Quand ils rentrèrent au monastère, Kyôdo avait déjà une grande boîte dans les bras avec un costume pour Rin prêt à être revêtit. Rin protesta, disant qu'une telle chose n'était pas nécessaire pour un rapide entretien d'embauche, mais il finit par le prendre sous l'insistance des prêtres.
"Bon sang..." grogna Rin alors qu'il tirait de la boîte la veste et la chemise boutonnée. Il retira finalement la cravate de la boîte et la fixa, perplexe. Il la mit autour de son cou et l'enroula autour, essayant de la nouer, tirant de toute part, essayant à nouveau, et finit en quelque sorte par la coller sur son front.
"Argh !" Il laissa échapper un grognement frustré, la tirant de nouveau et gâchant sa coiffure au passage. "Comment peut-on arriver à mettre cette chose ?!"
Suguro ricana méchamment en voyant Rin lutter, ses bras et son menton reposant sur le dos de la chaise sur laquelle il était à cheval. "Un petit problème ?"
Rin rougit et lança la cravate vers lui. "D'accord, si tu es si fort, tu vas le faire !" grogna-t-il d'un ton accusateur.
"Hey !" Suguro repoussa la cravate qui avait foncé droit sur lui. Il saisit la chose sur son visage. Comment est-ce que ça pourrait être dur...? se demanda-t-il alors, lançant à l'autre un sourire supérieur alors qu'il l'enfilait en bandoulière par-dessus son cou.
Quelques minutes plus tard, il admit sa défaite.
"Comment diable s'enfile cette cravate ?"
Suguro avait l'air ridicule. Sa tenue décontractée composée d'un jean déchiré et d'un débardeur noir était en totale contradiction avec la cravate froissée autour de son cou. Il tira rapidement sur le nœud désordonné qu'il avait fait, démêlant la cravate avant de la jeter à Rin.
Rin prit la cravate avec un sourire triomphant. "Tu vois ? Pas aussi facile que tu ne le pensais, hein ?" Son ton était taquin mais il savait qu'il avait encore un problème. Il soupira et décida de la rouler en boule et de la mettre dans sa poche. "Peu importe. C'est plus facile comme ça. Je vais juste dire que c'est comme... costard-décontracté... ou autre chose", murmura Rin, ajustant sa veste et le col de sa chemise. "Qu'est-ce que tu en penses ?"
"Je trouve ça bien." Mais cela ne signifiait pas que Suguro était la meilleure personne à qui demander. "Peut être qu'on devrait demander à l'un des prêtres. Je suis sûr qu'ils savent comment le faire", suggéra-t-il.
Rin haussa vaguement les épaules. "Je suppose", murmura-t-il avant de soupirer et de regarder l'heure. "Eh bien, je crois que je suis en mode off." Il se débattait avec les ourlets de sa veste.
"Souris", lui rappela fortement Suguro, secouant un peu la tête et se relevant. Il prit sa veste sur son épaule avant de remplacer le clip tenant ses cheveux par une casquette de baseball. "Pas besoin d'être si nerveux. Détends-toi."
"Tu sais pourquoi je suis si nerveux." Rin se tourna vers Ryûji avec un sourire très exagéré avant de soupirer et de sortir de la chambre avec lui, une expression neutre sur le visage. Ils se dirigeaient vers l'escalier et traversèrent la chapelle où Shiro parlait à l'un des prêtres. Il se retourna et sourit quand il vit Rin alors que Nagamoto marchait vers eux.
"Tu l'as emprunté à Kyodo ?" Shiro sourit et Rin se renfrogna.
"Oui. C'est pour l'entretien", marmonna-t-il.
"Et la cravate ?" Le vieux prêtre avait un sourire entendu.
"C-C'était plus rapide sans !" balbutia Rin le visage rouge, redressant immédiatement la colonne vertébrale.
Shiro secoua la tête et jeta un coup d'œil à Suguro avant de lui tendre la main. "Tu ne sais pas comment l'attacher, n'est-ce pas ? Allez, je vais te montrer. Ferme le bouton du haut et soulève le col".
Rin rougit légèrement, mais sorti à contrecœur la cravate de sa poche et fit comme son père lui avait dit. Shiro prit la cravate et la mit autour du cou de Rin tandis que l'adolescent relevait le menton et regardait les mains de son père avec attention.
"Tu as seulement grandi physiquement", fit remarquer Shiro. "Tu étais si mignon quand tu étais petit, à me courir après en criant "papa, papa" tout le temps." Il rit doucement.
"C'était il y a des siècles !" protesta Rin avec les joues rouges, en regardant ailleurs. "Je suis adulte maintenant, d'accord ? Tu me gênes !"
"Pardon ?" Shiro saisit la cravate et se tourna exagérément pour regarder autour de lui. "Un adulte dans les parages ? Où ça ?" Le vieux prêtre regarda Rin du coin de l'œil et se mit à rire bruyamment devant ses protestations.
Shiro posa une main sur le front de Rin et le repoussa, faisant trébucher l'adolescent de quelques pas en arrière. "Si tu te sens vexé, prouve-moi donc un peu que tu as mûri !"
"Arrête ton char !" grogna Rin alors qui baissait le col de sa chemise, sa cravate à présent correctement ajustée. "Tu veux la preuve que j'ai mûri ?" Il prit un ton accusateur en pointant son père du doigt. "Eh ben ouvre grand tes noisettes et tu vas voir ce que tu vas voir !"
"Je crois que tu voulais dire ouvre grand tes mirettes", sourit Shiro, amusé.
"Ouais, c'est bon, n'en rajoute pas hein !" grogna Rin dans sa barbe en enfonçant ses mains dans ses poches. "Viens, Ryûji..." il traîna des pieds sur pratiquement tout son chemin hors du monastère. Bien qui semblait être irrité, on distinguait des lignes nerveuses sur son visage et ses épaules étaient tendues. Il semblait plus obstiné et concentré sur la tâche qu'il devait accomplir, une flamme déterminée dans ses yeux.
Suguro le suivit tranquillement.
Tu ne te fichais vraiment pas de moi, hein ? Tu as un bon père...
Regarder cet échange avait fait se serrer quelque chose dans la poitrine de Suguro. Il était... surpris ; pas complètement, pas après avoir déjà entendu ces mots la plupart de sa vie. Entendre et voir étaient cependant deux choses différentes. Suguro repensa au voile qui s'était levé hier. Il pensait avoir eu un aperçu du vrai visage du prêtre la nuit dernière. Ce qui était vrai, en quelque sorte. Mais cela ne signifiait pas que c'était tout ce qu'était l'homme plus âgé.
Il était confus, se sentait tout embrouillé. Il était difficile de rester en colère contre le père de Rin après avoir vu ce il-ne-savait-quoi de doux, cette taquinerie affectueuse. Cela lui rappelait...
Non, se dit fermement Suguro, refusant de partir à nouveau dans cette direction. Pas moyen de revenir en arrière. Ce qui est fait est fait. J'ai évolué.
Il tira sur le bord de sa casquette, prit une calme inspiration et repoussa toutes ses pensées. Regarder le dos de Rin lui rappela sa propre détermination.
Une étape à la fois. C'était une pensée qui s'appliquait à tous les deux.
Et peu importe la façon dont la vie pouvait être compliquée, comment les personnes pouvaient être compliquées, savoir qu'ils était là l'un pour l'autre rendait tout plus facile à supporter.
L'entretien s'était assez bien passé. Rin avait rapidement reçu une uniforme et un badge avec écrit Okumura, et sa période d'essai avait commencé.
Rin faisait de son mieux. Sa première tâche, qui consistait à déplacer plusieurs grandes boîtes à l'avant du magasin, lui réussissait plutôt bien. Toutefois, il avait foiré horriblement pour la dernière boîte, renversant toute la farine sur la tête de son boss nommé Momoi - une femme petite mais féroce. Rin avait été réprimandé et avait été forcé à nettoyer le gâchis qu'il avait fait.
Il essaya de se rattraper en remettant rapidement les chariots à l'extérieur, mais même cela eu des conséquences désastreuses. Une roue cogna le trottoir, causant la chute de la longue file de chariots dans un grand fracas, et bien sûr, avec la chance qu'avait Rin, sa patronne finit au milieu de tout ce désordre. Rin se fit sermonner à nouveau.
Il fut ensuite déplacé à l'extérieur où il cassa un robinet dans une tentative de remplir le seau de nettoyage, et dans la confusion, il glissa et renversa l'eau sale qui se répandit sur le sol, causant la chute de plusieurs clients et de quelques employés sur le sol glissant. Il fut réprimandé une fois de plus.
Rin se passa une main sur le visage alors qu'il nettoyait la grande flaque d'eau sale qu'il avait fait. Ses mains tremblaient et ses épaules étaient à nouveau tendues. Il allait encore tout gâcher, il le savait.
Suguro avait tout observé de loin. Il avait essayé de paraître discret, parcourant les allées de choses à acheter, ramassant un pot de gel au passage en gardant un œil sur Rin. Son estomac se retourna en voyant son ami se débattre à travers ses tâches, et il grimaça chaque fois qu'il le voyait se faire gronder.
Râh... pensa Suguro alors qu'il regardait son ami pratiquement replié sur lui-même alors qu'il lavait le sol avec des petits mouvements rapides, entouré d'une aura de misère incommensurable.
Il ne pouvait plus se retenir. Il fallait faire quelque chose.
Il se racla la gorge. "Euh, hé ! Désolé de vous déranger, mais, euh, est-ce que vous pourriez m'aider avec quelque chose ?" il avait légèrement élevé la voix pour attirer l'attention de Rin, le fixant avec un sourire crispé, profitant du fait que les autres employés étaient hors de portée de voix.
Rin leva les yeux à la voix de Ryûji et le regarda avant de hocher rapidement la tête et de placer son balai contre le mur. "O-oui, que puis-je pour vous aider monsieur ?" répondit-il alors qu'il trottait vers lui, mais au moment où il fut assez proche il chuchota avec ferveur 'Je ne vais pas l'obtenir... C'est une catastrophe !" Il luttait pour paraître calme devant les clients.
"Mec, calme-toi", lui souffla doucement Suguro, résistant à l'envie de le gifler pour lui remettre les idées en place. "Ça ne va t'aider en rien de t'agiter comme ça. Respire. Et ne sois pas si brusque avec les choses !"
Suguro avait eu un aperçu de la force que Rin avait, hier, quand ils s'étaient chamaillés, mais être témoin des prouesses dont Rin avait été capable aujourd'hui l'avait laissé deux fois bouche bée. Comment Rin savait se contrôler tout le temps était un mystère que Suguro ne pouvait pas comprendre. D'autre part... était un mystère Suguro ne pouvait pas comprendre. D'autre part ...
"Regarde, je me demande pourquoi tu as tant de mal. C'est vrai que ta force rend les choses difficiles. Mais tu ne m'as pas blessé hier, tu te souviens ? Tu dois juste te détendre. N'essaye pas de rendre les choses compliqués. Sois toit-même", lui dit-il fermement.
Rin déglutit et essaya de prendre les mots de Ryûji à cœur. Il s'était concentré sur tout le temps qu'ils avaient passé la nuit dernière, même à travers leurs bousculades, pour que son ami s'en sorte indemne. Il ferma les yeux et prit une profonde inspiration, faisant de son mieux pour relâcher la tension dans ses épaules.
"B... bien. D'accord..." Rin lui offrit un signe de tête résolu, même si ses mains avaient encore un léger tremblement. "Je ferai de mon mieux... "il regarda autour de lui avant d'avoir un léger sourire et s'inclina rapidement. Il reparti ensuite finir de nettoyer.
Sois toi-même. Sois toi-même. Ça ne devrait pas être difficile, non ? Rin fit de son mieux pour se concentrer sur la tâche et une fois qu'il eu tout fait, il rangea le balai dans le placard à l'arrière de la boutique. Il ferma la porte et soupira avec lassitude.
"Tu as des ennuis, mon petit ?"
Rin se retourna pour voir l'une des employés, une dame debout devant un petit grill, faisant des nouilles à partir d'échantillons. Un coup d'œil vers son étiquette d'identification lui indiqua que son nom était Kijita. Il sourit un peu et lui fit un signe fatigué.
"Eh bien, viens. Ici, tu peux essayer ça." Kijita lui offrit l'un des échantillons et Rin le saisit. Cependant, une fois qu'il mit les nouilles dans sa bouche, le goût était assez amer pour que ses lèvres forment une grimace.
"Ah..." Elle soupira en connaissance de cause. "Je le savais. La patronne en a acheté un grand nombre parce qu'ils n'étaient pas chers, mais ils ne semblent pas être vendables."
Rin regarda le gril et passa sa langue autour de sa bouche. Sans y avoir vraiment réfléchi, il savait ce donc ces nouilles avaient besoin. Sois toi-même. "Euh..." commença Rin, levant les yeux vers la femme. "Je pourrais... essayer de les cuisiner ?"
Kijita le regarda et son expression changea. Il faisait chaud et quand elle lui tendit la spatule, elle souriait. "Pas de mal à donner un coup de pouce."
"Merci." Rin mis la fourchette en plastique dans sa bouche, ce qui lui donna un autre goût, se concentrant cette fois pendant un moment. "Euh ! Pourriez-vous me donner quelques oignons verts, de la sauce de soja, et un poivron vert?" La femme le regarda et Rin se redressa. "S'il vous plaît !"
Kijita cligna des yeux avant d'acquiescer et de partir pour récupérer les ingrédients demandés. Une fois qu'elle revint, Rin put travailler. D'une main experte, il versa tout juste la bonne quantité de sauce et éminça les légumes. Il manœuvra la spatule sur le gril, en mélangeant tout à la perfection.
Il ne fallut pas longtemps avant qu'une merveilleuse odeur rayonne dans la salle et que les clients ne commencent à graviter vers le gril, murmurant dans l'expectative. Un sourire traversa le visage de Rin, et avec l'aide de sa collègue, il commença à étaler des échantillons de sa composition.
Enfin, le premier échantillon fut prit par une femme au foyer. Rin ne put s'empêcher de faire une pause, regardant la femme en train de tester. Sa poitrine se desserra de soulagement en voyant ses yeux s'illuminer immédiatement.
"Oh mon Dieu !" s'écria-t-elle. "Ce goût est merveilleux !"
Encouragés par son éloges, de plus en plus de clients s'avancèrent, accaparant les échantillons. Ils vidèrent bientôt la table plus vite que Rin ne pouvait cuisiner. Kijita était déjà en train de faire la publicité de la sauce et les personnes qui avaient déjà essayé voulaient toutes en acheter une bouteille. Rin criait dans la foule, attirant l'attention des clients, même si l'odeur avait déjà fait son effet.
Il ne fallut pas longtemps avant que leur patronne ne soit attirée par l'agitation de la foule et ne se déplace vers yeux avec un regard féroce dans les yeux Rin déglutit bruyamment et se figea de terreur alors qu'elle prit un échantillon et l'essaya.
Il y eut un long silence. Même les clients semblaient retenir leur souffle.
Lorsque Momoi regarda Rin, elle parla d'un ton sévère. "Les réunions du personnel sont à 3 heures chaque matin. Faites de votre mieux à partir de maintenant." dit-elle avant de s'éloigner. Rin cligna des yeux deux fois et ce ne fut que quand Kijita ne lui donne une claque de félicitations dans le dos en criant : "Tu as obtenu le poste ! Bon travail, mon petit !" qu'un sourire lumineux n'enveloppa son visage.
Ryûji ! Les yeux de Rin étaient à la recherche du visage familier. Avait-il vu?
Ouais...! pensa Suguro en entendant la nouvelle. Au moment où il croisa le regard de Rin, un large sourire étira ses lèvres.
"Je savais que tu pouvais le faire !" dit-il une fois qu'ils furent à l'extérieur. L'adolescent le plus grand passa son bras autour du cou de Rin et l'attira contre lui plein de fierté et de soulagement s'agitant dans sa poitrine. Il ébouriffa légèrement les cheveux de l'autre. "Tellement fier de toi."
Rin rit, son visage rougit de soulagement. Il posa une main sur la poitrine de Ryûji quand celui-ci commença à ébouriffer ses cheveux et pouffa à haute foix, trop heureux pour protester. "Merci !" Il sourit à son ami avec ferveur. "Je suis vraiment heureux que tu sois venu avec moi. Je n'aurais probablement jamais pu le faire sans toi."
"Abruti" souffla Suguro, exaspéré. "Aies plus confiance en toi-même, tu veux ?" Il relâcha l'autre avec une petite tape sur l'épaule, puis inclina la tête vers la boutique. Son sourire ne s'était pas encore estompé. "Vas-y, et reste-y. Je repars chez toi pour dire la bonne nouvelle à tout le monde."
Rin eut un sourire lumineux et hocha la tête. "D'accord, je serai à la maison dans quelques heures." Il fit signe à Ryûji, le regarda partir, puis revint dans le magasin pour continuer son travail. Cependant, il n'était à l'intérieur que depuis quelques minutes quand il vit par la fenêtre une petite fille courir après un foulard emporté par le vent.
"Rends-le moi !" s'écria-t-elle, "s'il te plaît!"
Rin agi à l'instinct quand l'écharpe se rapprocha. Il couru à l'extérieur du magasin et saisi le tissu rose. "Et voilà." Il sourit et se pencha pour le lui remettre. Mais la petite fille ne sourit pas. En fait, elle semblait regarder le foulard d'un air effrayé. Rin fronça les sourcils alors que le vent se levait, tirant sur le foulard dans sa main...
Mais il n'y avait pas de vent.
Quelque chose vacilla dans sa vision et Rin dû cligner plusieurs fois des yeux avant de pouvoir donner un sens à ce qu'il voyait. Un petit... quelque chose... un monstre, en quelque sorte. Ça ne ressemblait pas à n'importe quel animal qu'il connaissait. Mais avant qu'il n'aie pu regarder plus longtemps, le monstre lui arracha l'écharpe des mains et courut vers la boutique.
"H-HEY!" Rin fit la seule chose qu'il pensait à faire et lui courut après. Mais alors qu'il courait à travers les allées en pourchassant l'écharpe et le monstre, personne ne semblait remarquer la petite chose. Ils le regardaient simplement, traverser la boutique... Rin n'eut pas le temps d'y penser. Il ne fallut pas longtemps avant que le monstre-singe qu'il regardait ne monte sur plusieurs boîtes et ne commence à sauter dessus, faisant vaciller la pile d'avant en arrière.
L'enfant était en-dessous. Quand l'avait-elle suivi ?
La pile était en train de tomber.
Rin s'élança et se jeta sur la petite fille. Il grimaça quand les boîtes frappèrent son dos alors qu'il tentait de se courber de façon protectrice autour de la petite. Mais même après que tout fut tombé, elle était assommée, et une femme accourut vers eux en criant.
"Yui !" cria la femme, tenant sa fille.
Rin n'était pas sûr de ce qui s'était passé ensuite. Il n'avait pas revu le monstre. Son nom avait été arraché de son uniforme. Après avoir été forcé à rendre le tablier, Rin s'était précipité hors de la boutique, serrant la veste étroite et la cravate détachée autour de son cou. Il respirait fort, se rappelant le sourire de Ryûji qui lui disait à quel point il était fier. Il pensa au fait qu'il était retourné dire aux prêtres la bonne nouvelle.
Comment était-il censé revenir aujourd'hui et leur dire que quelques minutes après le départ de Ryûji, il s'était fait virer... ? Et il ne savait même pas ce qu'il avait fait.
Qu'est-ce qui ne va pas avec moi ?!
