Harry Potter et le temps des bonnes intentions


(ou : La dernière tentation de Harry Potter)


Remus James Lupin : merci pour ta review, n'hésite pas à en parler autour de toi.
wargate : merci, je continue à publier sur la gazette, mais j'avais pris du retard.
Mary Cooper : ca y est, c'est enfin mercredi. Pour ma part, c'est quand meme passe trop vite.
nicolas : cf + haut
Lunenoire : merci, mais, oui, pauvre harry. Il est pas sorti d'affaire
Shinia Marina : et une réaction d'hermione, une
Philippe Gryffondor : merci
Dumati : désolé si je continue à mettre des petits bouts, mais j'ai pas tant de mou que cela au noveau des chapitres relus.

Bonjour, voici la suite de la dernière tentation, avec le début du chapitre sept. Bonne lecture à toutes et à tous et merci pour vos reviews.

Chapitre sept


Le nouveau monde


Harry loucha à la lueur du soleil. C'était un jour inhabituellement ensoleillé pour un jour de fin octobre à Londres. Il commença à s'éloigner du Chaudron Baveur, et et fut un peu choqué quand il vit son image dans la vitrine d'une boutique. La barbe était plus épaisse que ce qu'il avait voulu. Il avait l'air d'avoir vécu comme un sauvage pendant des années, avec aucun moyen de se raser. Il utiliserait sa baguette pour se raser plus tard. Il avait horreur d'utiliser ses capacités d'animagus pour faire rentrer ses poils dans leurs follicules. D'une manière ou d'une autre, il se blessait toujours avec au moins un poil incarné. La baguette faisait un travail propre pour cela.


Il décida que sa chemise blanche avait l'air assez propre cependant, et qu'elle était raisonnablement peu froissée. Ses jeans noirs étaient discrets, et la longue poche fine sous son genou droit qui contenait sa baguette était très discrète et bien camouflée. Il ne se reconnaissait pas lui-même presque. En espérant que personne ne le reconnaîtrait non plus.


Il alla jusqu'à la même station de métro où Hagrid l'avait pris après avoir fait ses achats pour l'école quand il avait onze ans. Il embarqua dans un train pour la station de King's Cross/ St Pancras. C'était une partie du plan dont il était particulièrement fier, mais il ne pouvait le dire à Draco, Ginny ou à Jamie. Il s'était souvenu que lorsque les Dursley l'amenaient ou le ramenaient de la gare de King's Cross, ils passaient devant la British Library. Elle était juste de l'autre côté de la route, une énorme pile en brique, qui représentait maintenant pour Harry une énorme pile d'informations. Il ne pouvait pas dire aux autres comment il lui était arrivé de se rendre à la British Library, parce que dans cette vie, il n'avait jamais pris le Poudlard Express depuis Londres à Pré-au-Lard. Mais il était néanmoins très content de lui.


Il sortit de la station et s'arrêta, manquant d'être piétiné par les personnes qui étaient derrière lui et qui ne s'attendaient pas à ce qu'il se tienne soudain là où elles souhaiteraient marcher. Puis, il ne put pas y résister. Il n'alla pas vers la bibliothèque, mais vers la gare de King's Cross. Il entra et alla jusqu'au quai neuf, s'arrêtant finalement au point même où Voldemort lui avait lancé le réveil portauloin. Si seulement il l'avait lâché et s'était enfui par la barrière vers le quai neuf trois quarts ! Si seulement il n'avait pas cédé à la tentation et décidé de sauver la vie de sa mère… Il ferma ses yeux, et souhaita se retrouver à ce moment encore, juste comme il l'avait fait tant de fois, refaisant la fin du Tournoi des Trois Sorciers, afin qu'il puisse être égoïste et clamer la coupe pour lui seul, afin d'épargner Cédric.


Mais ensuite il pensa à Jamie. Non, dut-il admettre. Ce n'avait pas été pas simplement la perspective de sauver sa mère. L'idée d'avoir une sœur aussi, l'avait d'une manière ou d'une autre submergé et poussé au-delà de la limite. (Bien sûr, cela n'avait pas aidé qu'il restât sans sommeil pendant presque tout l'été). Il secoua la tête, essayant de se l'éclaircir. Il ne pouvait pas penser à Jamie maintenant. Il l'adorait, mais il ne pouvait pas s'étendre sur ce qui arriverait s'il réussissait à rétablir le cours du temps. Il ne pouvait pas laisser le dégoût l'empêcher de faire ce qui était bien.


Il traversa finalement la route et grimpa les marches de la bibliothèque. Quand il pénétra dans le grand hall d'entrée, il vit un bureau noté INFORMATIONS qui était occupé par une fille très blonde aux racines pas si blondes que cela, probablement une étudiante à l'université. Elle n'avait en tous cas pas l'air d'avoir plus de vingt ans. Il s'avança rapidement vers elle, essayant de ne pas cligner des yeux comme son visage devenait de plus en plus distinct. C'était très désorientant d'avancer sans ses lunettes. Il s'éclaircit la gorge avant de lui parler, dans le but d'obtenir son attention.


« Excusez-moi Mademoiselle, pourriez-vous me dire dans quelle salle je dois me rendre afin de trouver… »


« La British Library de St. Pancras est une bibliothèque destinée aux chercheurs, pas une bibliothèque publique. » l'informa la fille d'un ton monotone. Son nez était enfoui dans un livre. Elle ne semblait pas se soucier de qui était là ou de pourquoi il y était. Elle continua sa récitation. « L'admission à la bibliothèque ne peut pas être garantie. L'accès aux salles de lecture est autorisé à ceux qui ont atteint un point dans leurs recherches où aucune autre bibliothèque ne peut leur fournir de manière appropriée toutes les informations requises, ou qui peuvent faire preuve d'un besoin légitime pour utiliser les fonds pour approfondir leurs recherches. L'admission aux salles de lecture se fait grâce à un Passe Lecteur, qui peut être obtenu auprès du bureau d'admission des lecteurs. »


Harry n'était pas complètement convaincu qu'elle était humaine. Sûrement qu'elle était une création mécanique que le gouvernement britannique avait acheté à Disney ! Elle continuait à lire son livre, tandis que Harry se tenait sur un pied, puis l'autre, incertain de comment procéder. Il se sentait stupide. Il avait pensé que le nom « British Library » avait signifié que c'était une bibliothèque publique. Il ne connaissait aucune autre bibliothèque à Londres. Il savait où trouver la petite bibliothèque de Little Whinging, mais il ne voulait pas passer plus de temps et son maigre budget pour voyager là-bas (et il ne voulait pas risquer de rencontrer un des Dursley. Dans son autre vie, sa tante était bénévole à la bibliothèque, et cela l'aidait à poursuivre son hobby en chef : échanger les commérages du village).


Harry prit une grande inspiration et essaya encore. « En ce cas, pourriez-vous me dire… »


« Les élèves chercheurs et le personnel universitaire » entonna-t-elle « reçoivent un passe pour cinq ans s'ils peuvent produire une des pièces suivantes : une lettre de leur institution, sur papier à en-tête de quelqu'un ayant autorité, signé et daté. Elle devra confirmer le nom du candidat… »


Harry commençait à être si frustré qu'il craignait de faire quelque magie accidentelle qui nécessiterait l'intervention de la Brigade de Réparation des Accidents Magiques. Juste ce dont j'aurais besoin, pensa-t-il, essayant de compter à voix basse pour se calmer.


« … son statut et son niveau d'étude, une les raisons motivées pour avoir accès à la bibliothèque une carte du personnel de l'université, ou un contrat une carte de thésard, une lettre d'acceptation ou un formulaire d'enregistrement qui indique clairement le niveau d'étude. »


« Mais mademoiselle » essaya de dire Harry, « tout ce que je voulais… »


« Les étudiants de niveau inférieur devraient normalement avoir essayé leurs bibliothèques académiques ou locales avant de venir à la British Library. La bibliothèque n'a pas d'exemplaire multiples des livres standards, et ne peut normalement pas supporter les besoins de recherche des étudiants dans les premières années de leur cursus. »


Elle se tut soudain, et Harry poussa un soupir de soulagement. « Tout cela est très intéressant, » mentit-il, « Mais ce que je veux vraiment… »


« Les élèves en fin de cursus » continua-t-elle après avoir tourné la page du livre qu'elle lisait, « qui préparent un mémoire peuvent obtenir un passe annuel s'ils ne peuvent pas trouver les fonds dont ils ont besoin dans les bibliothèques locales et peuvent produire une lettre de recommandation de leur tuteur ou du bibliothécaire de l'académie, datée et signée. Elle devra confirmer le nom du cursus, et donner une liste des items spécifiques requis ou une description des besoins d'utilisation de la bibliothèque, et la liste des autres bibliothèques ayant été utilisées. Si les étudiants ne peuvent pas fournir cette lettre de recommandation, le bureau d'admission des lecteurs discutera de leurs besoins de recherche avec eux, et pourra leur accorder un passe d'un an s'il y a une preuve claire du besoin de l'utilisation des fonds, et que l'étudiant peut produire une carte d'étudiant indiquant son cursus, son année, et les titres des volumes particuliers qui ont été identifiés par le bureau de la Brit.. »


« Allez vous fermer votre putain de gueule ? » lui cria Harry. Sa voix résonna dans l'espace caverneux, et il regarda alentour. La douzaine et quelque de personnes présentes lui adressait des regards surpris, et il vit que la fille dite des INFORMATIONS avait même daigné remarquer qu'il existait maintenant. En fait, elle était très, très consciente qu'il existait. Étant donné que son visage était en grande partie obscurci par sa barbe, il pouvait seulement conclure qu'elle devait adorer les longues barbes noires. Ou peut-être les yeux verts. En tous cas, il était maintenant très déconcerté par la façon dont elle le regardait (il pouvait reconnaître ce genre de regard à peu de distance, même sans ses lunettes), et il souhaitait simultanément avoir dit « Grande » au lieu de « Putain », étant donné qu'il recevait des regards très, très ennuyés de quelques femmes extrêmement guindées, d'une cinquantaine d'années, qui étaient probablement des professeurs d'université assez formidables. Il déglutit. Il avait tant fait pour ne pas se faire remarquer.


« Je, hum, j'essayais juste de trouver un annuaire. J'ai besoin de trouver l'adresse de quelqu'un. Si vous pouviez juste m'indiquer où se trouve la bibliothèque ouverte au public la plus proche… »


« J'ai des annuaires » dit-elle avec avidité, fouillant sous son comptoir. Après quelques instants de grognement, elle sortit un gros annuaire téléphonique, l'air déjà feuilleté. Harry ne pouvait pas voir quelle zone il couvrait parce qu'il manquait la couverture. « Où vit cette personne ? » demanda-t-elle serviablement d'une voix mutine. La différence entre son comportement précédent et celui-ci était comme le jour et la nuit.


« Hum, je ne suis pas sûr… Ses parents sont tous les deux dentistes. Et je ne suis même pas sûr de leurs prénoms… »


« Bien, nous pourrons simplement essayer tous les annuaires. » dit-elle brillamment. Harry avait maintenant l'impression qu'elle cherchait à prolonger sa rencontre avec lui. « Quel est son nom ? »


« Granger » dit-il, puis il épela. « Laissez-moi réfléchir, peut-être qu'Hermione m'a dit quel était le nom de ses parents… »


« Qu'avez-vous dit ? »


« J'ai dit Granger. G R A… »


« Non, comment avez-vous dit que son prénom était ? »


« Hermione. Mais je doute qu'elle soit enregistrée toute seule... »


La fille avait arrêté de regarder dans l'annuaire et regardait maintenant Harry comme s'il était aussi mentalement déficient qu'il pensait l'être. « Hermione Granger ? C'est la personne que vous cherchez ? Dans l'annuaire ? » Le ton de sa voix indiquait que c'était d'un ridicule patent.


Harry se mordit les lèvres. « Oui. Je suis désolé de vous déranger. Je devrais y aller. Si vous pouviez simplement m'indiquer où se trouve la bibliothèque pub… »


Elle passa de l'autre côté du comptoir et le prit par les épaules, puis le tourna afin qu'il soit face à un panneau droit placé sur chevalet. Il ne pouvait pas lire les mots sur le panneau, qui était à environ quinze pieds, alors il sortit ses lunettes de sa poche, abandonnant l'idée de se déguiser en ne les portant plus. A la seconde où ses lunettes étaient sur son visage, les mots redevinrent clairs pour lui.


Représentation Aujourd'hui, Mardi 29 Octobre 1996 à la British Library


HERMIONE GRANGER

Violoncelliste.


Jouera les suites 1,4 et 5 de Bach pour violoncelle.



Auditorium 14h10-15h00


L'esprit de Harry se vida. Il ne pouvait pas penser. Elle était là ! Elle était là, et il était presque parti, pensant qu'il était le plus grand imbécile du monde de ne pas savoir que la British Library ne laissait pas simplement rentrer n'importe qui… Si seulement il avait eu ses lunettes, il aurait remarqué le panneau dès qu'il aurait passé la porte. Il se résolut à ne plus enlever ses lunettes que pour dormir dans le futur.


Il se tourna vers la fille avec excitation. « Quelle heure est-il ? »


Elle regarda sa montre. « Deux heures et demie. »


Le cœur de Harry battait douloureusement dans sa poitrine. « Combien est-ce ? »


« C'est gratuit. Mais le concert a déjà commencé. »


Harry se tourna vers elle, désespéré. « S'il vous plaît ! J'ai fait un long chemin pour la trouver… »


Le fille grimaça. Harry pensa qu'elle avait l'air de souhaiter qu'un garçon ait fait un long chemin pour la chercher elle. Finalement, elle dit à contrecœur. « D'accord. Mais soyez silencieux quand vous rentrez… »


Elle lui indiqua le chemin à suivre jusqu'à l'auditorium, et il essaya d'aller là-bas aussi rapidement et discrètement (en essayant de ne pas avoir l'air d'être pressé) que possible. Il ouvrit l'une des doubles portes juste assez pour se glisser à l'intérieur, mais il fut encore accueilli par les regards hostiles des gens assis sur la rangée du fond. Essayant de prendre un air contrit et désolé, Harry prit un programme du concert et se glissa discrètement dans un siège sur le côté du dernier rang, à côté d'un de ceux qui l'avaient foudroyé du regard. Harry sourit faiblement à la femme d'âge moyen.


Il ne pouvait pas voir la scène car il y avait un très grand homme et une très grande femme, qui semblait être sa femme, assis directement devant lui. L'audience était captivée, absorbant la musique. Il lui semblait qu'elle jouait très vite. Harry regarda le programme qu'il avait pris, encore incapable de croire qu'il l'avait déjà trouvé, considérant ce qu'elle avait fait les quelques dernières années…


Hermione Granger, violoncelliste


Hermione Granger, native de Greenwich, Angleterre, commença à étudier le violoncelle à l'âge de cinq ans. Elle fit ses débuts en solo en 1989 au Festival du Sud-Ouest des Jeunes Musiciens d'Amérique, et en 1992, à l'âge de douze ans, elle fut acceptée à l'Institut Curtis pour la musique de Philadelphie, qui a produit, en proportion, le plus grand corps de musiciens remarquables que tous les conservatoires. Dr. et Mrs Eugène Montgomery-Scott, les philanthropes, ont hébergé Ms Granger dans leur maison à Philadelphie pendant ses études aux États-Unis, comme ils l'avaient fait pour de nombreux autres prodiges de la musique depuis des années.


En 1993, Hermione Granger joua le concerto pour violoncelle de Saint-Saëns avec l'orchestre de Philadelphie, puis avec l'Orchestre Symphonique de Boston l'année suivante. Elle a joué comme soliste avec des ensembles des deux côtés de l'Atlantique : l'Orchestre de Chambre de Crossings, la Symphonique d'Essex, l'Orchestre de Chambre de la Purcell Society et l'Orchestre Symphonique des Jeunes du Kent, pour en nommer quelques uns. En 1995, Ms Granger s'est produite au Carnegie Hall en tant que membre de l'Orchestre à Cordes de New York. Elle a gagné de nombreux prix et distinctions, parmi lesquels la bourse mémoriale Gregor Piatigorsky pour violoncelle, et la bourse John Williams de la Fondation des Jeunes Musiciens, le Prix Bronislaw-Kaper du Philharmonique de Los Angeles, et le premier prix du Concours des Jeunes Artistes du Kent, entre autres. Elle a gagné le Concours Jacqueline du Pré trois années d'affilée.


Durant les étés, Ms Granger a participé à l'École Brava pour Cordes, au Programme de Cordes Estival de Ste Cécile, au Festival de Musique de Sarasota, à l'Académie de Musique de l'Ouest et à l'École de Musique Idyllwild. Ms Granger est retournée dans son Angleterre natale après avoir fait ses études chez Curties plus tôt cette année, mais elle va retourner en Amérique le mois prochain pour interpréter le concerto pour violoncelle de Dvorak au Carnegie Hall avec le Philharmonique de Los Angeles. Chez Curties, elle a étudié avec Daniel Clemmons, violoncelliste du Bernardini String Quartet, et elle a obtenu la bourse de la Fondation Bok.


Ce programme est sponsorisé par les Amis de le Fondation de la British Library.


Harry déglutit. Elle avait été occupée. Il avait de la chance de ne pas avoir attendu plus longtemps pour essayer de la trouver. Bientôt, elle serait à New York, et bien qu'il se soit senti assez intelligent et ravi d'avoir trouvé un moyen pour lui de sortir à Londres un mardi après-midi, il savait qu'il n'avait aucun moyen d'aller en Amérique.


Elle jouait encore assez vite, les notes s'enchaînant les unes après les autres dans une sorte de danse. Harry se retrouva en train de battre la mesure avec sa jambe, fermant ses yeux et devenant une partie de la fuite en avant de la mélodie dépouillée. Puis soudain… c'était fini. Elle finit la séquence de triples croches avec une progression continue en arrière, caressant de son archet une corde qu'elle ne touchait probablement même pas avec sa main gauche, tellement le son était bas et triste. C'était fini. Rien qui ne traîne, qui ne subsiste. Il n'était pas préparé à l'explosion d'applaudissements qui suivit immédiatement.


Il pouvait à peine entr'apercevoir le dessus de tête comme elle se levait et s'inclinait. Il sentit que l'homme qui le foudroyait du regard à côté de lui ferait pire que cela s'il se levait et tendait son cou pour la voir. Tout ce qu'il voyait était un peu de cheveux bruns et un éclair de rouge, pour quelque raison. Ensuite, elle se rassit, prête à commencer (il regarda le programme) le prélude du morceau suivant. Il vit que le dernier mouvement du morceau précédent avait été une gigue, ce qui expliquait l'envie de danser qu'il avait eu quand il l'avait écouté. Il souhaitait pouvoir la voir. Elle recommença à jouer, passa tristement l'archer sur les cordes, produisant des sons trop profonds et pleins pour les mots. Il s'émerveilla lorsqu'elle fit sortir deux tons à la fois de son instrument, spécialement quand cela causait des dissonances. Cela lui donnait ma chair de poule, les cheveux à l'arrière de son cou se redressaient. Il devint de plus en plus nerveux à l'idée de l'approcher, et de ce qu'il voulait lui dire. Elle n'avait aucune idée qu'elle était une sorcière, et pourtant, elle l'était, si puissante, tenant tous ces gens sous son emprise.


Il se pencha en avant et tapa sur l'épaule du grand homme devant lui. « Excusez-moi, » chuchota-t-il, « Pourriez-vous vous pencher juste un petit peu sur votre gauche ? Je ne peux pas voir. »


L'homme se retourna pour le foudroyer du regard et sa femme siffla à Harry. « Êtes-vous un autre de ces jeunes hooligans qui sont seulement ici pour la lorgner ? La musique, c'est pour les oreilles. Si vous voulez matez, allez ailleurs. » Maintenant, elle foudroyait son mari, et plus Harry. Harry se demanda si elle avait l'impression que son mari 'lorgnait'.


Il se leva furtivement et s'avança avec discrétion vers le devant de l'auditorium. Les sièges étaient presque tous complètement remplis, mais il se débrouilla pour en trouver un au milieu d'une rangée qui avait un manteau dessus. Il marmonna « Excusez-moi, pardon, désolé... » à une série de gens qui durent se lever légèrement de leur siège pour le laisser passer, lui donnant à chaque fois un regard noir, jusqu'à ce qu'il atteigne finalement le siège, et puis il fixa significativement le manteau dessus, mais les auditeurs de l'autre côté avaient décidé de studieusement l'ignorer, et personne n'enleva le manteau dérangeant du siège en question.


« Assis ! » siffla la femme derrière lui, faisant faire des 'chut' ennuyés aux personnes près d'elle. Harry haussa les épaules, enleva le manteau et s'assit, le prenant contre lui jusqu'à ce que la femme à sa droite le lui prenne de mauvaise grâce.


Il pouvait voir Hermione assez bien maintenant, et il essaya de ne pas révéler aux gens autour de lui à quel point il était choqué par son apparence. Hermione avait davantage l'air d'être habillée pour aller en boîte de nuit plutôt que pour donner un concert de violoncelle un mardi après-midi. Elle portait un bustier noir et étroit qui semblait s'arrêter au-dessus de son nombril, des shorts noirs très courts et serrés, et des collants noirs presque transparents avec d'énormes Doc Maartens noires. Elle tenait le violoncelle entre ses jambes. Le bout ne reposait pas sur le sol mais sur un petit disque qui était attaché au pied de la chaise, comme un chien en laisse. Voyant la façon dont elle tenait son instrument contre son corps, il sentit sa bouche s'assécher…


Ses cheveux étaient coiffés en ce qui semblait être des milliers de petites mèches, rassemblées ensemble sur sa nuque, lui rappelant la manière dont Jamaïca Thomas était coiffée. Une seule mèche de cheveux qui commençait au-dessus du côté gauche de ses sourcils n'était pas rattachée, pendant en une boucle sinueuse qui touchait légèrement le côté de son visage. Cette longue boucle était teinte en rouge brillant, qui s'accordait avec son fard à paupière… En fait, Harry ne pouvait même pas se rappeler avoir vu Hermione porter du maquillage, et là, elle avait l'air de s'être retrouvée par mégarde dans la ligne de feu lors de l'explosion de la vitrine cosmétique d'un droguiste. Il n'était pas certain du nombre de trous qu'elle avait à chaque oreille, mais une parade de clous courait à l'intérieur de la courbe de chacune, et une seule boucle d'oreille pendante à son oreille gauche avait une longue plume rouge qui faisait écho à sa mèche rouge dansante.


Et puis, il y avait les tatouages qui décoraient ses bras. On aurait dit quelques sortes de créatures rouges et or, l'image tournant autour de ses membres. Harry était sidéré. Il se tourna et regarda le public du concert, voyant un nombre étonnant de jeunes hommes qui avaient aussi l'air d'être habillés pour aller en boîte de nuit. Cela ne semblait pas être la foule habituelle des concerts de violoncelle, malgré la présence de quelques femmes d'âges moyen, et de personnes pompeuses à l'air professoral et pseudo-intellectuel. Harry n'était pas convaincu que la plupart des jeunes hommes (ou moins jeunes) écoutaient la musique. Ils semblaient la regarder de très près.


Son attention revint sur Hermione, dont le visage était assombri par une forte concentration. Elle fermait fréquemment ses yeux et secouait sa tête, comme si elle n'était pas d'accord avec quelqu'un. Sa main droite semblait tenir l'archer avec légèreté, et cependant Harry avait l'impression distincte que s'il essayait de le lui arracher de ses doigts, cela lui demanderait un grand effort (s'il y parvenait jamais). Sa main gauche dansait au-dessus des cordes, et Harry était content de porter à nouveau ses lunettes et de s'être rapproché. Il louchait maintenant, regardant sa main. Il y avait des fois où ses os semblaient s'étirer et aller plus loin qu'une main humaine normale aurait pu.


Il déglutit. Soit ses yeux lui jouaient des tours (il aurait aimé avoir une paire de multiplettes avec lui), soit elle altérait magiquement son corps pour jouer du violoncelle. Était-ce conscient ou inconscient ? se demanda-t-il. Et la magie qu'elle utilisait était… celle de la métamorphose en animagus. Le même principe en tout cas. Elle restait clairement humaine.


Harry la regarda avec intensité, craignant de cligner des yeux de peur de manquer quelque chose. Il n'avait pas réalisé que quelqu'un pouvait faire cela. Peut-être que lui faire remarquer cela lui faciliterait la tâche pour lui dire qu'elle était une sorcière. Elle pourrait même être consciente de cette capacité. Il était encouragé pour la première fois. Il ne savait pas si Hagrid s'était senti comme cela avant de lui dire qu'il était un sorcier, mais l'estomac de Harry avait été bouleversé depuis le moment où il était sorti du Chaudron Baveur vers la Londres Moldu.


Harry perdit le cours du temps. Il arrêta de marquer mentalement les mouvements successifs du programme du concert, se réjouissant simplement de la voir et de l'entendre progresser à travers l'Allemande, la Courante, la Sarabande et la Gavotte. La suite se termina, comme la précédente, avec une gigue, qui donna encore à Harry l'envie de se lever et danser. Il danserait probablement de joie dans une minute, pensa-t-il, quand il parlerait finalement avec elle pour la première fois de cette vie.


Puis une seconde pensée lui fit retenir son souffle. Pourquoi était-il si excité de la voir ? Il essaya de ne pas se l'imaginer comme elle avait été dans sa chambre au Chaudron Baveur, mais c'était dur… Trompait-il Ginny ? Après tout, il avait couché avec Hermione. Pas dans cette vie, mais il l'avait fait. Ou, se demanda-t-il encore, est-ce que je trompe Hermione quand je suis avec Ginny ? Même s'il avait décidé qu'ils ne resteraient probablement pas ensemble, il n'avait pas proprement rompu avec elle, et ici, il avait flirté avec Ginny.


Sa tête tournait. Voulait-il rompre avec Hermione ? En la voyant maintenant, il se sentait complètement et totalement déchiré… Elle avait l'air absolument étonnante, et son jeu était brillant, et… et… elle avait l'air étonnante…


Les notes qu'elle jouait sonnaient dans toute la pièce. Quand elle joua une mesure pianissimo, puis qu'elle fit un crescendo jusqu'à un fortissimo résonnant, Harry dut fermer ses yeux une seconde, retenant son souffle. Son pouvoir était une chose à laquelle il savait devoir s'attendre, mais il était près de complètement dominer ses sens. Elle continua avec la gigue, alternant les passages forts et calmes, faisant des trilles sur certaines notes, traînant sur d'autres, et finissant sur une note basse qui disparut presque immédiatement dans un applaudissement cacophonique et des cris de « Bravo ! Bravo ! Bravissimo ! »


Le public avait bondit sur ses pieds, et Harry les joignit avec enthousiasme, souriant et applaudissant, la regardant avec admiration et respect, tandis qu'elle se levait, aussi royale qu'une reine, tenant son instrument dans une main, et son archer dans l'autre, et s'inclinait profondément, son bustier autorisant au public une vue qui produisit encore plus de cris et une bonne dose d'écrasage de pieds. Harry n'était pas certain que la foule ne soit pas sortie d'un match de football très animé.


Maintenant qu'elle était debout, Harry pouvait voir que ses collants étaient déchirés. Ce qui ressemblait à des larmes délibérées rayait ses jambes, et il pouvait maintenant voir qu'elle avait le nombril percé avec un anneau dedans.


Les acclamations continuèrent quelques temps, et Harry prit avantage de cela pour ramper en dehors de la rangée dans laquelle il était assis. Il s'avança discrètement vers le devant, applaudissant encore comme les autres membres du public (il avait peur que ne pas applaudir dans cette foule puisse s'avérer assez dangereux), et quand cela sembla finalement s'arrêter, la plupart des gens rassemblèrent leurs affaires et commencèrent à aller vers la sortie. Malheureusement, Harry vit qu'il n'était pas la seule personne attendant de lui parler. Un foule de huit ou neuf jeunes hommes allant de quinze à vingt-cinq ans semblait attendre pour l'accoster.


Elle ignora calmement ce fait et empaqueta tendrement son instrument dans son étui, puis son archer et le petit disque qui avait été attaché à la patte de sa chaise. Elle boucla l'étui, puis vérifia à trois fois chaque attache. Ignorant encore la foule de ses admirateurs, elle alla sur le côté de la scène et revint en portant ce qui ressemblait remarquablement à une cape de sorcier aux yeux de Harry. Elle s'arrêtait au-dessus du sol, et semblait être faite d'un matériau noir brillant qui avait des reflets d'argent où la lumière le touchait, et elle était doublée de satin rouge, visible à l'intérieur de la capuche. Elle était rattachée par une broche en argent au niveau de sa gorge, permettant aux jeunes hommes de continuer à avoir une bonne vue sur son bustier, et sur les collants déchirés sortant de son short très court.


Elle donna un petit regard amusé à la foule, puis dit paresseusement « Qui veut des autographes ? »


C'était le signal qu'ils attendaient, quatre jeunes hommes avaient des exemplaires d'un magazine de musique classique avec une photo d'elle en couverture. Dans cette photo, elle portait une robe de soirée noire sans bretelles, qui avait deux fentes avantageuses sur le devant qui permettaient à ses jambes de passer (elle était photographiée pieds nus), et de bien tenir le violoncelle. Ses tatouages étaient facilement visibles sur ses bras, et ses cheveux tombaient en cascade sur ses épaules, les nattes remplacées par d'abondants cheveux bruns désordonnés qui avaient l'air de ne pas avoir été brossés ou peignés depuis un an. La mèche solitaire rouge était cependant en évidence parmi le brun. Elle tenait son violoncelle dans une main, et son archet dans l'autre, et Harry pensa, pour quelque raison, que la façon dont elle tenait chaque objet était délibérément provocante. Harry crut voir les mots « Bien d'être mauvaise ? La nouvelle Jacqueline du Pré » sur la couverture. Elle autographia ces magazines sans les regarder plus d'une seconde.


Après que les garçons aux magazines soient partis, on lui tendit des copies du programme que Harry avait dans sa main, qu'elle signa aussi rapidement avec une fioriture. Ils repartirent, l'air très contents d'eux. L'un d'entre eux avait même semblé franchement pétrifié pour pouvoir même dire son nom, et elle avait simplement signé son programme 'Meilleurs vœux, Hermione Granger'.


Finalement, il ne restait plus que Harry et un autre jeune homme, qui, maintenant que Harry le regardait, n'était pas si jeune que cela. Il avait au moins vingt-deux ou vingt-trois ans, selon lui, avec des cheveux noirs coupés courts qu'il avait teints en jaune citron (Harry pouvait voir les racines), et les nombreux piercings sur le visage firent vaciller Harry, quand il pensa à comment ils avaient été fait. Son blouson de cuir noir usé et ses jeans pendaient tranquillement sur sa silhouette musclée, et Harry commença à paniquer, se demandant si c'était son petit ami. Comment pourrait-il lui parler seul si elle avait un petit ami traînant autour ?


Elle le considéra avec une expression qui ne pouvait pas exactement être appelée un sourire. C'était plus une grimace. « Bonjour Alec » dit-elle d'une voix traînante. Harry réalisa soudain ce qui avait été étrange avec sa voix quand il l'avait entendue parler aux autres chasseurs d'autographe. Soit elle avait perdu son accent anglais en allant à l'école aux USA, soit elle affectait un accent américain maintenant. Quelque soit la raison pour cela, Harry se renfrogna en entendant sa nouvelle voix étrange. Elle ne ressemblait pas du tout à la Hermione qu'il connaissait.


Alec s'approcha furtivement de la scène et mit nonchalamment son bras dessus. « Allez, Hermi-love. Sors avec moi ce soir. Ne me dis pas que tu ne veux pas. Je sais que tu le veux… »


Elle ferma ses yeux, comme si elle avait mal. « Alec, c'est fini. Je t'ai dit… Et de toutes façons, je dois heu… »


Harry pouvait dire qu'elle essayait de se raccrocher aux branches, voulant éviter son ancien petit ami. Il s'avança, essayant de vieillir sa voix de dix ans. « Elle doit faire une interview pour moi. C'est déjà prévu. » Il tendit sa main au jeune homme au blouson de cuir. « Harry Potter. Gazette du sorcier. » Il essaya de ne pas chanceler comme le nom sortit de sa bouche. Malédiction ! Il aurait dû penser à un faux nom. Et il n'aurait pas dû utiliser le nom du journal des sorciers…


Il leva les yeux vers elle, surpris de son regard reconnaissant. « Oui, oui ! Bien sûr. Alec, voici Mr Potter. Il heu, dresse un portrait pour leur section art. Mon agent a arrangé ce rendez-vous. Tu sais comment il est. Toujours cette machine publicitaire… »


Alec regarda Harry critiquement. « Je ne vous ai jamais vu avant. Dans quelle feuille de chou vous écrivez déjà ? »


« Alec ! Arrêtes ça ! Casse-toi ! » Maintenant son côté britannique se réaffirmait. « Je suis occupée ! »


Il commença à s'éloigner à contrecœur, regardant Harry avec envie, qui haussa les épaules comme pour dire « Hey, c'est juste mon boulot. » Quand Alec eut quitté l'auditorium, Harry monta sur la scène et se tint face à elle.


« Bien ! Merci d'avoir marché avec cela. J'avais peur de ne pas pouvoir vous parler en privé. »


Elle lui lança un regard ennuyé similaire à celui que Alec avait reçu. « Écoutez, juste parce que j'ai pris avantage de vous pour me débarrasser d'Alec ne signifie pas que je vais vous parler… Vous n'êtes pas un reporter ou un critique musical, il semble que vous ayez inventé le nom de ce journal, mon agent m'aurait dit si je devais avoir une interview après cela, et je suis fatiguée et veux prendre un long bain chaud. Au revoir. »


Elle prit son violoncelle et se détourna de lui. Il se tint enraciné là où il était, pas vraiment sûr de comment contourner cela. Elle était si autoritaire qu'il avait l'impression d'essayer d'accoster le professeur MacGonagall en personne. Puis il courut et se mit en travers de son chemin. « Attendez » dit-il, sa voix tremblant, pas certain de ce qu'il allait dire ensuite. Après quelques secondes d'indécision, il sortit rapidement. « Mon nom est vraiment Harry Potter. La Gazette du Sorcier est vraiment un journal, et je dois vraiment vous parler. »


Elle ricane. « Vraiment ? Vraiment vous devez vraiment ? Je veux dire vraiment ? »


Harry essaya de ne pas montrer que ses moqueries l'ennuyaient. A la place, il essaya une approche différente. « J'ai besoin de parler avec vous du… de l'incident du Carnegie Hall. Vous savez… dans les coulisses. »


Elle pâlit, et il résista à l'envie de bondir de joie. Il avait bluffé, et elle avait mordu. « Comment savez-vous cela ? » dit-elle dans un souffle.


Il essaya de hausser les épaules d'une manière nonchalante. Comment parlent les corbeaux ? « Je ne peux pas révéler mes sources. Je n'ai pas intérêt à ce que cela devienne connaissance publique, vraiment pas. » dit-il avec un sourire malicieux. « Tout ce que je vous demande est un peu de votre temps. »


Elle déglutit et eut l'air effrayée, puis, comme si elle avait complètement changé d'idée « Pourquoi vous… Espèce de sale petit maître chanteur ! Je me fous complètement de ce que vous pensez savoir. Sortez de ma vue avant que je… que je… »


Harry s'avança très près d'elle « Oui ? C'est cela. » Ses yeux s'enfonçant dans les siens. « Mets-toi vraiment, vraiment en colère après moi. » Sa voix était très douce maintenant. Dans un grognement sourd, il lui dit. « Regarde-moi et pense aux pensées les plus coléreuses que tu peux, allez… »


Elle le fit, se tenant à moins de six pouces de lui, une veine ayant l'air de risquer de sortir de son front. Harry pouvait sentir un craquement dans l'air. Elle était en colère, très en colère. Il attendit, espérant que cela marcherait…


Soudain, il sursauta. Les deux verres de ses lunettes venaient de voler en éclat. Les morceaux restaient sur la monture, le verre plus endommagé que si un train y était passé dessus. Harry les enleva, souriant. Il les examina. Elle étaient vraiment cassées. Il vit que Hermione était complètement déconcertée de le voir sourire de cela.


« Tu l'as fait ! » dit-il en riant. « Je savais que tu pouvais. Ou quelque chose comme cela. Tu vois, c'est pour cela que nous devons parler… »


Elle fronça ses sourcils. « Quoi ? Vous êtes fous ? Vous ne pensez pas… Vous ne pensez pas que j'ai cassé vos lunettes, n'est-ce pas ? » Sa voix tremblait, Harry se demanda quel autre type d'accidents magiques elle avait produit. Alec devait avoir été du côté receveur pour certains, pensa-t-il, mais si c'était le cas, cela ne l'avait de toute évidence pas découragé.


Il sortit sa baguette de sa poche, et, regardant autour pour s'assurer que personne n'était dans la pièce, il toucha ses lunettes avec la baguette, disant doucement.


« Reparo. »


Les lunettes étaient comme neuves.


Hermione cria.