Hello ! Bonjour à tous. Oui, je sais, je suis une abominable traîtresse et vous n'avez pas eu votre chapitre d'août. Je suis désolée du retard. Pour me faire pardonner, j'essaierai d'en écrire deux pour octobre. Mais c'est qu'avec les cours je dois me coucher tôt.
En tout cas, me revoilà partie pour une nouvelle année de prépa avec encore beaucoup de boulot (alors même qu'on n'avait pas encore eu de vrais cours on avait déjà une montagne de devoirs !). Je vais essayer de rester sur un rythme de publication d'un chapitre par mois, avec peut-être parfois des dépassement mais globalement ce sera plus régulier que l'année passée.
J'espère que vous allez tous bien et que cette nouvelle année scolaire sera pleine de bonnes choses (pour les étudiants comme pour les autres ^^). Bref bonne lecture à vous tous !
Et encore merci aux lecteurs et à mes super revieweuses : Mélior, Luna et Eclipse ! Elles m'encouragent beaucoup et ça me fait extrêmement plaisir.
Disclaimer : FF7 appartient à Square Enix, je n'en ai donc aucunement la propriété. Et oui, toujours pas XD.
– Mais enfin Seph ! Ce n'est pas compliqué !
– Je sais ! Mais je n'y arrive pas. C'est tout !
Depuis le début de la matinée il s'évertuait, en vain, à seller un chocobo. Toute les bêtes de l'enclos du loueur y était passées, mais il n'avait pu en approcher aucune.
– Tu es trop brusque ! Insista Anya. Il faut que tu te calme.
– Je ne suis pas trop brusque ! Hurla celui ci en jetant la selle à terre de rage.
Il pointa du doigt la volaille la plus proche avec un énervement non dissimulé.
– Regarde ! Cette bestiole se pisse littéralement dessus dès que je fait mine de me tourner dans sa direction. Pour elle je suis synonyme de mort imminente. Que je soit brusque ou pas n'y changera rien ! J'abandonne.
Tseng pinça ses lèvres. Assis sur la barrière comme Anya, il avait assisté à tout la scène et commençait à être d'accord avec l'ancien Général. On n'oblige pas un lapin à courir dans la gueule d'un tigre. Même si celui-ci a les meilleures intentions du monde.
Après cet éclat de voix, le propriétaire de l'écurie, un homme débonnaire d'une quarantaine d'année avec le sourire et un début d'embonpoint, vint aux nouvelles. Il était le seul à avoir accepté de louer des montures à ces mystérieux clients dont l'un gardait en permanence son visage dissimulé sous sa capuche.
– Alors ? Vous avez trouvé votre bonheur ?
Il vit que le wutaien et la femme avait sélectionné deux animaux. Mais le dernier avait sa selle gisant à ses pieds et paraissait passablement énervé.
– Vous avez un problème ? S'enquit-il avec la prudence du commerçant. Puis-je vous aider ?
– Le problème c'est que je terrifie vos satanées bestioles. Mais ce n'est pas de votre faute, je commence à avoir l'habitude, c'est le cas de la moitié des choses vivantes sur cette planète.
– Heu … Hum. Je vois que vous êtes un peu … Fatigué. On peut peut-être faire une pause ?
Avec un soupir las Séphiroth rabattit sa capuche en arrière et fixa le loueur droit dans les yeux.
– Je ne suis pas sûr que vous ayez bien compris le problème. Ça vous aide à le cerner !
– Seph !
Estomaqué, le marchand mit quelque instant à reconnaître le visage devant lui puis se sentit brusquement le besoin de s'asseoir sur une chaise.
– Bon, dit-il en s'épongeant le front. Je crois qu'en effet une plus longue réflexion s'impose.
Au moins il est professionnel, jugea l'ancien SOLDAT. Même si on dirait qu'il ne rêve que de prendre ses jambes à son cou.
Par pure mesquinerie il avait voulut effrayer le pauvre homme pour se venger des deux heures passées à poursuivre en tous sens de gros poulets jaunes et caquetants complètement terrorisés. Mais à la charge du loueur, il avait encaissé le choc avec une certaine élégance. Il paraissait maintenant plongé dans ses pensées
– Écoutez, dit-il. J'ai peut-être une solution. Mais je ne vous garantie pas du tout que cela va fonctionner. C'est un peu un pari.
Séphiroth haussa les épaules.
– Au point où on en est … Dîtes toujours.
– Il se trouve, commença à raconter le commerçant en les guidant à travers le complexe, que l'on m'a rapporté un chocobo l'autre jour. Très rare, et très difficile à capturer.
Il s'interrompit pour ouvrir une barrière. Une mère chocobo et ses poussins s'enfuirent en les voyant arriver.
– Or, poursuivit le bonhomme, cette bestiole est une vraie teigne. Têtue comme je n'en ai jamais vu, et un sale caractère avec ça. Elle a estropié le premier cavalier qui a voulu la monter et aucun de mes écuyers n'y est parvenu non plus.
Ils arrivèrent dans une écurie au fond du parc, isolée. Le loueur désigna le bâtiment.
– Et voilà. Je suis à court d'idées. Si cette bête a assez de caractère pour vous supporter, vous devriez avoir assez de, heu … d'autorité pour la faire obéir à vos ordres. Si c'est le cas, je vous l'offre.
Séphiroth leva un sourcil étonné.
– Bon, et bien ça m'a l'air intéressant. Et si on allait voir ?
En entrant dans le box, Séphiroth senti ses yeux s'adapter immédiatement à la pénombre. Il sut qu'il entrait dans l'antre d'un fauve. L'atmosphère était chargée d'agressivité. Au fond, il distingua la bête. Il compris ce que voulais dire le loueur. C'était un chocobo noir, pour le peu qu'il en savait c'était en effet très rare. Il ressentit une grande pitié pour cette bête enfermée et privée de son élément naturel : le grand air.
Lui et le gallinacé se jaugèrent du regard. L'ancien Général se savait plus fort. La monture le sentit également. Avec la prudence de la bête acculée, il regarda le guerrier s'approcher de lui. Séphiroth déposa doucement le tapis puis la selle sur le dos du chocobo. Il le sentit trembler. Avec compassion il lui passa une main rassurante sur les plumes du cou. Puis, il lui passa le filet et fit un pas en avant. Les rênes se tendirent mais il ne tira pas dessus. Il attendit de voir ce que cette bête allait faire. Le chocobo arqua d'abord sa tête en arrière. Puis il la secoua et fit un pas pour suivre son vainqueur.
– C'est un miracle, souffla le loueur tandis que Séphiroth le conduisait vers eux.
Anya tendit la main pour le caresser mais la retira très vite lorsqu'un bec claqua dans sa direction. Séphiroth était en train de s'excuser auprès du commerçant.
– Je suis confus, dit le SOLDAT, je suis vraiment un très mauvais cavalier et je vous enlève une bête de prix …
– Pensez-vous, s'étouffa son interlocuteur. Je n'aurais pu le louer à personne d'autre. Revenez moi vivant de votre fichu expédition et je signerais les papiers qui feront de vous son propriétaire avec la plus grande joie.
À ce moment là, le chocobo flanqua un grand coup de bec dans les côtes de Séphiroth qui s'aperçu qui venait de lui marcher sur la patte.
– Je veux bien, dit le guerrier en riant devant l'air visiblement outré de la créature. Il me fait penser à quelqu'un que j'aime beaucoup.
– Nous aurions aussi besoin de deux montures pour des enfants en profita pour glisser Anya.
– Mais bien sûr, par ici …
Plus tard, sur le chemin du retour, Anya demanda :
– Dis, quand tu disais que ce chocobo te faisais penser à quelqu'un … Ne me dis pas que tu pensait à moi tout de même !
– Alors je ne te le dis pas, fit sereinement son compagnon.
– Seph ! Comment tu peux dire ça ! Seph ! Reviens ici tout de suite espèce de … Seph !
Pendant que leur parents avaient leurs démêlées chocobotesque, Ian réfléchissait profondément. Il savait, il sentait, qu'il y avait des choses qui échappaient à son raisonnement d'enfant. Pourtant, il voulait prendre une vraie décision. Pour prouver à son père qu'il était devenu un grand garçon maintenant.
– Ça va Ian ? Demanda sa sœur doucement.
Le petit garçon grogna pour toute réponse.
– tu as encore mal aux fesses à cause de la fessée que nous a donné maman hier soir ?
– Mais non ! S'énerva son frère, je réfléchit à ce que je vais répondre à Maman tout à l'heure.
– Mais je sais bien, s'agaça à son tour sa sœur. Mais tu fais la gueule depuis tout à l'heure et tu dis rien ! Moi je vais y aller cette après-midi. Comme ça je verrais ce que c'est pour de vrai la famille de maman Et s'ils sont aussi méchants qu'on le pense toi et moi, et ben j'irais plus et puis voilà !
– Jill ?
– Quoi ?
– Je suis désolé.
– C'est pas grave. Mais tu viens jouer maintenant.
Sarah qui les surveillait eu un sourire ému. Ils lui rappelaient Anya quand elles avaient leur âge. Quoique non. Anya était bien pire à la réflexion.
Dans le ventre de la Shéra, Shelke fouillait son esprit à la recherche d'informations. Reeve lui avait donné accès aux données de la WRO mais même avec cela, les fragments demeuraient incomplets.
– Qui est tu ? Murmura une voix dans sa tête.
– Et vous ? Répliqua aussitôt la jeune fille.
– Moi ?
Il y eu un temps de latence, comme si la voix réfléchissait.
– Je suis Lucrécia, dit-elle finalement.
– Je m'appelle Shelke, dit l'adolescente en retour. Nous somme dans ma tête.
– Je sais, fit Lucrécia d'une vois rêveuse. C'est étrange. Je ne suis qu'un souvenir.
– Oui, on a téléchargé vos données dans ma tête.
– Oh ! Qui ? La Shinra ?
– Non. La Shinra a disparut depuis longtemps. Ceux qui restent ont autre chose à faire que de mener ce genre d'opération.
– Alors qui ?
– Les Tsviets, une organisation criminelle dont j'ai fait partie. Et ensuite cela a été complété par la WRO qui les combat grâce à la carte mémoire trouvée par Vincent Valentine.
– Vincent ! Il est vivant ?
Lucrécia venait brusquement de hausser la voix. Shelke fit une grimace.
– … Oui. Il est même immortel ou quasiment. Vous n'étiez pas au courant ?
- Je … je voulais absolument le sauver mais … je n'étais sûre de rien. De vraiment rien.
Shelke marqua une pause.
– Mais qu'est ce qu'il s'est passé entre vous exactement ?
Elle entendit distinctement Lucrécia soupirer dans son esprit.
– Pour moi tout à commencer avec ma découverte des textes anciens parlant de la fin du monde et d'Oméga. J'étais une jeune scientifique insouciante et je me suis lancée dans ma thèse à corps perdu. J'avais un compagnon dans mes recherches, il était plus âgé que moi, il avait déjà une femme et un fils mais j'en suis quand même tombé amoureuse. C'était Grimoire Valentine.
Shelke manqua de sauter de surprise.
– Valentine !
– Oui. Le père de Vincent. Mais il est mort le jour où nous avons touché au but et découvert Chaos.J'ai été dévastée. Et sa femme en est morte de chagrin. Après cela, j'ai poursuivi ma thèse mais le cœur n'y était plus. C'est alors qu'on m'a proposé un travail : aller étudier un vestige datant de l'époque des Cetras en compagnie du professeur Gast et du jeune professeur Hojo. Je voulais oublier Grimoire alors j'y suis allée. Et c'est là que je l'ai rencontré.
– Vincent.
– Oui. C'était un cauchemar qui recommençait. Le fils de Grimoire qui réapparaissait. Pourtant, je me suis vite sentie très proche de lui. J'avais un peu l'impression d'en être responsable. Je me disais que je pourrais me rattraper pour la mort de ses parents. Je l'aimais comme un enfant ou un frère.
– Mais lui est tombé amoureux de vous, Laissa froidement tomber Shelke.
Au son de la voix de Lucrécia elle eu l'impression de la voir baisser la tête honteusement.
– Oui. Je ne pouvais pas le laisser faire ça, je n'étais pas une bonne personne pour lui. Alors j'ai épousé Hojo qui me faisait aussi la cour. Je pensais mettre tous le monde à l'abri de cette façon.
– En changeant votre premier né en monstre ! La voix de Shelke était pleine de mépris.
– Je … je ne savais pas ce que je faisais à cette époque. Je n'étais plus moi même. Vincent l'a compris et il ...il s'est interposé entre Hojo et moi. Mais c'était trop tard et Hojo l'a tué.
– Je ne comprend pas … Pourquoi vous et les hommes vous vous acharnez à essayer de sauver les autres en vain et en provoquant des catastrophes encore plus grandes ?
– Si tu ne comprends pas, alors je serais bien en peine de te l'expliquer. Comment va Vincent ? Tu le sais ?
– Il est malheureux. Tout le temps. Je crois qu'il pense encore à vous et qu'il regrette de ne pas vous avoir sauvé. Mais il est différent avec ses amis. Il est gentil.
– … Je vois. Shelke, je peux te demander quelque-chose ? Protège Vincent s'il te plaît.
– Que je … D'accord. Mais en échange aidez nous.
– Bien ! Tous le monde est prêt ?
– Chef, oui chef. À vos ordres chef ! Plaisanta Séphiroth.
Anya lui jeta un regard noir.
– T'as vu, chuchota Jill à l'oreille de Ian. Maman a mit une robe. Elle en met presque jamais d'habitude.
L'ancienne soldate soupira.
– Bon, quand vous aurez finit de vous moquer de moi vous pourrez me suivre.
– Je suis fier de toi, glissa Séphiroth à l'oreille de son fils.
– Bah c'est Jill qui m'a aidé à choisir, avoua le petit garçon en rougissant.
Ils quittèrent les quartiers touristiques pour s'enfoncer dans les riches quartiers du haut Junon.
– Voilà, dit Anya. On est arrivé.
– Wouah, fit Jill. C'est grand !
Le portail de la haute demeure était ouvert, et une foule de gens se pressaient dans la cour. La petite famille se glissa prestement jusqu'à la porte de service, protégée dans leur anonymat par sa célérité et la capuche qui recouvrait une fois de plus le visage et les cheveux de Séphiroth.
Anya fit un geste d'apaisement aux serviteurs surpris par leur intrusion.
– Pas de panique, ce n'est que moi !
– Mademoiselle Anya ?!
Ils furent rapidement entourés par les demandes de nouvelles et les interrogations. Anya y répondit du mieux qu'elle pu. Finalement, ils furent conduits au salon où les attendaient un homme moustachu, ventru avec une redingote.
– Papa, fit Anya avec raideur.
Il lui rendit son salut par un signe de la tête.
Séphiroth examina l'homme avec plus d'attention. Approchant maintenant la soixantaine, il devait avoir été plutôt bel homme, même si sa calvitie grandissante retirait du charme à ses traits régulier. Il avait tout de l'homme d'affaire profitant bien des plaisirs de la vie. En profitant même trop s'il en croyait ce que lui avait narré sa compagne.
Les sentiments d'Anya était mitigé. Son père, déjà distant durant son enfance mais qu'elle adorait comme un dieu, puis qu'elle avait appris à détester pendant son adolescence quand elle avait compris à quel point il était faible, lâche et vil.
– Voilà longtemps que je ne t'avais pas vue. Tu as grandie.
Anya se raidit. Il se montrait beaucoup trop … sympathique. Comme lorsqu'il se tenait en face d'un client.
– Tu me présente tes enfants ?
– Jill, Ian, fit sèchement sa fille. Mon père. Papa, Jill et Ian, mes enfants.
– Je vois que l'atmosphère à l'air un peu tendue, sourit t-il d'un air faussement affable. Vous voulez boire quelque chose ?
– Ça ira, merci.
Les jumeaux restaient obstinément cachés derrière elle, cet homme leur faisait peur. Séphiroth quant-à lui, ombre encapuchonné et silencieuse se tenait dans un coin de la pièce sans dire un mot.
Anya écouta son père lui donner des nouvelles de l'entreprise, des clients, du chiffre d'affaire … Il meublait parfaitement la conversation, inconscient du fait que l'ensemble de l'assistance gardait un silence parfaitement glacial.
À un moment donné, d'autres personnes entrèrent dans le salon. La jeune femme compris qu'il s'agissait des grand cadres de l'entreprise et de leurs plus gros fournisseurs. C'était la mort prochaine de la patronne qui les avait probablement réunis. Elle en profita pour confier les jumeaux à un serviteur avec la consigne de les emmener jouer dans le jardin. Puis elle s'éclipsa avec son compagnon dans une pièce attenante moins occupée.
Séphiroth lui passa une main rassurante dans le dos. Il ne se sentait pas non plus à l'aise au milieu de tous ces commercials qui savaient sourire de bon cœur ou feindre la tristesse à la perfection tout en tâchant de grossir leur part du gâteau. Déjà à la Shinra quand il assurait la protection du président, il détestait ces réunions interminables où se jouaient de grandes batailles à coup de sourires forcés et de chapeaux.
– Mademoiselle Gwenhyll, Madame veut vous voir. Seule.
– Mon compagnon reste avec moi, répliqua Anya.
Le majordome ne dit rien. Et sa désapprobation ne fut visible qu'à un éclair dans ses yeux.
– Suivez-moi.
Madame. Il s'agissait donc de sa grande-tante. Sinon il aurait dit ''votre mère''. Il les conduisit jusqu'au fond du couloir, dans une grande pièce bien éclairée. Puis après les avoir introduit, il repartit.
La vieille femme était couchée dans un lit, bien enfouie sous des couvertures et le haut du corps relevé et calé contre des oreillers. Elle leur tournait le dos, son lit ayant été installé en face d'une grande fenêtre qui illuminait toute la pièce.
– Et bien, entrez ! Fit-elle d'une voix forte et exaspérée sans se tourner vers eux. Vous n'allez pas rester à piétiner sur le seuil tout de même !
Anya fit la grimace. Même alitée, sa colérique aïeule ne semblait pas avoir perdu sa mauvaise humeur.
– Ma Tante, fit-elle en s'avançant.
Elle n'avait pas changée. Plus maigre peut-être, plus ratatinée. Mais elle ressemblait toujours à un rapace vindicatif aux doigts crochus. Elle la dévisagea de bas en haut.
– Tu as les cheveux courts.
– Oui.
– Ce n'est pas bien. Les femmes aux cheveux courts donnent l'impression aux hommes qu'elles sont fragiles ou qu'elles sont des garçons manqués. On ne garde pas une capuche à l'intérieur ! Aboya t-elle soudain en direction de Séphiroth.
– Moi si, plaqua celui-ci d'une voix plate.
La vieille femme plissa les yeux pour le détailler.
– Dis moi ma petite, il ne serait pas SOLDAT ton ami ? Ou ancien SOLDAT ?
– C'est … exact, confirma Anya.
Sa grande-tante se renfonça dans ses couvertures avec un sourire satisfait.
– Hum, on peut dire tout ce que l'on voudra de moi, je sais toujours aussi bien jauger un homme. Mon flair ne m'a jamais trompé.
– Oui, surtout pour payer des pot de vins à une société qui pourrissait la vie de tout le monde dans Junon bas, maugréa Anya à moitié pour elle.
– Tu as fait la guerre pour cette fameuse société ma chérie, fit remarquer son aînée. Et je suis peut-être mourante mais pas sourde.
– Alors c'est vrai …
– Allons ma fille, je suis vieille. C'est le genre de chose inévitable qui arrivent. Au moins ne vivrais-je pas pour voir mon imbécile de neveu couler ma société quand il en deviendra le PDG.
– Vous vouliez me voir ?
– Oui.
La vieille femme se détourna vers une armoire qu'elle indiqua à sa petite-nièce.
– Jeune homme, fit-elle à Séphiroth. S'il vous manque la plus élémentaire des courtoisie, pourriez vous néanmoins me donner cette boîte qui se trouve derrière les cartons à chapeaux sur l'étagère du haut ?
L'armoire était haute, Séphiroth lui même du se mettre sur la pointe des pieds pour remuer la poussière et déblayer près d'une dizaine de cartons à chapeaux avant de mettre la main sur une petite cassette soigneusement emballée dans du papier soie.
Il la donna à la doyenne qui la déballa avec précaution.
– J'ai toujours rêvé d'avoir une fille, dit-elle, mais malheureusement, mon mari est décédé bien avant que nous ayons ce bonheur. Comme je suis restée fidèle à sa mémoire toute ma vie, ce rêve est resté une chimère. Ton bon à rien de père et ces rapaces du conseil d'administration veulent mon entreprise, et bien, qu'ils l'aient. Mais ils ne prendront pas ceci.
Elle ouvrit le coffret et Anya et Séphiroth purent observer une magnifique pierre bleue, énorme, sertie avec art pour être portée en pendentif.
– C'est la plus belle pièce de toute ma carrière, fit la vieille femme. Ce n'est pas un saphir, d'ailleurs elle est trop foncée, c'est un véritable diamant bleu. Une rareté. C'est la seule pièce au monde. Il est pour toi.
– Pour moi ! Mais …
– Ta ta ta ! Ne refuses pas. Tu mènes une vie de dépravée mais tu restes mille fois plus volontaire et efficace que ton géniteur. Je me fiche que tu ne m'apprécies pas. Prends ça et vas t-en. Et que je ne te vois plus !
– Je … euh … Merci. Au revoir.
– Et marie-toi !
Une fois la porte refermée, Anya poussa un soupir et s'effondra contre un mur.
– Et bien … Si je m'attendais …
Elle fixa ses mains.
– Et qu'est ce que je fais de ça moi maintenant ?
Séphiroth haussa les épaules.
– Garde le, elle te l'a donné. Au pire il te fera une sécurité financière s'il y a un problème à l'avenir.
– Tu as sans doute raison. Désolé qu'elle t'ai crié dessus. Elle crie sur tout le monde.
– Pas de soucis. Je comprends qu'elle soit difficile à vivre.
Anya soupira.
– Elle n'est pas mauvaise, mais elle est étouffante, acariâtre et par dessus tout, toute la maisonnée est obligée de vivre au rythme de ses colères et de ses caprices. Je n'en pouvais plus.
– Ça peut se comprendre.
Plus tard dans la soirée, quand les invités furent enfin partis, ils retrouvèrent Jill et Ian qui avaient apparemment aussi eu le droit à leur rencontre avec leur colérique arrière grande tante.
– C'est vrai qu'elle a de la moustache, fit Ian en fronçant le nez. Et elle m'a dit que j'avais autant de charme et de manières qu'un Neurosuphéroth !
– Et moi que je manquait de distinction et que ma robe m'allait comme un sac, se plaignit Jill.
– C'est pas grave, n'y faites pas attention. Dit Anya et leur caressant la tête. De toute façon on va bientôt repartir. On attend juste de pouvoir dire en revoir à ma mère.
Soudain une porte claqua, et son père déboula dans le hall l'air furieux. Tellement, qu'Anya fit instinctivement passer les enfants derrière elle et que Séphiroth fit un pas en avant pour se raprocher d'elle.
Iolanne courrait derrière son mari d'un air catastrophé.
– Gérald attend ! Gérald ! Ne fait pas de bêtises !
Il se dirigea vers Anya.
– C'est vrai ce que j'entends ! Hurla t-il en lui postillonnant à la figure C'est vrai que tu vis avec ce … ce dépravé ? Cette ordure ?
– Papa !
– Mais enfin ! Tu es inconsciente ma fille ! Il ne t'arrive jamais de réfléchir ? Tu as pensé à ce qui arriverait à ma réputation si on apprenait que ma fille sort avec cet espèce de … avec ce monstre.
– Gérald !
Anya réagit comme si on l'avais giflé. Avant d'avoir eu le temps d'y penser, elle avait attrapé son père par le col et l'avais soulevé dans les airs.
– Ne dis plus jamais que mon mari est un monstre !
L'homme, qui ne touchais le sol que de la pointe de ses pieds n'en menait pas large. Mais, rouge de colère, il continua son sermon.
– Bien sur que si, c'est un monstre, un monstre, un monstr …
– Monsieur Gwenhyll, le coupa Séphiroth d'une voix glaciale. Je suis là. Et je n'ai pas pour habitude de me laisser insulter sans rien faire.
Au son de la voix de son compagnon, Anya retrouva un peu ses esprits, lâcha son père et recula en le regardant avec mépris.
– Je suis encore chez moi gamin, éructa le bonhomme ventripotent dont le visage prenait de plus en plus une inquiétante teinte violacée. Je vous interdit de …
Séphiroth ôta sa capuche et le dévisagea d'un air glacial. La fin de la phrase du commerçant s'étouffa dans sa gorge avec un petit ''squick'' très peu viril.
– Gérald, tu n'es vraiment qu'un imbécile, soupira Iolanne.
Blessé dans son orgueil l'homme se retourna brusquement, probablement avec l'intention de la frapper.
– Ne la touche pas, s'écria Anya en le saisissant par le col.
– Lève une fois la main sur moi et tu le regrettera, siffla la femme.
– Iolanne ? Mais qu'est ce qu'il t'arrive ? S'écria son mari, déboussolé.
Il n'avait jamais vu sa douce femme élever la voix d'un octave face à lui.
– Il y a des limites à la stupidité Gérald. Tu as de la chance que ''le monstre'' soit doté d'une grande patience. Enfin ! L'insulter, là, ici, sous notre toit ! Alors qu'il est notre hôte et qui plus est devant sa femme et ses enfants ! Tu as perdu la têt ! Où sont tes manières ?
– Mais enfin ! Le scandale …
– Oh, Anya a quitté la maison depuis déjà suffisamment longtemps pour que sa vie ne concerne plus ton entreprise. Et puis ce n'est pas comme si tu avais l'image d'un homme d'affaire exemplaire mon chéri.
– Tu as perdu la tête ?
Gérald Gwenhyll avait l'impression de vivre un rêve éveillé. Oui, il devait être endormi. Sinon comment la situation pourrait être aussi surréaliste ? Sa femme secoua la tête avec désolement. Puis elle se tourna vers sa fille.
– Je crois qu'il vaut mieux que vous partiez maintenant.
– Oui, siffla Anya d'un ton acide alors que les éclats de voix faisaient accourir des serviteurs. J'en avais bien l'intention.
– Soyez prudent.
Sa fille ne répondit pas et ils quittèrent les lieux en catastrophe.
– Oh zut ! J'ai oublié de demander pardon à Iolanne ! Se désola Ian alors qu'ils courraient dans les petites ruelles de la ville. Apparemment, le père d'Anya avait ameuté à leur trousse la milice privée du quartier.
Avec agacement, Séphiroth pris dans une de ses poches une matéria arsenic et l'activa. Le poison ne serait pas assez nocif pour tuer leurs assaillants. Le temps qu'ils arrivent, il y avait juste de quoi les rendre malades. Mais le nuage toxique leur masquerait la direction qu'ils avaient prise.
Le jeu de cache cache continua jusqu'à l'hôtel. Il y entrèrent par irruption, surprenant Sarah qui venait à peine de finir son service. Ils lui demandèrent de ne pas révéler qu'ils étaient entrés ici. Un peu dépassée, la jeune femme le promit.
Épuisés, Jill et Ian s'endormaient déjà à même le carrelage du hall. Leurs parents les prirent sur leurs épaules pour les monter dans leur chambre. En arrivant, ils tombèrent sur Tseng qui affichait une mine sombre.
– Qu'est ce qu'il y a ? s'inquiéta Anya alors qu'elle allongeait les enfants dans leurs lits.
– Rien, répondit-il, j'ai Elena au téléphone.
Anya marqua sa surprise.
– Oh ! De manière personnelle ou …
– C'était un appel professionnel.
– Et ?
Il secoua la tête.
– Je n'ai pas envie d'en parler.
Il quitta la pièce, l'air encore plus las qu'auparavant.
– On part à cinq heures demain ! Lui cria Anya alors qu'il s'éloignait. Couche toi rapidemment.
Il ne lui répondit pas mais il avait entendu.
Et voilà, ces cinq-cents derniers mot auront été les plus dur à écrire, mais j'ai aussi beaucoup galéré sur la scène du chocobo. J'espère que ce chapitre vous aura plu malgré son arrivée tardive. La prochaine fois : les plaines qui séparent Junon et Fort Condor ! Accrochez vous !
Et n'oubliez pas : Auteure reviewée = Auteur motivée !
