
Il fronça les sourcils. Ronald Weasley était plutôt cool – comme tous ses oncles – mais il ne fallait surtout pas faire une chose … Lui manquer de respect. Comme elle venait de le faire. Elle se sentit rougir alors qu'il lui disait sur un ton calme et sec :
« - Je ne suis peut-être pas très intelligent mais figure-toi que j'y avais pensé ! Si tu avais réfléchi dix secondes avant de parler, tu saurais qu'on ne peut pas transplaner dans un commerce sinon tout le monde irait et volerait les affaires ! »
En effet, maintenant qu'il le lui disait, c'était logique ! Elle bégaya quelque chose d'incompréhensible et fixa ses ongles.
« - On peut transplaner maintenant, non ? intervint Hugo. »
Ronald approuva d'un bref hochement de tête et leur tendit un bras chacun. Lily ferma les yeux et se laissa faire.
« - Vous n'êtes que des incapables ! hurla une voix rauque. »
Debout devant la fenêtre de son minuscule salon, il regardait la pluie tomber sur l'Écosse qu'il adorait tant. Il remonta son chapeau noir qui lui cachait légèrement la vue et se racla la gorge. Dans son dos, il entendit les deux hommes trembler. Ils avaient beau faire les fiers devant les gens, aujourd'hui, ils sentaient la peur à plein nez. C'était tellement plus facile pour les manipuler. Il eut un sourire sadique avant de reprendre la parole:
« - Même mon fils de huit ans ferait mieux que vous ! Il avait un bouquet à la main ! Un pauvre bouquet de fleurs ! Et vous, vous n'avez pas réussi à le tuer ? C'est intolérable ! »
Il se tourna pour leur faire face et l'homme dont le tatouage d'épée qu'il avait au cou ne lui plaisait guère lui avoua d'une voix mal assurée :
« - Nous sommes désolés, maître !
- Désolés ? Vous êtes désolés ? »
Qu'est-ce qu'il en avait à faire de leurs états d'âme ! Il voulait seulement qu'il le tue. Était-ce si difficile ?
« - Nous allons nous reprendre et finir le travail ! lui affirma le tatoué.
- Vous avez intérêt et si vous échouez encore ...
- Ça n'arrivera pas !
- Ne me coupe plus jamais la parole, Philips ! »
L'homme lui fit une sorte de petite révérence ridicule. Pourquoi faisait-il ça ? Quel abruti celui-ci aussi ! Il était entouré d'incapables.
« - Si vous échouez encore, il vaudra mieux pour vous d'aller à Azkaban directement que de rentrer chez vous ! »
Philips déglutit tandis que l'autre prenait déjà congé. Il retourna à la contemplation de la campagne écossaise et essaya de se convaincre que cette fois, tout se passerait sans dommages collatéraux. Harry Potter devait absolument mourir. Il n'avait rien contre lui, loin de là. Il pensait que ce Potter avait une part de sa personnalité aussi noire que lui. Mais il devait mourir pour montrer à tous les sorciers que lui, avait le pouvoir de tuer l'homme qui avait survécu à deux sorts impardonnables.
Quand leurs pieds touchèrent le sol de l'hôpital, Lily en fut quelque peu déçue. Elle aimait beaucoup transplaner aussi bizarre que cela puisse paraître. Elle avait hâte de passer son permis pendant les vacances d'été. Elle ouvrit les yeux et essaya de se repérer dans l'espace. Ils étaient au quatrième étage et se trouvaient devant la chambre 177. Elle vérifia sa tenue, tenta de faire disparaître un pli de sa robe mais elle n'eut pas le temps. Son oncle ouvrait déjà la porte.
Ce ne fut pas de voir une fille inconnue dans les bras de James qui la surprit. Ce ne fut pas non plus de voir le Ministre dans la pièce et ce ne fut encore moins de voir son père assis confortablement sur son lit comme s'il ne s'était jamais fait agressé. Non, ce qui la surprit c'est … Colin.
Son regard fit le va et vient entre lui et sa famille. Son petit-ami était avec sa famille et … mais qu'est-ce qu'il faisait là ? Il devait être dans son grand château vide par Merlin ! Elle s'avança et sans un mot, posa le sac de la boutique sur le lit de son père. Son oncle rompit enfin le silence lourd qui s'était installé :
« - Si tu savais ce qui nous est arrivé pour avoir ce cadeau !
- Comment ça ? s'exclama Ginny dont son imagination était soudain trop fertile.
- Rien de grave !
- Parle pour toi ! Ce n'est pas toi qui a la moitié des cheveux en moins, rétorqua Lily en se rapprochant un peu de Colin.
- Comment ça des cheveux en moins ? Vous vous êtes battus ?
- Non, Ginny ! Il y a juste deux ou trois cinglés qui voulaient un autographe de ta fille. »
À cette évocation, les joues de Lily s'enflammèrent.
« - Deux ou trois ? Ils étaient au moins une vingtaine devant cette boutique, le corrigea Hugo. Et même des journalistes avaient fait le déplacement. On a mis une heure pour les semer. C'était géant ! »
Lily se racla la gorge, mécontente.
« - Enfin, pas si génial que ça mais … C'était une … sacrée expérience, tenta-t-il.
- Je m'en serais bien passée, maugréa sa cousine. »
Tout le monde les regardèrent, les yeux grands comme des soucoupes. Ils n'avaient rien compris. Pourtant, c'était clair, non ?
« - J'ai voulu aller acheter un cadeau à papa pour sa convalescence sauf qu'il y a quelqu'un qui nous a suivi que Ronald a repéré très facilement malgré le sort d'invisibilité qu'elle avait utilisé. Alors il a décidé qu'on devrait rester dans la boutique le temps qu'elle parte ou qu'on trouve une autre solution sauf que … des ...
- Des fans, tu peux le dire !
- Merci, Hugo ! Des personnes nous ont bloqués dans le magasin.
- Ils faisaient quoi ?
- Ils criaient le nom de Lily. Il y en a un qui avait une banderole où il avait écrit « Lily, je t'aime » et un autre qui avait une bague ...
- Tu exagères là !
- Je te jure qu'il avait une bague dans un écrin. D'ailleurs, il ne s'était pas foutu de toi.
- Bref, ils étaient là et des journalistes sont arrivés. Ils ont commencé à prendre des photos et à interviewer les gens présents.
- Puisque je n'ai pu contacter personne de mes collègues pour qu'ils puissent venir nous sortir de là, continua Ronald, nous avons donc affronter ses charognards. Il y en a une qui a essayé d'arracher des cheveux à Lily ...
- Et elle a réussi, souffla l'intéressée en se massant le crâne à l'endroit où la jeune fille avait pris une poignée de cheveux roux.
- Les journalistes la prenaient en photo, c'était … impressionnant ! Digne de vous après la guerre ! »
Lily baissa les yeux sur le sol comme si elle venait de faire quelque chose de mal. Elle sentit alors la main chaude de Colin se posait dans son dos, juste au creux de ses reins. Elle eut un petit sourire, heureuse qu'il soit là malgré la présence de sa famille … et du Ministre.
« - Lily va être dans les journaux dès demain ! s'exclama Albus.
- On les achètera tous et on coupera les articles. »
James qui lui disait ça ? Il y avait un problème …
« - Et on fera un petit collage avec lequel on jouera aux fléchettes ! »
Ah ! Là, elle reconnaissait son frère ! Elle voulut lui tirer la langue mais la présence de trop personnes autour d'eux l'en dissuada. Elle lui répondit seulement :
« - La jalousie te ferait faire n'importe quoi ! »
Tout le monde sauf James éclata de rire. Elle fit un sourire hypocrite à son grand frère et le Ministre prit la parole :
« - Je vais vous laisser en famille ! Harry, j'espère te revoir très bientôt parmi nous ! Bonne fin de journée ! »
Il les salua et partit. Hermione s'approcha de Harry, l'embrassa sur la joue et avoua :
« - On a la famille Lewis qui vient manger à la maison ce soir. Si je ne veux pas avoir une réputation de mauvaise femme d'intérieur, il faut qu'on y aille. »
La famille Lewis ? Lily se tourna vers Hugo et l'interrogea du regard. Mais son cousin fit comme s'il ne la voyait pas. Heureusement pour Lily, sa mère était curieuse :
« - Lewis ? Ce ne serait pas ton amie qui a perdu son père il y a quelques années ... »
Malheureusement pour Lily, Ginny n'avait aucun tact.
« - Oui. Hugo et Jun sortent ensemble. Ils nous a demandé de l'accueillir pendant plusieurs jours à la maison alors nous allons faire plus ample connaissance ce soir. »
Après avoir promis de passer le lendemain, Hermione, Ronald et Hugo transplanèrent dans un plouf qui fit rire James. Lily venait de comprendre pourquoi elle était parfois un peu déjantée. Sa famille – et en particulier ses frères – avait déteint sur elle !
« - James, tu devrais présenter ton amie ! lui conseilla Ginny.
- Ah oui ! Alors Lily, je te présente Kealay. Ma petite amie. »
Oh mon Dieu ! Comment cette fille faisait pour le supporter ? Lily serra la main de la dénommée Kealay. Elle était loin d'être moche en plus. Elle avait de jolis cheveux blonds qui devaient lui arriver juste en dessous de ses épaules. Ses grands yeux bleus reflétaient une intelligence évidente. Son visage rond lui donnait un petit côté enfantin qui, s'il se révélait exact, allait à merveille avec James. Mais une question la taraudait … Comment cette fille était tombée sous le charme de son satané frère ?
« - Ils sont tous les deux en formation d'aurors, lui apprit sa mère. »
Elle devait avoir du caractère et du courage alors. Voilà comment elle pouvait sortir avec lui !
« - Cela fait longtemps que vous … que vous êtes ensemble ? demanda poliment Lily.
- Quelques mois, répondit sommairement Kealay. »
Quelques mois ? Et Albus ne lui en avait même pas parlé ? C'est quoi cette arnaque ? Elle jeta un regard à Albus mais celui dévisageait discrètement Kealay. Est-ce qu'il serait possible qu'Albus n'était pas au courant de cette liaison ? Bien fait !
Tandis que les frères de Lily étaient partis chercher des boissons pour tout le monde, Colin parlait à Harry. Il essayait tant bien que mal de faire bonne impression mais il n'arrêtait pas de se répéter que passer après Chris diminuait les chances pour lui de plaire au père de Lily.
Pendant que Harry prenait une potion qu'un guérisseur lui avait donné un peu plus tôt, Colin respira à fond et supplia Lily du regard pour qu'elle vienne à son aide. Mais celle-ci semblait très intéressée par la discussion sur les robes avec sa mère et Kealay. Il reporta son attention sur Harry lorsque celui-ci lui dit :
« - J'ai beaucoup de défauts et celui que Lily déteste le plus, c'est mon côté sur-protecteur que j'ai avec elle. Quand j'ai appris qu'elle avait un copain, j'ai eu envie de te tordre le cou. »
Par le caleçon sale et puant de Merlin, faîtes qu'il plaisante !
« - Mais ne t'inquiète pas, je ne compte pas le faire. Elle nous a dit que c'était sérieux entre vous. Tu penses la même chose ? »
Un sourire se dessina sur ses lèvres. Il devait avoir l'air ridicule et stupide mais peu importe. Malgré sa bêtise d'hier, elle pensait que c'était sérieux entre eux et c'était la meilleure nouvelle de la journée. Voyant que Harry attendait une réponse, il lui répondit précipitamment :
« - En toute honnêteté, je n'ai jamais aimé quelqu'un comme j'aime votre fille. »
Et voilà qu'il tombait dans les phrases clichées. Harry allait penser qu'il mentait. Il s'insulta silencieusement.
« - C'est parfait alors ! Bienvenue dans la famille ! »
Une bouffée de gratitude et de bonheur l'envahit. Il suffoqua un peu et remercia Harry, tout ému. Harry entama une conversation moins compliquée sur … le Quidditch !
Blabla bla … la robe de machin … Blabla bla … les chaussures de l'autre … Et blabla bla ...
Qu'on la tue tout de suite avant qu'elle meurt d'ennui. Ça ira beaucoup plus et ça sera sans doute beaucoup moins douloureux que vivre une telle conversation. Et les voilà reparties sur le goût vestimentaire exécrable de James.
« - Moi, je l'aime bien son look, osa Lily. »
Grave erreur !
« - Il ne sait pas du tout accorder sa chemise avec son pantalon et encore moins avec sa veste. C'est affligeant ! se plaignit Kealay. »
Sa mère approuva d'un vigoureux mouvement de tête.
« - Tu n'as pas l'air d'avoir ce soucis avec ton petit-ami, fit remarquer la copine de James. »
Ah bon ? À vrai dire, Lily n'avait jamais fait attention aux habits de Colin ou alors sans le vouloir. Elle observa la tenue du brun et dut confirmer les dires de la jeune fille. Son T-shirt blanc allait à merveille avec ses baskets blanches – tellement blanches que Lily pensa aussitôt que ça devait être la première fois qu'il les portait. Son jean mettait en valeur sa grande taille. Il était canon, il fallait bien l'avouer.
« - Comment tu as fait ?
- Pour faire quoi ?
- Pour qu'il veuille s'habiller correctement !
- Ah … euh … rien du tout ! Il … s'habille tout seul ! »
Si quelqu'un d'étranger à cette conversation venait à cet instant et l'entendait dire ça, il se moquerait sûrement d'elles. Bien sûr que Colin s'habille tout seul, il a dix-sept ans, pas dix-sept mois.
« - C'est super rare, tu sais. Garde-le celui-ci ! »
Mais bien sûr Kealay, elle allait le garder rien que pour sa capacité à mettre des vêtements et des chaussures de la même couleur ! La superficialité quand tu nous tiens !
« - Ne t'inquiète pas pour moi, lui déclara Lily en lui faisant un clin d'œil hypocrite. Je vais vous laisser. Il faut que je parle à Colin. »
Mais elles ne s'occupaient déjà plus d'elle. Elle leva les yeux au ciel et rejoignit Colin et son père.
« - Vous pensez vraiment que les Pies de Montrose peuvent battre les Canons de Chudley ?
- Quoi ? s'étonna Lily. Personne ne peut battre les Canons ! »
Était-ce nécessaire de rappeler l'admiration inconditionnelle de Lily pour cette équipe des Canons de Chudley ?
« - Ma puce, cette année, ils n'ont aucun chance. Leur poursuiveur vedette est toujours hors forfait.
- Il ne va toujours pas mieux ?
- Je crois même qu'il est au troisième.
- Au troisième ? C'est l'étage pour … essaya de se souvenir la rouquine. Empoisonnement par potions et plantes, non ?
- Si. J'ai mis une équipe sur cette histoire il y a trois semaines, d'ailleurs ! Mais ils n'ont rien trouvé.
- Empoisonné ? C'est un adversaire qui lui aurait fait ça ?
- C'est ce qu'on pensait mais ...
- Harry ! le réprimanda Ginny. Ne leur parle pas de tes enquêtes.
- Mais elle est bouclée, chérie ! »
Ginny fronça les sourcils ce qui annonça à Lily le moment de sortir de cette pièce. Elle prit la main de Colin et l'entraîna à sa suite tout en déclarant à ses parents et à Kealay :
« - On va voir où sont passés les garçons ! »
À aucun moment, elle ne chercha ses frères. Ils étaient bien assez grands pour trouver leur chemin dans un hôpital. Au lieu de ça, Colin et elle allèrent s'asseoir sur un banc de l'accueil pour discuter. Avant toutes choses, Colin l'embrassa tendrement. Elle en oublia presque qu'elle était à Sainte-Mangouste, que Colin avait rencontré ses parents et que James avait une vraie petite-amie. Presque seulement.
« - Qu'est-ce que tu fais là ? se précipita-t-elle de lui demander.
- Je … j'étais inquiet pour toi alors ... »
Oh il était inquiet ! Comme c'est mignon ! Mais ça n'expliquait pas le fait qu'il aille voir son père à l'hôpital.
« - Pourquoi es-tu venu ici ?
- Je viens de te répondre, dit-il, étonné.
- Pourquoi es-tu à l'hôpital ?
- Ben, ne sachant pas où tu étais, j'ai préféré venir directement ici parce que je savais que tu y serais.
- Et chez moi ?
- Je vais pas me rendre chez quelqu'un et encore moins chez tes parents sans prévenir. C'est mal poli ! »
Mal poli, certes mais moins risqué pour une rencontre parents/petit-ami lorsque le père est à l'hôpital, c'est sûr !
« - Ça te dérange que je sois venu te voir ?
- Pas … pas du tout.
- Lily, ne me mens pas !
- C'est juste que … que j'aurai voulu être prévenue !
- Pourquoi ? »
Il s'était reculé légèrement pour mieux la regarder. Elle était en train de créer une dispute sans le vouloir.
« - Parce que mon père est … un peu trop protecteur avec moi et … il peut se révéler horrible avec mes petits-amis.
- Parce que tu lui en as emmené beaucoup ? s'intéressa Colin.
- Juste Anton et Edouard.
- Edouard ? Tu es sortie avec Edouard ? Le Edouard de Serpentard ? Celui qui avait deux ans plus que nous ?
- Il a toujours deux ans de plus que nous, tu sais, essaya de plaisanter Lily. »
Ok, elle avait hérité de l'humour de son père !
« - Il s'est passé un petit truc entre nous lorsqu'il est venu à la maison rendre visite à Albus.
- Tu es sortie avec Edouard ? On en apprend tous les jours !
- Enfin, ça n'a pas duré longtemps et puis, ça n'a pas compté pour moi et pour lui non plus d'ailleurs.
- Qu'est-ce qui s'est passé ? »
Il ne semblait pas jaloux, il était juste curieux. Curieux de connaître le passé de son ex-meilleure ennemie. Même si elle n'en avait pas tellement envie, elle se résigna :
« - Pendant les vacances qui ont suivi ma rupture avec Anton, il est venu à la maison tous les jours et nous sommes sortis ensemble mais à la rentrée, je n'ai plus eu de nouvelles de lui.
- C'est vrai ?
- Ouais.
- Quel goujat ! s'insurgea Colin, ce qui fit rire Lily.
- Ce n'est pas grave, je n'étais pas amoureuse de lui. Disons que nous nous sommes bien amusés et voilà tout. On parlait de quoi avant ?
- Tu disais que ton père allait me torturer !
- Je n'ai pas dit ça !
- Ouais mais ta réaction me prouve que tu avais peur qu'il me fasse fuir ! »
Elle ne l'aurait pas dit comme ça mais il y avait un peu de ça.
« - Ce n'est pas ton père qui réussira à me faire fuir. Ce n'est pas avec lui que je compte faire ma vie. »
Oh mon Dieu ! Par Merlin, il n'avait pas dit ce qu'elle pensait qu'il lui avait dit ? Si ?
Elle ouvrit grands les yeux sous la surprise et resta bouche-bée. Colin prit alors conscience de ce qu'il venait d'avouer. Jamais il n'avait parlé d'un avenir entre eux à part cette après-midi-là dans le parc avant les examens mais là … il lui avouait vouloir passer sa vie avec elle, Lily Potter et pas juste un été.
Oh mon Dieu ! Par Merlin, il n'avait pas dit ce qu'il pensait qu'il lui avait dit ? Si ?
Il vit tout de suite que Lily prenait peur. Pourquoi était-il allé dire ça ? Parce qu'il le pensait ? Certes … Mais maintenant, elle le regardait comme s'il était devenu complètement fou. Déstabilisé, il lui bégaya :
« - Je … je veux … Tu vois … C'est ... »
Il était mal à l'aise et Lily qui ne faisait rien pour l'aider. Elle restait pétrifiée par sa révélation. Tout ça était tellement surréaliste !
« - Lily, je … tu … Tu pourrais dire quelque chose, s'il te plaît ! la supplia-t-il. »
Elle secoua la tête pour sortir de son état comateux et plongea son regard dans le sien avant de lui s'exclamer :
« - Tu veux faire ta vie avec moi ? »
Pas vraiment le quelque chose qu'il attendait !
« - Ben … ça dépend de ce que tu en penses toi ? »
Elle lui fit un sourire.
« - Je ne suis pas contre cette idée. Loin de là. »
Colin qui avait retenu son souffle jusqu'à la déclaration de Lily, se détendit et se précipita sur elle pour l'embrasser. Il se recula un peu, juste la distance qui pouvait lui permettre de coller son front à celui de Lily. Et il lui murmura :
« - Ton père a été cool avec moi. Il m'a invité à dîner et dormir chez vous quand il serait rentrer de l'hôpital.
- Il a fait ça ?
- Ouais.
- Le fait que tu m'aies sauvé la vie contre Jenkins a dû rentrer en compte dans son jugement.
- N'importe quoi ! »
Il se leva et lui tendit la main.
« - Il vaudrait mieux retourner dans la chambre si on ne veut pas que ton père mette tous les aurors à notre poursuite avec l'ordre de m'abattre à vue.
- Il ne ferait jamais ça. Enfin je ne pense pas ... »
Elle accepta l'aide de Colin et ils se mirent en marche. Arrivés au niveau du troisième étage, Lily se tourna vers Colin et lui demanda :
« - On ne pourrait pas aller voir si on voit ...
- Le joueur de Quidditch ?
- Ouais … chuchota-t-elle, penaude.
- Si tu veux mais vite fait ! »
Tandis qu'ils marchaient dans le couloir tout en regardant dans toutes les chambres dont les portes ouvertes si le poursuiveur des Canons de Chudley était dedans. Puis ils passèrent devant le bureau des guérisseurs, il mit sa main sur la hanche de la jeune fille et il lui déclara :
« - Tu es magnifique, habillée comme ça ! »
Elle rougit à son compliment ce qui la rendit encore plus belle. Il reporta son regard devant lui et une fois le bureau passé, Colin se figea sur place. Ça ne pouvait pas être lui …
La démarche était la même. L'allure était la même. C'était lui, il n'y eu plus aucun doute lorsqu'il leur adressa la parole :
« - Comme on se retrouve … neveu ! »
Lily ne l'avait pas vu venir, trop occupée à observer les chambres. Ce ne fut que lorsqu'il parla qu'elle prit peur :
« - Comme on se retrouve … neveu ! »
Colin lui attrapa le bras et l'obligea à se mettre derrière lui. Son oncle ricana et les prévint :
« - Je ne suis pas seul cette fois ! »
Dans un même mouvement, Colin et Lily tournèrent la tête et virent l'homme qui était avec Jenkins le soir où ce dernier les avait attaqué. Le tatouage ne les trompait pas.
« - Qu'est-ce que vous faîtes là ? questionna-t-il son oncle.
- Ce n'était pas pour toi mais pour Harry Potter. Maintenant que nous sommes là, je me dis qu'après tout … D'une pierre, trois coups ! »
Colin sentit Lily faire demi-tour pour faire face au deuxième homme. Ils étaient dos à dos, attendant leur propre adversaire.
« - On ne pourra pas les avoir. On a toujours eu de la chance mais on ne va pas trop jouer avec elle cette fois.
- Tout à fait d'accord. Mais on fait quoi alors ? Ils ont bloqué les seules sorties possibles.
- On essaye de gagner du temps et on prie Merlin pour que ton père envoie finalement ses aurors. »
L'oncle de Colin eut à nouveau un petit rire moqueur. Il était heureux de les tenir coincés ainsi. Malade !
« - Tu n'as personne pour te sauver la vie cette fois, Colin !
- Personne ne m'a sauvé la vie la dernière fois. Tu étais sur le point de rendre les armes, pauvre lâche !
- Moi ? Rendre les armes contre un gamin de ton acabit ? »
Colin se rendit compte qu'il avait touché un point sensible surtout que l'autre homme devait sans doute écouter avec grande attention leur conversation – si on pouvait appeler ça comme ça.
« - Ce n'est pas ce que tu pensais quand tu t'es retrouvé à genoux devant moi, blessé, continua-t-il un peu fort ».
Son oncle grinça des dents tandis qu'il aurait juré avoir entendu l'inconnu rire légèrement derrière son dos.
« - Je peux très bien recommencer et t'humilier devant ton petit camarade de jeu !
- S'il te plaît, essaie de ne pas les insulter. Ça nous faciliterait la tâche ! lui murmura Lily »
Il ne savait pas très bien ce qu'il faisait mais il était persuadé qu'il fallait tenter le tout pour le tout avec ces deux idiots. Dans un souffle, Colin lui déclara solennellement :
« - Si on ne s'en sort pas vivant, je veux que tu saches que je t'ai toujours aimé, même lorsque je te traitais d'insupportable Grapcorne puant.
- Tu es tombé sur la tête ?
- Non mais j'ai vu ça dans un film moldu et j'ai toujours eu envie de dire un truc comme ça.
- Ils parlaient de Grapcorne dans ton film ?
- Non, ça, c'est moi qui ait improvisé ! dit-il fier de lui.
- Idiot !
- Je sais …
- Dîtes-le si on vous gêne surtout !
- Maintenant que tu le dis, tonton, commença Colin, sarcastique, la visite des lieux était beaucoup plus sympa sans vous.
- Colin … S'il te plaît, siffla Lily entre ses dents. »
Il tenta d'imaginer une stratégie pour se tirer de ce mauvais pas et tout ce qui lui venait à l'esprit était la fuite. La fuite, il voulait bien – il n'était pas contre une petite ballade ailleurs loin de ses deux ... Grapcornes ! Chacun de ses derniers bloquaient la sortie à moins de … d'aller dans le bureau des guérisseurs, de s'enfermer dedans.
« - Il n'y a que le bureau des guérisseurs qui peut être une minuscule échapatoire.
- On a aucune chance là-bas.
- On a aucune chance ici ! lui rappela-t-il.
- Ce n'est pas faux.
- Bon on attend vaillamment qu'ils nous tuent ou on se tire lâchement et tout de suite ?
- Je suis pour me tirer finalement, répondit Lily.
- Moi aussi ! Alors à trois, tu cours t'enfermer dans la première pièce à ta gauche.
- Y'en a marre de vos messes basses !
- C'est plutôt dommage pour vous ! Sinon … On se tire ! »
Mais au lieu de partir, il dégaina sa baguette de son pantalon et lança aussitôt un sort à son oncle, un petit petrificus totalus bien senti tandis qu'il écoutait le bruits des talons de Lily sur le carrelage. Il se baissa, évitant de peu un sort de l'autre adversaire. Par Merlin, heureusement qu'il avait de bons réflexes. Il roula à terre et lança un Expelliarmus qui obligea l'adversaire de sauter sur le côté. Cela lui permit de gagner quelques secondes et de ramper vers la salle où Lily l'attendait. La rouquine ferma la porte derrière lui et lui donna une petite tape sur le haut du crâne tout en l'insultant d'idiot.
« - Idiot ! lâcha-t-elle mécontente. »
Il n'aurait pas dû faire une chose pareille. Elle était en colère et tentait de se calmer lorsque des coups se firent entendre de l'autre côté du morceau de bois. Elle comprit alors qu'il ne tiendrait pas très longtemps. Du regard, elle fit le tour de la pièce espérant trouver quelque chose qui les sortiraient de cet enfer.
Mais pourquoi cela n'arrivait qu'à eux ?
Et Colin qui ne se relevait pas ! Ce n'était pas vraiment le moment de faire une petite sieste. Ils étaient dans une – excusez l'expression – merde noire. Elle se dirigea vers une table, enleva tout ce qui était dessus et commença à la traîner jusqu'à la porte.
« - Tu pourrais venir m'aider, non ? »
Aucune réponse ! À croire qu'il dormait vraiment. La table était lourde.
« - Colin, s'il te plaît ! »
Quand elle l'entendit gémir, elle lâcha le meuble et se précipita vers lui. Il avait été touché. Mais quand et comment ? Elle aurait pourtant juré l'avoir vu se baisser à temps. Elle mit ses bras sous la nuque du jeune homme, lui releva légèrement la tête et lui demanda :
« - Tu as mal où ? »
Seule une grimace déforma le visage de Colin pour toute réponse.
« - Ok ! Assis-toi ici ! »
Elle l'aida à s'installer le dos contre le mur et repartit en direction de la table. Maintenant, il fallait s'occuper de ça. Au moment où elle allait se remettre à tirer le meuble, une information ultra importante … Elle était sorcière. Elle sortit sa baguette de son sac qu'elle avait par miracle toujours gardé avec elle. Un petit Wingardium Leviosa et la table s'envola lentement à un mètre du sol. D'un mouvement habile de son bout de bois, elle l'envoya se placer derrière la porte pour la bloquer. Elle pouvait maintenant réfléchir.
« - Pourquoi je n'ai pas passé ce stupide permis de transplanage ? Ça aurait été tellement plus simple !
- Sortez de là … Vous n'avez aucune chance ! Vous êtes coincés ! »
Elle ne connaissait pas cet homme mais elle ne l'aimait pas du tout. Elle aurait voulu être mal polie avec lui mais Colin lui coupa la parole :
« - Il y a une … porte … au fond de ... la pièce ! »
Elle obéit et alla visiter les lieux. Prudemment, elle ouvrit la porte qu'elle n'avait pas remarquée jusque là et se retrouva dans une chambre d'hôpital comme les autres à première vue. Un homme endormi reposait sur le lit. Elle fut étonnée de reconnaître Babel Pallendrino, le poursuiveur des Canons de Chudley.
Par Merlin ! Elle l'avait trouvé ! Elle s'approcha de son idole et l'observa avec attention. Il était encore mieux qu'en photo ! De longues secondes passèrent ainsi jusqu'à ce qu'elle entende Colin lui hurler:
« - Tu fais ton shopping ou quoi ? »
Elle reprit ses esprits tandis que Pallendrino se réveillait. Oups de chez oups !
« - Bonjour ! »
Ce fut tout ce qu'elle réussit à lui dire. Il toussa et plissa les yeux pour mieux la voir. Il semblait vraiment mal en point. Lily prit une profonde inspiration et essaya de lui expliquer rapidement et sans bégayer :
« - J'vous veux pas de mal. Il y a juste des bonhommes qu'veulent nous zigouiller mon copain et moi. J'cherche l'moyen de leur échapper. »
Il devait la prendre pour une folle parce que s''il avait compris un seul mot à sa phrase, il était très fort le Babel. Il plissa un peu plus ses paupières et il parla d'une voix rauque :
« - Cheminée ! »
Ou alors c'était lui, le fou ! Ils avaient dû se tromper d'étage !
« - Pardon ?
- La … Cheminée ! »
Il était vraiment en plein délire.
« - Je suis désolée de vous avoir dérangé. »
Elle s'apprêtait à partir lorsqu'il répéta :
« - La cheminée … là ! »
Elle fit demi-tour et regarda l'endroit qu'il lui indiquait. Une cheminée ! Reoups de chez reoups ! Elle se précipita dans le bureau et aida Colin à se lever. Il ne fallait perdre de temps … cette fois-ci. Ils allèrent tant bien que mal à la cheminée. Lily donna une poignée de poudre de Cheminette qui était sur le manteau de la cheminée à Colin.
« - Demande l'accueil de l'hôpital ! »
Il ne dit rien et s'exécuta. Dès qu'il eut disparu, elle entendit la porte du bureau exploser. Des morceaux de bois se retrouvèrent même dans la chambre de Pallendrino.
« - Je suis vraiment désolée, murmura-t-elle à Babel. »
Elle leva sa baguette au moment où l'inconnu entra dans la pièce. Elle lança le sort de la chauve-souris et prit à son tour de la poudre dans sa main. Elle entra dans l'âtre et jeta sa poignée tout en disant tout bas l'endroit où elle voulait aller.
Il se trouvait dans le hall de l'hôpital avec son frère attendant que la sorcière devant eux daigne enfin choisir quelle boisson elle désirait. Cela durait depuis quelques minutes. Il avait bien essayé celui du deuxième étage mais il était tombé en panne juste au moment où il avait mis une Mornille dans la fente. Il avait bien entendu perdu à jamais cette Mornille.
La dame fit un mouvement vers le distributeur ce qui fit sourire les deux garçons mais son geste se suspendit dans les airs. Ils poussèrent un soupir bruyant et voyant qu'ils en avaient encore pour un long moment, ils se mirent à parler tranquillement de leur nouveau beau-frère, Colin.
« - C'est bizarre que je ne me souvienne pas de lui, décréta James.
- Moi je me souviens surtout des nuits que Lily à passer à pleurer à cause de lui. Si j'avais su que ça se finirait comme ça entre eux, j'aurai accéléré les choses, tu peux me croire.
- Il a l'air bien comme mec quand même !
- Ouais mais ... »
Albus fut coupé par un bruit qui résonna dans tout le hall de l'hôpital. Il se tourna vers les cheminées et vit allongé sur le sol Colin. Il avait perdu connaissance.
Elle sortit de la cheminée et vit aussitôt que des guérisseurs étaient déjà en train de s'occuper de Colin. Elle en fut soulagée. Elle soupira de bien être. Puis la pensée que les deux hommes étaient venus pour son père au départ lui revint à l'esprit. Elle aperçut ses frères dans l'attroupement qu'avait occasionné l'arrivée de Colin. Elle les interpella alors.
« - James ! Al' ! Venez vite ! »
Ils se regardèrent un instant avant de la rejoindre.
« - Qu'est-ce qui t'arrive ?
- Des hommes nous ont attaqué, ils veulent s'en prendre à papa ! »
James fut le premier à réagir. Sans doute grâce à sa formation d'auror. Il était déjà arrivé aux escaliers que Lily et Albus n'avaient toujours pas fait un geste. Il était rapide. Il ferait une excellente recrue.
Lorsqu'il arriva au quatrième étage, Kealay et sa mère étaient déjà en plein milieu d'un combat contre un homme tatoué d'une épée dans le cou. Son sang ne fit qu'un tour dans son corps. Il n'avait pas fait trois pas dans le corridor que Kealay reçut un sort en pleine poitrine et s'effondra sur le sol dans un bruit sourd. Il ne put s'empêcher de crier. Personne n'avait le droit de lui faire du mal. L'inconnu le fixa, un sourire moqueur aux lèvres. Il brandit sa baguette devant lui et donna ses instructions :
« - Lily, occupe-toi de Kealey ! Albus, va chercher Ron ! Maman, retourne auprès de papa au cas où ... »
Personne même pas sa mère ne chercha à le contredire. Cet enfoiré était à lui ...
Quand il se réveilla, un goût désagréable dans la bouche, il lui sembla avoir dormi des années. Mais pourquoi dormait-il ? Il ouvrit les yeux et vit Lily penchée sur lui. Il sursauta en poussant un petit cri aiguë.
« - Qu'est-ce qui te prend ?
- Tu es vivant !
- Ils t'ont dit qu'il n'était pas condamné, lui rappela une voix qu'il n'arriva pas à mettre sur un visage. »
Il tourna la tête et vit qu'il était dans la chambre de Harry Potter, allongé sur un lit de camp plus douillet qu'il n'en avait l'air et surtout entouré de toute la famille Potter.
Harry était toujours dans son lit, sa femme assise juste à côté de lui. James tenait fermement Kealay dans ses bras comme s'il avait peur qu'elle ne s'en aille. Albus était assis sur le fauteuil qui était dans le coin de la pièce, une jeune fille sur le bras du siège. Michelle Londubat. Elle n'avait pas changé depuis son départ de Poudlard, l'an dernier. Et Lily qui semblait si inquiète que ça fit mal à Colin de la voir ainsi. Il lui prit la main et la rassura :
« - Tout va bien. J'ai juste fait une petite sieste. »
Tout le monde rit à cette plaisanterie. Tous sauf Lily qui fronça les sourcils.
« - Tu m'énerves à vouloir montrer que tu es fort.
- Quoi ? Qu'est-ce que j'ai fait ?
- On avait dit « On se tire » et tu ne l'as pas fait ! »
Il baissa la tête, un peu honteux de lui avoir joué ce petit tour, pas bien méchant au fond.
« - J'avais juste un petit quelque chose à régler avant de te rejoindre.
- Un petit quelque chose qui t'a blessé !
- Ce n'est pas la première fois. Je suis résistant !
- Tu n'avais pas à faire ça ! C'était inutile !
- Il a fait ce qu'il pensait juste, Lily. Tu ne peux pas lui en vouloir pour ça, prit la parole son père. »
Colin vit bien que Lily se retint de continuer de lui faire la morale mais pour se faire pardonner il déposa un baiser sur la main de la jolie rouquine qui lui sourit malgré elle.
« - Alors maintenant, quelqu'un me raconte ce qui s'est passé ? s'exclama Colin, souriant.
- Ton oncle a été arrêté, lui souffla Lily à son oreille avant que James ne se mette à narrer leurs aventures. »
Il fallait bien l'avouer, il n'écouta pas le début du récit de James. Il était trop abasourdi et avant tout, … trop heureux. Heureux d'être ici avec toutes ces personnes qui lui souriraient. Il était enfin avec Lily, il semblait avoir trouvé une vraie famille et surtout son oncle était sorti de sa vie pour toujours.
Il était heureux et ça, pour un petit moment encore !
The End ... ou presque !
Je sais que je ne répond pas explicitement à toutes les questions sur le "gros méchant" comme dirait une amie à moi mais cette histoire était au départ celle de Colin et Lily qui je pense se doit de finir là et indirectement, l'autre aussi si vous faîtes marcher votre imagination ^^
Il ne reste que l'épilogue qui est déjà commencé. J'espère le finir vite - en tout cas plus vite que ce chapitre, ce que je n'aurai pas de mal à faire, je pense.
Si le coeur vous en dit, laissez-moi vos avis, positifs ou négatifs !
Bisous à très bientôt !
