Je viens à peine de finir de l'écrire, et je n'ai pas pu attendre plus longtemps avant de le poster. Ce chapitre est sans doute le meilleur que j'ai écrit jusque là. En espérant que vous l'apprécierez, Bonne lecture, et n'oubliez pas de commenter :).

Chapitre 25 : Inconscience et Espoir.

Lizzie Forbes ouvrait doucement les yeux, et reconnut la personne qui avait accourut vers elle pour lui venir en aide.

«Lizzie, comment allez-vous ?

- Je suis désolée. Je ne vous ai pas écouté Damon. Il est parti avec elle. déclara-t-elle d'une voix encore étouffée.»

Elle ne le distingua pas vraiment, mais sentit le jeune homme balançer de toutes ses forces son pied contre un poteau en guise de réponse. Une fois avoir complètement reprit connaissance, le shérif ne trouva plus personne près d'elle, juste un poteau plié en deux.

Ce qu'il redoutait le plus était arrivé ; Kaelynn avait disparu après une négligeance de sa part. Sans perdre de temps, son cerveau s'activa, et il décida d'aller trouver la personne la plus au courant des intentions du loup-garou : Katherine.


Quand Kaelynn reprit connaissance, affolée, elle leva la tête d'une paillasse de branchages et retira une feuille de ses cheveux en bataille. Mais sa main fut arrêtée dans son geste par un cliquetis et elle remarqua alors où elle était, observant les lieux furtivement, prise de panique. Sa main droite était retenue par une chaîne, et les quatres murs de pierre ancienne et sombre recouverte de lierre ne lui était que trop familiers. Elle était dans la crypte où s'était trouvé sa tombe, l'endroit où elle avait séjourné le siècle dernier. D'ailleurs, elle tourna la tête et poussa un cri d'effroi, constatant que la tombe n'avait pas bougé d'un pouce, légèrement éclairée par des torches plus âgées qu'elle et pourtant miraculeusement allumées.


Damon pataugeait dans sa recherche. De retour chez lui, il retrouva Stefan, qui, une fois la situation expliquée, s'empressa de se joindre à lui.

Ils débutèrent en retournant sur le lieu de la fête. Rien. Et aucune trace de Katherine. Mais alors qu'ils commençaient à perdre espoir, et décidèrent de rentrer chez eux, voilà que la sosie était à la pension.


La panique de Kaelynn retombait, et elle se concentra pour trouver un moyen concret pour se sortir de là. Elle se mit à tirer sur la chaîne, tentant de la briser, d'extirper sa main, de l'ouvrir, tout. Elle tira dessus à s'arracher le poignet. Elle se mit debout et écrasa son pied dessus. Elle poussa contre le mur avec ses pieds, la tête en bas. Elle cogna une pierre contre la ferraille, mais elle ne voulait toujours pas céder. La jeune fille soupira, fatiguée, et abandonna ; son poignet, rougi et meurtri, beaucoup trop douloureux. Mais voilà qu'un bruit se fit entendre à l'extérieur de la crypte, attirant son attention, requérant son silence, levant sa garde.


«Qu'est-ce que tu as à dire pour ta défense ? déclara sèchement Damon à l'encontre de la vampiresse.

- Pour ma défense, absolument rien, répondit Katherine, contente d'elle. Je suis simplement venue vous dire au revoir. J'ai fini ce que j'avais à faire ici.»


William parut à l'entrée du tombeau, observant Kaelynn avec un grand sourire. Un sourire à faire froid dans le dos. Il tenait en sa main une seconde chaîne et s'approcha de la jeune fille avec sa lenteur habituelle, celle des personnes qui ont trop vécu et déjà tout vu de la vie pour se précipiter. Il se saisit de sa main gauche et la passa délicatement dans la menotte alors qu'elle le fixait sans réagir. Elle déclara alors, comme une douloureuse révélation.

«Tout, absolument tout ce que tu m'as dit était mensonges. Pourquoi ?

- Oh, tu t'en remettras, plaisanta William, avec un sourire rieur qui ne le lâchait plus. D'ailleurs, j'ai eu beaucoup de mal à le trouver ce Kyle. Il fallait qu'il ait les gênes des loups-garous, qu'il me ressemble assez pour que tu puisses tomber amoureuse de lui, mais pas trop pour ne pas que tu me reconnaisses. Je ne sais pas si tu l'as remarqué mais c'est une perle rare ; même son nom est accordé au tien.

- Est-ce qu'il existe encore ? Là-dessous, demanda-t-elle en fixant son visage.

- Kyle ? pouffa William. Enfin c'est...il s'arrêta net, changeant soudain totalement d'expression. Où, où suis-je ? bredouilla une voix bien différente.»

Voyant l'air appitoyé et fasciné de Kaelynn, il ne tint pas longtemps avant d'exploser de rire, cessant sa comédie et reprenant son attitude naturelle. Il plaça l'autre extrémité de la chaîne dans une petite encoignure entre les pierres, et passant sa main par-dessus comme pour jeter un sort, l'attache se fixa au mur d'elle-même, devenue incassable. Kaelynn tira dessus et confirma cette hypothèse. Le loup sortit alors une toute petite seringue de sa poche, la leva à sa hauteur, puis saisit le bras de Kaelynn. La brune se débattit mais ne put rien faire, et sentit l'aiguille pénétrer sous sa peau, y déversant son liquide empoisonné. William, soudain l'esprit ailleurs, caressa la joue de la jeune fille d'un doigt, lentement, ne la quittant pas des yeux, l'observant d'un regard indéchiffrable, un regard malsain. Elle se dégagea, agressive.


Stefan empêcha Damon de se jeter sur elle, ses crocs sortis, le regard mauvais, et le cadet demanda, calmement.

«Où est Kaelynn ?

- Avec son loup.

- A quel endroit ? insista-t-il toujours aussi posément.

- Vous pouvez rêver pour que je vous le dise, répliqua-t-elle.»

Là Damon ne tint plus et la saisit par le cou avec violence, lui écrasant la tête contre le mur.

«Où est Kaelynn ? répéta-t-il les dents serrées.

- Oh, très bien, bafouilla la vampire, presque étranglée. Je ne vous dirai qu'une chose : Elle n'est pas loin. Pour le moment.»


«Est-ce que tu vas me tuer tout de suite ou me laisser savourer encore un peu de temps dans cet endroit horrible ?

- Disons que...j'ai quelques projets pour toi, sourit-il, le regard pensif.

- C'était toi, le loup qui m'a mordu dans les bois, continua-t-elle d'un ton sans animosité, ne cherchant même pas à en savoir plus. Comme si elle avait perdu espoir.

- Alors ce coup-là, je n'ai vraiment pas fait exprès ! Ce n'était pas prévu, c'est pour ça que je t'ai envoyé cet antidote. Il ne fallait pas que tu meurs, pour mon propre intérêt.

- Il y avait quoi dans cet antidote ?

- Mon sang bien sûr, répondit William, s'étant approché et accroupi devant elle. Juste quelques gouttes diluées et tu étais comme neuve.

- Ma maison a brûlé à cause de toi.

- C'est moi qui te l'ai donné, alors j'estime avoir le droit de te la reprendre.

- Mais la morsure aurait-elle pu me tuer ?

- Non, pas vraiment en fait. Mais dérégler assez tes pouvoirs pour que tu fasses échouer tous mes plans.

- Tu peux te transformer n'importe quand ?

- C'est l'avantage d'être à la fois loup et aztèque. Tu es immortel, donc au bout d'un moment, la Lune ne te fais plus peur.

- Et le soleil ? As-tu peur du soleil ?

- Le soleil ? Je ne suis pas un vampire voyons, pourquoi demandes-tu ça ? Ah, parce que le soleil, c'est toi en quelques sortes ? Non, je n'ai pas peur de toi chérie.»

Il laissa échapper un petit rire moqueur, et s'étant approché de la sortie, il referma la porte derrière lui, laissant Kaelynn dans le presque-noir des faibles torches.


«Où est-elle exactement ? insista le vampire, ne désserrant pas sa prise d'un pouce.

- Oh, serait-ce plus que de l'amitié que je sens là ? se moqua Katherine, ignorant la question.

- Tu peux la lâcher Damon, je crois qu'on en sait assez pour la retrouver, déclara alors simplement Stefan.»

Le vampire aîné hésita longuement, et, son visage se décrispant, se décida à finalement retirer son emprise. La vampiresse l'observa méfiante, se décalant tout doucement sans le quitter des yeux. Puis, assez éloignée de lui, elle jeta un rapide coup d'oeil à Stefan et disparut. Damon, torturé, se tenait la tête entre les mains, le front collé au mur. Il n'aurait jamais du la laisser, jamais, tout était de sa faute.


L'aconit atteignait tous ses nerfs, toutes ses cellules, une par une, et c'était comme si Kaelynn la sentait faire, incapable de lutter. Maintenant épuisée, totalement affaiblie par la drogue, pourtant injectée à trop petite dose pour lui faire perdre connaissance ; elle était affalée de côté, la tête collée au mur, prenant chaque respiration avec difficulté. C'est alors que, dans le silence complet, dans sa demi-léthargie, elle entendit un bruit, un mouvement, puissant et régulier. Comme de lents battements, lents mais toujours vivants, combattant contre les ténèbres, se rébellant seuls devant la mort alentour. Elle se redressa, effrayée sur le coup, et quand sa peur soudaine disparut, elle tendit à nouveau l'oreille : Plus rien. C'est alors qu'elle se demanda si elle n'avait pas entendu quelqu'un approcher, et l'espoir reprit forme, impatient.


Damon et Stefan retrouvèrent la voiture du shérif devant le bureau de celle-ci, et le frère aîné y déboula en trombe, s'adressant à l'agent de nuit sans perdre une seconde.

«Est-ce qu'il y a une Kaelynn Brown internée ici ? rugit-il, l'agressant presque.»

Le jeune policier, novice, affolé, vérifia dans les fichiers de son ordinateur puis hésita avant de dire non de la tête, craintif. Damon lui ordonna de re-vérifier, ce qu'il fit aussitôt, sans obtenir de résultats différents.

Le vampire l'observa un instant, le temps de saisir l'information, et sans crier gare fit voltiger les dossiers qui se trouvaient près de lui d'un geste nerveu. Stefan dut le sortir du bâtiment alors qu'un autre policier arrivait, attiré par le bruit.


Kaelynn n'avait pas rêvé ; Quelqu'un était là, approchait. Puis la porte de la crypte bougea, faisant monter en elle l'espoir de voir Damon pénétrer dans le tombeau. Mais à la place, ce fut la sosie qui s'y introduit.

«Katherine..., constata-t-elle, totalement désenchantée, et enchaîna : Pourquoi suis-je là ?

- Sûrement pour une bonne raison, répondit malicieusement la vampiresse.

- Ne fais pas comme-ci tu n'étais pas au courant. D'ailleurs, pourquoi es-tu là toi ?

- Baby-sitting. William m'a rendu service il y a longtemps. Tu sais, en m'aidant à te tuer. Alors j'ai une dette envers lui.

- Mais tu as bien quelque chose à y gagner, non ? ...Je vois, tu ne me le diras pas. Alors dis-moi au moins ce que je fais là. Qu'est-ce que William me veut en réalité ?

- Ha, pauvre petite Kaelynn. William ne te veut rien en particulier.

- C'est bien pour ça que je suis là hein, parce qu'il ne me veut rien en particulier, railla la jeune fille.

- La vérité c'est que...elle s'approcha pour mieux lui révéler. Les autres membres du clan ne sont pas morts, tu le sais ça non ? Et il veut "te livrer" à eux en quelques sortes, de sorte d'être réintégré dans leur groupe.

- Mais, je pensais qu'ils n'avaient pas le droit de créer les Esprits. Ca ne les réjouira pas que j'existe, ...si ?

- Ca dépend de ta chance. Si non, ils te tueront et William ne sera pas réintégré. Si oui, William sera à nouveau membre de ce clan débile et toi, tu vivras, si on peut dire ça comme ça.

- Ca veut dire que si William obtient ce qu'il veut, je n'ai pas à craindre pour ma vie ?

- Tu parles d'une vie ? Si William est réintégré ma jolie, cela voudra dire que tu es un Esprit suffisamment utilisable contre les vampires, et tu ne seras employée que pour ça.»


«Alors, en quoi consiste la suite de ton plan Super-Stefan ? persifla Damon, puisque tu dis savoir comment la retrouver.

- L'attirance Damon, son attirance, déclara son frère, songeur et concentré.»


«Alors tu es à la solde d'un loup ? Je croyais que ça n'était pas digne de toi, railla Kaelynn.

- C'est gens-là, c'est comme les Originaux, répondit la sosie, soudain sérieuse. Ils ont le même âge, la même force... Sachant qu'en plus une morsure de loup est mortelle à un vampire, il ne vaut mieux pas contrarier William en particulier.

- Et pourquoi en auraient-ils après toi ?

- On se réveille ! s'exclama-t-elle. Je suis l'ancienne sosie qui aurait pu briser la malédiction il y a 500 ans ! Même si je suis vampire, et donc déjà morte, ils veulent m'achever pour ne plus rien risquer. Alors que si j'ai William dans la poche, il pourra les convaincre que je ne suis plus un danger et me défendra pour qu'on me laisse enfin tranquille.

- Saurais-tu pourquoi le sort qu'il avait jeté à la tombe s'est brisé de lui-même l'année dernière ?

- Réfléchis un peu, répondit Katherine. Le sort était programmé pour te laisser sortir le jour où on aurait besoin de toi, c'est-à-dire le jour où il y aurait trop de vampires, ainsi les aztèques trouveront une utilité en ton existence. Seulement l'année dernière, Damon a libéré les vampires du tombeau voisin et leur sur-nombre tout près de ta crypte a déréglé le sort.

- Hmhm... Et Damon dans tout ça ? songea soudain la prisonnière.

- Hm, tu sais très bien ce que je pense de lui, déclara la vampiresse, puis arrêta de faire les cents pas devant la tombe, observant la pierre, pensive. Je cherches à survivre, c'est tout, c'est ce que j'ai toujours fait, et ce que je ferais toujours.

- Alors pourquoi courir ainsi après lui ?

- Parce que l'avoir dans la poche, c'est un allié de moins pour toi, reprit-elle. Et je ne voulais pas m'embarasser en le tuant, c'était tellement plus drôle de le voir en pleine confusion émotionelle.

- Hypocrite, lâcha la tueuse, et aussitôt se prit un coup de poing dans le nez, qui se mit à saigner.

- Je te l'ai déjà dit, ne t'avise plus de m'insulter, rétorqua la vampiresse.

- Egoïste, bafouilla la jeune brune, et se reçut un nouveau coup, qui laissa cette fois échapper une trainée de sang sur son front.»


L'odeur de Kaelynn, toujours plus importante que les toutes autres, avaient attirés les frères dans la forêt. Seulement à partir de là, ils ne savaient pas par où commencer. Ils cherchèrent un bon moment, par ci par là, sans grand résultat.


Alors que Katherine reprenait ses cents pas, nerveuse, préoccupée, Kaelynn, opressée par sa précense, se mit à penser à Damon. Est-ce qu'il s'était rendu compte de sa disparition ? Est-ce qu'il la cherchait ? Elle n'avait aucun doute à ce sujet, mais n'avait pas bon espoir qu'il réussisse à la retrouver. Jamais elle ne lui avait montré l'endroit. Son regard croisa alors innocemment sa main, et une idée lui vint. Si elle voulait qu'on la retrouve, il faillait qu'elle en donne les moyens. Elle retira donc sa bague et l'attirance qu'elle infligeait aux vampires quand elle n'était pas cachée derrière le bijou se libéra, se réveilla, éveillant les sens de Katherine par la même occasion. La vampiresse se stoppa net, tourna automatiquement la tête vers elle, l'air sévère. Sans attendre elle s'approcha de la jeune fille et lui remit la bague de force. «Ne t'avise plus de la l'enlever». Kaelynn acquiesça doucement, mais n'attendit pas une minute avant de recommencer, plus discrètement cette fois. La vampiresse fut de nouveau alertée par l'attraction, et lui broya la main sous la sienne en remettant l'anneau, arrachant un cri à la brune, dont la main ne valait pas mieux que le poignet à présent.


Mais les brèves secondes d'attraction qu'elle avait réussi à provoquer avait placé les deux frères sur une piste un court instant, se rapprochant un peu plus du but, les laissant tout aussi vite de nouveau perdus.


«Damon m'a raconté que ce n'était pas la première fois que tu fricotais avec un loup. Tu as l'air de les affectionner tout particulièrement même si apparemment, ce n'est pas digne de toi.

- Mais il y a des fois où on ne peut pas faire autrement, rétorqua la vampiresse, toujours aussi nerveuse. Et pas digne de toi non plus ...Ah, ce n'est pas digne d'une Petrova !

- Excuse-moi ? Une Petrova ? Est-ce que ça aurait à voir avec le "Ce n'est pas digne de nous" ? répondit Kaelynn, interloquée, choquée, pas encore vraiment sûre de l'information.

- Oh...si tu veux tout savoir, commença Katherine après un long soupir, c'est pour ça que je ne voulais pas que Damon t'approche de trop ; il ne résiste jamais à une Petrova.

- Mais quoi ? paniqua Kaelynn. Moi ? Le même sang que toi ? Comment ? Tu dois te tromper ! Jamais ! C'est impossible ! Plutôt mourir !

- Actuellement, tu es morte et tu es une Petrova, alors le "plutôt mourir" ne tient pas la route, déclara la sosie sans la moindre expression dans la voix.

- ...Kaelynn ne savait pas quoi répondre, et soudain, une idée s'immisca dans son esprit, et elle demanda, troublée : Est-ce que ça aurait quelconque rapport avec le fait que tu m'aies tué il y a 132 ans ?»

Kaelynn n'eut pas le temps d'obtenir une réponse qu'elles furent coupées, dérangées par la porte de pierre qui bougeait à nouveau. William s'introduit dans la crypte, et haussa les sourcils d'étonnement à la vue des blessures de Kaelynn.

«Je t'ai dit de la garder enfermée, pas de la torturer, dit le loup à la vampiresse, pourtant sans avoir l'air de le lui reprocher réellement.

- Et ma distraction personelle ? C'est trop petit ici, changea-t-elle soudain de ton, tout à coup plus détendue, reprenant automatiquement ses airs de félin.

- Ta distraction attendra, mais elle viendra ne t'inquiètes pas, promit William, et alors qu'elle s'était lentement approchée de lui, il la saisit soudain par la taille, collant leurs corps, et l'embrassa à pleine bouche.»

Kaelynn détourna le visage, dégoutée, pourtant pas blessée, ce qui la conforta dans l'idée qu'elle n'aimait pas cet homme, mais elle ne put s'empêcher de répliquer.

«Si c'est une tentative pour me rendre jalouse, c'est complètement loupé.

- Oh mais c'est comme ça depuis le début, depuis le tout début, répondit William, totalement décontracté, sans lâcher la vampiresse. Et ça me rappelle un récent comportement identique, d'une jeune fille assise ici là, avec son cher ami Nicolas, juste pour me mettre en rogne. Seulement je sais garder mon sang froid...

- Ca fait du bien de te voir en vrai, déclara alors Katherine, collée à son loup. J'en avais assez des conversations par téléphone. Hm, je dois dire que tu étais plus sexy en loup-garou anglais.

- Henry ? Tu rigoles ? s'exclama le brun, alors qu'ils se remémoraient des souvenirs.»

Kaelynn, demeurée bouche bée jusque-là, assimila les informations, les avala tant bien que mal, et déclara, dans une expression de dédain, dégoutée.

«Vous me répugnez. Espèces de tricheurs, d'imposteurs, de sales menteurs, de...

- Tu as apporté l'aconit ? demanda Katherine alors que la jeune fille continuait de les qualifier de tous les noms qu'elle trouvait. William acquiesça, et lui tendit une petite bouteille. La vampiresse s'en saisit, tout sourire, l'ouvrit et coupa court aux paroles de Kaelynn en lui déversant le liquide à la figure.»

S'en suivit un hurlement de la jeune tueuse comme elle avait rarement crié comme ça, les mains tentant de protéger son visage du liquide brûlant, qui en somme lui avait offert une balafre cuisante sur la joue droite.

Quand elle se calma, elle leva la tête, respirant bruyamment, le regard plein de haine fixant Katherine. «Oh ne me regardes pas comme ça, tu l'avais bien...» La vampiresse fut tout à coup coupée dans ses paroles par une violente gifle qui l'expédia au sol. William venait de voir la blessure encore fraîche qu'elle venait d'infliger à la jeune fille, et la prenant par les cheveux, s'exclama, les dents serrées, d'une voix horriblement sérieuse. «Je t'ai dis de ne pas l'amocher : Elle doit être en forme quand elle sera devant le reste du clan, sinon jamais ils ne la valideront.»

Katherine aquiesça incessamment, craintive. C'était la première fois que Kaelynn la voyait ainsi, et elle en était étonnement peinée. Elle retomba au sol quand William la relâcha, et y resta quelques instants, attendant que le loup parte. C'est ce qu'il fit juste après, mais l'informa avant de sortir qu'il avait amené le renfort dont elle avait besoin : Deux loups-garous étaient postées devant le tombeau et deux vampires entrèrent dans la crypte, accompagnés d'une expression effrayante au visage.


Avec difficulté, Damon et Stefan, alertés par la légère attirance qui subsistait chez Kaelynn même avec la bague au doigt, et par l'odeur du léger sang de la jeune fille, se rapprochaient petit à petit de la crypte, doucement mais sûrement, et l'aîné reprenait espoir, son humeur évoluant à mesure qu'ils avançaient.


«C'était toi qui lui avait volé la pierre de lune en Angleterre ? demanda Kaelynn d'une voix douce, comme pour ne pas brusquer la vampiresse.

- Exact, répondit simplement et faiblement celle-ci, la main toujours sur la joue, ne souhaitant pas ajouter de détails.

- Quand compte-il m'emmener voir ces aztèques ?

- D'ici l'aube.

- Est-ce qu'il a toujours été comme ça ?

- Toujours.

- Et est-ce que tu as toujours été aussi faible devant lui ? continua le tueuse sans avoir l'intention de vexer la sosie, mais ce fut le cas.»

Katherine ouvrit de grands yeux, et jeta son regard furieux vers les deux gardes, qui aussitôt obéïrent à l'ordre muet, et s'approchèrent redoutablement de la jeune captive. Cette dernière, prise de panique à la vue des deux grands et puissants vampires, ne trouva comme seule échappatoire qu'à envoyer sa jambe rencontrer le premier relief pointu qui dépassait du sol de la crypte, et le sang coula rapidement sur son mollet. Stefan et Damon s'en furent alertés aussitôt, et se pressèrent vers la crypte alors que l'aube rose envahissait le ciel, l'éclairant peu à peu. Les deux gardes, distraits, attirés, hypnotisés, n'attendirent pas une seconde avant de se jeter sur la jambe ensanglantée de la jeune fille, la mordant à pleines dents, la vidant de son sang, la dévorant aussi vulgairement qu'une cuisse de poulet. Kaelynn grimaça de douleur, et la vampiresse leva les yeux au ciel à leur incompétence. Mais à peine s'étaient-ils écroulés dans un bruit sourd que les évênements continuèrent à s'enchaîner. On entendit des signes de combat à l'extérieur ; quelqu'un se battait contre les loups, et gagnait. Mais alors que Kaelynn pensait voir apparaître Damon, la sosie se précipita sur elle, pressée par la panique, et allait se saisir de la prisonnière quand celle-ci, se rappelant soudain de quelque chose, crispa les yeux et s'écria «Stop !».

N'ayant sentit aucun contact avec la vampiresse, elle rouvrit doucement les yeux, et constata que le sort jeté au nouveau collier de Katherine, qui était à présent entouré d'un halo aussi brillant que le diamant du pendentif, fonctionnait à merveille. Le corps de la sosie était incapable de tout mouvement, et bien qu'elle s'efforçait de bouger ses mains, ses jambes, sa tête ; elle était bloquée, emprisonnée dans une prison invisible.

Kaelynn sourit, fière d'elle, mais fut interrompue par la personne qui s'était introduite dans la crypte, et qui lui saisissait à présent la main. Elle tourna la tête et constata avec désillusion que ce n'était pas Damon. Nicolas prit dans sa main la menotte qui encerclait le poignet de la tueuse et la brisa d'une simple pression. Il fit de même avec l'autre et releva la jeune fille, qui eut rapidement le vertige de s'être levé aussi vite.

Etant demeurée quelques secondes immobiles pour que son tourni cesse, Nicolas remarqua qu'elle n'était pas en forme et décida de la porter pour partir plus vite. Ils passèrent la porte et s'enfuirent prestement alors que Katherine, demeurée immobile, n'aurait pas plus bougé si elle n'était pas emprisonnée par un sort. En effet, elle fut pétrifiée d'horreur en voyant Nicolas, et avait murmuré un mot inaudible que Kaelynn ne comprit pas tout de suite.


Damon et Stefan arrivèrent à l'entrée de la crypte à peine une minute plus tard. Constatant l'état de Katherine, les chaines brisées, l'absence de Kaelynn, Stefan décida de rester pour en apprendre plus de la vampiresse, paniquée, et Damon repartit à la recherche de la brune.


«Klaus...»

Kaelynn venait de déchiffrer ce qu'elle avait lu sur les lèvres de Katherine, juste avant de partir avec Nicolas. «Klaus» répéta-t-elle, et soudain prise de panique, elle se débattit, se dégagea de l'emprise de Nicolas, et tomba par terre. Celui-ci se retourna et l'observa un instant, l'air d'attendre la suite.

«Pas toi ! s'écria la jeune fille en se relevant. Mais pourquoi chaque personne que je rencontres...

- Honnêtement, je pensais qu'on s'en apercevrait plus tôt.

- Qu'est-ce que ça implique exactement que tu sois Klaus ? s'intéressa la tueuse, déroutée mais sur ses gardes.»

Il n'eut pas le temps de répondre qu'elle se remit à saigner de l'oreille.


Le soleil se levait à présent, et William retournait tranquillement au tombeau. Mais arrivé, il fut alerté par les deux loups-garous à terre et s'empressa d'entrer. Katherine était toujours ensorcelée, et Stefan l'interrogeait, mais elle ne disait mot. Le vampire tourna la tête, et vit l'expression de William évoluer de l'étonnement à la rage. Il ne s'attarda pas, et avant que Katherine ne l'informe de qui était avec Kaelynn, il était déjà parti à sa recherche.


Kaelynn n'en revenait pas de saigner à nouveau ; c'était impossible que ce soit la faute de l'aconit encore une fois.

«Oh, qu'est-ce qui m'arrive ?

- Hm, depuis quand fréquentes-tu des vampires ? s'intéressa Klaus.

- On ne pourrait pas plutôt parler de ce qui se passe là et pourquoi ça m'arrive au lieu de s'attarder sur des questions sans importance ? rétorqua-t-elle.

- Mais ça a toute son importance, répondit le vampire. Depuis quand fréquentes-tu des vampires ?

- Depuis..., réfléchit-elle alors que son oreille la faisait souffrir. Depuis que j'ai douze ans.

- Je rectifie ma question : Depuis quand fréquentes-tu des vampires que tu n'as pas encore tué ?

- En te comptant toi ?

- Non ; les Originaux sont un cas à part.

- Eh bien, ça fait quelques mois.

- Tu es plutôt mal, déclara-t-il alors.

- Tu m'expliques ?

- Eh bien, tu ne vis que pour tuer les vampires. Si tu n'accomplis pas ce pourquoi tu vis, tu risques de ne plus vivre. Ca commence par des saignements de l'oreille, du nez. Tu as des vertiges, puis des absences, des trous noirs, et si tu persistes, tu finis par te déssecher tel un vampire qui ne se nourrit pas.

- Et comment est-ce qu'on arrête ça ?

- C'est simple, il faut que tu tues le ou les vampires que tu fréquentes de trop, termina Klaus.»

Kaelynn demeura silencieuse un instant ; il lui disait clairement qu'elle aurait à tuer Caroline, Stefan, Damon. Alors qu'elle pensait qu'il y avait sûrement une autre explication, un point noir apparut devant ses yeux. Il grandit et grandit jusqu'à lui boucher complètement la vue, et elle se sentit à nouveau tomber, ne distinguant plus que des traces fluorescentes sur un fond d'un noir profond.


Quand elle rouvrit les yeux, le vampire n'était plus là. Elle l'avait vaguement entendu dire qu'il n'avait pas besoin d'elle pour le moment, et était parti. Elle se releva, secoua la tête. Maintenant que le soleil était levé, elle pouvait voir autour d'elle. Il n'y avait personne, et pourtant deux secondes plus tard, Damon apparut près d'elle.

«Kaelynn ! s'écria-t-il en la prenant par les bras, en tenant sa tête entre ses mains, en lui baisant le front.

- Damon, faut pas rester là. Klaus, William, moi, murmura-t-elle faiblement, et le vampire ne comprit pas bien ce qu'elle disait.»

Il lui leva le menton de sorte qu'elle le regarde dans les yeux, mais elle paraissait totalement ailleurs. Damon s'inquiétait, se demandait ce qui lui arrivait, la secouait, essayait de la réveiller, et ne vit pas le coup venir. On le frappa à la tête, et il tomba inconscient. William attrapa alors Kaelynn qui en comprenait encore moins, et la prit sur son épaule.

Elle se débattit de toutes ses forces, ce qui n'était plus grand chose, et le loup était toujours plus fort qu'elle.

«Qu'est-ce que tu fais ? Kyle !

- Je ne suis pas ce Kyle bon sang ! s'énerva William, puis s'expliqua : Il n'y a pas que les vampires qui craignent l'Esprit du soleil, c'est une entité très puissante, je pense que tu l'as compris. Je n'ai pas agi tout de suite, j'ai d'abord attendu de savoir si tu pouvais m'être nuisible, mais apparemment j'ai assez mal fait mon travail pour que non. Le coup de la pierre de lune, minable.

- Est-ce qu'au moins tu m'as aimé ? demanda-t-elle, curieuse.

- Pff...pas plus que les autres. Si tu savais combien de vies j'ai eu, combien de femmes j'ai eu. Et puis, à l'époque, ce n'était que des mariages arrangés.

- Non, je refuse de croire ça. Je n'ai pas accepté de t'épouser parce que mon père pensait que c'était le mieux pour la famille mais parce que je t'aimais, à l'époque.

- Ca fait au moins un des deux. Mais en réalité, et on te l'avait caché, c'était à cause de vos problèmes d'argent.

- Il y en eu d'autres, mais je suis la seule que tu as poursuivi 132 ans, répliqua-t-elle, alors qu'ils revenaient au tombeau.»

William entra, immobilisa Stefan d'un sort qu'il eut simplement à penser, et continua :

«Non, seulement trois ans. Et enfermée 129 ans, mais on va pouvoir le continuer ce compte-là. Bonne nouvelle non ? dit-il en ouvrant la tombe.

- Pourquoi m'avoir menti une nouvelle fois ? Tu aurais pu directement montrer tes vraies intentions.

- Le meilleur moyen de m'assurer que tu ne me fasses pas de mal quand je ferais ça, termina-t-il et la plaça à l'intérieur, en attrapant ses mains alors qu'elle se cessait de s'agiter, les rentra et referma rapidement.»

Kaelynn tapait contre la tombe, criait, paniquait, alors que le loup montait sur une pierre. Il ouvrit une petite ouverture entre le plafond et le mur : Le soleil y entra et atterit directement sur la tombe. Quelques secondes plus tard, on n'entendit plus aucun bruit de la jeune fille. Kaelynn, affolée dans le noir total, entendit à nouveau le battement étrange, beaucoup plus rapide cette fois, aussi paniqué qu'elle. Puis elle sentit la tombe bouger, et ne put plus rien faire.

Quand Stefan put enfin se déplacer, il se précipita sur la tombe, poussa le couvercle de pierre de toutes ses forces et observa à l'intérieur. Il n'y avait personne. Il regarda William et demanda, apeuré, où était passé Kaelynn. Le loup le fixa avec un grand sourire, amusé, content d'avoir réussi son coup, et déclara :

«Kaelynn est au Mexique.»