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25 Premier baiser

De chez Tony à chez Gibbs

Durant tout le trajet, Tony ferma les yeux, ne voulant pas voir le paysage défiler, ne voulant surtout pas voir sa vie défiler… Oublier le passé et ne rien se remémorer. C'était trop beau et il le savait. Ce silence ne durerait pas. Gibbs avouant son amour était une chose, mais Gibbs le laissant seul avec ses pensées s'avèrerait impossible. Il n'adopterait jamais cette attitude en tant que patron et encore moins en tant qu'amant.

La voiture s'immobilisa devant la maison de Gibbs. Gibbs se pencha doucement vers Tony et posa délicatement ses lèvres sur celles de l'autre homme. Tony ouvrit lentement ses yeux. Aucun mouvement de recul de quiconque. Ils approfondirent donc un peu plus le baiser. La langue de Jethro franchit les lèvres du jeune homme, tourbillonnant avec sa jumelle. Le souffle court, Jethro appuya son front contre celui de Tony. Ils échangèrent un regard profond, avide et gêné tout à la fois.

— J'ai rêvé si souvent de ce moment, mon Anthony.

— Tout comme moi. Chaque nuit, tu flottais dans mes rêves. Jethro, tu ne peux même pas imaginer le nombre de voyages que tu as faits avec moi.

— Allez, il est temps de rentrer. J'ai passé l'âge pour te courtiser durant des heures dans une voiture, ajouta Gibbs en sortant de la voiture et en récupérant les bagages de Tony. Tu seras mieux sur le divan. Abby et McGee sont venus t'installer une télévision ainsi qu'un lecteur machin…

— DVD.

— DVD, répéta Gibbs. Tu as entendu les ordres du médecin. Beaucoup de repos et une nourriture équilibrée. Alors, tu vas sagement aller t'allonger pendant que je préparerai le repas.

— Je n'ai pas très faim. Mais je vais faire un effort, ajouta-t-il rapidement devant le regard sévère de Gibbs, qui ne laissait place à aucune réplique.

Tony s'installa donc sagement et regarda en silence un film policier. À peine 10 minutes après la mise en route des images, Tony se retrouva à rêver à l'homme de sa vie. Lorsque Gibbs regagna le salon, il ne put que constater l'état dans lequel se trouvait Tony; la tête penchée sur le côté et tout le corps de travers. Malgré sa position apparemment très inconfortable, son sommeil semblait beaucoup plus calme qu'à l'hôpital.

Deux heures plus tard, Tony ouvrit lentement les yeux. La première chose qu'il aperçut fut un regard bleu et amoureux, posé sur lui. Gibbs n'avait pas pu se résoudre à se rendre à la cave afin de travailler sur son bateau et laisser Tony dormir sans surveillance. Un léger sourire se dessina sur le visage de Tony, rapidement suivi par une grimace de douleur.

— Ça ne va pas?

— J'ai mal dans le cou et mon dos me signale de ne pas prendre l'habitude de dormir dans cette position.

— C'est de ma faute. Je n'ai pas pu me résigner à te réveiller. Le lit est beaucoup plus confortable. Que dirais-tu de t'y allonger? Je pourrais te faire un massage.

— J'aimerais bien me prendre une douche et me changer en premier. J'ai encore les vêtements qui sentent l'antiseptique.

— Tes affaires de toilettes sont dans la salle de bains du haut. Il y a un placard dans lequel tu trouveras tout ce dont tu as besoin.

— Merci!

À la sortie de sa douche, Tony se regarda dans le miroir. Une larme coula le long de sa joue, suivie rapidement par plusieurs autres. Il n'aimait pas du tout l'image de faiblesse qu'il projetait. Gibbs allait bien vite se rendre compte de son erreur. Il ne méritait pas d'être aimé. Son regard se posa sur son rasoir. La main tremblante, il s'en empara. Ses poignets portaient encore les marques de son échec. Son regard se déplaçait rapidement du rasoir, au miroir, aux poignets. Comme une suite logique, les 3 mots repassaient encore et encore dans sa tête: rasoir, miroir, poignet, rasoir, miroir, poignet…

Gibbs attendit le plus patiemment qu'il le put, mais après son deuxième café, il prit la direction de la salle de bains. Il leva la main pour frapper à la porte lorsqu'un bruit de verre brisé se fit entendre. Sans plus attendre, il ouvrit précipitamment la porte. Tony frappait le miroir, maintenant en éclats, de ses deux poings, son rasoir toujours serré fermement au creux de l'un d'eux.

Deux bras l'enlacèrent rapidement, rendant toute nouvelle attaque impossible. Des gouttes de sang et des morceaux de verres tombèrent sur le comptoir. Gibbs resserra son étreinte sur Tony et commença à lui parler doucement. Il lui murmurait des mots tendres à l'oreille jusqu'à ce que la respiration de Tony redevienne normale et qu'il cesse de lutter.

Gibbs attrapa une grande serviette. Il enroula les mains de Tony à l'intérieur et il le guida jusqu'au lit.

— Je vais devoir appeler Ducky. Tu as besoin de soins et il est inutile de retourner à l'hôpital pour que ceci soit dans un rapport. Tony, tout va bien se passer. Ce sera peut-être long et parfois difficile, mais je vais être avec toi, à chaque instant. Je ne te laisserai pas tomber, on va y arriver ensemble. Je t'aime Tony.

Gibbs essuya les larmes de Tony. Probablement pas les dernières à tomber. Le chemin de la guérison semblait semé d'embûches…

— Désolé pour ton miroir.

— Ne t'en fais pas pour ça, un miroir ça se remplace. Mais pas toi.

L'appareil téléphonique toujours en main, Ducky prenait déjà la direction de sa voiture. Bien qu'il ne conduise pas à la vitesse de Gibbs, il fut tout de même rapidement sur les lieux. Heureusement, les coupures ne semblaient pas trop profondes. Ducky désinfecta toutes les plaies, les pansa et donna à Tony un léger sédatif.

— Il va dormir jusqu'au souper. Ensuite, c'est important qu'il mange un peu. S'il refuse de s'alimenter, il devra retourner à l'hôpital et être mis sous perfusion. Pour aujourd'hui, rien de trop lourd, de la soupe et du pain grillé. Mais à partir de demain, il doit manger. Tu devras le suivre dans les toilettes. Plus question de fermer la porte. Il peut se faire vomir ou encore attenter une nouvelle fois à ses jours. Si toi ou lui refusez cette condition, il devra retourner à l'hôpital, mais cette fois en psychiatrie.

— Ducky, on ne peut pas lui faire ça.

— Jethro, Anthony est vraiment en train de toucher le fond, et c'est la seule solution pour l'aider à s'en sortir. À moins mon cher, que tu ne préfères qu'il se retrouve sur ma table…

— C'est bon! On fera tout ce qu'il faut faire pour qu'il s'en sorte.

Le docteur Mallard reprit la direction de la morgue. Si ses patients pouvaient attendre, les preuves elles, ne le pouvaient pas.