Bien le bonjour !

Disclaimer : tous les personnages appartiennent à Himaruya.

Tout d'abord je tiens à vous présenter mes excuses pour ce retard de deux semaines... C'est la première fois que ça arrive dans l'histoire de BAD et j'en suis désolée. Sachez seulement que le premier mai, date initiale de sorties, a été une journée difficile sur le plan personnel et que les jours suivants ne se prêtaient tout simplement pas à l'écriture d'une relation amoureuse naissance et encore moins à l'écriture d'une déception amoureuse. Bref. Vous découvrirez tout ça.

Merci très sincèrement pour vos reviews et en particulier aux reviews anonymes en espagnol ! Je suis bien incapable d'y répondre mais la traduction que j'en ai eue m'a fait chaud au coeur, merci !

Je vous laisse avec le chapitre de mai, du coup, en espérant qu'il vous plaira. Disons que je suis un peu plus satisfaite de celui-ci que de tout ce que j'ai écrit dernièrement, donc...


Chapitre XXV : The Almighty Daddy

Mercredi 28 janvier 2015.

Quand Lovino revient de la papeterie après avoir lorgné une bonne partie de l'après-midi sur les carnets et stylos magnifiques qu'il y a là-bas, il trouve l'appartement vide et s'en étonne. Antonio n'a pourtant pas donné cours tard, et puis quand bien même il est déjà 18 heures passé...

Un post-it sur le frigo l'éclaire -à croire qu'Antonio a anticipé la mémoire quelques fois défaillante de son rejeton :

« Bonsoir Lovi ! Ne m'attends pas pour manger, j'ai un rendez-vous... Il y a de la paella au frigo. Bonne soirée ! »

Ah, c'est donc ça. Évidemment. Lovino aurait dû s'en rappeler, pourtant. Ce n'est pas tous les jours que votre père fait une virée au resto avec votre prof de français. Bon, certes, il était temps ! Mais Lovino n'en est pas encore remis. S'il s'est réjoui et se réjouit encore de voir son père sortir de sa vie monastique, il ne peut pas s'empêcher d'être un peu mal à l'aise. Jaloux, peut-être, quoiqu'il n'irait pas jusque là : mais, certes, ne plus être la seule et unique personne dans la vie de son père est une chose tout à fait nouvelle pour lui. Et puis c'est étrange par rapport à la personne qu'il fréquente... Et qui reste la prof de Lovino. Il évite de penser au moment où son père la connaîtra « bibliquement » comme dirait Francis... Lovino secoue la tête pour chasser cette pensée qu'il ne veut tout simplement pas imaginer : il est encore tôt pour ça, Louise et Antonio -à sa connaissance!- n'en sont pas encore aussi loin, et bien qu'il souhaite de tout cœur que tout fonctionne entre eux aussi longtemps qu'une relation rendra son père heureux, chaque chose en son temps : il aura l'occasion de se faire à cette idée en temps voulu.

Il sort le plat de paella du réfrigérateur et verse tout dans un wok avant de réchauffer. Il regarde les gambas frétiller parmi les grains de riz avec un sourire. Même seul, ce sera une bonne soirée avec de la bonne nourriture et puis, un peu de lecture. Il en souhaite de même à son père, si toutefois celui-ci pouvait remplacer la lecture par quelque cours de langues...

oOo

C'est elle qui a choisi le restaurant -un endroit, pour la citer « simple mais sympa où on mange très bien ». Ils ont convenu de se retrouver à la sortie du métro sur le coup de 18h30. Évidemment, il est en avance. D'un bon quart d'heure. Il a essayé de se coiffer et a troqué ses éternelles All Stars pour des chaussures classes, ses jeans et chemises pour un costume sombre et ajusté à la perfection. Il s'entraîne à sourire dans le vide sans paraître crispé par l'anxiété.

Enfin elle émerge de la rame, terriblement ponctuelle. Et terriblement magnifique. Elle porte un pantalon noir aux reflets soyeux sur d'élégants bottillons et un long trench-coat l'empêche pour le moment de distinguer quoi que ce soit d'autre, mais elle est à croquer -comme d'habitude. Ses cheveux sont remontés en un chignon fou qui laisse s'échapper quelques mèches bouclées.

Elle le repère sans peine et accélère le pas pour franchir la distance qui les sépare. Il la prend par les épaules pour déposer sur ses joues les deux embrassades rituelles. Elle les lui rend en riant.

« Je ne me ferai jamais à cette habitude français ! »

« Quoi donc ? »

« Les multiples bisous. Chez moi c'est un, et basta. »

« Ah ! » comprend Antonio. « Je n'y fais même plus attention, depuis le temps. »

Louise recommence à marcher et il la suit.

« Ce n'est pas très loin. »

De fait, elle l'entraîne dans une rue perpendiculaire puis une ou deux artères plus petites pendant deux minutes tout au plus et puis s'arrête devant un restaurant italien à la façade avenante. Il lui tient la porte et elle se prête au jeu de la femme flattée avec un sourire. Un jeune serveur tout sourire les accueille à l'intérieur et elle le salue en italien avec un accent très convaincant qui surprend Antonio.

« Buona sera, donna Louisa. » rétorque-t-il avec courtoisie. « Bonsoir Monsieur. »

« Oh, il le parle un peu aussi, je crois. » sourit Louise.

Le serveur sourit et réitère sa salutation en italien, ce à quoi Antonio répond d'une voix hésitante -c'est tellement plus doux que sa langue natale... Ils suivent le jeune homme jusqu'à une table pour deux et il leur allume une bougie. Antonio ne s'assied qu'une fois Louise installée.

oOo

Tout s'est très bien passé et Antonio, sur son petit nuage de guimauve violette, regagne son appartement vers 23 heures après avoir raccompagné Louise jusqu'au métro. Leur rendez-vous ne s'est terminé que par un chaste baiser sur la joue, mais ils ont tous les deux hésité à s'embrasser en bonne et due forme, avant de se résigner tous deux : il est un peu tôt. Toutefois, Antonio n'est pas triste et pas forcément mécontent de ne pas presser les choses, et s'il avait voulu une consolation, il l'a eue : ils sont tombés d'accord sur un autre point se revoir, manger ensemble à nouveau, passer du temps à deux, bref, ils ont plus ou moins convenu d'un second rendez-vous.

Lorsqu'il arrive dans le salon, il y trouve Lovino affalé dans le canapé, à côté du lampadaire, un livre sur les genoux et la voix grave de Frank Sinatra emplissant la pièce.

« Bonsoir ! » le salue Antonio, tout guilleret.

« Salut. » réplique Lovino d'un air sombre.

« Ça a l'air d'être la joie. »

« Attends, je finis mon paragraphe. »

Antonio n'intervient plus pendant la minute qui suit, jusqu'à ce que Lovino lève les yeux des pages couvertes de lettres pour lui accorder enfin de l'attention.

« Elizabeth éconduisait Monsieur Darcy. » se justifie-t-il.

« Hé, pas de spoil ! »

« Tu as déjà vu le film, benêt. C'était comment, la soirée ? »

« Superbe. »

« J'ai dit la soirée, pas Madame Schoenaerts. »

« Elle l'était aussi. » assure Antonio avec un clin d'œil.

« Je ne m'attendais pas à ce que tu reviennes dormir ici. » le taquine Lovino.

« Lovi ! » s'offusque son père.

« Bha quoi ? Alors, ça y est ? Vous vous êtes embrassés ? »

« Non... »

« Pffff... On embrasse toujours de la même façon que dans les années 90, tu sais, faut pas avoir peur. »

Antonio lève les yeux au ciel et se laisse tomber à côté de son fils dans le canapé.

« Je sais bien, merci. Mais il y a des tas d'autres raisons d'avoir peur de franchir ce pas. Et puis, on n'est pas pressés... Et je t'avoue qu'après tout ce temps, je préfère être sûr de moi et ne pas perdre mon temps et mon énergie pour une relation qui n'en vaudrait finalement plus la peine. »

« Dio santo ! Tu es un saint. J'en connais qui se seraient bien amusés et qui n'auraient pas perdu leur temps s'ils avaient été célibataires pendant tant de temps. »

« Ce n'est pas mon genre. Je n'en avais pas envie, et il fallait que je sois responsable... Élever un enfant, ce n'est pas rien, tu sais ? »

« C'est à cause de moi... ? »

Antonio le dévisage, abasourdi.

« Je te demande pardon ? »

« C'est à cause de moi que tu as passé toutes ces années comme un moine. »

« Mais... Mais non, Lovi. Tu es mon bonheur quotidien, depuis le premier jour, jamais je ne t'aurais échangé contre la moindre conquête amoureuse ! Et ce n'est pas parce que je ne t'aime plus, ou que je vais t'abandonner maintenant que je m'autorise cette relation... On verra si ça mène quelque part d'abord. Pendant toutes ces années, je n'avais tout simplement pas envie. Je n'avais pas la tête à ça, pas le temps non plus, et ça ne m'a pas du tout dérangé, tu comprends n'est-ce pas ? Être devenu père est la meilleure chose qui me soit arrivée dans ma vie, Lovino. Mais je suppose que j'ai enfin commencé à réaliser que tu n'aurais pas toujours besoin de moi pour tout et à toute heure... Rien ni personne ne me fera regretter le célibat, je n'avais aucune envie de compliquer ma vie, ni la tienne, à l'époque, et j'espère ainsi avoir pu te donner autant de temps et d'attention dont tu as ressenti le besoin. Et peu importe comment les choses tournent, si jamais tu ressentais un manquement de ma part, tu me le feras savoir. »

Lovino a écouté toute cette tirade enflammée avec un sourire un peu bête sur le visage. C'est que, son père l'a rassuré, c'est déjà une chose, mais en plus, Antonio est tout à fait adorable à regarder quand il déclame ces mots vibrants avec des étincelles de feu dans les yeux. Ça le réchauffe de l'intérieur et réduit en cendres les moindres traces de culpabilité qu'il a pu ressentir par le passé et jusqu'à ce jour. Ça fait plaisir d'avoir un père aussi exemplaire, Lovino sait qu'il a beaucoup de chance. Dans la situation d'Antonio et à l'âge qu'il avait, combien de jeunes hommes auraient assuré avec autant de brio, de dévouement et d'amour un rôle de père tombé du ciel ? Dont ils ne voulaient pas forcément au début ? Qui n'était pas prévu ? Son père force l'admiration et Lovino lui sera éternellement reconnaissant d'avoir si bien rempli son rôle.

Mais...

Il ne peut pas s'empêcher de s'inquiéter, tout au fond de lui. Ce doute insidieux. Quand il sera passé aux aveux, voudra-t-il encore de lui ? L'aimera-t-il encore de la même façon, sera-t-il déçu ? L'acceptera-t-il ? Il imagine mal Antonio l'abandonner et le mettre à la porte comme un vulgaire parent homophobe, mais...

C'est la malédiction qui vient avec un esprit d'auteur. Les scénarios catastrophes, peu importe s'ils sont invraisemblables, abondent, ne laissent aucun répit, attaquent toujours, détruisent à petit feu. Trop d'imagination.

« Tu me connais, je ne te laisserais pas tranquille aussi facilement. »

Antonio ne s'en rend pas compte, mais le sourire de Lovino a des accents forcés.

oOo

Samedi 31 janvier 2015.

« Tu les aurais vus jeudi matin, on aurait dit des adolescents énamourés... Oh, Lovi, ça ne te dérange pas qu'on passe à la librairie ? Un livre que j'ai commandé est arrivé chez Roderich. »

« Tu crois vraiment que ça me dérangera un jour d'y aller ? »

Le truc de Gilbert, avec l'âge, c'est devenu les marchés bio. Peut-être parce qu'avec la trentaine qui file, il se rend compte qu'il vieillit, et s'il y a bien des choses qu'il n'est pas prêt à abandonner, il se dit qu'un peu plus d'hygiène alimentaire ne lui fera pas de tort... Fini les curry wurst à tout moment et vive la soupe. Ou la choucroute bio, ça ne peut pas lui faire de tort.

Il y emmène Lovino de temps en temps pour que le pauvre étudiant prenne l'air et se change les idées, le samedi matin, avant de s'attaquer à ses devoirs et interrogations de la semaine à venir. Ce samedi est un de ces jours-là. Partis de bonne heure dans le froid et le vent, sous un ciel menaçant, Gilbert a acheté ses légumes de saisons qui répugnent un peu Lovino et, sur le chemin du retour, le parrain suggère un petit détour.

Gilbert lui sourit et ils prennent un chemin bien connu de concert.

Tous deux retrouvent avec bonheur les lieux qu'ils fréquentent depuis presque dix-sept ans maintenant -et pas seulement parce qu'il y fait chaud et sec. Comme toujours, Roderich est derrière le comptoir et lit un livre en attendant le client, et relève la tête lorsque la clochette de l'entrée tinte.

Aussitôt que les yeux améthyste du brun sont sur Gilbert, celui-ci se raidit imperceptiblement. Il se redresse, triture son écharpe pour lui donner une forme présentable, passe une main dans ses cheveux. Lovino assiste à son petit manège sans arrière-pensée, avant qu'une idée ne le frappe. Jamais Gilbert n'a fait attention à son apparence, il a toujours l'air un peu débraillé, même en cours. Est-ce parce que Roderich est un homme élégant et raffiné qu'il veut se mettre à son niveau ? C'est stupide quand on sait que même face au grand patron du lycée, Gilbert assume très bien ses baskets et ses t-shirts de Tocotronic. Un soupçon s'insinue dans la tête de l'adolescent. Il décide d'ouvrir l'œil.

« Gilbert, Lovino ! Bonjour ! Ça faisait un moment... »

« Salut, Roddy. »

Lovino a rarement vu Gilbert sourire aussi largement. Enfin, ce n'est pas exactement ça. Gilbert est du genre à sourire pour un rien, toujours un brin goguenard. Mais là c'est différent. C'est à la fois du bonheur et de la nostalgie, du regret, qu'expriment les lèvres de l'albinos. Comme si en Roderich il voyait un souvenir de jours meilleurs, ou un espoir déçu mais pas encore tout à fait éteint. De plus en plus étrange.

Ils se serrent la main par-dessus le comptoir, avec chaleur et affection, avant d'entamer la conversation sur tout et n'importe quoi, comme à leur habitude -Lovino n'écoute pas, Lovino observe. Il a toujours trouvé étrange que Roderich et Gilbert s'entendent si bien. Comment Gilbert parvient-il à supporter l'aristocratique Roderich quand on sait que les manières l'insupportent ?

« Feli va bien ? » demande la voix du prof d'histoire, quelque part dans les tympans de Lovino.

« Comme un charme. » réplique Roderich.

Lovino note alors qu'il n'a pas demandé comment se porte Elizabeta. Peut-être que ça ne l'intéresse pas. Et puis, ça le heurte en pleine face aussi brutalement qu'un camion qui le renverserait sur la rue. Gilbert est gay. Gilbert regarde Roderich comme la huitième merveille du monde. Gilbert n'a eu aucune relation dans laquelle il s'est sentimentalement engagé du vivant de Lovino. Seize ans, presque dix-sept. Devinez qui il a rencontré presque autant de temps auparavant. Roderich.

« Cazzo. » laisse-t-il échapper dans un murmure.

Tout à leur conversation, les adultes ne lui prêtent aucune attention, ne l'entendent pas. C'est pourtant une énorme révélation sur eux que Lovino vient d'avoir. Gilbert est amoureux de Roderich. Bon sang ! Depuis tout ce temps ! C'était donc ça ! Ces commentaires désabusés sur l'amour, cette impression de cœur blessé, brisé, quand Gilbert évoque une relation ou donne un conseil -souvent cynique d'ailleurs- en matière d'amour !

Seize ans qu'il aime le même homme sans que ses sentiments soient payés de retour. C'est tellement triste... Et tellement beau à la fois. Gilbert sait pertinemment qu'il n'obtiendra jamais rien de Roderich. Mais il l'aime, et en cela c'est peut-être l'amour le plus pur qu'il sera donné à Lovino de contempler dans sa vie.

Lovino s'éloigne, s'enfonce dans le rayon de littérature italienne. Au moins il tourne le dos aux adultes et ça l'empêche de les dévisager avec insistance et la bouche ouverte. Dix minutes se passent sans qu'il ait compris le titre du livre qu'il a enlevé de l'étalage, l'ayant pourtant lu et relu une bonne centaine de fois dans l'intervalle. Gilbert l'appelle.

« Lovi ? Tu prends quelque chose ? »

« Heu... Non non ! Je n'ai besoin de rien pour le moment, désolé Roderich. Je suis aux prises avec Orgueils et Préjugés. »

« En langue originale, j'espère... ? » rétorque simplement le libraire.

Il sait que Lovino restera un client jusqu'à la fin de ses jours et qu'il n'a pas à s'inquiéter s'il n'achète rien aujourd'hui. Son recrutement au berceau s'est montré très lucratif avec les années.

« Évidemment. »

« Alors je ne t'en veux pas. » ironise Roderich avec son flegme habituel.

Gilbert règle son achat et après maintes salutations, les deux clients prennent congé de leur ami et fournisseur en drogue dure que sont les livres.

Une fois à l'extérieur et quelques mètres parcourus sans un mot, Gilbert se tourne vers Lovino et le détaille.

« Ça va, Lovino ? Tu as l'air contrarié. Tout va bien avec Matthew, au moins ? »

« Hein ? Quoi ? Moi ? Matthew ? Oui oui, bien sûr, tout va pour le mieux ! Matthie est adorable et parfait et tout et tout, mais je le savais déjà ! » se défend Lovino, un peu ennuyé d'avoir été ainsi surpris dans ses pensées.

« Pourquoi ce visage morose alors ? »

Lovino ne répond pas. Il cherche ses mots. Il ne peut pas dire à Gilbert qu'il a tout compris, comme ça, platement, sur le ton de la conversation !

« Est-ce que c'est... Parfois douloureux d'aller voir Roderich, pour toi ? Je veux dire, tu vas si souvent à la librairie, mais... C'est du masochisme, Gil, pas vrai ? »

Gilbert exhale un profond soupir.

« Bon, je suppose que s'il t'a fallu autant de temps pour t'en rendre compte c'est que je ne suis pas obvious à ce point... » dit-il, en boutade, mais le cœur n'y est pas. « C'est dur, oui. Quand je suis déprimé d'avance. Mais ça me fait toujours du bien de passer du temps avec Roderich, aussi étrange et, oui, masochiste que ça puisse paraître. »

« Tu lui as dit, ou... ? »

« Hum ? Oh, oui. Il y a bien douze ans de ça. »

Lovino écarquille les yeux. La force de caractère de Gilbert force le respect.

« De mon point de vue, tu peux aborder une déception amoureuse de deux façons : soit tu la laisses te détruire soit tu t'en sers pour te construire. Soit tu te laisses avaler par la rancœur, la tristesse et le désespoir, soit tu te laisses porter par le positif. Des bons souvenirs, des bons moments qu'on peut partager malgré tout. Moi, j'ai choisi la deuxième option. Oui, chaque fois que je le vois me rappelle que jamais je ne serai libre de l'aimer. Mais chaque fois que je le vois me rappelle aussi qu'il m'a accepté et accueilli en dépit de tout, et que c'est une chance. Une chance que je ne veux pas laisser filer, une chance dont je profite à chaque instant. »

Lovino reste silencieux. Il est abasourdi. Gilbert qui prend toujours les choses tellement à la légère... Mais il n'est pas comme ça, pas tout le temps, pas pour tout. On dit toujours que les personnes qui souffrent le plus ont le sourire le plus éclatant. Et qu'est-ce que Gilbert Beilschmidt sinon une boule de lumière et d'énergie à l'état brut ? Lovino a toujours admiré cet homme, mais ses récentes découvertes ne font qu'augmenter cette affection qui, en dépit de la différence de sangs et de noms, n'en est pas moins familiale.

Il ne lui reste plus qu'à être aussi courageux que Gilbert, et parler à son père.


Ce chapitre est tellement autobiographique u.u #lovietlapapeterie #latiradedeGil #imprototale #histoiredemavie

Traductions

The almighty daddy : le papa tout-puissant (anglais - inspiré de la série The Almighty Johnsons, avec Dean O'Gorman *-*)

Buona sera, donna Louisa : bonsoir Madame Louise (italien)

Dio Santo : juron italien

Cazzo : putain (italien)

Notes

Merci à Bey0nd qui m'a éclairée sur le nombre de bisous à Paris. C'est tellement bizarre. En Belgique effectivement on ne fait qu'une bise. D:

Tocotronic est un groupe allemand dont je ne connais qu'une chanson que j'adore : Es ist egal, aber. Checkez :o

J'espère vous retrouver le premier juin ! Je suis quand même à la bourre et je commence les examens dans une semaine, mais... On y croit D: