Attention, présence de scènes de sexe entre deux hommes dans ce chapitre. Les scènes seront signalées par des balises. Oui, il y en a plusieurs. J'étais particulièrement en forme pour l'écriture de ce chapitre.
Chapitre 21 : Loki :
21 juillet 2015 – New-York, Manhattan, Tour Stark :
Loki avait voulu s'installer avec ses enfants à Bedford Street, pour ne pas précipiter les choses avec Tony, notamment. Mais les yeux de cocker du milliardaire, et le fait que la maison risquait d'être trop petite, avait eu raison de la volonté du Dieu du Chaos. Et pour tout avouer, il s'était douté que Bucky n'allait pas vraiment aimer l'envahissement de son espace personnel, par des gamins.
Tony leur avait donc attribué un étage entier, ce qui était tout à fait au goût de Fenrir qui courait partout comme un fou dès que possible, sous le regard attendri de son père. Les deux autres avaient découvert la télévision avec une sorte de fascination effrayée. Puis Loki avait mis tout le monde au lit, malgré les protestations véhémentes. Enfin, quand tout le monde fut couché, il rejoignit Tony à l'étage au dessus.
D'un certain côté, il avait l'impression d'être revenu au début de leur relation, quand il était encore Lorie Knave. Tony semblait désireux d'aller plus loin, et lui freinait des quatre fers. Le génie parvint tout de même à l'embrasser pendant de longues minutes. Le cœur de Loki s'était emballé. Les sensations ressemblaient à celles qu'il avait en étant Lorie Knave, mais il y avait un truc en plus, une sorte de désespérance, d'urgence, comme si tout cela n'était voué qu'à l'effondrement imminent.
Et dans les faits c'était le cas. Loki savait qu'encore une fois, il fuyait la réalité. Tony avait quarante-cinq ans déjà, et même s'il s'entretenait, même s'il était en grande forme, même si les rides de son visages le rendait encore plus beau aux yeux de Loki, l'humain avait déjà atteint la moitié de son espérance de vie. Passer quelques décennies pour se le voir arracher par la mortalité humaine, c'était une échéance à laquelle il ne voulait pas penser. C'était trop douloureux, trop effrayant. Que ferait-il sans Tony ? Il perdrait la raison à nouveau. Mais il n'arrivait pas à le lui dire. Il n'arrivait pas à lui faire comprendre qu'il ne voulait pas vivre sans lui, et qu'à cause de cela, ils ne pouvaient être ensemble. Il culpabilisait de ne pas arriver à l'arrêter. Il voulait encore sentir ses lèvres sur les siennes. Il voulait encore sentir ses cheveux entre ses doigts, son parfum dans son cou, ses mains sur son corps. Il voulait jouir entre ses bras, il voulait lui tenir la main dans la rue, il voulait se disputer sur des choses idiotes. Il voulait redevenir Lorie Knave. Il voulait récupérer ce qu'elle avait eu.
C'était sur ces pensées qu'il s'était endormi, à un étage d'écart de l'objet de ses désirs.
Mais le lendemain matin, il n'avait pas eu le temps de déprimer. Romanoff était arrivée furieuse à la Tour, accompagnée de Hill, sérieuse comme un pape, et Eatta, apparemment amusée.
Il les salua, content malgré tout de revoir la femme avec qui il avait tant partagé ces derniers mois.
« Qu'est-ce que tu m'as fait ? demanda Romanoff agressive.
- De quoi parles-tu ? Soupira Loki en tentant de la faire baisser d'un ton pour ne pas réveiller les garçons.
- Je n'ai plus mal ! S'exclama-t-elle rendant ses efforts vains. »
Fenrir sortit de sa chambre, pas vraiment réveillé, et vint se rouler en boule sur le canapé, sans s'inquiéter des personnes présentes dans le salon. Aussitôt, FRIDAY proposa de lui mettre des dessins animés. D'ordinaire, Loki aurait refusé, mais cette fois, il ne voulait pas que son fils s'immisce dans la conversation. La télévision s'alluma sur les aventures d'un personnage jaune et carré, vivant dans la mer. Loki s'en désintéressa assez vite, et laissa Fenrir se rendormir plus ou moins devant les bêtises que pouvaient inventer les humains.
« S'il te plaît, peux-tu reprendre plus doucement, demanda Loki d'une voix sévère. »
Romanoff n'eut même pas la grâce de paraître gênée.
« Mon bras, explicita-t-elle en montrant son membre en écharpe. Je n'ai plus mal. Qu'est-ce que tu as trafiqué ?
- Pourquoi suis-je automatiquement le premier suspect ? Soupira Loki. Tu as passé quelques jours dans le Royaume des morts, puis une semaine dans la maison de l'un des plus grands Mages des Neuf Royaumes. Pourquoi moi ?
- Parce que tu es le plus grand Mage des Neuf, d'après la plupart des gens à qui j'ai posé des questions, répliqua-t-elle.
- Pour tout t'avouer, j'ai peut-être été impliqué dans l'affaire, répondit Loki. Voulez-vous du thé ? »
Il les poussa plus ou moins dans la cuisine, tout en vérifiant que Sleipnir et Jörmungand dormaient toujours. Puis il mit de l'eau à chauffer, et prépara un petit-déjeuner à Fenrir, composé principalement de bacon et d'œufs. Malgré son apparence Vane, son cadet digérait mal un grand nombre de denrées alimentaires.
« Qu'est-ce que tu m'as fait ? Répéta Romanoff plus calmement.
- Moi ? Rien de particulier. Par contre, Maître Vlanarus peut être un peu facétieux.
- C'est Vlanarus qui a fait ça ?
- Déjà, il faudrait qu'on se mette d'accord sur le 'ça'. Oh, bonjour Tony. »
Le milliardaire était apparu à la porte de la cuisine, la mine chiffonnée.
« Qu'est-ce que vous faites debout en pleine nuit ? Grommela-t-il.
- Il est huit heure moins le quart, le renseigna Loki avec un sourire amusé.
- Ouais, en pleine nuit, exactement ce que j'ai dit. FRIDAY m'a réveillé en disant que je voudrais certainement être présent.
- Natasha venait s'enquérir du pourquoi elle n'a plus mal au bras, le renseigna Loki tout en surveillant la cuisson du bacon et en mettant en marche le percolateur.
- C'est vrai ? S'étonna Tony après avoir chastement embrassé Loki. Cool. Il s'est passé quoi ?
- Ça n'est pas cool, répliqua Romanoff, et Loki s'apprêtait à renvoyer la responsabilité sur Vlanarus.
- Fenrir, viens prendre ton petit-déjeuner mon chéri, appela Loki sans perdre son flegme. »
Il prit le temps de servir son fils avant d'expliquer.
« J'ai parlé de ta blessure avec mon Maître, c'est vrai, et il a eu envie de tester quelque chose. Nous n'étions pas sûrs de l'effet d'une telle potion sur la nature humaine. A vrai dire, nous pensions encore hier matin qu'elle n'avait eu aucun effet.
- J'avais encore mal hier matin, répondit Romanoff. C'est hier soir que je me suis rendue compte que je n'avais plus de douleurs.
- Comment tu t'en es rendue compte ? Demanda Tony tout en buvant son café noir.
- J'ai tenté de faire quelques exercices physiques, répondit Romanoff.
- On peut faire des radios pour voir ce qui a changé, proposa Tony. J'ai tout le matos ici.
- Tu as du matériel de radiologie ? S'étonna Hill.
- A mon retour d'Afghanistan, je faisais une radio de ma poitrine presque toutes les semaines pour vérifier que les éclats d'obus ne bougeaient pas. Ouais, j'ai du matos. »
Loki insista pour attendre que Fenrir ait fini son petit-déjeuner avant de partir à l'étage infirmerie. Quand son cadet se fut de nouveau roulé en boule devant la télévision, il consentit à suivre le petit groupe. Tony installa Romanoff sur une sorte de fauteuil penché, et positionna un gros engin monté sur un bras articulé au dessus d'elle.
« Tends ton bras, ordonna-t-il. Voilà. Ne bouge plus. Tout le monde, on passe derrière la protection antiradiation ! »
Quelques minutes plus tard, Tony observait des clichés radiologiques.
« J'ai l'impression que les agrafes chirurgicales se sont fondues dans les os, et les ont renforcé. C'est très étrange, parce que ça n'a pas affecté ni le cartilage, ni les tendons apparemment. Il faudrait faire une IRM pour être sûr, mais je n'en ai pas sous la main. Au SHIELD, ils en auront une.
- En attendant, je suis toujours furieuse, dit Romanoff en foudroyant Loki du regard. Vlanarus et toi n'aviez aucun droit de faire quoi que ce soit sans mon accord.
- Je suis d'accord avec Natasha, appuya Eatta en croisant les bras sur sa poitrine.
- Je suis désolé, déclara Loki en levant les yeux. J'aurai dû te prévenir quand mon Maître a voulu expérimenter sur toi. Je ne pensais pas que cela prendrait de telles proportions.
- Tu sais c'est quoi ton problème Loki ? Demanda Romanoff avec agressivité. Tu n'arrives pas à remettre en question les décisions de Vlanarus. Tu prends tout ce qu'il dit et décide comme paroles d'évangiles.
- C'est faux, nia immédiatement Loki. »
Il ne savait pas vraiment ce que signifiait l'expression 'paroles d'évangiles', mais il avait saisi l'idée. Bien sûr qu'il était capable d'esprit critique quand il s'agissait de Maître Vlanarus ! Il n'était pas tout à fait né de la dernière pluie, et savait faire entendre son avis !
« Alors pourquoi l'avoir laissé faire une chose pareille ? Ré-attaqua Romanoff. Cela ne te ressemble pas, d'après Eatta, et je la crois.
- C'est vrai Loki. Tu as plutôt tendance à expliquer longuement chacune de tes 'bonnes actions' quand tu en fais. Tu as expliqué en long en large et en travers les tenants et aboutissants des potions que tu administrais à Barnes. Pourquoi n'avoir pas fait la même chose pour Natasha ?
- Je n'ai pas à porter la responsabilité des décisions de mon ancien Maître de Magie, s'insurgea Loki.
- Mais tu as à porter la tienne de responsabilité ! S'énerva Eatta.
- Loki, reprit Romanoff plus calmement. Tu ne peux pas donner un blanc-sein à Vlanarus, tout comme tu ne peux pas laisser tes fils faire absolument ce qu'ils veulent. Tu dois arrêter d'avoir peur du rejet de ceux que tu aimes, et parvenir à faire entendre ta voix. »
Loki avait réellement l'impression d'être attaqué dès le matin, et pour des raisons qu'il peinait à entendre. En colère, le visage fermé, il fit la seule chose qui lui paraissait possible pour ce sortir de ce guêpier, il quitta tout le monde et rejoignit ses appartements. Il ignora les appels dans son dos, et ne souffla que lorsqu'il entra dans le salon de son étage. Fenrir était toujours devant la télévision, mais il avait été rejoint par Jörmungand et Sleipnir. Jör' picorait des légumes cuits à la vapeur la veille dans un récipient hermétique, et Sleipnir mangeait des céréales à même le paquet, avec les doigts. Loki leur intima immédiatement de manger dans un endroit convenu pour cela, c'était à dire, la cuisine. Ils râlèrent tous les deux un peu, mais finir par obéir.
C'était bien la preuve qu'il parvenait à éduquer correctement ses garçons, non ?
Tony arriva près d'une demi-heure plus tard. Seul. Loki le fusilla du regard.
« J'ai demandé à tout le monde de partir, dit-il en faisant fi de la visible colère de son hôte. Mais même si je ne suis pas d'accord sur la façon dont elles t'ont parlé, fondamentalement, je suis d'accord avec elles.
- Peut-on en parler plus tard ? Demanda Loki sèchement.
- D'accord, d'accord, capitula Tony. Mais n'imagine pas que je vais oublier cette discussion.
- Si c'est pour tenir de tels propos, tu peux t'en aller toi aussi, cassa Loki sur les nerfs. »
Le Dieu du Chaos avait bien conscience que ses trois enfants écoutaient de toutes leurs oreilles, pour savoir de quoi il en retournait. Il était même certain que Fenrir ait déjà raconté tout ce qu'il avait entendu précédemment à ses frères.
Tony attrapa sa main et l'attira à lui. Loki poussa un soupir contrarié, mais il se laissa faire. L'humain, plus petit, leva la tête, et se jucha sur la pointe des pieds pour l'embrasser brièvement sur les lèvres.
« Allez, ce n'est pas si grave, dit-il. Elles finiront bien par se calmer. En attendant, j'ai demandé à FRIDAY de faire une liste des orthophonistes réputés de Manhattan. Mais sache d'ors et déjà qu'il faudra que tu expliques au moins un peu pourquoi tu n'as pas pu t'occuper de Jörmungand avant récemment.
- Trop risqué, se rétracta Loki.
- Ce genre de professionnel est soumis au secret tu sais. Secret professionnel. Les conditions pour briser un tel serment sont exceptionnelles. Et seulement si la vie d'une personne est en danger, ou quelque chose comme ça. Il n'y a aucun risque.
- Je ne sais pas, soupira Loki à nouveau.
- J'ai conscience que ça fait beaucoup de choses d'un coup à assimiler, compatit Tony tout en l'enlaçant. Tu n'es pas obligé de prendre une décision aujourd'hui. On peut regarder ensemble des vidéos pour apprendre la langue des signes avant. Prends ton temps. Respire. Déstresse. Tu es tout crispé. Je vous proposerai bien de sortir, d'aller à Central Parc, ou quelque chose, mais j'ai peur que les paparazzi ne soient une nuisance.
- Nous pourrions aller ailleurs, proposa Loki séduit par l'idée d'une sortie 'familiale'. Je peux nous téléporter. Sleipnir aussi se téléporte.
- Bonne idée ! S'exclama Tony. Hey ! Les gosses ! Ça vous dit d'aller sur une île paradisiaque ? »
Loki lut une brusque inquiétude dans le regard de Fenrir.
« Nous y serons tous ensemble minn úlfr, le rassura-t-il. Tony a une maison sur une île. Nous y avons été avec Sleipnir pour aller chercher Jör' au fond de l'océan. C'est très joli. Je pense que vous pourrez y prendre vos formes animales sans problème. »
Tout de suite, Fenrir sembla bien plus emballé par l'idée et commença à s'exciter à l'idée de pouvoir courir sur une plage.
« C'est décidé alors, fit Tony. J'ai commandé des fringues pour tout le monde cette nuit, les colis devraient arriver d'ici ce soir ou demain. Dans deux jours, on pourra partir. En attendant, venez, je vais vous montrer la piscine. »
Le soir-même – New-York, Manhattan, Tour Stark :
« Est-ce que tu as compris ce que te reprochaient les filles ce matin ? »
Loki leva les yeux au ciel. En effet, Tony n'avait pas oublié cette discussion. Ils étaient pourtant bien, là, sur le canapé dans les appartements du milliardaire. Ils avaient passé une journée sympathique, malgré un début très douteux de l'avis de Loki. Les enfants avaient adoré la piscine, et l'après-midi avait été consacré aux classes. Exceptionnellement, cela n'avait pas été individuel, mais collectif, et Tony avait insisté pour participer, à la grande joie des garçons. Tout ceci n'avait pas été très studieux, mais ils s'étaient beaucoup amusés, et Tony avait apporté sa pierre à l'édifice en posant des questions, et mettant en relation des notions de physique Midgardienne.
Les garçons étaient couchés depuis peu, satisfait de leur journée, avec la promesse que le lendemain soir, ils partiraient pour un autre endroit, idyllique à ce qu'il paraissait. Désormais certain qu'ils ne seraient plus dérangés, Tony avait ré-attaqué sur le sujet du matin.
« Je suis parfaitement capable d'éduquer mes fils, tout comme je suis capable de ne pas être d'accord avec Vlanarus.
- Je sais ça. Mais je ne crois pas que ce soit cela que Natasha te reprochait tout à l'heure. »
Tony se mordit la lèvre, incertain. Loki attendit qu'il explicite. Il ne serait pas celui qui donnerait de l'eau au moulin de cette conversation.
« Le but n'est pas de t'accuser d'être un mauvais père. C'est tout le contraire.
- Je suis un bon père, le coupa Loki brusquement. »
Il ne put empêcher sa voix de prendre un timbre inquiet. Il était un bon père, n'est-ce pas ? N'est-ce pas ?
« Lo', tu es un bon père. Ce n'est pas le problème.
- Il n'y a pas de problème. Je ne comprends pas pourquoi vous cherchez un problème.
- Si, il y en a un, affirma Tony avec bien plus d'aplomb. Tu as peur. Tu as peur que tes enfants t'abandonnent. Tu as peur que Vlanarus te rejette. Et c'est compréhensible ! Mais il faut que tu dépasses ça ! Tu ne peux pas vivre toute ta vie avec ce sentiment ! Natasha a abordé le sujet comme une bourrine, et franchement, je l'ai vu plus fine sur ce genre de sujet, mais elle était furax. Le truc de son point de vue, c'est que tu accordes tellement d'importance à Vlanarus, que tu as moins d'esprit critique lorsqu'il propose des choses moralement bancales.
- Ce n'est pas …, commença Loki.
- Laisse-moi finir. Ça n'est pas grave en soi. Tout le monde à un modèle dans la vie difficilement ébranlable. Et quand ces géants sont jetés au bas de leur piédestal, ça fait mal, très mal. Et je sais de quoi je parle. Stane était comme un père pour moi, bien plus qu'Howard. Cela ne l'a pas empêché de vouloir me tuer. Tu as la chance d'avoir un modèle, un presque-père, qui te le rend bien. On ne te demande pas de renier ce qu'il est pour toi, juste d'admettre qu'il peut faire des erreurs.
- Mais j'ai admis ça ! S'énerva Loki. J'ai présenté mes excuses à Romanoff ! Et ce qu'elle a dit sur mes fils …
- Entre exactement dans le même schéma. Tu es trop content que tes enfants acceptent de te suivre, après des siècles de séparation. Et putain, c'est super cool ! Je suis tellement heureux pour toi ! Mais ce n'est pas pour autant que tu dois les laisser faire n'importe quoi. Et je ne dis pas que c'est le cas. Juste, parfois, la peur qu'ils repartent loin te bloque, et t'empêche d'être complètement dans ton rôle de père. Cela n'a pas de graves conséquences, mais ça te fait souffrir.
- Mais, et s'ils ont l'impression que je les rejette ? Demanda Loki d'une voix inquiète sans avoir la force de nier plus longtemps.
- Ils sont adolescents. Ils auront, comme tous les ado, l'impression que le monde entier est contre eux. C'est ce qui fait leur charme.
- Ils n'ont pas eu besoin de moi jusqu'ici, pourquoi ils s'encombreraient de moi, s'ils ont cette impression ? »
Cette fois, Loki se sentait au bord du gouffre. C'était une chose d'imaginer le pire seul, dans sa tête. C'en était une autre que de mettre des mots dessus, et d'en discuter, avec Tony, l'homme qui finirait inévitablement par l'abandonner à son tour, que ce soit de son plein gré, ou par sa mortalité.
« Tu as tort quand tu penses qu'ils n'avaient pas besoin de toi. Ils avaient besoin de toi, mais ils ont fait faute de mieux, bon gré, mal gré. Et je ne dis pas ça pour que tu culpabilises ! Lo' ! Arrête ! Tu n'y es pour rien !
- Bien sûr que si, répliqua Loki sans pouvoir s'arrêter de s'auto-flageler. J'aurai dû me battre, obliger Odin à m'exiler avec eux. Le forcer à tous nous regrouper, même si cela était dans une prison.
- Et tu l'as fait, tu t'es battu. Tu as supplié Odin, c'est toi qui me l'a dit. Tu l'as supplié. Et tu as fait en sorte de mettre tes enfants à l'abri quand tu le pouvais. Tu as sauver Hela. Tu as assuré une place à Sleipnir, même si ce n'était pas celle que tu rêvais pour lui.
- Ce n'est pas vrai. Je n'ai pas mis tous mes enfants à l'abri, avoua Loki en baissant la tête. Narfi est mort, et c'est de ma faute. »
Il y eut un moment de silence, et Loki put sentir l'incrédulité dans la posture de Tony.
« Qui est Narfi ? Demanda-t-il. Tu ne m'en as jamais parlé. »
Sa voix était la plus neutre possible, mais Loki put sentir une tension dans son ton.
« Mon plus jeune fils. J'ai été brièvement marié à Sigyn, la fille du Jarl Òd, qui est plus ou moins le Régent de Vanaheim. Nous avons eu un fils. Il est mort de la fársótt. J'avais réussi à sauver Hela. J'ai échoué à sauver Narfi.
- C'est ça alors, dit Tony à l'incompréhension de Loki. C'est ça qui te bloque. Tu as peur d'échouer à nouveau. Mais ce ne sera pas le cas. »
Tony lui prit la main et la serra dans la sienne.
« Je n'imagine même pas la douleur de la perte d'un enfant, reprit-il. Mais ce que je sais, c'est que parfois, la vie nous arrache des êtres chers, et que rien ni personne n'aurait pu aller contre cela. Et il n'y a aucune raison pour que cela se reproduise. Ça n'arrivera pas.
- Comment peux-tu en être aussi sûr ?
- Je ne le suis pas, mais j'ai foi en l'avenir. Tu as enfin retrouvé tes enfants. Asgard n'exige pas ton retour pour que tu finisses ta peine. tout ne peut qu'aller mieux maintenant.
- J'aimerai avoir ton optimisme, répondit Loki avec un pauvre sourire.
- Je peux l'être suffisamment pour deux, sourit Tony à son tour. »
Le milliardaire se pencha pour l'embrasser. Le baiser était enflammé, contrairement à tous ceux qu'ils avaient échangé ces derniers jours. Loki se laissa aller dans l'étreinte, savourant les caresses et les attentions.
« J'ai envie de toi, souffla Tony à son oreille le faisant frissonner. »
/!\/!\/!\/!\
Et si Loki était honnête, lui aussi avait envie d'un peu plus. La main de Tony passa son sa chemise, effleurant son flanc, lui procurant des frissons d'extase. Dans son cou, il put sentir Tony sourire. Certainement que l'homme redécouvrait un corps qu'il connaissait au féminin, mais qui conservait les mêmes zones érogènes. Loki décida de se laisser faire, de laisser Tony prendre ses marques. Après tout, c'était lui qui avait changé, pas le milliardaire.
Très vite, Loki se retrouva torse nu, mais après de longues minutes à se délecter des attouchements de son amant, il inversa les rôles, et se retrouva à califourchon sur Tony. D'une main experte, il retira la ceinture du pantalon du milliardaire, tout en caressant la bosse conséquente qui le déformait. Les yeux embrumés de désir, Tony ne parvint même pas à protester quand Loki lui retira son jean et son caleçon dans le même mouvement. Son érection fièrement tendue frottait légèrement sur son t-shirt, attendant qu'on s'occupe d'elle, ce que Loki s'empressa de faire. Il passa la main sur la longueur, massant la chair gorgée de sang, avant de la prendre en bouche, ne lâchant pas Tony du regard. Celui-ci hoqueta, se redressant à demi sur ses bras pour soutenir son regard.
Loki s'appliquait à donner un maximum de plaisir à son amant. La succion sur sa queue prenait différents rythmes en fonction des réactions de Tony. Tantôt lente, accompagnée d'un massage des testicules, tantôt plus rapide, moins profonde, mais plus accentuée sur le gland rougit, et perlant de liquide séminal. Tony finit par demander grâce.
« Puis-je te prendre ? Chuchota Loki en remontant pour mordiller le lobe de l'oreille du milliardaire.
- Je … oui, d'accord, balbutia Tony déjà hors d'haleine. »
Alors Loki, qui se doutait que ce n'était pas un rôle que Tony avait tenu souvent dans sa vie, s'employa à préparer son corps avec toute la douceur et la minutie possible. D'abord avec un doigt, il massa l'entrée de son anus, se contentant d'ouvrir légèrement les muscles, pour les habituer à la sensations, puis il glissa son doigt à l'intérieur. Il le fit tourner, aller et venir. Il attendrit l'anneau de chair. De son autre main, il fit apparaître du lubrifiant, pour ajouter un deuxième doigt. Tony émit un gémissement de pure luxure, et Loki, déjà à l'étroit dans ses vêtements, envisagea pendant quelques secondes de se déshabiller, ce qu'il fit, avec l'aide de sa Magie, avant de reprendre son travail d'orfèvre.
L'anus de Tony se détendait progressivement. Avec deux doigts en lui, et une bouche sur sa queue qui entretenait son excitation sans l'amener au bord du gouffre, le milliardaire se vautrait dans la lasciveté la plus totale, laissant à Loki les pleins pouvoirs sur son corps. Les jambes écartées, l'une sur le dossier du canapé, l'autre sur l'épaule de Loki, il avait fermé les yeux, se perdant d'autant plus dans les sensations que lui prodiguait son amant.
Un troisième doigt vint s'ajouter aux deux premiers. Ensemble, ils trouvèrent le point sensible du corps masculin, effleurant cette petite glande si bien innervée. Aux sons que fit Tony, il apprécia le traitement.
Enfin, Loki fut satisfait de l'état de son amant, si désireux d'une apothéose, et suppliant pour plus ou pour moins ou pour une fin, il ne savait plus vraiment. Lubrifiant son propre sexe, il pénétra Tony doucement mais sûrement. L'homme, les jambes en l'air, parvint à accélérer le rythme et à s'empaler de lui même sur Loki. Celui-ci se pencha pour ravir ses lèvres, et entamer les va-et-vient qui les mèneraient tous les deux vers l'orgasme.
Leurs deux corps cherchaient le plus de contacts possible, le plus de frictions possible. Leurs bouches se dévoraient, les mains palpaient, masturbaient, caressaient, pinçaient. Leurs dents mordaient, leur langue léchaient. Enfoui dans son amant, Loki ne pouvait que se repaître de son étroitesse et de sa chaleur. La sensation était divine. Tony était divin. Le cœur de Loki était au bord de l'explosion, et des milliers de sentiments y bataillaient âprement. Amour. Confiance. Désir. Joie. Dévotion. Tendresse. Il n'avait pas de mot pour tout décrire, et son esprit n'était pas à l'introspection.
Tony balbutiait à la fois des mots d'amour et des grossièretés, enchaînant les 'putain' et les 'je t'aime'. S'agrippant de toutes ses forces à son amant, lui tirant les cheveux et lui griffant le dos, il jouit bruyamment entre leurs deux corps enlacés. Quelques instants plus tard, Loki atteignit l'orgasme à son tour, murmurant le prénom d'Anthony encore et encore, alors que son sperme jaillissait au creux de son corps.
« Mon Dieu, gémit Tony. C'était fantastique. Il faudrait faire ça plus souvent. »
/!\/!\/!\/!\
25 juillet 2015 – Océan Pacifique, île Stark :
« Qu'est-ce que tu écris ? Demanda Tony en enlaçant Loki dans son dos.
- Je pose quelques idées de calculs pour le sortilège de décèlement d'anonymat.
- Ça a l'air compliqué. »
Loki, qui savait reconnaître une tentative de distraction quand il en voyait une, reposa son carnet moleskine et embrassa son compagnon.
« Les garçons sont toujours sur la plage ? Demanda-t-il tout en connaissant pertinemment la réponse.
- Oui. Jörmungand a, semble-t-il, décidé d'apprendre à nager à Fenrir. Sleipnir les surveille.
- Ce ne devrait pas être son rôle, râla Loki en voulant se lever.
- Ils sont assez grands tu sais, sourit Tony en l'en empêchant. Il ne les surveille pas vraiment. Il fait comme toi. Il apprécie leur présence, parce qu'ils se sont manqués pendant toutes ces années. Et pendant que les enfants jouent, nous pouvons jouer, nous aussi.
- Tu es insatiable, par les Nornes ! Rit Loki en se laissant doucement convaincre. »
Mais ils ne purent pas aller beaucoup plus loin dans leurs 'jeux' car l'arrivée en fanfare de Fenrir les en empêcha. Ils gloussèrent comme des adolescents, et se redressèrent avant que le cadet de Loki ne les découvre dans une position des plus compromettante.
« Faði ! Appela le tout jeune adolescent. Faði ! Il y a un hélicoptère qui s'approche ! »
Tony fronça les sourcils d'inquiétude. Loki savait que ses capteurs n'avaient rien détecté pourtant. L'ouïe de son fils était vraiment développée. Il se leva et par la fenêtre appela Jörmungand et Sleipnir, leur ordonnant de rentrer à l'intérieur de la maison, le temps de découvrir ce qu'il se passait. Tony avait déjà déployé le propulseur qu'il portait dans sa montre, et mit les défenses de la maison en alerte. Loki se sentait tendu. Ses enfants, même si leurs ascendances les protégeaient contre la plupart des armes humaines, ses enfants étaient en danger.
Heureusement, l'hélicoptère en question apparut, et tous purent distinguer le logo du SHIELD sur son flanc. L'hélicoptère largua Coulson au dessus de la plage, et s'en alla sans atterrir. Tony et Loki, dont la curiosité était définitivement piquée, partirent à sa rencontre.
« Messieurs, les salua Coulson avec un sourire entendu. Je vous prie de me pardonner mon arrivée si cavalière, mais vous avez fait en sorte de ne pas pouvoir être joins pendant vos vacances, appelons cela comme ça.
- Que se passe-t-il ? Demanda Tony tout en invitant Coulson à entrer dans la maison.
- Du nouveau concernant le Mandarin, répondit le Directeur du SHIELD. »
Loki comprit que la discussion allait très certainement s'éterniser, et aborder des sujets à ne pas faire écouter à toutes les oreilles. Il rassembla donc ses fils, et leur proposa un petit tour de l'île, en attendant que Tony et Coulson aient fini de parler de choses d'adultes.
Cette décision avait un inconvénient majeur. Loki ne put empêcher son esprit de gamberger pendant toute la promenade, malgré les pitreries de Fenrir, les demandes d'explications sur la faune et la flore à demi-gesticulées de Jörmungand, et les tentatives de Sleipnir de lui changer les idées.
Qu'est-ce qui avait poussé le Directeur du SHIELD à venir se faire déposer sur une île à des centaines de kilomètres de la côte des États-Unis ? Le sujet était certainement des plus graves. Il avait d'ailleurs mentionné le Mandarin, le terroriste international qu'il était censé retrouver grâce à la Magie. S'était-il fait connaître ? Le SHIELD avait-il de nouvelles informations ? Tony allait-il encore risquer sa vie ?
Bien sûr que oui, il était idiot. Tony était Iron Man. Son boulot consistait à risquer sa vie. Au plus grand déplaisir de Loki. C'était étrange d'ailleurs. Quand il était Lorie, il arrivait à passer outre, mais maintenant, après avoir combattu à ses côtés, après avoir reformé un couple, après avoir envie de vivre à deux, après avoir presque formé une famille, il n'arrivait plus à faire la distance. Tony ne pouvait pas mourir. C'était désormais inconcevable. Angoissant. Intolérable.
Leur balade dura une petite heure, suffisamment de l'avis de Loki pour une discussion. Maintenant, il voulait savoir lui aussi. La boule d'angoisse qui était apparue dans sa gorge n'aidait pas à réfléchir rationnellement.
« Il faut que je rentre à Manhattan, annonça Tony de but en blanc l'air tout à fait sérieux.
- C'est si grave que ça ?
- Non. Oui. Je sais pas trop. On en parle ce soir ? »
Le soir même – New-York, Manhattan, Tour Stark :
Loki accepta d'attendre, mais le soir venu, de retour dans la Tour Stark, il relança la conversation.
« Tu as déjà entendu parlé de Grant Ward ? Demanda Tony.
- Oui, ancien agent du SHIELD, infiltré pour le compte d'HYDRA. Il a tenté de tuer deux agents scientifiques. Il est en fuite. C'est tout ce que je sais.
- Alors apparemment, il était plus loyal à John Garrett, son mentor, ou je ne sais pas quoi, qu'à HYDRA. Il a contacté le SHIELD parce que les Dix Anneaux lui ont fait une proposition. Seulement, l'énergumène est malin, et il a suggérer d'infiltrer les Dix Anneaux pour le compte du SHIELD, en échange de quelques trucs. Coulson m'en a pas dit plus.
- Je vois. C'est une bonne chose ?
- A part que ça met Coulson hors de lui ? Je dirais que de toute façon, qui ne tente rien n'a rien. Le type sera dans la place, et n'aura accès à aucune info problématique du SHIELD. J'ai l'impression que c'est tout bénèf' pour nous.
- Et pourquoi ont-ils besoin de toi ?
- Pour le matos bien sûr. Technologie miniaturisée, indétectable, et tutti quanti. Je vais être amené à bosser pas mal à la base Avengers. Je me disais que ce ne serait pas mal de relancer cette idée d'orthophonie pour Jör'. On finit par apprendre quelques signes pour communiquer, mais ce n'est pas assez. J'ai laissé FRIDAY chercher le meilleur des meilleurs. J'ai proposé à Bruce de revenir travailler à la Tour, si ça t'intéresse. Je suis sûr qu'il adorera les enfants.
- Tu as déjà choisi un orthophoniste, n'est-ce pas ? Devina Loki en ne se laissant pas avoir par le changement de sujet brutal.
- Mais non ! J'ai juste mener une petite enquête pour trouver le meilleur. Et vérifier leurs antécédents judiciaires. Et écouter quelques rumeurs. Un nom est ressorti. Je pense qu'on peut faire un essai. Si tu veux, on ira ensemble pour le premier rendez-vous.
- Oui, pourquoi pas, céda Loki avec réluctance. Qui est ce fameux praticien que tu nous as dégoté ?
26 juillet 2015 – New-York, Manhattan, 86th Street :
« Merci d'avoir accepté de nous recevoir aussi vite, déclara Tony en serrant la main de la doctoresse avec son plus beau sourire charmeur.
- Et bien, vous avez de subtiles moyens de persuasions, Monsieur Stark, minauda la femme. Mais sachez d'ors et déjà que ceci est exceptionnel. D'habitude, je ne reçois personne le dimanche. Et je pars en vacances demain pour trois semaines.
- C'est parfait ! Nous souhaitions juste votre analyse professionnelle. »
Et Tony se tourna vers Loki qui rongeait son frein en observant son compagnon faire du charme à une autre personne.
Le Dieu du Chaos exposa le problème de Jörmungand, assis entre Tony et lui, à la praticienne, qui écoutait, prenait des notes, et parfois posait des questions. Le milliardaire s'était déjà assuré du silence complet de la femme grâce à ce fameux 'subtile moyen de persuasion', c'était à dire un gros chèque. Malgré cela, elle resta dubitative, et il fallut que Loki transforme sa plaque professionnelle, clamant fièrement 'Doctor C. Miller – Speech Therapist and Psychologist', en bouquet de fleurs, pour qu'elle arrête de le regarder comme un évadé de l'asile.
Il lui fallut ensuite quelques minutes pour qu'elle assimile le fait qu'elle devait soigner un extra-terrestre, qui était à l'origine un serpent géant. Puis ils purent enfin discuter de la thérapie en elle-même. Elle préconisait une séance tous les deux jours pendant deux semaines, et des cours de langue des signes pour toute la famille, dès qu'elle serait rentrée de vacances. Après ces deux semaines, en fonction des progrès de Jör', elle aviserait pour une ou deux séances par semaine, en plus des cours qui continueraient pour tout le monde.
Ensuite elle expliqua comment elle procéderait pour apprendre à Jör' comment utiliser ses cordes vocales. En fait, elle n'expliqua pas cela à Loki et Tony, mais à Jörmungand lui-même, ce que Loki apprécia.
Elle expliqua donc que pendant leur première séance, seuls, et elle insista bien sur ce point, elle ferait un premier bilan, pour déceler toutes les difficultés de Jörmungand pour s'exprimer. Loki n'était pas très sûr de pouvoir laisser son fils à une parfaite inconnue, mais Tony tenta de le rassurer. Apparemment, sur Midgard, les médecins et assimilés préféraient les face à face seuls avec leurs patients. Loki se sentit trahi, et honteux de ressentir cela, lorsque Jörmungand lui fit comprendre qu'il préférait être effectivement seul avec la thérapeute.
Puis elle commença à parler de techniques d'imitation, de toucher de la gorge, et d'autres qui pourraient s'adapter au cas de Jörmungand. Son attention se fit plus pointue. Il enregistrait chaque mot pour pouvoir éventuellement reproduire ces techniques sans elle. Il n'était toujours pas certain de laisser Jör' entre ses mains, malgré leur expertise affichée. Elle parla de vibrations de cordes vocales, d'imitations, d'application des mains...
« Certaines séances se feront entre Jörmungand et moi, finit-elle, et d'autres demanderont votre présence, à tous les deux, et peut-être même de ses frères, afin que tout le monde soit bien sur la même longueur d'onde. »
Quelques minutes plus tard – New-York, Manhattan, Tour Stark :
Le rendez-vous se finit donc ainsi, et une poignée de main plus tard, Tony, Loki et Jörmungand étaient de retour dans les appartements du milliardaire.
« Qu'est-ce que tu en as pensé ? Demanda Tony quand Jör' partit rejoindre ses frères.
- Je suis mitigé, répondit Loki. D'un côté, c'est peut-être le meilleur moyen d'aider Jör' à parler, mais d'un autre, je me dis que … je ne sais pas. Je fais peut-être trop grand cas d'un handicap qui n'en est peut-être pas vraiment un.
- Pourquoi dis-tu cela ? S'étonna Tony.
- Quand j'étais petit, je n'avais pas les mêmes capacités que les Æsir, que mon frère et ses amis. Et la cour passait son temps à me comparer à eux. Mes parents passaient leur temps à me comparer à eux. Je n'ai pas envie de faire vivre ça à Jör'. Je n'ai pas envie de le comparer à ses frères et sa sœur, sous prétexte qu'il ne parle pas. De lui mettre un objectif inatteignable, juste parce que c'est ce que tout le monde attend d'un enfant comme lui.
- Ce n'est pas ce que tu fais, assura Tony d'un ton ferme. Tu ne le compares pas à ses frères. As-tu jamais dit 'Tes frères parlent, alors toi aussi tu dois parler' ? Non, tu ne l'as pas dit. Tu lui as dit, 'Essayons de trouver un moyen de te faire parler'. Tu ne lui as pas fait miroiter un espoir impossible. Tu lui as répété que ce n'était pas grave de ne pas parvenir à parler. Tu lui as demandé s'il voulait essayer avec l'orthophoniste. Tu n'es pas comme Odin, d'accord ?
- Tu le penses vraiment ? Demanda Loki et il se détesta d'entendre cette petite pointe de désespoir dans sa voix.
- Oui Lo', je le pense. Je pense que tu es un bon père. Et tes enfants le savent, et t'aiment. Et moi aussi je t'aime.
- Je …, s'étrangla Loki.
- Chut Lo', sourit Tony en lui posant un doigt sur la bouche. Je n'ai pas besoin d'une réponse. »
Alors Loki se tut, et se laissa enlacer par son compagnon, ses pensées tourbillonnant dans sa tête.
Il aimait Tony bien sûr. Comment ne pourrait-il pas aimer Tony ? Mais le dire, cela rendait la chose concrète. Palpable. Vivante. Donc mortelle. Et ça, il ne pourrait le supporter. Perdre Tony, serait presque aussi terrible que perdre l'un de ses enfants. Il se souvenait de chacune des pertes qu'il avait subi. Chaque déchirement, vécus comme autant de deuils. Et le deuil, le vrai, la confrontation avec la mort et ce qu'elle avait de plus définitif, de plus irrémédiable, irrévocable. Le point final de la vie. Il refusait de revivre cela. Il ne s'en remettrait pas, c'était presque une certitude dans son esprit.
Alors que faire ? Il n'avait plus vraiment le choix à dire vrai. Il devait composer avec cet amour qui lui rongeait l'âme, mais qui lui réchauffait le cœur. En à peine un an, Tony était devenu l'une des personnes les plus importantes de sa vie, et savoir qu'il ne pourrait pas en faire partie plus de quelques décennies le mettait au supplice. Devait-il voler des pommes d'Iðunn, afin d'allonger sa vie ? Ou trouver un autre moyen ?
« Où en es-tu de tes calculs ? Demanda Tony sans relâcher son étreinte.
- Nulle part, admit Loki en se fondant un peu plus contre le torse chaud et ferme. Je bute sur une équation. Les résultats me rendent perplexes, et j'ai peur d'être passé à côté d'une variable. »
S'il y avait bien quelque chose qui caractérisait son compagnon, c'était son génie. En quelques jours, il avait assimilé les bases de la physique magique et avait tenté de coder un programme d'aide aux calculs. Mais à chaque nouvelle leçon, il soupirait, et décrétait qu'il fallait qu'il refasse tout le code depuis le début. Loki avait bien compris que c'était en quelque sorte un exercice d'application, et que ça l'amusait plus qu'autre chose, mais il ne pouvait s'empêcher de sourire devant l'air faussement accablé que prenait Tony.
« Il va falloir m'en dire un peu plus si tu veux que je t'aide, murmura le milliardaire dans son cou provoquant des millions de petits frissons de plaisir.
- FRIDAY, que font les enfants ? Demanda Loki en se redressant une idée derrière la tête.
- Jörmungand lit, répondit l'Intelligence Artificielle. Sleipnir et Fenrir jouent à un jeu vidéo.
- Il faudra leur trouver une occupation qui n'implique pas d'écran, grommela le jeune père. Mais pour le moment, cela va me servir.
- Pourquoi ? S'étonna Tony en fronçant les sourcils. »
Loki s'éloigna, brisant leur étreinte et déclara :
« Interrogation surprise.
- Quoi ?
- Je vais voir si tu as bien retenu tout ce que je t'ai appris pour le moment. Mais avec une condition spéciale. Viens t'asseoir. »
Méfiant, Tony obéit néanmoins et prit place sur le canapé, à côté de Loki, leurs épaules se touchant.
« Première question, commença Loki en prenant une voix grave qu'il savait envoûtante pour son compagnon, donne moi une définition de la Magie.
- La Magie est une force énergétique, commença Tony, qui peut modifier … Hey ! Qu'est-ce que tu fais ?
- C'est la condition spéciale, sourit Loki en arrêtant momentanément de lui mordiller le lobe de l'oreille. Continue s'il te plaît.
- Merde, jura Tony doucement. C'est chaud. Tu vas aller loin comme ça ?
- Continue Tony.
- La Magie peut modifier le tissu de la réalité... »
/!\/!\/!\/!\
Tony prit une grande inspiration quand Loki déposa une succession de baisers dans son cou, provoquant quelques frissons. Loki sourit.
« Peut modifier le tissu de la réalité à des niveaux fondamentaux, au sein de la matière … Hmmm … de la matière …
- Oui minn hjarta ? Minauda le Dieu du Chaos en finissant d'ouvrir la chemise hors de prix du milliardaire.
- De la matière, oh putain, jura Tony entre ses deux quand Loki se mit à titiller ses mamelons. Au niveau subatomique ! »
La fin de la phrase avait été débitée à toute vitesse, et Tony, tout génie qu'il était, ne put s'empêcher d'accompagner la nouvelle sensation par une légère cambrure.
« Que peux-tu dire d'autre à propos de la Magie, demanda ingénument Loki avant de mordiller le deuxième téton.
- Je … C'est, balbutia Tony. Elle est à la base de la structure de l'Yggdrasil, entremêlant, oui juste là ! »
Cette fois, la bouche de Loki était partie à l'exploration des pectoraux si bien dessinés de son compagnon, connaissant avec certitude ses points faibles.
« Entremêlant ?
- Entremêlant les Neuf Mondes dans une réalité quantique à part du reste de l'Univers. »
Son débit de parole était parfois très lent, et parfois extrêmement rapide, comme s'il tentait d'échapper à la délicieuse distraction de Loki. Le Dieu du Chaos sourit contre la peau chaude et hâlée de son compagnon, n'arrêtant à aucun moment ses caresses.
« Con… contrôler la Magie demande à la fois des com… compétences in…innées, et une gr…grande pratique, balbutia Tony alors que Loki défaisait lentement la ceinture de son pantalon avec dans le regard une promesse de plus.
- C'est bien Tony, continue s'il te plaît, ronronna Loki en caressant la bosse du pantalon de son compagnon beaucoup trop légèrement au coût de ce dernier. »
Loki avait l'air d'un chat devant un bol de crème, et se passa la langue sur les lèvres, délibérément. Tony déglutit.
« La cap…capacité à maît…maîtriser la Magie est soit … soit héréditaire, putain Lo' tu me tortures !
- Vraiment ? Minauda le Dieu du Chaos en continuant à passer son index sur le long de la bosse formée par la hampe de Tony au dessus de son boxer. Veux-tu que ça s'arrête ?
- Oui. Non ! Non ! Mais plus s'il te plaît ! Geignit Tony.
- Alors continue. La Magie est héréditaire ?
- Oui, et … ou … issue d'une mutation spontanée de l'ADN. Aaah ! »
Bon prince, Loki avait libéré le sexe de Tony de la dernière couche de vêtements qui le recouvrait.
Le pantalon ouvert, le sexe dressé vers lui, Loki prit quelques secondes pour admirer son amant. Ses yeux semblaient presque fiévreux tellement ils brillaient. Ses joues étaient rouges d'excitation contenues, ses mains tremblaient alors qu'il tentait de maintenir ses bras le long de son corps. Tout son être appelait à la luxure, et Loki était bien décidé à lui offrit l'orgasme pour lequel il suppliait silencieusement. Il s'installa donc à genoux sur le sol, prêt à passer à la deuxième étape de cette interro surprise.
Il fallait dire aussi qu'entendre Tony réciter les vieilles leçons de Magie de Loki, la chemise et le pantalon ouverts, le sexe tendu à en être douloureux, bafouillant et haletant, excitait Loki bien plus qu'il ne l'avait imaginé. Son esprit gambergeait et inventait des situations où Tony lui faisait l'amour, tout en exposant les dernières recherches en Magie qu'ils auraient fait tous les deux, les amenant ensemble dans un orgasme à la fois sexuel et intellectuel.
« Quelles sont les trois Règles limitant l'usage de la Magie ? Demanda Loki en commençant une masturbation délibérément lente.
- C'est … je … Conjuration ! Conjuration ! Et … oh, oui ! Contre la résurrection. Hmmm, fais ça, encore !
- La troisième règle, exigea Loki en arrêtant de caresser le gland rougit et suintant de son amant.
- Troisième règle … troisième règle … Loki s'il te plaît ! Troisième règle…
- Donne-moi la troisième règle Anthony, répéta Loki en serrant doucement la verge à sa base.
- Non, fais pas ça ! La troisième règle… s'il te plaît ! Contre … contre … L'immortalité ! Contre l'immortalité ! Contre l'immortalité !
- C'est très bien Tony, susurra Loki. Il ne reste qu'une seule question, et tu mériteras ta récompense. »
Sur ces mots, Loki se pencha et passa le plat de sa langue tout le long de la hampe palpitante. Tony aspira l'air bruyamment.
« Quelle est la … la dernière question ? Demanda-t-il d'un ton suppliant.
- Quelles sont les quatre sources de Magie ? Donne également une brève description. »
Sur ses mots, Loki se mit à suçoter le gland de Tony, les yeux dans ses yeux. L'humain avait la bouche ouverte, et Loki devina que quelque part, son brillant intellect s'était accordé une pause. Loki retira sa bouche.
« J'attends.
- Euh …, fit Tony très intelligemment. La … la Magie personnelle. »
Loki se remit à suçoter.
« Aah ! Soupira Tony avec délice. Euh … c'est … comme son nom … son nom l'indique … oh merde ! Tu fais ça si bien ! S'exclama-t-il quand Loki passa la langue sur la fente de son gland. Les pouvoirs mentaux … ah oui ! Mentaux et spiri…spirituels que les Ma…Mages développent eux-mêmes.
- Ça fait un, compta Loki tranquillement. »
Il arrêta donc de suçoter le gland, et se mit à lécher goulûment la hampe sur toute sa longueur. Tony n'y tint plus et passa ses mains dans les cheveux de Loki, mais ne tenta pas de contrôler le mouvement de sa tête. Le milliardaire ferma les yeux, et les rouvrit précipitamment quand Loki s'arrêta pour le regarder.
« Continue Tony, exigea Loki avec un sourire mutin.
- Deuxième source, obéit Tony avec empressement. La Magie … oh oui ! La Magie ambiante de l'U…univers. Par… par définition … elle provient de l'Univers … lui-même. C'est cette source qui permet … permet notamment la téléportation. Tu me tortures ! Troisième source ! »
Loki continua de lécher, pendant que sa deuxième main se mit à caresser les testicules gonflées de Tony. Il sentit les mains du milliardaire se resserrer un peu dans ses cheveux, lui tirant légèrement le cuir chevelu. Contre sa langue et sa première main, il pouvait sentir la queue de Tony se crisper, alors que son amant se crispait, se concentrant pour accomplir sa tâche.
« Troisième source … La Magie extra-dimensionnelle ! Un pouvoir issu de la Magie ambiante de l'Univers, qui permet l'invocation d'entités ou d'objets à travers les dimensions ! Cria-t-il à toute vitesse. Quatrième source, les objets ! Les objets … oh putain ! OUI ! »
Loki avait littéralement englouti la bite de Tony, le suçant désormais avec passion, sa main gauche étant toujours occupée à masser ses couilles. Tony était cambré, la tête rejetée en arrière, profitant pleinement de la fellation qu'il recevait, et cette image était la luxure même.
« Les objets peuvent être créés par de puissants Mages, ou par la Magie elle-même. Putain Loki ! Ne t'arrête pas ! »
Loki n'en avait pas l'intention du tout. Il suçait la queue de Tony avec application, avec une technique étudiée et efficace, s'efforçant à procurer à son amant le plaisir le plus intense possible. Les halètements et les gémissements étaient un régal, et une juste récompense aux oreilles de Loki. La chair gonflée de sang allait et venait dans sa bouche, suant déjà un léger liquide un peu amer, un peu visqueux, mais qui renseignait le Dieu du Chaos sur l'état de son amant.
Puis dans un dernier cri, dans une dernière convulsion, dans une dernière crispation, Tony éjacula un sperme épais, pâteux, à la fois amer et salé, et tellement gratifiant pour Loki. Il avala et remonta embrasser Tony qui nageait en plein brouillard orgasmique.
« Lo', fit-il un peu choqué en écarquillant les yeux. Tu … tu as … je ne t'ai pas prévenu. Je suis tellement désolé !
- Ne le sois pas, chuchota Loki contre ses lèvres. Je le voulais. Je voulais que tu oublies tout dans la jouissance. Tu es si beau. Si beau. Encore plus quand je te fais jouir.
- Mais …, réalisa Tony. Et toi ?
- Moi ? »
Le sourire mutin de Loki ne signifiait qu'une chose. Il n'avait pas fini de jouer. D'un geste, il se déshabilla, et monta, entièrement nu sur les genoux de Tony. Il bandait fièrement, son sexe entre leur deux ventres ne demandait qu'un peu d'attention.
« Moi, répéta Loki d'une voix grave, j'aimerai éjaculer sur ton torse et ton ventre parfait, minn hjarta. »
L'éclat de l'excitation réapparue dans le regard de Tony. Le milliardaire avança la main, et se mit à masturber le Dieu qui attrapa le dossier du canapé de part et d'autre de la tête de son amant, l'embrassant fiévreusement.
« Ne sois pas doux, intima Loki. Branle-moi fort. »
Tony obéit, et se gestes se firent plus fermes, moins délicats. Pris d'une impulsion, il pénétra l'anus de Loki avec un doigt, faisant gémir le Dieu qui se mit à mordiller l'oreille de son amant. A la demande de Loki, Tony ajouta un deuxième doigt, puis un troisième, continuant sa masturbation énergique. Avec un léger mouvement de balancier, Loki allait et venait sur les doigts de Tony, ne retenant plus ses gémissements, perdant peu à peu la raison, s'enfonçant dans un monde de plaisir rude, de désir violent et de passion effrénée. La friction sur sa queue était presque douloureuse et lui faisait voir des étoiles. Les doigts l'écartaient moins proprement que pouvait le faire un sexe gorgé de sang, mais leurs mouvements rendait la pénétration si délicieusement frustrante. Il embrassa Tony, écrasant leurs lèvres les unes contre les autres, mordant la langue, leurs dents s'entre-choquèrent, leurs souffles se mêlèrent. Les longs doigts de Loki attrapèrent les cheveux de Tony, lui tirant la tête en arrière, dévoilant sa gorge, qu'il s'empressa de lécher, d'embrasser, de mordiller.
« Je t'aime, gémit Tony. Je t'aime Loki.
- Oui Tony. Anthony. Tony. Je … je … Tu … Oh, encore ! Anthony ! Encore ! »
La jouissance le terrassa presque. Son sperme vint s'étaler sur le torse de Tony, coulant vers son ventre, exactement comme il le voulait. Les doigts de Tony continuèrent à bouger à l'intérieur de lui, encore un peu, puis se retirèrent, emportant avec eux la sensation d'être comblé de Loki. Avec un sourire coquin, il se pencha, et vint lécher chaque goutte de son propre sperme, nettoyant de sa langue le corps de son amant.
« Si je m'écoutai, je te renverserai sur la table basse et je te prendrai encore et encore, gémit Tony.
- Et qu'est-ce qui t'en empêche ? Demanda Loki en prenant le sexe mou de Tony dans sa main. »
Tony émit un son plaintif, empli de désir. Sous les attentions délicates de Loki, la queue épuisée reprenait déjà un peu de vigueur. Avec son air de ne pas y toucher, Loki ajouta sa propre queue dans la masturbation.
« Comment fais-tu ça ? S'étonna Tony. Tu viens juste de jouir ! Comment peux-tu bander encore ?
- Je ne suis pas humain Tony, murmura Loki comme s'il s'agissait d'une révélation. »
Le milliardaire se mit à rire. Quelques minutes plus tard, il mit son plan à exécution. Loki, allongé sur le dos, sur la table basse, les jambes relevées, criant de plaisir au rythme du déhanchement de Tony.
/!\/!\/!\/!\
31 juillet 2015 - État de New-York, Black Rock Forest, Base des Avengers :
Loki avait accepté de servir de 'taxi magique' comme disait Tony, entre la tour Stark et la base des Avengers. En fait, après insistance de Coulson, le Dieu du Chaos était prié de faire ses recherches en compagnie d'une batterie de scientifiques qui tentaient de comprendre les tenants et aboutissants des équations compliquées qu'il essayait de résoudre. Tony faisait la navette entre le centre R&D à quelques mètres du bâtiment où travaillait Loki, et le labo de son compagnon où il aidait les scientifiques à comprendre la Magie et les équations. Pendant ce temps, Sleipnir, Fenrir et Jörmungand étaient gardés par Bucky et Rogers. Les deux anciens soldats se faisaient un plaisir de leur faire faire le parcours du combattant (un peu édulcoré), ou de leur montrer des techniques d'autodéfense. Ces occupations laissaient Loki dubitatif, mais les garçons avaient l'air d'apprécier, alors, il ne disait trop rien.
La seule chose qu'il avait imposé à Coulson et Fury était de travailler entre deux et quatre heures par jour, afin de se consacrer le reste du temps à l'éducation des garçons, à la tour Stark, ou dans une autre des propriétés de Tony. La petite famille aimait particulièrement le chalet du Colorado.
Pendant ces quelques jours, les occupants des bâtiments siglés Avengers avaient eu le temps de s'habituer à la présence de Loki, mais il restait malgré tout quelques réfractaires. Rogers en tête à la grande exaspération de Bucky. Loki comprenait parfaitement les différents griefs du Capitaine, dont la première et la plus importante de toute, celle que jamais Rogers n'admettrait ressentir : la jalousie. Parce que Captain America était de nature jalouse, en tout cas dès qu'on abordait le sujet 'Bucky'.
Rogers était simplement jaloux de la relation amicale que le Dieu du Chaos entretenait avec son meilleur ami. Il était jaloux que ce fut Loki qui permît la réhabilitation de l'ancien Winter Soldier. Il était jaloux des quelques mois que Loki avait pu passer avec lui, le soignant, lui rendant la mémoire, le remettant sur les rails.
D'un autre côté, Bucky était jaloux lui aussi d'une des relations de ce bon vieux Capitaine : Sam Wilson. Il avait avoué à demi-mots qu'il avait parfois l'impression que Rogers l'avait remplacé au profit de ce Falcon.
Donc, Loki, en bon Dieu de la Malice qu'il était, jetait régulièrement quelques gouttes d'huile sur le feu de la jalousie de ces deux-là, espérant plus ou moins qu'une bonne bagarre entre eux réglerait quelques problèmes.
La deuxième personne qui lui battait froid, était évidemment Romanoff. La Veuve Noire n'avait pas digéré les petites expérimentations faites sur sa personne, et après réflexion, Loki ne pouvait lui en vouloir. Elle avait été une expérimentation toute son enfance, et une grande partie de son adolescence. Loki admettait désormais volontiers que tester cette potion et ce sort sur elle sans lui en parler avait été une mauvaise idée.
Enfin, le dernier à ne pas voir d'un bon œil sa présence sur les terres de l'équipe des super-héros, était Fury. Mais Loki n'en avait que faire. L'ancien Directeur du SHIELD, et désormais le responsable de l'Initiative Avengers, était, de l'avis du Dieu du Chaos, un éternel insatisfait, un colérique, et un emmerdeur. Excusez du terme.
Dans la palanquée de personnes travaillant à Black Rock Forest, la plupart n'avait pas vu d'un bon œil l'arrivée de Loki parmi eux, mais un recadrage de Coulson avait contenu leur mécontentement. Désormais, l'immense majorité des hommes et femmes sur place, n'en avait plus grand chose à faire.
Ce jour-là, Loki avait travaillé un peu plus de deux heures dans le laboratoire, avant de décrété qu'il n'arrivait à rien, et frustré, il était sorti rejoindre ses enfants. Une fois n'était pas coutume, Rogers et Loki étaient accompagnés des jumeaux Maximoff, tous les quatre jouant avec ses enfants. Apparemment, ils formaient deux équipes de trois, Rogers, Wanda et Jörmungand d'un côté, Bucky, Pietro et Fenrir de l'autre, tandis que Sleipnir arbitrait avec un sérieux tout relatif. De ce que Loki put comprendre, Rogers et Bucky prenaient sur leurs épaules l'un des enfants, et le but était d'envoyer une balle dans un but tracé sur le sol, dans le sable du terrain d'entraînement, buts gardés par Wanda d'un côté et Pietro de l'autre. Pietro portait ses prothèses de rééducation, qui lui permettait d'utiliser ses pouvoirs (au moins un peu) sans en souffrir.
Tout ce petit monde s'amusait follement, et Loki passa de longs instants à les observer, le sourire aux lèvres. C'était ce genre de vie qu'il voulait pour ses enfants. Une vie insouciante, joyeuse, et bien remplie. Sa frustration s'était envolée, laissant la place à une sorte de sérénité, qu'il savait momentanée malheureusement.
Rogers et Bucky finirent par demander grâce, et arrêtèrent le jeu. Immédiatement, Bucky se tourna vers Loki, et le Dieu du Chaos lui adressa son plus beau sourire en surveillant la réaction de Rogers du coin de l'œil. Celle-ci ne se fit pas attendre. Le Capitaine des Avengers se renfrogna immédiatement, et préféra leur tourner le dos pour parler avec Falcon qui arrivait, ses ailes made in Stark sur le dos. Les garçons restèrent avec les jumeaux, Sleipnir avait très bien sympathisé avec eux. Proportionnellement, il n'était pas beaucoup plus 'jeune' qu'eux. Ces jeunes gens s'étaient trouvés des centres d'intérêts et des points communs. De plus, ils intégraient facilement les deux plus jeunes dans leurs conversations s'ils le voulaient.
« Tu avances, avec ton truc ? Demanda Bucky en s'asseyant à côté de lui.
- Non, répondit-t-il. C'est très frustrant. Quand je pense avoir trouvé un moyen, une nouvelle variable apparaît, et il me faut réécrire le sortilège.
- C'est pas demain la veille qu'on aura l'identité du Mandarin alors.
- Non, admit Loki sombrement. Plus j'avance, et plus je me demande si je ne vais pas être obligé d'aller prospecter sur Jötunheim. Et, crois-moi, cette perspective ne m'enchante guère. Et toi, ça avance avec Rogers ?
- De quoi tu parles, râla Bucky. Il fait encore ami-ami avec ce type qui me déteste. J'aime pas ça.
- Tu es jaloux, énonça simplement Loki.
- Jaloux de quoi ? De ce négro ? Il ne fait pas le poids contre moi. Je le bats à une main et les yeux fermés.
- Attention, Buck, tu deviens insultant. Et en effet, tu n'es pas jaloux. Tu es carrément possessif. Il serait peut-être temps de mettre les choses à plat avec Rogers.
- Quelles choses ? De quoi tu parles nom de Dieu ?
- De ce que tu ressens pour lui, énonça Loki lentement ayant décidé de mettre les pieds dans le plat.
- Ce que je ressens pour lui ? C'est mon meilleur ami ! Comment peux-tu dire ça ! C'est … c'est …
- Parfaitement plausible, vu comment vous vous comportez l'un avec l'autre. Je ne te dis pas de te précipiter sur lui et de lui rouler le patin du siècle, ricana le Dieu du Chaos, juste de prendre le temps de parler de ta jalousie, et de la sienne.
- La sienne ?
- Par Yggdrasil Barnes ! S'exclama Loki. As-tu des yeux pour voir ? Rogers est jaloux de notre amitié. Tout comme tu es jaloux de l'amitié qu'il entretient avec Wilson. Je n'en reviens pas de ta naïveté.
- Je ne suis pas naïf ! S'emporta Bucky. Je ne crois pas que Steve soit jaloux. Il est mon meilleur ami, il le sait. Pourquoi serait-il jaloux ?
- Pour la même raison que tu es jaloux de Wilson. Je ne vais pas te faire un dessin.
- Imaginons brièvement que tu ais raison, et qu'il y ait … autre chose.
- Quel euphémisme !
- Ne me coupe pas ! Imaginons. Tu es avec Stark. Il n'a aucune raison d'être jaloux pour ça.
- Un humain a eu une phrase assez appropriée à ce propos. Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point.
- Mouais, je sais pas qui a dit ça, mais … »
Il n'alla pas plus loin dans sa pensée et se leva précipitamment. Un homme et deux femmes venaient de sortir en courant d'un des bâtiments.
« Ça va exploser ! Hurla l'un d'eux. »
Loki écarquilla les yeux de surprise, et la peur fit battre son cœur plus vite. Il jeta un regard affolé autour de lui.
« Barn ! Appela-t-il en cherchant ses enfants. Farar hér ! Hráða ! »
A son ton, les garçons durent sentir l'urgence de se regrouper autour de leur père, et se hâtèrent à ses côtés.
Bien leur en prit, car quelques instants plus tard, le bâtiment d'où venaient les trois agents ou peu importe qui ils étaient, explosa littéralement. Loki eut juste le temps de conjurer un bouclier assez grand pour protéger un maximum de monde. Les débris incandescents volaient en tout sens, leurs oreilles sifflaient. Des gens étaient couchés sur le sol, parfois immobiles dans des positions macabres. Des incendies se déclaraient, trop nombreux pour être contenus par les rescapés. Loki tenait ses fils contre lui, vérifiant fébrilement qu'ils n'avaient rien. Puis il réalisa.
Le bâtiment.
Tony était dedans.
Désolée, mais je ne suis pas désolée.
Dois-je rappeler que les menaces de mort sont un délit ?
Je vous aime quand même.
A bientôt
