Coucou les p'tits rats, ça va toujours ? 8 nominations aux oscars pour Black Panther, on en parle ? Je suis curieuse de lire des avis sur le sujet !
Allez, on enchaîne, pas le temps de niaiser. Bonne lecture !
Chapitre 25
Le jeudi matin, Tony se sentait au mieux de sa forme.
Bien sûr, le rendez-vous prévu avec Loki le soir même y était pour beaucoup.
Bien sûr, le fait que l'avis des médias à son sujet ait considérablement évolué après plusieurs témoignages très positifs le concernant aidait aussi. A la parution du Times en ligne, Zeke entra comme une furie dans sa chambre, le secouant pour le réveiller sans aucune délicatesse.
- Que… Hein ?
- Regarde ! Regarde-moi ça mon pote ! Dit-il en lui fourrant son téléphone sous le nez.
En plus de la désormais célèbre photo de l'armure volante, le portrait d'une jeune femme d'une vingtaine d'années tapissait la une. Tony la reconnut immédiatement : une prisonnière des flammes de l'immeuble, quelques semaines plus tôt, ayant bénéficié d'un sauvetage express. Et elle n'était pas la seule à avoir témoigné. En moins de vingt-quatre heures, Iron Man – nom adopté rapidement et unanimement par toute la presse- passait du statut de type louche à héros de la ville.
- Gnnh… Cool, grogna Tony, attrapant sa couverture et tournant le dos à Ezekiel pour tenter de se rendormir.
- Carrément cool ouais ! Tu sais ce que ça veut dire ?
- Que tu ne vas pas me laisser me rendormir ?
Comme pour lui donner raison, son colocataire le tirait déjà par les pieds hors du lit.
- Ça veut dire qu'on va pouvoir la ressortir, ton armure, et continuer à faire des trucs fous avec !
- Genre sauver des gens ?
Tony avait abandonné l'idée de retrouver le sommeil, et attrapa d'un geste peu précis la paire de chaussettes et le caleçon que lui lançaient Zeke.
- Genre, oui.
- Et là du coup, tu me réveilles à cinq heures alors qu'on a cours à 8.30 pour… ?
- Pour aller ajouter ce propulseur qui te permettra de voler plus vite, bien sûr ! Si on se débrouille bien et qu'on finit ce matin, on pourra la tester ce soir !
Tony l'avait rarement vu aussi enthousiaste. Comment faisait-il pour être déjà lavé, coiffé, le cerveau frais et disponible à une heure aussi innommable ? Il dut le contredire :
- Hmm-hmm, dit-il enfilant machinalement le tee-shirt que Zeke venait de lui plaquer contre le torse. Ce soir, j'ai rencard.
- Ah merde, j'avais oublié ! Bon, ben demain alors.
Déjà, il filait dans le salon, et Tony entendit le bruit de la cafetière qui accompagnerait leurs premières heures de travail de la journée. Au mur, il y avait plusieurs photographies épinglées. Sur la plupart d'entre elles, Zeke le tenait par une épaule, par un bras, ou était occupé à faire sa meilleure grimace. Un beau visage à la peau mate, encadré de cheveux toujours coiffés avec soin. Et, toujours, un sourire bienveillant.
Il repensa à leur première rencontre, et à sa chute dans l'escalier.
Dire qu'il avait failli passer à côté de tout ça.
- Non mais tu en fais trop là. Il faut rester naturel !
Tony geignit, retira la cravate qu'il venait d'enfiler laborieusement. Zeke, affalé sur le lit, feuilletait un magasine traitant d'aéronautique.
- Habille-toi normalement, franchement…
- Ah bah c'est facile pour toi, pesta Tony. Tu fais de la muscu, t'as des épaules de nageur et même une barbe de trois jours bien virile. Et moi j'ai l'air d'une crevette, alors que Loki est littéralement beau comme un dieu.
Ezekiel referma son magasine et quitta sa position confortable sur le lit pour venir lui aussi en face du miroir.
- Tu exagères. T'as pris des épaules. C'est juste que tu es plus jeune, mais tu as déjà beaucoup changé…
Tony ne partageait pas tout à fait son avis. Il avait fêté ses dix-huit ans peu auparavant, mais le miroir lui renvoyait le reflet d'un adolescent ayant grandi trop vite. Il se trouvait petit, maigre. Une bonne gueule, c'est vrai, et il compensait en parlant beaucoup. De loin, si on le jugeait sans le connaître, on le croyait arrogant. Riche, brillant, à la tête d'une entreprise du CAC 40, toujours au volant d'une belle voiture et rarement loin des belles filles… Ce n'était que façade, pour masquer un manque de confiance en lui terrible. Depuis qu'il avait arrêté de séduire à tort et à travers, depuis qu'il s'était assagi et pensait sans cesse à Loki, son estime de lui-même n'avait fait que dégringoler.
La sonnette de l'appartement retentit, tirant l'étudiant de ses réflexions moroses.
- Oh putain c'est lui, sursauta-t-il, jetant un œil à sa montre. Qu'est –ce que je faiiiiiiiis ?
Ezekiel soupira, fouilla rapidement dans l'armoire pour en extirper un jean propre, et une chemise noire toute simple.
Un tissu de très bonne qualité, bien coupé, qui mettrait sa silhouette en valeur sans pour autant attirer l'attention.
- Reste toi-même, expliqua Zeke en le regardant s'habiller.
- Moi-même, c'est un jean troué et un tee-shirt Metallica.
- Toi-même, mais avec un petit effort pour un rencard ? Je vais lui ouvrir.
Tony se sentit ridicule. Selon les lois de son pays, il était considéré comme majeur et adulte désormais. Certes, il ne pouvait pas acheter d'alcool seul, mais c'était uniquement car les lois étaient franchement débiles.
Comment un adulte, donc, pouvait-il se mettre dans un tel état simplement à l'idée d'un rendez-vous ? Apercevoir Loki dans l'embrasure de la porte n'arrangea rien. Lui aussi avait choisi la simplicité, mais Tony estima qu'elle lui allait mille fois mieux. Tout de noir vêtu, ses yeux d'émeraude contrastaient encore plus avec sa peau laiteuse. Il avait enfilé une veste ajustée et des gants en cuir– cela fit sourire Tony, connaissant le peu d'impact que le froid de l'hiver Bostonien avait sur lui.
- Amusez-vous bien, lui dit Zeke en le poussant dehors.
Loki lui tendit son bras, comme pour qu'il s'y accroche.
- Bonsoir. Je vous emmène ?
Tony hésita.
- Tu ne veux pas y aller en voiture ?
Un sourire mutin absolument inqualifiable lui répondit.
Il attrapa le bras tendu.
- La Riviera, hein…
- Je n'ai jamais précisé que je parlais de celui de Malden Street, contesta Loki, heureux de son petit effet. Ni même d'un restaurant dans notre pays.
Tony ne put s'empêcher de pouffer.
- Il faut parfois profiter des petits avantages que me confère ma naissance, souligna Loki en poussant la porte de l'établissement.
Une petite pizzeria, dans une ruelle de pavés gris bordées de réverbères à la lueur jaune vacillante.
Au bord de l'eau.
A Venise.
Un serveur élégant les accueillit d'un sourire plein de dents. Il les plaça à l'étage, et Tony apprécia l'intimité du lieu. De petites tables espacées, une décoration chaleureuse, une lumière tamisée et peu de bruit. Il était agréable de quitter Boston, ou beaucoup de gens l'interpellaient dans la rue. On alluma deux bougies sur leur table, puis on leur apporta un verre d'un excellent vin Italien. Ils trinquèrent, et Tony se dit qu'il était l'homme le plus chanceux du monde.
La soirée, dépaysante, fila à une vitesse incroyable. La nourriture était simple mais délicieuse, le personnel sympathique mais discret. Tony aurait voulu ramener le sujet de l'armure dans la conversation, mais il n'y parvint pas. Peut-être ne voulait-il pas briser cet instant, et prendre le risque de ruiner la soirée magique organisée par son ami. Il avait surpris plusieurs fois Loki lever les yeux au ciel, lorsque quelqu'un parlait d'Iron Man. Finalement, à plus de minuit, ils quittèrent La Riviera, et Tony relégua l'armure bien loin dans ses pensées. Ils avaient beaucoup parlé, du MIT, de leurs amis, mais aussi d'économie, de politique et de littérature. C'était cela, que Tony aimait chez le Jotun. Une âme brillante, affûtée, une capacité à manier les mots toute aussi séduisante que son regard ou son sourire.
Ils déambulèrent le long des canaux, traversant ponts et ruelles excentrées, longeant l'eau. Venise, épuisée, presque vide de touristes en cette période post-Carnaval, brillait comme un diamant dans son écrin. Tony se sentait reposé, serein.
- Alors, c'est demain que tu pars en vacances ? demanda-t-il après quelques minutes de promenade.
Ils s'étaient arrêtés sur un pont surélevé et admiraient une enfilade de maisons de style baroque, colonnes, statues et loggias suspendues aux façades à la décoration travaillée.
- Oui. Quelques jours à Washington. Un des nouveaux amis d'Amora y a de la famille, c'est l'occasion de visiter…
Tony peina à masquer la jalousie que lui inspirait l'idée d'être privé une semaine de lui.
Loki lui prit la main, et il ne put contenir un mouvement de surprise.
- Mais je reviens vite.
Les doigts s'entrelacèrent aux siens et son cœur manqua un battement.
Une étreinte, les mains qui se referment dans son dos, la fraîcheur des lèvres contre les siennes. Tony peina à réaliser que Loki l'embrassait, en plein milieu de Venise. Lorsqu'il admit la situation, il s'éloigna de quelques centimètres, comme pour vérifier une dernière fois que oui, c'était bien le visage de l'Asgardien en face du sien, ses yeux verts, ses pommettes hautes.
Son sourire.
Cette fois, c'est Tony qui l'embrassa, se répétant pour la millième fois de la soirée que, décidément, il était l'homme le plus chanceux du monde.
Deux jours plus tard
- En vrai mec, tu commences à me soûler, essaye de te concentrer !
Tony secoua la tête.
Il revivait sa petite escapade à Venise. Comme depuis quarante-huit heures.
Zeke lui lança un coussin qu'il arrêta avec son visage.
- Les amoureux transis, je vous jure…
- C'était tellement bien... Il m'a emmené à Venise. A Venise.
- J'avais compris les mille cent trente et une fois précédentes, s'égosilla Ezekiel. Et maintenant regarde-moi ça ! C'est important, bon dieu, Tony !
Sur les images à la télévision, un reporter paniqué parlait d'un braquage important survenu à New York.
-… sur place, les témoignages sont encore confus, expliquait le reporter. Certains parlent d'un groupe armé, d'autres d'un individu isolé. Pas de pertes humaines, seulement quelques blessés légers, mais des dizaines de milliers de dollars ont été volés. Certains des témoins prétendent avoir vu Spider-Man, ennemi public Numéro un, non loin des lieux du crime.
Sur les images, on voyait plusieurs distributeurs arrachés de leurs gonds et éventrés dans une banque dévastée. Des voitures de police et de pompiers étaient encore sur place, leurs sirènes bleues balisant les rues alentour.
- … La thèse d'un ou plusieurs individus aux capacités augmentées est privilégiée pour l'instant, poursuivit le journaliste.
- Tu m'étonnes, grogna Zeke. Quand tu vois ce qu'il reste des portes blindées…
La chronique se poursuivit, montrant en boucle les mêmes images, sans apporter beaucoup d'informations supplémentaires.
- Tu crois qu'on devrait… S'impliquer dans ce genre de trucs ? demanda Ezekiel, attrapant une part de cheesecake sur la table basse.
Tony planta sa propre fourchette dans le dessert, s'attirant un regard courroucé au passage.
- Je ne sais pas… On n'est pas vraiment armés pour. Cela dit, ma Stark Industries est à New York, j'ai bien l'intention d'aller y bosser un de ces jours, si la ville pouvait rester entière encore un peu…
Ezekiel coupa un gros morceau de gâteau pour empêcher Tony de le lui voler. Il repoussa sa tentative d'approche de fourchette par une pichenette sur les doigts.
- Pas touche ! Il faudrait mettre des armes, sur l'armure…
- Je n'ai pas l'intention de tuer qui que ce soit, hein, précisa Tony, tentant une contre-attaque fourbe sur l'assiette de son colocataire.
- Je m'en doutais, abruti. Quelque chose de dissuasif. Maintenant que tu es célèbre, Iron Man…
- Pfff, arrête avec ça… Bon, on peut toujours essayer.
A la mention du pseudonyme dont l'avait baptisé la presse, il frotta distraitement le réacteur sous son tee-shirt.
- Ça ne m'arrange pas vraiment tout ça, tu sais…
- Hmm ?
- Ben, quand ça va devenir sérieux avec Loki… S'il n'a pas changé d'avis pendant ses vacances, se reprit-il, soudain terrifié à cette idée.
- Ne dis pas n'importe quoi. Et ben ?
- Ben… Comment je vais faire pour lui cacher ce truc ? Si jamais on…
Ezekiel engloutit la dernière bouchée de cheesecake et lécha consciencieusement sa fourchette.
- Tu t'inquiètes trop. Tu verras quand tu y seras…
Tony hocha la tête. Il avait hâte que Loki revienne. Il attrapa son téléphone et hésita à lui envoyer un message. Cela le ferait-il passer pour quelqu'un de dépendant ? Loki trouverait-il cela ridicule ?
Décidément, même en ayant passé le niveau supérieur, il ne trouvait pas leur relation plus simple. Il allait reposer le téléphone quand celui-ci vibra entre ses mains.
Message de l'Asgardien.
« Tu me manques. Vivement lundi. »
Tony se laissa tomber sur le canapé, un sourire niais sur le visage. Même les moqueries et les insultes d'Ezekiel ne parvinrent pas à l'arracher à son état de bonheur béat durant les heures qui suivirent.
Et voilà pour ce chapitre, j'espère qu'il vous aura plu. Pardon, j'ai menti pour le guest, ce sera seulement au chapitre d'après, je n'avais pas prévu que celui-ci serait si long !
Encore plein de bisous à mes petits Cobayes d'amour qui prennent le temps de me lire à chaque nouveau chapitre, et de m'encourager à grand coup de pieds dans la gue… Euh, de reviews, bien sûr. C'est ce que je voulais dire.
Alors OUI mon pseudo a légèrement évolué… Pour une raison plutôt cool : c'est sous le nom de plume Charlie Eriksen que sera publié mon premier livre, les Cygnes de Fer ! Si ça vous intéresse, dites- le moi, je vous tiendrais informés !
A bientôt,
Charlie.
(Et oui. Ça fait bizarre, après très exactement 545,334 mots écrits sous le pseudonyme Laukaz- The Lab… Une nouvelle page s'écrit !)
