Alors voilà, le tout dernier chapitre. Je ne vous remercierais jamais assez de m'avoir permis de continuer cette fic jusqu'au bout. J'espère vraiment qu'elle vous a plu, j'ai pris énormément de plaisir à l'écrire, à l'imaginer, à la publier...c'est une histoire vraiment très personnelle et je suis heureuse de savoir que certains l'apprécient. Vous êtes absolument géniaux, merci pour tout :'D
D'un autre côté je n'arrive pas à croire que ça se termine, je n'écrirais plus jamais de chapitre sur cette histoire...ça va me manquer :( Vous savez, ça fait quand même plus de 8 mois que j'écris cette histoire, elle me tient à cœur, elle représente presque toutes mes peurs, mes passions, mes espoirs, mon avis sur pas mal de questions en tous genre. Et c'est vraiment dur de se dire que c'est fini. Mais tout a une fin, et j'espère sincèrement que celle-ci vous plait :)
Dans tous les cas vos reviews m'ont donné envie de continuer à écrire, donc si vous aimez ce que je fais, on se retrouve bientôt sur une nouvelle fanfiction ! ;D
Vous avez fait exploser les reviews nom de Dieu, bande de malades.
Guest : Il faut bien qu'elle se termine un jour ;) Merci d'avoir suivi la fic jusqu'au bout =)
Mahea : Merci beaucoup pour ta review très gentille, comme dit tout a une fin et c'est génial que ça t'ai plu :D Oh et tu n'as pas à t'excuser, les lecteurs fantôme ne me dérangent pas du tout, mais c'est gentil à toi de laisser une petite review finalement ;) à bientôt !
Miritamoku : Je voudrais bien te dire que je suis contente de t'avoir fait pleurer mais ça fait un peu psychopathe non ? ^^ Bref c'est très gentil merci beaucoup ! Et je suis navrée mais cette fic se termine, c'est comme ça...quant à ce que je vais faire, c'est simple : écrire d'autres choses ! ;) Merci beaucoup =)
Harmonie : En effet, je le ferais bien mais je dessine très mal :P Ceci est le dernier chapitre et c'est un épilogue en même temps, ça se termine ici, désolée...merci de toutes tes review et d'avoir suivi l'histoire jusqu'au bout ! :D
miki aren : Merci ! Si ça ne te dérange pas, tant mieux ^^'
Kamily : En réalité c'est celui-ci le tout dernier, je suis désolée, ravie que la fic t'ai plu :3
Saphire Lichtae : Il n'est jamais trop tard pour une review ;) Ton message n'est pas bizarre ne t'inquiète pas, et il me fait vraiment plaisir, merci à toi de l'avoir suivie et à une prochaine fic peut-être ! ;)
Soofiee : Eh bien c'est toi que je dois remercier pour avoir tout lu et laissé une review trop mignonne :$ C'est vraiment touchant quand tu dis que le lecteur est transporté parce qu'au final c'est une situation très abstraite qui n'est pas du tout réelle et un peu tirée par les cheveux ^^ Ravie d'avoir pu t'émouvoir en tout cas, et un énorme merci à toi !
Panda : Vraiment ? Oh wow, c'est super gentil mais tu sais il y en a plein d'autre des géniales, écrites par des auteures bien plus douées que moi ^^' Merci beaucoup, et voici l'épilogue !
Voilà, sinon il faut absolument que je vous dise d'aller écouter la chanson Run de Snow Patrol parce qu'elle est magnifique et surtout, on dirait que les paroles ont été écrites à partir de cette fic. ça retrace incroyablement bien les pensées de Mathieu et Antoine dans cette fic ainsi que l'univers autour. C'est une chanson magnifique et je vous conseille vivement de l'écouter juste après avoir lu le chapitre 24. Les paroles sont juste sublimes.
Le titre de cet épilogue est une chanson très connue de la comédie musicale Les Dix Commandements (que je n'ai pas encore vue mais je compte la voir un de ces jour parce que j'adore les comédies musicales) et au final, même si elle est un peu niaise, les paroles retracent très bien le message que j'ai voulu passer à travers cette fic, au même titre que When You Believe du chapitre 17.
Eh bien voilà, c'est la fin. N'hésitez surtout pas à me dire ce que vous avez pensé de cette fic, ce que vous avez préféré, ce que vous avez moins aimé, je ne demande qu'à m'améliorer et j'ai besoin de votre avis ;) N'hésitez pas non plus à me poser des questions sur cette fic ou sur mon Ask, je me ferais un plaisir d'y répondre =)
Je précise à nouveau que tous les youtubeurs cités dans cette fanfiction ne m'appartiennent pas et que si cette fiction les dérange je la supprime. Les autres personnages sont des créations de ma part.
Encore merci à vous tous, soyez heureux et mangez des cookies
Minuit
Épilogue : L'Envie d'Aimer
- Allez Mathieu, ça suffit maintenant !
Ledit Mathieu répondit par un grognement absent. Assis sur son canapé et plongé dans le montage de son nouvel épisode, il avait cependant de plus en plus de mal à se concentrer, car son amant ne cessait de tourner autour de lui, le pressant de finir son travail au plus vite. Ils étaient tous les deux chez le présentateur de Salut les Geeks, l'après-midi touchait à sa fin et, si Antoine devenait de plus en plus pressant, Mathieu se gardait bien de répondre. Il devait vraiment terminer ce montage, bordel.
- Mathieu, répéta le brun, grouille-toi ou on va être en retard.
- Mmmh, marmonna le châtain, les yeux toujours rivés sur l'écran.
- Je m'en fous, j'y vais sans toi.
- Mmmmmh.
- Mathieu, merde !
- MAOU !
- Ta gueule, Wifi, grogna Antoine en direction de l'animal.
- Ne t'en prends pas à lui, dit Mathieu en fermant son ordinateur, les sourcils froncés. Il n'a rien fait.
La bestiole en question n'avait cependant pas l'air vexée et se contenta de sauter sur les genoux de Mathieu en ignorant superbement le chevelu.
- Aha ! s'exclama Antoine d'un ton triomphant.
- Quoi ?
- J'ai réussi à te faire parler ! Y'a que quand on s'en prend à ton stupide animal que tu réagis.
Le plus vieux leva les yeux au ciel, posa le chaton par terre et se leva. Il nourrit rapidement l'animal affamé, ignorant au passage les commentaires d'Antoine sur la taille grandissante de la bête, et attrapa sa veste, son chapeau et de nombreux sacs qu'il avait préparés. Ils sortirent tous les deux de l'immeuble sous le soleil de juillet.
- On avait dit 17h30, on va être en retard, maugréa le brun en regardant sa montre.
- Arrête de râler. D'accord, Nyo va te casser la gueule, mais t'inquiète pas ça va passer vite. T'as bien toutes tes affaires ?
- Oui maman.
- Parfait. Et je ne suis pas ta mère, tâche de t'en souvenir.
- Encore heureux.
Ils prirent la rue devenue familière au couple, marchant d'un pas rapide vers leur destination. Parce qu'il fallait avouer que, même si tout le monde avait l'habitude des retards d'Antoine, ils avaient hâte d'atteindre le lieu du rendez-vous. Les rues étaient pleines de monde, c'était l'été, les gens sortaient et il arrivait même de croiser un groupe de touristes étrangers égarés. Cela faisait beaucoup rire Mathieu, et il ne pouvait pas s'empêcher d'aller les aider, car après tout, entendre un japonais parler anglais était une expérience assez extraordinaire.
Beaucoup de personnes se retournaient sur le passage du couple, mais personne ne venait leur parler, et ils s'en fichaient royalement.
Ils continuèrent leur chemin et se retrouvèrent vite dans la fameuse ruelle où Mathieu avait eu des ennuis. De jour, sous le soleil et la chaleur, elle semblait plus accueillante, moins menaçante, et Mathieu se surprit à n'éprouver aucun frisson, à peine un léger malaise trop insignifiant pour lui accorder une réelle attention. Après tout, pourquoi avoir peur d'une rue ?
Ils se gardèrent bien de tout commentaire et traversèrent la rue comme si de rien n'était.
- Tu penses que c'est une bonne idée ? demanda Antoine d'un ton dégagé.
- De ?
- L'idée de Nyo.
Le jeune homme prit le temps de réfléchir. Il ne savait pas si ça allait vraiment régler les choses, mais l'idée de leur ami dessinateur semblait tout de même intéressante. Et au pire, ça ne changerait strictement rien, mais ils se seraient bien marrés.
- Elle est sympa, répondit-il. C'est simple, drôle et je suis sûr que ça va être génial à réaliser.
- Mais tu penses que ça va changer les choses ?
Mathieu se tourna vers Antoine et essaya de déceler la moindre trace d'inquiétude ou de stress dans son regard. Il ne vit que de la curiosité. Rassuré, il répondit d'un ton neutre en haussant les épaules.
- Pas forcément, mais ça va faire un sacré buzz à mon avis. On va faire exploser Internet en quelques minutes, rien que pour ça, ça vaut le coup. Et même, ça vaut le coup d'essayer. C'est avec des choses comme ça qu'on va y arriver, progressivement, ils vont finir par s'y habituer et tout ira bien.
Il sourit et le brun lui rendit son sourire.
- Je trouve que c'est une idée de ouf, dit Antoine. Et puis, c'est pas comme si on était seuls.
Mathieu approuva, puis un détail lui revint en tête et il fronça légèrement les sourcils en se tournant vers Antoine.
- Tu m'as parlé d'un mec que je connais pas...commença-t-il.
Une étincelle de malice s'alluma dans le regard du brun.
- Ouaip, il s'appelle Victor, et il est cool. Tu vas voir, c'est un mec bien.
- C'est ça, grogna Mathieu. Un mec bien.
- Seriez-vous jaloux, monsieur Sommet ?
- Pas du tout.
Antoine éclata de rire tant le visage blasé de Mathieu contrastait avec ses paroles. Il s'arrêta net, posa ses affaires sur le trottoir, saisir Mathieu par le menton et l'embrassa.
Le châtain en eut le souffle coupé.
- Satisfait ? demanda Antoine en souriant lorsqu'il le relâcha.
- T'es malade ? On est en pleine rue !
- Je m'en fous.
Mathieu ouvrit la bouche mais aucun son n'en sortit. Finalement, il sourit, déposa un rapide baiser sur les lèvres du brun et ramassa ses affaires.
- Allez, dépêche-toi ou ils vont vraiment nous assassiner.
Ils reprirent leur marche et arrivèrent bientôt au lieu prédéfini. Antoine et lui contemplèrent longuement l'enseigne du Hog's Head, sentant l'émotion les empêcher de parler. C'était i peine quelques mois, et pourtant...
- La toute première fois, murmura Mathieu, je suis resté planté une demi-heure avant d'entrer, parce que j'avais peur.
Il avait parlé sans détacher son regard de l'enseigne, et Antoine ne pouvait pas non plus s'empêcher de contempler le bâtiment.
- C'est donc pour ça que t'es venu si tard.
- Je ne sais même pas de quoi j'avais peur.
- De moi, bien sûr. Je suis effrayant.
- Je me suis dit que t'allais peut-être me violer.
- C'est pas l'envie qui manquait. Mais comme je suis un être civilisé, j'ai préféré te parler avant, pour voir si tu valais vraiment le coup.
- Et donc ?
Antoine se tourna lentement vers lui.
- À ton avis ?
Le jeune homme sourit. Que c'était étrange de se retrouver ici, après tout ce qui s'était passé depuis la première fois où ils étaient entrés dans ce lieu.
- L'idée est de Nyo, mais c'est toi qui as proposé cet endroit, commenta Mathieu.
- Ça m'a semblé approprié. C'est un lieu qui convient bien à notre univers. Et je me doutais que Jo allait accepter. On y va ?
Le plus vieux hocha la tête et ils poussèrent la porte du bar.
- Hey ! lança une voix à l'intérieur.
C'était Benzaie, et il les accueillit non sans chaleur, pendant que d'autres personnes venaient vers eux.
Le bar était vide de clients, mais un énorme groupe de personnes se trouvait au milieu de la pièce, ainsi qu'un nombre incroyable de caméras, perches et autres outils pour le son, la lumière ou la vidéo. Mathieu vit Jo dans un coin qui nettoyait le bar. Le barman lui adressa un signe de tête auquel il n'eut pas le temps de répondre car il fut vite écrasé par les autres qui se jetèrent littéralement sur lui et son amant avec des cris de joie. S'ensuivit un échange de câlins entre à peu près tout le monde, et Mathieu éclata de rire.
Il y avait tous ses amis de la Japan Expo, Fred et Seb, Linksthesun, Bob Lennon, Benzaie, Nyo, Kriss, mais également Jenny qui semblait s'être vraiment bien intégrée au groupe, et d'autres personnes plus ou moins familières. Mathieu fut heureux de voir le Fossoyeur de Films, Bruce de E-Penser, ainsi que l'homme dont avait parlé Antoine : Victor, dit InThePanda et qui semblait très proche de son amant et du Fossoyeur. Apparemment, il animait une émission sur le cinéma et semblait très sympa, et Mathieu décida qu'il l'aimait bien.
- Bon ! dit Nyo en tentant de parler fort pour couvrir le brouhaha.
- ...et à ce moment-là, alors que tout semblait perdu, je me lève et lui plante mon épée dans le...
- Bob, s'il te plaît !
- Désolé.
- Bon, reprit Nyo pendant qu'ils se serraient tous autour d'une table pleine de papiers. Merci à tous d'être venu malgré les quelques retards (son regard se tourna vers Antoine et Mathieu et ils baissèrent les yeux comme des gamins), on va pouvoir commencer. Ce serait bien que tout le monde soit attentif, vous savez comment ça se passe, on doit être efficaces parce que si on prend trop de temps Jo en aura vite marre de nous et nous foutra dehors avant qu'on ait terminé. Donc faites un effort pour être autre chose que les gamins immatures et antisociaux que vous êtes.
Il regarda le groupe de vidéastes d'un air sévère et se prit quelques doigts d'honneur en retour, mais la plupart semblaient coopératifs.
- Bande d'enfoirés. Bon, je rappelle en gros notre boulot d'aujourd'hui : on doit tourner le clip pour « La chanson des Internets », qui comme vous le savez est une chanson qui parle d'Internet en général, à propos de Youtube, de nous et de nos vidéos, où chacun a un petit morceau à chanter. La chanson a été composée par Antoine, Seb et Links -merci à vous, au passage-, mais chacun a écrit les paroles de sa propre partie, on a ensuite mixé toutes les paroles. Comme on a déjà enregistré la chanson la semaine dernière, on n'a plus qu'à faire le clip aujourd'hui. Avec tout le matos qu'on a et un peu de montage, ça devrait le faire. D'autant plus que cet endroit est génial, pas vrai ?
Il y eut un concert de cris d'approbation et Nyo dut crier « STOP ! » et attendre plusieurs minutes que tout ce beau monde la ferme enfin. Le jeune homme prit une des feuilles entassées sur la table et la fit circuler entre les membres du projet.
- Voilà l'ordre dans lequel on va tourner. Je précise que certains plans sont à plusieurs et qu'on est tous ensemble pour le refrain.
- J'aime les plans à plusieurs.
- La ferme, Bob.
- Ça va être galère de tous nous faire rentrer dans le cadre, plaisanta Benzaie.
- Mais non, dit Antoine, on n'a qu'à prendre Nyo et Mathieu sur nos épaules, comme ça au moins on les verra.
- Allez vous faire foutre, répondirent les intéressés.
- Bon, c'est parti ! François, tu passes en premier, oublie pas Pupuce.
Ils se mirent donc tous au travail dans la joie et la bonne humeur. Beaucoup de vidéastes donnaient des conseils à celui qui passait, des idées pour le clip, d'autres comme Bruce et Fred répétaient encore leur partie dans un coin pour se souvenir des paroles, InthePanda était à la caméra, Antoine et Nyo géraient la lumière, Kriss mettait en place un ampli pour diffuser la musique... Mathieu vit tout le monde s'activer et il sourit en croisant les bras. Jenny vint à côté de lui et lui adressa un sourire resplendissant.
- Comment tu vas ? demanda-t-elle.
- À merveille, voire mieux, répondit-il. C'est vraiment génial, cette idée.
- C'est pour vous qu'ils le font, murmura-t-elle.
- Je sais. Et je leur en suis infiniment reconnaissant, même si ça peut ne rien changer.
- Ça va changer les choses. Au moins un peu. Les gens qui sont avec vous se rendront compte qu'ils ont raison, ça va les encourager à défendre votre cause.
- Jenny... Pourquoi tu es venue aujourd'hui ?
La blonde le regarda d'un air perplexe.
- Mais...pour vous aider, Antoine et toi, bien sûr.
- Mais ce n'est pas la seule raison, pas vrai ?
- Je ne vois pas de quoi tu parles, dit-elle en tournant la tête de l'autre côté.
- Arrête. Je t'ai vu le regarder.
La jeune fille tressaillit mais ne répondit rien. Mathieu lui lança un clin d'œil et elle rougit, ses yeux se posant sur Nyo qui discutait à présent avec Benzaie.
- Je suis heureux pour toi, reprit Mathieu en souriant.
- Il ne s'est encore rien passé.
- Ça ne va pas tarder, j'en suis sûr. Il te regarde souvent.
- Rah, tais-toi, dit-elle en rougissant de plus belle.
Elle lui donna un coup de poing sur l'épaule pour mieux appuyer ses propos et partit aider Bob à mémoriser son texte.
Mathieu la regarda et son sourire s'élargit. Ses amis étaient trop fous pour que le monde tourne rond, mais il n'en n'était pas moins incroyablement heureux. Tout allait bien.
- Ça s'est plutôt bien passé, finalement.
- Sauf la fois où Links a fait tomber un des projecteurs. J'ai cru que Seb allait l'étrangler.
Mathieu et Antoine discutaient d'un ton léger sur le chemin du retour. Il était tard, le tournage ayant pris plusieurs heures, mais ils avaient été efficaces et tout le monde s'était vraiment investi.
- Bah, y'a rien de cassé au final, dit Mathieu.
- Sauf une bouteille vide qui traînait dans un coin. Bob a cru bon de s'en servir comme massue debout sur une table pendant qu'il essayait de trouver des éléments à rajouter dans ses apparitions, on lui a dit trop tard que c'était une mauvaise idée. Jo l'a plutôt bien pris, heureusement.
Le plus vieux ne put s'empêcher de sourire. Il avait adoré tourner avec tout ce monde, même si ça avait été un peu le bordel au début, le tournage avait était très convivial et le résultat semblait prometteur. Il n'y avait plus qu'à monter tout ça, le mettre en ligne, et créer le plus gros choc de toute l'histoire d'Internet.
- Jenny ne rentre pas avec nous ? demanda Antoine. Son appart' est dans cette direction aussi...
Mathieu hésita à peine une fraction de seconde.
- Elle a, euh...voulu nous laisser entre nous, nous donner un peu d'intimité.
- Arrête, elle sait bien qu'on se voit souvent, toi et moi, depuis qu'elle n'a plus besoin de faire semblant d'être ma copine. J'aurai bien aimé faire un bout de chemin avec elle.
Mathieu se mordit la lèvre pour ne pas sourire. Nyo avait décidé de rester un peu au Hog's Head après la fin du tournage, Jo ayant proposé à tout le monde de rester boire un verre, et, lorsque Antoine et Mathieu étaient partis, le châtain avait vu le jeune homme plongé dans une conversation avec la blonde, complètement sous le charme de la jeune fille.
- Bah, je suppose qu'elle a voulu rester avec les autres, dit-il en haussant les épaules. Elle a beaucoup...sympathisé avec nos amis.
- Bon.
Antoine n'insista pas et Mathieu du se retenir de sourire pendant encore quelques minutes. Si Jenny n'avait rien dit à Antoine pour le moment, ce n'était pas à lui de le faire.
Ils marchèrent en silence pendant un moment, savourant la fraîcheur de cette nuit d'été, puis Antoine reprit la parole.
- Ça va marcher, tu penses ? La vidéo ?
- Tu me l'as déjà demandé. J'en sais rien. On aura essayé.
Depuis la découverte des lettres envoyés par les abonnés, Mathieu et Antoine étaient moins inquiets quant à Internet et aux querelles des deux camps. Ils en parlaient comme d'un problème, mais celui-ci n'était pas majeur, et les deux avaient rouverts les commentaires sur leurs vidéos. Ils avaient appris une chose : se couper de tout avis du public était une mauvaise idée. Si l'adresse d'Antoine n'avait pas été découverte, jamais ils n'auraient su que des gens les soutenaient. Et Antoine serait parti.
Le brun allait nettement mieux depuis, et sa relation avec Mathieu tout comme avec ses amis était redevenue ce qu'elle avait été. Elle en était même renforcée, car il se rendait à présent compte à quel point ses amis tenaient à lui, et à quel point Mathieu avait lutté pour l'aider. Il aurait été bien con de ne pas les écouter. D'ailleurs, il avait été bien con, ces derniers temps.
Mathieu voyait son amant redevenir peu à peu lui-même, rire à nouveau, s'investir dans ses vidéos, rester positif sur l'avenir. Il tournait la page et se reconstruisait, tout comme Mathieu l'avait fait lorsqu'il s'était fait frapper par des WTC.
Bien sûr, les commentaires des vidéos étaient pollués de nombreux membres des WTC ou des SLG et ils recevaient toujours des mails assassins ou provocants, mais la réaction des deux vidéastes avait évolué. Ils ne se contentaient plus de les ignorer, au contraire, ils leur disaient cordialement d'aller se faire foutre, et clamaient haut et fort leur amitié -officiellement, ils étaient amis- sur les réseaux sociaux. Ces comportements avaient d'abord donné lieu à une sérieuse baisse du nombre d'abonnés chez les deux hommes, mais avaient également contribué à calmer un peu tout ce monde. Ils finiraient par l'accepter, point. Et au pire, les deux hommes s'en tamponnaient l'oignon, de leur nombre d'abonnés.
Ils finiraient par comprendre, Mathieu en était persuadé. Ils comprendraient que c'était stupide, de se battre pour rien, de créer des problèmes nés de la seule haine pure, gratuite et infondée, de deux camps qui n'avaient pas lieu d'exister. Ils finiraient par s'ouvrir, regarder les créations d'autres personnes, aimer ces créations, comprendre que le monde ne se divisait pas entre blanc et noir. Et ça, Mathieu et Antoine l'avaient bien fait comprendre à leurs amis. Car, au final, c'est l'amour entre les deux hommes qui leur avait donné à tous l'envie d'aimer, de se connaître pour s'apprécier.
Arrivés devant l'appartement de Mathieu, ce dernier vit que le brun semblait hésiter. Un petit sourire naquit sur les lèvres du châtain. Antoine n'allait sûrement pas s'attendre à ce qu'il s'apprêtait à faire. Cette idée lui trottait dans la tête depuis quelques temps déjà, le moment était venu.
- Tu peux rester, lui dit Mathieu en souriant.
Antoine sourit à son tour.
- J'attendais que tu me le proposes. J'ai pas très envie de rentrer chez moi à cette heure, je vais réveiller tout le monde. Enfin, ça, c'est l'excuse officielle, ajouta-t-il avec un clin d'œil.
Le sourire de Mathieu s'élargit.
- Je ne pensais pas à ça.
Il avait fait son choix.
Antoine le regardait sans comprendre, et le châtain se dit qu'il était temps.
- Tu peux rester pour toujours, dit-il.
- Mathieu, qu'est-ce que tu racontes ?
Putain mais c'est vraiment un crétin d'abruti.
- Bon, soupira Mathieu. Antoine, est-ce que tu veux emménager chez moi ?
Le brun ouvrit de grands yeux et Mathieu croisa les doigts dans son dos.
Antoine ne réfléchit pas longtemps. Une fois la surprise passée, il hésita à peine. Après tout, n'avait-il pas juste le droit d'être heureux ? Que lui avaient dit ses amis ? Fais tes choix, écoute les conseils des autres mais fais ce que tu veux, toi seul décide de ta vie. Il adressa un grand sourire à Mathieu.
Il avait fait son choix.
Il se jeta sur son amant, le collant dos au mur et l'embrassa sans lui laisser le temps de respirer ou la possibilité de s'échapper.
- Il faut bien quelqu'un pour t'aider à élever ta créature de l'enfer, souffla-t-il.
- Wifi est un chaton adorable.
- Chut.
- C'est oui ?
- C'est oui.
Une larme minuscule perla au coin de l'œil d'Antoine. Mathieu fronça les sourcils et l'essuya avant qu'elle de coule.
- Ah non, c'est plus le moment de chialer.
- C'est parce que je t'aime.
- Je t'aime aussi, sourit Mathieu. Mais plus de larmes, s'il te plaît.
Antoine voulut l'embrasser à nouveau, mais le châtain posa un doigt sur ses lèvres.
- Tu veux pas qu'on fête ça? demanda le brun sans cacher sa déception.
- Si...répondit Mathieu en lui jetant un regard bleu pétillant. Mais en haut.
Et, sans attendre de réponse, il attrapa le poignet de son amant et monta les marches jusqu'à son appartement, qui était à présent leur appartement. Wifi poussa un miaulement lorsqu'ils entrèrent, mais ni l'un ni l'autre ne l'entendaient.
Tout allait bien.
FIN
