Bonjour !
et voilà la suite !
Chapitre 25 :
C'est terminé, enfin c'est terminé. Après une semaine de souffrance, de concentration extrême, d'aller dormir chez la tante de Dean à Chambéry. Même pas à l'internat, il est fermé et c'est même pas le même lycée pour passer les épreuves du bac.
Et oui ça y est ils ont terminé leur bac, toutes les épreuves faites. Le mieux c'est qu'ils sentent tous les deux tout parfait. Pas de grosses surprises, pas de grosses taules. Non.
Même si c'était plus difficile pour Castiel que pour Dean, car il avait plus d'épreuves. Mais c'était tellement bon de voir Dean à la sortie, qui fumait une clope, l'attendant négligemment. Il ne montrait rien Dean. Juste le fait qu'il soit venu signifiait pas mal de choses. Au moins comme ça, il pouvait directement se calmer auprès de lui. Surtout après son oral de français. C'était terminé.
Du moins pour une année ! En Terminale ça sera pire ! Tant pis.
Mais voilà, là enfin ils rentrent chez eux. Dans le chalet de montagne gorgé de lumière crue, d'herbe verte, et de vaches en pâtures.
Ils sont encore dans le car là, le car presque vide par ailleurs. Alors que Dean s'endort presque contre la vitre, il sent que Castiel fait de même contre son épaule. C'est qu'ils sont bien là, que tous les deux dans le car. Castiel en profite même pas réflexe pour mettre sa main sous le tee-shirt de Dean et le sentir bien contre lui.
C'est enfin le véritable début des vacances. Castiel rêve de la mer avec Dean. Cliché, mais alors là c'est une envie qu'il ne contrôle pas, ses rêves sont plus forts que ça. Pour ses épreuves de Français, il a fallu éviter les exemples ou phrases bateau, cliché. Là c'est fini, il peut se laisser aller. Dean sent la petite main de Castiel bouger doucement, juste pour vérifier que Dean est là. Puis le petit brun soupire dans son cou, y frotte son nez et se rendort. Sauf que le bus freine et que Dean réalise qu'ils sont bientôt arrivés. Il va chercher la main de Castiel sous son tee-shirt et la serre doucement.
« J'ai envie de faire une vraie sieste… C'est fou, je vais devenir un vrai petit vieux !, sourit Castiel en entrelaçant leurs doigts vite fait.
- À la Duis..., souffle doucement Dean, dans un demi sourire.
- Ha oui. J'en peux plus là, je meurs d'envie d'y retourner. »
Dean hoche juste la tête puis tend les lèvres pour attraper rapidement celles de Castiel. C'est génial d'être au fond d'un bus vide... Ça leur permet de faire quelques bêtises. Mais bon, rapidement. Faut pas tenter le diable.
Enfin le bus arrive à destination. Ils sont six à descendre à cet arrêt. Eux doivent marcher un peu. C'est toujours mieux que de faire ces quelques mètres dans la neige et en pente !
Bref, la mère de Dean leur saute dessus, même si elle a déjà eu les deux au téléphone pendant les quelques jours du bac, là c'est l'heure du débriefing profond.
Après avoir longuement parlé à table de tout ce qu'il a pu se passer pendant le Bac, les garçons ont dû commencer à aller préparer leurs bagages alors qu'ils partent dans... Dix jours. Oui, Mary est tellement surexcitée de partir loin en vacances qu'elle ne tient plus en place.
Pire, il faut aussi qu'elle prépare l'anniversaire surprise pour Castiel. C'est le lendemain, elle veut le réussir, c'est important pour leur famille recomposée, que tout puisse vraiment bien se passer. Que tout aille bien en eux. Elle prend ça tellement à cœur que Luc en est touché de voir Mary se conduire comme une vrai maman pour ses deux fils.
Alors pendant que les deux adultes s'affairent en bas dans la cuisine, Dean s'écroule sur son lit et attend que Castiel vienne faire de même. Le petit brun le rejoint après être passé sous la douche, il fait affreusement chaud, alors là c'était le passage obligatoire pour perdre quelques degrés. Mais pas pour très longtemps vu que son amoureux est un chauffage ambulant.
C'est donc, en bermuda et torse nu que Castiel le rejoint. Les cheveux mouillés. Dean sent les gouttes d'eau rouler sur son propre torse. C'est agréable. Un peu de fraîcheur... Il glisse ses mains autour de la taille de Castiel et reste comme ça, sans rien dire.
« C'est étrange d'avoir plus rien à faire...
- C'est super agréable surtout..., répond Dean.
- Je suis d'accord… Je vais pouvoir reprendre mes peintures, me balader, lire…
- J'me sens inactif l'été moi...
- Bizarrement ça m'étonne pas de toi., sourit Castiel en se mettant sur le ventre pour le regarder. Plus de basket, plus de ski, plus de copains avec qui traîner…
- Juste toi…
- Aujourd'hui oui… Mais tu faisais quoi ? Avant…
- Du sport... Mais d'été. On partait en rando-VTT avec Aymeric et Théo., explique Dean en jouant avec les cheveux mouillés de Castiel.
- T'es intenable ! Tu fais jamais rien de calme ?
- Non ! fait sérieusement Dean. J'm'ennuie sinon.
Castiel perd son sourire.
- Là tu t'ennuies ?
- Non, parce que tu es là. Cas'... C'était avant. À-vant..., fait-il en détachant les deux syllabes.
- Alors tu aimes faire des choses calmes ?
- Ce qu'on fait là par exemple... Oui, beaucoup.
- Bon ça va... Je dirais rien.
- Tu es vexé toi. »
Ce n'est même pas une question. Juste une affirmation de Dean qui commence à bien voir sur quels points Castiel est susceptible.
« Non t'as rien dit. J'ai juste pensé que je te bridais un peu... Enfin beaucoup.
- Si c'était le cas... Et ça ne l'est pas... Enfin je te l'aurais dit..
- Si tu dois me le dire fais attention à la façon aussi. »
Au même moment on entend des pas dans l'escalier. Mais putain c'est pas vrai ils peuvent pas rester en bas ou dehors les deux là ? Dean l'embrasse rapidement et lui assure qu'il n'aura pas à lui dire. Puis il invite Castiel à se lever, lui reste assis sur le lit. Et ils guettent la porte.
« Les garçons ça vous dirait d'aller en ville faire un peu de shopping ? Vous avez rien à vous mettre sur le dos. Toi Dean en plus tout est déchiré ou raccommodé... C'est pas top.
Dean hausse les épaules, jouant les blasés à la perfection.
- Comme vous voulez..., soupire-t-il
- Je suis certain que tu adooores le shopping Dean ! rit Castiel.
- C'est affreux pour le bouger à faire ce genre de trucs !
- Bon ça va, on a qu'à y aller. Mon maillot de l'année dernière est trop petit en plus...
- Oui et comme on va à la plage !
Mary se retient de trépigner.
- Tu crois qu'on pourra faire de la plongée ?, demande Castiel en suivant Mary dans le couloir.
Il retourne dans sa chambre une seconde pour prendre un tee-shirt et les rejoint.
- Oh bah à Biarritz pourquoi pas ! Tu en as déjà fait toi ? demande-t-elle.
- Euh… Ouais un petit peu quand on est allé aux Baléares.
- Vous êtes allés là-bas ?!, s'exclâme Mary en les traînant en bas.
- Ouais y'a deux ans. C'était bien…
- Tu m'étonnes ! Hey Luc ! Tu m'emmèneras aux Baléares moi aussi ? sourit-elle en allant voir son compagnon.
- Euh bah… Euh… Oui !
- Ouah, t'as l'air convaincu, ça fait peur ! rit Mary.
- Non mais on a décidé de partir en vacances en famille comme ça pour être encore plus proches ! Si on largues les enfants dans un club on va pas les voir pendant une semaine !, explique Luc.
- Alors on partira tous les deux mon amour ?, demande la jeune femme.
- À voir… Quand les enfants seront plus là peut-être. »
Lesdits enfants se regardent, écœurés. Et pourquoi, eux, ils ont pas le droit de s'embrasser comme ça, de se tenir et tout ? Ils aimeraient bien des fois que les parents assistent à ça, juste par provocation… Enfin bon, ils n'ont pas plus le temps de discuter que Mary est partie pour faire les boutiques avec les garçons.
Oh joie. Allez il faut y mettre du cœur.
« Dean, tu essayes ça s'il te plaît.
- Mais non maman c'est bon, j'ai déjà deux jeans…
- Tu discutes pas ! » gronde sa mère.
Dean attrapa le pantalon que sa mère lui tend par le rideau de la cabine et soupire. Il en a maaaaaarre. Castiel lui rigole de son côté, au moins comme ce n'est pas sa mère elle le laisse un peu plus tranquille que Dean qui lui en prend cher.
« Si on prend deux tee-shirts ou polos, le troisième est gratuit, tiens, essaye ces deux là, je t'en prends quatre s'il faut.
- M'man ça va j'ai encore des fringues potables de l'année dernière., grommelle Dean.
- C'est tout gris ou tout déchiré ! Il faut tout refaire là ! Et puis pour es vacances des polos et tout c'est bien ! »
Castiel s'éloigne pour rire un peu. Il voudrait bien le rejoindre pour l'aider un peu mais là non c'est trop comique. Dean qui doit essayer des fringues il n'avait jamais eu l'idée. Et puis il entend que Dean et sa mère se disputent alors c'est peut-être pas trop le moment.
« Oui et puis t'as besoin d'un maillot aussi !, entend-t-il crier Mary.
- Maman tu hurles ! »
Le petit brun va directement dans le rayon maillot. Ça il peut trouver pour Dean ! Là… Il fouille vite fait et trouve un maillot bleu ciel avec des motifs. Tiens ça changera pour Dean ! Il le ramène vers la cabine et le temps à Mary.
« Ha merci Castiel, t'es un ange. Tu vois Dean, tu devrais prendre exemple sur ton frère.
- C'est pas mon frère., râle Dean pour la forme.
Castiel soupire d'entendre ça. Putain il commence à ne plus supporter d'entendre ça. Là pendant les vacances il sent que ça va être encore pire.
- Bon bref, Castiel tu peux rester avec lui, je vais lui chercher un autre tee-shirt et une chemise ?
- Oui, oui vas-y !
La maman de son amoureux a à peine le dos tourné que Castiel passe derrière le rideau. Et qu'il doit se retenir de rire en voyant l'ai désespéré qu'affiche Dean.
- J'en peux plus., soupire-t-il. J'veux rentrer.
- Non non noooon, mon amoureux doit être tout beau ! Pour moi ?
Castiel se pend à son cou en le regardant niaisement.
- Chut, tais-toi idiot…, sourit Dean, se calmant d'un coup.
- Tu vas être tout beau dans ton maillot bleu non ?
- Mouais… Putain faut que je l'essaye attends…
- Si ta mère revient je lui dit que tu étais coincé dans ton polo…
Castiel passe ses mains sur son torse nu.
- Okay... »
Dean commence par virer ce jean foncé qui lui collait aux fesses, puis le tee-shirt écru. Il reste en caleçon et attrape le short de bain que Castiel lui a râmené. Si ça plaît à son petit brun et bah lui, ça lui ira.
« T'es tout beau… »
Son petit ami lui picore les lèvres au passage et le plaque même contre le miroir de la cabine. Dean s'empresse de répondre au baiser pulsionnel que lui offre Castiel. C'est trop bon putain, ça lui fait tourner la tête. Il va caresser les reins de Castiel et...
« Deeaaan c'est bon le maillot ? »
Castiel sursaute, putain c'est pas si facile de mentir et se cacher. Il attrape le polo le plus moche par terre pour faire comme s'il venait de le retirer. Puis se glisse hors de la cabine.
« Il était coincé dedans, et il aime pas, je vais le remettre en rayon.
- Et le maillot c'est bon ?
- Oui M'man. »
Dean sort de la cabine et fait un tour sur lui-même. Au moins, sa mère regarde comment il lui tombe au lieu de voir son visage rouge.
« Très bien. J'ai trouvé un truc pour ton père Castiel, tu penses qu'il aimera ? demande Mary en désignant une chemise.
- Euh. Ouais je pense.
Castiel regarde la chemise vert sapin. Bah c'est son style après tout, ça lui ira très bien à son père. Lui ne mettrait jamais un truc pareil, mais bon.
- Bon allez Dean ça suffit, tu as ce qu'il faut. Toi Castiel tu as tout trouvé tout seul. Tu veux pas essayer ?
- Non, non c'est bon ! Je sais que ça me va ça !
- D'accord. Allez on va payer tout ça. Et arrête de tirer cette tête Dean ! »
Celui-ci ne répond même pas et retourne dans sa cabine. Il enlève le maillot, le donne à sa mère et renfile son vieux bermuda noir délavé et son polo blanc détendu. Oh et puis il est bien comme ça. Sauf que quand sa mère le voit sortir avec ses vieilles baskets, elle réalise :
« Mon Dieu Dean, faut qu'on t'achète des chaussures.
- Oh. Pu-tain. Cette fois Castiel éclate vraiment de rire.
- Et coiffeur après peut-être ?
- Oh ! Castiel oui ! Vous avez tous les deux besoin d'une bonne coupe, vos cheveux vous arrivent dans les yeux, surtout toi Castiel avec tes boucles là on dirait une fille.
Le petit brun regrette directement tout ce qu'il a dit. Une fille non mais et puis quoi encore ?
- Maman, c'est peut-être pas très sympa c'que t'as dit..., tente Dean.
- Non c'est sur mais l'idée est là. Allez, je vous colle chez le coiffeur, Dean je vais te chercher des chaussures.
- Mais faut pas que je les essaye, non ?!
- Je connais ta pointure encore ! Allez hop, hop sortez de là et direction le coiffeur, je vous rejoins là-bas ! »
Castiel ne demande pas son reste et sort de la boutique. Une fille ! C'est pas parce qu'il a quelques boucles que c'est une fille.
Dean et Castiel traversent deux rues avec Mary puis celle-ci leur indique un coiffeur sous les arcades, elle, elle continue le long de la rue marchande pour les chaussures. Son fils attend qu'elle se soit éloignée pour effleurer la hanche de Castiel au milieu des passants.
« Je ressemble pas à une fille quand même ?
Dean secoue la tête négativement et va jouer avec ses boucles distraitement.
- Bon allez on va se faire couper les cheveux ?, soupire Castiel.
- Pas très envie..., soupire Dean, en regardant sa montre. Plus de 18 heures.
- On est bien obligé, ta mère va nous gronder et nous priver de dessert sinon !
- Ça me fait peur mon Dieu..., fait Dean ironique.
Depuis tout à l'heure, il regarde dans le vide, comme absent. Castiel lui secoue la main devant les yeux.
- Coucou, y'a quelqu'un ?
- Oui, oui désolé. Coup de fatigue...
- Allez viens. Tu dormiras ce soir tranquillement. »
Son amant lui plaque un baiser rapide sur les lèvres et le tire jusqu'au coiffeur.
« Wahou vous êtes beaux les garçons ! » s'exclâme Luc en les voyant enfiler leurs nouvelles tenues. Car oui Mary a insisté pour que Castiel et Dean montre tous leurs achats, tous sans exception, à Luc. C'était parti pour le défilé de mode.
« Ça va aller peut-être là non ? On est pas des mannequins… » râle Castiel.
Il a les doigts dans les cheveux, ça le frustre. C'est qu'il n'aime pas avoir les cheveux plus courts, il était habitué à mettre tout en pagaille. Et là, s'il fait ça, il va finir avec les cheveux tout droits sur la tête.
Dean a le même problème avec ses mèches chocolat qui ont décidé de n'en faire qu'à leur tête, contrariées par les coups de ciseaux de la coiffeuse. Et c'est pire quand il enlève un de ses polos neufs, il a les cheveux électriques. Mais c'est génial ! Le polo dans les mains, de son côté Castiel décide de faire grève du défilé. Ça va deux minutes quoi.
« Oh Castiel fais un effort !, lance Mary.
- Non ! Ça fait depuis ce midi qu'on y est, j'en peux plus moi, j'ai envie de m'asseoir ! Et puis on est pas des poupées ou des mannequins. Fallait faire une sœur à Dean si tu voulais faire ça…
- On y pense..., fait Luc comme ça, échangeant un sourire complice avec Mary.
- Pardon ? »
Ça, c'est le cri du cœur de Dean, qui s'est immédiatement arrêté dans son élan de déshabillage. Castiel lui n'arrive même pas à ouvrir la bouche. Il a l'impression de se décomposer de l'intérieur. C'est quoi cette nouvelle là ? Une révélation ?
Faites que se soit une blague.
« On se disait que ça pourrait être bien… Enfin moi j'ai encore largement l'âge, et on ferait une vraie grande famille. »
Non. Ça semble pas être une blague. Castiel ne peut pas entendre ça. Il va tomber dans les pommes là. Laissant toutes ses affaires là, il se retourne vers les escaliers et monte dans sa chambre. Dean se mordille les lèvres. Tout ça pour se retenir de lancer une méchanceté car vu son état de choc, il sait qu'il en est capable. Autant, en temps normal, il ne parle pas mais là il faut qu'il proteste bordel !
« C'est... Euh..., il se mordille à nouveau les lèvres.
- Non c'est pas une blague Dean ! anticipe Mary.
- J'allais pas dire ça., râle-t-il. Laissez tomber. »
Il attrape les sachets pleins d'affaires neuves et range tout compulsivement.
Castiel dans sa chambre est en état de choc. Là il se sent trop en colère pour craquer. Un enfant des deux ? De eux deux ? C'est impossible. S'ils ont un enfant ensemble, ils auront un lien de sang. Castiel et Dean auront un frère ou une sœur. Ça change tout. Dix minutes plus tard, quelqu'un tape à la porte de sa chambre. Castiel espère juste que c'est Dean car il n'y a que lui qui peut comprendre son état. Mais c'est son père. Bien pire.
« Cas', tout va bien ? demande-t-il bien qu'il connaisse d'avance la réponse.
- Bof.
- Je peux rentrer ?
- Ouais…
La porte s'ouvre alors et Luc vient près de lui.
- Ça t'embête à ce point là ? Pourtant… avoir un frère ou une sœur ça serait bien pour toi non ?
- J'ai déjà Dean ça suffit. Et c'est déjà trop., ajoute Castiel.
Son père soupire.
- C'est parce que tu n'aimes pas Mary ?
- Non c'est pas ça, elle est adorable. Elle en fait un peu trop c'est tout.
- Elle fait ça pour nous... Bref... Je dirais à Mary que visiblement, notre idée a du mal à passer..., dit tristement Luc.
- C'est pas que ça passe mal… C'est juste que là franchement je m'attendais à tout sauf ça. Déjà qu'il a fallu que je me fasse au divorce. C'est con, et j'en parle pas, mais… Quand même.
Oui je me doute... Et puis ta mère qui est restée un mois en Inde et qui est pas là pour ton anniversaire, je me doute que ça te fait pas plaisir mon grand..., soupire Luc.
- Ouais… Mais je m'inquiète pas trop. Elle m'a toujours envoyé au moins une lettre quand elle était pas là. Des cadeaux et tout… Je dois juste prendre encore certaines habitudes ici. Mais pfff… Faites ce que vous voulez avec Mary… Comment je peux dire quoi que ce soit…
- Oui mais bon... Tu es très important pour moi et Dean l'est pour Mary... Bref... Je vais arrêter de t'embêter. En tout cas, c'est sympa ce que vous avez acheté cette aprem'.
Castiel baisse la tête et sourit un peu. Ouais c'est sympa.
- Merci de m'écouter au moins.
- C'est normal mon grand. »
Luc embrasse la tête de son fils et sort de la chambre.
Ça ne résout pas le problème. S'il a été conciliant et à peu près agréable face à son père… Si Mary se retrouvait enceinte, il ne sait pas comment il réagirait. Un membre qui les lierait par le sang. C'est ce qui trotte en boucle dans sa tête.
Dean est dans la salle de bains. Luc passe lui souhaiter bonne nuit alors il se dit qu'enfin, la voie est libre. Il arrive presque catastrophé dans la chambre du petit brun.
« C'est pas possible., lâche Dean, comme ça.
- Ça serait tellement officiel… On pourrait le dire à personne jamais de notre vie.
Dean soupire et s'écroule sur le lit de Castiel. Sans rien dire. Désespoir. Il avait pas prévu de le crier sur les toits mais quand même.
- C'est… Je comprends tellement pas. J'arrive même plus à mettre des mots dessus. Dean… »
Castiel lève la tête vers lui, se mordillant un ongle. Dean tend les bras. Pour lui dire de venir... Tout contre lui. Le petit brun s'y cache. Ferme les yeux. Non il ne faut pas qu'on vienne leur briser leur idylle naissante. C'est trop beau pour être vrai, il fallait que les merdes leur tombent au fur et à mesure dessus. Et Castiel s'affole tellement qu'il ne se rend pas compte à quel point il anticipe tout ça. Dean et lui savent tellement que leur situation est instable que tout leur parait un obstacle énorme, et que leurs angoisses sont ainsi démultipliées.
« Ça arrivera dans longtemps... Enfin... Faudrait juste tenir un an., compte Dean.
- Et on partira ? Loin d'eux ?
Dean hoche la tête et laisse son nez s'égarer dans les cheveux (trop courts) de Castiel.
- Mon cœur… On se met au lit ? Et on reste tous les deux… De toute façon on est fatigués…
- Ouais... »
Dean se lève du lit juste le temps de tirer les draps. Il est déjà en caleçon et tee-shirt alors ça ira très bien. En attendant que Castiel ferme les volets, il contemple le ciel que son amoureux a peint. C'est une facon de s'évader comme une autre...
Castiel le rejoint une seconde plus tard. Se refermer sur eux seuls.
La nuit, Castiel rêve d'un bébé dans un berceau auprès de leurs parents. Quand il se réveille il voit que Dean l'est aussi.
« Putain. »
Dean se réveille en même temps, ayant vécu le même rêve de son point de vue à lui. Et dans ce rêve, Castiel et lui se regardaient avec la plus grande tristesse qui soit. Pas de lien de sang. Impossible.
« Je reviens.. »
Castiel se lève et va dans la salle de bain pour aller boire un peu, se passer de l'eau sur le visage. Ça les travaille affreusement. Ce rêve, tout ce qu'il espère c'est que ce ne soit pas prémonitoire.
Sauf que là sur le coup il n'a pas le temps de réfléchir plus, dans le couloir il tombe sur Mary.
« Ça va Castiel ?, demande elle avec une voix endormie.
- Oui, oui… »
Il rejoint sa chambre vite et surtout cache de son corps son lit qui est pile en face de l'encadrement de la porte. Dean est sur le point de l'appeler sauf qu'il entend la voix de sa mère qui trouve le moyen de faire la discussion au milieu de la nuit. Il prie juste tous les anges aux Cieux qu'elle n'aille pas dans sa chambre à lui car pour une fois, il a oublié de mettre son traversin sous ses draps en guise de corps. Ça n'a quasiment jamais servi de prendre autant de précaution, c'est au moment où ils en on besoin qu'ils n'ont rien fait. Castiel ferme bien la porte. Et retourne auprès de Dean..
« Putain ta mère quoi..
- J'sais...
Dean enlaça à nouveau Castiel et le laissa se blottir contre lui.
- Je veux pas refaire ce rêve. Je veux aller à la Duis… Dean on essaye un truc ? Prends ma main gauche avec la tienne… Comme pour le truc qu'on a fait. Si ça se trouve on va y retourner…
Dean obtempère rapidement.
- Y'avait écrit quoi sur les rubans ?
- Nos prénoms, nos sentiments… »
Tout de suite Castiel commence à piquer du nez, les yeux affreusement lourds. Dean lui vient le coller, parfaitement, front contre front. Il essaye de penser à ça, aux sentiments, essaye de le faire ressentir à Castiel sans un mot. Mais déjà, sa concentration prend la tangente et il s'effondre contre le petit brun dans un sommeil profond. L'âme ailleurs Castiel rouvre les yeux au milieu de la Duis. La magie a encore opéré. Plus de bébé qui pleure, plus de lien de sang effrayant, plus rien. Un calme inédit, rompu par le chant des oiseaux et le clapotis de l'eau. Ils sont juste au bord cette fois. Et il fait frais. Comme s'ils étaient au petit matin... Le soleil n'est pas complètement levé.
Dean trouve qu'il est plus facile d'émerger sans toute la lumière orangée et aveuglante qu'ils ont connue précédemment. Castiel sourit et va s'allonger au bord de l'eau. Les pieds dans l'eau fraîche. La Duis, belle et magique. Le refuge pour eux. Un refuge d'amoureux. D'âmes sœurs. Où enfin on laisse leur âme tranquille. C'est juste un endroit à eux, façonné par leur imaginaire peut-être mais tellement inspiré par la réalité... Ici, ils peuvent s'oublier sagement, ne pas avoir peur. Et Dean est ravi qu'ils soient ici sans avoir eu à recourir à la magie... Pas de cicatrices, de ruban, de lait, de fleurs... Juste la volonté plus forte que tout de quitter la réalité... Qui sait peut-être que si plus rien ne va ils se retrouveront là un jour. Pour longtemps. Et laisser ailleurs les problèmes, la famille, les autres. Et se contenter de rester ici. Dans la fraîcheur de l'aube, dans cette fine lumière orange qui ne brûle pas leurs rétines. Et ces oiseaux qui ne violent pas leurs oreilles, contrairement aux pleurs d'un bébé. Dean bouge enfin, s'arrêtant dans sa contemplation. Il s'assoit juste derrière Castiel. Le petit brun entre les jambes. Il pose sa tête sur son épaule et ne dit plus rien. La peau de Dean contre la sienne est chaude... Plus que d'habitude. Il le sent comme jamais, comme si ses sens étaient en extase. Comme s'il était drogué.
Mais en étant parfaitement conscient. Grisant. Alors il en profite. Castiel se coule contre lui à la perfection et Dean caresse son ventre. Plus rien ne peut les atteindre.
« Je veux pas repartir., confie Dean, dans un souffle.
- Moi non plus… »
A suivre...
