Bonjour tout le monde !
Comme promis, je vous retrouve aujourd'hui avec deux chapitres (le 25 et le 26 demain normalement) pour me faire pardonner de mon absence. Plusieurs élément sont évoqués dans ces chapitres, notamment :
- Coney Island
- Une robe
- Le Metropolitan museum
Notez que je vous joindrez des photos de ces derniers sur ma page Facebook "Je vous en touche un mot". Ça me permet de vous partager ces lieux magnifiques qui m'inspirent pour L'héritière.
Merci à Luciole 26 pour sa correction même si niveau timing c'est pas facile (encore moins avec le décalage horraire entre la France et les USA).
Merci également à tout ceux qui prennent le temps de me laisser des commentaires.
Bonne Lecture !
Chapitre 25 : Ma décision
« La pire décision de toute est celle que l'on n'a pas prise. » ~ Zig Ziglar
Edward POV :
- La garce ! pensai-je en abattant violemment mes deux poings contre la baie vitrée de mon bureau.
Comment avait-elle osé faire une chose pareille ! D'abord me cacher son plan et ensuite me frapper pour s'enfuir !
Mais pour qui se prenait-elle au juste ? Elle croyait qu'elle pouvait juste me cogner dessus et s'en tirer comme ça ? Elle voulait aller sauver son père et se mettre en danger ?! Grand bien lui fasse ! J'en ai assez de la voir traîner dans mes pattes. Il était temps qu'elle retrouve « son » clan comme elle le clame si bien ! rageai-je en cognant une nouvelle fois de mes poings la baie vitrée que je sentais trembler.
Mon téléphone me sortit de mes pensées et je décrochai vivement, presque agressive.
- Bonjour Monsieur Cullen, je voulais savoir avec qui est-ce que vous vous rendriez au gala de charité du Metropolitan Museum of Art de samedi ? J'ai besoin de vous inscrire vous et votre invité sur les listes, m'informa ma nouvelle assistante
Bordel de merde ! Ce n'était vraiment pas le moment. J'aurais dû y aller avec Bella, mais il en était hors de question à présent. Je ne pouvais pas y échapper, il fallait régulièrement que j'apparaisse dans ce genre d'événement pour montrer patte blanche et pour faire bonne figure. De plus mes concurrents y seraient : ceux de mon entreprise et ceux de mon clan. D'ailleurs en y pensant, Billy y sera certainement pour représenter les Swan. Il va falloir que je supporte sa présence...
- Que faites-vous samedi soir ? lui demandai-je en pensant qu'elle pourrait m'accompagner.
- Rien du tout monsieur Cullen, se hâta de répondre la jeune femme.
- Alors vous n'avez qu'à donner votre nom, vous m'accompagnerez.
- Bien monsieur.
- Je passerai vous prendre à 19h00, Tanya, écourtai-je avant de raccrocher.
Je me retournais de nouveau vers ma baie vitrée, le regard perdu dans la skyline de Manhattan à me demander où elle était, ce qu'elle faisait et si elle allait bien. Malgré ma colère, je ne pouvais m'empêcher de souhaiter qu'où qu'elle soit, elle demeure saine et sauve... J'avais bien trop de fierté pour le lui avouer, mais après tout, elle était celle qui était partie, celle qui m'avait blessée physiquement et celle qui refusait ma protection.
Bella POV :
Les jours passèrent et s'enchaînèrent. Je séjournais dans un joli hôtel assez simple dans le sud de Brooklyn près de Coney Island et passais le plus clair de mon temps dans les bureaux des Swan. Certes leur QG était situé à Seattle, mais depuis que le plan de sauvetage de Charlie avait été mis en place, beaucoup d'hommes hauts placés de l'organisation avaient fait le déplacement pour l'organiser. Nous passions donc nos journées à revoir en détail notre stratégie. En plus des membres importants du clan Swan, Taylor était là ainsi que Paul et Billy, le bras droit de mon père.
Je n'avais cessé de recevoir des appels de Jasper, Emmett, Rosalie et même d'Alice. Chacun essayait de me faire revenir à la maison. Particulièrement Jasper qui était allé jusqu'à me menacer de venir me traîner par les cheveux jusqu'à la villa si je ne me décidais pas à le faire de mon plein gré. Le seul dont je n'eus aucune nouvelle était Edward et ça m'angoissait. Était-il fâché ? Vexé ? Avais-je blessé sa fierté ? Moi qui pensais qu'il allait venir me chercher pour m'empêcher de mettre mon plan à exécution... Je m'étais lourdement trompée. Je n'arrivais pas à comprendre ce qu'il pensait et cela m'embêtait. Je sentais qu'il allait agir, qu'il n'allait pas en rester là, mais je me trouvais dans l'incapacité de prédire le moindre de ses mouvements. J'avais déclenché la guerre, il y allait certainement y avoir des conséquences et son silence n'allait pas pour me rassurer. Le seul qui semblait soutenir ma décision d'aider mon père à s'échapper de cette manière semblait être mon frère bien sûr.
Néanmoins je n'avais répondu à aucun de leurs appels, mais j'avais écouté leurs messages. La seule à qui j'avais répondu restait Alice.
- Mon Dieu Bella ! Enfin tu réponds ! Tu n'as pas idée d'à quel point j'étais inquiète pour toi ! s'affola mon amie en hurlant presque dans le haut-parleur du téléphone.
- Du calme Alice, j'avais juste besoin de prendre un peu de recul... Je suppose que tu es au courant de tout.
- Mais enfin Bella, souffla-t-elle, tu sais bien que c'est de la folie.
- Je sais, affirmai-je ne laissant place à aucune discussion.
Je ne comptais pas céder et restais ferme.
- Bella, je m'inquiète énormément. Je ne veux pas qu'il t'arrive du mal. Et Jasper, Rosalie, Emmett et Edward non plu...
- Alice si tu appelles pour me convaincre d'oublier mon plan, je préfère te prévenir tout de suite, je raccrocherais le téléphone et commencerais à ignorer tes appels comme je le fais pour les autres.
- Bella...
- C'est comme tu veux Alice, expliquai-je en ne laissant place à aucune discussion.
- Très bien... Si c'est ce que tu veux dans ce cas, souffla-t-elle vaincu. Je peux te demander comment tu vas au moins ?
- Je vais bien ne t'inquiète pas. Je loge à l'hôtel et je suis avec mon clan la journée.
Elle eut un moment de silence.
- Alice ?
- Oui, je suis là, répliqua la brune avant de marquer une nouvelle pause, c'est juste que... « TON clan » ? Bella je te reconnais pas là ?!
- Oui et bien ?
- Mais c'est quoi cette histoire… Je m'en vais quelque temps et je ne te reconnais plus ! Où est passée la femme qui ne voulait rien avoir à faire avec ces clans ? Et puis ne crois-tu pas que si tu devais en choisir un, ce serait celui des Cullen ?
- Je n'aime toujours pas ce milieu Alice. C'est juste que j'en ai besoin pour sauver mon père, je n'ai pas le choix. Et j'appelle MON clan celui qui m'épaule, m'encourage et me soutienne dans mes décisions, ce que les Cullen n'ont pas réussi à faire jusqu'à présent.
- On réagit comme ça parce qu'on tient à toi c'est tout. Et pour ton frère... Pourquoi tu ne m'en as pas parlé ? Qu'est-ce qu'il se passe dans ta tête ma belle ?
Elle semblait complètement déboussolée. Partagée entre l'envie de me dire mes quatre vérités et celle de se taire pour ne pas me fâcher.
- Je ne pensais pas à mal. Je ne t'ai rien dit pour Taylor parce que la dernière fois que je t'ai eu au téléphone je voulais qu'on se concentre sur toi. Tu venais d'arriver à Paris et je souhaitais savoir comment ça se passait pour toi sans t'ennuyer avec mes problèmes.
- Tu ne m'embêtes pas avec tes problèmes Bella ! Sors-toi ça immédiatement de la tête. Et pourquoi ne m'as-tu pas appelée après ta dispute avec Edward, ou pour me parler de ta décision.
Je ne sus quoi répondre. La vérité c'est que malgré les apparences, j'étais complètement perdue et paniquée. J'avais peur. Oui, peur parce je venais de lâcher les seules personnes que j'aimais pour sauver Charlie au péril de ma vie et parce que j'étais désormais entourée de parfais inconnus. Le clan Swan était adorable avec moi. Je n'avais presque pas besoin d'imposer mon autorité, on me traitait déjà presque comme une reine. Mais je ne connaissais pas ces gens. Ce n'était pas ma famille même si j'en portais le nom. Ma famille depuis plusieurs mois était celle des Cullen. Mais comme je venais de le dire à Alice, j'avais besoin d'exécuter mon plan, et les Swan étaient les seuls prêts à m'y aider.
En constatant mon absence de réponse, mon amie poursuivit plus doucement :
- Ou même me dire ce qu'il se passait entre Edward et toi...
- C'est lui qui t'en a parlé, m'empressai-je de demander en espérant avoir de ses nouvelles.
- Non c'est Jasper. Il m'a dit que vous aviez passé une soirée tous ensemble et qu'il t'avait vu danser avec Edward.
- Je n'ai simplement pas eu le temps de te le dire... Je n'avais pas la tête à ça, je suis désolée Alice, m'excusai-je, je me ferai pardonner.
- Tu as plutôt intérêt et je sais déjà comment, dit-elle un peu plus enthousiaste.
Je soupirai, soulagée que la tournure de notre conversation devienne plus légère.
- Je t'écoute ?
- Je viens quelques jours à New York pour présenter un défilé et je t'invite officiellement à l'événement. Je suis déjà en train de t'envoyer une place par mail.
En effet, je me souviens qu'Edward avait évoqué ce défilé.
- Est-ce que les Cullen y seront aussi.
- Bien sûr qu'ils seront présents et toi aussi si tu tiens vraiment à te rattraper, me menaça-t-elle.
- Alice..., soufflai-je.
Je n'avais pas du tout envie de les revoir, mais elle me prenait par les sentiments et elle le savait.
- Ne discute pas ! Ils ne feront pas d'esclandre, je les préviendrai. Vous n'aurez même pas à vous parler ! Je te promets Bella, si...
- Bon ok, ok ! la coupai-je pour qu'elle arrête son monologue auquel j'aurais forcément fini par dire oui de toute façon.
- Génial ! cria-t-elle me forçant presque à éloigner mon portable de mon oreille.
Puis un blanc s'installa entre nous avant que je n'ose lui poser la question :
- Tu as eu des nouvelles d'Edward ?
- Il va...bien, se contenta-t-elle de dire, hésitante.
- Comment ça, bien ? insistai-je perplexe, ne sachant comment interpréter ses propos.
- Tu n'as qu'à aller lui poser la question si ça t'intéresse.
- Ça ne m'intéresse pas, répliquai-je de mauvaise foi.
Elle pouffa de rire.
- Je vais devoir te laisser Alice j'ai du boulot, interrompis-je. On se voit à ton défilé.
- Bon très bien. J'ai hâte de te voir ! Tu me manques.
- Toi aussi. Je t'embrasse !
Je soufflais en grand coup en raccrochant avant de croiser les bras, le regard perdu à travers la fenêtre de ma chambre d'hôtel.
En scrutant les rues new-yorkaises bondées de monde et les piétons qui se précipitaient sur la route, un gobelet de café à la main, je ne parvins pas à résoudre la question qui me taraudait tant : que se passait-il dans la tête d'Edward ?
Ce n'était d'ailleurs pas la seule interrogation qui m'obsédait : que faisait-il ? Qu'avait-il pensé de mon départ ? Du coup que je lui avais infligé ? M'en voulait-il ? Me cherchait-t-il ? Est-ce que je lui manquais ?
Je ne l'admettrai jamais à voix haute, mais lui me manquait au point où ça me déchirait littéralement le cœur. J'avais tellement peur de le revoir au défilé et de craquer...
Je ne me sentais pas bien. Vraiment pas bien. J'avais mal au cœur, la tête qui tournait et un sentiment étrange de manque qui m'enserraient les entrailles. J'étais en salle de réunion avec mon équipe quand mon esprit se mit à divaguer pendant l'interminable intervention de Billy.
Mais qu'est-ce que je fais ici, bon sang ?! Je regardais ces visages peu familiers autour de moi et sans pouvoir m'empêcher de chercher le regard réconfortant de Jasper, les blagues douteuses d'Emmett, les clins d'œil taquins de Peter. Edward n'était pas le seul à me manquer.
- Bella… Bella ? entendis-je prononcer, me tirant de mes pensées.
- Hein ? lançai quelque peu hagard.
Billy me sourit patiemment.
- Je disais simplement que si tu n'avais pas d'autre point à aborder nous en avions fini pour aujourd'hui.
- Oui, oui, on en a fini, confirmai-je à la hâte consciente que tous les regards étaient braqués sur moi.
Tous les hommes s'éclipsèrent en silence tandis que je restais assise sur ma chaise, le regard absent.
- Qu'est-ce qu'il se passe Bella, m'interpella la voix de mon frère.
Je secouais la tête. Je pouvais sentir son regard inquiet sur moi et cela me déstabilisait. Je ne voulais pas craquer, je ne voulais pas pleurer et m'écrouler. Je n'avais pas le droit. Je devais garder la tête froide. Je devais cesser d'être cette enfant apeurée et prendre mes responsabilités. J'avais fait mon choix, il était grand temps que je l'assume. Mais malheureusement pour moi, c'était plus facile à dire qu'à faire.
- Bella que se passe-t-il ? s'enquit Taylor en s'accroupissant près de ma chaise.
Je haussai les épaules.
- Ça va, Taylor. Je suis juste préoccupée.
Il secoua la tête.
- Non je suis sérieux, dis-moi ce qu'il ne va pas. Tu es toute renfermée sur toi même depuis que tu es là. Tu ne parles à personne à part quand c'est pour le travail. Et même là, tu n'es pas toute à fait présente. Tu sembles être ailleurs. Tu peux me parler, tu le sais ça ? Si les Cullen te manquent, si tu veux changer d'avis, je peux l'entendre et le comprendre. Je n'aime pas te voir comme ça.
C'était touchant de voir que mon frère se souciait à ce point de mon bien-être, mais je ne voulais pas en discuter. Si je commençais à mettre des mots sur ce que je ressentais, c'en serait fini. J'allais automatiquement m'effondrer. Or, je devais faire abstraction de tout ça. Mon clan comptait sur de moi. Mon frère aussi… et mon père avait plus que jamais besoin de mon sang froid.
- Ce n'est pas facile pour moi, mais ne t'inquiète pas. On va aller jusqu'au bout et dans quelque temps tout reviendra à la normale.
Je ne sais pas si mes mots étaient censés convaincre mon frère ou moi-même.
- Tu n'as toujours pas répondu à leurs appels ?
- Seulement Alice.
Voyant que j'étais fermée au dialogue, Taylor se releva avant de se pencher doucement vers moi pour déposer un baiser sur mon front.
- Bella tu peux me parler si ça ne va pas. D'accord ?
J'acquiesçai simplement de la tête tandis qu'il quittait la pièce, m'abandonnant à mes songes et à ma solitude.
- On cogite ? constata la voix de Paul, appuyé sur le chambranle de la porte me sortant de ma rêverie.
Je hochais encore une fois la tête.
- Un peu.
- Je dois aller faire une course, ça te dit de venir avec moi ?
- Pourquoi est-ce que je viendrais ? demandai-je en haussant les épaules.
- Je n'en sais rien, mais je pensais que ça te ferait du bien de te changer un peu les idées. À part travailler, tu ne fais pas grand-chose.
- Pourquoi pas.
C'est vrai ça, ça faisait un moment que je n'étais pas sortir au grand jour. Et puis Paul avait l'air d'être quelqu'un de sympa. Je finis par accepter et c'est en silence que nous rejoignîmes l'habitacle de sa voiture.
- Tu t'y connais en fleur ?
- Pas vraiment, lui signifiai-je sans grand intérêt.
- J'ai peut-être choisi la mauvaise personne alors, ricana-t-il.
- Mais je peux quand même reconnaître des belles fleurs quand j'en vois, lui dis-je en tentant de montrer un peu d'engouement.
- Tant mieux puisque je t'emmène chez le fleuriste, sourit-il.
- C'est l'anniversaire de ta petite amie ? l'interrogeai-je en faisant semblant de m'intéresser à la conversation.
- Celui de ma mère, m'indiqua Paul.
Nous arrivions rapidement chez le fleuriste et nous nous accordions sur un joli bouquet de roses blanches. Rien extravaguant, mais ça ferait sans doute son effet.
Nous reprîmes la route en silence jusqu'à ce qu'il gare la voiture à l'entrée de la plage de Coney Island. Il n'y avait pas trop de monde à cause du froid, mais la vue n'en restait pas moins sublime. La plage était située juste en face d'un parc d'attractions déserté. Un délicieux contraste entre nature et civilisation.
- Viens il faut que je te montre quelque chose, m'expliqua Paul en sortant de la voiture et en empruntant le ponton flottant qui s'aventurait vers la mer.
Je le suivis sans dire un mot et en appréciant le spectacle de la réverbération du soleil sur les vagues et celui des mouettes qui s'envolaient dans le ciel.
Arrivé au bout du ponton, Paul s'arrêta et je remarquai qu'il tenait dans sa main le bouquet de roses. Il se saisit d'une rose pour la jeter à la mer et je compris.
Les yeux perdus dans l'immensité que le paysage nous offrait, il soupira :
- La mafia, c'est souvent une histoire de famille. On n'y entre pas par hasard. Mes parents travaillaient pour ton père. Comme tu t'en doutes, ça a mal tourné. Ma mère s'est faite enlever par une mafia russe. J'avais 20 ans. Mon père et le clan Swan préconisaient la patience. Selon eux, si on agissait trop vite nous y perdrions tous la vie et ma mère également.
Je regardais également l'horizon en buvant chacune de ses paroles tandis qu'il continuait à lancer les roses une à une à la mer.
- Comme tu t'en doutes, ce n'est pas une histoire qui finit bien puisqu'on est ici aujourd'hui.
- Et toi qu'en pensais-tu ? Tu voulais attendre avant de la sauver ?
Il eut un rire sans joie.
- Non. Je voulais agir immédiatement. Je voulais la sortir de là le plus vite possible. C'était ma mère et j'étais prêt à mettre ma vie en danger pour sauver la sienne. Opinion que tu partages, il me semble.
J'approuvai d'un signe de tête.
- J'avais préparé un plan, mais il était un peu risqué. Mais j'ai cédé sous la pression de mon clan, de ma famille et de mes amis. Je les fais à leur façon, et elle est morte ! s'exclama-t-il avec une pointe de colère.
Il ne lui restait qu'une seule rose dans les mains à présent.
- Est-ce que tu leur en veux ? murmurai-je.
Il secoua la tête.
- C'est à moi même que j'en veux. Je ne dis pas que ma solution l'aurait sauvée. Mais j'ai refusé de prendre le risque pour mes proches. Parce que j'étais trop faible pour m'opposer à eux, et j'avais peur de les perdre aussi. Je m'en veux de ne pas avoir tout tenté pour ma mère. Peut-être que je ne l'aurais pas sauvé, mais ça m'aurait évité de penser tous les jours en me réveillant : «Et si mon plan l'avait sauvé? ».
Je réfléchis quelques minutes à son histoire. Paul s'en voulait parce qu'il avait été plus facile d'obéir à ses proches plutôt que de mettre son plan à exécution. Sa situation ressemblait tellement à la mienne, mais moi j'avais choisi de suivre mon instinct contrairement à lui.
- Pourquoi est-ce que tu me dis tout ça, m'enquis-je en me tournant vers lui.
- Tu sais pourquoi, lâcha-t-il en faisant de même.
- Non ce que je veux dire c'est que tu sais déjà que j'ai choisi de mettre mon plan à exécution même si ça m'a forcée à rentrer en opposition avec mes amis.
- Parce que je vois à quel point ta décision te rend malheureuse. Je vois aussi à quel point tu doutes chaque jour. Je veux juste que tu saches que tu prends la bonne décision. La bonne solution ne signifie pas que tu vas réussir à sauver Charlie. La bonne solution c'est simplement celle qui sera la tienne. Pas celle de tes proches. Si tu cèdes Bella, toute ta vie tu te poseras cette fameuse question du « et si je l'avais fait ? ». Tes proches n'ont pas le même objectif que toi. Ils veulent te protéger toi. Mais toi, Taylor et moi, on sait ce que c'est que de perdre un parent et on sait ce que c'est d'être prêt à tout pour le ramener.
Sans plus un mot il me tendit la dernière rose et se tourna de nouveau vers la mer.
- Joyeux anniversaire maman, murmura Paul avant de repartir vers la voiture, me laissant là, à contempler la rose dans ma main.
Il avait raison. Je devais choisir l'option qui m'aiderait à mieux dormir la nuit au cas où les choses tourneraient mal. Et si mes proches tenaient à moi, ils comprendraient... C'était dur de m'opposer à eux, mais je comprenais désormais que j'avais fait le bon choix.
- Ma décision, soufflai-je en jetant la rose à la mer.
Après notre escapade à la mer, Taylor nous avait conduits dans un bowling. Il disait que ça nous ferait du bien et il n'avait pas tort. Nous avions pris le temps d'apprendre à nous connaître un peu mieux et nous avions beaucoup ri. Il avait gagné, et ce, haut la main, mais il avait eu la courtoisie de ne pas s'en vanter. Je lui parlais de ma vie, de Jasper, d'Alice, de Rose et de tous les autres en prenant soin de ne pas mentionner mon ancien patron. Il m'en raconta plus sur mon père, le clan Swan et sa famille.
- Merci pour aujourd'hui, je me suis bien amusé, confessai-je reconnaissante sur le chemin du retour.
- Je t'en prie. On devrait remettre ça. Tiens d'ailleurs, je vais devoir aller représenter le clan à un gala de charité demain. Billy et moi avons pensé que ça serait pas mal que tu m'accompagnes.
- C'est toi qui es en charge des sorties officielles ? Ça ne devrait pas être Billy ?
- On a pensé que ça serait bien d'afficher un visage jeune et dynamique pendant l'absence de ton père. C'est plus intelligent stratégiquement. Mais c'est important de montrer qu'on a récupéré l'héritière et qu'un Swan tient de nouveau les rênes du clan.
J'hésitais. Je me demandais si Edward serait présent...
- Je promets que je ferais en sorte que tu t'amuses au moins autant qu'aujourd'hui, poursuivit Paul.
- Bon d'accord, acceptai-je.
Après tout qu'Edward soit là où pas, ma décision était prise et je ne céderais pas.
Le lendemain, je passais la journée à faire du shopping en essayant de trouver la tenue idéale. Mon choix s'était porté sur une longue robe à col v et à manche longue, brodée de motif en dentelle, très près du corps. Le haut du vêtement était blanc, mais se dégrader au niveau de la taille dans les tons de gris puis de noir sur le bas. Je la trouvais absolument renversante et en remarquant l'expression médusée de Paul en allant le rejoindre pour la soirée, je sus que j'avais fait le bon choix.
- Tu es magnifique patronne, sourit-il.
Je levais les yeux en l'air bien qu'un demi-sourire s'affichait sur mon visage à ce compliment.
Nous prîmes la direction du Metropolitan Museum, lieu où se déroulerait la soirée.
- On va juste serrer quelques mains, faire un don, manger et je vais te présenter quelques partenaires.
- Donc si j'ai bien compris je suis là en tant qu'héritière ? déduisai-je.
- Tu es là comme chef du clan Bella, précisa mon partenaire en arrivant devant la montée des marches du musée.
C'est au bras de Paul que je pénétrais dans la pièce du célèbre musée. Immédiatement, nous nous retrouvâmes à serrer des mains, faire des courbettes et des sourires à des gens plus ennuyants et hypocrites les uns que les autres.
- Ah Paul ! Comment allez-vous, mon ami ? s'écria quinquagénaire bedonnant avec un accent d'Europe de l'Est très prononcé.
- Gojko ! Je me porte à merveille et vous ? répondit l'homme à mon bras en me conduisant jusqu'à lui pour lui serrer la main et baiser celle de sa compagne.
- Très bien mon ami ! J'espérais vraiment vous voir ce soir ! Oh, mais qui est la délicieuse créature à votre bras ?
Il me tendit la main en me dévorant du regard.
- Laissez-moi vous présenter Isabella Swan, me présenta Paul.
- Swan vous dites, releva notre interlocuteur.
- Isabella Swan, fille de Charlie Swan monsieur, intervins-je en lui tendant la main.
Sous le choc, son regard s'agrandit avant qu'il ne se reprenne.
- Enchanté mademoiselle. Je suis Gojko Jovanovic.
Il s'empara de ma main pour la baiser.
- Et voici mon épouse, Lenka. Nous vous pensions disparues...
Sans me dégonfler, je lui fis mon sourire le plus forcé.
- Certaines affaires nécessitaient mon attention alors je suis revenue. Par conséquent, j'ai écourté mes vacances.
- Des vacances que vous avez passées dans la maison de monsieur Cullen si je ne me trompe pas, ou plutôt devrais-je dire dans son lit d'après les rumeurs.
Mon sourire disparut aussitôt. Qui était cet homme provocateur et indiscret qui se permettait presque de m'insulter ? Son regard se fit effronté et malicieux tandis que les traits de mon visage se durcirent considérablement. S'il me cherchait, il allait me trouver. Qu'insinuait-il exactement ? Que j'avais couché avec Edward ?! Décidément bien des rumeurs avaient fuité...
Je n'allais pas me laisser faire de la sorte. Il fallait que je trouve quelque chose pour lui clouer le bec.
- Savez-vous à qui vous vous adressez monsieur ?
Il secoua négativement de la tête de façon nonchalante.
- Vous voyez l'ombre du bâtiment à travers cette fenêtre ? demandai-je en la pointant du doigt. Eh bien il y a un homme dans ce bâtiment et il regarde notre altercation. Voyez-vous cet homme est un tireur d'élite très qualifié et il me suffit de claquer des doigts pour qu'il vous élimine, expliquai-je calmement, le ton bas.
- Pourquoi est-ce que vous me dites ça ? dit-il en perdant un peu son sourire.
- Parce que si j'étais vous je ne me frotterais pas à moi, vous ne voudriez pas que votre charmante épouse devienne veuve.
Cette fois-ci, c'est son visage qui s'assombrit et qui se fit plus menaçant.
- Ne me prenais pas pour un imbécile mademoiselle ! Il n'y a personne dans l'immeuble d'à côté, et je vous trouve gonflée de proférer des menaces envers un homme dont vous ignorez l'influence.
- Je n'ai que faire de qui vous êtes monsieur. Je sais qui je suis et cela me suffit amplement, rétorquai-je la tête haute.
- Et qui êtes-vous ?
Je lui souris encore une fois avant de m'approcher de lui jusqu'à lui chuchoter.
- La fille de Charlie Swan et la pute de monsieur Cullen. Ce qui fait que je tiens dans ma main deux des plus gros clans de ce pays.
Satisfaite de l'avoir pris à son propre jeu, je me reculais pour m'emparer du bras de Paul.
- Oh et au passage... Faites gaffe au point rouge sur votre chemise.
Instinctivement il baissa la tête pour vérifier et je me détournai en riant aux éclats, entraînant Paul avec moi.
Bien sûr cette histoire de tireur d'élite était complètement fausse, mais ça avait réussi à le faire douter.
- Désolé pour ça, j'ignorai qu'il réagirait de la sorte, s'excusa le brun à mes côtés.
- Qui est-ce ? Quelles sont nos relations avec cet homme ?
- Nous entretenons des relations cordiales sans être amicaux. C'est notre partenaire serbe. Depuis le départ de ton père, on se sait plus très bien qui sont nos amis et nos ennemis.
- Vais-je devoir imposer mon autorité à chaque fois que tu me présentes un partenaire ?
- En tant que Swan les gens attendent que tu fasses tes preuves. Et tu t'en sors plutôt pas mal, me complimenta-t-il en m'entraînant vers le buffet. Que lui as-tu dit ?
Je lui souris.
- Ce qu'il voulait entendre Paul, rien d'autre.
Paul me présenta à beaucoup d'autres associés ou connaissances tout au long de la soirée. Certains s'étaient montrés réservés, d'autres sceptiques face à ma prise de pouvoir, mais aucun conflit n'eut lieu depuis ma première présentation.
Nous faisions principalement la conversation et nous nous baladions à travers quelques pièces du musée ouvertes pour l'occasion afin d'admirer différentes œuvres d'art.
J'avais laissé Paul discuter avec une demoiselle pour aller observer un merveilleux tableau quand je fus interrompue par une voix féminine derrière moi.
- C'est un de mes préférés. Un peintre trop souvent sous-estimé si vous voulez mon avis.
- Je ne suis pas une grande fan de peinture, mais je dois avouer que celle-ci à quelque chose de spécial, répondis-je sans me retourner.
- L'auteur a dit de ses œuvres que seuls les gens spéciaux seraient les apprécier.
- Nous devons avoir quelque chose de spécial alors, souris-je en fixant l'œuvre.
Je pensais que l'individu allait s'éloigner, mais aucun bruit de pas ne résonna alors je me retournai.
- Excusez-moi Isabella, je ne vous avais pas reconnu, mais c'est très clair maintenant, lança-t-elle chaleureusement. Je suis plus que ravie d'enfin vous rencontrer.
- Excusez-moi, mais vous êtes ?
- J'organise l'événement.
- Comment m'aviez-vous reconnu, rétorquai-je un peu sur la défensive.
- Disons que j'ai bien connu votre famille et vous ressemblez à votre père.
Qu'avez vous pensé du comportement de Paul ?
Qui Bella a-t-elle croisé d'après vous ?
Laissez-moi vos impressions. C'est toujours un plaisir de vous lire...
A demain pour le chapitre 26
