Disclamer : Les Animaux Fantastiques et Harry Potter ne sont pas à moi. Ce qui est tant mieux pour les personnages de JKR vu mes tendance à traumatiser mes personnages.

Titre : Crossroads.

Résumé : La vie est composée de chemins qui se croisent. Même la plus petite action peut chambouler la vie de dizaines de personnes sans que l'on s'en rende compte.

Note : Pour les phrases tirées du film, je me suis appuyée sur le texte du film (un bon complément pour les infimes détails quand au jeu attendu de JKR, mais pas vraiment intéressant si vous espérer voir des passages qui n'ont pas été tourné). Alors pardon s'il y a des menus changements par rapport au film.

Je suis de retour, alors, voici le chapitre de cette semaine.


Chapitre 25 : Savoir qui est l'ennemi et ne pas le quitter des yeux.

Extrait d'une éloge funèbre rédigée par Jimmy Walker (1), maire de New-York, publiée le mardi 7 décembre 1926 sur le Sénateur de New-York Henry Shaw Junior, mort dans la nuit du 6 décembre 1926 dans une explosion de gaz.

Du Sénateur Shaw, on pourrait vous dire tellement de choses. Si je devais le décrire en quelques mots, je dirais ceci : c'était un homme d'action, un héros de guerre, un fils et un frère.

Depuis son retour de la Guerre, il a toujours œuvré pour le bien de notre communauté, faisant passer le besoin de ses concitoyens avant ses intérêts propres. (...)

Je dois avouer que lui et moi, nous nous opposions sur certains points comme la Prohibition, mais, je dois reconnaître le respect qu'il imposait à ses pairs, dont moi-même. (…)

Sa tragique mort dans une explosion de gaz encore inexpliquée est un drame pour l'Amérique (…).

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Aaron Hell ne savait pas trop ce qu'il faisait là. Distraitement, il regarda l'heure. Dans quelques instant, nous serions le 8 décembre. Il était déjà arrivé à New-York depuis huit heures et il n'avait rien fait d'autre que de rester dans sa chambre d'hôtel. Il ne savait pas trop pourquoi il était venu. Il n'avait pas reçu de réponse de la part de son beau-frère. À vrai dire, il ne savait pas s'il allait trouver le courage d'aller voir son neveu et sa nièce ou s'il allait une nouvelle fois se dégonfler. Après tout, de ce côté-là, il n'était pas à une lâcheté près. Il y eut un grand bruit venant de dehors, alors, il se dirigea vers la fenêtre et écarta les rideaux de sa chambre d'hôtel. Dehors, une épaisse ombre noire ressemblant à un nuage très lourd d'orage se propageait à vive allure, heurtait les bâtiments, les fracassant sous son poids, causant de multiples dommages. À cet instant, il ne savait pas dans quoi il s'était fourré, en tout cas, il savait que ce n'était pas bon. Il ne pouvait même pas aller s'assurer que Selena et Jonathan allaient bien, ils ne comprendraient pas ce qu'il faisait là. Et pourtant, vu la chose qui était en train de saccager New-York, il aurait eu une bonne raison de courir à leur secours.

Cette ombre, cette chose, percutait si violemment les bâtiments qu'elle faisait trembler toutes les fenêtres à l'entour. C'était terrifiant… Et une excellente raison pour repartir en courant de cette ville. Pourtant, il ne parvenait pas à bouger. Il était comme pétrifié. Il n'avait jamais vu ça, même durant la guerre. Et la Magie pouvait être témoin qu'il avait vu des horreurs en Europe.

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Kaya ne savait pas quoi dire, ni quoi faire. Elle avait raconté son histoire tout en sanglotant. Qu'elle soit soulagée d'être enfin en sécurité n'était pas une raison suffisamment bonne pour qu'elle pleure devant la grand-mère de sa meilleure amie. Elle lui raconta tout. Du comportement étrange de Selena à son arrivée à New-York, sans oublier le départ précipité qu'elle avait dû faire sur l'impulsion de sa marraine. Elisabeth Graves avait exactement la même plissure au niveau des yeux que Léna quand cette dernière devait annoncer quelque chose de difficile. Et comme sa petite-fille, elle choisissait les mots qu'elle allait dire avant de parler.

-Maura O'Brien est morte, lui révéla madame Graves. Il semblerait donc que sa dernière action ait été de vous protéger…

Ekaterina n'entendit pas la suite. Elle avait l'impression que le monde venait de perdre sa stabilité. Elle avait l'impression de ne plus savoir ni quoi dire, ni quoi faire. À cet instant, elle perdit le peu de contrôle qu'elle avait d'elle-même.

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Elle n'arrivait pas à croire ce qu'elle voyait et entendait. En tant que Présidente du MACUSA, elle avait vu et entendu pas mal de choses au cours de sa carrière. Mais, rien l'avait préparé à ça. Il avait vu aucun signe qui aurait pu la mettre en garde. Pourtant, elle savait que c'était la vérité. Les évènements de ce soir étaient trop clairs dans sa tête pour que ce soit un mauvais rêve. Lorsque l'Obscurus (2) avait recommencé à frapper, dans un déchainement de violence nouvelle et incontrôlée, elle avait bien dû se rendre à l'évidence de Dragonneau avait raison et que le coupable était bel et bien un Obscurial hors de contrôle. Elle avait ordonné aux Exterminateurs, l'élite des aurors américains, de l'éliminer pendant que les autres aurors présents à New-York devraient sécuriser la ville et faire en sorte qu'il n'y a pas de victime et que les non-maj's impliqués ne soupçonnent pas la nature magique des évènements. Quelques heures plus tard, c'est à la station City Hall qu'on avait pu neutraliser la menace, l'empêcher de nuire de nouveau, alors qu'elle-même venait d'arriver sur place pour diriger ses troupes. Et maintenant, elle pouvait entendre très, trop clairement son chef de la Sécurité Magique remettre en cause son ordre de l'arrêter quelques soient les moyens nécessaires. Ce n'est pas une chose que ferait Percival Graves en temps normal. Il était plutôt du genre à régler leurs différents à l'abris des regards dans un bureau, pas devant ses hommes, leurs hommes et au cours de l'action.

-Il était responsable de la mort d'un non-maj'. Il a mis notre communauté en péril. L'une de nos lois les plus sacrées a été enfreinte, lui rappela-t-elle dans un vain espoir qu'il revienne à la raison avant qu'il ne soit trop tard.

Séraphine n'arrivait pas à croire ce qui était en train de se passer. Percival Graves, l'un des plus acharnés défenseurs de la loi et de l'ordre semblait se moquer des conséquences catastrophiques des actes de l'Obscurus. Actes qui mettaient en danger aussi bien les non-maj's que les membres de la communauté magique. C'était… Inconcevable. Et pourtant… Elle voyait que les Aurors les entourant témoignaient eux-aussi de leur étonnement. Pourtant, le monde semblait se moquer de l'étrangeté de ce moment, la Terre continuait de tourner, elle voyait les premières lueurs du jour pointer à travers le plafond détruit de la station. Certains des chandeliers n'ont pas survécu, paix à leur âme, se prit-elle à penser… Incongrument.

-Une loi qui nous contraint à nous terrer comme des rats. Une loi qui nous ordonne de cacher notre vraie nature. Une loi qui exige que ceux qui lui obéissent rasent les murs de crainte qu'ils ne soient découverts. Alors, je vous le demande, madame la présidente… protesta Percival.

Séraphine n'arrivait pas à comprendre comment elle avait pu passer à côté de ça, mais surtout, comment un homme tel que Percival Graves pouvait se mettre à tenir de tel propos. Cela ne ressemblait pas du tout à l'homme qu'elle avait appris à connaître à force de travailler à ses côtés durant son premier et, maintenant, son second mandat.

-Je vous le demande à tous. Qui cette loi protège-t-elle ? Nous ? Ou eux ? Demanda-t-il à l'assemblée en pointant vaguement les non-maj's.

Puis, tournant les talons, il rajouta une dernière phrase :

-Je refuse d'obéir plus longtemps.

Elle fit un choix. Ce n'était pas un choix facile. De part le lien de confiance entre les Aurors et le Directeur de la Sécurité Magique, elle n'était même pas certaine d'être obéie, mais, elle n'avait pas le choix. À cet instant, il n'y avait qu'une seule bonne décision possible. Alors que Graves poursuivait son chemin, elle donna l'ordre sans lâcher son ennemi des yeux.

-Aurors, confisquez sa baguette magique à monsieur Graves et escortez-le jusqu'au…

Un mur de lumière blanche bloqua le chemin de Graves. En souvenir des années où ils avaient travaillé ensemble et par respect pour sa famille, Séraphine espérait qu'il allait se rendre sans faire d'histoires. Graves fit demi-tour d'une démarche assurée. Les aurors lui faisant face l'attaquèrent, mais, il repoussait leurs attaques et continuait à gagner du terrain. Malgré sa peur, Séraphine appliqua le conseil qu'il lui avait donné lorsqu'elle commençait à la présidence du MACUSA : toujours savoir qui est l'ennemi et ne pas le quitter des yeux. Les aurors tombaient l'un après l'autre à côté d'elle, et elle sentait qu'allait venir le moment où elle allait devoir se battre en sachant déjà qu'elle ne pourrait pas gagner ce combat.

Ce qui s'est passé ensuite restera confus : une mêlée générale où les sorts fusaient dans tous les sens et les aurors tombaient. Tout ce qu'elle avait réalisé sur le coup était que la riposte salvatrice vint de l'endroit où Tina Goldstein et Dragonneau s'étaient réfugiés. L'anglais lâcha une de ses créatures : un immense papillon à griffes, à tête squelettique, qu'elle ne connaissait pas, sur Graves. Puis, la présidente ne savait comment, il l'attacha serré avec un lien d'apparence caoutchouteuse et très légèrement doré. Percival essaya de se défaire de ce lien, puis, il trébucha, tombant à genoux, laissant tomber sa baguette.

-Accio ! Cria Tina Goldstein pointant sa baguette vers Graves.

L'auror rétrogradée sortit de l'ombre, la baguette du prisonnier vola dans sa main, accompagnée de Norbert Dragonneau. Ce dernier pointa sa baguette sur Graves et prononça un seul sort. À cet instant, la présidente ne savait pas encore à quel point cette simple formule allait tout changer.

-Revelio.

C'était un sort d'annulation de métamorphose. Elle ne comprit pas tout de suite l'utilité d'un tel sort. Mais lorsque les cheveux de jais grisonnants sur les tempes commencèrent à virer au blond, elle réalisa. C'est avec un sentiment d'horreur qu'elle vit l'homme prendre sa véritable apparence. La Présidente Picquery s'avança vers lui, cachant son trouble du mieux qu'elle le pouvait. Depuis quand ce n'était plus Percival Graves qui la conseillait ? Depuis quand avait-elle été aveugle ? Trop longtemps. Par son ignorance, elle avait mis en danger les peuples qu'elle avait juré de protéger. Elle était tellement obsédée à regarder les dangers pouvant venir d'Europe qu'elle n'avait même pas vu l'ennemi qui était tout juste à côté d'elle. Calmement, elle s'avança vers ce criminel.

-Vous croyez que vous me garderez prisonnier ? Dit-il d'un ton bravache.

-Nous nous y emploierons, monsieur Grindelwald.

Le mage noir la regarda sans sourciller. Un instant, elle eut envie de reculer, mais, elle réussit à ne pas bouger. Elle pensa à tous les signes qu'elle avait manqué, à toutes les choses que ce criminel avait appris à son contact, dans ses hautes fonctions au MACUSA. Mais, surtout, à la question cruciale : qu'avait-il fait du véritable Percival Graves ? Elle entendit une autre chose que lui avait dit le vrai Graves : « La difficulté de savoir qui est l'ennemi vient du fait que chacun d'entre nous possède une monstre tapi au fond de son âme. Nous ne voulons pas voir notre propre noirceur, et par conséquence voir celle des autres s'avère compliqué ». Il avait eu raison. S'il y avait eu des signes, inconsciemment, elle n'avait pas voulu les voir, alors, elle n'avait rien vu. Et aujourd'hui, un homme de bien en avait fait les frais.


(1) James John Walker, plus connu sous le nom de Jimmy Walker (né le 19 juin 1881 – mort le 18 novembre 1946) était membre du parti démocrate. Il fut membre du New York State Senate de 1915 à 1925, puis maire de New-York de 1926 à 1932. Ses deux mandats au Sénat furent marqués par sa forte opposition à la Prohibition tandis qu'il dut démissionner de son second mandat à la mairie, le 1er septembre 1932, sous la pression du gouverneur Franklin Delano Roosevelt à la suite de son implication dans un scandale de corruption. Il prit la fuite pour l'Europe pour éviter les poursuites.

(2)Un Obscurus est la magie d'un sorcier, appelé Obscurial, ayant rejeté sa magie à cause de persécutions. Cette magie devient un parasite doué d'une vie propre agissant, du moins au départ, sans que l'Obscurial ne le réalise.


J'espère que vous avez aimé ce chapitre.

À la prochaine.