Cela faisait une heure que Tonks veillait Ginny, quand la jeune fille s'agita dans son sommeil. Elle fut pris de tremblements et agitait les bras comme si elle se battait contre quelqu'un ou quelque chose. Tonks tenta de la calmer quand un cri déchirant s'échappa de la gorge de la rouquine.
Dumbledore et Arthur se précipitèrent dans la chambre. Le vieil homme s'approcha de la jeune fille qui s'était soudain calmée.
-Armageddon. Souffla-t'elle d'une voix d'outre tombe. Puis elle expira et resta immobile.
-GINNY !!!! cria son père. Mais la pauvre enfant ne pouvait l'entendre. Elle venait de rendre son dernier souffle.
L'assemblée pleura en silence tandis qu'Arthur berçait son enfant dans ses bras, répétant :
-Réveille-toi mon cœur ! Réveille-toi !
La jeune Griffondor alla rejoindre son frère. Mais elle avait laissé un message. Un simple mot qui pouvait déterminer l'issue du combat !
-Hermione ! rugit Rogue. Elle est en danger !
-Calmez-vous mon ami ! dit Illéa d'une voix apaisante. Pour le moment elle ne craint rien. Je sais pour votre rêve. Il vous a été envoyé par mon frère, il sait que vous êtes en vie.
-C'est impossible ! clama le Serpentard.
-Si ! Et depuis le début. Il ne faut pas le sous-estimer ! Heureusement pour nous il ne sait rien de la mission de votre compagne ! Il ne lui fera donc aucun mal pour l'instant. Il a besoin d'elle et tant qu'elle jouera le jeu, tout ira bien.
-Sauf votre respect, Altesse ! Ma compagne comme vous dites, doit endurer un sort peu enviable par votre faute ! Il est hors de question que je la laisse entre les mains de ce monstre une seconde de plus !
Séverus s'était levé et tremblait de rage. Urion s'approcha et posa une main qui se voulait apaisante, mais néanmoins ferme.
-Je comprend votre colère et la Princesse aussi, mais l'enjeu est à présent bien plus important ! Votre monde tout entier est en grand danger.
-Comment cela ? demanda Harry.
-Aïgon a fait appel à des forces maléfiques puissantes ! répondit Kara. Il a invoqué un démon supérieur, Manock. Ce démon a le pouvoir de faire de la planète un immense brasier ! Les humains le nomme Armageddon, La Fin !
-Mais il est malade ! s'exclama Drago.
-Mon frère n'a rien à perdre ! Son esprit est déviant, il n'a aucune morale et encore moins de bon sens ! Il pourrait se faire détruire et malgré tout… Nous devons l'arrêter avant que le démon ne prenne corps. Pour le moment, ce n'est qu'une ombre, mais s'il devait devenir matériel nous ne pourrions plus rien faire pour le détruire.
-Hermione le sais ? demanda Séverus nullement calmé.
-Non ! Et nous ne le savons que parce qu'un oracle l'a vu il y a environs une heure. La pauvre y a perdu la vie. Déplora la Princesse.
-Un oracle ! Quel oracle ? demanda Harry.
-Une jeune fille humaine ! dit Urion. Une sorcière de seize ans. Nous ne savons rien d'autre à part son nom : Ginny Weasley.
Une chape de plomb tomba sur Harry. L'air dans ses poumons vint à manquer. Son esprit semblait fonctionner au ralenti. Cependant, Séverus l'avait vu vaciller et s'était empressé de le soutenir. Drago était figé de stupeur. La petite Weasley ! Morte ! Il regarda Harry et fut frappé par une image, comme une révélation. Elle était la petite ami du brun depuis l'année dernière.
Il se mit à trembler d'horreur, incapable de parler.
Tout à coups le silence fut brusquement interrompu par un hurlement d'animal blessé :
-HHHHHHHHHAAAAAAAAAAAAAAAA ! NONNNN ! PAS GINNY !!! Par Merlin ! Dites moi que c'est faux ! Pas ma Ginny !
Le jeune homme se tenait à Séverus comme à une bouée de sauvetage. Hurlant, pleurant. Rogue était figé dans une expression de totale incompréhension. Comment ? Pourquoi ? Une enfant, ce n'était qu'une enfant ! Son cœur se serra en pensant à Molly. Cruel sort que de perdre deux enfants coup sur coup. Il porta son attention sur le visage ravagé de douleur de Potter. Le jeune homme était anéantit. Un profond sentiment de compassion s'empara du sévère professeur. Il serra le jeune homme dans ses bras et versa quelque larmes amères.
Kara comprenant la situation s'approcha de Drago. Elle pris sa main. Il tourna son visage vers elle, ses yeux gris chargés de larmes.
-Je suis désolée. Souffla-t'elle. C'est ma mère qui a reçu son message. Elle m'a dit qu'elle avait senti son amour pour un jeune homme, mais je ne savais pas que c'était pour ton ami.
-Pour… Pourquoi ? hoqueta le blond.
-Je ne sais pas. Déplora la jeune femme.
-Harry ! dit-il dans un murmure, et il pleura pour son ami.
De son côté, Hermione n'était pas tranquille. Elle avait entendu du bruit dans le manoir, comme si de nombreuses personnes s'y trouvaient. Elle décida d'en avoir le cœur net. Elle sorti de sa chambre et se dirigea en silence vers le grand salon. Au détours d'un couloir, elle aperçu un Mangemort. Depuis la mort de Voldemort, ses hommes s'étaient ralliés à Aïgon. Elle le suivi sans se faire voir. Il entra dans le grand salon. Elle se cacha dans un renfoncement de mur, à l'abris des regards.
De nombreux Mangemorts se trouvaient face à Aïgon. Celui-ci, très pale, s'adressa à l'assemblée noire.
-Chers fidèles ! Le grand moment est bientôt arrivé ! Quand le Grand Manock aura retrouvé toute sa puissance, il éveillera la Déesse et nous mettrons ce monde à feu et à sang ! Votre Maître sera vengé et nous règnerons sur tous ces mortels inférieurs ! Soyez prêts !
-Gloire au Seigneur Aïgon ! scandèrent les Mangemorts.
Hermione était pétrifiée. Elle devait prévenir Séverus. Elle se précipita dans sa chambre pour réfléchir à un plan d'action, inconsciente du fait que le monstre avait senti sa présence. Il jubilait déjà, pensant à sa prochaine victoire sur elle et sur le monde. Oui, plus rien ne saurait contrarier ses plans !
