Dernier chapitre!!!

merci Alexiel974 pour ta fidélité dans la lecture et dans tes remarques! Une longue fic (160 pages tout de même ) lol mais ça fait plaisir de se savoir lu!!

bonnes fêtes à tout le monde!!


Conscient de l'agitation qui était en train de se passer, ou bien, juste par soucis de contradiction, Johnatan prenait un malin plaisir à ressortir tout ce que son père s'évertuait à ranger soigneusement dans son sac. Rien n'y échappait. Les chaussettes roulaient en boules étaient l'objet de prédilection du petit garçon qui les lançait à son père une fois qu'il avait le dos tourné. Les chemises, pantalon, ou autre vêtements étaient quant à eux tout simplement dépliés.

- « Jo! » tempêta le militaire en recevant une fois de plus une chaussette sur la tête. « Mais tu es intenable ma parole! »

Alors que le ton sévère de son père aurait dû l'alerter, au contraire, le petit garçon ria aux éclat, tapotant dans ses mains.

John soupira, oubliant vite fait bien fait l'idée qui venait de traverser son esprit. Non, lui faire avaler un somnifère n'était pas la solution.

- « Allez bonhomme, grimpe là et ne bouge plus! » ordonna t-il en posant son fils sur le lit.

N'ayant rien à porter de main, Johnatan commença à gesticuler sur le lit, son père le remarquant, il lui donna une balle en mousse histoire de lui occuper les mains.

- « Entrez! » fit John en entendant la sonnerie de la porte des ses quartiers.

Les mains dans les poches, Rodney pénétra dans la pièce et s'immobilisa devant John toujours occupé à faire ses bagages.

- « Tu as quelque chose à me dire, Rodney? »

- « Non.. je venais simplement voir si tu avais besoin d'aide »

- « Oh arrête, tu veux essayer de me faire changer d'avis »

- « Et c'est possible? » demanda Rodney, naïvement.

Rodney lut dans le regard que ce n'était pas la peine d'essayer. Sa décision, ou plutôt, leur décision était prise.

- « Rien ne vous fera changer d'avis alors »

John soupira, puis délaissa ses vêtements pour s'asseoir sur le bord du lit. Il appréciait que son ami tente le tout pour le tout pour les faire rester, c'était égoïste, mais comment ne pas l'être dans le cas présent?

- « Il n'y avait pas d'autre moy... » demanda Rodney juste avant de recevoir une balle en mousse sur la tête. « Hey! Je t'en prie Jo, envois moi des projectiles je ne te dirai rien! » aboya le canadien en se touchant le haut du crâne comme si la balle était faite de pierre.

- « Mon fils a parlé pour moi. Tu remarqueras à quel point il est déjà adroit » plaisanta John en envoyant un clin d'oeil à Johnatan.

- « Je remarque surtout à quel point il est toi! Je te souhaite bien du plaisir plus tard. »

- « Voilà pourquoi tu l'apprécies autant! »

- « C'est vrai que j'adore qu'on me fasse tourner chèvre, les Sheppard, grand ou petit sont très doués pour ça! »

- « C'est ce qui fait notre charme! »

- « Comme on dit, un visage d'ange mais une âme de démon! »

John ne répliqua rien, préférant imiter son fils, il s'empara d'une paire de chaussette pliée en boule qu'il envoya en pleine figure de Rodney.

- « C'est bien ce que je disais! Bon ça suffit maintenant! »

Au lieu de s'excuser, John éclata de rire. Bon sang ce que ces chamailleries avec Rodney vont lui manquer! Comme on dit : qui aime bien, châtie bien; un dicton qui résumait plutôt bien leur amitié hors norme, mais dans le même temps, paradoxalement, c'est ce qui la rendait si précieuse aux yeux de John.

- « Sérieusement...Elizabeth et toi êtes sûrs que c'est la seule solution. Vous êtes vraiment obligé de partir? »

Ils n'avaient pas pris la décision de quitter Atlantis de gaieté de coeur, ni sur un coup de tête. En fait, c'était la seule solution qui s'était présentée à eux. Comme une évidence. S'ils souhaitaient aller de l'avant, faire table du passé sans pour autant l'oublier, Elizabeth et lui devaient ré-apprendre à se faire confiance mutuellement, ce qui était impossible ici. Bien que Atlantis fut le témoin de la naissance de leur amour, de leur histoire et qu'elle avait même assisté à la naissance de leur enfant, la cité avait dans le même temps largement contribué à détruire leur relation. Trop de souvenirs les rattachaient ici, ils devaient en construire d'autres, ailleurs.

- « On a besoin de se retrouver dans un lieu... neutre... mais ce n'est que provisoire. »

- « Oui, je sais tu me l'as dis »

Les deux hommes se regardèrent en silence, chacun le savait, ce provisoire risquait de s'éterniser, mais au lieu de dire clairement ce que l'un pensait et ce que l'autre redoutait, ils préféraient faire semblant. Faire semblant que le départ n'était pas définitif, que ce n'était que des vacances, de longues vacances.

- « Et tu devrais être content. C'est Carter qui va prendre la direction provisoire. »

- « Oui c'est vrai... je suis content de revoir Sam »

- « Tout se passera bien et pour moi ça ne change pas grand chose, tu t'es bien passé de moi pendant deux ans alors que je sois là ou pas.... »

- « T'es vraiment un crétin quand tu t'y mets! »

- « Ok, c'est du mauvais goût. »

- « Absolument! »

Un soupçon de gêne s'installa entre les deux hommes. Le moment était venu, ils le savaient. S'ils voulaient se dire les choses du fond du coeur en privé, ils devaient le faire maintenant et non plus tard en salle d'embarcation. Rodney leva enfin les yeux sur John, et ému, il lui dit :

- « Prends soin de toi, de Elizabeth et.... de la guimauve »

- « Mon fils n'est pas de la bouffe mais... je te le promets. Ça vaut aussi pour toi, Rodney. »

Oubliant leur côté homme macho qui ne montre jamais ses sentiments, ils se prirent dans les bras, une accolade au départ hésitante, puis ils s'enlacèrent franchement comme le ferait deux frères. N'aimant pas être mis à l'écart, réclamant lui aussi de l'attention, Johnatan se manifesta en criant tout fort:

- « Papa! Rodney! »

- « J'y crois pas! Ce n'est que maintenant qu'il se décide à ne plus écorcher mon prénom » grinça Rodney.

- « Qui n'est que ton deuxième prénom en fait le vrai étant... »

- « Mer! » cria Johnatan en tapant dans les mains.

- « John?! »

- « Pour une fois je n'y suis pour rien » se défendit John en levant les mains.

- « Mais bien sûr.... »

Un raclement de gorge mit fin à ce joug verbal. Ronon se tenait debout à l'embrasure de la porte, se demandant certainement s'il devait rester ou partir. Le regard de Rodney passa de John à Ronon puis revint à nouveau vers John

- « Euh... John si tu me le permets je vais prendre Jo avec moi histoire... histoire de profiter encore un peu de lui. » bafouilla Rodney en prenant le petit dans les bras.

Ce n'était qu'une technique pour les laisser discuter tranquillement, personne ne fut dupe mais personne ne le releva non plus.

- « Je viens de parler à Elizabeth » fit Ronon sans préambule.

John hocha de la tête, la jalousie s'insinuant comme un venin en lui en dépit de ses efforts pour la chasser. Une réaction pitoyable mais qu'il ne pouvait malheureusement contrôler.

- « Je lui ai fais mes adieux. »

- « Ce n'était pas nécessaire... »

- « Tu le sais comme moi qu'il n'y aura pas de retour. Ce n'est qu'un allé simple »

Ronon attendit jusqu'à ce que John lui donne au moins un signe d'assentiment, ce qu'il fit par en clignement des yeux.

- « Je suis heureux pour vous »

La déclaration du Runner émut John plus qu'il ne le laissa transparaître. C'est comme s'il avait besoin d'entendre ces mots, de ressentir la franchise de cet homme pour, non pas pour lui pardonner, mais pour accepter le processus qui conduirait peut être à cette fin un jour.

- « Tu n'as pas essayé de dissuader Elizabeth? »

- « De ne pas renouer avec toi? De ne pas partir? Au contraire, je la soutiens... même si la conséquence est que je perd une grande amie. »

John hocha la tête. Il prit une inspiration aussi profonde qu'il le put, se préparant à dire une chose qu'il n'aurait jamais dite avant et même, qu'il n'avait jamais pensé jusqu'à son introspection récente.

- « Merci d'avoir pris soin d'eux durant ces deux ans... c'est à mon tour de le faire. »

- « Je l'espère » fit Ronon avant de tourner des talons.

Ce serait un trop gros défit à la logique de chercher pourquoi John ne disait rien, se contentant de le regarder partir, le visage impassible comme si le fait qu'il ne reverrait probablement plus le runner ne lui faisait ni chaud ni froid.

Au moment de passer la porte, Ronon se retourna une seconde, un sourire sur les lèvres.

- « Je sais, moi aussi j'aurai aimé que ça se passe autrement. »

Comment avait-il deviné ses pensées...?

OoO

Au début des temps, un temps où l'homme ne foulait pas encore notre terre, il y eut dans l'enfer de la nuit un éclair. Un éclair qui déchira le ciel et enflamma un arbre. De ces cendres naquit l'oiseau de feu, qui déjà formé, leva fièrement son bec et déploya ses ailes. Et comme une comète enflammée, il fila à travers les ténèbres pour un vol, une éternité.

Ne pouvant se reproduire et sentant sa fin proche, le phénix construisait un nid de branches, y mettait le feu et se laissait consumer dans les flammes. De ces cendres naissait un autre phénix.

Il naquit de ses cendres, et renaissait de ses cendres. Tel qu'un phénix, il reviendra...

Pendant deux ans, John est passé pour mort aux yeux de tous, une mortalité physique qui n'était qu'un leurre, bien que moralement parlant, c'était le cas. Comment se reconstruire après une souffrance morale? Comment renaître de l'intérieur alors que la petite étincelle en nous semble éteinte à jamais? Comment surpasser cette sensation de vide? Comment accepter la vie alors que l'appel de la mort est la seule voix, comme le chant des sirènes, que l'on veut bien écouter?

Cette renaissance s'est faite graduellement tandis que le voile de l'ignorance se déchirait, tandis que John s'échappait du piège que sont les illusions et son ego. Il a ouvert les yeux, rétrospectivement, douloureusement, de sorte qu'aujourd'hui il est en paix avec lui même et avec les autres. Une paix intérieure qui s'est accompagnée du réveil, ou du moins, de la renaissance de son amour pour celle qui – ironie du sort ou de la vie - l'avait tuée voici deux ans.

OoO

Comme c'était à prévoir, John et Elizabeth ne sont jamais retournés sur Atlantis. Bien sûr la cité leur manquait de temps à autre, nostalgiques, ils se remémoraient les bons moments passés là-bas, mais pour rien au monde ils n'échangeraient le bonheur de maintenant. Atlantis fut sans nul doute la meilleure expérience de leur vie, mais ce n'était qu'une parenthèse dans leur vie. A présent, ils avaient d'autres préoccupations, d'autres centres d'intérêts qui étaient certes primaires et moins importants que le projet de la porte des étoiles, mais cela leur convenait.

Comme aujourd'hui...

Jamais il ne s'était senti aussi vivant qu'au jour d'aujourd'hui, une impression grisante, si excitante alors même qu'il était pris de palpitation, que sa vue se troublait ou que des gouttes de stress perlaient sur son front. Qui dit que John Sheppard aurait pu appréhender le jour de son mariage? Etonnant connaissant cet homme pour qui toute une armée face à lui ne lui faisait ni chaud ni froid! Que redoutait-il au juste? Qu'elle lui dise non? Certainement pas. En fait, John ne savait pas trop pourquoi il stressait autant, c'était probablement une réaction typique de futur marié.

Il passa une main tremblante pour vérifier que les alliances soient bien à leur place, mais ne trouva rien.

- « Merde... »

Il passa alors en revue son poche ainsi que celles de son pantalon. Toujours rien.

- « Là je dois paniquer... »

- « Quoi? » demanda son témoin

- « Les alliances.. »

- « Regarde en face de toi, John »

A un mètre de lui, au milieu de l'autel, un petit garçon d'environ quatre ans, portant un magnifique costume, essayait de défaire sa cravate qui, de toute évidence, le gênait énormément.

- « Johnatan, laisse ta cravate » ordonna son père, soufflant de soulagement en se souvenant alors que son fils avait pour mission de garder les alliances jusqu'au prononcé des voeux.

- « Ça me serre le cou » répondit le petit garçon.

- « S'il te plaît, il y en a plus pour longtemps. »

John s'avança d'un pas et passa une main sur la tête de son fils qui était pour l'occasion impeccablement bien coiffé grace à une tonne de gel exception faite d'une mèche qui pointait derrière le crâne.

- « Euh... Rodney t'as pas du gel. » demanda le futur marié.

- « Oh attends que je regarde, bien sûr que j'ai ça sur moi ainsi qu'un peigne! Non mais franchement tu penses sérieusement que j'ai ça sur moi, regarde mes cheveux »

- « Ok... bon désolé de cet héritage mon fils »

- « Tu as l'air nerveux, respire John on dirait que tu vas t'évanouir. Le pire qui puisse arriver c'est qu'elle ne veuille plus t'épouser ce que je pourrai comprendre... »

Une frappa sur l'arrière du crâne de Rodney fut la réponse de John, ce dernier n'appréciant pas vraiment ce genre d'humour. Surtout maintenant. Il ne fallait pas le titiller.

- « Ce que j'allais aussi dire avant que tu me frappes, ce qui, dois je te rappeler, peut provoquer à long terme un traumatisme.. »

- « Ce qui explique bien des chose. »

- « Bon tu me laisses parler oui! Donc je disais... oui, Elizabeth ne risque pas de se sauver surtout après tout ce que vous avez enduré. Trahison, décès »

- « Rodney! » aboya John peu enclin à ce qu'on lui rappel ces mauvais moments.

- « Vous avez deux enfants, alors l'affaire est dans le sac »

Le regard de John se posa sur son fils puis sur Teyla au premier rang qui tenait dans ses bras un bébé de deux mois tranquillement endormi. Leur deuxième fils : Jason. Le bonheur était quasiment complet, il ne restait plus qu'à officialiser son amour avec leur mère. Une officialisation qui aurait dû intervenir il y a des années, mais ni lui ni Elizabeth en avaient ressenti la nécessité. Le déclic arriva à la naissance de Jason puisque même si la joie avait été au rendez vous, John avait ressenti un pincement au coeur en se rappelant qu'il n'avait pas assisté aux premières heures de Johnatan. Sa demande en mariage n'était pas un moyen de se racheter, mais disons qu'il souhaitait offrir à Elizabeth une preuve concrète de son amour en acceptant de lui confier pour la vie son coeur et sa confiance.

- « Arrête de rêver, John! » lui souffla Rodney en lui donnant un coup de coude dans les cotes.

La musique de la marche nuptiale retentit dans l'église. John n'avait les yeux que pour Elizabeth lorsque, d'un pas volontairement lent, elle remontait le chemin jusqu'à l'autel avec à son bras Ronon. N'ayant plus de parent en vie, la jeune femme avait demandé tout naturellement à son ami de l'accompagner, redoutant toutefois la réaction de John qui, étrangement, ne fut pas celle qu'elle redoutait. Arrivés au pieds de l'autel, le runner embrassa Elizabeth sur la joue et échangea un regard complice avec John.

- « Mes biens chers frères nous sommes ici réunis en ce jour pour célébrer l'union de cette femme et de cet homme... » commença le prêtre tandis que Elizabeth et John se dévoraient littéralement des yeux d'un amour infini.

FIN