Beaucoup plus qu'un Granger
Written by FerPotter
Translated by Cixy
Résumé: Nathan est coincé hors de son corps et cela inquiète ses parents.
Note de la traductrice:Coucou tout le monde, voici le chapitre 25! Comme toujours merci à toutes celles (oui je fais de la discrimination, je pars du principe que les lecteurs sont des lectrices. Si des hommes souhaitent faire entendre leur voix, vous êtes les bienvenus^^) qui ont laissé des review, c'est un vrai carburant, indispensable en ces jours de canicule où ma seule envie est de roupiller sous un ventilateur. J'arrête là mes divagations, bonne lecture à toutes ;)
&Mayelle: en effet, je trouve que c'était un très bon chapitre aussi, je suis d'ailleurs assez étonnée qu'il y ait eu aussi peu de reviews. Merci pour ton commentaire^^
Audearde:Mais non mais non, ce n'est pas si long une semaine, la preuve, on y est déjà, enjoy et merci pour la review^^
GwenMalory:comme pour tous les enfants qui font une grosse bêtise et font une peur bleue à leurs parents, il y a d'abord le soulagement mais ensuite la punition, il y a des chances que Nathan n'y coupe pas non plus. Merci pour ta review :)
Eileen19: il lui en fallait du courage à Hermione pour l'embrasser (depuis le temps qu'ils attendent ça), mais j'ai surtout aimé la façon qu'elle a de rejeter la faute sur lui après. En tout cas, ça a amené Severus à cogiter encore un peu plus. Merci pour ta review^^
Malina: coucou, merci pour l'intérêt que tu porte à cette histoire. Pour ce qui est de la publier directement sur ton blog, c'est un peu embêtant. Toutefois, si tu veux, tu peux mettre un lien qui conduira tes visiteurs directement ici ;)
Merci pour ta review et à la prochaine^^
Serena-Rogue: Exactement, j'ai adoré ce ptit passage où Hermione tente de se justifier en rejetant la faute sur Severus. Pour sa défense, elle avait l'air aussi perdue que lui après l'avoir embrassée^^ Merci à toi aussi pour ta review :)
Chapitre 25: En-dehors
Le jour se levait et Nathan savait qu'il ne se réveillerait pas ce matin-là quand il entrevit la lumière à travers l'interstice des rideaux. Même le plus éblouissant soleil du plus radieux des jours d'été ne serait pas capable de lui faire ouvrir les yeux. Après toutes ces heures angoissantes passées à se ronger les sangs, à pleurer ou à simplement fixer du regard son corps endormi, le-dit corps n'était toujours qu'une coquille sans vie.
Bientôt, ses camarades de chambre allaient se lever et quelqu'un allait venir vérifier son lit. Nathan s'assit en tailleur à côté de son corps dans l'attente de ce moment. Il avait essayé de vérifier son pendentif pour voir ce qu'il révélait mais il était recouvert par son pyjama. Il se demanda s'il était clair, comme lorsqu'il l'avait retiré, en colère après son père. Peut-être qu'il était noir – noir, couleur de la mort. Le professeur Rogue allait-il le remarquer?
Nathan baissa la tête. Si son père passait la porte du dortoir en pensant qu'il était mort et qu'il découvrait son corps vide et paisiblement endormi, que ferait-il? Il voulait croire qu'il allait agiter sa baguette et tout arranger.
Même si ce n'était que pour le reconstituer pour pouvoir ainsi séparer correctement son âme de son corps en le tuant après ça.
Il savait que sa mère serait très déçue. Au moins, elle ne le verrait pas comme ça. Il jeta un nouveau coup d'oeil à son corps. Ils arrangeraient ça en un rien de temps, sa mère n'en entendrait parler qu'après. Nathan était sûr qu'elle allait paniquer si elle le voyait étendu inconscient comme ça...
Mais ils le reconstitueraient; Madame Pomfresh, le professeur Lupin, le professeur Rogue, n'importe qui! Il le fallait. C'était un sort facile.
Un sort facile qu'il ne maîtrisait pas...
Nathan reprit sa tête entre ses mains, ses coudes reposant sur ses genoux translucides. A quel point était-il pitoyable? Oui, il avait déjà répondu à cette question de nombreuses fois mais il était tellement déçu par lui-même que ses pensées tournaient en rond, il en revenait toujours à se réprimander. Cette fois, cependant, le cercle était brisé. Il y un mouvement dans la chambre, le sortant de ses pensées.
Nathan sortit de son lit pour voir qui était levé. Super! Andy! Avançant prudemment pour ne pas l'effrayer, Nathan fit un pas en avant et appela, « Andy. »
Peut-être y avait-il été trop prudemment car Andy continua de fouiller dans ses vêtements comme s'il ne l'avait pas entendu.
Nathan siffla, « Andy! » Il ne voulait pas réveiller les autres pour l'instant. Il s'avança et se tenait à présent au milieu de la pièce circulaire. « Andy? » appela-t-il d'une voix normale quoiqu'un peu hésitante.
Andy lui tournait toujours le dos en sortant quelque chose de sa malle mais ensuite, il se retourna et le regarda.
« Ne t'inquiète pas, » fit Nathan rapidement en levant une main devant lui et en attendant que la surprise s'inscrive sur le visage de son ami. Mais quand il ne vit rien de tel...
Quand Andy ne parla pas ou ne montra aucun signe de surprise, Nathan se rendit compte qu'il regardait à travers lui et non pas vers lui, et ce fut lui qui fut surpris.
Il ne peut pas me voir.
Nathan n'arrivait pas à le croire. Il était translucide, certes, mais comme tous les fantômes du château et Andy, ou n'importe qui d'autre d'ailleurs, n'avait aucun problème pour les voir et parler avec eux. Pourquoi serait-ce différent avec lui?
« Andy! Je t'en prie, dis-moi que tu peux me voir! Que ce n'est qu'une blague! » Nathan paniquait, il se rapprocha de son ami, se tenant juste devant lui. Andy ne sembla pas remarquer sa présence. « Ce n'est pas drôle! »
Son ami se leva du lit et partit pour la salle-de-bain en l'ignorant et en manquant de lui marcher au-travers. Nathan observait, les yeux écarquillés, la porte qui s'était fermée derrière Andy.
S'ils ne pouvaient pas le voir, comment sauraient-ils ce qu'il s'était passé? Si personne ne savait ce qu'il s'était produit, comment arrangeraient-ils les choses? Ils ne le feraient pas! Ne le pourraient pas!
Je suis coincé hors de mon corps pour toujours!
Nathan retourna à son lit, des larmes sillonnaient ses joues translucides. Il essaya en vain encore une dizaine de fois de lancer le sort de retour en pleurant de plus en plus fort. Il ne s'était pas rendu compte à quel point il avait des ennuis avant que Andy ne puisse le voir ou l'entendre.
Ses autres camarades de chambre étaient tous réveillés le temps que Nathan se calme un peu. Le livre était toujours ouvert à la page du sort, alors quand ils trouveraient son corps inconscient, ils découvriraient ce qu'il s'était passé et comment arranger ça. Cette pensée était tout ce qui lui permettait de garder espoir de retourner bientôt dans son corps.
« Est-ce que Nathan est dans la salle-de-bain? » entendit-il Kevin demander depuis un endroit dans la chambre. Nathan était revenu dans son lit. Ça ne prendrait plus longtemps à présent avant qu'il qu'ils ne le découvre.
« Non, c'est Josh. »
« Il dort toujours alors? Pense-t-il qu'il puisse être en retard pour les cours uniquement parce que c'est son anniversaire? » dit Kevin et Nathan ferma les yeux à la mention de son anniversaire.
« Je vais le réveiller, » se proposa Andy.
Les tentures de son lit furent tirées brusquement.
« Debout! » cria Andy, s'attendant à lui faire peur. Son ami souriait mais le corps de Nathan ne remua même pas, son sourire se fana. « Debout, Nathan. Tu ne peux pas rester au lit comme une limace paresseuse si nous on ne peut pas. »
Nathan regardait son ami avec intensité en observant toutes les émotions qui s'affichaient sur son visage.
Andy remua l'épaule de son corps. « Allez! Arrête ça! Je pensais que nous pourrions aller prendre notre petit-déjeuner plus tôt aujourd'hui. »
Bien sûr, son corps ne montra aucune réaction. « Je ne vais pas me réveiller, Andy. Va chercher le professeur Lupin. » Les paroles inaudibles de Nathan étaient pleines d'une triste résignation.
« Ce n'est pas drôle, Nathan, » lui dit son ami en secouant à nouveau son corps. « Réveille-toi! »
Celui-ci se rendit compte qu'Andy paniquait. Il vit Kevin venir à son aide.
« Allez, Nathan. Tu embêtes Andy, » dit Kevin en lui secouant l'épaule. « Et maintenant, tu m'embête aussi. »
« Je pense qu'il y a quelque chose qu'il ne va pas. Je pense que nous devrions appeler le professeur Lupin, » dit enfin Andy mais il ne se leva pas du côté du lit. Nathan se rendit compte qu'il espérait toujours que c'était une blague.
Quand il vit que même ces paroles ne lui faisaient pas ouvrir les yeux, Kevin se décida. « J'y vais. » Il sortit pour aller trouver le professeur Lupin.
Ses autres camarades étaient à présent rassemblés autour de son lit et demandaient ce qu'il se passait. Kevin revint rapidement pour dire que le professeur Lupin était en chemin. Ce fut alors que quelque chose de terrible se produisit.
« Kevin, je ne crois pas que le professeur Lupin devrait voir ça. » Andy désignait le livre ouvert près du genou droit de son corps.
Le Nathan translucide suivit du regard le doigt de Andy et s'inquiéta.
« Est-ce le livre qu'il a pris de la Réserve, hier? » demanda Kevin de sorte que seuls Andy – et Nathan – puissent l'entendre.
Andy acquiesça.
« Le professeur Lupin ne doit pas le voir! » approuva alors Kevin.
« Ne touchez pas au livre! » s'écria Nathan quand Kevin tendit le bras pour l'attraper, il essaya de lui écarter la main. Bien sûr, ni ses paroles ni ses actes ne purent empêcher Kevin de le faire. Et ses autres supplications furent tout aussi inutiles. « Non, non, NON! Ne le ferme pas! »
Il suivit Kevin et le livre jusqu'à la malle de son ami, et quand l'ouvrage fut bien enfermé et dissimulé aux yeux de tous, le professeur Lupin entra dans la pièce.
« NON! » cria Nathan et de nouvelles larmes apparurent dans ses yeux noirs éthérés. « Comment va-t-il m'arranger maintenant? »
Le temps que Nathan revienne là où gisait son corps, le professeur Lupin avait déjà traversé le cercle que faisait les garçons autour de son lit et touchait son front en l'appelant d'un ton inquiet. « Nathan. Nathan, tu peux m'entendre? »
« Oui, je peux. Mais vous, vous ne pouvez pas! » coupa Nathan, incapable de contrôler sa frustration après avoir vu son plus gros espoir s'envoler et être enfermé dans la malle de Kevin.
Il grimpa sur le lit et regarda le professeur Lupin inspecter les yeux de son corps, ses bras, prenant sa baguette et murmurant quelques mots à voix basse. Il observa avec impassibilité son corps étinceler d'une lumière rouge après qu'un des sorts l'a frappé.
« Andy, va dans la Grande Salle et va chercher le professeur Rog- »
La porte s'ouvrit brusquement au moment où le professeur Lupin disait cela, attirant l'attention de tous ceux présents dans la pièce. Enfin, pas tous; Nathan ferma les yeux et ne vit pas ses camarades s'écarter du chemin du professeur Rogue pendant que celui-ci traversait la pièce en marmonnant entre ses dents.
Nathan ouvrit les yeux et continua de fixer du regard son corps. L'étincellement du au sort lancé par le professeur Lupin s'estompait lentement, en même temps que sa perception de son environnement. Nathan le regardait s'affaiblir sans vraiment le voir, perdu dans ses pensées. La main de son père entra dans son champ de vision alors que le reste de la lumière se dissipait. Elle lui toucha le front. Nathan leva enfin les yeux et son regard remonta le long de son bras.
Le professeur Rogue le regardait en fronçant les sourcils. Enfin, ce n'était pas vraiment lui qu'il regardait. Il tenait sa baguette dans sa main et avait l'air concentré.
« Que s'est-il passé? » demanda le professeur Rogue.
Nathan ouvrit la bouche pour répondre, oubliant qu'il ne pouvait pas être entendu quand le professeur Lupin prit la parole, « les garçons m'ont appelé quand ils n'ont pas réussi à le réveiller. Je ne sais pas ce qu'il s'est passé mais il ne semble pas être blessé physiquement. »
Le professeur de Potions écouta pendant qu'il lançait ce qui avait l'air d'être le même sort que celui qu'avait lancé le professeur Lupin auparavant car le corps de Nathan étincela de rouge à nouveau. Le professeur Rogue se retourna et regarda ceux qui étaient présents dans la pièce. « Qui peut me dire ce qu'il s'est passé ici? » demanda-t-il.
Il n'y eut que du silence pour réponse.
« Mr. Brown? » fit le professeur Rogue en lui faisant un signe et en haussant un sourcil.
« Je ne sais pas, Monsieur. »
« Mr. Dubois? » essaya le professeur Rogue.
« Je n'ai pas réussi à le réveiller, Monsieur, » dit Andy.
Son père se retourna à nouveau et observa son corps une fois de plus, le parcourant de la tête aux pieds. La partie consciente de Nathan fut surprise quand les pieds qu'il était en train d'observer remuèrent. Il regarda son corps s'élever de son lit vers les bras de son père.
« Je pars devant pour prévenir Poppy, » dit le professeur Lupin.
« Pourquoi? » contesta le professeur Rogue. « Tu serais plus utile si tu savais ce qui se passait dans ta propre Maison, Lupin. » Il ajusta le poids dans ses bras et sortit par la porte.
Nathan suivit, ne sachant pas faire quoi d'autre. Ils arrivèrent dans la salle commune, sortirent par le passage révélée par la Grosse Dame et poursuivirent dans les couloirs qui menaient à l'infirmerie.
Il était encore tôt et il ne trouvèrent que très peu d'étudiants hors de leur salle commune. Cependant, aucune part de Nathan n'en était consciente – son corps inconscient reposait dans les bras de son père et son âme suivait, en chaussettes, comme dans un état de transe.
Quand les pas s'arrêtèrent, Nathan sortit de ses rêveries et regarda vraiment vers son père. Il analysa le visage de cet homme en train de porter son corps. Le visage de son père affichait son expression indéchiffrable habituelle mais ses yeux étaient différents, d'une façon que Nathan ne pouvait pas déterminer.
Le professeur Rogue réarrangea le corps dans ses bras, le tenant plus à la verticale, la tête sur son cou, poitrine contre poitrine. Il soutint le poids d'un seul bras et libéra son autre bras pour sortir sa baguette. Il lança un Alohomora et ils entrèrent dans l'infirmerie.
« Poppy! » appela son père pendant qu'il déposait avec précaution le corps sur un lit, en s'assurant que sa tête reposait doucement sur l'oreiller. « Poppy! »
« Severus? » La médicomage se précipita à l'endroit où se tenait son père et où reposait son corps.
« Il y a quelque chose qui ne va pas chez lui, » dit le professeur Rogue.
La médicomage commença à agiter sa baguette au-dessus du corps de Nathan, faisant s'éloigner le professeur Rogue. Nathan observa son propre visage, pâle, en regardant les premiers sorts de diagnostic l'atteindre.
La médicomage se concentra sur son examen et Nathan reporta son attention sur son père. La même lueur que précédemment brillait encore dans ses yeux, son expression se verrouilla dans un froncement de sourcils. Était-il inquiet ou en colère? C'était dur à dire. En regardant la main de l'homme, il vit que deux doigts se frottaient l'un et l'autre, et Nathan ajouta anxiété et irritation à la liste de ses possibilités.
Madame Pomfresh se tint immobile pendant un moment, et ceci attira son attention. La seule indication montrant que son père avait également remarqué ce changement fut quand il fit un pas en avant vers le lit et le corps de Nathan.
« Il n'y a rien de physiquement anormal. Pour tout ce que je sais, il dort profondément; plus profondément que ce que pourrait faire un Stupéfix, et par conséquent, un Enervatum ne permettra pas de le réveiller. Mes sorts me disent également qu'il n'a ingérer aucune potion de sommeil, ou du moins, aucune de commune. Son état semble assez stable pour l'instant, ce qui est bon, dans un sens mais aussi mauvais puisqu'il ne se réveille pas de lui-même. » Madame Pomfresh fit une pause et se détourna du corps pour faire face au père. « Que lui est-il arrivé? »
Le professeur Rogue observait, toujours en fronçant les sourcils, le visage pâle qui contrastait peu avec la taie d'oreiller, quand il répondit, « Je ne sais pas, encore. Il était dans son lit dans son dortoir quand nous l'avons trouvé, et aucun des autres élèves n'a révélé quoique ce soit d'utile. J'espérais que tu pourrais me le dire. »
La médicomage fronça les sourcils. « Je soupçonne que ceci soit la conséquence d'un sort, mais s'il était dans le dortoir quand vous l'avez trouvé... Je n'arrive pas à croire qu'un sortilège du niveau de Poudlard puisse avoir un tel effet. »
Nathan écoutait les spéculations de Madame Pomfresh, devenant de plus en plus inquiet à mesure qu'elle évaluait son état. Cela voulait-il dire qu'elle ne pouvait pas non plus arranger les choses?
« Si c'est un sort, il s'agit d'un que je ne connais pas, » ajouta Madame Pomfresh et cela répondit à la question de Nathan.
D'une certaine manière, il le savait déjà, mais contre toute attente, il avait espéré que la médicomage puisse inverser cette situation.
«Tu ne peux pas le ramener. » Le professeur Rogue en était arrivé à la même conclusion et l'exprimait à voix haute.
Elle secoua la tête. « Pas sans savoir ce qui l'a atteint. »
L'impuissance et la frustration de Nathan lui firent monter les larmes aux yeux. Ils ne pouvaient ni l'entendre ni le voir, ils ne pouvaient pas trouver le livre décrivant le sort et le contre-sort, et ils ne pouvaient pas l'aider à réintégrer son corps sans lui. Ça ne pouvait pas être pire.
« Je vais appeler Minerva par la Poudre de Cheminette et ensuite Ste Mangouste, » dit la médicomage à son père.
Ste Mangouste? S'ils envoyaient son corps loin de Poudlard... Nathan ne pensait pas que c'était une bonne idée. Il ne voulait pas être envoyé loin du château. Il regarda le professeur Rogue, dans l'attente d'une sorte de miracle. Heureusement, son père intervint alors que Madame Pomfresh était déjà tournée vers la cheminée.
« Ce ne sera pas nécessaire. »
« Severus, la Directrice doit être informée- »
« Oui, oui. Minerva, d'accord mais pas Ste Mangouste, » l'interrompit son père, ennuyé.
« Je ne peux pas le soigner, Severus. Il devrait être envoyé à Ste Mangouste- »
« Je ne suis pas d'accord, » l'interrompit à nouveau l'homme, en jetant un regard appuyé à la médicomage qui lui lançait un regard noir. Leur lutte de pouvoir silencieuse sembla durer indéfiniment.
Nathan les observait l'un et l'autre à tour de rôle. Il ne voulait pas être envoyé à Ste Mangouste mais si Madame Pomfresh ne pouvait pas l'aider... pourquoi son père était-il opposé à l'idée de l'envoyer à l'hôpital? A cet instant, Nathan voulait juste que le professeur Rogue remporte ce combat; il pourrait songer à ses motivations plus tard.
La Médicomage se dirigea finalement vers la cheminée et appela la Directrice. Elle ne contacta pas Ste Mangouste mais elle le regardait toujours d'un air mauvais, faisant comprendre facilement au professeur Rogue ce qu'elle en pensait.
La Directrice arriva en silence et Madame Pomfresh alla lui expliquer ce qu'il se passait. Les deux sorcières s'approchèrent du lit où reposait son corps. Nathan les suivit, faisant attention à tout ce qui était dit. Rien de nouveau ne fut divulgué et enfin, Madame Pomfresh fit part de son envie de l'envoyer à Ste Mangouste.
« Pourquoi ne les as-tu pas encore contactés? » demanda la Directrice.
La médicomage fit un geste exaspéré en direction du professeur Rogue; il avait été assez silencieux depuis que la Directrice était arrivée.
« Severus? » invita le professeur McGonagall en se tournant vers lui comme si elle venait de remarquer sa présence dans la pièce. Nathan la suivit.
« Il ne sera pas envoyé à Ste Mangouste. »
Le professeur McGonagall sembla surprise par son ton définitif. La situation rendait Nathan encore plus nerveux. Son père refusait-il de l'aider? Ne voulait-il pas qu'il aille mieux à nouveau?
« S'il n'y a rien que Poppy puisse faire ici, nous avons besoin d'une aide spécialisée. »
« Je suis son père et je dis qu'il ne sera pas envoyé à Ste Mangouste. »
C'était la première fois depuis que Nathan avait entendu l'homme confesser qu'il était son père qu'il entendait le professeur Rogue admettre leur parenté. A quoi jouait-il?
« Il doit être sérieusement blessé, Severus - »
« Poppy dit qu'il est stable. »
« Oui, mais cela peut changer à tout instant. Nous ne savons pas ce qui l'a frappé, » dit Madame Pomfresh exaspérée.
Le professeur Rogue lui jeta une regard froid du coin de l'oeil: un avertissement.
« Pourquoi ne veux-tu pas qu'il soit envoyé à Ste Mangouste, Severus? » demanda la Directrice, l'air curieux. Nathan était lui aussi intéressé par la réponse.
« Je ne crois pas qu'il soit en sûreté hors du château. Il reste jusqu'à ce que j'en décide autrement. »
Nathan tenta de jauger les vrais sentiments derrière cette déclaration. Le professeur Rogue était-il réellement inquiet quant à sa sûreté? En y repensant, il était toujours venu à son aide quand il avait eu des ennuis. Peut-être était-il inquiet en effet.
« Sa sûreté? » demanda Madame Pomfresh, perplexe.
« Oui. » Son père la regarda à nouveau d'un air mauvais. Si Nathan pouvait être entendu, il aurait dit à la médicomage de ne plus le croiser.
« Severus, au cas où tu n'aurais pas remarqué, la guerre est terminée depuis plus de dix ans maintenant. Es-tu vraiment paranoïaque quant à- »
« Il a ses raisons, Poppy. Est-ce que Mr. Granger est vraiment dans un état stable? » intervint la Directrice juste à temps car le professeur Rogue la regardait d'un air tellement fâché que le visage de l'homme virait au rouge, et Nathan était sûr que c'en était de colère.
« Oui, mais- »
« Je vais commander de quoi manger et tu pourras expliquer la situation plus en détails pendant que nous mangerons. » Le professeur McGonagall éloigna la médicomage en la prenant par le bras.
Le professeur Rogue fut laissé seul avec Nathan. Il laissa échapper un bruit exaspéré après le départ des deux femmes avant de fermer les yeux et d'inspirer profondément. Nathan le vit se tourner vers lit et regarder son corps en silence. Comme d'habitude, son expression ne laissait rien transparaître de ses pensées et Nathan ne sut, encore une fois, pas comment l'interpréter. Son père combla le court espace qui le séparait du lit et fixa du regard le visage d'un blanc de craie. Ce fut alors que son expression changea.
Nathan observa avec stupeur les émotions se succéder sur le visage de son père. Il n'avait jamais vu tant de choses dans ces yeux noirs; ils étaient presque chaleureux, tendres. Puis, le maître des Potions tendit ses longs doigts pour toucher ceux de Nathan. Celui-ci lâcha un halètement, une douleur qui ne pouvait être physique frémissait dans sa poitrine éthérée. Son père ne l'avait jamais touché comme cela auparavant.
« Pourquoi ne te réveilles-tu pas? » C'était presque un murmure.
« Je ne sais pas comment faire, » répondit Nathan alors que son désespoir augmentait encore. Il voulait retourner dans son corps, il voulait sentir ça.
Quand les doigts quittèrent la petite main et repoussèrent les cheveux noirs de son visage, une larme s'échappa des yeux de Nathan. Il cligna des yeux pour la faire partir et leva la tête pour regarder le visage de son père. L'homme fronçait les sourcils.
« Tu es si froid, » murmura-t-il. « Que t'es-t-il arrivé? »
« Je suis désolé, » s'excusa Nathan, sentant l'énormité de ce qu'il avait fait en pensant que jouer avec des sorts de Magie Noire n'était pas si grave. A regarder son père maintenant... Oh, comme il était désolé de ne pas être capable de sentir ces caresses, de causer tant d'ennuis. Et s'ils ne découvraient jamais ce qui lui était arrivé? Sa vue se brouilla à cause de l'énergie composant les larmes invisibles qui s'accumulait.
« Est-ce ton anniversaire qui a libéré une malédiction sur toi? » son père poursuivit son interrogatoire silencieux et Nathan se rendit compte qu'il savait que c'était son anniversaire. « Je ne pense pas que quelqu'un ait fait irruption dans le château pour te lancer un sort. »
« Je me suis lancé un sort à moi-même, » sanglota Nathan. « Je suis désolé! »
Le professeur Rogue ne réagit pas à la souffrance de Nathan, il se contenta d'observer son corps d'un air contemplatif. Les mêmes doigts qui avait touché le visage de Nathan courraient maintenant sur les lèvres fines de son père, soutenu par l'autre bras, croisé au niveau de la taille. Bien que l'homme semblait observer les faibles mouvements de la poitrine de son corps, son regard était vitreux en regardant fixement un point, l'air concentré. Prenant en compte le visage songeur de son père, Nathan observa ce calme apparent et essaya de contrôler ses propres émotions.
Le professeur Rogue ne posa aucune autre question à voix haute mais il était évident qu'il essayait de découvrir ce qu'il lui était arrivé. Même s'il avait des doutes concernant les sentiments de son père pour lui, sa simple présence près du lit était rassurante. Nathan était plus calme quand la Directrice et la médicomage s'approchèrent à nouveau de lui. La posture de son père se raidit et son expression devint plus froide.
« Aucun changement? » le professeur McGonagall prit la parole en premier.
« Non. » Son père jeta un dernier coup d'oeil au lit. « Si vous voulez bien m'excuser, je veux retourner à mes appartements avant d'aller dans ma salle de classe. » Il fit un signe de tête à l'intention des deux femmes mais avant qu'il ne puisse partir, la Directrice prit à nouveau la parole.
« Severus, as-tu un moyen de contacter Hermione quand elle enseigne à l'université? »
Maman. Nathan ferma les yeux, en se préparant à sa déception.
« Pas plus que ceux que tu as, Minerva. »
« Alors, j'ai besoin que tu ailles la voir pendant ton temps libre. Elle doit être mise au courant de ce qu'il se passe dès que possible. »
« Minerva, je préférerai employer mon temps libre pour faire des recherches sur des possibles malédictions qui affectent le garçon. Je suis sûr que Hagrid sera heureux d'effectuer cette tâche, ou même Rusard. »
« Severus, je ne peux pas envoyer un Demi-Géant parmi les Moldus, et Rusard ne peut pas transplaner. Sois raisonnable. » Le ton de la Directrice était ennuyé mais on pouvait y déceler aussi une pointe d'autorité.
Son père marmonna quelque chose à propos de détails qui n'avaient jamais gêner d'autres Directeurs auparavant avant d'accepter avec hésitation. « Bien. »
« Très bien, alors. Puis-je être certaine que tu m'avertiras s'il y a le moindre changement dans son état entre-temps? » la question était adressée à la médicomage qui acquiesça.
« Préviens-moi également, s'il-te-plaît, » ajouta son père, puis il refit un signe de tête courtois à l'intention des deux femmes et parvint à quitter la salle.
Nathan perdit l'intérêt pour la discussion des deux femmes. Son esprit était emplis de pensées concernant sa mère, lui faisant oublier tout le reste.
~oO0Oo~
Severus parcourait les couloirs du château à grandes enjambées. Avec tout ce qu'il avait à gérer à cet instant, il n'avait vraiment pas besoin qu'Hermione Granger s'ajoute au lot. Ce ne fut que lorsque Minerva la mentionna qu'il se rendit compte qu'elle n'occupait pas ses pensées et ce, depuis plus d'une heure – une première cette semaine. Leur rencontre imminente n'était vraiment pas ce dont il avait besoin à cet instant-là.
Son réveil après un autre rêve remplis de lèvres et de mains sur son visage ainsi que de confessions l'avait envoyé dans la salle de bain de mauvaise humeur, ce matin-là. Fâché contre ses pensées traîtresses, il s'était lavé méthodiquement. Il avait accompli son rituel matinal avec un froncement de sourcils inscrit sur son visage austère, sans même prendre la peine de répondre aux récriminations du miroir comme il l'avait fait le matin précédent. Il s'était juste adressé une moue renfrognée et était sorti de la salle de bain pour s'habiller et quitter ses appartements pour ce qui promettait d'être une journée infernale.
A présent, il savait que infernal n'était qu'un euphémisme. Quand Severus avait vérifié l'état de l'humeur de son fils avant de partir, comme il le faisait chaque jour, le gris qu'arborait la potion enchantée avait chassé toutes pensées de son esprit, rien ne comptait excepté trouver Nathan.
Maintenant, il avait un fils à l'infirmerie, une classe d'imbéciles à qui il devait enseigner et Hermione Granger à rencontrer. Sa tête le faisait souffrir, lui rappelant qu'il n'avait pas eu le temps de boire une seule goutte de café.
Severus entra dans ses quartiers et fit claquer la porte derrière en grimaçant à cause du bruit. Il se rendit directement dans sa petite cuisine et se prépara une tasse de café, puis il s'affaissa dans un fauteuil et sirota sa boisson. Il espérait que cela permettrait de dissiper un peu de son mal de tête et quand il se rendit compte que ce n'était pas le cas, il pressa ses doigts sur ses yeux, restant ainsi pendant un moment. Potion anti-migraineuse, pensa-t-il. Il en invoqua silencieusement une fiole qui arriva directement dans sa main. Severus la déboucha et en but le contenu, sans même être dérangé par le goût infect.
Dans la pièce silencieuse, sa migraine s'atténua et il commença à invoquer des livres en provenance de ses étagères. Il y en avait à présent tout une pile sur la table à café, seuls quelques uns, pensa Severus, pourraient apporter quelques informations sur le sort qui avait frappé son fils. Il fit la grimace devant le grand nombre de livres mais il devait bien commencer quelque part. Il prit les trois premiers situés sur le haut de la pile et sortit pour donner ses cours de la matinée.
Il réduisit son cours au minimum et indiqua rapidement la page du livre à laquelle les Troisièmes Années de Poufsouffle et Serdaigle trouveraient la potion à préparer. Il n'eut pas besoin de leur dire deux fois qu'il ne tolérerait aucune interruption et bavardage durant le reste du cours – apparemment, les vingts premiers points qu'il avait retiré durant la leçon étaient suffisants pour leur montrer qu'il n'était pas de la meilleure humeur.
Le premier livre que parcourut Severus n'avait rien qui permettait de l'éclairer sur ce qui avait frappé son fils. Il essayait à nouveau de comprendre comment le garçon avait pu être ensorcelé juste sous son grand nez. Il aurait du être informé que quelque chose était sur le point de se produire, que quelque chose n'allait pas. Il n'avait pas cessé de lire les « courriers de fans » de son fils mais rien n'avait sauté à ses yeux suspicieux comme étant menaçant. De toute évidence, il avait loupé quelque chose ou quelqu'un.
Severus se leva de son bureau pour parcourir la classe, scrutant les chaudrons des élèves nerveux. De toute évidence, Granger avait aussi raté un quelconque indice qui les aurait averti que quelque chose comme ça allait se passer mais bon, Severus ne s'attendait pas à ce qu'elle voit quoi que ce soit. Cette femme était incroyablement aveugle – sur tout – et il allait bientôt la revoir après une de ses plus grosses démonstration d'aveuglement, si ce n'est la plus grosse.
Severus retira deux points à Miss Landers pour avoir remué trop fort. Penser à cette femme était frustrant. Elle le surprenait parfois, faisant preuve d'intelligence, voyant dans les choses, prédisant ce qui allait se passer mais ces moments n'étaient pas complètement occultés par... Il fronça les sourcils, déjà de retour à son bureau. Les lèvres de la jeune femme étaient bien trop douces pour quelqu'un ayant un esprit aussi rigide. Il ne voulait vraiment pas y penser.
Il ouvrit le deuxième livre et se concentra sur le problème de Nathan. Il savait que Poppy avait écarté n'importe quel sort du niveau de l'école mais il ne prenait pas de décision à leur sujet malgré tout. Il avait cessé d'être ébahi par ce que des imbéciles étaient capables de faire sans même essayer. Bien sûr, cela élargirai considérablement sa recherche de traitement mais il ne voulait pas être trop simpliste et manquer ce qui était évident.
Un autre livre sans aucun sort qui semblait correspondre à ce qui était arrivé à Nathan. Comment cela se faisait-il qu'aucun de ses amis n'ait rien vu? Si son fils avait été frappé pendant son sommeil, certains de ces Gryffondors devaient avoir entendu ou vu quelque chose. Il fallait qu'il les interroge. Il le ferait juste après ce cours...
Juste après ce cours, il transplanerait à Londres pour aller voir Granger. Il se frotta les yeux et ferma le livre qu'il venait d'ouvrir. Pourquoi avait-il fallu qu'elle pose ses lèvres souples sur lui? Et elle l'avait pris par surprise. Severus Rogue détestait les surprises. Que ferait-il à son sujet? Le cours était presque terminé, il fallait qu'il réfléchisse vite se dit-il à lui-même; comme si une réponse acceptable qu'il n'avait pas réussi à trouver depuis ce jour-là allait soudainement lui apparaître.
Il prit le troisième livre qu'il avait amené de ses appartements et essaya à nouveau de se concentrer sur lui. Il en était à la moitié, en notant l'absence d'aide dont il avait fait preuve jusqu'à présent, quand les élèves lui remirent leurs échantillons et sortirent de ses cachots. Il s'en tiendrait à son Plan B: ignorer leur dernière rencontre et se contenter de lui dire pour Nathan, se débarrassant d'elle aussi vite que possible.
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Severus se sentait exposé sans ses robes. Même si sa veste d'hiver couvrait la plupart de son costume noir, il restait trop de sa chemise blanche qui était exposée. La température plus élevée à l'intérieure du bâtiment du Département de Chimie ne l'aida pas, l'obligeant à disposer de sa veste et à s'exposer encore plus.
Le surveillant lui indiqua où se trouvait le bureau de Granger mais qu'elle n'y était pas. Il songea à la possibilité de laisser une note sous la porte et de retourner à Poudlard. Elle le saurait bien assez tôt et freinerait sérieusement ses recherches sur le sort. Seul l'avertissement dissimulé dans la voix de Minerva le fit s'aventurer plus loin dans le hall, à la recherche de Granger. Il était évident que Minerva avait promis à Poppy qu'elles enverraient Nathan à Ste Mangouste si sa mère était d'accord, et Severus ne pouvait pas laisser cela se produire. Il avait besoin que Granger soit de son côté sur ce point, et pour y parvenir, il devait lui parler en personne.
Il arrêta un jeune homme, probablement un étudiant et lui demanda où il pourrait la trouver.
« Je crois que je l'ai vu avec le professeur Brice dans le Laboratoire de Synthèse. C'est au fond du couloir, la dernière porte à gauche, Monsieur. »
Severus inclina la tête en remerciement et suivit les instructions de l'étudiant. Il pouvait la voir depuis les fenêtres en verre qui donnaient à la pièce l'air d'un aquarium, et en effet, elle avait de la compagnie. Parfait, pensa Severus sarcastiquement, maintenant je vais devoir faire attention à garder le secret sur le monde magique par dessus tout. Il décida d'attendre et de voir si le Moldu allait partir.
Il les observa interagir, inconscients du monde extérieur. Il voyait mieux le Moldu qu'il ne la voyait elle. L'homme était jeune, peut-être plus âgé que Granger de quelques années. Elle était occupée par quelque chose sur la paillasse et ils étaient en pleine conversation. Le Moldu souriait pendant qu'il parlait, et Severus n'aima pas la façon dont il la regardait. Combien de temps cela allait-il durer?
D'autres étudiants emplissait le couloir à présent, et Severus se sentit encore plus hors de son élément à se tenir là et à attendre. Il regarda autour de lui pour trouver une meilleure place où se tenir et en faisant cela, il intercepta quelques bribes de la conversation qui se tenait près de lui, et un commentaire sortit du lot.
« Ne sois pas bête, Sarah. Bien sûr qu'il sort avec le professeur Granger. Tu n'as pas remarqué la façon qu'ils ont d'être toujours ensemble? »
« Ça ne veut rien dire. »
« Oh je t'en prie. Regarde-les, c'est tout. »
Severus suivit le regard des filles jusqu'au couple dans le laboratoire et surprit le Moldu en train de repousser les cheveux de Granger de son visage, plaçant la mèche frisée derrière son oreille. En premier lieu, il ne fit qu'observer, ne sachant que faire de cette scène, ou même pourquoi il devait faire quoique ce soit de ce dont il avait été témoin. Puis, il fut en colère et ne se soucia pas de la raison pour laquelle il ressentait cela.
Il jugea qu'il avait suffisamment attendu et que ce ne serait pas très gênant s'il devait lancer un Oubliette au Moldu après tout. Il traversa le couloir et ouvrit la porte du laboratoire. Granger regarda vers le fond de la pièce où se trouvait la porte, à l'endroit où il se tenait aussi.
« Severus? »
Il les fixa du regard. « Il faut qu'on parle, » lui dit-il, venant directement au sujet.
Elle ne réagit pas immédiatement, le regardant seulement avec surprise, puis elle se tourna vers l'expérience qu'elle menait. Le Moldu, cependant continua de regarder bizarrement entre eux deux.
« Je suis à un point critique de l'expérience, » dit-elle finalement, toujours attentive à son travail. « Cela peut-il attendre cinq minutes? » Elle tourna enfin la tête vers lui pour attendre sa réponse. Elle semblait mal à l'aise à cause de sa présence dans la pièce.
Désolé d'interrompre ces chers tourtereaux, pensa Severus sarcastiquement et il s'avança vers l'endroit où se tenait le couple. La situation le dérangeait davantage qu'il ne se sentait à l'aise. Comme si j'avais du temps à perdre ici pendant que notre fils est dans un lit d'hôpital. C'était ce qu'il voulait dire mais décida de s'appuyer contre le bureau vide parallèle à celui sur lequel travaillait Granger et d'attendre d'avoir sa complète attention en croisant les bras sur sa poitrine et en regardant le Moldu d'un air de mépris, juste pour être sûr. Quand cela ne fit pas partir l'ennuyeux homme, Severus se prépara à délivrer son doux venin sur lui. Granger jeta rapidement un coup d'oeil à l'endroit où il se trouvait, presque derrière elle, et il tint sa langue et reporta son attention du Moldu vers elle.
Évitant son regard, elle prit la parole avant qu'il ne puisse le faire. « Severus, voici le professeur Brice, un de mes collègue. William, voici le professeur Rogue du pensionnat où étudie Nathan. »
Le Moldu tendit la main par courtoisie. Severus la regarda en réfléchissant à son prochain geste. Arrivant à une décision, il lui serra finalement la main et soutint le regard de l'homme en ajouta à la présentation de Granger, « Et le père de Nathan. »
Du verre tinta sur la table de travail de Granger et Severus sentit un coin de sa bouche se relever dans une sorte de sourire narquois. Le Moldu sembla surpris par cette déclaration, tout comme il se devait.
« Je suis enchanté de rencontrer enfin le père de Nathan, » parvint à dire l'homme en masquant plutôt bien son malaise et en resserrant sa prise sur la main de Severus, inconfortablement, avant de la lâcher.
Comme attendu, Granger n'arrivait pas à masquer sa nervosité. « J'ai fini ici, » dit-elle en se tournant vers eux. Elle chercha à croiser son regard, l'air curieux. Severus avait enfin son attention.
« Il faut qu'on parle, » Severus répéta ce qu'il avait dit plus tôt.
« Nous pouvons utiliser mon bureau; c'est au bout du couloir- »
« Ou il peut partir, » suggéra Severus en pointant un pouce en direction de l'inopportun Moldu.
« Je resterai si tu veux, Hermione. »
Severus haussa un sourcil devant l'arrogance du Moldu, puis il regarda Granger. Elle était agitée. Il croisa à nouveau les bras sur sa poitrine.
« Ce ne sera pas nécessaire, Will. Merci. »
Mais pour prouver que le fait d'être ennuyeux était un de ses traits, le Moldu insista, « Tu es sûre? Ça ne me dérange pas de rester. »
Severus leva les yeux au ciel.
« Je suis sûre. Merci encore, Will. Je te parlerai plus tard. » Elle poussa l'homme vers la porte. Il acquiesça à contre-coeur en lui murmurant quelque chose avant de sortir enfin.
« Votre petit-ami est très protecteur avec vous, » commenta Severus. « Sait-il que vous embrassez d'autres hommes derrière son dos? »
Granger laissa échapper un halètement et lui jeta un regard furieux. « Il n'y a rien entre William et moi, Severus. J'aimerai que ce soit le cas mais hélas, je ne peux pas le voir autrement que comme un ami. Le coeur a ses raisons que la raison ignore. Prend mon exemple tiens, il t'a choisi toi au lieu de lui. »
Severus grimaça, fâché. « Un Poufsouffle aurait été touché. »
Elle soupira. « Pourquoi es-tu là? » demanda-t-elle.
« Nathan, pourquoi sinon? »
« Qu'est-ce qu'il a? » demanda-t-elle, changeant complètement de préoccupation.
« Il est à l'infirmerie, » dit-il et il se prépara à l'avalanche de questions qui allait sûrement suivre.
« Pourquoi? Que s'est-il passé? Est-ce qu'il va bien? Bien sûr que non; tu ne serais pas là autrement. C'est grave, c'est ça? »
Il attendit.
« Dis quelque chose! » ordonna-t-elle.
« Vous avez fini? » demanda-t-il.
« Dis-le! »
« Il est endormi, » commença-t-il. Elle fronça les sourcils. « Nous n'arrivons pas à le réveiller, » ajouta-t-il et ses lèvres s'entrouvrirent avant qu'il ne puisse compléter, « pour l'instant. »
Elle porta une main à son front. « Pourquoi est-il endormi? Que s'est-il passé? »
« Nous suspectons un sort provoquant le sommeil, » répondit-il en ne voulant pas prolonger son inquiétude évidente.
« Un sort... qui lui a fait ça? » Les yeux qui le fixaient étaient à présent féroces et vifs. « Severus? »
« Je ne sais pas. » Il fit paraître toute sa détresse concernant la situation comme étant de l'impatience et repoussa ses cheveux en arrière.
« Quoi? Tu veux dire que tu ne sais pas qui lui a jeté un sort? Quel sort l'a touché? » Son indignation et ses accusations voilées ne lui échappèrent pas.
« Il allait très bien hier. Je ne l'ai trouvé que ce matin, dans la tour Gryffondor, sur son lit en train de dormir. Si je n'avais pas à donner des cours ou à perdre mon temps à venir ici sous les ordres de Minerva, j'aurais déjà trouvé ce qu'il s'est passé. »
« Pourquoi ne l'as-tu pas dit alors? Nous perdons un temps précieux! » Elle se retourna et se dirigea vers la porte.
Ils n'avaient pas encore discuté de Ste Mangouste. « Granger! Je n'en ai pas encore terminé avec vous! » l'appela-t-il mais elle ne s'arrêta pas. « Merde! » jura-t-il entre ses dents. Il ne pouvait pas se servir de la magie pour fermer la porte avant qu'elle ne sorte; il allait falloir qu'il la suive.
La suivant à travers les couloirs, il la rattrapa au bout du corridor. « Granger! » Il l'attrapa par le bras, stoppant sa marche.
Elle se retourna, furieuse contre lui. « Nous perdons notre temps, Severus! » répéta-t-elle et elle essaya de se libérer. « Relâche mon bras, s'il-te-plaît. »
Il regarda autour de lui; il y avait des Moldus partout. « Stupides établissements moldus, » maudit-il à voix basse, ennuyé d'avoir à mesurer ses paroles. « Poppy veut l'envoyer à Ste Mangouste. Si elle demande votre permission, refusez. » Il lui relâcha le bras. « Maintenant, j'en ai terminé avec vous. »
« Ste Mangouste? » son froncement de sourcils inquiet s'accentua et son regard se perdit. Il pouvait voir sa gorge s'agiter à mesure qu'elle déglutissait. « A quel point est-ce grave? Ne me cache rien, Severus. Dis-moi juste ce que tu sais. »
« Il n'y a pas de raison de l'envoyer à Ste Mangouste. Son état est stable, il n'y a rien d'anormal avec ses signes vitaux; il est profondément endormi. »
« Pourquoi Poppy suggère-t-elle Ste Mangouste alors? » Elle se mordilla la lèvre inférieure.
« Je vous l'ai déjà dit, nous ne savons pas encore comment le réveiller. Quand Poppy ne sait pas quoi faire, elle envoie à Ste Mangouste au lieu de lever son cul paresseux de sa chaise et de faire des recherches. »
Elle le fixa du regard pendant un moment. Quand ce moment commença à trop durer et que Severus commença à se sentir mal à l'aise, il soupira, irrité.
« Tant que je ne sais pas ce qui se passe, il ne quittera pas Poudlard. »
Elle détourna les yeux et regarda quelque part au loin, l'air de réfléchir à ses paroles, ou du moins il l'espérait. Au moins, elle n'était pas stupide; elle connaissait les risques encourus si Nathan était éloigné du château.
« J'ai besoin de le voir, » dit-elle soudainement. Ses yeux se posèrent à nouveau sur lui, plus brillants qu'auparavant. « Je dois le voir. » Elle se retourna et parcourut le couloir, tournant à droite au bout.
Severus serra et desserra les poings avant de décider de la suivre en jurant à nouveau. Ça n'aiderait pas si elle transplanait et se désartibulait dans sa hâte; il n'avait vraiment pas besoin de ça pour le moment. Il tourna au bout du couloir à temps pour la voir passer une porte, fâcheusement, ce Moldu la suivit à l'intérieure.
En quelques rapides enjambées, Severus se trouva devant la porte ouverte et il put voir Granger en train de remuer des papiers sur un bureau, elle lui tournait le dos et le Moldu rôdait autour. Il pouvait également entendre ce qu'ils disaient.
« Tu es angoissée. Je pense que tu devrais t'asseoir et te calmer, Hermione. »
« Je n'ai pas le temps, Will. Peux-tu me faire une faveur et expliquer au Dr. Ghazali que j'ai eu une urgence familiale et que j'ai du partir en vitesse? Je ne crois pas qu'il soit dans son bureau pour l'instant et je n'ai pas envie de l'attendre. »
« Hermione, dis-moi ce qui ne va pas avec Nathan... peut-être que je peux aider. »
Severus n'aimait vraiment pas la façon dont cet homme prononçait le nom de son fils.
Granger cligna des yeux plusieurs fois, essayant visiblement de contrôler ses émotions. « Tu aides, » répondit-elle, les yeux posés sur le bureau.
L'homme le vit enfin près de la porte. Severus croisa les bras d'un air autoritaire. Granger leva les yeux vers... cette peste de Moldu et suivit son regard vers la porte et lui-même. Elle fit une pause dans ce qu'elle était en train de faire et eut l'air d'attendre que Severus dise quelque chose.
« Vous venez avec moi, » dit-il.
Elle ne protesta pas et se remit rapidement à ce qu'elle faisait. Le Moldu continuait de le fixer du regard cependant. Severus soutint son regard impassiblement en s'appuyant contre la chambranle de la porte.
Ils se toisèrent pendant encore un moment jusqu'à ce que Granger ne brise leur concentration. « Je vais y aller alors. Voici un mot pour le Dr. Ghazali. Merci pour tout, Will. Je te ferais savoir si je dois m'absenter longtemps. » Elle lui tendit une feuille de papier pliée, prit son manteau et son sac et se dirigea vers l'endroit où se tenait Severus.
Celui-ci se redressa et fit un pas de côté. Le Moldu sortit de la pièce avant Granger mais attendit dans le couloir pendant qu'elle verrouillait le bureau.
« Je vais marcher avec vous. »
Ce Moldu est vraiment irritant!
« Ce ne sera pas nécessaire, » intervint Severus avant que Granger ne puisse dire quoi que ce soit. Il la prit par le bras et la conduisit vers la sortie, laissant le Moldu regarder.
Quelques pas dans la fraîcheur du jour et Severus se tourna vers sa compagne silencieuse pour demander, « D'où peut-on transplaner? »
Elle les conduisit à travers le parc de l'université. D'une façon ou d'une autre, son silence était déconcertant; il ne s'attendait pas à ce qu'elle réagisse comme ça à la situation ou à sa présence. Puis Severus se remémora ce qu'il savait sur Hermione Granger et en conclut que rien venant d'elle ne pourrait plus le surprendre. Ce matin en était un bon exemple – pas de cris, de pleurs, de course effrénée comme une folle... et un petit-ami moldu.
Ils entrèrent dans une impasse entre deux bâtiments et s'arrêtèrent. Elle avait déjà sa baguette dans la main quand il se sortit du souvenir des doigts intrusifs du Moldu dans les cheveux de Granger, et lui attrapa la main.
Le regard surpris mais toujours égaré, elle le regarda silencieusement.
« Je ne reviendrai pas si vous laissez un morceau de vous derrière. » Il prit sa propre baguette dans une main et de l'autre il lui empoigna le haut du bras au lieu de son poignet. Elle se rapprocha et avant qu'il ne puisse réagir, elle le prit dans ses bras, sa tête reposant sur son épaule. Ses yeux étaient fermés, dans un signe de confiance aveugle.
Cela lui prit un moment – une inspiration de son parfum – pour que son cerveau se remette en marche et en ordre pour effectuer un Transplanage réussi. Avec un craquement plus bruyant que ce qu'il avait produit depuis des années, il les fit disparaître de Londres et pour se retrouver ensuite, toujours enveloppé par par son corps chaud, à Pré-Au-Lard. Apparemment, chaque partie d'eux avait voyagé intact, y compris son parfum. Il inspira profondément, répondant à son besoin impulsif d'apprécier à nouveau son odeur.
Elle se détacha de lui et recula lentement. Elle ouvrit les yeux pour regarder vers la poitrine de Severus où sa tête et une de ses mains avaient reposé, ses doigts près de sa cravate. Il l'observa attentivement, incertain de ce qui allait suivre mais elle ne leva pas les yeux et se contenta de se retourner et, toujours en silence, de marcher vers les portes et à travers le parc de Poudlard.
Un frisson lui parcourut le corps et si cela était du à la perte du contact de son corps ou de la fraîcheur du jour, il n'allait pas y penser. Son fils était à l'intérieur du château, ensorcelé, ayant besoin de lui. Cela devait être la seule pensée qu'il devait avoir en tête pour le moment.
Traversant le parc vers les portes et droit vers l'infirmerie, Severus suivit Granger pour s'assurer qu'elle n'irait pas à l'encontre de sa volonté de garder Nathan à Poudlard.
Ils entrèrent dans l'infirmerie, Granger regarda autour d'elle en essayant de juger où elle devait commencer à rechercher son fils.
« Où? » demanda-t-elle.
Severus désigna la gauche de la salle et il entra juste après elle. Quand elle posa les yeux sur Nathan, elle augmenta la cadence de ses pas, se mettant presque à courir pendant que Severus s'approchait avec moins de hâte. Son garçon semblait encore plus pâle qu'auparavant et Severus redouta que son état ait empiré durant les heures où il n'était pas là.
« Oh,mon poussin... »
Granger toucha la petite main pâle de sa main tremblante. Severus observa en silence.
« Mon chéri, tu es si froid, » murmura-t-elle, assez fort pour que Severus puisse entendre; la main libre de Granger alla se poser sur le front de Nathan.
« Pourquoi ne m'as-tu pas fait savoir qu'elle était là? » le sermonna Poppy en passant et en s'approchant rapidement du lit. Severus ne répliqua pas.
« Il est froid. Il faut plus de couvertures. » Granger avait posé ses deux mains sur le visage de Nathan. « Il est froid! » Elle lançait un regard furieux mais celui-ci perdit de son caractère impérieux avec les larmes qui ruisselaient librement sur son visage.
Poppy lança un de ses sorts de diagnostique puis s'adressa à la femme, toujours accrochée au patient. « Il est profondément endormi; ce n'est pas extraordinaire que sa température corporelle soit plus basse que la normale. Mme Granger, même si nous suspectons qu'un sort soit à l'origine de son sommeil, nous savons pas de façon certaine de quel sortilège il s'agit, s'il y en a un. Je n'ai pas les moyens de le soigner ici. J'ai besoin de votre accord pour l'envoyer à Ste Mangouste où un spécialiste pourra l'examiner. »
Severus fit un pas vers le lit quand la Médicomage mentionna Ste Mangouste. Poppy lui lança un regard lourd de sens; il le lui retourna. Granger continua d'observer le visage pâle de Nathan.
« Comment quelqu'un peut-il blesser un enfant innocent? Que peut-il bien avoir fait pour mériter ça? »
La douleur dans sa voix le décontenança légèrement. Parce qu'il est mon fils, pensa-t-il comme en réponse à sa question, en posant son regard sur les pieds couverts de son fils.
« Mme Granger, je pense que les soigneurs de Ste Mangouste seront capables de l'aider mais j'ai besoin de votre accord pour l'y envoyer, » insista Poppy.
« Il ne peut pas quitter Poudlard. »
A ces mots, Severus reporta son regard sur elle et poussa un discret soupir de soulagement.
« Il n'y a rien que je puisse faire ici pour lui. Je ne sais pas ce que Severus a dit- »
« Qu'il découvrirait ce qu'il se passe et trouverait un moyen de réveiller Nathan, voilà ce qu'il m'a dit. D'ailleurs, » Granger renifla et se tourna vers lui, « qu'est-ce que tu fais encore ici? Tu étais censé faire des recherches. »
Ses sourcils se haussèrent de surprise. Quand elle releva encore un peu son menton arrogant, il plissa les yeux et dit, « Je pourrais aussi bien faire ça puisque vous êtes en train de 'pleurer au-dessus des couvertures du garçon endormi'. » Il se retourna en ratant le tourbillonnement que ses robes de sorciers produisaient toujours et se dirigea vers la porte.
« Je te rejoindrai bientôt, » lui cria-t-elle.
Bien sûr qu'elle le fera, pensa-t-il en sortant à grands pas vers les couloirs de Poudlard.
Note de l'auteur: Merci pour cette foi que vous avez en moi et en cette histoire, cela signifie beaucoup pour moi.
A venir... Severus et Hermione travaillent ensemble et Nathan trouve un moyen pour être entendu.
