Chapitre 24 : C'est une infirmerie ici !

Comme toujours, l'infirmerie était quasi vide, ce qui ne le dérangeait pas, vu qu'il commençait à en avoir l'habitude. C'était si ennuyeux de rester enfermé dans cet endroit barbare aux prises avec des fous qui s'autoproclamaient médecins, mais sans la plupart de ses os, que pouvait-il y faire ? C'était déjà Halloween et il avait l'impression qu'en tant que Gryfondor, il avait raté son année.

- Hey.

- Quoi ? Fit il ennuyé alors que la Sacerdoce venait vers lui. Signe éventuel d'une tragédie le visant. Il avait peur des momies.

- Encore un manque de respect de ce type et je te retirerai des points de maisons.

- De toute façon personne ne sait qui je suis dans ma maison, si ce n'est le type malchanceux qui a perdu tous ses os dès le premier jour de cours. Minable ! Sans parler de tous les cours que je dois rattraper…

- Pour les cours je ne sais pas… Mais pour les os, on va peut-être pouvoir s'arranger.

- Quoi ?! Vous vous fichez de moi ?

- Dix points en moins pour Gryffondor. Je t'avais prévenu.

- Mais… On ne peut pas me soigner. Vous aviez dit que le gars qui avait lancé le maléfice avait une magie instable et que lever le sort pourrait me tuer. Je ne veux pas mourir !

- Eh bien… Tu sais que t'es un vrai trouillard pour un Gryffondor ? Un Pouffsoufle n'aurait pas mieux réagi…

- Ne vous moquez pas de moi. J'ai des responsabilités, un avenir à assumer, on compte sur moi !

- Et tu crois pouvoir faire quoi que ce soit sans colonne vertébrale ? Sans os ? Sans rien ? Si tu n'étais pas soutenu par ma magie, à l'heure actuelle tu ne serais qu'une bouillie informe. Mais tu as de la chance. Le gamin qui a lancé le sort a perdu un duel et le lien magique entre le maléfice et toi s'est brisé. Il n'avait pas la force psychique nécessaire pour te nuire définitivement. Du coup, on va faire repousser tous tes os en moins d'une semaine. Par contre je te préviens, ça va faire très mal. Tu vas souffrir atrocement durant toute la semaine et je ne peux rien faire pour t'épargner ça. Alors je compte sur ton courage légendaire, Gryffondor. Railla-t-elle.

Elle sortit une bouteille de sa robe et en versa une partie du contenu dans un verre avant de le forcer à boire. La réaction fut immédiate, il fut pris de convulsions et tenta de tout vomir tant le gout était infect.

- On ne recrache pas ! Tu ne crois tout de même pas que c'était du jus de citrouille ?

- Qu'est-ce que c'est que ce… cette merde ?

- Du poussos. Fit Sacerdoce d'un ton froid. Cette merde comme tu dis a été inventé il y a moins d'un an et tous les hôpitaux du monde tentent d'en obtenir le monopole. Comme je suis proche du maitre potion qui a inventé ce petit bijou, il m'a fait cadeau de la recette. Je pense qu'il va bientôt en faire le don à tous pour que chacun puissent la brasser. Tes os vont repousser en un rien de temps et tu pourras sortir d'ici, je t'ai assez vu pour toute une vie, gamin…

- Je…merci. Fit-il les yeux brillants, pleins d'émotion. Il allait enfin pouvoir débuter véritablement son année après ça. Ca le rendait si heureux rien que d'y penser.

- Ne me remercie pas, je ne suis qu'une médicomage qui fait son travail. Je ne l'ai fait ni pour toi, ni pour tes parents, mais pour…

Lupus Sacerdoce fut sèchement interrompue par l'arrivée d'un groupe de sorcier paniqués et résolus. Trois corps lévitaient jusqu'à des lits et vu le regard que leur lançait la médicomage, c'était loin d'être de bon augure.

- Ictus… Je crois qu'on risque d'avoir besoin de toi. Fit-elle sans départir de son aplomb. On a un mort.

C'était le petit matin et la fratrie Sacerdoce était lessivée. Ils avaient dû jongler entre autopsie, traitement des patients, surveillant l'infirmerie pour ne pas les éprouver, garantir leur sommeil et éviter qu'un paparazzi ou n'importe qui d'autre puisse les prendre en photo pour alimenter la une du lendemain qui promettait.

Au petit matin, un groupe d'aurore à l'air intrépide et athlétique franchit les portes de l'infirmerie ce qui réveilla aussitôt les Sacerdoce qui étaient à deux doigts de sortir leurs baguettes. Mais ils cessèrent leurs gestes lorsqu'ils se rendirent compte de qui ils avaient en face d'eux. Fatigués, les yeux injectés de sang et des cernes descendant jusqu'au nez, ils seraient bien avisés de boire une potion de l'œil vif pour tenir le reste de la journée.

- A ce que je vois, on ne m'avait pas trompé. Vous avez conservés un bel instinct de guerriers. N'est-ce pas, Hans et Gereta Arztmann ?

D'un coup, le frère et la sœur sortirent leurs baguettes en les pointant droit sur les aurors. Lesquels répliquèrent automatiquement en sortant les leurs, se demandant de qui allait fuser le premier sortilège.

- Baissez vos baguettes vous autres. Vous ne faites pas le poids contre eux, ils sont au même titre que moi, des héros de guerre. Mais il est juste extrêmement risible de retrouver votre trace dans une école pleine d'enfants…innocents. Surtout lorsqu'on sait que vous avez étudiés les arts noirs à Dumstrang.

Cette remarque fit sortir Lupus de sa réserve et faillit la faire invoquer milles maléfices si son frère ne l'avait pas stoppé.

- Tu es consciente qu'utiliser des sorts noirs ne fait que réduire ta durée de vie et nous mettre en péril ?

- Ils savent qui nous sommes et sans doute ce qu'on a fait. Je refuse de retourner là-bas et de revivre cet enfer… Mein Bruder…

- On est en Angleterre ici ! L'Allemand est interdit.

- Thésée Dragonneau… Nous ne cherchons pas à faire du mal à qui que ce soit, si ce n'est vivre des jours tranquilles en sécurité, ici en Angleterre. Je doute que vous soyez venus ici pour nous. Allez donc accomplir votre travail au lieu de nous agresser de la sorte !

- Ictus… Fit Lupus.

- Que se passe t'il ?

- Mister Grantschester s'est réveillé, je dois lui administrer son traitement. Et on doit encore soigner Miss Grey et Mister Jedusor. Hier nous n'avons pu que leur prodiguer le minimum des soins et désinfecter les plaies. Maintenant, c'est du sérieux. Occupes toi d'eux, je vais me charger de cette tâche.

- Bien…

Lupus prit donc son nécessaire et se fraya un chemin jusqu'aux lits pour soigner ceux qui en avaient besoin. Ictus quant à lui croisa froidement les bras et leur lança des regards qui auraient pu lancer des éclairs. Il détestait les aurors et tout ce qui avait à trait à l'autorité. Ils avaient eu beaucoup de mal à fuir l'Allemagne pour rejoindre l'Angleterre et juste à la fin d'une guerre en plus… Bien qu'une nouvelle ait commencé depuis.

Mais il est vrai qu'en 1918, le nom des Arztmann était connu sur le front et faisait trembler. Le frère était un très puissant Dammerung (Auror) et la sœur une prodige de la médicomagie. Lors de la première guerre mondiale moldue qui éclipsa le grand conflit qui déchira l'Europe sorcière, on les voyait sur tous les champs de bataille. Mais tout ceci n'appartenait qu'au passé désormais…

- Bon…Vous voulez quoi ?

Les aurores se regardèrent comme si le mec en face d'eux était plus débile qu'eux. Thésée Dragonneau soupira avant de dire :

- Ne fais pas l'imbécile, tu sais sur quoi on enquête. Alors, de quoi est-elle morte ?

- Elle a ingéré du sang de Détraqueur.

Le choc. Ils reculèrent subitement comme si quelqu'un avait dit le mot mangemort. Sauf que ça n'existait pas…encore. Ils notèrent dans une partie de leur esprit ce que ça signifiait.

- Au fait…

- Oui ?

- Au début de cette année scolaire, une autre fille est morte du même poison. Elle s'appelait Gamma Greengrass. C'est peut être lié ?

- Thésée ! S'écria alors Leta qui venait tout juste d'arriver. Apparemment, elle aurait passé la nuit à Poudlard.

- Mon amour… Tout va bien ?

Ictus roula des yeux devant cette scène au combien touchante des retrouvailles. Le monde semblait s'arrêter tout autour d'eux.

- Maria Grey vient de se réveiller.

Elle se réveilla difficilement, croyant sortir d'un long cauchemar… Poursuivie par des détraqueurs, prise au piège par le choc de voir une personne qu'elle connaissait crucifiée à un mur avec des mots l'incriminant et un préfet pour qui elle avait toujours eu le plus profond respect, qui tenta de la tuer en la poursuivant dans les couloirs déserts du château.

Ce n'était pas réel n'est ce pas ?

- Tu es réveillée. Fit alors Leta avec soulagement.

Maria battit les paupières à plusieurs reprises, la lumière l'éblouissait en plus de la douleur qu'elle avait aux jambes. Elle avait dû se prendre un diffindo et ça aurait du la faire tomber à terre pour mieux être à la merci de son meurtrier. Mais si tu tombes, tu meurs.

Elle ne voulait pas mourir… C'est alors qu'elle fut prise de panique. Où était-il ? Etait-elle en sécurité ?

- Poussez-vous ! s'écria alors Lupus alors qu'elle débarquait en courant. Ses pupilles sont dilatées, elle nous fait une crise ! Tenez la bien !

Certains aurores s'exécutèrent tandis que Lupus Sacerdoce lui fit boire du filtre de paix. Lentement, les secousses s'amenuisèrent et des papiers qui s'étaient mis à voler par magie retombèrent au sol, laissant l'infirmerie dans un état pas possible. Ictus lança très vite des reparo alors qu'on mit la jeune fille en position assise en ajustant les oreillers. Elle respira doucement, plus calme, alors qu'il y avait tout un tas de personnes inconnues autour d'elle.

- Qui êtes-vous ?

- Je suis Leta Lestrange, tu ne te souviens pas ? C'est moi qui t'es amenée à l'infirmerie. Tu as fait irruption à la fête de Slugorn en prétendant que quelqu'un voulait te tuer en utilisant un impardonnable.

A ces mots, Maria sera les draps très forts, les lèvres pincées et les yeux exorbités comme si elle revoyait toute la scène.

- Tu vas bien ? Fit calmement Leta.

Aucune réponse.

- On n'a qu'à demander aux autres. Fit simplement Thésée Dragonneau.

- Mister Jedusor ne s'est pas encore réveillé. Fit froidement Lupus. Si ce que miss Grey a dit est vrai, alors il aurait subi un endoloris de plein fouet, à un si jeune âge ! Vous rendez vous compte ? Le moins que vous puissiez faire serait de le laisser récupérer en paix.

- On a une enquête à résoudre ! répliqua froidement Dragonneau. Il faut bien que quelqu'un nous raconte en détail ce qu'il s'est passé et une seule version n'est pas suffisante.

- Qu'a donc dit le préfet ? Demanda alors Leta

- Des foutaises ! soupira Dragonneau. Il prétend que cette fille, fit il en pointant maria du doigt, aurait tué sa bien aimé. Il estime avoir fait tout ceci dans le but de la venger. Mais c'est complètement stupide. Regardez là, quel âge a t'elle ? Onze ans ? Comment voudriez-vous qu'une première année arrive à tuer une septième ? Et qui serait assez stupide pour laisser une preuve de son forfait juste en dessous du cadavre en y ajoutant son nom ? Et l'empoisonner avec du sang de détraqueur en plus ! Savez-vous à quel point il est difficile de s'en procurer et pire encore, à en importer en Angleterre ? Il est impossible que cette gamine soit coupable. Mais elle doit savoir quelque chose. J'y pense, vous avez dit qu'une fille serait morte en début d'année du même poison, étaient-elles de la même maison ?

A ces mots, ils entendirent Maria murmurer :

- Gamma Greengrass est morte. Je ne la connaissais pas mais… Elle est morte à cause de moi !

Après ça, elle s'emmura dans un silence glacial tout en tremblotant comme une feuille. Lupus et Ictus repartirent dans leurs bureaux en laissant les aurores décider de ce qu'ils allaient faire. Thésee était d'avis de mettre en détention Mulciber et d'attendre quelques jours que les deux autres enfants aient repris leurs esprits. Ils avaient déjà quelques pistes comme par exemple le sang de détraqueur ou la présence de ceux-ci à l'école, ce qui avait mis dans une rage folle le si placide directeur Dippet.

- Nous allons partir. Tu viens ? Fit il à l'attention de sa fiancée.

- Je ne sais pas. Peut-être aurait-elle besoin d'une présence réconfortante à ses côtés lorsqu'elle se réveillera ?

- Hum….

C'est à cet instant précis que les portes de l'infirmerie s'ouvrirent en grand et qu'un sorcier à l'allure froide et imposante pénétra en ces lieux, rabaissant d'un seul regard ceux qui osaient contester sa présence.

- Pardonnez mon intrusion, mais j'ai cru entendre quelque chose de sacrément risible, à en faire rire un gobelin. Qui exactement est une présence réconfortante ici ?

- Anoir… Fit Leta en un soupir, prise d'émotion.

- Black ! s'écria Dragonneau. Que fais-tu ici ?!

- Je suis le directeur de la maison Serdaigle et le protecteur de cette enfant. J'ai toutes les raisons du monde de me trouver ici. Dumbledore se trouve encore au ministère à discuter de l'affaire avec vos supérieurs. Je m'y suis tellement ennuyé que je suis revenu. Au lieu de tourmenter ma protégée, vous devriez arrêter Ménétios Mulciber et l'envoyer à Azkaban. Il a lancé un impardonnable, je n'ose imaginer ce qu'à bien pu ressentir ce si jeune sorcier, (il montra Jedusor du doigt) suite à ce sort, c'est un scandale !

- Mais, s'il avait une raison…

- Une raison ! S'exclama Anoir hors de lui. Aucune raison ne peut justifier l'emploi d'un sortilège impardonnable. Ménétios Mulciber était parfaitement conscient de ce qu'il s'apprêtait à faire et il l'a fait dans le but de faire souffrir voir de tuer ma protégée. Telle est la loi.

- Tss… Toi qui semble avoir réponse à tout pourrait bien m'expliquer les tenants et aboutissants de cette merde sans nom ? On en parle presque partout en Europe. L'influence des Grey est considérable ici comme ailleurs. La situation est délicate pour nous aussi.

- Pourquoi ? Railla Black. Serais tu pris entre ton désir de faire respecter la loi et celui de ne pas déplaire aux Grey ou bien serait-ce le ministère ?

- Anoir ! S'exclama Leta. Les choses sont plus complexes que tu ne le crois.

- Je ne suis pas un Gryffondor, moi. Répliqua sèchement Anoir Black.

N'y tenant plus, Thésée Dragonneau lança le premier maléfice, auquel répondit aussitôt le directeur des Serdaigles. Le reste des aurores tentèrent de les arrêter mais ils n'y parvinrent pas. Dire que Thésée Dragonneau était connu pour être le plus puissant des aurors, mais imaginer un seul instant qu'un autre qu'albus Dumbledore puisse le bloquer de la sorte. Impressionnant.

Les échanges étaient intenses, il était fort probable que ce soit personnel pour chacun d'eux. Mais pourquoi se livraient ils ainsi en duel, en plein dans une infirmerie où des élèves affligés se reposaient ?

- Arrêtez tous les deux… Supplia Leta. Arrêtez.

C'est alors qu'Ictus sortit furieux de son bureau, son aura magique lançant des bourrasques aussi tranchantes que des lames.

- Ici, c'est une INFIRMERIE ! J'exige que vous sortiez TOUS ! Ne m'obligez pas à vous y forcer.

A moitié effrayé par tout ça, les aurors et Black sortirent de l'infirmerie pour ne pas dire qu'ils s'étaient faits jeté sans ménagement sans avoir la grâce d'atterrir sur leur derrière. Blessés dans leur fierté, les deux hommes se relevèrent et s'époussetèrent dignement avant de se battre pour savoir lequel d'entre eux aiderait Leta à se relever. Anoir reprit sa main avec dédain et partit de son côté avant de dire :

- Cette femme est une sirène, Dragonneau. Maintenant qu'elle t'a attiré vers elle il ne te reste plus qu'à sombrer. Les lestranges ont toujours été de si formidables aliénés. On ne peut qu'être attirés par eux, avant de s'en mordre les doigts et de maudire le jour de les avoir rencontrés.

A suivre…